Cote n° 86 · pages 1–32
· Lecture modernisée · [Polyèdres réguliers] : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [à partir de 1977]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre
Résumé
L'icosaèdre est le solide de Platon à vingt faces triangulaires, douze sommets et trente arêtes. Ces trente-deux pages se demandent ce qu'il en reste quand on oublie tout de la géométrie — les longueurs, les angles, l'espace où il est posé — et qu'on ne garde que la liste de ses sommets, de ses arêtes, de ses faces, et de qui touche qui. La réponse est : à peu près tout, et même un peu plus, car on y voit alors une structure que la géométrie cache.
Le premier problème est de dire ce qu'est un polyèdre sans coordonnées. On ne peut pas parler de « solide convexe » ; on dispose seulement d'une relation d'incidence. Grothendieck écrit les axiomes qui font d'une telle relation un polyèdre : chaque arête a deux bouts et borde deux faces, autour d'une face on fait un tour complet, et deux faces ne se touchent que le long d'une arête ou en un sommet. Puis il change de point de vue. Au lieu de compter les sommets, arêtes et faces, il compte les drapeaux : un sommet, une arête qui en part, une face que borde cette arête. Sur les drapeaux agissent trois gestes élémentaires — changer le sommet, changer l'arête, changer la face, en gardant les deux autres — et ces trois gestes suffisent à reconstituer le polyèdre entier. C'est comme décrire une ville non par son plan, mais par l'ensemble des positions d'un piéton et les trois pas qu'il peut faire.
L'idée centrale arrive dans la troisième partie, intitulée « Cours ». Les trente arêtes de l'icosaèdre vont par paires parallèles : il y a quinze directions. Grothendieck définit, par une construction purement combinatoire, une permutation de ces quinze directions dont le cube est l'identité ; elle les regroupe en cinq « trièdres distingués », trois directions chacun. Dans l'icosaèdre réel, ce sont cinq repères orthogonaux de l'espace. Toute symétrie de l'icosaèdre permute ces cinq trièdres, et l'on obtient ainsi, sans un seul calcul de coordonnées, le fait classique que les rotations de l'icosaèdre forment le groupe des permutations paires de cinq objets. Il va plus loin : il reconstitue l'icosaèdre « replié » sur lui-même par la symétrie centrale — un polyèdre à six sommets, quinze arêtes et dix faces, qui ne vit plus dans l'espace mais sur le plan projectif — à partir des seuls cinq trièdres et d'un choix de sens : les sommets deviennent des pentagones dessinés sur cinq points, les faces des paires de points, les drapeaux des façons de numéroter les cinq points.
Ce qu'on y voit de sa manière : l'objet le plus classique est repris comme s'il était inconnu, et chaque construction est faite pour ne dépendre d'aucun choix. Les trièdres sont définis sans parler d'angle droit, et l'orientation de l'ensemble des cinq trièdres n'est pas choisie : elle est lue sur l'icosaèdre, où elle était déjà. On cherchera ensuite, sous les noms d'aujourd'hui, les polytopes abstraits réguliers, le groupe cartographique, l'hémi-icosaèdre, et l'isomorphisme entre le groupe de l'icosaèdre et le groupe alterné \(A_5\).
Keywords — abstract polytope, flag, lattice, incidence geometry, regular polyhedron, icosahedron, cartographic group, alternating group A5, compound of five octahedra, 1-factorization, hemi-icosahedron, orientation of a finite set
2–32
Le fil du dossier, et les conventions
Trois chemises (pages 1, 9 et 17) portent les titres de sa main, « Polyèdres réguliers I », « II » et « Cours — Polyèdres réguliers III » ; le titre de l'inventaire en vient vraisemblablement. Il n'y a pas de pagination de sa main ; la page 10 renvoie à une « p. 1 » qui est vraisemblablement la page 2.
- Pages 2 à 4 (I) : polyèdres combinatoires. Un ensemble ordonné \(S \sqcup A \sqcup F\), quatre axiomes ; le quatrième est une condition de treillis. Toute facette est la borne supérieure de ses sommets ; toute face a au moins trois côtés.
- Page 5 : un plan de cours sur l'icosaèdre.
- Pages 6 à 8 : trois descriptions de l'icosaèdre, adaptées à un axe passant par deux sommets, deux faces, deux arêtes opposés.
- Pages 10 à 16 (II) : géométries d'incidence et ensembles à opérateurs. Drapeaux, trois involutions, un théorème de pleine fidélité ; connexité, régularité, stabilisateurs.
- Pages 18 à 25 (III) : les trièdres distingués et le groupe alterné. La permutation \(\rho\), les cinq trièdres, l'isomorphisme \(G^{+} \simeq \operatorname{Alt}_T\).
- Pages 26 à 30 : reconstruction de l'icosaèdre gauche à partir de l'ensemble orienté des cinq trièdres.
- Pages 31 et 32, d'une autre encre : un tableau des ensembles de drapeaux de l'icosaèdre gauche, et les trois involutions écrites comme permutations de cinq lettres.
Les dossiers voisins. La partie II est le cadre dans lequel la lecture du dossier 88 (« Cartes standards ») est écrite : les mêmes involutions \(\sigma_0, \sigma_1, \sigma_2\) sur les repères, le même groupe, noté là \(\widehat{\Gamma}\), les mêmes rotations \(\sigma_1\sigma_2\) autour d'un sommet et \(\sigma_0\sigma_1\) autour d'une face, et l'icosaèdre y est la carte standard \(C_{5,3}\). Les polygones combinatoires dont les pages 2 et 15 font les « entourages » des sommets et des faces sont ceux des pages 19 et 20 du dossier 89.
Conventions, valables pour tout le dossier. \(\Phi = S \sqcup A \sqcup F\) est l'ensemble ordonné des facettes (sommets, arêtes, faces), \(E = \operatorname{Rep}(\Pi)\) l'ensemble des drapeaux maximaux — ses « repères » —, et \[ \widehat{\Gamma} = \bigl\langle \sigma_0, \sigma_1, \sigma_2 \bigm| \sigma_0^2 = \sigma_1^2 = \sigma_2^2 = (\sigma_0\sigma_2)^2 = 1 \bigr\rangle , \] qu'il note d'un grand \(\mathfrak{S}\) gothique d'indice \(2\), qui n'est pas le groupe symétrique1 . \(G = \operatorname{Aut}(\Pi)\) ; \(D_n\) est le groupe diédral d'ordre \(2n\). L'antipodisme de l'icosaèdre, qu'il note d'un \(a\) souligné, est noté ici \(\iota\), pour laisser la lettre \(a\) aux arêtes.
Deux sens du mot « orientation ». Dans la troisième partie, une orientation d'un ensemble fini \(X\) de cardinal \(\geq 2\) est une orbite du groupe alterné \(\operatorname{Alt}_X\) sur les numérotations de \(X\) ; il y en a deux. Pour un polygone, ce n'est pas la même chose que l'orientation des pages 19 et 20 du dossier 89, qui est le choix de l'un des deux sens de parcours : les deux sens de parcours d'un pentagone définissent la même orientation de l'ensemble de ses sommets (page 21). Pour un triangle, les deux notions coïncident, et la page 23 écrit \(\operatorname{Or}(f)\) pour l'ensemble des deux ordres circulaires.
2–4
I. Polyèdres combinatoires (pages 2 à 4)
2–2
Les axiomes
On se donne des ensembles finis \(S\), \(A\), \(F\) (sommets, arêtes, faces) et des relations d'incidence \(R \subset S \times A\), \(R' \subset A \times F\). Elles font de \(\Phi = S \sqcup A \sqcup F\) un ensemble ordonné, où \(s < a\) signifie \((s, a) \in R\), \(a < f\) signifie \((a, f) \in R'\), et \(s < f\) signifie qu'il existe \(a\) avec \(s < a < f\) : \(R'' = R \circ R'\). Les axiomes sont :
- 1)toute arête a exactement deux sommets et est bordée par exactement deux faces ;
- 2)(propriété du losange) si \(s < f\), il y a exactement deux arêtes \(a\) avec \(s < a < f\) ;
- 3)pour toute face \(f\), l'ensemble ordonné \(\Phi_{<f}\) est connexe ;
- 3')pour tout sommet \(s\), l'ensemble ordonné \(\Phi_{>s}\) est connexe ;
- 4)dans \(\Phi\), deux éléments qui ont un majorant commun ont une borne supérieure.
Par 1) et 2), \(\Phi_{<f}\) est un graphe biparti où chaque sommet et chaque arête sont de degré \(2\), c'est-à-dire une réunion disjointe de polygones ; 3) dit que c'est un seul polygone combinatoire, à \(q(f) \geq 2\) côtés. De même, \(\Phi_{>s}\) est un polygone à \(p(s) \geq 2\) côtés, dont les « sommets » sont les arêtes issues de \(s\) et les « côtés » les faces qui contiennent \(s\)2 . Aujourd'hui, 1) à 3') définissent un polyèdre abstrait — un polytope abstrait de rang \(3\), au sens par exemple du livre de McMullen et Schulte (2002) —, et 4) demande que \(\Phi\), augmenté d'un plus petit et d'un plus grand élément, soit un treillis3 .
L'axiome 4), symétrique et explicité. Pour un ensemble ordonné fini, 4) équivaut à l'énoncé dual, « deux éléments qui ont un minorant commun ont une borne inférieure » : l'un et l'autre disent que \(\widehat{\Phi} = \Phi \sqcup \{\hat 0, \hat 1\}\) est un treillis, et un ensemble ordonné fini qui a toutes les bornes supérieures de deux éléments et un plus petit élément a aussi toutes les bornes inférieures. Explicitement, sous 1) à 3'), l'axiome 4) équivaut à la conjonction de
- (i)une arête est déterminée par ses deux sommets : \(A \to \mathfrak{P}_2(S)\) est injective ;
- (ii)deux faces distinctes ont en commun, comme facettes inférieures, soit rien, soit un sommet, soit une arête et ses deux sommets.
En effet, deux éléments distincts qui ont un minorant commun sont deux arêtes, une arête et une face, ou deux faces, et leurs minorants communs sont leurs sommets communs (et, pour deux faces, leurs arêtes communes). La borne inférieure existe si et seulement si cet ensemble a un plus grand élément : pour deux arêtes, il faut qu'elles aient au plus un sommet commun, ce qui est (i) ; pour deux faces, c'est (ii). Reste le cas d'une arête \(a = \{s, s'\}\) et d'une face \(f\) qui ne la contient pas, dont les sommets communs doivent être au plus un : s'ils étaient \(s\) et \(s'\), la face \(f'\) qui borde \(a\) rencontrerait \(f\) en \(s, s'\), donc, par (ii), en une arête de sommets \(s, s'\), distincte de \(a\), contre (i)4 .
2–4
Les premières conséquences
Corollaire 3 (page 4). Toute face a au moins trois côtés ; dualement, de tout sommet partent au moins trois arêtes (page 3). Une face à deux côtés aurait deux arêtes de mêmes extrémités, contre (i).
Corollaire 2 (page 4, « Cor. Main 2 »). Toute facette est la borne supérieure des sommets qu'elle majore. C'est clair pour un sommet. Pour une arête \(a = \{s, s'\}\) : \(a\) majore \(s\) et \(s'\), et tout autre majorant commun est une face qui contient \(s\) et \(s'\), donc l'arête de sommets \(s, s'\) par (ii), c'est-à-dire \(a\) par (i) ; donc \(a = \operatorname{Sup}(s,s')\). Pour une face \(f\) : la borne supérieure de deux arêtes distinctes de \(f\) est une face majorée par \(f\), donc \(f\), et, \(f\) ayant au moins deux arêtes5 , \[ \operatorname*{Sup}_{s < f} s \;=\; \operatorname*{Sup}_{a<f}\, \operatorname*{Sup}_{s<a} s \;=\; \operatorname*{Sup}_{a<f} a \;=\; f \] .
Corollaire 1 (pages 2 à 4). L'application \(\alpha : \Phi \to \mathfrak{P}(S)\), qui envoie une facette sur l'ensemble des sommets qu'elle majore, est un plongement d'ensembles ordonnés : \(\alpha(x) \subset \alpha(y)\) si et seulement si \(x \leq y\). Son image, augmentée de \(\varnothing\), est stable par intersection. Si \(\alpha(x) \subset \alpha(y)\), \(y\) majore tous les sommets de \(x\), donc leur borne supérieure, qui est \(x\) par le corollaire 2. Si \(x\) et \(y\) ont un minorant commun, ils ont un sommet commun, et \(\alpha(x) \cap \alpha(y) = \alpha(\operatorname{Inf}(x, y))\) ; sinon \(\alpha(x) \cap \alpha(y) = \varnothing\)6 . Dualement (Corollaire 4, page 4), un sommet est la borne inférieure des faces qui le contiennent, et \(S \to \mathfrak{P}(F)\) est injective7 .
Remarque (page 3). Pour l'icosaèdre, tout se lit sur le graphe \((S, A)\), \(A \subset \mathfrak{P}_2(S)\) : les faces sont exactement les triangles du graphe, \(F = \{f \in \mathfrak{P}_3(S) \mid \mathfrak{P}_2(f) \subset A\}\), et \(\operatorname{Aut}(\Pi)\) est le groupe des permutations de \(S\) qui envoient arêtes sur arêtes, c'est-à-dire qui conservent la distance combinatoire8 .
5–5
Un plan de cours sur l'icosaèdre (page 5)
La page 5 est un plan, sous le titre « Icosaèdre ». 1. Une description concrète, par un modèle ou un dessin. 2. Le dénombrement : \(12\) sommets, \(30\) arêtes, \(20\) faces, \(p = 5\) arêtes en chaque sommet, \(q = 3\) côtés à chaque face, et \(2 \cdot 30 = 5 \cdot 12 = 3 \cdot 20\). Les propriétés polyédrales, comme géométrie d'incidence et comme polyèdre combinatoire. 3. Les distances combinatoires et l'existence des bornes9 . 4. Les « perspectives », dont la première, par un couple de sommets opposés, a pour groupe de symétrie \(D_5\) ou \(\mathbf{Z}/2 \times D_5\) ; une parenthèse sur les groupes d'automorphismes des polygones combinatoires — les groupes diédraux. Puis la transitivité de \(G\) sur les sommets, sur les couples \(s < a\), sur les triplets \(s < a < f\) : l'icosaèdre est un polyèdre combinatoire régulier. Un NB ajoute qu'il y en a une infinité d'autres, mais que parmi eux seuls quelques-uns sont réalisables comme polyèdres convexes de l'espace de dimension \(3\) ; une note marginale propose d'interpréter l'antipodisme comme automorphisme combinatoire10 .
6–8
Trois descriptions de l'icosaèdre (pages 6 à 8)
Chacune est adaptée à un axe passant par deux éléments opposés ; elle donne l'ensemble des sommets, les arêtes par types avec leur nombre, et le groupe des symétries qui conservent l'axe, d'ordre \(120\) divisé par le nombre d'axes du type. Les figures qui les accompagnent — vues le long de l'axe, projections, un icosaèdre inscrit dans un cube — ne sont pas reproduites.
6–6
(A) Par deux sommets opposés
\(S = \{o\} \sqcup \Pi \sqcup \Pi' \sqcup \{o'\}\), où \(\Pi\) et \(\Pi'\) sont les pentagones des voisins de \(o\) et de \(o'\), et \(s \mapsto s'\) l'antipodisme, qui échange \(\Pi\) et \(\Pi'\). Les arêtes sont les \(\{o, s\}\), \(s \in \Pi\), et \(\{o', s'\}\) (\(10\)) ; les côtés des deux pentagones (\(10\)) ; et les \(\{s, t\}\), \(s \in \Pi\), \(t \in \Pi'\), avec \(\delta(t, s') = 2\), \(\delta\) étant la distance combinatoire (\(10\)) : chaque sommet d'un pentagone est relié aux deux sommets de l'autre qui ne sont ni l'antipode du sien ni ses voisins11 . Groupe de symétrie \(\mathbf{Z}/2 \times D_5\), d'ordre \(20 = 120/6\), \(6 = 12/2\) étant le nombre d'axes par deux sommets.
7–8
(B) Par deux faces opposées
\(S = \Delta \sqcup \Delta_1 \sqcup \Delta'_1 \sqcup \Delta'\) : deux faces opposées \(\Delta\) et \(\Delta'\), et deux couches de trois sommets, avec des bijections \(t \mapsto t_1 \mapsto t'_1\) et \(t \mapsto t'\), où \(t_1\) est le troisième sommet de la face qui borde le côté de \(\Delta\) opposé à \(t\)12 . Arêtes : \(\mathfrak{P}_2(\Delta)\) et \(\mathfrak{P}_2(\Delta')\) (\(6\)) ; \(\{t, u\}\), \(t \in \Delta\), \(u \in \Delta_1\), \(u \neq t_1\), et de même en primant (\(12\)) ; \(\{t_1, u\}\), \(u \in \Delta'_1\), \(u \neq t'_1\) (\(6\)) ; \(\{t, t'_1\}\) et \(\{t', t_1\}\) (\(6\)) ; au total \(30\)13 . Groupe de symétrie \(\mathbf{Z}/2 \times \mathfrak{S}_3\), d'ordre \(12 = 120/10\), \(10 = 20/2\).
8–8
(C) Par deux arêtes opposées
Soit \(e = \{s, t\}\) une arête, \(\varphi = \{u, v\}\) les troisièmes sommets des deux faces qui la bordent, et \(e'\), \(\varphi'\) leurs antipodes. Pour \(x \in e\), \(y \in \varphi\), notons \(\Pi_{x,y}\) le voisin de \(x\) qui est adjacent à \(y\) et distinct de l'autre extrémité de \(e\). Les quatre sommets restants sont les \(\Pi_{x,y}\), et la même construction faite à partir de \(e'\) donne les mêmes : \(\Pi_{s',u'} = \Pi_{t,v}\), \(\Pi_{s',v'} = \Pi_{t,u}\), etc. D'où \[ S = e \sqcup \varphi \sqcup e' \sqcup \varphi' \sqcup \bigl[(e \times \varphi) \sqcup (e' \times \varphi')\bigr] / (\mathbf{Z}/2) , \] où l'élément non trivial de \(\mathbf{Z}/2\) envoie \((x, y)\) sur \(((\varepsilon x)', (\varepsilon y)')\), \(\varepsilon\) échangeant les deux éléments de \(e\) et de \(\varphi\) ; l'antipodisme agit sur les \(\Pi_{x,y}\) par \((x, y) \mapsto (\varepsilon x, \varepsilon y)\)14 . Les arêtes : \[ \begin{array}{lr} e,\ e' & 2 \\ \{x, y\},\ \{x', y'\} \quad (x \in e,\ y \in \varphi) & 8 \\ \{\Pi_{s,u}, \Pi_{s,v}\},\ \{\Pi_{t,u}, \Pi_{t,v}\} & 2 \\ \{y, \Pi_{x,y}\},\ \{y', \Pi_{x',y'}\} & 8 \\ \{x, \Pi_{x,y}\},\ \{x', \Pi_{x',y'}\} & 8 \\ \{u, v'\},\ \{v, u'\} & 2 \end{array} \] au total \(30\)15 . Groupe de symétrie \(\mathbf{Z}/2 \times (\mathbf{Z}/2 \times \mathbf{Z}/2)\), d'ordre \(8 = 120/15\), \(15 = 30/2\).
La notation \(\Pi_{x,y}\) reviendra pages 18 à 20 : \(\{\Pi_{s,u}, \Pi_{s,v}\}\) y sera l'image de l'arête \(e\) par la permutation \(\rho\).
10–16
II. Géométries d'incidence et ensembles à opérateurs (pages 10 à 16)
10–12
Drapeaux, repères, et le théorème de pleine fidélité
Soit \(\Pi = (S, A, F ; R, R')\) une géométrie d'incidence de dimension \(2\), c'est-à-dire, ici, des données comme à la page 2 satisfaisant au moins les axiomes 1) et 2)16 . Un drapeau est une partie non vide totalement ordonnée de \(\Phi\), de longueur son cardinal moins un ; la longueur maximale est \(2\), et les drapeaux de longueur \(2\) sont les repères \[ E = \operatorname{Rep}(\Pi) = \{(s, a, f) \in S \times A \times F \mid s < a < f\}. \] Les drapeaux de longueur \(0\) sont les facettes, ceux de longueur \(1\) les éléments de \(R\), \(R'\), \(R''\). Les trois applications d'oubli \(E \to R'\), \(E \to R''\), \(E \to R\), qui oublient respectivement le sommet, l'arête, la face, sont de degré \(2\) par les axiomes 1) et 2) ; elles définissent trois involutions sans point fixe \(\sigma_0, \sigma_1, \sigma_2\) de \(E\), où \(\sigma_i\) change la composante de dimension \(i\) du repère et garde les deux autres. On a \[ \sigma_0\sigma_2(s, a, f) = \sigma_2\sigma_0(s, a, f) = (s', a, f'), \] \(s'\) étant l'autre sommet et \(f'\) l'autre face de \(a\), de sorte que \(\sigma_0\) et \(\sigma_2\) commutent et que \(\sigma_0\sigma_2\) est aussi sans point fixe. L'ensemble \(E\) devient ainsi un ensemble à opérateurs sous le groupe \(\widehat{\Gamma}\) des conventions17 .
Théorème (page 12). Sur les géométries d'incidence qui satisfont 1) à 3'), le foncteur \(\Pi \mapsto \operatorname{Rep}(\Pi)\), des géométries avec leurs isomorphismes vers les \(\widehat{\Gamma}\)-ensembles où \(\sigma_0, \sigma_1, \sigma_2, \sigma_0\sigma_2\) opèrent sans point fixe avec leurs isomorphismes, est pleinement fidèle. On reconstitue en effet \(\Pi\) à partir de \(E\) : \[ E/\langle \sigma_1, \sigma_2 \rangle \xrightarrow{\ \sim\ } S, \qquad E/\langle \sigma_0, \sigma_2 \rangle \xrightarrow{\ \sim\ } A, \qquad E/\langle \sigma_0, \sigma_1 \rangle \xrightarrow{\ \sim\ } F . \] La flèche médiane est bijective parce que \(\langle \sigma_0, \sigma_2 \rangle \simeq \mathbf{Z}/2 \times \mathbf{Z}/2\) opère librement sur la fibre d'une arête, qui a quatre éléments. La fibre d'un sommet \(s\) est l'ensemble des drapeaux du polygone \(\Phi_{>s}\), et ses orbites sous \(\langle \sigma_1, \sigma_2 \rangle\) sont les composantes connexes de ce polygone : la première flèche est bijective exactement par 3'), et la dernière par 3). Enfin \(R\) et \(R'\) sont les images de \(E\) dans \(S \times A\) et \(A \times F\)18 .
Ce codage d'un polyèdre par l'action de trois involutions sur ses drapeaux est celui qu'utilisent aujourd'hui la théorie des cartes et celle des polytopes abstraits19 .
13–14
Automorphismes, connexité, régularité
Corollaire. \(\operatorname{Aut}(\Pi) = \operatorname{Aut}_{\widehat{\Gamma}}(\operatorname{Rep}(\Pi))\).
Corollaire. Pour \(\Pi\) non vide, conditions équivalentes : a) deux sommets sont toujours reliés par une chaîne d'arêtes ; a') deux faces sont toujours reliées par une chaîne de faces adjacentes le long d'arêtes ; b) \(\Pi\) n'est pas somme disjointe de deux géométries non vides ; c) \(\widehat{\Gamma}\) opère transitivement sur \(E\). On dit alors que \(\Pi\) est connexe20 .
Corollaire. Si \(\Pi\) est connexe, \(\operatorname{Aut}(\Pi)\) opère librement sur \(\operatorname{Rep}(\Pi)\) : un automorphisme d'un espace homogène qui fixe un point est l'identité. Donc, \(\Pi\) étant fini, \(\operatorname{Card}\operatorname{Aut}(\Pi)\) divise \(\operatorname{Card}\operatorname{Rep}(\Pi)\). C'est ce que la lecture du dossier 81 appelle la rigidité d'un objet repéré.
Re-corollaire. Soit \(\Pi\) connexe, \(r \in E\), \(H \subset \widehat{\Gamma}\) son stabilisateur et \(G = \operatorname{Aut}(\Pi)\). Conditions équivalentes :
- a)\(G\) est transitif sur \(E\) ;
- b)\(H\) est distingué dans \(\widehat{\Gamma}\) ;
- c)(\(\Pi\) fini) \(\operatorname{Card} G = \operatorname{Card} E\) ;
- d)pour tout \(g \in \widehat{\Gamma}\), il existe \(\bar g \in G\) avec \(g \cdot r = \bar g \cdot r\) ;
- d')pour \(i = 0, 1, 2\), il existe \(\bar\sigma_i \in G\) avec \(\sigma_i \cdot r = \bar\sigma_i \cdot r\).
Pour \(E = \widehat{\Gamma}/H\), le groupe des automorphismes est \(N(H)/H\), d'où a) \(\Leftrightarrow\) b) ; c) \(\Leftrightarrow\) a) parce que l'action est libre ; d) n'est que a) puisque \(E = \widehat{\Gamma} r\) ; et d') entraîne d) parce que les automorphismes commutent aux \(\sigma_i\) : si \(h r = \bar h r\), alors \(\sigma_i h r = \bar h \sigma_i r = \bar h \bar\sigma_i r\). On dit alors que \(\Pi\) est régulière, ou que c'est un polyèdre combinatoire régulier.
Corollaire. Si \((\Pi_0, r_0)\) est un polyèdre régulier muni d'un repère et \(\Pi\) un polyèdre isomorphe, \(\operatorname{Isom}(\Pi_0, \Pi) \to \operatorname{Rep}(\Pi)\), \(\varphi \mapsto \varphi(r_0)\), est bijective : un polyèdre régulier repéré est défini à isomorphisme unique près.
Le groupe. Dans un polyèdre régulier, \(\bar g\) est unique, et \(g \mapsto \bar g\) est un anti-homomorphisme surjectif \(\widehat{\Gamma} \to G\) de noyau \(H\) : \(\overline{hg} = \bar g\,\bar h\), car \(\bar g \bar h r = \bar g h r = h \bar g r = h g r\). Composé avec \(x \mapsto x^{-1}\), c'est un homomorphisme ; ainsi \(G \simeq \widehat{\Gamma}/H\), et les \(\bar\sigma_i\) engendrent \(G\)21 .
15–16
Les stabilisateurs d'un polyèdre régulier
Deux blocs barrés précèdent l'énoncé. Le premier définit une orientation d'une géométrie comme une partie \(R^{+} \subset E\) telle que chaque \(\sigma_i\) l'échange avec son complémentaire \(R^{-}\) — de façon équivalente, \(R^{+}\) s'envoie bijectivement sur chacun des trois ensembles de drapeaux de longueur \(1\) —, ses éléments étant les repères directs. Le second annonce que le stabilisateur d'un sommet est diédral22 .
Proposition (pages 15 et 16, marquée « Exer »). Soit \(\Pi\) un polyèdre combinatoire régulier connexe, \(E = \operatorname{Rep}(\Pi)\), \(G = \operatorname{Aut}(\Pi)\).
- a)Soit \(p\) l'ordre de \(\sigma_1\sigma_2\) et \(q\) celui de \(\sigma_0\sigma_1\) sur \(E\). Par tout sommet passent exactement \(p\) arêtes, et toute face a exactement \(q\) côtés. En effet, \(\langle \sigma_1, \sigma_2 \rangle\) opère sur les \(2p(s)\) repères de sommet \(s\) comme le groupe diédral du polygone \(\Phi_{>s}\), où \(\sigma_1\sigma_2\) est une rotation d'ordre \(p(s)\) ; la régularité rend \(p(s)\) constant. Par le corollaire 3 et son dual, \(3 \leq p, q\), et \(p, q \leq \infty\) si l'on admet des polyèdres infinis23 .
- b)Pour \(s \in S\), l'homomorphisme \(G_s \to \operatorname{Aut}(\Phi_{\geq s})\) est un isomorphisme ; en particulier \(G_s \simeq D_p\).
- b')Pour \(f \in F\), \(G_f \to \operatorname{Aut}(\Phi_{\leq f})\) est un isomorphisme ; \(G_f \simeq D_q\).
- c)Pour \(a \in A\), soit \(\sigma\) l'ensemble de ses deux sommets et \(\varphi\) celui de ses deux faces. Alors \(G_a \to \mathfrak{S}_\sigma \times \mathfrak{S}_\varphi \simeq \mathbf{Z}/2 \times \mathbf{Z}/2\) est un isomorphisme.
Dans les trois cas, le stabilisateur opère librement et transitivement sur les repères qui contiennent la facette, et le groupe d'arrivée aussi : l'injection est une bijection24 .
18–25
III. Les trièdres distingués et le groupe alterné (pages 18 à 25)
18–19
La permutation \(\rho\) des directions d'arêtes
Sous la chemise « Cours », \(\Pi\) est l'icosaèdre combinatoire, et \(\iota \in G\) son antipodisme — l'automorphisme qui envoie chaque sommet sur l'unique sommet à distance \(3\) —, sans point fixe sur \(S\), \(A\), \(F\). Les quinze paires \(\bar a = \{a, \iota a\}\) sont les directions d'arêtes : \(\bar A = A/\iota\).
Soit \(a = \{s, t\}\) une arête, et \(u, v\) les troisièmes sommets des deux faces qui la bordent. Les cinq voisins de \(s\) forment un pentagone \(t, u, \Pi_{s,u}, \Pi_{s,v}, v\), où \(\Pi_{s,u}\) est le voisin de \(s\) adjacent à \(u\) autre que \(t\) (comme page 8) ; le côté de ce pentagone opposé à \(t\) est l'arête \(\{\Pi_{s,u}, \Pi_{s,v}\}\). Partant de \(t\) au lieu de \(s\), on trouve \(\{\Pi_{t,u}, \Pi_{t,v}\}\), qui en est l'antipode. D'où une application \(\rho_0 : A \to \bar A\), compatible avec les automorphismes, en particulier avec \(\iota\), qui opère trivialement sur \(\bar A\) ; elle passe donc au quotient en \[ \rho : \bar A \longrightarrow \bar A . \] On calcule \(\rho^2(\bar a) = \overline{\{u, \iota v\}} = \overline{\{v, \iota u\}}\), puis \(\rho^3(\bar a) = \bar a\)25 . Donc \(\rho^3 = \mathrm{id}\), \(\rho\) est une permutation sans point fixe, toutes ses orbites ont trois éléments, et il y en a cinq. Une orbite s'appelle un trièdre distingué26 ; deux directions sont orthogonales si elles sont distinctes et dans le même trièdre, c'est-à-dire si \(\beta = \rho\alpha\) ou \(\alpha = \rho\beta\). Chaque direction a exactement deux directions orthogonales ; la relation d'orthogonalité est symétrique, la relation \(\beta = \rho\alpha\) ne l'est pas. On note \(T\) l'ensemble des cinq trièdres, \(\operatorname{tr} : \bar A \to T\) la projection, et l'on voit \(T\) aussi comme une partition de \(A\) en cinq parties de six arêtes, stables par \(\iota\).
Dans l'icosaèdre régulier, \(\{\Pi_{s,u}, \Pi_{s,v}\}\) est orthogonale à \(\{s, t\}\) au sens euclidien, et un trièdre distingué est un repère orthogonal de l'espace formé de trois axes d'arêtes ; ce sont les axes des cinq octaèdres dont les sommets sont les milieux de six arêtes de l'icosaèdre, ou encore les axes de coordonnées des cinq façons d'écrire ses sommets \((0, \pm 1, \pm \phi)\) et permutations circulaires, \(\phi\) étant le nombre d'or27 .
20–21
Les cinq arêtes d'un sommet
Proposition. Deux arêtes orthogonales n'ont pas de sommet commun. Les quatre arêtes orthogonales à \(\{s, t\}\) sont \(\{\Pi_{s,u}, \Pi_{s,v}\}\), \(\{\Pi_{t,u}, \Pi_{t,v}\}\), \(\{u, \iota v\}\) et \(\{v, \iota u\}\) ; aucune ne rencontre \(\{s, t\}\).
Ainsi chaque classe de \(T\) est un ensemble de six arêtes deux à deux sans sommet commun, couvrant les douze sommets : la partition \(T\) est une coloration propre des arêtes en cinq couleurs, chaque sommet voyant les cinq couleurs28 .
Corollaire. Pour tout \(s \in S\), si \(P(s)\) est l'ensemble des cinq arêtes issues de \(s\), \(a \mapsto \operatorname{tr}(\bar a)\) est une bijection \(P(s) \xrightarrow{\sim} T\) : deux arêtes issues de \(s\) ne sont ni de même direction ni orthogonales, et les deux ensembles ont cinq éléments.
Corollaire. Le groupe \(G_s^{+} \simeq \mathbf{Z}/5\) des rotations fixant \(s\) — les automorphismes fixant \(s\) qui induisent une rotation du pentagone \(\Phi_{\geq s}\) — fait de \(T\) un torseur ; un générateur opère sur \(T\) par une permutation circulaire, et \(G_s^{+}\) opère par permutations paires, un cycle de longueur impaire étant pair.
Le cas de tout \(G_s\) (pages 20 et 21). Plus généralement, les automorphismes d'un polygone combinatoire à \(n \equiv 1 \pmod 4\) côtés induisent des permutations paires de ses sommets et de ses côtés : pour \(n\) impair, une rotation est une puissance d'un \(n\)-cycle, et une symétrie fixe un sommet et un côté et échange les autres par \((n-1)/2\) transpositions, nombre pair exactement quand \(n \equiv 1 \pmod 4\). Par conséquent, pour un tel polygone, toutes les numérotations de ses sommets obtenues en le parcourant à partir d'un repère définissent la même orientation de l'ensemble de ses sommets : un pentagone oriente canoniquement ses cinq sommets29 . Appliqué au pentagone \(\Phi_{\geq s}\) et transporté par \(P(s) \simeq T\), cela munit \(T\) d'une structure pentagonale \(\pi_s\), invariante par \(G_s \simeq D_5\), et d'une orientation \(\omega_s\) ; \(G_s\) opère fidèlement sur \(T\), par permutations paires.
21–22
L'orientation canonique de \(T\)
Fixons un repère \(r = (s, a, f)\) ; les automorphismes \(\bar\sigma_0, \bar\sigma_1, \bar\sigma_2\) de la page 14 engendrent \(G\). Les deux derniers fixent \(s\), donc opèrent sur \(T\) par permutations paires ; \(\bar\sigma_0\) fixe \(a\) et \(f\) en échangeant les extrémités de \(a\), donc fixe le troisième sommet \(w\) de \(f\), et opère aussi par une permutation paire30 .
Corollaire. \(G\) opère sur \(T\) par permutations paires : on a un homomorphisme \(G \to \operatorname{Alt}_T\).
Corollaire. Les orientations \(\omega_s\), \(s \in S\), sont toutes égales. En effet \(\omega_{g(s)} = g(\omega_s)\) pour \(g \in G\), \(G\) est transitif sur \(S\), et une permutation paire conserve chaque orientation. On obtient une orientation canonique \(\varpi\) de \(T\), conservée par \(G\).
23–25
Une face, une arête, et l'image de \(G\)
Proposition (page 23)31 . Soit \(f = \{u, v, w\}\) une face, et \(u_1\), \(v_1\), \(w_1\) les troisièmes sommets des faces qui bordent respectivement les côtés \(\{v, w\}\), \(\{w, u\}\), \(\{u, v\}\).
- a)Les directions \(\overline{\{u, v_1\}}\), \(\overline{\{v, w_1\}}\), \(\overline{\{w, u_1\}}\) forment un trièdre distingué \(t_\omega\), et \(\overline{\{u, w_1\}}\), \(\overline{\{v, u_1\}}\), \(\overline{\{w, v_1\}}\) un autre, \(t_{\omega'}\) ; la rotation d'ordre \(3\) autour de \(f\) les permute circulairement. Ils correspondent aux deux ordres circulaires \(\omega = (u\,v\,w)\) et \(\omega' = (u\,w\,v)\) de \(f\) : \(t_\omega\) est formé des directions \(\overline{\{x, \omega(x)_1\}}\).
- b)Les trièdres \(t_u = \operatorname{tr}\overline{\{v, w\}}\), \(t_v = \operatorname{tr}\overline{\{w, u\}}\), \(t_w = \operatorname{tr}\overline{\{u, v\}}\), \(t_\omega\) et \(t_{\omega'}\) sont distincts.
Pour b), \(t_u, t_v, t_w\) sont distincts par le corollaire de la page 20 appliqué aux sommets de \(f\), et \(t_u \neq t_\omega = \operatorname{tr} \overline{\{w, u_1\}}\), \(t_u \neq t_{\omega'} = \operatorname{tr}\overline{\{v, u_1\}}\) par le même corollaire appliqué à \(w\) et à \(v\) ; de même pour \(t_v\), \(t_w\).
Corollaire. On a une bijection canonique \[ T \simeq f \sqcup \operatorname{Or}(f), \] qui envoie un sommet \(x\) de \(f\) sur le trièdre du côté opposé et un ordre circulaire \(\omega\) sur \(t_\omega\). Elle est compatible à l'action de \(G_f \simeq D_3 = \mathfrak{S}_3\), qui opère sur \(f\) tautologiquement et sur \(\operatorname{Or}(f)\) par la signature. Donc \(G_f\) opère fidèlement sur \(T\) — une transposition de \(f\) y devient un produit de deux transpositions, ce qui redonne la parité — et son image dans \(\operatorname{Alt}_T\) est un sous-groupe diédral d'ordre \(6\). L'image de \(G\) dans \(\operatorname{Alt}_T\) a donc un ordre multiple de \(6\), et, par \(G_s\), de \(10\) : multiple de \(30\).
Proposition (page 24). Soit \(a = \{s, t\}\) une arête et \(\varphi = \{u, v\}\) les troisièmes sommets des faces qui la bordent. Les cinq trièdres \(\operatorname{tr}\overline{\{x, y\}}\) (\(x \in a\), \(y \in \varphi\)) et \(\operatorname{tr}\bar a\) sont distincts, d'où une bijection canonique \[ T \simeq \{\operatorname{tr}\bar a\} \sqcup (a \times \varphi). \] C'est le corollaire précédent appliqué à la face \(\{s, t, u\}\) : ses côtés donnent \(\operatorname{tr}\overline{\{t,u\}}\), \(\operatorname{tr} \overline{\{s,u\}}\), \(\operatorname{tr}\bar a\), et ses deux trièdres \(t_\omega\), \(t_{\omega'}\) contiennent \(\overline{\{s, v\}}\) et \(\overline{\{t, v\}}\), \(v\) étant le troisième sommet de la face voisine le long de \(a\)32 . Le groupe \(G_a \simeq \mathfrak{S}_a \times \mathfrak{S}_\varphi \simeq (\mathbf{Z}/2)^2\) (page 16) opère fidèlement sur \(a \times \varphi\), donc sur \(T\), par des doubles transpositions : l'ordre de l'image de \(G\) est aussi multiple de \(4\), donc de \(60 = \operatorname{Card}\operatorname{Alt}_T\).
Théorème (page 25). L'homomorphisme canonique \(G = \operatorname{Aut}(\Pi) \to \mathfrak{S}_T\), de l'ensemble des trièdres distingués de l'icosaèdre, a pour image \(\operatorname{Alt}_T\) et pour noyau le sous-groupe \(\mathfrak{z}\) d'ordre \(2\) engendré par l'antipodisme. Le noyau a \(120/60 = 2\) éléments et contient \(\iota\), qui fixe chaque direction.
Soit \(G^{+}\) le sous-groupe d'indice \(2\) des automorphismes qui conservent l'orientation de l'icosaèdre, c'est-à-dire chacune des deux classes \(R^{+}\), \(R^{-}\) de repères de la page 15. L'antipodisme est central et renverse l'orientation ; donc \(G = \mathfrak{z} \times G^{+}\), et :
Corollaire (page 26). \(G^{+} \to \operatorname{Alt}_T\) est un isomorphisme : le groupe des rotations de l'icosaèdre est le groupe alterné de ses cinq trièdres distingués.33
26–30
Reconstruction de l'icosaèdre gauche par l'ensemble orienté \(T\) (pages 26 à 30)
Le titre de la page 26 annonce la reconstruction de l'icosaèdre orienté ; ce qui est fait est celle de l'icosaèdre gauche \(\bar\Pi = \Pi/\iota\), quotient de l'icosaèdre par l'antipodisme : \(6\) sommets, \(15\) arêtes, \(10\) faces, \(60\) repères34 . Dans tout ce qui suit, \((T, \varpi)\) est l'ensemble des cinq trièdres muni de son orientation canonique, et \(G\) opère sur tout à travers \(\operatorname{Alt}_T\).
26–27
Les sommets, les arêtes, les faces
Sommets. Il y a \(\frac12 \cdot 4! = 12\) structures pentagonales sur \(T\). Chacune oriente canoniquement \(T\) (page 21) ; les permutations impaires échangent les deux paquets, et \(\operatorname{Alt}_T\), qui contient le stabilisateur \(D_5\) de chacune, opère transitivement sur chaque paquet de \(6\). Soit \(\operatorname{Pent}^{+}(T, \varpi)\) le paquet associé à \(\varpi\). L'application \(s \mapsto \pi_s\) est compatible avec \(G\) et ne change pas quand on remplace \(s\) par \(\iota s\) ; son image est dans \(\operatorname{Pent}^{+}(T, \varpi)\) par définition de \(\varpi\). Elle est surjective par transitivité, donc bijective, les deux ensembles ayant \(6\) éléments : \[ S/\iota \xrightarrow{\ \sim\ } \operatorname{Pent}^{+}(T, \varpi). \]
Arêtes. Soit \(\mathbb{A}(T)\) l'ensemble des triplets \((t, \gamma, \alpha)\), où \(t \in T\), \(\gamma\) est une structure de carré sur \(T \smallsetminus \{t\}\), et \(\alpha\) l'une des deux paires de côtés opposés de \(\gamma\) ; il a \(5 \cdot \frac12 (4-1)! \cdot 2 = 30\) éléments35 . Si \(\varphi\) est l'autre paire de côtés opposés, chaque sommet du carré est sur un côté de \(\alpha\) et un côté de \(\varphi\), d'où une bijection \(T \smallsetminus \{t\} \simeq \alpha \times \varphi\), donc \[ T \simeq \{t\} \sqcup (\alpha \times \varphi), \] comme pour une arête page 24. Cette bijection oriente \(T\) : on numérote \(t\), puis \(\alpha \times \varphi\) dans l'ordre lexicographique, et changer l'ordre de \(\alpha\) ou celui de \(\varphi\) revient à une double transposition. Ainsi \(\mathbb{A}(T)\) se partage en deux paquets de \(15\), échangés par les permutations impaires, sur chacun desquels \(\operatorname{Alt}_T\) opère transitivement. L'application qui envoie une arête \(a\) de \(\Pi\) sur le triplet \((\operatorname{tr}\bar a, \gamma, \alpha)\) obtenu par la bijection de la page 24, \(\alpha\) étant la paire de côtés de \(a \times \varphi\) le long desquels l'extrémité dans \(a\) est fixe, est compatible avec \(G\) et invariante par \(\iota\) ; son image est donc un des deux paquets, que l'on note \(\mathbb{A}^{+}(T, \varpi)\)36 , et, comme pour les sommets, \[ A/\iota \xrightarrow{\ \sim\ } \mathbb{A}^{+}(T, \varpi). \]
Faces. La face \(f\) s'envoie sur la paire \(\Omega_f = \{t_\omega, t_{\omega'}\}\) de la page 23, et \(\iota f\) sur la même. Comme \(\operatorname{Alt}_T\) est transitif sur les dix parties à deux éléments, \[ F/\iota \xrightarrow{\ \sim\ } \mathfrak{P}_2(T). \] Le complémentaire \(T \smallsetminus \Omega_f = \{t_u, t_v, t_w\}\) est l'image des sommets de \(f\) : c'est sous cette forme, par des parties à trois éléments, que la page 31 décrira les faces.
28–30
Les incidences et les repères
On écrit \(\bar s \leftrightarrow \pi\), \(\bar a \leftrightarrow (t, \gamma, \alpha)\), \(\bar f \leftrightarrow \Omega\).
Proposition (pages 28 et 29).
- a)\(\bar s\) et \(\bar a\) sont incidents si et seulement si \(\gamma\) se déduit de \(\pi\) en \(t\) : si \(u, v\) sont les voisins de \(t\) dans \(\pi\), \(\tilde u \neq t\) le voisin de \(u\) et \(\tilde v \neq t\) celui de \(v\), \(\gamma\) est le carré de diagonales \(\{u, \tilde u\}\), \(\{v, \tilde v\}\), de côtés \(\{u, v\}\), \(\{v, \tilde u\}\), \(\{\tilde u, \tilde v\}\), \(\{\tilde v, u\}\), et \(\alpha = \bigl\{\{u, v\}, \{\tilde u, \tilde v\}\bigr\}\). Par suite, les couples sommet-arête incidents s'identifient aux couples \((\pi, t)\) : \(\vec A(\bar\Pi) \simeq S(\bar\Pi) \times T\).
- b)\(\bar a\) et \(\bar f\) sont incidents si et seulement si \(t \notin \Omega\) et \(\Omega\) est un côté de \(\gamma\) qui n'est pas dans \(\alpha\). Une arête est ainsi sur deux faces, et une face a trois côtés, un par élément \(\tau \notin \Omega\). Les couples arête-face incidents s'identifient aux couples \((\Omega, \Omega')\) de parties à deux éléments disjointes, \(\Omega'\) étant le côté opposé à \(\Omega\) dans \(\gamma\).
- c)\(\bar s\) et \(\bar f\) sont incidents si et seulement si \(\Omega\) est une diagonale — une « anti-arête » — de \(\pi\) ; les couples sommet-face incidents sont les structures pentagonales munies d'une diagonale.
- d)Les repères de \(\bar\Pi\) correspondent aux triplets \((\pi, \tau, \Omega)\) avec \(\pi \in \operatorname{Pent}^{+}(T, \varpi)\), \(\tau \in T\), \(\Omega\) une diagonale de \(\pi\) ne contenant pas \(\tau\) et contenant exactement un voisin de \(\tau\) : pour \(\pi\) et \(\tau\) donnés (\(6 \cdot 5\) choix), il y a deux telles \(\Omega\), d'où les \(60\) repères. L'arête est \((\tau, \gamma, \alpha)\), avec \(\gamma\) et \(\alpha\) déduits de \(\pi\) en \(\tau\) comme en a).
Pour b), étant donnés \(\Omega\) et \(\tau \notin \Omega\), il y a exactement deux structures de carré sur \(T \smallsetminus \{\tau\}\) ayant \(\Omega\) et son complémentaire \(\Omega'\) pour côtés opposés — elles correspondent aux deux bijections de non-adjacence entre \(\Omega\) et \(\Omega'\) —, et les deux orientations qu'elles définissent, avec pour \(\alpha\) l'autre paire de côtés, sont opposées : une seule donne un élément de \(\mathbb{A}^{+}(T, \varpi)\)37 .
Les repères comme numérotations (page 30). Un repère \((\pi, \tau, \Omega)\) définit une numérotation \(T = \{t_0, t_1, t_2, t_3, t_4\}\) : \(t_0 = \tau\), \(t_1\) l'élément de \(\Omega\) adjacent à \(\tau\), et l'on parcourt \(\pi\) dans ce sens, de sorte que \(\Omega = \{t_1, t_3\}\). Elle est compatible avec \(\varpi\), puisque \(\pi \in \operatorname{Pent}^{+}(T, \varpi)\) et que tout parcours d'un pentagone définit son orientation canonique. Réciproquement, une numérotation compatible avec \(\varpi\) donne \(\pi = (t_0\,t_1\,t_2\,t_3\,t_4)\), \(\tau = t_0\), \(\Omega = \{t_1, t_3\}\). Les \(60\) repères de l'icosaèdre gauche sont ainsi les \(60\) numérotations de \(T\) compatibles avec \(\varpi\)38 .
Ce qui reste. La page 30 s'achève sur un programme : expliciter, en termes de \((T, \varpi)\) et pour \(\Pi\) orienté, les ensembles \(\tilde S(\bar\Pi) \simeq S(\Pi)\), \(\tilde A(\bar\Pi) \simeq A(\Pi)\), \(\tilde F(\bar\Pi) \simeq F(\Pi)\) — c'est-à-dire remonter de l'icosaèdre gauche à l'icosaèdre —, et décrire directement \(\bar\Pi\) comme polyèdre quotient. Le premier point reçoit, pour les ensembles, la réponse du tableau de la page 31 ; les incidences de \(\Pi\) ne sont pas écrites.
31–32
Le tableau des drapeaux de l'icosaèdre gauche (pages 31 et 32)
Ces deux pages, d'une autre encre et d'une main plus posée, reprennent le résultat dans un cadre abstrait : \(E\) est un ensemble à cinq éléments, \(\omega\) une orientation de \(E\)39 . Un diagramme range les ensembles de drapeaux par type, \(D^{0} = S\), \(D^{1} = A\), \(D^{2} = F\), \(D^{01} = \vec A\), \(D^{12} = A^{\uparrow}\), \(D^{02} = A^{\wedge}\), \(D^{012} = A^{\uparrow\to}\), avec au-dessus \(\tilde S\), \(\tilde A\), \(\tilde F\) ; le tableau en donne les descriptions, dont on vérifie les cardinaux40 : \[ \begin{array}{lll} S \simeq \operatorname{Pent}_\omega(E) & \text{pentagones compatibles avec } \omega & 6 \\ A \simeq \operatorname{Car}(E) & \text{partitions de type } (2,2,1) & 15 \\ F \simeq \operatorname{Tr}_3(E) & \text{parties à trois éléments} & 10 \\ \vec A \simeq \operatorname{Pent}^{s}_\omega(E) & \text{pentagones à sommet marqué} & 30 \\ A^{\uparrow} & \text{triangles pointés} & 30 \\ A^{\wedge} \simeq \operatorname{Pent}^{a}_\omega(E) & \text{pentagones à arête marquée} & 30 \\ A^{\uparrow\to} \simeq \operatorname{Rep}_\omega(E) & \text{ordres totaux compatibles avec } \omega & 60 \\ \tilde S & \text{permutations circulaires compatibles avec } \omega & 12 \\ \tilde A & \text{carrés orientés} & 30 \\ \tilde F & \text{triangles orientés} & 20 \end{array} \] Les trois dernières lignes ont les cardinaux de \(S(\Pi)\), \(A(\Pi)\), \(F(\Pi)\) : elles décrivent l'icosaèdre lui-même. On peut lire \(\tilde S\), \(\tilde A\), \(\tilde F\) comme les quotients de l'ensemble des repères de \(\bar\Pi\) par les rotations \(\sigma_2\sigma_1\), \(\sigma_0\sigma_2\), \(\sigma_1\sigma_0\) — un sommet de \(\Pi\) est un sommet de \(\bar\Pi\) muni d'un sens de rotation autour de lui —, ce qui fait de \(\Pi\) le revêtement d'orientation de \(\bar\Pi\)41 .
Les involutions. Un repère étant un ordre total \((a_1, \ldots, a_5)\) compatible avec \(\omega\), la page donne \[ \begin{aligned} \sigma_0(a_1, a_2, a_3, a_4, a_5) &= (a_1, a_4, a_5, a_2, a_3), \\ \sigma_1(a_1, a_2, a_3, a_4, a_5) &= (a_2, a_1, a_5, a_4, a_3), \\ \sigma_2(a_1, a_2, a_3, a_4, a_5) &= (a_1, a_5, a_4, a_3, a_2), \end{aligned} \] trois doubles transpositions des places, et, page 32, en composant de droite à gauche, \[ \begin{aligned} \rho_f = \sigma_1\sigma_0 &: (a_1, \ldots, a_5) \mapsto (a_4, a_1, a_3, a_2, a_5), \\ \rho_s = \sigma_2\sigma_1 &: (a_1, \ldots, a_5) \mapsto (a_2, a_3, a_4, a_5, a_1), \\ \sigma_0\sigma_2 &: (a_1, \ldots, a_5) \mapsto (a_1, a_3, a_2, a_5, a_4), \end{aligned} \] d'ordres \(3\), \(5\) et \(2\) : ce sont les relations du groupe \(\widehat{\Gamma}\) et le type \((p, q) = (5, 3)\). Les trois permutations engendrent une action simplement transitive sur les \(60\) ordres compatibles avec \(\omega\), isomorphe à l'action des \(\sigma_i\) sur les repères de l'icosaèdre gauche42 . Le dossier s'arrête là ; le reste de la page 32 est blanc.
Notes
- On adopte la lettre de la lecture du dossier 88, où le groupe porte ce nom sur la page. Le nom de groupe cartographique est celui de l'Esquisse d'un programme (1984) ; il n'est pas dans ce dossier. ↩
- Ces polygones sont ceux des pages 19 et 20 du dossier 89, sous sa première description (un ensemble ordonné de sommets et d'arêtes, chacun de degré \(2\)). La page qualifie \(\Phi_{<f}\) de « contour ». Une note verticale, le long de l'accolade qui embrasse 1) à 3'), n'est pas lue, sauf peut-être son dernier mot, « connexité ». ↩
- Les noms ne sont pas sur la page. La page écrit les axiomes pour un polyèdre fini. ↩
- La page procède autrement. Elle déplie 4) en a) « une arête est déterminée par l'ensemble de ses extrémités, et les faces qui majorent [celles-ci] majorent l'arête » et b) « une face est connue par une arête et un sommet non incident, [ou] par deux sommets non incidents à une même arête », lecture en partie incertaine. Un NB, aux alinéas numérotés 1°) à 3°) (deux fois 3°)), analyse correctement, cas par cas, quand \(\operatorname{Sup}(s, s')\), \(\operatorname{Sup}(s, a)\), \(\operatorname{Sup}(a, a')\) existent : c'est quand le majorant évident est le seul. Un encadré en tire la forme (ii), suivie de « \(A \hookrightarrow \mathfrak{P}_2(S)\) », l'ordre des deux membres étant incertain ; une note oblique de la marge en écrit le dual, \(A \hookrightarrow \mathfrak{P}_2(F)\), et un 4') dual de a)-b). L'équivalence telle qu'on l'énonce, et sa preuve, sont de l'édition. ↩
- La page écrit cette chaîne d'égalités, « cqfd », avec « cor. 2 » au-dessus de la deuxième, après un début de justification en partie illisible qui invoque la connexité ; la preuve pour une face, page 4, s'arrête sur « pour face cela résulte de … ». Les justifications sont de l'édition. ↩
- La page énonce ce corollaire page 2, avant le corollaire 2 dont sa preuve dépend, et l'achève page 4 ; la fin de la démonstration de a) est en blanc (« résulte dans … »). On a remis la preuve dans l'ordre logique. ↩
- Le corollaire 4 est en grande partie illisible ; on en donne l'énoncé que dicte le mot « Dualement » qui le précède, et les mots lus : « des faces qui l'entourent », « une injection \(S \to \mathfrak{P}(F)\) ». ↩
- Que tout triangle du graphe soit une face tient à ce que les voisins d'un sommet forment un pentagone, sans corde : il y a \(12 \cdot 5 / 3 = 20\) triangles. Justification de l'édition. Une note en diagonale dans la marge n'est pas lue. ↩
- La ligne 3 est très surchargée ; seuls « Distances combinatoires » et « Sup et Inf » sont sûrs. ↩
- Après « seuls » la page est illisible. Les polyèdres réguliers convexes sont les cinq solides de Platon ; ce nombre n'est pas lu sur la page. ↩
- La page écrit « \(\delta(t, s') = 1\) (\(= \delta(t', s)\)) », la lettre \(s'\) étant d'une lecture incertaine. Avec \(\delta(t,s') = \delta(t',s)\), que donne une isométrie involutive comme l'antipodisme, la valeur est \(2\) : dans l'icosaèdre, \(\delta(x, \iota y) = 3 - \delta(x, y)\). Aucune bijection \(\Pi \simeq \Pi'\) ne rend la valeur \(1\) correcte, car les deux voisins de \(s\) dans \(\Pi'\) sont adjacents entre eux, et les deux sommets à distance \(1\) d'un même sommet ne le sont pas. ↩
- La page note les quatre couches \(T\), \(T_1\), \(T'_1\), \(T'\) ; on garde \(T\) pour les trièdres de la troisième partie. La règle qui fixe \(t_1\) est de l'édition ; la page écrit les bijections dans un tableau. ↩
- Les indices et accents des deux dernières lignes sont d'une lecture incertaine ; la lecture retenue est celle qui donne à chaque sommet ses cinq voisins. ↩
- La page note les deux arêtes \(\sigma\), \(\sigma'\), et l'élément de \(\mathbf{Z}/2\) encore \(\sigma\) ; on les renomme. La ligne est surchargée, une première identification est biffée, et le \(\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}\) est d'une lecture incertaine ; la description qu'on donne est celle que confirment les égalités de la figure (\(\Pi_{t,v} = \Pi_{s',u'}\), \(\Pi_{s,u} = \Pi_{t',v'}\), …). ↩
- La page compte \(4\) pour la troisième ligne, et le total fait alors \(32\) : les paires \(\{\Pi_{s',u'}, \Pi_{s',v'}\}\) et \(\{\Pi_{t',u'}, \Pi_{t',v'}\}\) sont les deux arêtes déjà comptées. Le « \(2\) » de la première ligne est d'une lecture incertaine ; c'est le bon nombre. Le recensement a été vérifié sur l'icosaèdre régulier. ↩
- La page renvoie à « p. 1 » pour l'ensemble ordonné \(\Phi\) ; c'est vraisemblablement la page 2. Elle cite elle-même « axiomes 1), 2) » pour les degrés qui suivent. ↩
- Le diagramme de la page 11 ajoute, entre crochets, la construction en deux étages \(E = R \times_A R'\) au-dessus de \(S \leftarrow R \to A \leftarrow R' \to F\), toutes les flèches de degré \(2\). ↩
- La page dit que 3) et 3') expriment « respectivement que la dernière et la première flèches sont bijectives » — dans cet ordre, ce qui est juste — et conclut par une phrase d'une lecture douteuse, « on peut donc exprimer \(S, A, F\) à partir de \(R\) ». Elle ne démontre pas la pleine fidélité au-delà de ces reconstructions : un isomorphisme de \(\widehat{\Gamma}\)-ensembles induit des bijections sur les trois quotients qui respectent les incidences, et l'isomorphisme de géométries obtenu induit le premier, car \(E \to S \times A \times F\) est injective. ↩
- Le foncteur n'est pas essentiellement surjectif, et la page ne le prétend pas : un \(\widehat{\Gamma}\)-ensemble transitif quelconque est l'ensemble des drapeaux d'une carte, où deux faces peuvent par exemple se toucher le long de plusieurs arêtes, et non toujours d'une géométrie d'incidence. ↩
- La page écrit en c) « espace homogène sous \(G_2\) », avec un \(G\) gras qui diffère du \(\mathfrak{S}_2\) de la même ligne ; c'est le même groupe \(\widehat{\Gamma}\). Les équivalences utilisent 3) et 3'). ↩
- La page, après avoir barré un corollaire \(E/\sigma_0 \simeq \operatorname{Drap}_{12}(\Pi)\), etc., écrit en marge « \(g \mapsto \bar g\) est un hom. […] \(\to G\) », la suite étant perdue au bas de la feuille. Le renversement de l'ordre est de l'édition ; il disparaît si l'on fait opérer \(\widehat{\Gamma}\) à droite. ↩
- La page écrit en b) \(R^{+} \simeq \prod_{j \neq i} \Phi_j\) ; c'est le produit fibré, l'ensemble des drapeaux de type complémentaire de \(i\). Les deux blocs restent lisibles sous les diagonales qui les barrent. ↩
- La page écrit « NB \(3 \leq p, q \leq +\infty\) ». La borne \(3\) demande l'axiome 4) ; pour une géométrie d'incidence qui ne satisfait que 1) à 3'), \(p\) ou \(q\) peut valoir \(2\). ↩
- Ces justifications sont de l'édition. Ce sont, dans le langage du dossier 88, les ordres \(p\) et \(q\) des rotations \(\rho_s = \sigma_1\sigma_2\) et \(\rho_f = \sigma_0\sigma_1\). Deux lignes biffées commencent au bas de la page 16 une autre proposition. ↩
- Le calcul de \(\rho^2\) et de \(\rho^3\) n'est pas détaillé sur la page ; on l'a vérifié sur l'icosaèdre régulier. La page écrit \(\{u, v'\}\) pour \(\{u, \iota v\}\). Les indices des \(\Pi\) de la figure marginale sont serrés et parfois surchargés. ↩
- « Trièdre » est la lecture retenue, dans les deux lots de la transcription, d'un mot écrit sans accent visible, en cinq ou six lettres, et d'abord lu « tridron » ; elle est sûre aux pages 23, 25 et 26. ↩
- Cette interprétation métrique est de l'édition ; la page définit l'orthogonalité combinatoirement et ne dit pas qu'elle coïncide avec l'orthogonalité euclidienne. Une note marginale, « terminologie : arêtes orthogonales … », est en partie illisible. ↩
- La page 19 s'arrête sur « Interprétation concrète en termes de coloriage, » au bas de la feuille ; la page 20 commence par la Proposition. L'interprétation donnée ici — aujourd'hui, une \(1\)-factorisation du graphe de l'icosaèdre — est de l'édition. ↩
- La page 21 écrit « type \(n \equiv 1\) (4) », « canoniquement » et « via épinglage », lectures en partie incertaines ; l'épinglage est le choix d'un repère du polygone. La justification par le décompte des transpositions est de l'édition. ↩
- La figure de la page 22 marque \(\sigma_0\), \(\sigma_1\), \(\sigma_2\) sur les côtés d'un triangle fondamental hachuré. La fin de la phrase sur \(\sigma_0\) est en partie illisible ; la page note encore \(\sigma_i\) les automorphismes \(\bar\sigma_i\). ↩
- La page lit la première direction du premier triple « \(\overline{\{u, v\}}\) », avec doute sur les lettres et les indices : c'est \(\overline{\{u, v_1\}}\), car \(\{u, v\}\) est un côté de \(f\), dont le trièdre \(t_w\) est distinct de \(t_\omega\) par b). Le second triple est lu comme on l'écrit. Les deux triples ont été vérifiés sur l'icosaèdre régulier. ↩
- La page dit « résulte des deux prop. précédentes » ; la justification est de l'édition. ↩
- La page écrit d'abord \(G^{+} \xrightarrow{\sim} \mathfrak{A}_5\), la lettre étant d'une lecture douteuse, puis le corollaire sous la forme qu'on donne. Que \(\iota\) renverse l'orientation est affirmé, non démontré ; dans l'icosaèdre réel, c'est \(-\mathrm{id}\), de déterminant \(-1\). L'isomorphisme du groupe des rotations de l'icosaèdre avec \(A_5\) est classique — c'est le point de départ des Leçons sur l'icosaèdre de Klein (1884) —, et on le voit d'ordinaire par l'action sur les cinq octaèdres ou les cinq cubes inscrits. Les feuillets ne citent rien ; ce qui leur est propre est la définition purement combinatoire des cinq objets, par la permutation \(\rho\), et la construction de l'orientation \(\varpi\) sans choix. ↩
- « Icosaèdre gauche » est son nom, page 28. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui l'hémi-icosaèdre, carte régulière de type \(\{3, 5\}\) sur le plan projectif réel, dont le graphe est le graphe complet à six sommets et le groupe \(A_5\). Aucun nom de ce genre n'est sur la page. Comme \(\iota\) déplace chaque sommet à distance \(3\), le quotient satisfait encore les axiomes 1) à 4) de la page 2, et \(G/\mathfrak{z} \simeq \operatorname{Alt}_T\) opère simplement transitivement sur ses \(60\) repères : il est régulier. ↩
- La page note d'abord \(\mathbb{A}'(T)\), avec un exposant lu comme un accent qui disparaît ensuite, et définit \(\alpha\) comme un élément de « \(\operatorname{Ar}(\gamma)/\) antipod. », les côtés de \(\gamma\) modulo l'antipodie du carré ; une note de la marge, « \(=\) Ens des \(2\) diagonales du … », est en partie illisible. Dans le triple, la lettre \(\gamma\) surcharge un \(\pi\). ↩
- La page écrit l'application sans dire comment \(\alpha\) est choisi ; le choix qu'on fait est celui que demande la proposition de la page 28. Que le paquet obtenu soit « celui de \(\varpi\) » plutôt que l'autre dépend de cette convention et de l'ordre des facteurs de \(\alpha \times \varphi\) ; la page le fixe par la notation, sans vérification. ↩
- La page écrit en b) « \(\bar a\) et \(\bar f\) incidents ssi \(t \in T \smallsetminus \Omega\) », condition nécessaire mais non suffisante (elle laisse six faces pour deux), et la suite de b) est un palimpseste de quatre ou cinq lignes biffées où l'on distingue « \(\Omega\) sont des arêtes consécutives » et « donc \(\alpha\) est déterminé par ». La condition complète qu'on donne est de l'édition, et a été vérifiée sur l'icosaèdre régulier ; c'est elle que suppose le NB de la page 29, qu'on suit ici, et le d). Les crochets de la page, \(\bar R \simeq S(\bar\Pi) \times T(\bar\Pi)\) et \(R' = A^{\uparrow}(\bar\Pi) \simeq \{(\Omega, \Omega') \mid \Omega \cap \Omega' = \varnothing\}\), sont ceux qu'on a mis dans l'énoncé. ↩
- La bijection est affirmée par la page ; on a vérifié sur l'icosaèdre régulier que les \(60\) repères de \(\bar\Pi\) donnent \(60\) numérotations distinctes, toutes de la même orientation. La phrase de la page 30 est inachevée (« définissant un élément de \(\operatorname{Rep}(\bar\Pi)\) … »). ↩
- Ce \(E\) n'est pas l'ensemble des repères de la deuxième partie ; c'est le \(T\) des pages 18 à 30. On garde la lettre de la page, qui ne sert ici qu'à ce tableau. ↩
- Pour \(A^{\uparrow}\) la page écrit \(\operatorname{Tr}_3(E)\), qui n'a que dix éléments, avec le commentaire « triangles pointés », lu avec doute ; c'est ce dernier qui est juste. Pour \(F\), \(A^{\uparrow}\) et \(\tilde F\), le symbole \(\operatorname{Tr}_3\) surcharge un premier symbole, peut-être \(\mathfrak{P}_3\), et des commentaires biffés disent « parties à trois éléments ». La page ajoute pour \(A\) « \(\simeq\) structures carrées sur une partie à \(4\) él. », par la bijection qui fait des deux paires d'une partition les diagonales du carré, et pour \(A^{\wedge}\) « \(\simeq \operatorname{Pent}^{s}_\omega(E)\) », une arête d'un pentagone étant opposée à un sommet. Une face correspond à la partie à trois éléments \(T \smallsetminus \Omega\) des pages 27 et 28 ; une diagonale marquée d'un pentagone (page 29) équivaut à une arête marquée, celle qui lui est opposée. ↩
- Cette lecture est de l'édition ; la page donne les flèches du diagramme et les descriptions, sans commentaire. ↩
- La page écrit la troisième ligne « \(\sigma = \sigma_0\sigma_1\) » ; la valeur donnée est celle de \(\sigma_0\sigma_2\), d'ordre \(2\), alors que \(\sigma_0\sigma_1\) est d'ordre \(3\), inverse de \(\rho_f\). Les lettres \(\rho\) sont lues avec doute. La page ne dit pas quel dictionnaire relie les ordres aux repères. Avec celui de la page 30 (\(\tau = a_1\), \(\Omega = \{a_2, a_4\}\), \(\pi = (a_1 \ldots a_5)\)), \(\sigma_0\) et \(\sigma_2\) sont bien ceux de la page, mais \(\sigma_1\) est \((a_1, \ldots, a_5) \mapsto (a_5, a_4, a_3, a_2, a_1)\) ; celui de la page change aussi la face. Les deux triples satisfont les mêmes relations et définissent des \(\widehat{\Gamma}\)-ensembles isomorphes, ce qu'on a vérifié par machine : celui de la page correspond à un autre dictionnaire. ↩