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  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Fonds Grothendieck, cote n° 83, pages 221–221 — transcription</title>
        <author>Alexandre Grothendieck</author>
        <respStmt>
          <resp>transcription automatique — première passe, non vérifiée contre les pages par une personne (<date when="2026-10-10">2026-10-10</date>)</resp>
          <name xml:id="pass" type="model">Opus 5.5 (claude-opus-5-5)</name>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <resp>procédure, outillage, export TEI</resp>
          <orgName xml:id="ed">grothendieck.commutator.io (Commutator, Paris)</orgName>
        </respStmt>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Édition de démonstration</edition>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Commutator</publisher>
        <pubPlace>Paris</pubPlace>
        <date when="2026-10-10">2026-10-10</date>
        <availability status="restricted">
          <p>Le fonds Alexandre Grothendieck est sous droits. Cette transcription
          est une édition de démonstration, non autorisée, produite par une
          machine et non vérifiée ; aucune image du fonds n'est reproduite. La
          source LaTeX dont ce fichier dérive est publiée sous https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project.</p>
        </availability>
        <ref target="https://grothendieck.commutator.io/">https://grothendieck.commutator.io</ref>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <msDesc>
          <msIdentifier>
            <country>France</country>
            <settlement>Montpellier</settlement>
            <repository>Université de Montpellier</repository>
            <collection>Fonds Alexandre Grothendieck (archives mathématiques, 1949–1991)</collection>
            <idno type="cote">83</idno>
          </msIdentifier>
          <head>[Icosaèdres, bi-icosaèdres et algèbres d'Azumaya de rang 4] : notes manuscrites (1982-1983, 1986, s.d.).</head>
          <msContents>
            <summary>Pages 221 à 221 de la cote, dans la
            numérotation des archivistes (crayon, en bas à gauche de chaque
            page) ; lot 12 de vingt pages.
            Les pages absentes de la transcription ne portent pas de
            mathématiques et sont omises ; le saut dans la numérotation en est
            le seul enregistrement.</summary>
          </msContents>
          <history><origin><origDate>1982-1986</origDate><note>Datation de l'inventaire de l'Université de Montpellier, reproduite telle quelle ; les crochets sont ceux des archivistes.</note></origin></history>
          <additional>
            <surrogates>
              <bibl>
                <ref target="https://grothendieck.umontpellier.fr/83.pdf">https://grothendieck.umontpellier.fr/83.pdf</ref>
                <note>Fac-similé numérique de l'Université de Montpellier. Sa
                première page est une feuille de garde générée par
                l'université : la page <hi rend="italic">n</hi> des archivistes
                est la page <hi rend="italic">n</hi>+1 du PDF, et l'attribut
                <hi rend="monospace">facs</hi> de chaque
                <hi rend="monospace">pb</hi> tient compte de ce décalage.</note>
              </bibl>
            </surrogates>
          </additional>
        </msDesc>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <projectDesc>
        <p>Transcription mathématique du fonds, une passe de vingt pages par
        conversation avec un grand modèle multimodal, sous la procédure
        <hi rend="monospace">transcribe-grothendieck</hi> du dépôt. Le fichier
        LaTeX est la source de référence ; ce TEI en est dérivé mécaniquement
        par <hi rend="monospace">scripts/tei.mjs</hi> et n'a pas été relu.</p>
      </projectDesc>
      <editorialDecl>
        <p>L'édition n'est pas diplomatique : elle encode les mathématiques et
        l'apparat, rien du support. Correspondance avec l'apparat de la source :
        <hi rend="monospace">\ill</hi> devient <hi rend="monospace">gap[@reason='illegible']</hi>
        (jamais deviné) ; <hi rend="monospace">\uncertain</hi> devient
        <hi rend="monospace">unclear</hi> ; <hi rend="monospace">\supplied</hi> devient
        <hi rend="monospace">supplied</hi> (restitué par le transcripteur) ;
        <hi rend="monospace">\add</hi> devient <hi rend="monospace">add</hi>
        (ajout de l'auteur, en interligne ou sur un mot biffé) ;
        <hi rend="monospace">\struck</hi> devient
        <hi rend="monospace">del</hi> (biffé par l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\note</hi> devient <hi rend="monospace">note[@type='editorial']</hi>
        (du transcripteur) ; <hi rend="monospace">\drawing</hi> devient
        <hi rend="monospace">note[@type='drawing']</hi> (dessin de l'auteur, décrit par le
        transcripteur) ; <hi rend="monospace">\marginal</hi> devient
        <hi rend="monospace">note[@type='authorial'][@place='margin']</hi> (de l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\page</hi> devient <hi rend="monospace">pb</hi>.</p>
        <p>Restitution et ajout de l'auteur n'ont longtemps fait qu'une macro. Ils
        ont été séparés le 26 septembre 2026 par une règle vérifiable dans le
        fichier, non par une relecture : un ajout accolé au mot qu'il complète
        est une restitution (<hi rend="monospace">supplied</hi>), un ajout
        isolé est de l'auteur (<hi rend="monospace">add</hi>). Certains
        <hi rend="monospace">add</hi> sont donc encore des restitutions du
        transcripteur, que seuls les fac-similés départageront.</p>
        <p>Les mathématiques sont transportées en TeX dans
        <hi rend="monospace">formula[@notation='TeX']</hi>, les diagrammes
        commutatifs en <hi rend="monospace">formula[@notation='tikz-cd']</hi>,
        sans conversion. Une marque d'apparat située à l'intérieur d'une
        formule (un exposant illisible, un symbole biffé) reste dans le TeX de
        la formule, sous les mêmes macros.</p>
        <p>Orthographe, ponctuation et lapsus de l'auteur sont conservés ; une
        faute évidente est signalée par une note, jamais corrigée.</p>
      </editorialDecl>
      <appInfo>
        <application ident="grothendieck-tei" version="2">
          <label>scripts/tei.mjs</label>
          <ref target="https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project">https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project</ref>
        </application>
      </appInfo>
      <schemaRef type="ODD" url="https://grothendieck.commutator.io/tei/grothendieck.odd"/>
    </encodingDesc>
    <profileDesc>
      <langUsage>
        <language ident="fr">français, avec la notation mathématique de l'auteur</language>
      </langUsage>
    </profileDesc>
    <revisionDesc>
      <change when="2026-10-10" who="#ed">Export TEI depuis la source LaTeX.</change>
      <change when="2026-10-10" who="#pass">Première passe de transcription.</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div type="batch" n="12">
<pb n="221" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/83.pdf#page=222"/><p><note type="editorial" resp="#pass">feuillet dactylographié de sa main, paginé « L 19 » en tête, avec quelques corrections manuscrites à l'encre bleue ; ce n'est pas une page de mathématiques. Le texte commence au milieu d'une phrase venue de la page précédente du dactylogramme, absente de ce lot, et s'interrompt en fin de page au milieu d'une parenthèse. Les mots dactylographiés en lettres espacées sont rendus en italique ; les renvois (*), (**), … visent des notes qui ne figurent pas sur ce feuillet.</note></p>
<p>Récoltes et Semailles j'ai pu me rendre compte, et de façon saisissante en ces tout derniers mois surtout (avec l'écriture des Quatre Opérations), qu'il y a eu depuis mon départ de la scène mathématique une stupéfiante <hi rend="italic">dégradation</hi> dans l'esprit qui aujourd'hui fait loi dans les milieux que j'avais connus, et (me semble-t-il, dans une large mesure au moins) dans le monde mathématique en général (*). Il est possible même, <del><gap reason="illegible"/></del> autant par ma personnalité mathématique très particulière que par les conditions qui ont entouré mon départ, que celui-ci ait agi comme un catalyseur dans une évolution qui était déjà en train de se faire (**) – une évolution dont je n'ai <add>alors</add> rien su percevoir (pas plus qu'aucun autre de mes collègues et amis, à la seule exception peut-être de Claude Chevalley).
L'aspect de cette dégradation auquel je pense surtout ici (qui <add>en</add> est <add>juste</add> un aspect parmi de nombreux autres (***)) est le <hi rend="italic">mépris tacite</hi>, quand ce n'est la dérision sans équivoque, à l'encontre de ce qui (en mathématique, en l'occurence) ne s'apparente pas au pur travail du marteau sur l'enclume ou sur le burin – le mépris des processus créateurs les plus délicats (et <del>parf</del> souvent de moindre apparence<add>)</add> ; de tout ce qui est <del>inspiration,</del> <hi rend="italic">inspiration</hi>, <hi rend="italic">rêve</hi>, <hi rend="italic">vision</hi> (si puissantes et si fertiles soient-elles), et même (à la limite) de toute <hi rend="italic">idée</hi>, si clairement conçue et formulée soit-elle : de tout ce qui n'est écrit et <hi rend="italic">publié</hi> noir sur blanc, sous forme d'énoncés purs et durs, répertoriables et répertoriés, mûrs pour les « banques de données » <unclear>engouffrés</unclear> dans les inépuisables mémoires de nos mégaordinateurs.<note type="editorial" resp="#pass">le mot « engouffrés » est frappé par-dessus une première frappe que les surcharges rendent illisible.</note></p>
<p>Il y a eu (pour reprendre une expression de C.L. Siegel (****)) un extraordinaire <del><gap reason="illegible"/></del> « <hi rend="italic">aplatissement</hi> », un « <hi rend="italic">rétrécissement</hi> » de la pensée mathématique, dépouillée d'une dimension essentielle, de tout son « versant d'ombre », du versant « féminin ». Il est vrai que par une tradition ancestrale, ce versant-là du travail de découverte restait dans une large mesure occulté, personne (autant dire) n'en <hi rend="italic">parlait</hi> jamais – mais le contact <add>vivant</add> avec les sources profondes du rêve, qui alimentent les grandes visions et les grands desseins, n'avait jamais encore (à ma connaissance) été perdu. Il semblerait que <add>dès à</add> présent nous soyons déjà entrés dans une <hi rend="italic">époque de dessèchement</hi>, où cette source est, non point tarie certes, mais où l'accès à elle est condamné<del>e</del>, par le <hi rend="italic">verdict sans</hi> appel du mépris général et par les représailles de la <hi rend="italic">dérision</hi>.<note type="editorial" resp="#pass">« verdict sans » et « dérision » sont soulignés à l'encre bleue ; deux traits obliques à l'encre bleue, après « aplatissement » et entre « mesure » et « occulté », séparent des mots ; un double trait vertical bleu marque ensuite un alinéa.</note></p>
<p>Nous voilà approcher du moment, semble-t-il, où sera éradiqué en chacun non seulement le <hi rend="italic">souvenir</hi> de tout travail proche de la source, du travail « au féminin » (ridiculisé</p>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
