Cote n° 94 · pages 1–23
· Lecture modernisée · Dualité des modules / Construction de faisceaux de modules : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [à partir de 1965]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre
Résumé
Ces feuillets cherchent à construire un module — un objet de l'algèbre commutative, qui généralise l'espace vectoriel — sans jamais le voir directement, en ne connaissant que la manière dont il s'envoie dans tous les autres. Une clé se reconnaît aux serrures qu'elle ouvre : si l'on sait, pour chaque serrure, si elle s'ouvre et comment, on connaît la clé. De même, un module \(P\) est entièrement déterminé par la règle qui associe à chaque module \(M\) l'ensemble \(\mathrm{Hom}(P, M)\) des applications linéaires de \(P\) dans \(M\). C'est ce que la couverture appelle le « foncteur représentatif » de \(P\).
La question du dossier est la question inverse. On se donne une règle \(M \mapsto F(M)\), qui à chaque module associe un ensemble, de façon compatible aux applications linéaires. Quand cette règle est-elle celle d'une clé ? Autrement dit, quand existe-t-il un module \(P\), de type fini, tel que \(F(M) = \mathrm{Hom}(P, M)\) pour tout \(M\) ? La question se pose parce qu'en géométrie algébrique les objets qu'on veut construire — un espace qui paramètre des morphismes, des sections, des déformations — se présentent d'abord ainsi : on sait dire ce qu'ils « devraient » être vus de chaque test, et il faut prouver qu'il y a quelque chose derrière.
La réponse est une liste de conditions, et chacune a un sens intuitif : \(F\) doit respecter les recollements (il est exact à gauche), les réunions croissantes (il commute aux limites inductives filtrantes), les passages à la limite par approximations successives (une condition de complétion), il doit prendre des valeurs finies sur des arguments finis, et il doit se comporter génériquement de façon régulière. Le dernier ingrédient est le plus fin : pour savoir si une suite de modules de plus en plus précis finit par se stabiliser, il suffit de la tester contre un seul module bien choisi, le « faisceau fondamental », que l'on appelle aujourd'hui module canonique. C'est le seul endroit où la dualité du titre du dossier intervient : comme on reconnaît un espace vectoriel de dimension finie à son dual, on reconnaît ici un module à ses applications vers ce module témoin.
Le critère (théorème 12) est ensuite appliqué deux fois. D'abord à une famille de variétés projectives paramétrée par une base \(S\) : les morphismes entre deux faisceaux sur les fibres, qui varient avec le point de la base, sont « représentés » par un seul module \(P\) sur \(S\) (théorème 14). Puis à la construction d'espaces de sections : si \(Z\) est un objet affine au-dessus de \(X\), l'ensemble des sections de \(Z\) sur les fibres de \(X \to S\) est lui-même un schéma affine sur \(S\) (théorème 19). En chemin, les feuillets proposent de baptiser « constructibles » les foncteurs qui satisfont à presque toutes ces conditions, et esquissent le programme d'une théorie.
Pour aller plus loin : foncteurs représentables et pro-représentables, descente fidèlement plate, dualité de Matlis et module canonique, platitude générique et changement de base en cohomologie, foncteurs cohérents au sens d'Auslander, restriction de Weil.
Keywords — representable functor, pro-representable functor, faithfully flat descent, Matlis duality, canonical module, generic flatness, cohomology and base change, coherent functor, Weil restriction
Le fil du dossier, et les conventions
Les stations
- I.Descente et complétion (pages 2 à 4) : on ramène la représentabilité à celle sur un ouvert \(\operatorname{Spec} A_g\) et sur le complété \(g\)-adique (lemmes 1 et 2), puis, par récurrence noethérienne, à une condition générique (proposition 3).
- II.Le cas local, la pro-représentabilité (pages 4 à 7) : sur un anneau local, une condition de finitude testée sur l'enveloppe injective suffit (proposition 4) ; globalement, \(F\) est pro-représentable par un système qui se stabilise en chaque point (lemme 5), et la condition générique peut se remplacer par la constructibilité d'une fonction rang (remarque 5 bis).
- III.Un module témoin (pages 8 à 15) : annulation générique des \(\mathrm{Tor}\) contre les suites régulières (lemme 6, corollaire 7), le faisceau fondamental et ses réductions (lemme 8, corollaires 9 et 10), et la stabilisation d'un pro-système testée sur lui (corollaire 11).
- IV.Le critère (pages 15 et 16) : théorème 12, et la remarque 13, interrompue.
- V.Le module \(P\) d'un morphisme propre (pages 17 à 20) : théorème 14, et les lemmes 15 à 17 de changement de base générique.
- VI.Foncteurs constructibles, restriction de Weil (pages 21 à 23) : remarque 18, théorème 19, corollaire 20, remarque 21.
Les énoncés sont numérotés de 1 à 21 d'un bout à l'autre ; le dossier est d'une seule coulée. Le titre de la couverture — « Construction des Modules cohérents par leurs foncteurs représentatifs. Application à la représentabilité d'un foncteur […] d'une section, à la définition des invariants \(\Omega^{1}(y)\) … » — en est le programme : la première phrase est le théorème 12, la seconde le théorème 191 .
Conventions, valables pour tout le dossier
\(A\) est un anneau commutatif, noethérien sauf au lemme 1. Un foncteur est un foncteur covariant \(F \colon \mathrm{Mod}(A) \to (\mathrm{Ens})\). Il est représentable s'il est isomorphe à \(\mathrm{Hom}_A(P, -)\) pour un \(A\)-module \(P\) — on dit aussi, pour un foncteur covariant, coreprésentable ; c'est l'usage de ces pages qu'on garde — et \(P\) est alors unique à isomorphisme unique près. Il est pro-représentable s'il est isomorphe à \(M \mapsto \varinjlim_i \mathrm{Hom}(P_i, M)\) pour un système projectif filtrant \((P_i)\), strict si les morphismes de transition sont surjectifs. Exact à gauche veut dire : commute aux limites projectives finies (noyaux, produits finis).
Pour une \(A\)-algèbre \(B\), \(F_B\) est le composé de la restriction des scalaires \(\mathrm{Mod}(B) \to \mathrm{Mod}(A)\) et de \(F\) ; si \(F = \mathrm{Hom}_A(P, -)\), alors \(F_B = \mathrm{Hom}_B(P \otimes_A B, -)\). On écrit \(F_g\) et \(F_{\mathfrak{p}}\) pour \(B = A_g\) et \(B = A_{\mathfrak{p}}\).
Deux complétions interviennent, que la page écrit toutes deux \(\widehat{A}\) : \(\widehat{A}^{(g)} = \varprojlim A/g^{n+1}A\), complété \(g\)-adique, et \(\widehat{A}_{\mathfrak{p}}\), complété de l'anneau local \(A_{\mathfrak{p}}\), d'idéal maximal \(\mathfrak{m}_{\mathfrak{p}}\). Les éléments de \(A\) sont notés \(g\), les suites régulières et systèmes de paramètres \(\underline{t} = (t_1, \ldots, t_n)\), et \(f\) est réservé aux morphismes de schémas2 . Aux sections V et VI, les faisceaux sur \(X\) sont notés \(\mathcal{F}\), \(\mathcal{G}\), la lettre \(F\) restant au foncteur.
Une observation, que les pages utilisent sans la dire, sert partout : si \(F\) est exact à gauche, chaque \(F(M)\) est un \(A\)-module (l'addition vient de \(F(M \times M) = F(M) \times F(M)\), les scalaires de \(F\) appliqué aux homothéties), et si \(F\) commute de plus aux limites inductives filtrantes, \(F(M_g) = F(M)_g\) et \(F(M_{\mathfrak{p}}) = F(M)_{\mathfrak{p}}\), puisque \(M_g\) est la limite de \(M \xrightarrow{g} M \xrightarrow{g} \cdots\). En particulier un élément de \(F(M)\) est nul s'il l'est en chaque point.
Ce que le dossier annonce sans l'établir
La démonstration du corollaire 10 (existence d'un module canonique sur un ouvert dense), le détail de la réciproque de la remarque 5 bis, la fin de la remarque 13, la note marginale de la page 17, le programme de la remarque 18. Le théorème de « l'exposé Murre » (page 23) est invoqué, non démontré.
2–4
I. Descente et complétion (pages 2 à 4)
Lemme 1. Soient \(A\) un anneau quelconque et \(B\) une \(A\)-algèbre fidèlement plate. Pour que \(F\) soit représentable (resp. par un module de type fini, de présentation finie), il faut et il suffit que \(F\) soit exact à gauche et que \(F_B\) soit représentable (resp. par un \(B\)-module de type fini, de présentation finie).
La page ne donne pas la démonstration ; c'est la descente fidèlement plate. Si \(F_B\) est représenté par \(Q\), les deux restrictions de \(F_{B \otimes_A B}\) sont représentées par \(Q \otimes_A B\) et \(B \otimes_A Q\), d'où par Yoneda une donnée de descente sur \(Q\), qui descend en un \(A\)-module \(P\) ; l'exactitude à gauche de \(F\) appliquée à la suite exacte \(M \to M \otimes_A B \rightrightarrows M \otimes_A B \otimes_A B\) montre que \(P\) représente \(F\), et les propriétés de finitude descendent3 .
Lemme 2. Soient \(A\) noethérien et \(g \in A\). Pour que \(F\) soit représentable par un module de type fini, il faut et il suffit que :
- (i)\(F\) soit exact à gauche ;
- (ii)pour tout \(\widehat{A}^{(g)}\)-module de type fini \(M\), \(F(M) \xrightarrow{\ \sim\ } \varprojlim_n F(M/g^{n+1}M)\) ;
- (iii)\(F\) commute aux limites inductives filtrantes ;
- (iv)\(F_g\) soit représentable ;
- (v)pour tout \(n\), \(F_{A/g^{n}A}\) soit représentable.
La nécessité est claire ; (iii) traduit le fait qu'un module \(P\) tel que \(\mathrm{Hom}(P, -)\) commute aux limites inductives filtrantes est de présentation finie, donc de type fini4 .
Suffisance. L'algèbre \(B = \widehat{A}^{(g)} \times A_g\) est fidèlement plate sur \(A\) : elle est plate, et son spectre recouvre \(V(g) \cup D(g)\). Comme \(F\) est exact à gauche, \(F_B(N_1 \times N_2) = F(N_1) \times F(N_2)\), et il suffit par le lemme 1 que \(F_g\) — c'est (iv) — et \(F_{\widehat{A}^{(g)}}\) soient représentables ; le \(P\) obtenu sera de type fini par (iii). Posons \(A_n = A/g^{n+1}A\). Par (v), \(F_{A_n}\) est représenté par un \(A_n\)-module \(P_n\), de type fini par (iii) ; par unicité, \(P_{n} \otimes A_{n-1} = P_{n-1}\), les \(P_n\) « se recollent », et \(\widehat{P} = \varprojlim P_n\) est un \(\widehat{A}^{(g)}\)-module de type fini. Pour \(M\) de type fini sur \(\widehat{A}^{(g)}\), (ii) donne \[ F(M) = \varprojlim F(M/g^{n+1}M) = \varprojlim \mathrm{Hom}(P_n, M/g^{n+1}M) = \mathrm{Hom}(\widehat{P}, M), \] et, tout \(\widehat{A}^{(g)}\)-module étant réunion filtrante de sous-modules de type fini, (iii) étend l'isomorphisme à tous les modules.
Proposition 3. Soit \(A\) noethérien. Pour que \(F\) soit représentable par un module de type fini, il faut et il suffit que :
- (i)\(F\) soit exact à gauche ;
- (ii)\(F\) commute aux limites inductives filtrantes5 ;
- (iii)pour tout \(g \in A\) et tout \(\widehat{A}^{(g)}\)-module de type fini \(M\), \(F(M) \xrightarrow{\ \sim\ } \varprojlim F(M/g^{n+1}M)\) ;
- (iv)pour tout quotient \(B \neq 0\) de \(A\), il existe \(g \in B\) non nilpotent tel que \(F_{B_g}\) soit représentable.
Démonstration. Les conditions passent de \(F\) à \(F_B\) pour tout quotient \(B\) de \(A\). Par récurrence noethérienne, on peut supposer \(F_{A/J}\) représentable pour tout idéal \(J \neq 0\), et \(A \neq 0\). Soit \(g\) comme en (iv) pour \(B = A\) ; \(g\) n'étant pas nilpotent, \(g^{n} \neq 0\) et \(F_{A/g^{n}A}\) est représentable pour tout \(n\). Le lemme 2 conclut6 .
« En pratique, la condition (iv) est parfois difficile à vérifier » : tout ce qui suit, jusqu'au théorème 12, sert à la remplacer.
4–7
II. Le cas local et la pro-représentabilité (pages 4 à 7)
4–5
L'anneau local (pages 4 et 5)
Proposition 4. Soit \(A\) local noethérien, d'idéal maximal \(\mathfrak{m}\), de complété \(\widehat{A}\). Pour que \(F\) soit représentable par un module de type fini, il faut et il suffit que :
- (i)\(F\) soit exact à gauche ;
- (ii)\(F\) commute aux limites inductives filtrantes ;
- (iii)pour tout \(\widehat{A}\)-module de type fini \(M\), \(F(M) \xrightarrow{\ \sim\ } \varprojlim F(M/\mathfrak{m}^{n+1}M)\) ;
- (iv)pour tout \(\widehat{A}\)-module de type fini \(M\), \(F(M)\) soit de type fini sur \(\widehat{A}\) ; il suffit de le savoir pour \(M\) de longueur finie7 .
Démonstration. Comme \(\widehat{A}\) est fidèlement plat sur \(A\), le lemme 1 permet de supposer \(A\) complet. Posons \(A_n = A/\mathfrak{m}^{n+1}\). Sur les \(A_n\)-modules de longueur finie, catégorie artinienne, le foncteur exact à gauche \(F\) est pro-représentable, par un système strict \((Q_i)\)8 . Soit \(I_n\) l'enveloppe injective du corps résiduel sur \(A_n\) — « l'injectif indécomposable de \(A_n\) » —, de longueur finie. Alors \(F(I_n) = \varinjlim \mathrm{Hom}(Q_i, I_n)\) est une réunion croissante des duaux de Matlis des \(Q_i\) ; elle est de longueur finie par (iv), donc la suite se stabilise, et, la dualité de Matlis étant fidèle, le système \((Q_i)\) aussi : \(F_{A_n}\) est représenté par un \(A_n\)-module \(P_n\) de type fini9 . Les \(P_n\) se recollent en \(P = \varprojlim P_n\), de type fini ; (iii) montre que \(P\) représente \(F\) sur les modules de type fini, et (ii) sur tous.
5–6
Pro-représentabilité (pages 5 et 6)
Lemme 5. Soit \(A\) noethérien, \(S = \operatorname{Spec} A\), et supposons :
- (i)\(F\) exact à gauche ;
- (ii)\(F\) commute aux limites inductives filtrantes ;
- (iii)pour tout \(\mathfrak{p} \in S\) et tout \(\widehat{A}_{\mathfrak{p}}\)-module de type fini \(M\), \(F(M) \xrightarrow{\ \sim\ } \varprojlim F(M/\mathfrak{m}_{\mathfrak{p}}^{n+1}M)\) ;
- (iv)pour tout \(\mathfrak{p}\) et tout \(A_{\mathfrak{p}}\)-module de longueur finie \(M\), \(F(M)\) est un \(A_{\mathfrak{p}}\)-module de type fini ;
- (v)pour tout idéal premier \(\mathfrak{p}\), il existe \(g \in A/\mathfrak{p}\) non nul tel que \(F_{(A/\mathfrak{p})_g}\) soit représentable.
Alors \(F\) est pro-représentable par un système projectif strict \((P_i)\) de modules de type fini, et pour tout \(\mathfrak{p}\) le système des \((P_i)_{\mathfrak{p}}\) est stationnaire : \(F_{\mathfrak{p}}\) est représentable par un \(A_{\mathfrak{p}}\)-module de type fini10 .
Démonstration. Pour chaque \(\mathfrak{p}\), la proposition 4 appliquée à \(A_{\mathfrak{p}}\) montre, par (i) à (iv), que \(F_{\mathfrak{p}}\) est représenté par un \(A_{\mathfrak{p}}\)-module de type fini \(P_{\mathfrak{p}}\) ; par unicité, \((P_{\mathfrak{p}})_{\mathfrak{q}} = P_{\mathfrak{q}}\) pour \(\mathfrak{q} \subset \mathfrak{p}\) — les \(P_{\mathfrak{p}}\) sont « compatibles par générisation ».
Compte tenu de (i) et (ii), il suffit, pour la pro-représentabilité, que tout \(\alpha \in F(M)\), \(M\) de type fini, ait un module de définition : un plus petit sous-module \(N \subset M\) tel que \(\alpha \in F(N)\). En chaque point on en a un : \(N_{\mathfrak{p}} = \operatorname{Im}(\alpha_{\mathfrak{p}} \colon P_{\mathfrak{p}} \to M_{\mathfrak{p}})\). Il suffit que la famille des \(N_{\mathfrak{p}}\) provienne d'un sous-module \(N\) de \(M\) ; celui-ci convient alors, l'appartenance à \(F(N) = \ker\bigl(F(M) \to F(M/N)\bigr)\) se vérifiant point par point.
Soit \(U \subset S\) le plus grand ouvert sur lequel les \(N_{\mathfrak{p}}\) se recollent en un sous-faisceau cohérent \(\underline{N}_U \subset \widetilde{M}|_U\), et supposons \(U \neq S\). Soit \(x = \mathfrak{p}\) un point maximal de \(S - U\). Les générisations strictes de \(x\) sont dans \(U\), et \(\widetilde{N_{\mathfrak{p}}}\) coïncide avec \(\underline{N}_U\) sur \(U \cap \operatorname{Spec} A_{\mathfrak{p}}\) ; on peut donc les recoller sur un voisinage ouvert \(V\) de \(x\) : il existe \(\underline{N}' \subset \widetilde{M}|_V\) cohérent avec \(\underline{N}'_x = N_x\) et \(\underline{N}'_s = N_s\) pour \(s \in U \cap V\). Reste à voir que, \(V\) étant assez petit, \(\underline{N}'_s = N_s\) aussi pour \(s \in V - U\), qu'on peut supposer égal à \(V \cap V(\mathfrak{p})\).
D'abord, \(\alpha_x\) appartenant à \(F(N_x) = \varinjlim F(\underline{N}'(D(h)))\), on peut, quitte à restreindre \(V\), supposer \(\alpha|_V \in F(\underline{N}')\) ; alors \(N_s \subset \underline{N}'_s\) pour tout \(s \in V\), et l'on est ramené au cas \(\underline{N}' = \widetilde{M}|_V\). Ensuite, par (v), on peut prendre \(V = \operatorname{Spec} A_h\) avec \(F_{(A/\mathfrak{p})_h}\) représenté par un module de type fini \(Q\). L'image de \(\bar{\alpha} \colon Q \to (M/\mathfrak{p}M)_h\) est tout au point générique \(x\) — car \(N_x = M_x\) —, donc, \(V\) restreint encore, partout. Pour \(s \in V \cap V(\mathfrak{p})\), \(Q_s = P_s \otimes A_s/\mathfrak{p}A_s\) (les deux représentent le même foncteur), donc \(N_s + \mathfrak{p}M_s = M_s\), et comme \(\mathfrak{p} \subset \mathfrak{m}_s\), Nakayama donne \(N_s = M_s\). Ainsi les \(N_{\mathfrak{p}}\) se recollent sur \(U \cup V \supsetneq U\), contradiction11 .
7–7
Une condition de constructibilité (page 7)
Remarque 5 bis. Supposons que, pour tout quotient intègre \(B\) de \(A\), le lieu normal de \(\operatorname{Spec} B\) contienne un ouvert non vide12 . Alors, en présence de (i) à (iv), la condition (v) du lemme 5 équivaut à :
- (v bis)la fonction \(\mathfrak{p} \mapsto \dim_{k(\mathfrak{p})} F(k(\mathfrak{p}))\) est constructible sur \(\operatorname{Spec} A\).
Que (v) entraîne (v bis) est « trivial » : sur \(\operatorname{Spec} (A/\mathfrak{p})_g\), \(F(k(\mathfrak{q})) = \mathrm{Hom}(Q, k(\mathfrak{q}))\) a pour dimension le rang de la fibre de \(Q\), constant sur un ouvert non vide de \(V(\mathfrak{p})\) ; et une fonction sur un espace noethérien qui est constante sur un ouvert non vide de chaque fermé irréductible est constructible.
La réciproque n'est qu'esquissée, et le milieu de la page se lit mal. Sa structure est la suivante. Pour \(A\) intègre, la fonction rang est constante, égale à \(n\), sur un ouvert non vide \(U\) ; sur un anneau réduit, un module de type fini dont les fibres ont toutes même rang est libre, de sorte que les \(P_{\mathfrak{p}}\), \(\mathfrak{p} \in U\), sont libres de rang \(n\), et forment des réseaux d'un même espace vectoriel sur le corps des fractions. On les place, grâce à la commutation aux limites inductives, dans un module de type fini \(N\), et la finitude de \(F(N)\) donne \(P_{\mathfrak{p}} = N_{\mathfrak{p}}\) en tous les points de codimension 1 de \(U\), sauf un nombre fini, qu'on retire. Si enfin \(U\) est normal, deux réseaux libres qui coïncident en codimension 1 coïncident partout, et \(N\) représente \(F\) sur \(U\)13 .
8–15
III. Un module témoin (pages 8 à 15)
Il s'agit maintenant de vérifier la condition (v) du lemme 5 sans la supposer : trouver, génériquement, un module contre lequel tester la stabilisation du système \((P_i)\). Les outils sont l'annulation générique des \(\mathrm{Tor}\) contre les suites régulières, puis le module canonique.
8–9
Annulation générique des \(\mathrm{Tor}\) (pages 8 et 9)
Lemme 6. Soient \(S\) un schéma localement noethérien, \(\mathcal{J}\) son nilradical, \(S_0 = S_{\mathrm{red}}\), et \(R\) un \(\mathcal{O}_S\)-Module cohérent.
- a)Il existe un ouvert dense \(U\) de \(S\) sur lequel \(\mathrm{gr}_{\mathcal{J}}(\mathcal{O}_S)\) et \(\mathrm{gr}_{\mathcal{J}}(R)\) sont des \(\mathcal{O}_{S_0}\)-Modules localement libres.
- b)Pour un tel \(U\), tout \(s \in U\) et toute suite \(\mathcal{O}_{S,s}\)-régulière \(\underline{t}\) d'éléments de \(\mathfrak{m}_s\), \[ \mathrm{Tor}_i^{\mathcal{O}_{S,s}}\bigl(R_s,\ \mathcal{O}_{S,s}/(\underline{t})\bigr) = 0 \qquad (i > 0) . \]
Démonstration. a) est la liberté générique d'un Module cohérent sur un schéma réduit. Pour b), posons \(A = \mathcal{O}_{S,s}\), \(J\) son nilradical, \(A_0 = A/J\). Le complexe de Koszul \(K_{\cdot}(\underline{t})\) résout \(A/(\underline{t})\), et il suffit que \(\underline{t}\) soit \(R_s\)-régulière. On montre, par récurrence sur \(n\), que les images \(\bar{t}_i\) forment une suite régulière de \(A_0\) et que \(\mathrm{gr}_J(R_s/(\underline{t})R_s) = \mathrm{gr}_J(R_s)/(\bar{\underline{t}})\) est libre sur \(A_0/(\bar{\underline{t}})\) ; un élément régulier sur chaque gradué d'une filtration finie est régulier sur le module. Pour l'étape, si \(\bar{t}_{k+1}\) était diviseur de zéro dans \(A_0/(\bar{t}_1, \ldots, \bar{t}_k)\), il le serait dans le dernier gradué non nul de \(A/(t_1, \ldots, t_k)\), qui en est un sous-module libre non nul, contre la régularité de \(t_{k+1}\)14 .
Corollaire 7. Soient \(S\) noethérien, \(P\) et \(\Omega\) des \(\mathcal{O}_S\)-Modules cohérents. Il existe un ouvert dense \(U\) de \(S\) tel que, pour tout \(s \in U\) et toute suite \(\mathcal{O}_{S,s}\)-régulière \(\underline{t}\) de \(\mathfrak{m}_s\), l'homomorphisme naturel \[ \underline{\mathrm{Hom}}(P, \Omega)_s \otimes \mathcal{O}_{S,s}/(\underline{t}) \longrightarrow \mathrm{Hom}_{\mathcal{O}_{S,s}}\bigl(P_s,\ \Omega_s/(\underline{t})\Omega_s\bigr) \] soit un isomorphisme15 .
Démonstration. On peut supposer \(S = \operatorname{Spec} A\) affine. Une présentation \(L_1 \to L_0 \to P \to 0\) par des libres de type fini fait de \(\mathrm{Hom}(P, \Omega \otimes M)\) le \(H^0\) du complexe \(K^{\cdot} \otimes M\), où \(K^{\cdot} \colon \check{L}_0 \otimes \Omega \to \check{L}_1 \otimes \Omega\) est placé en degrés 0 et 1. Si \(B^1\) désigne l'image de \(K^0 \to K^1\), la flèche \(H^0(K^{\cdot}) \otimes M \to H^0(K^{\cdot} \otimes M)\) est bijective dès que \(\mathrm{Tor}_1(M, H^1(K^{\cdot})) = \mathrm{Tor}_1(M, B^1) = 0\). Le lemme 6, appliqué aux Modules cohérents \(K^1\) et \(H^1(K^{\cdot})\) avec \(M = \mathcal{O}_{S,s}/(\underline{t})\), annule tous leurs \(\mathrm{Tor}_i\), \(i > 0\), et la suite \(0 \to B^1 \to K^1 \to H^1 \to 0\) annule alors \(\mathrm{Tor}_1(M, B^1)\)16 .
10–12
Le faisceau fondamental (pages 10 et 12)
Ce qu'il appelle faisceau fondamental sur un schéma de Cohen–Macaulay \(X\) est un Module cohérent \(\Omega\) dont chaque fibre \(\Omega_x\) est un module canonique de \(\mathcal{O}_{X,x}\) ; le dossier ne le définit pas17 .
Lemme 8. Soient \(X\) un schéma de Cohen–Macaulay et \(\Omega\) un faisceau fondamental sur \(X\). Pour toute suite \(\mathcal{O}_X\)-régulière \(\underline{t}\) de sections de \(\mathcal{O}_X\), \(\Omega/(\underline{t})\Omega\) est un faisceau fondamental sur le schéma de Cohen–Macaulay \(V(\underline{t})\).
C'est le fait classique que la réduction d'un module canonique modulo une suite régulière est un module canonique du quotient.
Corollaire 9. Pour \(x \in X\) et un système de paramètres \(\underline{t}\) de \(\mathcal{O}_{X,x}\), \(\Omega_x/(\underline{t})\Omega_x\) est l'enveloppe injective du corps résiduel sur l'anneau artinien \(\mathcal{O}_{X,x}/(\underline{t})\).
En effet \(\underline{t}\) est régulière (\(\mathcal{O}_{X,x}\) est de Cohen–Macaulay), et le module canonique d'un anneau local artinien est l'enveloppe injective de son corps résiduel.
Corollaire 10. Soit \(X\) un schéma localement noethérien, localement immergeable dans un schéma régulier. Il existe un ouvert dense \(U\) de \(X\) et un \(\mathcal{O}_U\)-Module cohérent \(\Omega\) tels que :
- a)les anneaux locaux de \(U\) sont de Cohen–Macaulay ;
- b)pour tout \(x \in U\) et tout système de paramètres \(\underline{t}\) de \(\mathcal{O}_{X,x}\), \(\Omega_x/(\underline{t})\Omega_x\) est l'enveloppe injective du corps résiduel de \(\mathcal{O}_{X,x}/(\underline{t})\).
La page ne le démontre pas. Le lieu de Cohen–Macaulay contient les points maximaux ; si \(X\) est fermé de codimension \(c\) dans un régulier \(Y\), au voisinage d'un tel point, \(\underline{\mathrm{Ext}}^c_{\mathcal{O}_Y} (\mathcal{O}_X, \mathcal{O}_Y)\) y est un faisceau fondamental, et le corollaire 9 donne b)18 .
Ces conditions entraînent :
- c)soient \(x \in U\) et \(u \colon R \to R'\) un homomorphisme surjectif de \(\mathcal{O}_{X,x}\)-modules de type fini ; si, pour tout système de paramètres \(\underline{t}\), \[ \mathrm{Hom}\bigl(R',\ \Omega_x/(\underline{t})\Omega_x\bigr) \to \mathrm{Hom}\bigl(R,\ \Omega_x/(\underline{t})\Omega_x\bigr) \] est bijectif, alors \(u\) est un isomorphisme.
En effet, la dualité de Matlis sur l'anneau artinien \(\mathcal{O}_{X,x}/(\underline{t})\) étant fidèle et exacte, \(u\) induit un isomorphisme \(R/(\underline{t})R \simeq R'/(\underline{t})R'\), de sorte que \(\ker u \subset (\underline{t})R\) ; prenant les systèmes \((t_1^k, \ldots, t_n^k)\), \(\ker u \subset \bigcap_k \mathfrak{m}_x^k R = 0\) par le théorème de Krull19 .
14–15
La stabilisation d'un pro-système (pages 14 et 15)
Corollaire 11. Soient \(U = \operatorname{Spec} A\) et \(\Omega\) comme au corollaire 10, \((P_i)\) un système projectif filtrant strict de \(A\)-modules de type fini, et \(F = \varinjlim_i \mathrm{Hom}(P_i, -)\) le foncteur qu'il pro-représente. Supposons :
- (i)\(F(\Omega)\) est un \(A\)-module de type fini ;
- (ii)pour tout \(\mathfrak{p}\) et tout système de paramètres \(\underline{t}\) de \(A_{\mathfrak{p}}\), l'application canonique \(F(\Omega) \otimes A_{\mathfrak{p}}/(\underline{t}) \to F\bigl(\Omega \otimes A_{\mathfrak{p}}/(\underline{t})\bigr)\) est bijective.
Alors le système \((P_i)\) est stationnaire. Précisément, (i) équivaut à ce que le système inductif des \(\mathrm{Hom}(P_i, \Omega)\) soit stationnaire — ses transitions sont injectives, le système étant strict, et \(A\) est noethérien —, et si \(i_0\) est tel que \(\mathrm{Hom}(P_{i_0}, \Omega) \simeq \mathrm{Hom}(P_i, \Omega)\) pour \(i \geq i_0\), alors \(P_i \simeq P_{i_0}\) pour \(i \geq i_0\)20 .
Démonstration. Écrivons \(E = \Omega_{\mathfrak{p}}/(\underline{t}) \Omega_{\mathfrak{p}}\) et considérons le carré
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\begin{tikzcd}[column sep=small, nodes={font=\small}]
\varinjlim_i \mathrm{Hom}(P_i, \Omega) \otimes A_{\mathfrak{p}}/(\underline{t}) \arrow[r, "\sim"] & \varinjlim_i \mathrm{Hom}(P_i, E) \\
\mathrm{Hom}(P_{i_0}, \Omega) \otimes A_{\mathfrak{p}}/(\underline{t}) \arrow[r] \arrow[u, "\sim"] & \mathrm{Hom}(P_{i_0}, E) \arrow[u, "\alpha"']
\end{tikzcd}
où la flèche du haut est (ii) et celle de gauche un isomorphisme par le choix de \(i_0\). Il montre que \(\alpha\) est surjectif ; il est injectif, les transitions du système de droite l'étant. Donc \(\mathrm{Hom}(P_{i_0}, E) \to \mathrm{Hom}(P_i, E)\) est bijectif pour \(i \geq i_0\), et c), appliqué à \((P_i)_{\mathfrak{p}} \to (P_{i_0})_{\mathfrak{p}}\), montre que c'est un isomorphisme. Ceci valant en tout \(\mathfrak{p}\), \(P_i \to P_{i_0}\) est bijectif21 .
15–16
IV. Le critère (pages 15 et 16)
« Mettant ensemble prop. 3, lemme 5, Remarque 5 bis, et le corollaire 10, on trouve » :
Théorème 12. Soient \(A\) un anneau noethérien quotient d'un anneau régulier, et \(F \colon \mathrm{Mod}(A) \to (\mathrm{Ens})\) un foncteur. Pour que \(F\) soit représentable par un module de type fini, il faut et il suffit qu'il satisfasse aux conditions suivantes :
- (i)\(F\) commute aux limites inductives filtrantes ;
- (ii)\(F\) est exact à gauche ;
- (iii)a) pour tout \(\mathfrak{p}\) et tout \(\widehat{A}_{\mathfrak{p}}\)-module de type fini \(M\), \(F(M) \xrightarrow{\ \sim\ } \varprojlim F(M/\mathfrak{m}_{\mathfrak{p}}^{n+1}M)\) ; b) pour tout \(g \in A\) et tout \(\widehat{A}^{(g)}\)-module de type fini \(M\), \(F(M) \xrightarrow{\ \sim\ } \varprojlim F(M/g^{n+1}M)\) ;
- (iv)pour tout \(A\)-module de type fini \(M\), \(F(M)\) est de type fini ;
- (v)la fonction \(\mathfrak{p} \mapsto \dim_{k(\mathfrak{p})} F(k(\mathfrak{p}))\) est constructible sur \(\operatorname{Spec} A\) ;
- (vi)pour tout quotient \(B\) de \(A\) et tout \(B\)-module de type fini \(\Omega\), il existe \(h \in B\) non nilpotent tel que, pour tout \(\mathfrak{p} \in \operatorname{Spec} B_h\) et tout système de paramètres \(\underline{t}\) de \(B_{\mathfrak{p}}\), l'application canonique \[ F(\Omega) \otimes B_{\mathfrak{p}}/(\underline{t}) \longrightarrow F\bigl(\Omega \otimes B_{\mathfrak{p}}/(\underline{t})\bigr) \] soit bijective.
C'est l'exactitude à gauche qui porte le numéro (ii), et la remarque 18 s'y réfère sous ce numéro22 .
Nécessité. Elle est claire pour (i) à (v). Pour (vi), si \(F = \mathrm{Hom}_A(P, -)\), le corollaire 7, appliqué sur \(\operatorname{Spec} B\) à \(P \otimes_A B\) et \(\Omega\), donne un ouvert dense ; on y choisit \(D(h)\), \(h\) non nilpotent, sur lequel \(B\) est de Cohen–Macaulay — \(B\), quotient d'un régulier, a un lieu de Cohen–Macaulay ouvert, qui contient les points maximaux. Un système de paramètres y est alors une suite régulière.
Suffisance. Les conditions passent de \(F\) à \(F_B\), \(B\) quotient de \(A\) ; par la proposition 3 — qui utilise (i), (ii), (iii b) —, il suffit de trouver \(h \in A\) non nilpotent tel que \(F_h\) soit représentable. Par le lemme 5 et la remarque 5 bis — qui utilisent (i), (ii), (iii a), (iv), (v) —, \(F\) est pro-représentable par un système strict \((P_i)\) de modules de type fini23 . Le corollaire 10 fournit un ouvert dense de \(\operatorname{Spec} A\), qu'on peut prendre de la forme \(D(g)\) et dense, et un faisceau fondamental sur lui, qu'on prolonge en un \(A\)-module de type fini \(\Omega\). La condition (vi), appliquée à \(B = A\) et à \(\Omega\), donne \(h'\) ; \(D(gh') = D(g) \cap D(h')\) est non vide, \(D(g)\) étant dense. Sur \(\operatorname{Spec} A_{gh'}\), le corollaire 11 s'applique au système \((P_{i, gh'})\) — sa condition (i) par (iv), sa condition (ii) par (vi) —, qui est donc stationnaire : \(F_{gh'}\) est représentable, cqfd24 .
Remarque 13. Supposons que tout quotient intègre \(B\) de \(A\) ait un ouvert non vide \(D(h)\) avec \(B_h\) régulier. Selon la page, cette condition rend inutile l'hypothèse que \(A\) soit quotient d'un régulier, et entraîne que, dans le théorème 12, (vi) implique (v) ; la page s'interrompt là25 .
La seconde affirmation se justifie ainsi. Soit \(\mathfrak{p}\) premier, \(B = A/\mathfrak{p}\). La condition (vi) pour \(B\) et \(\Omega = B\), et l'hypothèse, donnent un ouvert non vide de \(\operatorname{Spec} B\) où \(B\) est régulier et où \(F(B) \otimes B_{\mathfrak{q}}/(\underline{t}) \simeq F(B_{\mathfrak{q}}/(\underline{t}))\) ; en prenant pour \(\underline{t}\) un système régulier de paramètres, \(B_{\mathfrak{q}}/(\underline{t}) = k(\mathfrak{q})\), et \(\dim F(k(\mathfrak{q}))\) est le rang de la fibre du module de type fini \(F(B)\), constant sur un ouvert non vide. C'est le critère de constructibilité rappelé à la page 7. La première affirmation est claire quand \(A\) est intègre — sur l'ouvert régulier, \(\Omega = \mathcal{O}\) est un faisceau fondamental et remplace le corollaire 10 —, mais la page ne dit pas comment traiter un quotient non réduit, et nous la laissons ouverte26 .
17–20
V. Le module \(P\) d'un morphisme propre (pages 17 à 20)
17–18
L'énoncé (pages 17 et 18)
Théorème 14. Soient \(f \colon X \to S\) un morphisme propre et de présentation finie, \(\mathcal{F}\) et \(\mathcal{G}\) des \(\mathcal{O}_X\)-Modules de présentation finie, \(\mathcal{G}\) plat sur \(S\). Il existe un \(\mathcal{O}_S\)-Module de présentation finie \(P\) et un isomorphisme, fonctoriel en le \(\mathcal{O}_S\)-Module quasi-cohérent \(M\), \[ \underline{\mathrm{Hom}}_{\mathcal{O}_S}(P, M) \simeq f_{*}\,\underline{\mathrm{Hom}}_{\mathcal{O}_X}(\mathcal{F},\ \mathcal{G} \otimes_{\mathcal{O}_S} M) . \] En prenant les sections globales, \(\mathrm{Hom}(P, M) \simeq \mathrm{Hom}(\mathcal{F}, \mathcal{G} \otimes_{\mathcal{O}_S} M)\), ce qui détermine \(P\) à isomorphisme unique près. La formation de \(P\) commute à tout changement de base \(S' \to S\)27 .
On se ramène à \(S = \operatorname{Spec} A\) affine, puis, comme d'habitude — tout étant de présentation finie, et \(\mathcal{G}\) plat —, à \(A\) de type fini sur \(\mathbb{Z}\), donc quotient d'un anneau régulier, et l'on applique le théorème 12 au foncteur \(M \mapsto \mathrm{Hom}(\mathcal{F}, \mathcal{G} \otimes_A M)\). Les conditions (i) à (iv) sont « standard » : (i) parce que \(X\) est quasi-compact et \(\mathcal{F}\) de présentation finie, (ii) par la platitude de \(\mathcal{G}\), (iii) par le théorème de comparaison (fonctions formelles) d'EGA III, (iv) par le théorème de finitude pour un morphisme propre. \(A\) étant excellent, la remarque 13, en sa partie justifiée ci-dessus, réduit (v) à (vi)28 . Il reste (vi).
Sauf l'exactitude à gauche, les conditions du théorème 12 se vérifient en fait pour tous les foncteurs \[ M \longmapsto H^{q}\bigl(X,\ \underline{\mathrm{Ext}}^{i}(\mathcal{F},\ \mathcal{G} \otimes_A M)\bigr) \qquad\text{ou}\qquad M \longmapsto \mathrm{Ext}^{q}(X;\ \mathcal{F},\ \mathcal{G} \otimes_A M), \] sans supposer \(\mathcal{G}\) plat — sur une base quelconque, \(M \mapsto R^q f_{*}\,\underline{\mathrm{Ext}}^{i}(\mathcal{F}, \mathcal{G} \otimes M)\) et \(M \mapsto R^q f_{*}\,R\underline{\mathrm{Hom}}(\mathcal{F}, \mathcal{G} \otimes M)\). La vérification se fait « en deux coups » : changement de base générique pour les \(\underline{\mathrm{Ext}}\) (lemme 15), puis pour les \(R^j f_{*}\) (lemme 17). C'est d'ici que part la remarque 18.
18–20
Changement de base générique (pages 18 à 20)
Lemme 15. Soient \(A\) noethérien, \(f \colon X \to S = \operatorname{Spec} A\) de type fini, \(\mathcal{F}\), \(\mathcal{G}\) cohérents sur \(X\), \(\Omega\) cohérent sur \(S\), \(N\) un entier. Il existe un ouvert dense \(U\) de \(S\) tel que, pour \(\mathfrak{p} \in U\) et toute suite \(A_{\mathfrak{p}}\)-régulière \(\underline{t}\), \[ \underline{\mathrm{Ext}}^{i}(\mathcal{F},\ \mathcal{G} \otimes_A \Omega) \otimes A_{\mathfrak{p}}/(\underline{t}) \xrightarrow{\ \sim\ } \underline{\mathrm{Ext}}^{i}\bigl(\mathcal{F},\ \mathcal{G} \otimes_A \Omega \otimes A_{\mathfrak{p}}/(\underline{t})\bigr) \qquad (i \leq N) . \]
Démonstration. On peut supposer \(X = \operatorname{Spec} B\) affine (\(X\) est quasi-compact). Une résolution \(L_{\cdot}\) de \(\mathcal{F}\) par des \(B\)-modules libres de type fini donne, avec \(\mathcal{G}' = \mathcal{G} \otimes_A \Omega\) et \(K^{\cdot} = \check{L}_{\cdot} \otimes_B \mathcal{G}'\), \[ \underline{\mathrm{Ext}}^{i}(\mathcal{F}, \mathcal{G}' \otimes_A M) = H^{i}(K^{\cdot} \otimes_A M) \] pour tout \(A\)-module \(M\), et il s'agit que \(H^{i}(K^{\cdot}) \otimes_A M \to H^{i}(K^{\cdot} \otimes_A M)\) soit bijectif pour \(i \leq N\). Quitte à tronquer \(K^{\cdot}\) au-delà du degré \(N+1\), il est borné, et il suffit que \(\mathrm{Tor}_i^A(K^{j}, M) = \mathrm{Tor}_i^A(H^{j}(K^{\cdot}), M) = 0\) pour \(i > 0\) et tout \(j\). Les \(K^j\) et \(H^j(K^{\cdot})\) sont des \(B\)-modules de type fini — des Modules cohérents sur \(X\), non sur \(S\) —, et l'on est ramené au
Lemme 16. Soit \(R\) un Module cohérent sur \(X\). Il existe un ouvert dense \(U\) de \(S\) tel que, pour \(\mathfrak{p} \in U\) et toute suite \(A_{\mathfrak{p}}\)-régulière \(\underline{t}\), \(\mathrm{Tor}_i^{A}(R,\ A_{\mathfrak{p}}/(\underline{t})) = 0\) pour \(i > 0\).
Démonstration. D'après celle du lemme 6, il suffit que, \(J\) étant le nilradical de \(A\), \(\mathrm{gr}_J(A)\) et \(\mathrm{gr}_J(R)\) soient plats sur \(A/J\) aux points de \(U\) ; le théorème de platitude générique permet de choisir \(U\) ainsi29 .
La fin de la page 19 est raturée et inachevée : le lemme 15 ramène le cas de \(R^q f_{*}\,\underline{\mathrm{Ext}}^{i}(\mathcal{F}, \mathcal{G} \otimes \Omega)\) au
Lemme 17. Soient \(S\) noethérien, \(f \colon X \to S\) propre et \(E\) cohérent sur \(X\). Il existe un ouvert dense \(U\) de \(S\) tel que, pour tout \(s \in U\) et toute suite \(\mathcal{O}_{S,s}\)-régulière \(\underline{t}\), l'homomorphisme naturel \[ R^{j} f_{*}(E)_s \otimes \mathcal{O}_{S,s}/(\underline{t}) \longrightarrow R^{j} f^{(s)}_{*}\bigl(E^{(s)} \otimes \mathcal{O}_{S,s}/(\underline{t})\bigr) \] soit un isomorphisme pour tout \(j\), où \(f^{(s)} \colon X^{(s)} = X \times_S \operatorname{Spec} \mathcal{O}_{S,s} \to \operatorname{Spec} \mathcal{O}_{S,s}\) et \(E^{(s)}\) est induit par \(E\).
Démonstration. Posons \(M = \mathcal{O}_{S,s}/(\underline{t})\). Par le lemme 16, on peut supposer \(E \otimes M = E \otimes^{\mathbb{L}} M\). On représente \(Rf_{*}E\), localement sur \(S\), par un complexe borné \(K^{\cdot}\) à composantes cohérentes, et le lemme 16, appliqué avec \(X = S\), permet de supposer \(K^{\cdot} \otimes M = K^{\cdot} \otimes^{\mathbb{L}} M\). La formule de projection \[ Rf_{*}(E \otimes^{\mathbb{L}} M) \xrightarrow{\ \sim\ } Rf_{*}(E) \otimes^{\mathbb{L}} M \] s'identifie alors à \(H^{j}(K^{\cdot}) \otimes M \to H^{j}(K^{\cdot} \otimes M)\) en chaque degré. Restreignant encore \(U\) par le lemme 16, on peut supposer \(\mathrm{Tor}_i(H^{j}(K^{\cdot}), M) = 0\) pour \(i > 0\) et tout \(j\), et cette flèche est alors un isomorphisme, cqfd30 .
Mises ensemble, la platitude de \(\mathcal{G}\) et les lemmes 15 et 17 (appliqués à \(E = \underline{\mathrm{Hom}}(\mathcal{F}, \mathcal{G}_B \otimes \Omega)\) sur \(X_B\), avec \(N = 0\)) donnent (vi) pour le foncteur du théorème 14 ; le théorème 12 conclut. La page ne rédige pas ce dernier assemblage.
21–23
VI. Foncteurs constructibles, restriction de Weil (pages 21 à 23)
21–21
Foncteurs constructibles (page 21)
Remarque 18. Il y a lieu d'appeler foncteur constructible un foncteur qui satisfait aux conditions du théorème 12, sauf l'exactitude à gauche (ii). Il faudrait définir de même la notion de foncteur constructible \(\mathrm{Qcoh}(Y) \to \mathrm{Qcoh}(X)\) (pour \(X\) au-dessus de \(Y\)), et il y aurait une suite : un composé de foncteurs constructibles l'est encore, et les foncteurs \(\underline{\mathrm{Ext}}^{i}\), \(\underline{\mathrm{Tor}}_{j}\), \(R^{q}f_{*}\) sont constructibles31 .
21–23
La restriction de Weil (pages 21 à 23)
Théorème 19. Soit \(f \colon X \to S\) un morphisme propre, plat et de présentation finie. Pour tout schéma \(Z\) affine sur \(X\), le foncteur \[ f_{*}(Z) = \prod_{X/S} Z/X, \qquad T \longmapsto \mathrm{Hom}_X(X \times_S T,\ Z), \] est représentable par un schéma affine sur \(S\) ; si \(Z\) est de présentation finie (resp. de type fini) sur \(X\), \(f_{*}(Z)\) l'est sur \(S\)32 .
Démonstration. On peut supposer \(S\) affine, donc \(X\) quasi-compact. Alors \(Z = \varprojlim Z_i\), limite filtrante de \(X\)-schémas affines de présentation finie, et \(f_{*}(Z) = \varprojlim f_{*}(Z_i)\) : pour la première assertion, il suffit de traiter les \(Z_i\), une limite de \(S\)-schémas affines étant affine. Pour \(Z\) de type fini, on peut prendre les transitions \(Z_j \to Z_i\) et les \(Z \to Z_i\) des immersions fermées ; s'il est prouvé que les \(f_{*}(Z_j) \to f_{*}(Z_i)\) le sont aussi, \(f_{*}(Z) \to f_{*}(Z_i)\) est une immersion fermée et \(f_{*}(Z)\) est de type fini. On est ramené à prouver en même temps le
Corollaire 20. Si \(Z \to Z'\) est une immersion fermée de \(X\)-schémas affines, \(f_{*}(Z) \to f_{*}(Z')\) est une immersion fermée.
Par les arguments de limite standard, on se ramène à \(Z\), \(Z'\) de présentation finie, puis à \(S\) de type fini sur \(\mathbb{Z}\), donc noethérien.
Premier cas : \(Z = \mathbb{V}(\mathcal{F})\), fibré vectoriel \(\operatorname{Spec} \mathrm{Sym}(\mathcal{F})\) d'un \(\mathcal{F}\) cohérent sur \(X\). Le théorème 14, avec \(\mathcal{G} = \mathcal{O}_X\) — plat sur \(S\) puisque \(X\) l'est —, fournit \(P\) cohérent sur \(S\) avec \(\mathrm{Hom}(\mathcal{F}, f^{*}M) \simeq \mathrm{Hom}(P, M)\), et l'on voit aussitôt que \(f_{*}(\mathbb{V}(\mathcal{F})) \simeq \mathbb{V}(P)\) : une section de \(\mathbb{V}(\mathcal{F})\) sur \(X_T\) est un homomorphisme \(\mathcal{F}_T \to \mathcal{O}_{X_T}\)33 .
Second cas : le cas général. On a une immersion fermée \(Z \hookrightarrow Z' = \mathbb{V}(\mathcal{F})\), et il suffit de prouver que \(f_{*}(Z) \to f_{*}(Z')\) est représentable par des immersions fermées — ce qui prouve du même coup le corollaire 20. Un \(T\)-point de \(f_{*}(Z')\) est une section \(s\) de \(Z'_T\) sur \(X_T\) ; le sous-foncteur de \(T\) qui « fait passer \(s\) par \(Z\) » est \(f_{*}(Y) = \prod_{X_T/T} Y/X_T\), où \(Y = s^{-1}(Z_T)\) est un sous-schéma fermé de \(X_T\). Il est représentable par un sous-schéma fermé de \(T\), par « l'exposé Murre, th. 3 », cqfd34 .
Remarque 21. Soit \(f \colon X \to S\) propre, plat, de présentation finie. Pour tout \(\mathcal{O}_X\)-Module quasi-cohérent \(\mathcal{F}\), il existe un \(\mathcal{O}_S\)-Module quasi-cohérent \(P\) tel que \(f_{*}(\mathbb{V}(\mathcal{F})) \simeq \mathbb{V}(P)\) : on écrit \(\mathcal{F}\) comme limite inductive filtrante de Modules de présentation finie \(\mathcal{F}_i\), les \(P_i\) correspondants forment un système inductif, et \(P = \varinjlim P_i\) convient, puisque \(\mathbb{V}(\varinjlim P_i) = \varprojlim \mathbb{V}(P_i)\)35 .
Notes
- Le titre est écrit à l'encre dans l'angle d'une chemise brune (page 1), avec « et de schémas finis sur d'autres par descente » biffé ; deux mots après « foncteur \(G/S\) » sont illisibles, et « \(\Omega^{1}(y)\) » est une lecture incertaine. Rien dans le dossier ne revient à ces invariants. Aucune page n'est intitulée « Dualité des modules », la première moitié du titre de l'inventaire ; la dualité n'y paraît que comme outil, aux pages 8 à 15. Les pages 11 et 13 sont des feuillets dactylographiés sans rapport, qui ne portent pas sa main. ↩
- La page écrit \(f\) pour les trois. On a changé deux d'entre eux pour que les sections V et VI, où les trois se rencontrent, restent lisibles. ↩
- La démonstration est de cette lecture. Sur la page, « Supposons \(F\) exact à gauche, et soit » est biffé et remplacé par « Soit \(B\) une \(A\)-algèbre fid. plate » ; l'exactitude à gauche passe dans la conclusion. ↩
- La page énonce (ii) pour les complétés \(\widehat{M}\) des \(A\)-modules de type fini \(M\). Sous cette forme la condition est plus faible que ce que la démonstration utilise : il faut connaître \(F\) sur le module \(\widehat{P}\) construit plus bas, qui n'a pas de raison d'être le complété d'un \(A\)-module. La forme retenue ici est celle de la proposition 3 (iii), où la page corrige d'ailleurs \(F(\widehat{M})\) en \(F(M)\) ; elle est encore nécessaire, puisqu'un tel \(M\) est séparé et complet. « Lemme 2 » surcharge un « Corollaire 2 » biffé. ↩
- La page précise, en interligne et d'une lecture incertaine, « monomorphes » : limites inductives filtrantes à morphismes de transition injectifs. C'est en effet tout ce que la démonstration du lemme 2 utilise sur un anneau noethérien — tout module est la réunion filtrante de ses sous-modules de type fini, et \(P\) est de type fini dès que \(\mathrm{Hom}(P,-)\) commute à ces réunions. ↩
- Sur la page, la condition (iv) est écrite avant (iii), d'abord numérotée (iii), et une flèche la renvoie à sa place. ↩
- La parenthèse de (iv) est en partie illisible ; on la lit « il suffit [de le savoir] si \(M\) est [de longueur] fini[e] », qui est ce que la démonstration utilise. La page écrit \(F(\widehat{M})\) en (iii) et (iv), le chapeau ajouté après coup ; pour un \(\widehat{A}\)-module de type fini, \(\widehat{M} = M\). ↩
- C'est le théorème de pro-représentabilité de Grothendieck (« Technique de descente et théorèmes d'existence en géométrie algébrique, II », Séminaire Bourbaki, exposé 195, 1960) ; la page dit seulement « est pro-représentable ». ↩
- Le raisonnement par dualité de Matlis est de cette lecture ; la page dit « en vertu de la condition (iv), testée avec l'injectif indécomposable \(I_n\) de \(A_n\), on trouve qu'il est représentable ». ↩
- Sur la page, la conclusion est écrite d'abord, et un long trait la renvoie après les conditions ; « Lemme 5 » surcharge « Proposition », biffé. En (v), les \(A/\mathfrak{p}\) sont écrits sur des \(A_{\mathfrak{p}}\). ↩
- Ce paragraphe et le précédent reconstruisent la page 6, dont la fin est très remaniée et pour une bonne part illisible : l'ordre des fragments est incertain. Ce qui se lit — le point maximal \(x\) de \(S - U\) avec « N.B. \(x = \mathfrak{p}\) ! », le recollement sur un voisinage \(V\), le choix de \(V = \operatorname{Spec} A_h\) « grâce à la condition (v) », « \(\alpha_V \in F(\underline{N}')\) donc \(N_s \subset \underline{N}'_s\) », une image « tout entière » le long de \(V(\mathfrak{p})\) « par Nakayama », et en marge « Donc on est ramené au cas \(\underline{N}' = M\) » — est ce que la démonstration ci-dessus enchaîne ; l'usage précis du module \(Q\) est de cette lecture. ↩
- La page écrit « \(\mathrm{Nor}(B)\) contient un ouvert non vide », lecture incertaine, ajoutée en interligne : il faut l'entendre du lieu normal. Cette condition est satisfaite si \(A\) est excellent — par exemple de type fini sur \(\mathbb{Z}\) ou sur un corps —, puisque le lieu normal y est alors ouvert et contient le point générique. ↩
- Comment \(N\) est obtenu, et pourquoi la coïncidence en codimension 1 vaut hors d'un ensemble fini, se trouve dans les lignes illisibles ; nous ne le reconstituons pas. L'argument final — un module libre sur un anneau normal est l'intersection de ses localisés en codimension 1 — est l'extension de Hartogs, et c'est lui qui demande l'hypothèse sur le lieu normal. ↩
- La page dit « c'est bien standard si \(n = 1\), et on continue par récurrence » ; le pas de récurrence est de cette lecture. Le \(M\) de « suite \(M\)-régulière » n'y est défini que dans une ligne biffée de l'énoncé ; c'est le module \(R_s\) (que la page appelle \(F\), nom qu'on réserve au foncteur). ↩
- Le titre, souligné, est lu « Cor. Main », comme aux pages 5 et 9 du dossier 90 ; ce peut être une abréviation de « Corollaire ». Il en va de même des corollaires 9, 10 et 11. ↩
- La page demande \(\mathrm{Tor}_1(M, H^1(K^{\cdot})) = \mathrm{Tor}_1(M, Z^1(K^{\cdot})) = 0\), et nomme ces modules \(R\) et \(S\) (sans rapport avec le schéma \(S\)). Pour un complexe concentré en degrés 0 et 1, \(Z^1 = K^1\) ; la condition qui sert est sur \(B^1\), et on la déduit de celle sur \(K^1\) par l'annulation de \(\mathrm{Tor}_2(M, H^1)\), que le lemme 6 donne aussi. La lettre écrite comme un rond ouvert dans \(\underline{\mathrm{Hom}}(P, Q)\) est l'\(\Omega\) de l'énoncé. ↩
- La définition est celle du « module fondamental » des « Notes antiques 1958 » du dossier 101 (page 18) : \(\Omega\) de type fini dont le dual de Matlis est le module de cohomologie locale \(H^n_{\mathfrak{m}}(A)\), \(n = \dim A\) ; une addition y précise que, pour \(A\) de Cohen–Macaulay, module fondamental et module dualisant coïncident. C'est le module canonique d'aujourd'hui. Le haut de la page 10 porte une ligne biffée (« Lemme. Soit \(X\) un préschéma régulier ») et, en interligne, « \(\Omega\) […] définissables par un C.M. » ; le passage n'est lu qu'en partie. ↩
- Cette esquisse est de cette lecture. La page place \(\Omega\) sur \(X\) ; seule sa restriction à \(U\) sert, et c'est ainsi qu'on l'énonce. En marge : « il suffit [que \(X\)] soit excellent, ou seulement qu'il satisfasse la condition de EGA IV 6.11.8 » ; le § 6.11 d'EGA IV traite de l'ouverture du lieu de Cohen–Macaulay. Nous ne vérifions pas cette variante, où l'existence d'un module canonique, et non seulement l'ouverture, est en jeu. « Localement immergeable dans un régulier » est souligné d'un trait ondulé. ↩
- La justification de c) est de cette lecture ; la page dit « ces conditions impliquent la suivante ». Suit un premier « Cor. Main 11 », entièrement barré, avec en marge « à expliciter d'une autre façon » : il formulait la même conclusion à l'aide des foncteurs \(\mathrm{Hom}(R, -)\), \(\mathrm{Hom}(R', -)\) et d'une condition de changement de base sur les suites régulières. La page 14 commence par un second état, barré lui aussi. ↩
- La page dit « un syst. projectif de \(A\)-modules » ; « strict » et « de type fini » sont ajoutés ici, comme dans le premier état barré (« syst. projectif filtrant strict de Modules coh. ») et comme le donne le lemme 5 : sans eux, ni l'équivalence ni c) ne s'appliquent. ↩
- La page conclut que \(\alpha\) est un isomorphisme en disant que le diagramme le « montre » ; la flèche du bas n'a pas besoin d'être bijective. Elle écrit \(\Omega/\underline{f}\,\Omega_{\mathfrak{p}}\) en haut à droite et \(\Omega_{\mathfrak{p}}/\underline{f}\,\Omega_{\mathfrak{p}}\) en bas, pour le même module. ↩
- Sur la page, (ii) est écrit avant (i), le chiffre de (i) surchargeant un autre, et un trait courbe en marge semble les intervertir ; on les donne dans l'ordre des numéros. Un mot ajouté au-dessus de « quotient » en (vi) n'est pas lu. ↩
- La condition (iv) du lemme 5, sur les modules de longueur finie sur \(A_{\mathfrak{p}}\), résulte de (iv) ici : un tel module est \(M_0 \otimes A_{\mathfrak{p}}\) pour un \(A\)-module de type fini \(M_0\), et \(F(M_0 \otimes A_{\mathfrak{p}}) = F(M_0)_{\mathfrak{p}}\). La remarque 5 bis demande que le lieu normal de chaque quotient intègre de \(A\) contienne un ouvert non vide ; la page ne le vérifie pas pour un quotient d'un anneau régulier, et nous ne savons pas si c'est toujours le cas. C'est vrai si \(A\) est excellent, ce qui couvre l'application du théorème 14. ↩
- En marge, en face des trois phrases de la démonstration, les groupes de conditions « (i) (ii) (iii b) (iv) », « (i) (ii) (iii a) (iv) (v) », « (vi) ». La page biffe une récurrence noethérienne, inutile puisque la proposition 3 la contient. Le choix de \(D(g)\) dense et du produit \(gh'\) est de cette lecture ; la page dit « on peut maintenant [trouver] \(f\), non nilpotent, tel que le syst. \(P_{i,f}\) soit stationnaire ». ↩
- La phrase se termine, biffée, par « et dans (vi) », au bas de la page 16 ; la page 17 commence le théorème 14. ↩
- Les deux justifications sont de cette lecture. ↩
- C'est immédiat pour \(S'\) affine : les deux membres, pour un \(\mathcal{O}_{S'}\)-Module \(M'\), se calculent sur \(X\) en regardant \(M'\) comme \(\mathcal{O}_S\)-Module. Le théorème se trouve, pour une base localement noethérienne et des Modules cohérents, au § 7.7 d'EGA III (seconde partie, 1963), par une autre démonstration, à partir d'un complexe qui calcule la cohomologie. En marge gauche, une note oblique, lue en partie : « NB. Il y a le même énoncé de représentabilité, par un \(W(\ldots)\) […], pour \(F\) de prés. finie, \(G\) quasi-cohérent ; […] représentable par un \(P\) […] de prés. finie […] ». Nous ne la complétons pas. ↩
- Un passage barré commençait la vérification directe de (v) : « \(A\) intègre, il existe un ouvert non vide \(U\) … tel que sur \(U\), la fonction \(s \mapsto \dim \mathrm{Hom}(F_s, G_s)\) soit constante » ; « En vertu de la remarque 13, il reste à vérifier la condition (vi) » est écrit au-dessus. ↩
- La page écrit \(\mathrm{gr}_J(\mathcal{O}_X)\) là où le raisonnement demande \(\mathrm{gr}_J(R)\), et garde \(F\) dans la formule après avoir ajouté en interligne « Soit \(R\) cohérent sur \(X\) ». Dans le lemme 6 la liberté des gradués servait deux fois : à voir que \(\bar{\underline{t}}\) est régulière dans \(A/J\) (ce qui ne fait intervenir que \(A\)), et à transporter la régularité au module, pour quoi la platitude suffit. Un module plat n'étant pas de type fini sur \(A\), on n'utilise pas Nakayama ; il n'en est pas besoin. ↩
- La page appelle la flèche \(\alpha\) « l'isom. de régularité », lecture incertaine ; c'est la formule de projection. La lecture de la seconde accolade (\(K^{\cdot} \otimes^{\mathbb{L}} M = K^{\cdot} \otimes M\)) est incertaine. La page écrit \(M = A_{\mathfrak{p}}/\underline{f}A_{\mathfrak{p}}\), en interligne. ↩
- Au crayon, dans l'angle, « (additif ?) », relié à « foncteur » : sans exactitude à gauche, un foncteur à valeurs dans les ensembles n'a pas de raison d'être additif, et la notion demande sans doute qu'on le suppose. La lecture de l'exposant \(q\) de \(R^q f_{*}\) est incertaine ; la phrase s'achève sur des points de suspension. Le programme s'apparente — sans s'y identifier, les conditions étant d'une autre nature — aux foncteurs cohérents d'Auslander (« Coherent functors », 1966), que Hartshorne a repris pour les modules sur un anneau noethérien (« Coherent functors », Advances in Math. 140, 1998) en montrant que les foncteurs de cohomologie d'un morphisme propre le sont ; ils servent aujourd'hui à démontrer des énoncés comme le théorème 14 sur des bases très générales. Le dossier ne pouvait pas connaître ces travaux, sauf peut-être le premier. ↩
- C'est la restriction de Weil de \(Z\) le long de \(f\) ; la description par \(T \mapsto \mathrm{Hom}_X(X_T, Z)\) est de cette lecture, la page écrit seulement le produit, \(X/S\) en indice. Le dossier 100, aux pages 47 à 50, s'en sert le long d'une extension finie et plate de traits, cas où la représentabilité est classique ; ici la base est propre et plate, et le résultat est le même pour \(Z\) affine. « Affine » est souligné trois fois. ↩
- La page invoque « le th. 12 » ; c'est le théorème 14, qui en est la conséquence, dans le cas \(\mathcal{G} = \mathcal{O}_X\). ↩
- La lecture « Murre » est incertaine. Il s'agit vraisemblablement de l'exposé de J. P. Murre au Séminaire Bourbaki, « Representation of unramified functors. Applications (according to unpublished results of A. Grothendieck) » (exposé 294, 1965) ; nous n'avons pas vérifié que son théorème 3 soit l'énoncé invoqué. On peut aussi le tirer du théorème 14 : si \(\mathcal{I}\) est l'idéal de \(Y\), la condition \(Y_{T'} = X_{T'}\) est l'annulation de \(\mathcal{I} \to \mathcal{O}_{X} \otimes \mathcal{O}_{T'}\), c'est-à-dire d'une flèche \(P \to \mathcal{O}_{T'}\), et définit le sous-schéma fermé de \(T\) d'idéal l'image de \(P\). La page dessine en marge le schéma \(Z \hookrightarrow Z'\) au-dessus de \(X\), avec la section \(s\) de \(X\) vers \(Z'\), sans la nommer. ↩
- La page dit seulement « on procède par passage à la limite à partir du cas \(F\) de prés. finie » ; elle écrit \(V(F)\) pour le fibré vectoriel, que l'on note \(\mathbb{V}\). ↩