Cote n° 82 · pages 1–78 · Lecture modernisée · SO(3) ≃ GP(1) : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [vers 1982]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre

Résumé

Ces pages traitent d'une coïncidence : deux groupes qui n'ont, à première vue, rien à voir sont le même. L'un est le groupe des rotations de l'espace à trois dimensions, plus précisément le groupe des transformations qui préservent une forme quadratique en trois variables, comme \(xy + z^2\) ; on le note \(\mathrm{SO}(3)\). L'autre est le groupe des transformations d'une droite projective, celles qu'on écrit \(t \mapsto (at + b)/(ct + d)\) ; Grothendieck le note \(\mathrm{GP}(1)\), on l'écrit aujourd'hui \(\mathrm{PGL}_2\). Sur les nombres complexes la coïncidence est connue depuis longtemps ; l'enjeu ici est de la rendre vraie partout à la fois — sur les entiers, en toute caractéristique, caractéristique \(2\) comprise, et sur une base quelconque, où les objets peuvent être « tordus », c'est-à-dire localement standard sans l'être globalement.

L'image classique est celle des quaternions de Hamilton. Un quaternion de norme \(1\) agit sur l'espace des quaternions purs, qui est de dimension \(3\), par une rotation, et deux quaternions opposés donnent la même rotation. Les rotations sont ainsi des « moitiés » de quaternions, et l'ambiguïté du signe est un groupe à deux éléments, que Grothendieck note \(\mu_2\). Tout le dossier est une version de cette image où l'on ne divise jamais par \(2\) sans le dire.

Le premier cahier part de très peu : un espace de dimension \(3\), une forme bilinéaire, et le choix d'un élément de volume. Avec cela on fabrique un crochet — un produit du genre du produit vectoriel — sur l'espace dual, et Grothendieck montre que ce crochet vérifie l'identité de Jacobi dès que la forme est symétrique. Pour la forme \(xy + z^2\), il trouve d'un côté l'algèbre de Lie de \(\mathrm{PGL}_2\), de l'autre celle de \(\mathrm{SL}_2\), et entre elles l'application qui, sur les groupes, est le passage de \(\mathrm{SL}_2\) à son quotient par \(\pm 1\). En caractéristique \(2\), cette application cesse d'être un isomorphisme, et les pages en suivent la dégénérescence avec soin.

Le deuxième cahier et le « Dictionnaire » qui clôt le dossier donnent la version tordue. Neuf sortes d'objets — les formes de \(\mathrm{PGL}_2\) et de \(\mathrm{SL}_2\), leurs algèbres de Lie, les algèbres de quaternions, les coniques, les formes quadratiques de rang \(3\) munies d'un volume, les torseurs — se correspondent toutes, et la clef de toutes les correspondances est l'algèbre de quaternions : son groupe des unités modulo les scalaires, ses éléments de norme \(1\), ses éléments de trace nulle, la conique de ses éléments de carré nul. Les deux algèbres de Lie du premier cahier y reparaissent comme les éléments de trace nulle et les éléments modulo les scalaires, et la question laissée en suspens à la page 31 y trouve sa réponse.

Il y a aussi un geste qui dit quelque chose de sa manière. Ayant aligné ses neuf catégories, il compte ce qu'un dictionnaire complet devrait contenir — \(72\) équivalences, \(504\) isomorphismes de compatibilité — et écrit : « On fera un peu moins, mais on essaiera de donner une image claire de la situation. » Le but n'est pas l'exhaustivité ; c'est que la situation devienne visible.

Les mots à chercher ensuite : isomorphisme exceptionnel \(\mathrm{PGL}_2 \simeq \mathrm{SO}_3\), algèbre de Clifford paire d'une forme ternaire, algèbres d'Azumaya de rang \(4\), gerbes et formes tordues, schéma des sous-groupes de Borel.

Keywords — exceptional isomorphism PGL2 = SO3, ternary quadratic form, half-discriminant, adjugate matrix, Bianchi classification, Casimir element, Killing form, Heisenberg Lie algebra, affine symplectic group, Spin group, quaternion algebra, Azumaya algebra, even Clifford algebra, reduced norm, canonical involution, Severi-Brauer conic, generalized Jacobian, centralizer of a torus, twisted form, gerbe, nonabelian cohomology, scheme of Borel subgroups, relative Frobenius

2–78

Le fil du dossier, et les conventions

Le dossier est fait de trois suites, ouvertes chacune par une couverture rose, et il n'y a de sa main aucune pagination. Les nombres au crayon des couvertures sont des comptes de pages : « (29 p) » sur la première couvre, à une page près, les pages 2 à 31 ; « (21 p) » sur la deuxième (page 32) tombe juste pour les pages 33 à 55 une fois écartées les deux pages blanches 35 et 45. Les numéros de formules sont repris tels que les pages les donnent ; ils forment trois suites : (1) à (93) aux pages 2 à 29, (1) à (25) aux pages 36 et 46 à 54 (la page 36 ouvre sa propre suite (1)–(2)), (1) à (61) aux pages 60 à 78.

Les stations

Conventions, valables pour tout le dossier

\(S\) est un schéma ; « Module » veut dire \(\mathcal{O}_S\)-module localement libre de rang fini, et un fibré vectoriel est identifié à son Module de sections. \(E\) et \(E'\) sont de rang \(3\), en dualité par \(\langle\ ,\ \rangle\) ; \(\omega\) est une base de \(\det E = \Lambda^3 E\), \(\omega'\) la base duale de \(\det E'\). Une forme bilinéaire \(\varphi\) sur \(E\) et l'application \(f : E \to E'\) se déterminent l'une l'autre par \(\langle y, f(x) \rangle = \varphi(x, y)\). Le crochet construit sur \(E'\) est noté \([\ ,\ ]_{\varphi}\), celui construit sur \(E\) est noté \([\ ,\ ]_{\varphi'}\), comme sur les pages. Une forme quadratique \(q\) et sa forme polaire \(\varphi\) sont liées par \(q(x + y) = q(x) + q(y) + \varphi(x, y)\), d'où \(\varphi(x, x) = 2q(x)\).

Pour un Module \(F\), \(\check{\mathbb{P}}(F)\) est le schéma des sous-fibrés de rang \(1\) de \(F\) et \(\mathbb{P}(F)\) celui de ses hyperplans (sous-fibrés de corang \(1\)), de sorte que \(\mathbb{P}(F) = \check{\mathbb{P}}(F^{\vee})\) ; c'est la convention des pages, que celles-ci ne tiennent pas toujours (page 34). En rang \(2\) les deux coïncident.

\(\mathrm{GP}(1)\) est le groupe projectif \(\mathrm{PGL}_2\), \(\mathfrak{gp}(1)\) son algèbre de Lie \(\mathfrak{pgl}_2 = \mathfrak{gl}_2/\mathcal{O}\cdot 1\) ; on garde la notation des pages quand on les cite. \(G = \mathrm{SO}(q)\) est le groupe des automorphismes de \((E, q, \omega)\), \(\widetilde{G}\) son revêtement simplement connexe, \(\mathfrak{g}\) et \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) leurs algèbres de Lie. Pour une algèbre de quaternions \(\mathcal{M}\), \(\mathcal{M}^{\times}\) est son groupe des unités (les pages écrivent \(\check{\mathbb{V}}(\mathcal{M})^{*}\) ou \(\mathcal{L}(\mathcal{M})\)), \(\det\) et \(\mathrm{Tr}\) ses norme et trace réduites.

Deux homonymies. Les lettres \(X, Y, H\) désignent, dans la première suite et à la page 40, une base de \(\mathfrak{gp}(1)\) ; à partir de la page 34, \(X\) est une conique et \(Y\) un diviseur de degré \(2\) sur elle. Les deux usages ne se croisent jamais dans une même section. D'autre part, les pages 36 à 43 nomment \(H\) un sous-groupe commutatif lisse de dimension relative \(1\) ; c'est le même objet que le sous-groupe « jacobien » \(\mathcal{T}\) de la page 54, et on l'écrit \(\mathcal{T}\) partout ici. De même \(\Delta\) est, dans la première suite, le scalaire déterminant de \(f\) ; la forme \(u \mapsto -\det u\) sur une algèbre de quaternions, que la page 47 nomme aussi \(\Delta\), est écrite ici \(Q_{\mathcal{M}}\), et la quadrique qu'elle définit \(\mathcal{Q}\).

Ce que seule une lecture d'ensemble peut dire

Ce que le dossier annonce sans l'établir

L'isomorphisme \(E \simeq \widetilde{\mathfrak{g}}\) pour un module spécial quadratique quelconque, avec ses propriétés (page 31) ; les équivalences de la page 46 et les isomorphismes (7) de la page 62, admis « pour ne pas nous éterniser » ; le dictionnaire complet de la page 58 ; la démonstration de l'énoncé sur les sous-groupes d'ordre premier (pages 41 à 43) ; la question de savoir si un sous-groupe lisse de dimension \(1\) sur une base est automatiquement commutatif, et le normalisateur (pages 43 et 44, qui s'interrompent) ; la question en marge de la page 77. Le dossier s'arrête à la page 78, au milieu de VI.

2–31

I. Algèbres de Lie de rang \(3\) associées aux formes bilinéaires (pages 1 à 31)

2–3

La donnée, et les deux isomorphismes \(\alpha\), \(\alpha'\) (pages 2 et 3)

Soient \(E\), \(E'\) deux Modules de rang \(3\) sur \(S\) en dualité parfaite \(E \times E' \to \mathcal{O}_S\) ; d'où \(\det E \otimes \det E' \simeq \mathcal{O}_S\). Les accouplements \(E \times \Lambda^2 E \to \det E\) et \(E' \times \Lambda^2 E' \to \det E'\) sont parfaits, d'où des isomorphismes \(\Lambda^2 E \simeq E' \otimes \det E\) et \(\Lambda^2 E' \simeq E \otimes \det E'\). On suppose \(E\) spécial, c'est-à-dire muni d'une base \(\omega\) de \(\det E\) ; soit \(\omega'\) la base duale de \(\det E'\). Les isomorphismes précédents deviennent \[ \alpha : \Lambda^2 E \xrightarrow{\ \sim\ } E', \qquad \alpha' : \Lambda^2 E' \xrightarrow{\ \sim\ } E, \] caractérisés par \[ (7) \qquad \langle x, \alpha(\psi) \rangle\, \omega = x \wedge \psi , \qquad \langle \alpha'(\psi'), x' \rangle\, \omega' = \psi' \wedge x' \] pour \(x \in E\), \(\psi \in \Lambda^2 E\), \(x' \in E'\), \(\psi' \in \Lambda^2 E'\)1 . Si \((e_1, e_2, e_3)\) est une base de \(E\) avec \(\omega = e_1 \wedge e_2 \wedge e_3\), et \((e'_i)\) la base duale, on pose \(\bar{e}_1 = e_2 \wedge e_3\), \(\bar{e}_2 = e_3 \wedge e_1\), \(\bar{e}_3 = e_1 \wedge e_2\), de même \(\bar{e}'_i\), et \[ (10) \qquad \alpha(\bar{e}_i) = e'_i , \qquad \alpha'(\bar{e}'_i) = e_i . \] En coordonnées, \(\alpha\) et \(\alpha'\) ne sont autres que le produit vectoriel : \(\alpha(x \wedge y) = x \times y\) quand on identifie \(E\) et \(E'\) à \(\mathcal{O}_S^3\) par des bases duales.

Observation. On a des bijections canoniques entre les formes bilinéaires \(\varphi\) sur \(E\), les applications linéaires \(f : E \to E'\) (par \(\langle y, f(x) \rangle = \varphi(x, y)\)) et les structures d'algèbre alternée sur \(E'\), la dernière associant à \(f\) le crochet \[ (12) \qquad [x', y']_{\varphi} = f\bigl(\alpha'(x' \wedge y')\bigr) . \] La bijection est celle de \(\mathrm{Hom}(E, E') \simeq \mathrm{Hom}(\Lambda^2 E', E')\) déduite de \(\alpha'\) : toute algèbre alternée sur un module de rang \(3\) s'écrit ainsi, et c'est l'énoncé moderne qu'une algèbre de Lie de dimension \(3\) est codée par un tenseur de type \((1,1)\)2 .

5–6

L'identité de Jacobi (pages 5, 4 et 6)

Les pages 4 et 5 se lisent à rebours : la page 5 précède la page 4, qui commence au milieu de sa dernière phrase. Dans les bases précédentes, notons \(\varphi_{ij} = \varphi(e_i, e_j)\) ; la matrice de \(f\) est la transposée de \((\varphi_{ij})\), et (12) donne \[ (12) \qquad [e'_2, e'_3]_{\varphi} = \sum_j \varphi_{1j}\, e'_j , \quad [e'_3, e'_1]_{\varphi} = \sum_j \varphi_{2j}\, e'_j , \quad [e'_1, e'_2]_{\varphi} = \sum_j \varphi_{3j}\, e'_j . \] Les symétries apparaissent en écrivant \[ (15) \qquad (\varphi_{ij}) = \begin{pmatrix} a & r & q' \\ r' & b & p \\ q & p' & c \end{pmatrix}, \] de sorte que la transposition échange \(p \leftrightarrow p'\), \(q \leftrightarrow q'\), \(r \leftrightarrow r'\) et qu'une permutation circulaire de la base permute circulairement \((a, b, c)\), \((p, q, r)\), \((p', q', r')\). On trouve \[ (17) \qquad \sum_{\text{circ}} [[e'_1, e'_2], e'_3] = \bigl[a(p' - p) + q'r' - qr\bigr] e'_1 + \bigl[b(q' - q) + r'p' - rp\bigr] e'_2 + \bigl[c(r' - r) + p'q' - pq\bigr] e'_3 , \] et \(E'\) est une algèbre de Lie si et seulement si les trois coefficients sont nuls — conditions (18) —, c'est-à-dire si trois différences de mineurs d'ordre \(2\) de \((\varphi_{ij})\) et de sa transposée s'annulent (19)3 .

Proposition (page 6). Si \(\varphi\) est symétrique, \([\ ,\ ]_{\varphi}\) est une structure d'algèbre de Lie sur \(E'\). En effet \(p = p'\), \(q = q'\), \(r = r'\) annulent (17)4 .

6–6

L'exemple : \(xy + z^2\) et l'algèbre de Lie de \(\mathrm{PGL}_2\) (page 6)

Prenons \(E = \mathcal{O}_S^3\), \(\omega = e_1 \wedge e_2 \wedge e_3\) et \[ (21) \qquad q(x, y, z) = xy + z^2 , \qquad \varphi\bigl((x, y, z), (x', y', z')\bigr) = xy' + yx' + 2zz' , \] donc \(a = b = 0\), \(c = 2\), \(p = p' = q = q' = 0\), \(r = r' = 1\)5 , et \(f(e_1) = e'_2\), \(f(e_2) = e'_1\), \(f(e_3) = 2e'_3\). Les formules (12) donnent \([e'_2, e'_3] = e'_2\), \([e'_3, e'_1] = e'_1\), \([e'_1, e'_2] = 2e'_3\), c'est-à-dire, avec \(X = e'_1\), \(Y = e'_2\), \(H = e'_3\), \[ (26) \qquad [H, X] = X , \qquad [H, Y] = -Y , \qquad [X, Y] = 2H , \] les formules de l'algèbre de Lie de \(\mathrm{GP}(1) = \mathrm{PGL}_2\) sur \(\mathbf{Z}\), « universelle » au sens où elle est définie sur \(\mathbf{Z}\)6 .

7–8

Discriminant et structure spéciale orthogonale (pages 7 et 8)

Le discriminant d'une forme bilinéaire \(\varphi\) sur \(E\) est \(\delta(\varphi) = \det(\varphi_{ij})\, \omega'^{\otimes 2}\), section de \((\det E^{\vee})^{\otimes 2} = (\det E)^{\otimes -2}\), indépendante de la base7 . Pour la forme polaire d'une forme quadratique \(q = ax^2 + by^2 + cz^2 + pyz + qzx + rxy\), de matrice \(\begin{pmatrix} 2a & r & q \\ r & 2b & p \\ q & p & 2c \end{pmatrix}\), \[ (30) \qquad \delta(\varphi) = 2\,(4abc + pqr - ap^2 - bq^2 - cr^2)\, \omega'^{\otimes 2} , \] et l'on pose \(\delta'(q) = (4abc + pqr - ap^2 - bq^2 - cr^2)\, \omega'^{\otimes 2}\), le discriminant divisé (aujourd'hui : demi-discriminant), qui garde un sens en caractéristique \(2\). Pour \(q = xy + z^2\), \(\delta'(q) = -\omega'^{\otimes 2}\).

D'où la définition : une structure spéciale orthogonale sur un Module \(E\) de rang \(3\) est un couple \((q, \omega)\), \(q\) forme quadratique et \(\omega\) base de \(\det E\), tel que \[ (33) \qquad \delta'(q) = -\,\omega^{\otimes(-2)} . \] En rang \(2n\) ou \(2n + 1\), on demanderait \(\delta'(q) = (-1)^n \omega^{\otimes(-2)}\) (où \(\delta'\) est le discriminant en rang pair), normalisation choisie pour que la forme standard \(\sum_{i=1}^{n} x_{2i-1}x_{2i}\), resp. cette forme plus \(x_{2n+1}^2\), l'admette avec \(\omega = e_1 \wedge \cdots \wedge e_N\)8 . Une structure spéciale orthogonale associée à \(q\) existe localement si et seulement si \(q\) est lisse, c'est-à-dire \(\delta'(q)\) inversible, et ces structures forment un torseur sous \(\mu_2\) (\(\omega \mapsto -\omega\))9 .

La construction précédente s'applique en échangeant \(E\) et \(E'\) : une forme bilinéaire sur \(E'\), c'est-à-dire une application \(E' \to E\), définit une algèbre alternée sur \(E\).

9–13

L'application cofacteur \(f'\) et le crochet sur \(E\) (pages 9 à 13)

À \(f : E \to E'\) on associe \(\Lambda^2 f\), d'où \[ (38) \qquad f' = \alpha' \circ \Lambda^2 f \circ \alpha^{-1} : E' \longrightarrow E , \qquad f'\bigl(\alpha(x \wedge y)\bigr) = \alpha'\bigl(f(x) \wedge f(y)\bigr) \] 10 . Dans des bases duales, la matrice de \(f'\) est formée des neuf mineurs d'ordre \(2\) de celle de \(f\) : c'est la comatrice, et \(f'\) est symétrique avec \(f\). La forme \(\varphi'\) sur \(E'\) associée à \(f'\) définit donc, par la construction échangée, une structure d'algèbre de Lie sur \(E\) : \[ (40\ \text{bis}) \qquad [x, y]_{\varphi'} = f'\alpha(x \wedge y) = \alpha'\bigl(f(x) \wedge f(y)\bigr), \qquad \bigl\langle [x, y]_{\varphi'}, x' \bigr\rangle\, \omega' = f(x) \wedge f(y) \wedge x' . \]

Cramer. Écrivons \(\delta(\varphi) = \Delta\, \omega^{\otimes -2}\), \(\Delta \in \Gamma(S, \mathcal{O}_S)\) ; \(\Delta\) est le déterminant de \(f\) relativement à \(\omega\), \(\omega'\). Les formules de Cramer donnent \[ (42) \qquad f'f = \Delta\, \mathrm{id}_E , \qquad ff' = \Delta\, \mathrm{id}_{E'} . \] La relation entre \(f\) et \(f'\) n'est pas symétrique : \(f' = 0\) si et seulement si \(f\) est de rang \(\leq 1\) en chaque point, alors que \(f\) de rang \(2\) donne \(f'\) de rang \(1\)11 . Plus précisément, avec \(\delta(\varphi') = \Delta' \omega'^{\otimes 2}\), on a \(f'f'' = \Delta'\,\mathrm{id}\), \(f''f' = \Delta'\,\mathrm{id}\), et lorsque \(\Delta\) est inversible \[ (45) \qquad f' = \Delta f^{-1} , \qquad \det f' = \Delta^2 , \qquad \Delta' = \Delta^2 , \] d'où \[ (48) \qquad f'' = \Delta\, f , \] identité qui, par le « principe de conservation des identités algébriques », vaut pour tout \(f\) : c'est l'identité classique \(\mathrm{adj}(\mathrm{adj}\, M) = (\det M)^{n-2} M\) en dimension \(n = 3\)12 . Si \(\Delta = 1\), \(f\) et \(f'\) sont inverses l'un de l'autre et la relation redevient symétrique. Mais ce qui intéressera, dit la page 13, c'est l'exemple (21), où \(\Delta = -2\), sans s'interdire de spécialiser en caractéristique \(2\), où \(\Delta = 0\)13 .

Changements d'échelle (pages 10 et 11). Si \(\omega\) est remplacé par \(\lambda\omega\), \(\lambda\) inversible, \(\varphi\) fixé, alors \(\alpha\) est divisé et \(\alpha'\) multiplié par \(\lambda\) ; \(\Delta\) et \(f'\) sont multipliés par \(\lambda^2\), le crochet \([\ ,\ ]_{\varphi}\) sur \(E'\) par \(\lambda\) ; le crochet sur \(E\) défini par une \(\varphi'\) fixée serait multiplié par \(\lambda^{-1}\), mais comme \(\varphi'\) est elle-même multipliée par \(\lambda^2\), le crochet \([\ ,\ ]_{\varphi'}\) sur \(E\) est multiplié par \(\lambda\). Les deux crochets attachés à \((\varphi, \omega)\) varient donc du même facteur \(\lambda\)14 . À \(\omega\) fixé, \(\varphi \mapsto \mu\varphi\) multiplie \([\ ,\ ]_{\varphi}\) par \(\mu\) et \([\ ,\ ]_{\varphi'}\) par \(\mu^2\) : le premier crochet dépend linéairement de \(\varphi\), le second quadratiquement.

13–14

\(f\) est un homomorphisme ; \(f'\) ne l'est pas (pages 13 et 14)

Programme (page 13). On va montrer que \(f : E \to E'\) est un homomorphisme d'algèbres, faire opérer (si \(\varphi\) est symétrique) l'algèbre de Lie \(E'\) sur \(E\) par dérivations qui préservent \(\varphi\), de façon que \(f\) commute aux actions de \(E'\) sur \(E\) et sur \(E'\), et, lorsque \(\varphi\) provient d'une forme quadratique lisse spéciale, interpréter le tout par un homomorphisme de schémas en groupes lisses \(\widetilde{G} \to G\) et une opération de \(G\) sur \(\widetilde{G}\).

\(f\) est un homomorphisme. Pour tout \(\varphi\), symétrique ou non, \[ (49) \qquad f[x, y]_{\varphi'} = [f(x), f(y)]_{\varphi} : \] le second membre vaut \(f\alpha'(f(x) \wedge f(y))\) par (12), et \([x, y]_{\varphi'} = \alpha'(f(x) \wedge f(y))\) est (40 bis).

\(f'\) n'en est pas un, sauf si \(\Delta = 1\). Supposons \(\Delta\) inversible. Alors \(f^{-1}\) est un isomorphisme d'algèbres, et \(f' = \Delta f^{-1}\) ; si \(f'\) était un homomorphisme, on aurait à la fois \(f^{-1}[x', y'] = [f^{-1}x', f^{-1}y']\) et \(\Delta f^{-1}[x', y'] = \Delta^2 [f^{-1}x', f^{-1}y']\), donc \((\Delta^2 - \Delta)[f^{-1}x', f^{-1}y'] = 0\) ; comme les crochets engendrent \(E\) (le crochet \([\ ,\ ]_{\varphi'}\) est surjectif, \(f'\) et \(\alpha\) l'étant), \(\Delta^2 = \Delta\), soit \(\Delta = 1\)15 .

15–18

L'action de \(E'\) sur \(E\) (pages 15, 17, 16 et 18)

L'argument court de la page 15 à la page 17, puis 16, puis 18 : chaque page commence au milieu de la phrase qui achève la précédente dans cet ordre. On suppose désormais \(\varphi\) symétrique.

L'énoncé (page 15). À tout \(\xi' \in E'\) on veut associer un endomorphisme \(\rho_E(\xi')\) de \(E\) qui préserve \(\varphi\) infinitésimalement, \[ (52) \qquad \varphi\bigl(\rho_E(\xi')x, y\bigr) + \varphi\bigl(x, \rho_E(\xi')y\bigr) = 0 , \] qui soit une dérivation du crochet \([\ ,\ ]_{\varphi'}\) de \(E\) (53), tel que \(\rho_E : E' \to \underline{\mathrm{End}}(E)\) soit un homomorphisme d'algèbres de Lie, \[ (55) \qquad \rho_E\bigl([\xi', \eta']_{\varphi}\bigr) = [\rho_E(\xi'), \rho_E(\eta')] , \] et que \(f\) entrelace \(\rho_E\) et la représentation adjointe de \(E'\) : \[ (56) \qquad f\bigl(\rho_E(\xi')x\bigr) = [\xi', f(x)]_{\varphi} \] 16 . Que (52) entraîne (53) est un « transport de structure » : \(1 + \varepsilon\rho_E(\xi')\) est un automorphisme de \(E\) sur les nombres duaux \(S[\varepsilon]\), et le crochet \([\ ,\ ]_{\varphi'}\) est fonctoriel en \((\varphi, \omega)\). Il faut pour cela que cet automorphisme préserve aussi \(\omega\), c'est-à-dire \[ (60) \qquad \mathrm{Tr}\, \rho_E(\xi') = 0 , \] que la page ne note qu'en marge de la page 18 ; c'est vrai ici, parce qu'une algèbre de Lie de la forme (12) avec \(\varphi\) symétrique est unimodulaire (\(\mathrm{Tr}\, \mathrm{ad}\, \xi' = 0\))17 .

La construction (page 17). \(E'\) opère sur lui-même par la représentation adjointe \(\rho_{E'}(\xi')x' = [\xi', x']_{\varphi}\) ; on la fait opérer sur \(E = (E')^{\vee}\) par la contragrédiente, \[ (58) \qquad \rho_E(\xi') = -\,{}^{t}\rho_{E'}(\xi'), \] c'est-à-dire \[ (59\ \text{bis}) \qquad \bigl\langle \rho_E(\xi')x, x' \bigr\rangle = -\bigl\langle x, f\alpha'(\xi' \wedge x') \bigr\rangle = -\varphi\bigl(\alpha'(\xi' \wedge x'), x\bigr). \] La contragrédiente d'une représentation est une représentation : c'est (55).

La formule précise (page 16). On a \[ (56\ \text{bis}) \qquad \rho_E(\xi')x = \alpha'\bigl(\xi' \wedge f(x)\bigr). \] En effet, multipliant (59 bis) par \(\omega'\) et utilisant (7) et la symétrie de \(\varphi\), il s'agit de voir \(-\,\xi' \wedge x' \wedge f(x) = \xi' \wedge f(x) \wedge x'\), ce qui est vrai — « hurrah ! », écrit la page. Appliquant \(f\), on obtient (56). Enfin (52) s'écrit \(\langle y, f(\rho_E(\xi')x) \rangle + \langle \rho_E(\xi')y, f(x) \rangle = 0\), soit, grâce à (56), \(\langle y, \rho_{E'}(\xi')f(x) \rangle + \langle \rho_E(\xi')y, f(x) \rangle = 0\), ce qui est la définition (58)–(59) appliquée à \(x' = f(x)\) (page 18).

La formule « oubliée » (marge de la page 15). Soit \(\tilde{\rho}_E\) la représentation adjointe de \(E\) sur lui-même, \(\tilde{\rho}_E(x)y = [x, y]_{\varphi'}\). Alors \[ \rho_E\bigl(f(x)\bigr) = \tilde{\rho}_E(x) , \] c'est-à-dire que l'action de \(E'\), restreinte à \(E\) à travers \(f\), est l'action adjointe : par (56 bis) et (40 bis), \(\rho_E(f(x))y = \alpha'(f(x) \wedge f(y)) = [x, y]_{\varphi'}\)18 .

La forme quadratique (marge de la page 18). Faisant \(x = y\) dans (52), on trouve \(2\varphi(x, \rho_E(\xi')x) = 0\) ; en fait \(\varphi(x, \rho_E(\xi')x) = 0\) (52 bis), par prolongement à partir du cas universel sur \(\mathbf{Z}\), où \(2\) n'est pas diviseur de zéro. Cela signifie que \(\rho_E(\xi')\) préserve infinitésimalement la forme quadratique \(q\), et non seulement sa forme polaire — distinction qui n'a de contenu qu'en caractéristique \(2\)19 .

18–21

L'exemple explicité : \(\mathfrak{sl}_2 \to \mathfrak{pgl}_2\) (pages 18 à 21)

Revenons à (21) : \(E'\) a la base \(X, Y, H\) de (26), et \(\omega' = e'_1 \wedge e'_2 \wedge e'_3 = -X \wedge H \wedge Y\)20 . Posons \[ (62) \qquad \widetilde{X} = e_2 , \quad \widetilde{Y} = e_1 , \quad \widetilde{H} = e_3 , \qquad \text{d'où} \qquad \omega = \widetilde{X} \wedge \widetilde{H} \wedge \widetilde{Y} \] (« il y a un signe ici ! »), et \[ (65) \qquad f(\widetilde{X}) = X , \quad f(\widetilde{Y}) = Y , \quad f(\widetilde{H}) = 2H , \qquad \Delta = -2 . \] Alors \[ (66) \qquad f'(X) = -2\widetilde{X} , \quad f'(Y) = -2\widetilde{Y} , \quad f'(H) = -\widetilde{H} , \] conformément à \(f'f = \Delta = -2\)21 . La forme \(\varphi'\) sur \(E'\) est donc, pour \(\xi = xX + hH + yY\) et \(\xi' = x'X + h'H + y'Y\), \[ (68) \qquad \varphi'(\xi, \xi') = -\bigl(hh' + 2(xy' + yx')\bigr) , \qquad \varphi'(\xi, \xi) = -(h^2 + 4xy) . \] Comme \(\varphi'(H, H) = -1\) est impair, \(\varphi'\) n'est la forme polaire d'aucune forme quadratique quand \(2\) n'est pas inversible : en caractéristique \(2\), \(\varphi'(\xi, \xi) = h^2\) n'est pas nul, alors qu'une forme polaire y est alternée. La page ajoute que, dans ces coordonnées, \(q\), \(\varphi\) et \(\varphi'\) sont à coefficients entiers premiers entre eux, donc non nulles sur tout corps.

Le crochet de \(E\) est \[ (70) \qquad [\widetilde{H}, \widetilde{X}] = 2\widetilde{X} , \quad [\widetilde{H}, \widetilde{Y}] = -2\widetilde{Y} , \quad [\widetilde{X}, \widetilde{Y}] = \widetilde{H} , \] celui de \(\mathfrak{sl}(2)\), algèbre de Lie de \(\mathrm{SL}(2)_S\), et \(f\) est l'homomorphisme d'algèbres de Lie de l'isogénie \[ (71) \qquad \mathrm{SL}(2)_S \longrightarrow \mathrm{GP}(1)_S \] de noyau \(\mu_2\), centre de \(\mathrm{SL}(2)\). L'action de \(E'\) sur \(E\) est la différentielle de l'action de \(\mathrm{GP}(1)\) sur \(\mathrm{SL}(2)\) déduite par passage au quotient de l'action adjointe, qui est triviale sur le centre. Avec (56 bis), le plus commode : \[ (72) \qquad \begin{cases} \rho_E(X) = \tilde{\rho}_E(\widetilde{X}) : & \widetilde{X} \mapsto 0 ,\ \widetilde{Y} \mapsto \widetilde{H} ,\ \widetilde{H} \mapsto -2\widetilde{X} \\ \rho_E(Y) = \tilde{\rho}_E(\widetilde{Y}) : & \widetilde{X} \mapsto -\widetilde{H} ,\ \widetilde{Y} \mapsto 0 ,\ \widetilde{H} \mapsto 2\widetilde{Y} \\ \rho_E(H) : & \widetilde{X} \mapsto \widetilde{X} ,\ \widetilde{Y} \mapsto -\widetilde{Y} ,\ \widetilde{H} \mapsto 0 \end{cases} \] où \(\rho_E(H)\) est « \(\tfrac{1}{2}\tilde{\rho}_E(\widetilde{H})\) (sic) » : la moitié d'un endomorphisme à coefficients pairs, bien défini sur \(\mathbf{Z}\).

Remarque (page 21). Si \(2\) est inversible, \(f\) est un isomorphisme d'algèbres de Lie, qui identifie \(E\) à \(E'\) (l'identification usuelle d'un espace quadratique avec son dual), \(\rho_E\) à l'action adjointe, et \(f' = \Delta f^{-1}\) à \(-2\,\mathrm{id}_E\), sans grand intérêt22 ; de même chaque fois que \(\Delta\) est inversible. Si \(2\) est nul sur \(S\), \(f\) a pour noyau \(\mathcal{O}_S\widetilde{H}\), qui est le centre de \(\mathfrak{sl}(2)\) et aussi son algèbre dérivée23 ; \(f'\) a pour noyau \(\mathcal{O}_S X \oplus \mathcal{O}_S Y\), qui est l'algèbre dérivée de \(\mathfrak{gp}(1)\) et l'image de \(f\), et l'image de \(f'\) est le noyau \(\mathcal{O}_S\widetilde{H}\) de \(f\). Le centre de \(\mathfrak{gp}(1)\) est nul sur toute base. Il faudrait, dit la page, expliciter les formes de \(\mathfrak{sl}(2)\) et de \(\mathfrak{gp}(1)\) en caractéristique \(2\) — ce que fait la page 26 — « contrairement aux formes de \(\mathrm{SL}(2)_S\) ou \(\mathrm{GP}(1)_S\), qui sont équivalentes et équivalent aux formes de \(\mathbb{P}^1_S\) ».

22–24

Formes de Casimir (pages 22 à 24)

Posons \[ (73) \qquad \mathrm{Cas}_{E'}(x', y') = \mathrm{Tr}\bigl(\rho_{E'}(x')\rho_{E'}(y')\bigr), \qquad \mathrm{Cas}_E(x, y) = \mathrm{Tr}\bigl(\tilde{\rho}_E(x)\tilde{\rho}_E(y)\bigr), \] les formes de Killing de \(E'\) et de \(E\)24 . Alors \[ (74) \qquad \mathrm{Cas}_{E'}(x', y') = -2\,\varphi'(x', y') , \qquad \mathrm{Cas}_E(x, y) = -2\Delta\, \varphi(x, y) . \] 25 La page en donne une démonstration par réduction : les deux membres de chaque identité ont le même comportement quand \(\omega \mapsto \lambda\omega\) et \(\varphi \mapsto \mu\varphi\) (facteurs \(\lambda^2\mu^2\) et \(\lambda^2\mu^4\)) ; par conservation des identités polynomiales il suffit de les vérifier sur un corps algébriquement clos de caractéristique \(0\) pour une forme non dégénérée, que l'on ramène, au prix de ces changements d'échelle, à (21) ; là, les deux membres sont des formes symétriques invariantes sous le groupe spécial orthogonal, donc proportionnelles, et il suffit de les comparer en un point : \(\mathrm{Cas}_{E'}(H, H) = 1 + 1 + 0 = 2\) et \(\varphi'(H, H) = -1\) ; \(\mathrm{Cas}_E(\widetilde{H}, \widetilde{H}) = 4 + 4 + 0 = 8\) et \(-2\Delta\,\varphi(\widetilde{H}, \widetilde{H}) = -2 \cdot (-2) \cdot 2 = 8\)26 .

Pour une structure spéciale orthogonale \((q, \omega)\), \(\Delta = -2\) et \(\varphi(x, x) = 2q(x)\), d'où \[ (75)\text{--}(76) \qquad \mathrm{Cas}_E(x, x) = -4\Delta\, q(x) = 8\, q(x) . \] Donc, si \(2\) est inversible (ou seulement non diviseur de zéro), \(q\) se déduit de la structure d'algèbre de Lie de \(E\) : c'est la forme de Killing divisée par \(8\). De même, la première formule redonne \(\varphi'\) à partir du crochet de \(E'\), \(\mathrm{Cas}_{E'}(x', x') = -2\varphi'(x', x')\) (77). C'est la relation que la page 72 énonce, dans le langage des quaternions, entre \(q = -\det\) et la forme de Killing de \(\widetilde{\mathfrak{g}}\).

25–25

Quand deux données donnent les mêmes crochets (page 25)

La page se présente comme un complément à la discussion de (42). On note \([\ ,\ ]_{\omega, \varphi}\) le crochet (12) sur \(E'\) et \([\ ,\ ]_{\omega, \varphi'}\) le crochet (40 bis) sur \(E\). D'après ce qui précède, \[ (78) \qquad [\ ,\ ]_{\lambda\omega, \mu\varphi} = \lambda\mu\, [\ ,\ ]_{\omega, \varphi} , \qquad [\ ,\ ]_{\lambda\omega, (\mu\varphi)'} = \lambda\mu^2\, [\ ,\ ]_{\omega, \varphi'} . \] Comme, à \(\omega\) fixé, \(\varphi \mapsto [\ ,\ ]_{\varphi}\) est bijectif, \[ (79) \qquad [\ ,\ ]_{\omega, \varphi} = [\ ,\ ]_{\omega_1, \varphi_1} \iff \omega_1 = \lambda\omega ,\ \varphi_1 = \lambda^{-1}\varphi \ \text{pour un}\ \lambda \in \Gamma(S, \mathcal{O}_S^{\times}). \] Pour le crochet de \(E\), on suppose \(\Delta\) inversible. Alors, à \(\omega\) fixé, \[ (80) \qquad f' = g' \iff g = \varepsilon f , \quad \varepsilon \in \Gamma(S, \mu_2) : \] si \(f' = g'\), \(\det f' = \det g'\) donne \(\Delta(f)^2 = \Delta(g)^2\), donc \(\Delta(g) = \varepsilon\Delta(f)\) avec \(\varepsilon^2 = 1\), et \(f = \Delta(f)^{-1}f''\), \(g = \Delta(g)^{-1}g''\) donnent \(g = \varepsilon f\)27 . On en déduit, toujours pour \(\Delta\) inversible, \[ (81) \qquad [\ ,\ ]_{\omega_1, \varphi_1'} = [\ ,\ ]_{\omega, \varphi'} \iff \omega_1 = \mu^{-2}\omega ,\ \varphi_1 = \mu\varphi \ \text{pour un}\ \mu \in \Gamma(S, \mathcal{O}_S^{\times}), \] \(\mu\) étant alors uniquement déterminé par \(\varphi_1\)28 .

26–27

Caractéristique \(2\) : algèbres couplées et plans affines symplectiques (pages 26 et 27)

Supposons \(2 = 0\) sur \(S\). D'après la page 21, \(\mathfrak{sl}(2)\) a un centre \(\mathfrak{z} = \mathcal{O}\widetilde{H}\) égal à son algèbre dérivée, le quotient \(V = \mathfrak{sl}(2)/\mathfrak{z}\) est de rang \(2\) et le crochet induit un isomorphisme \(\Lambda^2 V \simeq \mathfrak{z}\) : c'est l'algèbre de Heisenberg de dimension \(3\). Une forme de \(\mathfrak{sl}(2)\) est donc la même chose qu'un couple \((V, E)\), \(V\) de rang \(2\) et \(E\) une extension de \(V\) par \(\det V\), le crochet étant \([x, y] = \bar{x} \wedge \bar{y}\) ; pour \(V\) fixé, une telle extension revient à une extension de \(\mathcal{O}_S\) par \((\det V) \otimes V^{\vee} \simeq V\), c'est-à-dire à un fibré affine sous \(V\). De même \(\mathfrak{gp}(1)\) a l'idéal abélien \(V' = \mathcal{O}X \oplus \mathcal{O}Y\), de quotient \(\mathcal{O}_S\), et tout relèvement de \(1\) opère sur \(V'\) par l'identité ; une forme de \(\mathfrak{gp}(1)\) est un couple \((V', E')\), \(E'\) extension de \(\mathcal{O}_S\) par \(V'\)29 .

Disons que deux telles algèbres \(E\), \(E'\) sont couplées s'il y a entre elles une dualité parfaite pour laquelle \(\det V \subset E\) est l'orthogonal de \(V' \subset E'\). Alors \(V' \simeq V^{\vee}\) et \(\det V \simeq \mathcal{O}_S\) : \(V\) reçoit une structure symplectique et \(V' \simeq V\). Les couples couplés équivalent donc aux triples \((V, \varphi, E)\), \(\varphi\) forme symplectique sur \(V\) et \(E\) fibré affine sous \(V\) : un fibré en plans affines symplectiques. Le schéma en groupes de leurs automorphismes est le groupe affine symplectique \(\mathrm{SL}(V) \ltimes V\), lisse de dimension relative \(5\), tandis que le groupe des automorphismes d'une forme de \(\mathfrak{sl}(2)\), ou de \(\mathfrak{gp}(1)\), est une forme du groupe affine \(\mathrm{GL}(V) \ltimes V\), lisse de dimension relative \(6\)30 .

Les applications \(f\) et \(f'\) s'en déduisent : \(f\) est le composé \(E \to V \xrightarrow{\varphi} V' \to E'\), et \(f'\) le composé \(E' \to \mathcal{O}_S \simeq \det V \to E\). Une description de \(\rho_{E'}\) est commencée puis barrée.

28–31

Le groupe \(G = \mathrm{SO}(q)\), son revêtement, et \(E' \simeq \mathfrak{g}\) (pages 28 à 31)

Soient \(q\) une forme quadratique lisse sur \(E\), \(\varphi\) sa forme polaire, et \(\omega\) une base de \(\det E\) avec \(\delta'(q) = -\omega^{\otimes(-2)}\) (82). Posons \[ (83) \qquad G = \mathrm{SO}(q) = \underline{\mathrm{Aut}}(E, q, \omega) , \] et soit \(\widetilde{G} \xrightarrow{F} G\) son revêtement simplement connexe, de noyau canoniquement isomorphe à \(\mu_2\) : \[ (84) \qquad 1 \longrightarrow \mu_2 \longrightarrow \widetilde{G} \xrightarrow{\ F\ } G \longrightarrow 1 . \] Aujourd'hui, \(\widetilde{G}\) est le groupe \(\mathrm{Spin}(q)\), le groupe des éléments de norme \(1\) de l'algèbre de Clifford paire de \(q\), qui est une algèbre de quaternions31 . Le noyau étant central, l'action adjointe de \(\widetilde{G}\) sur lui-même passe au quotient en une action \[ (87) \qquad \rho : G \longrightarrow \underline{\mathrm{Aut}}_{S\text{-}\mathrm{gr}}(\widetilde{G}) , \] caractérisée par \(\rho(F(a))(b) = aba^{-1}\) et \(F(\rho(g)(b)) = g\,F(b)\,g^{-1}\) (diagrammes (88) et (89)). Sur les algèbres de Lie on obtient un homomorphisme \(\mathfrak{f} : \widetilde{\mathfrak{g}} \to \mathfrak{g}\) (90) et une action \(\rho_{\mathfrak{g}} : \mathfrak{g} \to \underline{\mathrm{Der}}(\widetilde{\mathfrak{g}})\) (91), avec \(\rho_{\mathfrak{g}}(\mathfrak{f}(a)) = \mathrm{ad}(a)\) et \(\mathfrak{f}(\rho_{\mathfrak{g}}(x)b) = [x, \mathfrak{f}(b)]\) (92).

L'énoncé. Il existe des isomorphismes canoniques \[ (93) \qquad i : E \xrightarrow{\ \sim\ } \widetilde{\mathfrak{g}} , \qquad j : E' \xrightarrow{\ \sim\ } \mathfrak{g} \] qui transportent les crochets de \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) et \(\mathfrak{g}\) en \([\ ,\ ]_{\varphi'}\) sur \(E\) et \([\ ,\ ]_{\varphi}\) sur \(E'\), l'homomorphisme \(\mathfrak{f}\) en \(f\), et \(\rho_{\mathfrak{g}}\) en \(\rho_E\) ; et le composé \(\mathfrak{g} \to \underline{\mathrm{Der}}(\widetilde{\mathfrak{g}}) \simeq \underline{\mathrm{Der}}(E) \subset \underline{\mathrm{End}}(E)\) est la représentation de \(\mathfrak{g}\) déduite de la représentation linéaire de \(G\) sur \(E\).

La moitié démontrée : \(j\). \(\rho_E\) envoie \(E'\) dans les endomorphismes de \(E\) qui préservent infinitésimalement \(q\) (marge de la page 18) et \(\omega\) (60), lesquels forment exactement \(\mathfrak{g} = \mathrm{Lie}\, \mathrm{SO}(q)\) ; d'où \(j : E' \to \mathfrak{g}\), compatible aux crochets par (55). C'est un isomorphisme : \(E'\) et \(\mathfrak{g}\) étant localement libres de rang \(3\), il suffit que \(j\) soit injectif sur chaque fibre, ce qui se voit après extension à un corps \(k\) algébriquement clos. Là, on trouve une base où \(q = xy + z^2\) et \(\omega = e_1 \wedge e_2 \wedge e_3\) (quitte à changer \(e_3\) en \(-e_3\)), et (72) donne \[ \rho_E(xX + hH + yY) : \widetilde{X} \mapsto h\widetilde{X} - y\widetilde{H} , \quad \widetilde{Y} \mapsto x\widetilde{H} - h\widetilde{Y} , \quad \widetilde{H} \mapsto -2x\widetilde{X} + 2y\widetilde{Y} , \] qui n'est nul que pour \(x = y = h = 0\), en toute caractéristique32 .

La moitié annoncée : \(i\). « Il faut encore définir l'isom. \(E \simeq \widetilde{\mathfrak{g}}\) et prouver ses propriétés. Pour ceci il faut redéfinir avec précision, en termes élémentaires, la construction de \(\widetilde{G}\) sur \(G\) — il nous faut pour ceci ouvrir une parenthèse. » La page s'arrête là, au premier tiers de la feuille. La parenthèse n'est pas ouverte dans cette suite ; elle l'est, en substance, par la section VI du Dictionnaire (pages 68 à 75), où \(\widetilde{G}\) est le noyau de la norme réduite d'une algèbre de quaternions et où l'on pose \(E = \widetilde{\mathfrak{g}}\).

33–55

II. Le deuxième cahier (pages 32 à 55)

La couverture (page 32) ne porte que « (21 p) ». Le cahier n'est pas une suite continue : une page de calcul sur les polygones, une page de résumé, une étude des commutants dans \(\mathrm{PGL}(V)\) en rang \(2\), enfin les algèbres de quaternions.

33–33

La rotation d'un polygone régulier (page 33)

En tête, à l'encre noire : \[ F_3 = T , \quad F_4 = T - 1 , \quad F_5 = T^2 - T - 1 , \quad F_6 = T - 2 , \] \(F_n\) étant le polynôme minimal sur \(\mathbf{Q}\) de \(1 + 2\cos(2\pi/n) = 1 + \zeta + \zeta^{-1}\), \(\zeta\) racine primitive \(n\)-ième de l'unité. Puis un polygone régulier à \(n\) sommets \(\zeta_0, \zeta_1, \ldots\) inscrit dans un cercle, ses côtés \(e_1 = \zeta_1 - \zeta_0\), \(e_2 = \zeta_2 - \zeta_1\), et la rotation affine \(u\) qui envoie \(\zeta_i\) sur \(\zeta_{i+1}\) : \[ u(\zeta_0) = \zeta_0 + e_1 , \qquad u(e_1) = e_2 , \qquad u(e_2) = -e_1 + (\alpha - 1)e_2 . \] La partie linéaire de \(u\) a pour polynôme caractéristique \(T^2 - 2\cos(2\pi/n)\,T + 1\), donc \(\alpha - 1 = 2\cos(2\pi/n)\) ; et la flèche marquée \(\alpha\) que la figure trace de \(\zeta_0\) à \(\zeta_3\) s'explique : \(\zeta_3 - \zeta_0 = e_1 + e_2 + u(e_2) = \alpha\, e_2\). Ainsi \(\alpha = 1 + 2\cos(2\pi/n)\) est le rapport de la diagonale \(\zeta_0\zeta_3\) au côté, racine de \(F_n\) — le nombre d'or pour le pentagone, \(2\) pour l'hexagone — et c'est aussi la trace de la rotation d'angle \(2\pi/n\) de l'espace à trois dimensions33 .

34–34

Algèbres spéciales, droites, diviseurs, sous-groupes (page 34)

La page aligne : \[ \begin{aligned} \text{AlgSpéc}(\mathcal{M}) &\simeq \mathbb{P}(\widetilde{\mathfrak{g}}) \simeq \check{\mathbb{P}}(\mathfrak{g}) \simeq \check{P} = \mathrm{Dr}(P) \simeq \mathrm{Div}_2^{+}(X) \\ &\simeq \{\text{sous-groupes commutatifs lisses de dimension } 1 \text{ de } G\} , \end{aligned} \] c'est-à-dire : les sous-algèbres spéciales d'une algèbre de quaternions, les droites du plan \(P\), les diviseurs effectifs de degré \(2\) de la conique \(X \subset P\), et les sous-groupes commutatifs lisses de dimension relative \(1\) de \(G\). C'est l'énoncé que les pages 50 à 55 démontrent, auxquelles on renvoie34 . Pour un tel sous-groupe \(\mathcal{T}\), la page note : \(\mathcal{T}\) est son propre centralisateur ; \(X - Y\) (\(Y\) le diviseur de degré \(2\) correspondant) est un torseur sous \(\mathcal{T}\) ; \(N(\mathcal{T})/\mathcal{T}\) s'injecte dans \(\underline{\mathrm{Aut}}(\mathcal{T})\) et contient \(-\mathrm{id}_{\mathcal{T}}\)35 .

36–40

Commutant d'un endomorphisme en rang \(2\) (pages 36 à 40)

Soient \(V\) un Module de rang \(2\) sur \(S\) et \(u \in \underline{\mathrm{End}}(V)\) nulle part scalaire : \(u_s \notin k(s)\cdot 1\) pour tout \(s \in S\). Le commutant de \(u\) dans \(\underline{\mathrm{End}}(V)\) est le sous-fibré \(\mathcal{O}_S + \mathcal{O}_S u\) : c'est le noyau de \(v \mapsto [u, v]\), dont le rang est \(2\) en tout point (page 38), et il contient \(\mathcal{O}_S + \mathcal{O}_S u\), qui est de rang \(2\). Le commutant dans \(\mathrm{GL}(V)\) est formé des \(\alpha + \beta u\) avec \[ (2) \qquad \det(\alpha + \beta u) = \alpha^2 + \alpha\beta\, \mathrm{Tr}\, u + \beta^2 \det u \] inversible, et son image \(\mathcal{T}\) dans \(\mathrm{GP}(V) = \mathrm{PGL}(V)\) est \[ \mathcal{T} = C_{\mathrm{PGL}(V)}(u) \simeq \mathbb{P}^1 - Q_{\mathrm{Tr}\,u,\ \det u} , \] où \(Q_{\tau, \delta} \subset \mathbb{P}^1\) est le diviseur de degré \(2\) d'équation \(\alpha^2 + \tau\alpha\beta + \delta\beta^2 = 0\), étale si et seulement si \(\tau^2 - 4\delta\) est inversible, c'est-à-dire si les valeurs propres de \(u\) sont distinctes en chaque point. \(\mathcal{T}\) est un tore si ce diviseur est étale, une forme de \(\mathbb{G}_a\) en un point où il est double36 .

\(\mathcal{T}\) ne dépend que de \(\mathcal{O}_S + \mathcal{O}_S u\), ou de son image \(\mathfrak{h}\) dans \(\underline{\mathrm{End}}(V)/\mathcal{O}_S = \mathrm{Lie}\,\mathrm{PGL}(V)\), sous-fibré de rang \(1\) qui est \(\mathrm{Lie}\,\mathcal{T}\). D'où une correspondance entre sous-fibrés \(\mathfrak{h}\) de rang \(1\) de \(\mathfrak{g} = \mathrm{Lie}\,\mathrm{PGL}(V)\) et sous-groupes commutatifs lisses de dimension relative \(1\) de \(\mathrm{PGL}(V)\)37 .

\(\mathcal{T}\) est-il le centralisateur de \(\mathfrak{h}\) ? Deux questions se mêlent sur les pages 37, 39 et 40.

Le centralisateur d'un élément \(h\) de \(\mathcal{T}\) (pages 37 et 39). Si \(g h g^{-1} = \lambda h\) dans \(\mathrm{GL}(V)\), le déterminant donne \(\lambda^2 = 1\), donc \(g h^2 g^{-1} = h^2\) et \(g\) commute à \(h^2\) ; si \(h^2\) n'est pas scalaire, c'est-à-dire si \(h\) n'est pas une « réflexion », \(g \in \mathcal{T}\). Mais en caractéristique \(2\) il peut arriver que \(h^2 = 1\) pour tout \(h \in \mathcal{T}\) (le cas unipotent : \(h = 1 + tv\), \(v^2 = 0\)). La page passe alors à la section universelle \(\alpha + \beta u_0\), \(\alpha, \beta\) indéterminées : si \(g u_0 g^{-1} = \lambda_0 u_0\) et \(g(\alpha + \beta u_0)g^{-1} = \lambda(\alpha, \beta)(\alpha + \beta u_0)\), la comparaison des coefficients de \(1\) donne \(\lambda(\alpha, \beta)\alpha = \alpha\) dans l'anneau localisé \(\mathcal{O}_S[\alpha, \beta]_{\det(\alpha + \beta u_0)}\), d'où \(\lambda = 1\)38 .

Le centralisateur de \(\mathfrak{h}\) (page 40). Si \(g\) centralise \(\mathfrak{h}\), alors \(gug^{-1} = u + \lambda\) ; la trace donne \(2\lambda = 0\). Si \(2\) est inversible, \(\lambda = 0\) et \(g \in \mathcal{T}\) : « gagné ». En caractéristique \(2\), non : le déterminant donne \(\lambda(\mathrm{Tr}\,u + \lambda) = 0\), et \(\lambda = \mathrm{Tr}\,u\) convient. Par exemple \(u = \mathrm{diag}(\zeta, \zeta + 1)\) avec \(\zeta^2 + \zeta + 1 = 0\) est conjugué à \(u + 1 = \mathrm{diag}(\zeta + 1, \zeta)\) sans lui être égal : le centralisateur de \(\mathfrak{h}\) contient l'élément qui échange les deux droites propres, et contient strictement \(\mathcal{T}\), tout en restant lisse de dimension relative \(1\) (c'est le normalisateur du tore)39 . La même chose se lit dans l'algèbre de Lie : en caractéristique \(2\), dans \(\mathfrak{gp}(1)\) où \([H, X] = X\), \([H, Y] = Y\), \([X, Y] = 0\), le centralisateur de \(X\) est \(\{h = 0\}\), de dimension \(2\), « trop grande », celui de \(H\) est \(\mathcal{O}H\).

41–44

Sous-groupes d'ordre premier impair (pages 41 à 44, et le haut de la page 38)

La page 41 commence au milieu d'une démonstration dont l'énoncé est à la page 42, et le haut de la page 38 semble en être la fin40 .

Énoncé (page 42). Soient \(G\) une forme de \(\mathrm{PGL}_2\) sur \(S\), \(p\) un nombre premier impair, \(\mu \subset G\) un sous-groupe fini étale de rang \(p\).

41

Démonstration (pages 42, 41, 38). Localement \(G = \widetilde{G}/\mu_2\) avec \(\widetilde{G} = \mathrm{SL}(V)\) ; comme \(p\) est impair, \(\mu\) se relève de façon unique en \(\widetilde{\mu} \simeq \mu\) dans \(\widetilde{G}\), et il suffit de voir que l'image du centralisateur de \(\widetilde{\mu}\) est le centralisateur de \(\mu\). Sur un corps \(k\) algébriquement clos de caractéristique \(\neq p\), un générateur de \(\widetilde{\mu}\) a des valeurs propres \(\zeta, \zeta^{-1}\), \(\zeta\) racine primitive \(p\)-ième, distinctes puisque \(p\) est impair ; le commutant est le tore diagonal, le normalisateur est formé des matrices diagonales et de leurs produits par une « symétrie », d'où \(N/\mathcal{T} \simeq \{\pm 1\} \subset (\mathbf{Z}/p\mathbf{Z})^{\times}\). En caractéristique \(p\), \(u = 1 + v\), \(v^2 = 0\), \(v \neq 0\), et le commutant dans \(\mathrm{SL}\) est formé des \(\alpha + \beta v\) avec \(\alpha^2 = 1\), \(\alpha = \pm 1\) ; son image dans \(\mathrm{PGL}\) est \(\mathbb{G}_a\), lisse et connexe. Dans le cas général, l'image inverse par \(N \to \underline{\mathrm{Aut}}(\mu) = (\mathbf{Z}/p\mathbf{Z})^{\times}_S\) de la section unité est un sous-groupe ouvert de \(N\) qui coïncide fibre à fibre avec \(N^{\circ}\), donc lui est égal ; et \(N/N^{\circ}\) est un sous-groupe étale ouvert de \((\mathbf{Z}/p\mathbf{Z})^{\times}_S\) qui coïncide fibre à fibre avec \(\{\pm 1\}\), donc lui est égal (haut de la page 38) — sous l'hypothèse de b)42 .

Une question (page 43). Tout sous-groupe lisse \(\mathcal{T}\) de dimension relative \(1\) de \(G\) est-il de la forme \(C(\mathfrak{h})\), déterminé par son algèbre de Lie ? Oui s'il est commutatif et si les caractéristiques résiduelles sont \(\neq 2\), car il est contenu dans \(C(\mathfrak{h})\), qui a les mêmes fibres. Mais la commutativité est-elle automatique ? Sur un corps oui — tout groupe lisse connexe de dimension \(1\) est commutatif — ; sur une base, c'est une question de déformation de sous-groupes, « liée à un \(H^2\) de Hochschild ». Le normalisateur de \(\mathcal{T}\), qui est aussi celui de \(\mathfrak{h}\), n'est pas en général de dimension relative \(1\) : sur un corps, quand \(\mathcal{T}\) est unipotent, c'est un Borel. La phrase s'arrête au haut de la page 44 sur « une structure décrite par … rigidifiée »43 .

46–55

Algèbres de quaternions (pages 46 à 55)

Le programme (page 46). À une algèbre de quaternions \(\mathcal{M}\) sur \(S\) — une algèbre d'Azumaya de rang \(4\) — on associe une forme \(G\) de \(\mathrm{PGL}_2\), une forme \(\widetilde{G}\) de \(\mathrm{SL}_2\), leurs algèbres de Lie \(\mathfrak{g}\) et \(\widetilde{\mathfrak{g}}\), un module spécial quadratique \((E, q, \omega)\) de rang \(3\) avec \(E = \widetilde{\mathfrak{g}}\), une conique lisse \(X\) dans un fibré en plans projectifs \(P = \check{\mathbb{P}}(E)\), \(X = \mathrm{Var}(q)\), et \(X\) seule, fibré en droites projectives44 . Les foncteurs \(\mathcal{M} \mapsto G, \widetilde{G}, (E, q, \omega), (P \supset X), X\) sont des équivalences de catégories fibrées, et \(\mathcal{M} \mapsto \mathfrak{g}, \widetilde{\mathfrak{g}}\) en sont au-dessus de \(\operatorname{Spec}\mathbf{Z}[\tfrac{1}{2}]\). C'est affirmé, non démontré ; c'est aujourd'hui le dictionnaire classique entre algèbres de quaternions, formes quadratiques ternaires (par l'algèbre de Clifford paire) et coniques45 .

On se place dans le cas trivial \(\mathcal{M} = V^{\vee} \otimes V \simeq \underline{\mathrm{End}}(V)\), \(V\) de rang \(2\) (1).

La conique (page 46). À un sous-fibré en droites \(L \subset V\) on associe \(L^{\perp} \otimes L \subset V^{\vee} \otimes V = \mathcal{M}\) : ce sont les endomorphismes d'image dans \(L\) et nuls sur \(L\), de trace et de déterminant nuls, et \(L^{\perp} \otimes L\) est une droite isotrope de \(\widetilde{\mathfrak{g}}\). D'où un isomorphisme canonique \[ (2) \qquad \check{\mathbb{P}}(V) \xrightarrow{\ \sim\ } X , \qquad L \longmapsto L^{\perp} \otimes L , \] où \(\check{\mathbb{P}}(V) \simeq \mathbb{P}(V)\), puisque \(V\) est de rang \(2\)46 .

La quadrique des endomorphismes de rang \(1\) (pages 47 et 48). Soient \(Q_{\mathcal{M}}(u) = -\det u\), forme quadratique non dégénérée sur \(\mathcal{M}\), et \(\mathcal{Q} = \mathrm{Var}(Q_{\mathcal{M}}) \subset \check{\mathbb{P}}(\mathcal{M})\)47 . Les points de \(\mathcal{Q}\) sont les droites \(\mathcal{O}_S u\) engendrées par un \(u\) nulle part nul de déterminant nul, c'est-à-dire strictement de rang \(1\) : \(u\) se factorise en \(V \twoheadrightarrow I \hookrightarrow V\), \(I\) inversible, et se donner \(\mathcal{O}_S u\) revient à se donner indépendamment \(\mathrm{Ker}\,u\) et \(\mathrm{Im}\,u\). D'où l'isomorphisme \[ (6)\text{--}(7) \qquad \mathcal{Q} \xrightarrow{\ \sim\ } \check{\mathbb{P}}(V) \times \check{\mathbb{P}}(V) \simeq X \times X , \qquad u \longmapsto (\mathrm{Ker}\,u, \mathrm{Im}\,u) , \] d'inverse \((L, M) \mapsto L^{\perp} \otimes M\) : c'est le plongement de Segre de \(\mathbb{P}^1 \times \mathbb{P}^1\) comme quadrique de \(\mathbb{P}^3\). Les droites \(\underline{L} = L^{\perp} \otimes L\), \(\underline{M} = M^{\perp} \otimes M\) sont dans \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) et isotropes, et la droite \(J = \mathcal{O}_S u\) vérifie \(J \circ \underline{L} = 0\) et \(\underline{M} \circ J = 0\) (8)–(9)48 .

Algèbres spéciales (page 48). Pour \(J \in \mathcal{Q}(S)\), de générateur local \(u\), on a \(u^2 = (\mathrm{Tr}\,u)\,u\), donc \(\mathcal{A} = \mathcal{O}_S \oplus J\) est une sous-algèbre de rang \(2\) de \(\mathcal{M}\), contenant \(1\) — une sous-algèbre spéciale —, et \(J\) en est un idéal de quotient \(\mathcal{O}_S\). Se donner \(J\) revient à se donner \(\mathcal{A}\) et un homomorphisme d'algèbres \(\rho : \mathcal{A} \to \mathcal{O}_S\), celui de noyau \(J\). D'où \[ (12) \qquad \mathcal{Q} \simeq \bigl\{ (\mathcal{A}, \rho) : \mathcal{A} \subset \mathcal{M} \ \text{sous-algèbre spéciale},\ \rho : \mathcal{A} \to \mathcal{O}_S \ \text{homomorphisme d'algèbres} \bigr\} \] 49 .

L'involution canonique (page 49). La symétrie des deux facteurs de \(X \times X\) est induite par un anti-automorphisme canonique de \(\mathcal{M}\) : le choix d'une base de \(\det V\) donne \(\alpha : V \simeq V^{\vee}\), et \(u' = \alpha^{-1}\,{}^{t}u\,\alpha\) ne dépend pas de ce choix. On a \((uv)' = v'u'\) et \[ (16)\text{--}(17) \qquad u' = (\mathrm{Tr}\,u)\cdot 1 - u , \qquad u + u' = \mathrm{Tr}\,u , \qquad uu' = \det u : \] c'est la conjugaison des quaternions, l'adjugée en termes de matrices. Elle échange noyau et image des \(u\) de rang \(1\) (\(Q_{\mathcal{M}}(u) = 0\), \(u\) nulle part nul)50 . En termes de (12), elle envoie \((\mathcal{A}, \rho)\) sur \((\mathcal{A}, \rho')\), \(\rho'(u) = \rho(u')\) : \(\mathcal{A}' = \mathcal{A}\), et sur \(\mathcal{A}\) commutative l'involution est un automorphisme, l'automorphisme non trivial de l'algèbre de rang \(2\).

Le schéma des algèbres spéciales (page 50). Une algèbre spéciale \(\mathcal{A}\) est déterminée par la droite \(\mathcal{A}/\mathcal{O}_S\) de \(\mathfrak{g} = \mathcal{M}/\mathcal{O}_S\) ; le schéma \(\Sigma\) des algèbres spéciales est donc \(\check{\mathbb{P}}(\mathfrak{g}) = \mathbb{P}(\widetilde{\mathfrak{g}})\), et \((\mathcal{A}, \rho) \mapsto \mathcal{A}\) est un épimorphisme \(\mathcal{Q} \to \Sigma\) qui identifie \(\mathcal{Q}\) au spectre de l'algèbre spéciale universelle \(\mathcal{A}_{\Sigma}\) (20). La page esquisse ensuite, puis barre, une liste de conditions équivalentes, reprise à la page suivante.

Proposition (page 51). Soient \(\mathcal{A}\) une sous-algèbre spéciale, \(L \subset V\) un sous-fibré en droites, \(\underline{L} = L^{\perp} \otimes L\). Sont équivalentes :

Alors \(J\) et \(M\) sont uniques, \(J = L^{\perp} \otimes M\) est le noyau de l'homomorphisme \(\mathcal{A} \to \underline{\mathrm{End}}(L) = \mathcal{O}_S\) déduit de b), et, pour \(\mathcal{A}\) fixée, \(L \mapsto (\mathcal{A} \to \mathcal{O}_S)\) est une bijection entre les \(L\) vérifiant a) et les homomorphismes d'algèbres \(\mathcal{A} \to \mathcal{O}_S\).

Démonstration (pages 51 et 52). Si \(L = \mathcal{O}x\) et \(L^{\perp} = \mathcal{O}x'\), \(\mathrm{Tr}(u \cdot x' \otimes x) = \langle ux, x' \rangle\), nul si et seulement si \(u(L) \subset L\) : a) \(\Leftrightarrow\) b). Le noyau \(J\) de \(\mathcal{A} \to \underline{\mathrm{End}}(L)\) annule \(L\) : b) \(\Rightarrow\) c) ; réciproquement, \(\mathcal{A}/J \simeq \mathcal{O}_S\), donc \(\mathcal{A} = \mathcal{O}_S + J\) stabilise \(L\), et \(J\) est déterminé comme ce noyau. Sous ces conditions, un générateur local \(u\) de \(J\) est de rang \(1\) avec \(\mathrm{Ker}\,u = L\) ; posant \(M = \mathrm{Im}\,u\), on a \(L^{\perp} \otimes M = J \subset \mathcal{A}\) : d). Réciproquement, si \(L^{\perp} \otimes M \subset \mathcal{A}\), c'est un idéal de rang \(1\) qui annule \(L\), donc \(J\), et \(M = \mathrm{Im}\,u\) est déterminé ; et d) \(\Rightarrow\) b) directement.

Corollaire (pages 52 et 53). Se donner une sous-algèbre spéciale \(\mathcal{A}\) — un sous-fibré de rang \(2\) contenant \(\mathcal{O}_S\cdot 1\), nécessairement commutatif — revient à se donner son orthogonal \(\mathcal{A}^{\perp} = \mathcal{H} \subset \widetilde{\mathfrak{g}}\), hyperplan de \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) : \[ (21) \qquad \text{AlgSpéc}(\mathcal{M}) \simeq \mathbb{P}(\widetilde{\mathfrak{g}}) \simeq \check{\mathbb{P}}(\mathfrak{g}) . \] Comme \(P = \check{\mathbb{P}}(\widetilde{\mathfrak{g}})\), un hyperplan \(\mathcal{H}\) de \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) est une droite \(D\) du plan \(P\), et \[ (22) \qquad \check{P} = \mathrm{Dr}(P) \xrightarrow{\ \sim\ } \mathrm{Div}_2^{+}(X), \qquad D \longmapsto D \cap X = Y , \] est un isomorphisme : une droite du plan coupe la conique lisse en un diviseur de degré \(2\), et tout diviseur de degré \(2\) s'obtient ainsi d'une seule façon51 . Le diviseur \(Y\) est formé des droites isotropes \(\underline{L}\) contenues dans \(\mathcal{H}\), et l'on trouve un isomorphisme canonique \[ (23) \qquad Y \simeq \operatorname{Spec} \mathcal{A} . \] Dans \(X \simeq \check{\mathbb{P}}(V)\), \(Y\) est formé des \(L\) stables par \(\mathcal{A}\), ou, si \(\mathcal{A} = \mathcal{O}_S + \mathcal{O}_S u\), par \(u\) : si \(u\) est inversible, \(Y = X^{u}\), le sous-schéma des points fixes de \(u\) (24).

Le stabilisateur, et les sous-groupes jacobiens (pages 53 à 55). \(G = \mathcal{M}^{\times}/\mathbb{G}_m\) opère sur tout cela. Proposition (page 54) : \(g \in G(S)\) stabilise \(Y\) si et seulement si \(g\mathcal{A} g^{-1} = \mathcal{A}\) ; alors son action sur \(Y\) est, via (23), son action sur \(\operatorname{Spec}\mathcal{A}\), triviale si et seulement si \(g\) est (localement l'image d'un élément) de \(\mathcal{A}^{\times}\). À \(\mathcal{A}\) on associe \[ (25) \qquad \mathcal{T} = \mathcal{A}^{\times}/\mathbb{G}_m \subset G , \] sous-groupe commutatif, lisse, à fibres connexes, de dimension relative \(1\) — un tore si \(\mathcal{A}\) est étale, \(\mathbb{G}_a\) là où \(\mathcal{A}\) est \(\mathcal{O}[\varepsilon]/(\varepsilon^2)\). La correspondance \(\mathcal{A} \mapsto \mathcal{T}\) est injective, \(\mathcal{A}\) étant engendrée par les sections de \(\mathcal{A}^{\times}\), image inverse de \(\mathcal{T}\) dans \(\mathcal{M}^{\times}\). La page appelle ces sous-groupes « jacobiens »52 : ce sont les \(\mathcal{T}\) des pages 36 et 37.

Enfin (page 55), si \(\mathfrak{h} = \mathrm{Lie}\,\mathcal{T}\) et si \(\widetilde{\mathcal{T}}\) est le centralisateur de \(\mathfrak{h}\) dans \(G\), alors \(\mathcal{T} \subset \widetilde{\mathcal{T}}\) puisque \(\mathcal{T}\) est commutatif ; la page conclut à l'égalité, \(\widetilde{\mathcal{T}}\) étant connexe et les deux lisses de dimension relative \(1\). C'est juste lorsque \(2\) est inversible sur \(S\) ; en caractéristique \(2\), la page 40 a montré que le centralisateur de \(\mathfrak{h}\) peut contenir strictement \(\mathcal{T}\) et n'être pas connexe53 .

III. Dictionnaire lié à \(\mathrm{GP}(1) \simeq \mathrm{SO}(3)\) (pages 56 à 78)

Le titre est inscrit sur la couverture rose de la page 56.

57–59

Les neuf catégories (pages 57 à 59)

Soit \(S\) un schéma. On va définir des équivalences entre les catégories suivantes, qui, pour \(S\) variable, sont des catégories fibrées sur \(\mathrm{Sch}_{/S}\), en fait des gerbes pour la topologie fppf, formant « un système transitif d'équivalences » :

54

Le signe \((*)\) marque les deux catégories dont l'équivalence avec les autres ne vaut que si \(2\) est inversible sur \(S\) ; en général on n'a que des foncteurs des autres vers elles, qui ne sont pas pleinement fidèles — ce que la dimension \(6\) de la page 27 rendait inévitable. Un dictionnaire complet comprendrait la description explicite des \(9 \times 8 = 72\) équivalences et des \(9 \cdot 8 \cdot 7 = 504\) isomorphismes de transitivité. « On fera un peu moins, mais on essaiera de donner une image claire de la situation. »

Principe général. Sur \(S_0 = \operatorname{Spec}\mathbf{Z}\), on choisit dans chaque catégorie un objet typique \(\mathfrak{X}_0\) et une opération de \(G_0 = \mathrm{PGL}_2\) sur lui, et l'on établit que \(G_0 \to \underline{\mathrm{Aut}}(\mathfrak{X}_0)\) est un isomorphisme — sauf dans les deux cas \((*)\), où l'opération est fidèle mais l'homomorphisme n'est pas un épimorphisme, et où l'on se borne à \(\operatorname{Spec}\mathbf{Z}[\tfrac{1}{2}]\). Comme les catégories envisagées sont des gerbes, chacune est alors canoniquement équivalente à celle des torseurs sous \(\underline{\mathrm{Aut}}(\mathfrak{X}_0)\), donc sous \(G_0\) : c'est l'existence d'un « multi-dictionnaire », qui ne dispense pas de le développer55 .

59–62

Représentants typiques et opérations de \(G_0\) (pages 59 à 62)

I. Représentants typiques. Sur \(S_0 = \operatorname{Spec}\mathbf{Z}\) : le torseur trivial \(G_0\) ; \(G_0 = \mathrm{PGL}_2\) et \(\widetilde{G}_0 = \mathrm{SL}_2\) ; \(\mathfrak{g}_0 = \mathfrak{pgl}_2\) et \(\widetilde{\mathfrak{g}}_0 = \mathfrak{sl}_2\) ; \(\mathcal{M}_0 = \mathrm{M}_2(\mathcal{O})\) ; \(E_0 = \mathcal{O}^3\) avec \(q_0 = xy + z^2\) et \(\omega = e_1 \wedge e_2 \wedge e_3\) ; \(X_0 = \mathbb{P}^1\) ; \(P_0 = \mathbb{P}^2 = \check{\mathbb{P}}(E_0)\) avec la conique \(C_0 = \mathrm{Var}(q_0)\).

II. Opérations de \(G_0\). 1) Les translations (la ligne s'arrête sur « gauche… »). 2) \(G_0\) opère sur lui-même par automorphismes intérieurs ; ceux de \(\widetilde{G}_0\) passent au quotient par le centre \(\mu_2\), et \(\mathrm{SL}_2/\mu_2 \simeq \mathrm{PGL}_2\) (1) donne une action de \(G_0\) sur \(\widetilde{G}_0\). 3) D'où des actions sur \(\mathfrak{g}_0\) et \(\widetilde{\mathfrak{g}}_0\). 4) L'action de \(\mathrm{GL}_2 = \mathcal{M}_0^{\times}\) sur \(\mathcal{M}_0\) par conjugaison est triviale sur le centre \(\mathbb{G}_m\) et passe au quotient \(\mathrm{GL}_2/\mathbb{G}_m = \mathrm{PGL}_2\) (2).

5) (page 61) La forme \(\xi \mapsto -\det\xi\) sur \(\mathcal{M}_0\), restreinte aux matrices de trace nulle \[ (3)\text{--}(4) \qquad \xi = \begin{pmatrix} z & x \\ y & -z \end{pmatrix}, \qquad q_0(\xi) = -\det\xi = xy + z^2 , \] est invariante par conjugaison, et l'identification \[ (6) \qquad E_0 = \mathcal{O}^3 \xrightarrow{\ \sim\ } \widetilde{\mathfrak{g}}_0 = \mathfrak{sl}_2 , \qquad (x, y, z) \longmapsto \begin{pmatrix} z & x \\ y & -z \end{pmatrix} \] donne une action de \(G_0\) sur \((E_0, q_0)\). Elle préserve aussi \(\omega\), car \(G_0\) opère trivialement sur tout Module inversible, \(\underline{\mathrm{Hom}}(\mathrm{PGL}_2, \mathbb{G}_m) = 0\) (page 62). 6) \(\mathrm{GL}_2\) opère sur \(\mathbb{P}^1\), \(\mathbb{G}_m\) trivialement, d'où l'action de \(G_0\) ; et l'action sur \((E_0, q_0)\) en donne une sur \((P_0, C_0)\).

« Nous admettrons (pour ne pas nous éterniser…) que tous les homomorphismes \[ (7) \qquad G_0 = \mathrm{PGL}_2 \longrightarrow \underline{\mathrm{Aut}}(\mathfrak{X}_0) \] sont des isomorphismes », en dehors des cas \((*)\), et en marge : « Expliciter le théorème d'isomorphie »56 .

63–65

Les foncteurs : torsion, torseur des isomorphismes, automorphismes (pages 63 à 65)

III. De \(C_0\) vers les autres. C'est la torsion \[ (8) \qquad R \longmapsto R \overset{\mathrm{PGL}_{2,S}}{\wedge} \mathfrak{X}_{0,S} , \] et le théorème d'isomorphie (7) dit que ces foncteurs sont des équivalences (sur \(\mathbf{Z}[\tfrac{1}{2}]\) pour les cas \((*)\)). Vers \(C_5\) : \[ (9) \qquad R \longmapsto R/B_{0,S} , \] où \(B_0 \subset G_0\) est le Borel type, image dans \(\mathrm{PGL}_2\) du groupe \(\widetilde{B}_0\) des matrices \(\begin{pmatrix} \lambda & \mu \\ 0 & \lambda^{-1} \end{pmatrix}\) de \(\mathrm{SL}_2\), stabilisateur de la droite \(\mathcal{O} e_1\) de \(\mathcal{O}^2\) (10). Le point correspondant \(s_0\) de \(X_0 = \mathbb{P}^1\) a pour stabilisateur \(B_0\), et \(g \mapsto g\cdot s_0\) induit un isomorphisme \(G_0/B_0 \simeq X_0\) compatible aux translations (13) ; tordant par \(R\), on obtient \(R \wedge X_{0,S} \simeq R/B_{0,S}\) (14)57 .

Des autres vers \(C_0\). C'est \[ (15)\text{--}(17) \qquad \mathfrak{X} \longmapsto \underline{\mathrm{Isom}}(\mathfrak{X}_{0,S}, \mathfrak{X}) , \] torseur à droite sous \(\underline{\mathrm{Aut}}(\mathfrak{X}_{0,S}) \simeq \mathrm{PGL}_{2,S}\) par (7)58 .

IV. Vers \(C_1\). C'est \(\mathfrak{X} \mapsto \underline{\mathrm{Aut}}(\mathfrak{X})\) (18), avec deux descriptions plus terre à terre : \(\widetilde{G} \mapsto \widetilde{G}/\mathrm{Cent}(\widetilde{G})\) (19), le centre étant toujours isomorphe à \(\mu_2\), de façon unique car \(\underline{\mathrm{Aut}}(\mu_2) = 1\) ; et \(\mathcal{M} \mapsto \mathcal{M}^{\times}/\mathbb{G}_m\) (20).

66–68

Revêtement, algèbres de Lie, sous-groupes de Borel (pages 66 à 68)

De \(C_1\) vers les autres. Ou bien l'on tord \(\mathfrak{X}_{0,S}\) par le torseur \(\underline{\mathrm{Isom}}(G_{0,S}, G)\) (21) — torseur sous \(\underline{\mathrm{Aut}}(G_0) = G_0\), puisque \(\mathrm{PGL}_2\) est adjoint —, ou bien l'on a des descriptions directes :

V. Vers les formes de \(\mathrm{SL}_2\). Ou bien par \(C_0\) (27), ou bien, plus naturellement, \(\mathfrak{X} \mapsto \underline{\mathrm{Aut}}(\mathfrak{X}) \mapsto\) son revêtement simplement connexe (28) ; depuis \(C_3\), \[ (29) \qquad \mathcal{M} \longmapsto \widetilde{G} = \mathrm{Ker}\bigl(\mathcal{M}^{\times} \xrightarrow{\ \det\ } \mathbb{G}_m\bigr), \] \(\det\) étant la norme réduite. Inversement, \(\widetilde{G} \mapsto \widetilde{\mathfrak{g}}\) (30) et \(\widetilde{G} \mapsto X \simeq \underline{\mathrm{Bor}}(\widetilde{G})\) (31). Pour comprendre ensemble \(G\), \(\widetilde{G}\), \(\mathfrak{g}\), \(\widetilde{\mathfrak{g}}\), \((E, q, \omega)\), \(X\) et \((P, C)\), « c'est \(\mathcal{M}\) qui donne peut-être la meilleure clef » ; on verra en particulier que \(\mathfrak{g}\) et \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) sont duaux l'un de l'autre, et que \(E \simeq \widetilde{\mathfrak{g}}\) canoniquement.

69–73

VI. L'algèbre de quaternions comme clef (pages 69 à 73)

Soit \(\mathcal{M}\) une algèbre de quaternions sur \(S\), localement (fppf) isomorphe à \(\mathrm{M}_2(\mathcal{O}_S)\)60 . Son centre est \(\mathcal{O}_S\), celui de \(\mathcal{M}^{\times}\) est \(\mathbb{G}_m\) (32), et l'on a la norme réduite \(\det\) et la trace réduite \(\mathrm{Tr}\), définies par localisation à partir de \(\mathrm{M}_2\), où elles sont invariantes par automorphismes (33). En marge : \(\det(uv) = \det u \det v\), \(\mathrm{Tr}\) est linéaire, \(\det\) quadratique, \(\det(u + \lambda) = \lambda^2 + \lambda\,\mathrm{Tr}\,u + \det u\), et la différentielle de \(\det\) en \(1\) est \(\mathrm{Tr}\). On a des suites exactes \[ (34) \qquad 1 \to \mathbb{G}_m \to \mathcal{M}^{\times} \to G \to 1 , \qquad (35) \qquad 1 \to \widetilde{G} \to \mathcal{M}^{\times} \xrightarrow{\ \det\ } \mathbb{G}_m \to 1 , \] \[ (34') \qquad 0 \to \mathcal{O}_S \xrightarrow{\ \lambda \mapsto \lambda\cdot 1\ } \mathcal{M} \to \mathfrak{g} \to 0 , \qquad (35') \qquad 0 \to \widetilde{\mathfrak{g}} \to \mathcal{M} \xrightarrow{\ \mathrm{Tr}\ } \mathcal{O}_S \to 0 , \] qui déterminent \(G\), \(\widetilde{G}\), \(\mathfrak{g} = \mathcal{M}/\mathcal{O}_S\) et \(\widetilde{\mathfrak{g}} = \mathcal{M}^{\mathrm{Tr} = 0}\) directement à partir de \(\mathcal{M}\) ; les homomorphismes canoniques sont les composés \[ (37)\text{--}(38) \qquad \widetilde{G} \hookrightarrow \mathcal{M}^{\times} \to G , \qquad f : \widetilde{\mathfrak{g}} \hookrightarrow \mathcal{M} \to \mathfrak{g} . \]

La forme trace (pages 70 et 71). La forme \[ (39) \qquad \Phi(u, v) = \mathrm{Tr}(uv) \] est symétrique et non dégénérée en chaque point — y compris en caractéristique \(2\) —, d'où \(\mathcal{M} \simeq \mathcal{M}^{\vee}\) (40). L'orthogonal de \(\mathcal{O}_S\cdot 1\) est \(\widetilde{\mathfrak{g}}\), d'où un accouplement parfait \(\widetilde{\mathfrak{g}} \times \mathfrak{g} \to \mathcal{O}_S\) (41) et \[ (42) \qquad \widetilde{\mathfrak{g}} \simeq \mathfrak{g}^{\vee} , \qquad \mathfrak{g} \simeq \widetilde{\mathfrak{g}}^{\vee} . \] La forme quadratique \(Q_{\mathcal{M}}(u) = -\det u\) sur \(\mathcal{M}\) est lisse (hyperbolique de rang \(4\)), de forme polaire \[ (43) \qquad \Phi_1(u, v) = \det u + \det v - \det(u + v) = \mathrm{Tr}(uv) - \mathrm{Tr}\,u\,\mathrm{Tr}\,v , \] elle aussi parfaite. \(\Phi_1(1, u) = -\mathrm{Tr}\,u\), donc l'orthogonal de \(\mathcal{O}_S\cdot 1\) pour \(\Phi_1\) est encore \(\widetilde{\mathfrak{g}}\), et \(\Phi\), \(\Phi_1\) ont la même restriction \(\varphi\) à \(\widetilde{\mathfrak{g}}\), \(\varphi(u, v) = \mathrm{Tr}(uv)\). L'accouplement \(\mathfrak{g} \times \widetilde{\mathfrak{g}} \to \mathcal{O}_S\) déduit de \(\Phi_1\) est égal à (41), puisque \(\mathrm{Tr}\,v = 0\) pour \(v \in \widetilde{\mathfrak{g}}\)61 .

La forme \(q\) et la forme de Killing (page 72). Sur \(\widetilde{\mathfrak{g}}\), \[ (43) \qquad q(u) = -\det u , \qquad (44) \qquad q(x + y) = q(x) + q(y) + \varphi(x, y) , \quad \varphi(x, x) = 2q(x) ; \] \(q\) est lisse, \(\varphi\) parfaite sauf en caractéristique \(2\). En coordonnées (6), \(q = xy + z^2\) : c'est \(q_0\). Et \[ (45) \qquad \mathrm{Tr}\bigl(\mathrm{ad}(u)\,\mathrm{ad}(v)\bigr) = 4\varphi(u, v) , \qquad \mathrm{Tr}\bigl(\mathrm{ad}(u)^2\bigr) = 8\,q(u) , \] la forme de Killing de \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) ; c'est (74)–(76) de la page 24, avec \(\Delta = -2\).

La base \(\omega\) (pages 72 et 73). Localement \(\mathcal{M} \simeq V^{\vee} \otimes V\), et \[ (47) \qquad \det(V^{\vee} \otimes V) \simeq (\det V^{\vee})^{\otimes 2} \otimes (\det V)^{\otimes 2} \simeq \mathcal{O}_S \] 62 ; cet isomorphisme est stable par \(\mathrm{GL}(V)\), donc par \(\mathrm{PGL}(V)\), et descend : d'où une base de \(\det\mathcal{M}\), donc, par (35'), une base \(\omega\) de \(\det\widetilde{\mathfrak{g}}\). Il y a dans ces identifications une convention de signe à faire — sur \(\mathbf{Z}\), un Module inversible trivial a exactement deux bases, opposées —, mais \(\omega^{\otimes 2}\) n'en dépend pas, et \[ (48)\text{--}(49) \qquad \delta'(q) = -\,\omega^{\otimes(-2)} , \qquad \delta(\varphi) = -2\,\omega^{\otimes(-2)} \] 63 : \((\widetilde{\mathfrak{g}}, q, \omega)\) est un module spécial quadratique.

74–75

\((E, q, \omega) = (\widetilde{\mathfrak{g}}, q, \omega)\) ; les applications \(f\) et \(f'\) (pages 74 et 75)

On pose \[ (50) \qquad (E, q, \omega) = (\widetilde{\mathfrak{g}}, q, \omega) . \] C'est, en substance, l'isomorphisme \(i : E \simeq \widetilde{\mathfrak{g}}\) que la page 31 laissait à faire, pris ici comme définition. L'homomorphisme \(f : \widetilde{\mathfrak{g}} \to \mathfrak{g}\) de (38) n'est autre que l'application \(\widetilde{\mathfrak{g}} \to \widetilde{\mathfrak{g}}^{\vee}\) associée à \(\varphi\), compte tenu de \(\widetilde{\mathfrak{g}}^{\vee} \simeq \mathfrak{g}\) (42) : \(\langle u, f(v) \rangle = \mathrm{Tr}(uv) = \varphi(u, v)\). C'est le \(f\) de la première suite. Les crochets de \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) et de \(\mathfrak{g}\) se déduisent alors de \((\varphi, \omega)\) par les constructions des pages 2 à 9 ; c'est ici que la convention de signe compte, et l'on prend \[ (52) \qquad \omega = \widetilde{X} \wedge \widetilde{H} \wedge \widetilde{Y} , \] avec \(\widetilde{X} = E_{12}\), \(\widetilde{Y} = E_{21}\), \(\widetilde{H} = \mathrm{diag}(1, -1)\) — en marge : « Sans garantie — il faut vérifier… ». C'est le bon signe : c'est celui de (64), page 18, et avec lui le crochet (40 bis) construit à partir de \((\varphi, \omega)\) est exactement le commutateur de \(\mathfrak{sl}_2\), (70), tandis que le crochet (12) sur \(E' = \mathfrak{g}\) est le commutateur de \(\mathfrak{gl}_2/\mathcal{O}\)64 .

L'application cofacteur s'explicite : \[ (53)\text{--}(55) \qquad f' : \mathfrak{g} \longrightarrow \widetilde{\mathfrak{g}} , \qquad f'(\bar{u}) = (\mathrm{Tr}\,u)\cdot 1 - 2u , \qquad ff' = -2\,\mathrm{id}_{\mathfrak{g}} , \quad f'f = -2\,\mathrm{id}_{\widetilde{\mathfrak{g}}} , \] où \(\bar{u}\) est l'image dans \(\mathfrak{g}\) de \(u \in \mathcal{M}\) : comme \(\mathrm{Tr}\,1 = 2\), \(u \mapsto \mathrm{Tr}(u) - 2u\) est à valeurs dans \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) et nulle sur \(\mathcal{O}_S\cdot 1\) ; pour \(u \in \widetilde{\mathfrak{g}}\), \(f'f(u) = -2u\), et \(ff'(\bar{u}) = -2\bar{u}\). On retrouve \(\Delta = -2\) et le signe corrigé de (66) : \(f'(\bar{E}_{12}) = -2E_{12}\), \(f'(\bar{E}_{11}) = 1 - 2E_{11} = -\widetilde{H}\). La page dit \(f'\) « s'identifiant à \(\Lambda^2 f\) » ; avec le signe (52), c'est exact.

Enfin le plan et la conique : \[ (56) \qquad P = \check{\mathbb{P}}(\widetilde{\mathfrak{g}}) \simeq \mathbb{P}(\mathfrak{g}) , \qquad X = \mathrm{Var}(q) \subset P . \]

76–77

La conique et les sous-groupes de Borel (pages 76 et 77)

La description \(X = \mathrm{Var}(q)\) et la description \(X \simeq \underline{\mathrm{Bor}}(G) \simeq \underline{\mathrm{Bor}}(\widetilde{G})\) se raccordent ainsi.

Proposition (page 76). Les sous-groupes de Borel \(B\) de \(G\), \(B_1\) de \(\mathcal{M}^{\times}\) et \(\widetilde{B}\) de \(\widetilde{G}\) se correspondent bijectivement par image inverse. Un sous-groupe de Borel est connu par son algèbre de Lie : celle \(\mathfrak{L}\) de \(B\), sous-fibré de corang \(1\) de \(\mathfrak{g}\), ou celle \(\mathfrak{L}_1\) de \(B_1\), sous-fibré de corang \(1\) de \(\mathcal{M}\), image inverse de \(\mathfrak{L}\), qui est une sous-algèbre ; et, si \(2\) est inversible, celle \(\widetilde{\mathfrak{L}} = \mathfrak{L}_1 \cap \widetilde{\mathfrak{g}}\) de \(\widetilde{B}\), puisque \(f\) est alors un isomorphisme. Explicitement \[ (57) \qquad B_1 = \mathfrak{L}_1^{\times} = \mathbb{V}(\mathfrak{L}_1) \cap \mathcal{M}^{\times} , \qquad B = B_1/\mathbb{G}_m , \qquad \widetilde{B} = B_1 \cap \widetilde{G} . \] 65

Critère (page 77). Si \(2\) est inversible, un sous-fibré \(\mathfrak{L} \subset \widetilde{\mathfrak{g}}\) de corang \(1\) est l'algèbre de Lie d'un Borel si et seulement si son orthogonal \(\mathfrak{L}^{\perp}\) (pour \(\varphi\)), de rang \(1\), est isotrope pour \(q\) : localement, le Borel triangulaire supérieur a pour algèbre de Lie les \(\begin{pmatrix} a & b \\ 0 & -a \end{pmatrix}\), d'orthogonal \(\mathcal{O} E_{12}\), d'élément de carré nul. La droite isotrope \(\mathfrak{L}^{\perp}\) est le point de la conique qui correspond au Borel : c'est le raccord cherché. La page ajoute que cela caractérise \(q\) à un scalaire inversible près, et pose en marge la question : « suffit-il, pour \(\mathfrak{L}\), d'être une sous-algèbre ? », qu'elle laisse ouverte66 .

77–78

Caractéristique \(2\) : le Frobenius (pages 77 et 78)

Supposons \(2 = 0\) sur \(S\). Alors \(\mathrm{Tr}\,1 = 2 = 0\), donc \[ (58) \qquad \mathcal{O}_S\cdot 1 \subset \widetilde{\mathfrak{g}} , \] et c'est le noyau de \(\varphi\), c'est-à-dire de \(f\). Le morphisme \[ (59) \qquad X \longrightarrow \mathbb{P}(\widetilde{\mathfrak{g}}) , \] qui envoie un Borel sur son algèbre de Lie — c'est-à-dire une droite isotrope \(L \subset \widetilde{\mathfrak{g}}\) sur son orthogonal pour \(\varphi\) —, prend ses valeurs dans les hyperplans qui contiennent \(\mathcal{O}_S\cdot 1\), et se factorise donc par un morphisme de fibrés en droites projectives \[ (60) \qquad X \longrightarrow \mathbb{P}(\widetilde{\mathfrak{g}}/\mathcal{O}_S) . \] Ce n'est pas un monomorphisme : s'il l'était, ce serait un isomorphisme, et \(X\) serait banal dès qu'on est en caractéristique \(2\), alors qu'il existe des fibrés en droites projectives non banals en caractéristique \(2\). En fait il y a un isomorphisme canonique \[ (61) \qquad \mathbb{P}(\widetilde{\mathfrak{g}}/\mathcal{O}_S) \simeq X^{(2)} \] avec le « frobénisé » de \(X\), et (60) est le morphisme de Frobenius relatif \(X \to X^{(2)}\), épimorphisme radiciel, fini et localement libre de rang \(2^d = 2\), nullement un monomorphisme67 . La page, et le dossier, s'arrêtent là.

Notes

  1. La page écrit le couple \((x, \omega)\) et son image \(x \wedge \varphi\) : la lettre \(\omega\), réservée ensuite à la base de \(\det E\), est un lapsus, de même que \(\varphi\) pour un élément de \(\Lambda^2 E\). On écrit \(\psi\). La lecture « \(\omega' = \omega^{-1}\) » de (4') est douteuse sur la page ; c'est la base duale. ↩
  2. Les pages dessinent ces bijections comme un triangle passant par \(\mathrm{Hom}_{\mathcal{O}_S}(E, E')\). La formule (11) qui définit \(f\) porte à la page 3 un numéro douteux, et le numéro (11) sert de nouveau à la page 5. ↩
  3. Calcul refait pour cette lecture ; il donne exactement (16) et (17) de la page 4. La disposition des indices des mineurs dans (19) est incertaine sur la page. ↩
  4. La réciproque est fausse, et la page ne la prétend pas (« on trouve en particulier ») : une forme alternée vérifie aussi (18). Lorsque \(2\) est inversible et qu'on écrit \(\varphi = \sigma + \beta\), partie symétrique et partie alternée, \(\beta\) correspondant à un vecteur \(v\), le jacobien (17) vaut \(-2\,\sigma(v)\) (calcul de cette lecture) ; la condition de Jacobi est \(\sigma(v) = 0\). C'est, sur \(\mathbf{R}\), la classification de Bianchi (1898) des algèbres de Lie de dimension \(3\), dont les « unimodulaires » sont exactement celles de \(\varphi\) symétrique. ↩
  5. La page écrit \(c = 1\) dans (23 bis), alors que la matrice qu'elle donne à côté porte \(\varphi_{33} = 2\), ce qu'impose (22). On corrige. ↩
  6. Avec \(X = E_{12}\), \(Y = E_{21}\) et \(H\) la classe de \(E_{11}\) dans \(\mathfrak{gl}_2/\mathcal{O}\cdot 1\), on retrouve (26) : \([X, Y] = E_{11} - E_{22}\), qui est congru à \(2E_{11}\) modulo les scalaires. Ce n'est pas l'algèbre \(\mathfrak{sl}_2\) : en caractéristique \(2\), les deux diffèrent, et c'est tout l'objet des pages 21 et 26. ↩
  7. Un trait précède « det » dans (27) ; ce n'est pas un signe moins, comme le montre le calcul de (30). ↩
  8. La page indexe la somme par \(x_{2i}x_{2i+1}\), \(i = 1, \ldots, n\), ce qui décale les indices ; le sens est clair. ↩
  9. « Localement » doit s'entendre pour la topologie fppf : il faut extraire une racine carrée de l'unité \(-\delta'(q)\), ce qui n'est possible étale-localement que si \(2\) est inversible. C'est aussi pour la topologie fppf que \(\mu_2\) est un faisceau en groupes non trivial en caractéristique \(2\). La fin de la phrase sur la page est en partie illisible. ↩
  10. La page écrit \(\alpha \circ \Lambda^2 f \circ \alpha^{-1}\) ; (6) et (39) imposent \(\alpha'\) à gauche. ↩
  11. La fin de la phrase de la page 10 est illisible ; on en donne le contenu mathématique, qui est l'asymétrie annoncée. ↩
  12. Les numéros de la page 12 sont surchargés ((46) ou (47)) ; on garde (45) et (48). ↩
  13. La page 13 écrit \(\Delta = 2\) ; la matrice (23 bis) a pour déterminant \(-2\), valeur que la page 18 retrouve. ↩
  14. La page attribue \([\ ,\ ]_{\varphi}\) à \(E\) et \([\ ,\ ]_{\varphi'}\) à \(E'\), au rebours de (12) et (40 bis) ; on rétablit. ↩
  15. La page conclut « dès que \(\Delta \neq 1\), \(\Delta\) inversible, \(f'\) n'est pas un hom. d'algèbres » ; sur une base non connexe, il faut lire : \(f'\) est un homomorphisme si et seulement si \(\Delta = 1\). Une lecture de la page 14 donne \(\Delta' b\) au lieu de \(\Delta^2 b\). ↩
  16. Dans (55), (57) et (59 bis), l'indice du crochet de \(E'\) est écrit \(\varphi'\), ou d'un signe épais qui peut être un astérisque ; le crochet de \(E'\) est \([\ ,\ ]_{\varphi}\) (12), comme le confirme l'accolade de (59 bis), \(f\alpha'(\xi' \wedge x')\). ↩
  17. Hypothèse fournie par l'édition : la page 15 dit que (52) « pour toute base » implique (53). En caractéristique \(\neq 2\), la nullité de la trace découle de (52) pour \(\varphi\) non dégénérée ; en général elle découle du calcul. ↩
  18. La note marginale porte aussi le numéro (56 bis) ; elle est écrite en remontant le long du bord, et la place des accents dans « \(\rho_E(f(x')) = \tilde{\rho}_E(x')\) » est incertaine. Ce qu'on énonce est ce que (56 bis) de la page 16 entraîne. ↩
  19. La marge de la page 18 est en grande partie illisible ; l'indice de \(\rho\) y est écrit \(E'\). On donne la seule lecture qui ait un sens. ↩
  20. La page note qu'on aurait pu prendre l'autre signe « sans inconvénient » : \((q, -\omega)\) est encore une structure spéciale orthogonale, les deux crochets changeant alors de signe. ↩
  21. La page écrit \(f'(X) = 2\widetilde{X}\), \(f'(Y) = 2\widetilde{Y}\), \(f'(H) = \widetilde{H}\), soit \(f'f = +2\), en contradiction avec (42) et \(\Delta = -2\). Le calcul direct, \(f'(H) = \alpha'(f(e_1) \wedge f(e_2)) = \alpha'(e'_2 \wedge e'_1) = -e_3\), donne le signe moins, et la page 75 du dossier le retrouve : \(ff' = -2\) (54). Les formules (67) à (69) qui en découlent changent de signe avec elle. ↩
  22. La page écrit \(2\,\mathrm{id}_E\), suite du signe de (66). ↩
  23. La page écrit « groupe dérivé » ; il s'agit de l'algèbre dérivée \([E, E]\). Le groupe dérivé de \(\mathrm{SL}_2\) est \(\mathrm{SL}_2\) tout entier. ↩
  24. Un premier essai, définissant des formes quadratiques \(\mathrm{Tr}\,\rho(x)^2\), est barré en tête de la page 22. ↩
  25. La page écrit \(\mathrm{Cas}_{E'} = 2\varphi'\), en cohérence avec son signe de (66) ; avec le signe correct, c'est \(-2\varphi'\). Les deux identités ont été vérifiées pour une forme symétrique générale (calcul de cette lecture). La seconde est juste sur la page. ↩
  26. Les quatre premières lignes de la page 24, qui font la réduction au cas (21), se lisent mal ; seules les formules sont sûres. ↩
  27. La page écrit d'abord « \(\Delta(f) = \Delta(g)\) i.e. \(\Delta(f)^2 = \Delta(g)^2\) » ; c'est l'égalité des déterminants de \(f'\) et \(g'\), \(\det f' = \Delta^2\) par (45), qui donne celle des carrés. L'hypothèse \(\Delta\) inversible, implicite, est celle sous laquelle la page vient de poser \(f\) isomorphisme. ↩
  28. La page énonce : \(\omega_1 = \lambda\omega\), \(\varphi_1 = \mu\varphi\) avec \(\lambda\mu^2 = 1\), « \(\mu\) une racine carrée de \(\lambda^{-1}\) ». C'est la même chose, à condition de lire que \(\lambda\) doit être l'inverse d'un carré : si \(\omega_1 = \lambda\omega\) avec \(\lambda\) non carré, aucun \(\varphi_1\) ne donne le même crochet. ↩
  29. Sur la page, au-dessus de \(V'\), un \(\check{V}'\) est écrit en interligne, qui peut le corriger ; la lecture « Module vectoriel » est celle de la page 36. ↩
  30. La fin du premier paragraphe de la page 27 se lit mal, et ce qu'elle compare à une forme de \(\mathrm{GP}(1)\) reste incertain. La conséquence qu'on en tire est de l'édition : comme \(\mathrm{GP}(1)\) est de dimension \(3\), le foncteur « algèbre de Lie » ne peut être une équivalence au-dessus d'une base de caractéristique \(2\) ; c'est la restriction \((*)\) des pages 57 à 59. ↩
  31. Noms modernes, donnés par l'édition. Les pages écrivent « revêtement simplement connexe » entre guillemets et ne nomment ni l'algèbre de Clifford ni Spin ; la section VI (pages 68 et suivantes) construit \(\widetilde{G}\) directement à partir d'une algèbre de quaternions. Pour \(\mathrm{SO}(q)\) en rang impair sur une base quelconque, \(\underline{\mathrm{Aut}}(E, q, \omega)\) est la bonne définition : \(\mathrm{O}(q) = \mathrm{SO}(q) \times \mu_2\). ↩
  32. Le signe devant \(h\widetilde{Y}\) est surchargé sur la page 31 ; (72) donne \(-\). ↩
  33. Ces deux interprétations sont de l'édition ; la page ne donne que les polynômes, la figure et les trois formules. Le dossier 85 (pages 5 à 7, puis 23 à 31) travaille avec l'invariant \(2\cos\theta = \xi + \xi^{-1}\) d'une rotation et des polynômes « ½cyclotomiques » \(\Psi_n\) ; si \(\Psi_n\) est, comme ce nom et les cas cités (\(\alpha = -1, 0, 1\) et \(\alpha^2 + \alpha - 1 = 0\) pour les ordres \(3, 4, 6, 5\)) le suggèrent, le polynôme minimal de \(2\cos(2\pi/n)\), alors le \(F_n\) d'ici est \(\Psi_n(T - 1)\). Le même dossier 85 nomme aussi \(F_n\) d'autres polynômes ; l'homonymie est fortuite. ↩
  34. La page écrit \(\mathbb{P}(\mathfrak{g}) \simeq \check{\mathbb{P}}(\widetilde{\mathfrak{g}})\), avec peut-être un tilde sur le premier \(\mathbb{P}\) ; la page 52, (21), a les tildes dans l'ordre qu'on suit ici, conforme à la convention des pages. ↩
  35. Les quatre lignes, la note de droite et la marge sont en grande partie illisibles ; on ne garde que ce qui se lit. Sur « son propre centralisateur », voir les pages 40 et 55 : en caractéristique \(2\) c'est faux pour le centralisateur de l'algèbre de Lie. ↩
  36. Le début de la phrase de la page 36 sur \(Q_{\tau,\delta}\) est illisible ; on donne le sens attendu. La dernière précision est de l'édition. ↩
  37. La page écrit « \(\mathfrak{g} = \underline{\mathrm{GP}}(V) = G\) », là où l'on attend \(\mathrm{Lie}\). Elle nomme \(H\) le sous-groupe ; voir les conventions. ↩
  38. La page écrit « \(\alpha\lambda(\alpha, \beta) \equiv 1\) » ; c'est \(\lambda\alpha = \alpha\) que donne la comparaison, et la conclusion \(\lambda = 1\) est celle de la page. ↩
  39. Ce paragraphe de la page 40 est barré sur la page, mais l'exemple est juste et la page le reprend aussitôt sous forme positive (« la translation par \(\zeta + \zeta'\) le transforme en \((\zeta', \zeta)\), qui lui est conjugué ») avant de finir sur un point d'interrogation. La parenthèse finale est de l'édition. ↩
  40. Rattachement proposé par la transcription (note de la page 38), non marqué par l'auteur. ↩
  41. L'hypothèse « \(p\) inversible » dans b) est de l'édition. Sur une fibre de caractéristique \(p\), \(\mu\) est engendré par un unipotent \(u = 1 + v\), le centralisateur est \(\mathbb{G}_a\), et le normalisateur contient \(\mathrm{diag}(a, 1)\) pour tout \(a \in \mathbf{F}_p^{\times}\), qui envoie \(u\) sur \(u^a\) : \(N/\mathcal{T} \simeq \mathbf{F}_p^{\times}\) tout entier, égal à \(\{\pm 1\}\) seulement pour \(p = 3\). La page traite bien le cas \(p = \mathrm{car}\,k\) à la page 41, mais seulement pour le commutant. Quant à la connexité des fibres de \(\mathcal{T}\), que la page restreint de façon peu lisible aux caractéristiques résiduelles \(\neq p\), elle vaut partout : tore maximal en caractéristique \(\neq p\), \(\mathbb{G}_a\) en caractéristique \(p\). Un c), sur une section de \(N/\mathcal{T}\) d'image \(-1\) dans \((\mathbf{Z}/p\mathbf{Z})^{\times}\), est barré. ↩
  42. La lissité est dite « connue pour tout sous-groupe de type multiplicatif dans un groupe lisse » lorsque \(p\) est premier à la caractéristique ; la page ne va pas plus loin, et le cas de caractéristique résiduelle \(p\) sur une base n'est pas traité. ↩
  43. Lecture incertaine ; le reste de la page 44 est blanc, la page 45 aussi. ↩
  44. La page lit « rg 2 » pour le module spécial quadratique, qui est de rang \(3\) ; le modèle de \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) dans la liste est illisible, et l'on attend \(\mathfrak{sl}(2)\) (page 59). ↩
  45. Références de l'édition, citées de mémoire : M.-A. Knus, Quadratic and Hermitian Forms over Rings (1991), pour l'algèbre de Clifford paire sur une base ; et, pour les ordres de quaternions et les formes ternaires sur un anneau, des travaux postérieurs (Gross–Lucianovic, 2009 ; J. Voight, Quaternion Algebras, 2021). Rien sur les pages ne cite de littérature. Le dossier 77 (page 89) part du même dictionnaire : un module spécial quadratique de rang \(3\) y est identifié aux éléments de trace réduite nulle d'une algèbre de quaternions tordue, avec \(q = -\det\). ↩
  46. Le dossier 89 (pages 15 à 18) reconstitue un module libre de rang \(2\) à partir de ses droites et de son déterminant ; c'est la même géométrie de la droite projective, vue de l'autre côté. ↩
  47. La page note \(\Delta\) cette forme et \(Q\) la quadrique ; on renomme pour ne pas confondre avec le \(\Delta\) de la première suite. ↩
  48. Le premier \(\mathfrak{g}\) de (8) porte une barre sur la page ; c'est \(\widetilde{\mathfrak{g}}\) dans les deux lignes. ↩
  49. Réciproque, de l'édition : si \(\mathcal{A} = \mathcal{O}_S[u]\) et \(\rho(u) = c\), le noyau est engendré par \(u - c\), et \(\det(u - c) = c^2 - c\,\mathrm{Tr}\,u + \det u = 0\) par Cayley–Hamilton. ↩
  50. L'encre donne « \(\Gamma(u) = 0\) » ; c'est la forme de (5). ↩
  51. Vrai en toute caractéristique : le plongement de \(X \simeq \mathbb{P}^1\) dans \(P\) est le plongement par \(\mathcal{O}(2)\), et les diviseurs de degré \(2\) sont les sections de \(\mathcal{O}(2)\) à scalaire près. ↩
  52. Le mot est de la page. Une explication possible, qui est de l'édition : \(\mathcal{A}^{\times}/\mathbb{G}_m\) est la jacobienne généralisée de Rosenlicht de la droite projective \(X\) pour le module \(Y\) de degré \(2\) — \(\mathbb{G}_m\) si \(Y\) est formé de deux points, \(\mathbb{G}_a\) si \(Y\) est un point double (J.-P. Serre, Groupes algébriques et corps de classes, 1959). ↩
  53. La page identifie ici « le sous-groupe jacobien que \(\mathfrak{h}\) définit » au centralisateur de \(\mathfrak{h}\). Une note marginale oblique, « cor. p. 52 » (lecture incertaine), signale peut-être une correction à faire. ↩
  54. Deux lignes, \(C''_1 = \mathrm{Fo}(\mathrm{GL}(2))\) et \(C''_2 = \mathrm{Fo}(\mathfrak{gl}(2))\) (avec \((**)\)), sont barrées ; elles expliquent que la page 59 parle de « 11 catégories » alors qu'il en reste neuf, et que la page 58 parle de « 3 » catégories marquées \((*)\) et de « 6 autres » (lecture incertaine), là où il en reste deux et sept. La liste est disposée en deux colonnes avec des accolades ; on la donne dans l'ordre de la page. ↩
  55. En termes d'aujourd'hui : chacune de ces gerbes est neutre, de lien \(\mathrm{PGL}_2\), et les objets à isomorphisme près sur \(S\) sont classés par \(H^1(S, \mathrm{PGL}_2)\) — c'est le langage de la cohomologie non abélienne de J. Giraud (1971). ↩
  56. Tous ces énoncés sont connus aujourd'hui sur \(\mathbf{Z}\) : \(\underline{\mathrm{Aut}}(\mathbb{P}^1) = \mathrm{PGL}_2\), \(\underline{\mathrm{Aut}}(\mathrm{M}_2) = \mathrm{PGL}_2\) (Skolem–Noether), \(\mathrm{SO}(xy + z^2) \simeq \mathrm{PGL}_2\), \(\underline{\mathrm{Aut}}(\mathrm{SL}_2) = \underline{\mathrm{Aut}}(\mathrm{PGL}_2) = \mathrm{PGL}_2\) (pas d'automorphisme extérieur pour le type \(A_1\)), et \(\underline{\mathrm{Aut}}(\mathbb{P}^2, C_0) \simeq \underline{\mathrm{Aut}}(C_0)\), la conique étant plongée par un système linéaire intrinsèque. ↩
  57. La page 64 nomme d'abord ce point « la section nulle \(s_0\) », puis « la section \(\infty\), correspondant à la droite \(\mathcal{O}_S e_1\) », et lui donne pour stabilisateur (11) les matrices triangulaires inférieures, transposées de (10). Les deux lectures se concilient selon que \(\mathbb{P}(\mathcal{O}^2)\) paramètre des droites (action naturelle : le stabilisateur de \(\mathcal{O} e_1\) est triangulaire supérieur) ou des quotients de rang \(1\), comme dans la convention des pages (action contragrédiente : il est triangulaire inférieur). Les deux sous-groupes sont conjugués, et (13) vaut avec l'un ou l'autre. ↩
  58. Dans (15), le premier \(\mathfrak{X}\) porte un indice \(0\) de trop. ↩
  59. La page surmonte les flèches de (23) et (24) du signe \(\sim\) sans restriction ; ce sont les cas \((*)\), et l'on rétablit la restriction de la page 58. ↩
  60. Le titre de VI n'est pas écrit. ↩
  61. La page dit, sous une lecture incertaine, « égal au signe près ». Le numéro (42) sert deux fois à la page 71, et (43) de nouveau à la page 72 ; on garde les numéros de la page. ↩
  62. La page écrit \(\det V^{\vee} \otimes \det V\), sans les carrés ; le déterminant d'un produit tensoriel de deux modules de rang \(2\) porte l'exposant \(2\). La conclusion, une trivialisation canonique, ne change pas. ↩
  63. La page écrit \(\omega^{\otimes 2}\) ; \(\delta'(q)\) vit dans \((\det\widetilde{\mathfrak{g}})^{\otimes(-2)}\), et l'on suit (33) et (82). ↩
  64. Vérification de l'édition, à partir des calculs des pages 18 à 20 : avec \(X\), \(Y\), \(H\) les classes de \(E_{12}\), \(E_{21}\), \(E_{11}\) dans \(\mathfrak{g}\), l'accouplement \(\mathrm{Tr}(uv)\) fait des bases \((\widetilde{Y}, \widetilde{X}, \widetilde{H})\) et \((X, Y, H)\) des bases duales, comme \((e_1, e_2, e_3)\) et \((e'_1, e'_2, e'_3)\) à la page 18. La page 74 écrit aussi \(\omega = -\widetilde{X} \wedge \widetilde{Y} \wedge \widetilde{H}\) en indiquant sous les lettres \(e_1, e_2, e_3\), base de \(E_0\) par (6) : dans les coordonnées (6), qui envoient \(e_1\) sur \(E_{12}\), (52) est donc \(\omega = -e_1 \wedge e_2 \wedge e_3\), l'opposé de la base choisie pour le représentant typique de la page 60 ; pour que (6) respecte aussi \(\omega\), il faut la composer avec \(z \mapsto -z\), qui préserve \(q_0\). L'étiquetage (62) de la page 18, où \(\widetilde{X} = e_2\), donne au contraire \(\omega = e_1 \wedge e_2 \wedge e_3\) : les étiquetages diffèrent, la base \(\omega\) de (52) et de (64) est la même. Le dossier 77 (page 89) fixe au contraire \(\omega\) par \(\varphi([u, v], w)\,\omega = 2\,u \wedge v \wedge w\), ce qui donne la base opposée : avec les conventions d'ici, \(\varphi([u, v], w)\,\omega = -2\,u \wedge v \wedge w\), puisque \(\varphi([x, y], z)\) vaut \(\Delta = -2\) fois le rapport de \(x \wedge y \wedge z\) à \(\omega\). C'est exactement l'ambiguïté de signe de la page 73. ↩
  65. La page écrit \(\widetilde{B} = \check{\mathbb{V}}(\widetilde{\mathfrak{L}}) \cap \mathcal{M}^{\times}\) et \(B = \widetilde{B}/\mathbb{G}_m\) : le groupe qu'elle a en vue est \(B_1\), le groupe des unités de la sous-algèbre \(\mathfrak{L}_1\) de rang \(3\) (localement, les matrices triangulaires supérieures). Les inversibles du module \(\widetilde{\mathfrak{L}}\), de rang \(2\), ne forment pas un groupe. La lettre lue \(\widetilde{B}\) porte peut-être une barre sur la page. ↩
  66. La fin de la parenthèse de la page 77, chargée d'insertions, se lit mal ; une seconde note marginale parle d'éléments de « carré nul » de \(\mathcal{M}\). L'hypothèse « \(2\) inversible » est de l'édition : c'est celle sous laquelle \(\varphi\) est parfaite sur \(\widetilde{\mathfrak{g}}\), et la page passe aussitôt au cas de caractéristique \(2\). ↩
  67. Vérification de l'édition dans le cas standard : la conique \(xy = z^2\) (caractéristique \(2\)) est paramétrée par \((s : t) \mapsto (s^2, t^2, st)\) ; l'orthogonal de la droite isotrope \(\mathcal{O}(s^2\widetilde{X} + t^2\widetilde{Y} + st\,\widetilde{H})\) est l'hyperplan \(t^2 x + s^2 y = 0\), qui contient \(\widetilde{H} = 1\) et ne dépend que de \((s^2 : t^2)\). ↩