Cote n° 81 · pages 1–54 · Lecture modernisée · Immersions du disque et de la circonférence : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [à partir de 1981]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre

Résumé

Ces feuillets découpent. Un disque de papier qu'on entaille le long de cordes, une sphère sur laquelle on a tracé un réseau de lignes, des points rangés en cercle qu'on répartit en paquets : chaque fois la question est de savoir comment les morceaux s'agencent, et ce qui, dans cet agencement, ne dépend que de la combinatoire. Le titre que l'inventaire donne au dossier, « Immersions du disque et de la circonférence », ne se lit sur aucun feuillet et ne décrit aucun d'eux ; trois chemises de sa main portent d'autres titres, qu'on suit ici.

Le dossier s'ouvre sur une remarque de quelques lignes, qui porte sur des objets aujourd'hui bien connus sous un autre nom. Tracez sur une sphère un graphe dont les arêtes ne se croisent pas : c'est une carte. On peut alors faire de la sphère une surface de Riemann et construire une fraction rationnelle qui envoie les sommets sur \(0\), les milieux d'arêtes — et rien d'autre — sur \(1\), les faces sur l'infini, et n'a pas d'autre valeur critique que ces trois-là ; une fois trois points marqués, elle est unique. Réciproquement, une fraction qui n'a pas d'autre valeur critique, et qui en chaque point envoyé sur \(1\) se comporte comme \(z \mapsto z^2\) en \(0\), redessine une carte. Grothendieck affirme que les coefficients de ces fractions sont des nombres algébriques, et donc que le groupe de Galois des nombres algébriques agit sur les cartes, objets pourtant purement topologiques. La page s'arrête au milieu d'une phrase. Ces cartes sont les objets que l'Esquisse d'un programme (1984) appelle dessins d'enfants, et ces fractions ce qu'on appelle des fonctions de Belyi ; les feuillets ne citent ni l'une ni l'autre.

La partie la plus longue pose une question plus élémentaire. On coupe un espace d'un seul tenant — pensez à un disque — par des coupures qui ne se rencontrent pas, chacune le séparant en deux. Combien de morceaux, et comment se touchent-ils ? Avec \(n\) coupures on obtient \(n+1\) morceaux, et si l'on dessine un point par morceau et un trait par coupure, joignant les deux morceaux qu'elle sépare, on obtient un arbre : un réseau sans boucle, comme le plan d'une maison où chaque porte est le seul passage d'une aile à l'autre. Grothendieck écrit cette théorie trois fois. La rédaction qu'il intitule « Version I » travaille avec les coupures elles-mêmes. Les deux autres — quelques pages sans titre, et la « Version II » — remplacent chaque coupure par ce qu'elle produit, deux « hémisphères » fermés qui recouvrent l'espace et se rencontrent le long d'un « équateur », et appellent non parallèles deux tels découpages dont on peut choisir un hémisphère de chacun sans point commun — deux cordes d'un disque qui ne se croisent pas. La Version II code tout cela par un ensemble fini ordonné muni d'une symétrie (retourner une coupure), et en cherche les axiomes. La proposition sur laquelle elle s'achève est fausse telle qu'énoncée : trois cordes entourant un triangle la mettent en défaut, et la démonstration s'interrompt.

La troisième partie pose la même question sur les seuls points d'un cercle. On range \(N\) points sur un cercle et on les répartit en paquets de sorte que deux paquets ne « se croisent » jamais, c'est-à-dire que les polygones qu'ils dessinent soient disjoints — comme des convives autour d'une table ronde qui se serreraient la main par groupes sans qu'aucun bras n'en croise un autre. Ce sont les partitions non croisées, qu'on étudie aujourd'hui sous ce nom. Grothendieck montre qu'il y a toujours au moins deux paquets faits de points consécutifs, sauf s'il n'y a qu'un paquet, et commence à les retirer un à un, comme on effeuille un arbre par ses feuilles. Il décrit aussi ces partitions par des familles d'arcs emboîtés, et remarque, sur trois cordes parallèles, que la famille ne se retrouve pas à partir de la partition. Une dernière page revient aux cartes : recoller deux cartes le long d'une arête, et compter ce que deviennent les faces et le genre.

Ces pages montrent une manière de faire. Les définitions y portent leurs corrections : « si elles sont distinctes » est ajouté en interligne, et la démonstration en a besoin ; « strict. » se place devant « non parallèles » dans la marge d'une page, et la notion n'est définie que dix pages plus loin. Ce qui n'est pas encore compris est étiqueté comme tel — « Structure à étudier », « Intuition », « il faut vérifier que c'est transitif » — plutôt que glissé sous une formule. Et plutôt qu'une rédaction raccommodée, on trouve des rédactions numérotées, « Version I », « Version II », dont chacune part des définitions.

Les noms sous lesquels chercher la suite : dessins d'enfants et théorème de Belyi ; arbre dual d'un système de coupures, scissions compatibles et théorème de Buneman, « pocsets » et arbres de Dunwoody ; partitions non croisées de Kreweras, familles laminaires, laminations du disque.

Keywords — dessin d'enfant, Belyi map, Riemann existence theorem, Galois action on dessins, chord diagram, dual tree, nested cuts, compatible splits, Buneman's splits-equivalence theorem, pocset, Dunwoody's tree construction, non-crossing partition, laminar family, convex position, gluing of maps, genus of a map

1–54

Le fil du dossier, et les conventions

Les stations

Le dossier n'est pas daté de sa main ; l'inventaire le date « à partir de 1981 » et le range dans le groupe « Géométrie et topologie combinatoire », avec les dossiers 69 à 891 .

  1. Pages 1 à 5, « Cartes sphériques en général » : les cartes sur la sphère munies d'un repère, demi-arêtes libres admises, correspondent aux fractions rationnelles normalisées en \(0\), \(1\), \(\infty\), non ramifiées hors de ces trois valeurs et ramifiées au plus à l'ordre \(2\) au-dessus de \(1\) ; les cartes sans demi-arête libre, à celles dont la ramification au-dessus de \(1\) est partout exactement \(2\) (page 2) ; leurs coefficients sont algébriques et \(\mathrm{Aut}(\mathbb{C})\) agit à travers \(\mathrm{Gal}(\overline{\mathbb{Q}}/\mathbb{Q})\) (page 4). Les pages 3 et 5 sont des brouillons barrés.
  2. Pages 9 à 11, des dessins sans texte : disques coupés de cordes, chacun avec un petit graphe ; la page 10 porte en outre quelques formules sur les ensembles de parties.
  3. Pages 13 à 24, « Décompositions \(n\)-aires (et découpages) d'espaces topologiques », Version I : un espace connexe coupé par des fermés disjoints \(E_i\), chacun de complémentaire à deux composantes ; deux coupures font cinq pièces, \(n\) coupures font \(n+1\) morceaux, chacun s'écrit de façon unique comme le complémentaire d'hémisphères fermés disjoints, et morceaux et coupures forment un arbre.
  4. Pages 25 à 29, un autre départ : les « dispositions binaires » d'un ensemble, la non-parallélité, puis la construction inverse de la précédente, qui d'un arbre tire une famille de décompositions deux à deux non parallèles.
  5. Pages 31 à 39, « Décompositions \(n\)-aires d'un espace topologique », Version II, paragraphes 1.1 à 1.3 et formules (1) à (27) : décompositions binaires fermées, paires non parallèles et le diagramme (14), paires strictement non parallèles, l'ensemble ordonné \(C\) à involution d'une famille, le « quartette ordonné » et une proposition dont la démonstration s'interrompt.
  6. Pages 40 à 52, « Relations d'équivalence non parallèles » : polygones combinatoires et leurs segments, parties non parallèles, partitions non parallèles — les partitions non croisées —, familles emboîtées de segments et leurs cœurs, « anglets », et les mêmes notions pour un « quasi-segment ».
  7. Pages 53 et 54, « Attachement de deux arêtes » : recoller deux cartes le long d'une arête, et le bilan des faces et du genre.

Trois rédactions, gardées distinctes

La théorie des découpages est écrite trois fois, et les trois ne disent pas la même chose. La Version I (pages 14 à 24) part des coupures \(E_i\) et des composantes ouvertes \(\Sigma_i^{\pm}\) de \(X \smallsetminus E_i\) ; elle ferme ces composantes en \(\widehat{\Sigma}_i^{\pm} = \Sigma_i^{\pm} \cup E_i\). La disposition binaire des pages 25 à 29 est une paire de parties d'un ensemble dont aucune ne contient l'autre. La Version II (pages 31 à 39) part de deux hémisphères fermés \(\Sigma^{\varepsilon}\) de réunion \(X\), admet que l'un contienne l'autre, et n'appelle « propre » la décomposition que si ce n'est pas le cas. Les lettres ne veulent donc pas dire la même chose d'une rédaction à l'autre : \[ \widehat{\Sigma} \ (\text{Version I}) = \Sigma \ (\text{Version II}), \qquad \Sigma \ (\text{Version I}) = \Sigma^{0} \ (\text{Version II}). \] On garde, dans chaque section, les lettres de la rédaction qu'elle lit.

Conventions

Restent des collisions de lettres, qu'on ne corrige pas parce que les sections ne se mêlent pas : \(S\) est l'ensemble des morceaux (page 23), celui des sommets d'un arbre (page 27) et le polygone (page 41) ; \(I\) indexe les coupures (pages 14 à 24) et désigne le quasi-segment (page 51) ; \(A\) indexe une famille (page 37), est l'ensemble des arêtes d'un arbre (page 27) et une partie du polygone (pages 42 et suivantes).

Ce que seule une lecture d'ensemble peut dire

Quatre liens, qu'aucun feuillet n'écrit, et qui sont de nous. La Version I va des coupures à l'arbre (pages 16 à 24) ; les pages 27 à 29 vont de l'arbre aux décompositions : ce sont les deux sens d'une même correspondance, que la Version II cherche à axiomatiser. Le contre-exemple à la proposition de la page 39 est la configuration de trois cordes autour d'un triangle, dont le graphe dessiné page 11 est un tripode. Les trois cordes parallèles de la page 47, qui montrent qu'une famille de segments ne se retrouve pas à partir de sa partition, rappellent la rangée de quatre cordes parallèles marquée « ? » page 9. Et la bi-circulation de la page 41 est exactement la troisième description d'un polygone combinatoire du dossier 89 (pages 19 et 20) : une paire de permutations circulaires inverses l'une de l'autre.

Ce que le dossier annonce sans l'établir

La fin de la page 4 (« le diviseur de \(f\) est »). La question, s'il y en a une, des dessins des pages 9 à 11. L'égalité annoncée page 16, le lemme de la page 22 et le lemme de l'arbre de la page 23, dont la démonstration commence page 24 et s'arrête ; on les démontre ici. La « description complète » de la page 28 et le cas des ensembles vides, « à examiner de plus près » page 29. La transitivité demandée en marge de la page 38 ; la réciproque qu'annonce l'« Inversement » de la même page. La proposition de la page 39, fausse telle qu'énoncée. Le « plus petit » couple de la page 43. L'« Intuition » de la page 44. La reconstruction d'une famille de segments à partir de sa partition (page 47), que le NB de la même page réfute. La tour de la page 50. Le NB et l'étude de \(\Sigma_{\max}\) de la page 52. La dérivation des bilans de la page 53.

1–5

I. Cartes sphériques en général (pages 1 à 5)

2–2

Le dictionnaire (page 2)

Une carte sphérique orientée est un graphe fini tracé sans croisement sur une sphère orientée, dont le complémentaire est une réunion de disques ouverts, les faces ; on la considère à isotopie près. Une carte à demi-arêtes libres admet en outre des demi-arêtes libres, arcs attachés à un sommet par un bout et libres de l'autre, son complémentaire étant toujours une réunion de disques ouverts ; les cartes sont celles qui n'en ont pas. Un repère y fixe trois points2 . La page énonce trois descriptions équivalentes de ces objets.

Premier dictionnaire. Il appelle spéciales les fractions rationnelles \(f \colon \mathbb{P}^1_{\mathbb{C}} \to \mathbb{P}^1_{\mathbb{C}}\) telles que \[ f(0) = 0, \qquad f(1) = 1, \qquad f(\infty) = \infty, \] \(f\) est étale au-dessus de \(\mathbb{P}^1 \smallsetminus \{0, 1, \infty\}\), et tout point critique \(z \in \mathbb{C}\) de \(f\) avec \(f(z) \notin \{0,\infty\}\) vérifie \(f(z) = 1\) et \(f''(z) \neq 0\) : au-dessus de \(1\), l'indice de ramification est au plus \(2\)3 . Alors :

Les sommets sont les points au-dessus de \(0\), avec pour degré l'indice de ramification ; les faces, les points au-dessus de \(\infty\) ; les arêtes, les points au-dessus de \(1\) d'indice \(2\), et les demi-arêtes libres, ceux d'indice \(1\) — l'arête ou la demi-arête étant l'adhérence de la composante de \(f^{-1}(]0,1])\) qui passe par ce point4 .

C'est une forme du théorème d'existence de Riemann. Une carte fait de la sphère privée des sommets, des milieux d'arêtes, des extrémités libres des demi-arêtes et des centres de faces un revêtement fini de la sphère privée de trois points ; ce revêtement porte une unique structure complexe qui rende la projection holomorphe, elle se prolonge aux points ôtés, et la surface obtenue, de genre \(0\), est isomorphe à \(\mathbb{P}^1\), l'isomorphisme étant fixé par les trois points du repère5 . On reconnaît ce qu'on appelle aujourd'hui une fonction de Belyi sur \(\mathbb{P}^1\), et la carte est son dessin d'enfant6 .

Deuxième dictionnaire. Écrivons \(f = P/Q\) avec \(P, Q \in \mathbb{C}[z]\) premiers entre eux. Les conditions aux trois points s'écrivent \[ P(0) = 0, \qquad P(1) = Q(1), \qquad \deg Q < \deg P, \] d'où \(Q(0) \neq 0\) et \(P(1) = Q(1) \neq 0\) par primalité ; on normalise par \(P(1) = Q(1) = 1\). En un point \(z\) où \(P(z) Q(z) \neq 0\), on a \(f'/f = P'/P - Q'/Q\), et la condition sur les points critiques devient : \[ \frac{P'(z)}{P(z)} = \frac{Q'(z)}{Q(z)} \ \Longrightarrow\ P(z) = Q(z) \ \text{ et } \ P''(z) \neq Q''(z). \] La seconde conclusion vient de ce qu'en un tel point \(f''(z) = \bigl(P''(z) - Q''(z)\bigr)/Q(z)\), puisque \(P(z) = Q(z)\) et \(P'(z) = Q'(z)\)7 .

2–2

Une question, et sa réponse (page 2)

La page note l'identité \[ Q P' - P Q' = (Q - P)\,P' + P\,(P' - Q'). \] En un point critique \(z\) de \(f\) (où \(QP' - PQ' = 0\)) avec \(P(z) \neq 0\), elle montre que \(P(z) = Q(z)\) entraîne \(P'(z) = Q'(z)\), et que réciproquement \(P'(z) = Q'(z)\) entraîne \(P(z) = Q(z)\) pourvu que \(P'(z) \neq 0\). D'où la question de la page : peut-on avoir \(P'(z) = Q'(z) = 0\) sans \(P(z) = Q(z)\) ?

La réponse est oui, et l'exemple que la page commence la donne8 . Prenons \(Q = 1\) : les conditions se réduisent à \(P(0) = 0\), \(P(1) = 1\), et la question devient de savoir si \(P'(z) = 0\) entraîne \(P(z) \in \{0, 1\}\). Pour \(P(T) = aT^2 + bT\) avec \(a + b = 1\) et \(a \neq 0\), le seul point critique est \(z = -b/2a\), et \[ P\Bigl(-\frac{b}{2a}\Bigr) = -\frac{b^2}{4a}. \] Cette valeur vaut \(0\) si et seulement si \(b = 0\), et \(1\) si et seulement si \(b^2 = -4a = 4b - 4\), c'est-à-dire \(b = 2\). Dans cette famille, les seules fonctions spéciales sont donc \(T^2\) — un sommet de degré \(2\) et deux demi-arêtes libres — et \(2T - T^2 = 1 - (1-T)^2\) — deux sommets, en \(0\) et en \(2\), joints par une arête dont le milieu est \(1\) ; pour toute autre valeur de \(b\), \(P'\) s'annule en un point où \(P\) ne vaut ni \(0\) ni \(1\).

4–4

L'action de \(\mathrm{Aut}(\mathbb{C})\) (page 4)

Si \(\sigma\) est un automorphisme du corps \(\mathbb{C}\) et \(f\) une fonction spéciale, la fonction \(f^{\sigma}\) obtenue en appliquant \(\sigma\) aux coefficients est encore spéciale : toutes les conditions sont algébriques. Donc \(\mathrm{Aut}(\mathbb{C})\) agit sur l'ensemble des fonctions spéciales, et, dit la page, il agit à travers \(\mathrm{Gal}(\overline{\mathbb{Q}}/\mathbb{Q})\) parce que les coefficients de \(P\) et \(Q\) sont algébriques ; il revient au même de dire que les zéros de \(P\) et de \(Q\) le sont.

La page affirme l'algébricité sans la justifier9 . Voici pourquoi elle est vraie. Pour un degré \(d\) donné, il n'y a qu'un nombre fini de fonctions spéciales : un revêtement de degré \(d\) de \(\mathbb{P}^1 \smallsetminus \{0,1,\infty\}\) est donné par une action transitive du groupe libre à deux générateurs sur un ensemble à \(d\) éléments, il y en a un nombre fini à isomorphisme près, et chacun n'admet qu'un nombre fini de repères. Normalisés par \(P(1) = Q(1) = 1\), les coefficients sont déterminés par \(f\) ; chacun n'a donc qu'un nombre fini de conjugués sous \(\mathrm{Aut}(\mathbb{C})\), et un nombre complexe qui n'a qu'un nombre fini de conjugués est algébrique, puisque \(\mathrm{Aut}(\mathbb{C})\) agit transitivement sur les nombres transcendants. L'action se factorise alors par la restriction \(\mathrm{Aut}(\mathbb{C}) \to \mathrm{Gal}(\overline{\mathbb{Q}}/\mathbb{Q})\).

On a ainsi un groupe de Galois qui agit sur des objets purement combinatoires — des graphes tracés sur une sphère. C'est l'observation que l'Esquisse d'un programme place au centre, pour les cartes de tout genre, et dont elle tire, à l'aide du théorème de Belyi, que l'action sur l'ensemble de tous les dessins est fidèle10 .

3–5

Les versos (pages 3 et 5)

Les pages 3 et 5, barrées, sont des brouillons. La page 3 calcule dans une algèbre engendrée par des éléments \(e_i\), \(f_i\) et \(\eta\), munie d'une dérivation \(\delta\), et conclut, sous ses hypothèses, que \(\delta \eta = \pm e_{d-2}\) ; rien ne la rattache aux cartes11 . La page 5 porte, sur une couche, la suite de ce calcul, et, tête-bêche, la dérivée seconde \[ \Bigl(\frac{P}{Q}\Bigr)'' = \frac{P''Q^2 - Q''PQ - 2P'QQ' + 2PQ'^2}{Q^3}, \] qui sert à la page 2.

9–11

II. Disques coupés de cordes (pages 9 à 11)

Les pages 9 et 11 sont des pages de dessins, sans texte. Chacune montre des rangées de disques coupés par des cordes, droites ou courbes, parfois concourantes, une région parfois hachurée ; sous chaque disque, un petit graphe. Pour la plupart des dessins, les sommets du graphe semblent être les cordes et ses arêtes leurs croisements : un point pour une corde, deux points pour deux cordes disjointes, un segment pour deux cordes qui se croisent, un triangle pour trois cordes deux à deux sécantes12 . Plusieurs dessins sont marqués « ok », avec des variantes introduites par « ou » ; sous une rangée de disques à quatre cordes parallèles, un « ? ». La page 11 ajoute, parmi les graphes, un tripode en forme de Y, un carré, un triangle surmonté d'un segment.

Ces dessins sont des diagrammes de cordes, et ils reviennent plus loin sous deux formes : les partitions en classes de deux éléments de la page 44, qui sont des familles de cordes sans croisement, et les trois cordes parallèles de la page 47. Les configurations à cordes sécantes que dessinent les pages 9 et 11 sont exactement celles que la condition « non parallèle » des pages 40 à 52 exclut ; c'est un rapprochement de notre part.

La page 10. Au milieu de ces dessins, quelques formules sur les ensembles de parties \(\mathbb{P}(X)\) et les applications : \[ \mathbb{P}(X \times Z) \simeq \mathrm{Hom}(Z \times X, \mathcal{E}) = \mathrm{Hom}\bigl(X, \mathrm{Hom}(Z, \mathcal{E})\bigr), \qquad \mathrm{Hom}(X, Y) \subset \mathbb{P}(X \times Y). \] Si l'on lit \(\mathcal{E}\), que la page ne définit pas, comme un ensemble à deux éléments — ou, dans un topos, le classifiant des sous-objets —, la première ligne est la correspondance entre parties et fonctions caractéristiques, suivie de la curryfication, et vaut sans le point d'interrogation que la page met sur « \(\simeq\) » ; la seconde identifie une application à son graphe13 . Le croquis voisin, \(H \subset P \times X \times Y\) au-dessus de \(P \times X\), puis de \(P\), évoque la relation universelle sur un objet de parties, par laquelle on construit les exponentielles d'un topos à partir de ses objets de parties ; la page n'en dit pas plus. Rien ne rattache cette page au reste du dossier.

13–24

III. Découpages d'un espace par des coupures : la Version I (pages 13 à 24)

13–14

Les hypothèses (pages 13 et 14)

Soient \(X\) un espace topologique connexe et \((E_i)_{i \in I}\) une famille finie de parties fermées de \(X\) telles que :

  1. (a)pour tout \(i\), \(X \smallsetminus E_i\) a exactement deux composantes connexes, notées \(\Sigma_i^{+}\) et \(\Sigma_i^{-}\) ;
  2. (b)pour \(i \neq j\), \(E_j\) est contenu dans l'une des deux composantes de \(X \smallsetminus E_i\).

La condition (b) entraîne que les \(E_i\) sont deux à deux disjoints ; elle est automatique si les \(E_i\) sont connexes et disjoints. On pose \(\widehat{\Sigma}_i^{\pm} = \Sigma_i^{\pm} \cup E_i\)14 .

Trois conséquences servent partout. Les \(\Sigma_i^{\pm}\) sont ouverts dans \(X\) : chacun est fermé dans \(X \smallsetminus E_i\) comme composante, donc ouvert comme complémentaire de l'autre, et \(X \smallsetminus E_i\) est ouvert dans \(X\)15 . On a \(\overline{\Sigma_i^{\pm}} \subset \Sigma_i^{\pm} \cup E_i\), puisque l'autre composante est un ouvert disjoint ; en particulier \(\widehat{\Sigma}_i^{\pm}\) est fermé. Enfin, \(X\) étant connexe, \(\overline{\Sigma_i^{\pm}} \cap E_i \neq \emptyset\) : sinon \(\Sigma_i^{\pm}\) serait ouvert et fermé, non vide et distinct de \(X\). En particulier \(E_i \neq \emptyset\).

L'exemple à garder en tête est celui d'un disque fermé coupé par des cordes disjointes. Pour des cordes rectilignes, (a) est élémentaire ; pour des arcs simples joignant deux points du bord, c'est une forme du théorème de Jordan, et il faut celui de Schoenflies pour savoir que les morceaux sont encore des disques16 .

14–15

Deux coupures (pages 14 et 15)

Soit \(I = \{1, 2\}\), et notons \(\Sigma_i^{+}\) la composante de \(X \smallsetminus E_i\) qui ne contient pas l'autre coupure.

Les deux calottes sont disjointes. On a \[ \Sigma_1^{+} \subset \Sigma_2^{-}, \qquad \Sigma_2^{+} \subset \Sigma_1^{-}, \qquad \Sigma_1^{+} \cap \Sigma_2^{+} = \emptyset . \] En effet \(\Sigma_2^{-}\) contient \(E_1\), donc en est un voisinage ouvert, et \(\overline{\Sigma_1^{+}}\) rencontre \(E_1\) ; donc \(\Sigma_2^{-}\) rencontre \(\Sigma_1^{+}\). La réunion \(\Sigma_2^{-} \cup \Sigma_1^{+}\) est alors un connexe contenu dans \(X \smallsetminus E_2\) (car \(\Sigma_1^{+} \cap E_2 = \emptyset\)) et contenant la composante \(\Sigma_2^{-}\) : elle lui est égale, et \(\Sigma_1^{+} \subset \Sigma_2^{-}\). Symétriquement pour l'autre inclusion, et la disjonction en résulte.

Les cinq pièces. La partition commune des deux partitions \(X = \Sigma_i^{+} \sqcup E_i \sqcup \Sigma_i^{-}\) est \[ X = \Sigma_1^{+} \sqcup E_1 \sqcup \Sigma_{12} \sqcup E_2 \sqcup \Sigma_2^{+}, \qquad \Sigma_{12} = \Sigma_1^{-} \cap \Sigma_2^{-}, \] avec \(\Sigma_2^{-} = \Sigma_1^{+} \sqcup E_1 \sqcup \Sigma_{12}\) et \(\Sigma_1^{-} = \Sigma_{12} \sqcup E_2 \sqcup \Sigma_2^{+}\). Les trois pièces \(\Sigma_1^{+}\), \(\Sigma_{12}\), \(\Sigma_2^{+}\) sont ouvertes, et \[ \Sigma_1^{+} \subsetneq \overline{\Sigma_1^{+}} \subset \Sigma_1^{+} \cup E_1, \qquad \overline{\Sigma_{12}} \subset \Sigma_{12} \cup E_1 \cup E_2, \qquad \Sigma_2^{+} \subsetneq \overline{\Sigma_2^{+}} \subset \Sigma_2^{+} \cup E_2 . \] La pièce du milieu touche les deux coupures : \(\overline{\Sigma_{12}} \cap E_1 \neq \emptyset\) et \(\overline{\Sigma_{12}} \cap E_2 \neq \emptyset\) ; en particulier \(\Sigma_{12} \neq \emptyset\). Si l'on avait \(\overline{\Sigma_{12}} \cap E_1 = \emptyset\), on aurait \(\overline{\Sigma_{12}} \subset \Sigma_{12} \cup E_2\), puis \[ \overline{\Sigma_1^{-}} = \overline{\Sigma_2^{+}} \cup E_2 \cup \overline{\Sigma_{12}} \subset \Sigma_1^{-}, \] et \(\Sigma_1^{-}\) serait fermé, ce que la connexité interdit.

16–16

Le cas des frontières communes (page 16)

Supposons de plus que chaque coupure soit la frontière commune de ses deux côtés : \[ \overline{\Sigma_i^{+}} = \Sigma_i^{+} \cup E_i, \qquad \overline{\Sigma_i^{-}} = \Sigma_i^{-} \cup E_i \qquad (i \in I), \] comme c'est le cas pour une corde d'un disque. Alors \[ \overline{\Sigma_{12}} = \Sigma_{12} \cup E_1 \cup E_2 . \] La page l'annonce (« je dis que ») sans le démontrer17 . En effet \(E_1 \subset \overline{\Sigma_1^{-}} = \overline{\Sigma_2^{+}} \cup E_2 \cup \overline{\Sigma_{12}}\), et \(E_1\) ne rencontre ni \(E_2\) ni \(\overline{\Sigma_2^{+}} \subset \Sigma_2^{+} \cup E_2\) ; donc \(E_1 \subset \overline{\Sigma_{12}}\), et de même pour \(E_2\).

16–19

Compter les morceaux (pages 16 à 19)

Pour \(J \subset I\), notons \(U_J = X \smallsetminus \bigcup_{j \in J} E_j\) et \(\Pi_J^0\) la partition de \(U_J\) qui est la partition commune des partitions \(\{\Sigma_j^{+} \cap U_J, \Sigma_j^{-} \cap U_J\}\) (\(j \in J\)) : deux points sont dans la même classe s'ils sont, pour chaque \(j\), du même côté de \(E_j\). Ses classes non vides sont les morceaux18 . Ils sont ouverts, comme intersections finies d'ouverts.

Le compte (pages 17 et 19). Si \(\operatorname{card} I = n\), la partition \(\Pi_I^0\) a exactement \(n + 1\) morceaux.

Par récurrence sur \(n\), les cas \(n = 0, 1\) étant clairs. Soit \(I = J \sqcup \{i\}\). Par (b), \(E_i\) est, pour chaque \(j \in J\), d'un seul côté de \(E_j\) ; il est donc contenu dans un unique morceau de \(\Pi_J^0\), noté \(U_{J,i}\), qui en est un voisinage ouvert.

Lemme (page 17). Tout morceau de \(\Pi_J^0\) distinct de \(U_{J,i}\) est contenu dans \(\Sigma_i^{+}\) ou dans \(\Sigma_i^{-}\).

« C'est presque une tautologie. » Un morceau \(U_\alpha \neq U_{J,i}\) est, pour un certain \(j \in J\), du côté de \(E_j\) qui ne contient pas \(E_i\) ; par l'étude de deux coupures, ce côté est contenu dans le côté de \(E_i\) qui contient \(E_j\), et \(U_\alpha\) aussi.

Les morceaux de \(\Pi_I^0\) sont donc ceux de \(\Pi_J^0\) autres que \(U_{J,i}\), inchangés, et les deux ensembles \(U_{J,i} \cap \Sigma_i^{+}\) et \(U_{J,i} \cap \Sigma_i^{-}\), qui sont non vides parce que \(U_{J,i}\) est un voisinage de \(E_i\) et que les deux côtés de \(E_i\) ont \(E_i\) dans leur adhérence. Il y en a \((n - 1) + 2 = n + 1\) (page 19).

18–22

La forme des morceaux (pages 18 à 22)

Lemme (page 19). Tout morceau de \(\Pi_I^0\) s'écrit \[ V = X \smallsetminus \bigcup_{\alpha \in K} \widehat{\Sigma}_\alpha^{+} = \bigcap_{\alpha \in K} \Sigma_\alpha^{-}, \] où \(K \subset I\) est non vide si \(I\) l'est, et où, pour chaque \(\alpha \in K\), \(\Sigma_\alpha^{+}\) est l'une des deux composantes de \(X \smallsetminus E_\alpha\) (et \(\Sigma_\alpha^{-}\) l'autre), les \(\widehat{\Sigma}_\alpha^{+}\) étant deux à deux disjoints.

Pour \(\alpha \neq \beta\), la disjonction de \(\widehat{\Sigma}_\alpha^{+}\) et \(\widehat{\Sigma}_\beta^{+}\) équivaut à celle de \(\Sigma_\alpha^{+}\) et \(\Sigma_\beta^{+}\) : par l'étude de deux coupures, une seule des quatre paires de composantes est disjointe, celle des deux côtés « extérieurs », et chaque coupure est alors du côté intérieur de l'autre.

La démonstration (pages 18 et 20) est une récurrence. Par hypothèse de récurrence, \(U_{J,i} = X \smallsetminus \bigcup_{\alpha \in K_0} \widehat{\Sigma}_\alpha^{+}\), et \[ U_{J,i} \cap \Sigma_i^{-} = X \smallsetminus \Bigl( \bigcup_{\alpha \in K_0} \widehat{\Sigma}_\alpha^{+} \cup \widehat{\Sigma}_i^{+} \Bigr). \] Dans la réunion on peut omettre les \(\alpha\) tels que \(\Sigma_\alpha^{+} \subset \Sigma_i^{+}\), puisqu'alors \(\widehat{\Sigma}_\alpha^{+} \subset \widehat{\Sigma}_i^{+}\) ; soit \(K_1\) l'ensemble des autres. Reste à voir que pour \(\alpha_0 \in K_1\), \(\Sigma_{\alpha_0}^{+} \cap \Sigma_i^{+} = \emptyset\). Or \(E_i \subset U_{J,i} \subset \Sigma_{\alpha_0}^{-}\), donc \(\Sigma_{\alpha_0}^{+}\) est le côté de \(E_{\alpha_0}\) qui ne contient pas \(E_i\) ; il est contenu dans le côté de \(E_i\) qui contient \(E_{\alpha_0}\). Comme \(\Sigma_{\alpha_0}^{+} \not\subset \Sigma_i^{+}\), ce côté est \(\Sigma_i^{-}\), et \(\Sigma_i^{+}\) est l'autre, disjoint de \(\Sigma_{\alpha_0}^{+}\) par l'étude de deux coupures19 . On conclut avec \(K = K_1 \cup \{i\}\) ; l'autre morceau, \(U_{J,i} \cap \Sigma_i^{+}\), se traite de même.

Corollaire du lemme (page 20). L'écriture de \(V\) est unique : \[ K = \{ \alpha \in I \mid \overline{V} \cap E_\alpha \neq \emptyset \}, \] et, pour \(\alpha \in K\), \(\Sigma_\alpha^{+}\) est la composante de \(X \smallsetminus E_\alpha\) qui ne rencontre pas \(V\). Comme \(V\) est ouvert et ne rencontre aucune coupure, la condition \(\overline{V} \cap E_\alpha \neq \emptyset\) équivaut à \(\dot{V} \cap E_\alpha \neq \emptyset\), où \(\dot{V}\) est la frontière de \(V\).

Les pages 21 et 22 le démontrent en deux temps.

Si \(\alpha \in K\), alors \(\overline{V} \cap E_\alpha = \overline{\Sigma_\alpha^{-}} \cap E_\alpha\), qui est non vide. Posons \(Y = \widehat{\Sigma}_\alpha^{+}\) et \(Z = \bigcup_{\beta \in K \smallsetminus \{\alpha\}} \widehat{\Sigma}_\beta^{+}\), fermés disjoints. On a \(X \smallsetminus Y = (X \smallsetminus (Y \cup Z)) \cup Z\), donc, \(Z\) étant fermé, \(\overline{X \smallsetminus Y} = \overline{X \smallsetminus (Y \cup Z)} \cup Z\), et en coupant par \(Y\), qui ne rencontre pas \(Z\) : \[ \overline{X \smallsetminus (Y \cup Z)} \cap Y = \overline{X \smallsetminus Y} \cap Y , \] ce qui est l'égalité cherchée (« immédiat », dit la page, après une première tentative encadrée et barrée).

Si \(\beta \notin K\), alors \(\overline{V} \cap E_\beta = \emptyset\). Le morceau \(V\) ne rencontre aucune coupure, donc \(E_\beta \subset X \smallsetminus V = \bigcup_{\alpha \in K} \widehat{\Sigma}_\alpha^{+}\), et, les coupures étant disjointes, \(E_\beta \subset \bigcup_{\alpha \in K} \Sigma_\alpha^{+}\), ouvert disjoint de \(V\).

Lemme (page 22). Mieux : il existe \(\alpha \in K\) tel que \(E_\beta \subset \Sigma_\alpha^{+}\). Par (b), \(E_\beta\) est, pour chaque \(\alpha \in K\), contenu dans \(\Sigma_\alpha^{+}\) ou dans \(\Sigma_\alpha^{-}\) ; s'il était contenu dans tous les \(\Sigma_\alpha^{-}\), il le serait dans leur intersection \(V\), qu'il ne rencontre pas, et il est non vide20 .

Corollaire (page 22). Les morceaux de la partition \(\Pi_K^0\), définie par les seules coupures \(E_\alpha\) (\(\alpha \in K\)), sont les \(\Sigma_\alpha^{+}\) (\(\alpha \in K\)) et \(V\). Chaque \(\Sigma_\alpha^{+}\) est en effet contenu dans tous les \(\Sigma_\beta^{-}\) (\(\beta \neq \alpha\)), et le compte, \(\operatorname{card} K + 1\), est le bon (« immédiat par récurrence »). L'unicité de l'écriture en résulte : \(K\) est l'ensemble des coupures qui touchent \(V\), et \(\Sigma_\alpha^{+}\) le côté de \(E_\alpha\) qui ne contient pas \(V\).

23–24

L'arbre des morceaux (pages 23 et 24)

Soit \(S\) l'ensemble des morceaux \(U_s\) de \(\Pi_I^0\). Disons que le morceau \(U_s\) et la coupure \(E_i\) sont incidents si \(\overline{U_s} \cap E_i \neq \emptyset\).

Lemme (page 23). Chaque coupure \(E_i\) est incidente à exactement deux morceaux, l'un dans \(\Sigma_i^{+}\), l'autre dans \(\Sigma_i^{-}\). Le graphe \(\Gamma_I\) qui a pour sommets les morceaux et pour arêtes les coupures, l'arête \(i\) joignant ses deux morceaux incidents, est sans arête multiple, et c'est un arbre.

La page ne démontre que le début21 . Voici un argument complet, qui suit la récurrence des pages 16 à 19. Pour \(I = J \sqcup \{i\}\), le graphe \(\Gamma_I\) s'obtient à partir de \(\Gamma_J\) en dédoublant le sommet \(U_{J,i}\) en deux sommets \(U_{J,i} \cap \Sigma_i^{\pm}\) joints par l'arête \(i\), les autres arêtes issues de \(U_{J,i}\) allant à l'un ou à l'autre selon le côté de \(E_i\) où se trouve la coupure. En effet :

Dédoubler un sommet d'un arbre en une arête, en répartissant les autres arêtes, donne un arbre ; on part de l'arbre à un sommet (\(I = \emptyset\)).

La page 24 commence à décrire le morceau incident à \(E_i\) du côté \(\Sigma_i^{-}\). Il s'écrit \(U = X \smallsetminus \bigcup_{\alpha \in K} \widehat{\Sigma}_\alpha^{+}\) avec \(i \in K\), et \(\Sigma_i^{+}\) y est le côté de \(E_i\) qui ne contient pas \(U\). Il s'agit de voir que le reste de l'écriture est déterminé par \(i\) et le choix du côté. C'est vrai, et \[ K \smallsetminus \{i\} = \{ \alpha \neq i \mid E_\alpha \subset \Sigma_i^{-} \text{ et aucune coupure ne sépare } E_\alpha \text{ de } E_i \}, \] \(\Sigma_\alpha^{+}\) étant, pour ces \(\alpha\), le côté de \(E_\alpha\) qui ne contient pas \(E_i\) : ce sont les arêtes de l'arbre qui partent du même sommet que \(i\)22 .

25–29

IV. Dispositions binaires et arbres (pages 25 à 29)

25–26

Dispositions binaires et paires non parallèles (pages 25 et 26)

Une disposition binaire d'un ensemble \(X\) est une paire de parties \(\{\Sigma^{+}, \Sigma^{-}\}\), les hémisphères, de réunion \(X\), dont aucune ne contient l'autre ; leur intersection \(E\), éventuellement vide, est l'équateur. Pour un espace topologique, on demande les hémisphères fermés, et le plus souvent connexes avec \(E \neq \emptyset\) ; alors \(X\) est connexe. Si \(X\) est connexe, l'hémisphère ouvert \(\Sigma^{\pm,0} = \Sigma^{\pm} \smallsetminus E\) a \(E\) dans son adhérence : sinon il serait ouvert et fermé, non vide et distinct de \(X\)23 .

Deux dispositions binaires \(\{\Sigma_1^{\pm}\}\), \(\{\Sigma_2^{\pm}\}\) sont non parallèles si elles sont distinctes et si l'on peut choisir un hémisphère de chacune, noté \(\Sigma_1^{+}\) et \(\Sigma_2^{+}\), avec \(\Sigma_1^{+} \cap \Sigma_2^{+} = \emptyset\)24 . Alors \(E_1 \cap E_2 = \emptyset\), \(\Sigma_1^{+} \subset \Sigma_2^{-}\) et \(\Sigma_2^{+} \subset \Sigma_1^{-}\), et \(\Sigma_{12} = \Sigma_1^{-} \cap \Sigma_2^{-}\) contient \(E_1 \cup E_2\) et n'est pas vide, même si les deux équateurs le sont : sinon les deux dispositions seraient deux partitions de \(X\) égales à \(\{\Sigma_1^{+}, \Sigma_2^{+}\}\). Il en résulte que le choix de \(\Sigma_1^{+}\) et \(\Sigma_2^{+}\) est unique. La chaîne d'inclusions \[ \Sigma_1^{+} \supset E_1 \hookrightarrow \Sigma_{12} \hookleftarrow E_2 \subset \Sigma_2^{+} \] se dessine comme un segment à trois points marqués, et la marge note \(\Sigma_1^{-} = \Sigma_{12} \amalg_{E_2} \Sigma_2^{+}\) et \(\Sigma_2^{-} = \Sigma_{12} \amalg_{E_1} \Sigma_1^{+}\), sommes amalgamées.

Une longue note oblique de la marge signale que les quatre hémisphères ne sont pas nécessairement distincts — on peut avoir \(\Sigma_1^{+} = \Sigma_2^{-}\), d'où \(E_1 = \Sigma_{12}\) et \(E_2 = \emptyset\) — et ajoute « strict. » devant « non parallèles » : c'est la notion que définit la page 3625 .

27–29

D'un arbre à une famille de décompositions (pages 27 à 29)

Voici « une façon très générale » d'obtenir des familles de décompositions binaires deux à deux non parallèles. Soit \(\Gamma = (S, A)\) un arbre fini, d'ensemble de sommets \(S\) et d'ensemble d'arêtes \(A\), et soient \((U_s)_{s \in S}\), \((E_a)_{a \in A}\) deux familles d'ensembles ; posons \[ X = \coprod_{s \in S} U_s \ \amalg\ \coprod_{a \in A} E_a . \] Pour \(a_0 \in A\), l'arbre privé de l'arête \(a_0\) a deux composantes \(\Gamma'\), \(\Gamma''\) ; soient \(S'\), \(S''\) leurs sommets, et \(A'\), \(A''\) leurs arêtes auxquelles on ajoute \(a_0\). La décomposition binaire \(\Pi_{a_0}\) est \(X = X' \cup X''\), avec \[ X' = \coprod_{s \in S'} U_s \amalg \coprod_{a \in A'} E_a, \qquad X'' = \coprod_{s \in S''} U_s \amalg \coprod_{a \in A''} E_a, \qquad X' \cap X'' = E_{a_0} . \] La page ne dit pas si \(A'\) et \(A''\) contiennent \(a_0\) ; l'égalité \(X' \cap X'' = E_{a_0}\) l'exige26 . Elle est propre (\(X' \neq E_{a_0}\) et \(X'' \neq E_{a_0}\)) pour tout \(a_0\) si et seulement si

  1. (\(*\))pour toute feuille \(s\) de \(\Gamma\), \(U_s \neq \emptyset\).

En effet, chaque composante \(\Gamma'\) contient une feuille de \(\Gamma\), et réciproquement, si \(U_s = \emptyset\) pour une feuille \(s\), la coupure à son arête isole \(X' = E_{a_0}\).

Pour \(a \neq b\), l'hémisphère de \(\Pi_a\) qui ne contient pas \(E_b\) et celui de \(\Pi_b\) qui ne contient pas \(E_a\) sont disjoints ; \(\Pi_a\) et \(\Pi_b\) sont donc non parallèles dès qu'elles sont distinctes, et elles le sont si et seulement si

  1. (\(**\))pour tout sommet \(s\) d'ordre \(2\), d'arêtes \(a\) et \(b\), l'un des trois ensembles \(U_s\), \(E_a\), \(E_b\) est non vide27 .

Ils sont strictement non parallèles au sens de la page 36 si et seulement si l'on a de plus

  1. (\(*{*}*\))pour tout sommet \(s\) d'ordre \(2\) et toute arête \(a\) qui y aboutit, \(U_s \neq \emptyset\) ou \(E_a \neq \emptyset\),

condition qui entraîne (\(**\)). La page 29 l'affirme, en ajoutant que le cas où certains ensembles sont vides « est à examiner un peu de plus près »28 .

La réalisation topologique. La page 28 visualise la construction. Réalisons \(\Gamma\) comme graphe topologique \(|\Gamma|\) et marquons le milieu \(a'\) de chaque arête : c'est la subdivision barycentrique \(\Gamma^{*}\), de sommets \(S^{*} = S \amalg A'\). Chaque point \(a'\) coupe \(|\Gamma|\) en deux composantes, dont les adhérences forment une décomposition binaire d'équateur \(\{a'\}\), et deux telles décompositions sont strictement non parallèles. Leurs traces sur \(S^{*}\) sont des décompositions binaires de \(S^{*}\) ; et se donner une application surjective \(X \to S^{*}\) revient à se donner les deux familles \((U_s)\), \((E_a)\) d'ensembles non vides. La construction de la page 27 est donc l'image réciproque, par une telle application, des décompositions de l'arbre lui-même29 .

C'est la construction inverse de celle de la Version I, qui part des coupures pour trouver l'arbre ; les deux ensemble disent qu'une famille finie de découpages deux à deux non parallèles et un arbre sont la même chose. Dans le cas d'un ensemble fini sans équateurs, c'est ce qu'on appelle aujourd'hui le théorème d'équivalence des scissions de Buneman30 .

31–39

V. Décompositions \(n\)-aires : la Version II (pages 31 à 39)

La Version II, titrée et numérotée, reprend tout avec des hémisphères fermés et sans supposer \(X\) connexe.

31–32

1.1. Décompositions binaires (pages 31 et 32)

Une décomposition binaire d'un espace topologique \(X\) est une paire \(\Pi = (\Sigma^{\varepsilon})_{\varepsilon \in \omega}\), indexée par un ensemble \(\omega\) à deux éléments, de parties fermées de \(X\) telles que \[ X = \bigcup_{\varepsilon \in \omega} \Sigma^{\varepsilon} \quad (1), \qquad \Sigma^{\varepsilon} \neq \emptyset \quad (2), \qquad \Sigma^{\varepsilon} \neq \Sigma^{\varepsilon'} \text{ pour } \varepsilon \neq \varepsilon' \quad (3). \] Il en résulte \(\operatorname{card} X \geqslant 2\). On n'exclut pas que \(\Sigma^{\varepsilon'} \subset \Sigma^{\varepsilon}\), ce qui équivaut par (1) à \(\Sigma^{\varepsilon} = X\). Les \(\Sigma^{\varepsilon}\) sont les hémisphères, et \[ E = \bigcap_{\varepsilon \in \omega} \Sigma^{\varepsilon} \qquad (4) \] l'équateur. Si \(E = \emptyset\), les hémisphères sont complémentaires, donc ouverts et fermés, et \(X\) n'est pas connexe. D'où (5) : si \(X\) est connexe, \(E \neq \emptyset\) ; et si les hémisphères sont connexes, \(X\) est connexe si et seulement si \(E \neq \emptyset\).

Pour \(\omega = \{\varepsilon, \varepsilon'\}\), on pose \[ \Sigma^{0\varepsilon} = \Sigma^{\varepsilon} \smallsetminus E = X \smallsetminus \Sigma^{\varepsilon'} \qquad (6), \] ouvert, d'où la partition \(X = \Sigma^{0\varepsilon} \sqcup E \sqcup \Sigma^{0\varepsilon'}\) (7), et \[ \overline{\Sigma^{0\varepsilon}} \cap E = \overline{\Sigma^{0\varepsilon}} \cap \Sigma^{\varepsilon'} = \overline{\Sigma^{0\varepsilon}} \smallsetminus \Sigma^{0\varepsilon} = \dot{\Sigma}^{0\varepsilon} \qquad (8), \] la frontière de l'hémisphère ouvert31 .

32–36

1.2. Paires non parallèles (pages 32 à 36)

Deux décompositions binaires \(\Pi_1 = \{\Sigma_1^{+}, \Sigma_1^{-}\}\) et \(\Pi_2 = \{\Sigma_2^{+}, \Sigma_2^{-}\}\) (9) sont non parallèles si elles sont distinctes et si l'on peut nommer leurs hémisphères de sorte que \[ \Sigma_1^{+} \cap \Sigma_2^{+} = \emptyset \qquad (10). \] Cette condition équivaut à \(\Sigma_1^{+} \subset \Sigma_2^{0-}\), et à \(\Sigma_2^{+} \subset \Sigma_1^{0-}\) ; elle entraîne les inclusions \[ \Sigma_1^{+} \subset \Sigma_2^{-} \quad (11), \qquad \Sigma_2^{+} \subset \Sigma_1^{-} \quad (11 \text{ bis}), \] mais n'équivaut à aucune d'elles32 . La marge ajoute que (10) donne \(E_1 \subset \Sigma_2^{0-}\), \(E_2 \subset \Sigma_1^{0-}\), et \(E_1 \cap E_2 = \emptyset\).

Posons \(\Sigma_{12} = \Sigma_1^{-} \cap \Sigma_2^{-}\), \(E_1 = \Sigma_1^{+} \cap \Sigma_1^{-}\), \(E_2 = \Sigma_2^{+} \cap \Sigma_2^{-}\) (13). On a le diagramme d'inclusions de parties fermées (14) :

LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
 & & X & & \\
 & \Sigma_{2}^{-} \arrow[ur] & & \Sigma_{1}^{-} \arrow[ul] & \\
 \Sigma_{1}^{+} \arrow[ur] & & \Sigma_{12} \arrow[ul] \arrow[ur] & &
 \Sigma_{2}^{+} \arrow[ul] \\
 & E_{1} \arrow[ul] \arrow[ur] & & E_{2} \arrow[ul] \arrow[ur] &
\end{tikzcd}

où les trois carrés sont cartésiens et cocartésiens : dans chacun, le sommet du bas est l'intersection et le sommet du haut la réunion des deux autres, \[ \begin{array}{ll} E_1 = \Sigma_1^{+} \cap \Sigma_{12}, & \Sigma_2^{-} = \Sigma_1^{+} \cup \Sigma_{12}, \\ E_2 = \Sigma_{12} \cap \Sigma_2^{+}, & \Sigma_1^{-} = \Sigma_{12} \cup \Sigma_2^{+}, \\ \Sigma_{12} = \Sigma_1^{-} \cap \Sigma_2^{-}, & X = \Sigma_2^{-} \cup \Sigma_1^{-} \end{array} \qquad (15). \] Ce sont des vérifications directes à partir de (11) et (11 bis)33 . De plus (16) : \(\Sigma_1^{+} \cap \Sigma_2^{-} = \Sigma_1^{+} \neq \emptyset\), \(\Sigma_2^{+} \cap \Sigma_1^{-} = \Sigma_2^{+} \neq \emptyset\), et \(\Sigma_{12} \neq \emptyset\) ; pour la dernière, si \(\Sigma_{12}\) était vide, les équateurs qu'il contient le seraient, \(\Pi_1\) et \(\Pi_2\) seraient des partitions, et \(X = \Sigma_1^{+} \amalg \Sigma_2^{+}\) donnerait \(\Pi_1 = \Pi_2\).

Proposition (page 34). Si \(\Pi_1\) et \(\Pi_2\) sont non parallèles, il existe un unique couple \((\Sigma_1^{+}, \Sigma_2^{+}) \in \Pi_1 \times \Pi_2\) d'hémisphères disjoints. Les trois autres couples se rencontrent, par (16).

Soit \(C = \Pi_1 \amalg \Pi_2 = \omega_1 \amalg \omega_2\) (17), ensemble à quatre éléments, et \(C \to \mathfrak{P}_{\text{fermé}}(X)\) (18) l'application évidente, d'image \(\{\Sigma_1^{+}, \Sigma_1^{-}, \Sigma_2^{+}, \Sigma_2^{-}\}\) (19). Elle est injective si et seulement si les quatre hémisphères sont distincts. On sait déjà (\(*\)) \(\Sigma_i^{+} \neq \Sigma_i^{-}\), par (3), et (\(**\)) \(\Sigma_1^{+} \neq \Sigma_2^{+}\), parties disjointes non vides. On lit sur (14) : \[ \begin{array}{ll} \text{a) } (\Sigma_1^{+} = \Sigma_2^{-}) \Longleftrightarrow E_1 = \Sigma_{12} & (\Rightarrow E_2 = \emptyset), \\ \text{b) } (\Sigma_2^{+} = \Sigma_1^{-}) \Longleftrightarrow E_2 = \Sigma_{12} & (\Rightarrow E_1 = \emptyset) \end{array} \qquad (*{*}*), \] et les deux ne peuvent avoir lieu ensemble, qui donneraient \(\Sigma_{12} = E_1 = E_2 = \emptyset\), contre (16)34 . Enfin \[ (\Sigma_1^{-} = \Sigma_2^{-}) \Longleftrightarrow (\Sigma_1^{-} = \Sigma_2^{-} = X) \Longleftrightarrow \Sigma_{12} = X \qquad (*{*}{*}*), \] cas qui exclut chacun des deux précédents, puisque \(E_1 = \Sigma_{12} = X\) contredirait (3).

Proposition (page 35). Les quatre hémisphères sont distincts si et seulement si l'on n'est dans aucun des trois cas suivants, qui s'excluent mutuellement : \[ \text{a) } E_1 = \Sigma_{12}; \qquad \text{a') } E_2 = \Sigma_{12}; \qquad \text{b) } \Sigma_{12} = X, \text{ i.e. } \Sigma_1^{-} = \Sigma_2^{-} = X \qquad (20). \] Dans chacun, l'ensemble (19) a trois éléments. Dans le cas b), on a \(E_1 = \Sigma_1^{+}\) et \(E_2 = \Sigma_2^{+}\).

Corollaire (page 36). Si les quatre hémisphères sont distincts et si \(\Sigma_1^{-} \neq X\), \(\Sigma_2^{-} \neq X\), les seules inclusions entre eux, hors les égalités, sont \(\Sigma_1^{+} \subset \Sigma_2^{-}\) et \(\Sigma_2^{+} \subset \Sigma_1^{-}\). Les inclusions inverses donneraient des égalités ; \(\Sigma_1^{+} \subset \Sigma_1^{-}\) donnerait \(\Sigma_1^{-} = X\), et \(\Sigma_1^{-} \subset \Sigma_1^{+}\) donnerait \(\Sigma_1^{+} = X\), impossible puisque \(\Sigma_2^{+}\) est non vide et disjoint de \(\Sigma_1^{+}\)35 ; de même pour l'indice 2 ; \(\Sigma_1^{+}\) et \(\Sigma_2^{+}\) sont disjoints et non vides ; et \(\Sigma_1^{-} \subset \Sigma_2^{-}\) donnerait \(\Sigma_2^{-} \supset \Sigma_1^{-} \cup \Sigma_1^{+} = X\). La marge reformule : ce sont les seules inclusions non triviales si et seulement si les quatre sont distincts et \(\Sigma_1^{-} \neq X\), \(\Sigma_2^{-} \neq X\).

Définition (page 36). \(\Pi_1\) et \(\Pi_2\) sont strictement non parallèles si elles sont non parallèles, si les quatre hémisphères sont distincts, et si \(\Sigma_1^{-} \neq X\), \(\Sigma_2^{-} \neq X\) ; autrement dit, si les seules inclusions entre les quatre sont \(\Sigma_1^{+} \subset \Sigma_2^{-}\) et \(\Sigma_2^{+} \subset \Sigma_1^{-}\) ; autrement dit encore, \[ \Sigma_1^{-} \neq X, \quad \Sigma_2^{-} \neq X \quad (\Pi_1, \Pi_2 \text{ \emph{propres}}), \qquad E_1 \neq \Sigma_{12}, \quad E_2 \neq \Sigma_{12} \qquad (21). \]

37–38

1.3. Familles non parallèles et leur ensemble ordonné (pages 37 et 38)

Que la condition stricte soit remplie ou non, on munit l'ensemble à quatre éléments \(C = \{\varepsilon_1^{+}, \varepsilon_1^{-}, \varepsilon_2^{+}, \varepsilon_2^{-}\}\) (17) de l'ordre dont les seules relations strictes sont \[ \varepsilon_1^{+} < \varepsilon_2^{-}, \qquad \varepsilon_2^{+} < \varepsilon_1^{-} \qquad (22), \] que la page dessine :

LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
\varepsilon_{1}^{-} & \varepsilon_{2}^{-} \\
\varepsilon_{1}^{+} \arrow[ur] & \varepsilon_{2}^{+} \arrow[ul]
\end{tikzcd}

Soit maintenant \((\Pi_\alpha)_{\alpha \in A}\), \(\Pi_\alpha = \{\Sigma_\alpha^{\varepsilon}\}_{\varepsilon \in \omega_\alpha}\) (23), un ensemble de décompositions binaires de \(X\) deux à deux non parallèles (24). Définition (page 37). On dit que la famille est non parallèle, et, si \(\operatorname{card} A = n\), que c'est une décomposition \(n\)-aire non parallèle de \(X\) ; terminologie analogue pour « strictement »36 . Considérons \[ C = \coprod_{\alpha \in A} \omega_\alpha \qquad (25), \] l'involution sans point fixe \(\sigma\) qui échange les deux éléments de chaque \(\omega_\alpha\), et la relation définie, pour \(x \in \omega_\alpha\) et \(y \in \omega_\beta\), par \[ x < y \ \Longleftrightarrow\ \alpha \neq \beta \ \text{ et } \ \Sigma_\alpha^{x} \cap \Sigma_\beta^{\sigma y} = \emptyset \qquad (26), \] c'est-à-dire par l'ordre (22) de la paire \(\{\Pi_\alpha, \Pi_\beta\}\).

C'est un ordre, ce que la marge demande de vérifier37 . L'antisymétrie vient de l'unicité du couple disjoint (proposition de la page 34) : \(x < y\) et \(y < x\) désigneraient comme couple disjoint de \(\Pi_\alpha \times \Pi_\beta\) à la fois \((x, \sigma y)\) et \((\sigma x, y)\). Pour la transitivité, \(x < y < z\) donne \(\Sigma^{x} \subset X \smallsetminus \Sigma^{\sigma y} \subset \Sigma^{y}\) et \(\Sigma^{y} \cap \Sigma^{\sigma z} = \emptyset\), donc \(\Sigma^{x} \cap \Sigma^{\sigma z} = \emptyset\) ; et \(x\), \(z\) ne sont pas dans le même \(\omega_\alpha\), car \(z = x\) contredirait l'antisymétrie et \(z = \sigma x\) donnerait \(\Sigma^{x} = \emptyset\).

L'involution \(\sigma\) renverse l'ordre : \(x < y\) entraîne \(\sigma y < \sigma x\), la condition (26) étant symétrique. L'application \[ \varphi \colon C \to \mathfrak{P}_{\text{fermé}}(X), \qquad (\alpha, x) \mapsto \Sigma_\alpha^{x} \qquad (27) \] est croissante, et c'est un isomorphisme d'ensembles ordonnés sur son image (ordonnée par inclusion) si et seulement si la famille est strictement non parallèle. Cela résulte du corollaire de la page 36 appliqué à chaque paire, et, pour \(x\) et \(\sigma x\), qui sont incomparables dans \(C\), de ce que \(\Sigma^{x}\) et \(\Sigma^{\sigma x}\) ne sont comparables que si l'un vaut \(X\), ce que « propre » exclut38 .

38–39

Les quartettes ordonnés (pages 38 et 39)

« Inversement », la page pose la définition abstraite de ce qu'elle vient d'obtenir.

Définition (page 38). Un quartette ordonné est un ensemble fini \(C\) muni d'une involution sans point fixe \(\sigma\) et d'une relation d'ordre, tels que :

  1. a)pour \(x, y \in C\), les éléments \(x\) et \(y\) sont comparables si et seulement si \(\sigma x\) et \(y\) ne le sont pas ;
  2. b)\(\sigma\) renverse l'ordre : \(x < y\) entraîne \(\sigma y < \sigma x\).

L'ensemble ordonné \(C\) d'une famille non parallèle est un quartette ordonné : pour \(\alpha \neq \beta\), des quatre paires \(\{x, y\}\), \(\{\sigma x, y\}\), \(\{x, \sigma y\}\), \(\{\sigma x, \sigma y\}\), exactement deux, échangées par \(\sigma\), sont comparables ; et \(x\) est comparable à lui-même, non à \(\sigma x\)39 .

Ce sont exactement, dans le vocabulaire d'aujourd'hui, les « pocsets » finis dont deux murs quelconques sont emboîtés ; et un tel pocset est l'ensemble des demi-arbres d'un arbre fini, ordonné par inclusion40 . La réciproque de la construction des pages 27 à 29 est ainsi à portée : c'est là, semble-t-il, que la rédaction voulait aller.

Proposition (page 39), telle qu'énoncée. Soit \((C, \sigma, <)\) un quartette ordonné. Pour tout \(x \in C\), les ensembles \(C_{\geqslant x} = \{y \mid y \geqslant x\}\) et \(C_{\leqslant x} = \{y \mid y \leqslant x\}\) sont totalement ordonnés.

L'énoncé est faux. Prenons trois cordes disjointes d'un disque qui entourent un triangle, et les trois décompositions binaires qu'elles définissent, de calottes \(c_1\), \(c_2\), \(c_3\) et de grands côtés \(c_1'\), \(c_2'\), \(c_3'\). La famille est strictement non parallèle, et son quartette est \(C = \{c_1, c_2, c_3, c_1', c_2', c_3'\}\), avec \(\sigma c_i = c_i'\) et pour seules relations \(c_i < c_j'\) (\(i \neq j\)). Alors \(C_{\geqslant c_1} = \{c_1, c_2', c_3'\}\), et \(c_2'\), \(c_3'\) sont incomparables. Ce qui est vrai est plus faible :

Pour le premier point : si \(x \leqslant y, y' \leqslant z\) avec \(y\), \(y'\) incomparables, a) rend \(\sigma y\) et \(y'\) comparables ; \(\sigma y \leqslant y' \leqslant z\) rendrait \(y\) et \(\sigma y\) tous deux comparables à \(z\), et \(y' \leqslant \sigma y\) rendrait \(y\) et \(\sigma y\) tous deux comparables à \(x\), ce que a) interdit dans les deux cas.

La démonstration de la page suit exactement ce chemin, et s'arrête là où il n'y a plus rien à trouver. Elle se ramène, par dualité, à voir que \(x < y\), \(x < z\), \(y \neq z\) entraînent \(y\), \(z\) comparables. Elle note que \(y\) et \(z\) ne sont pas conjugués, puis suppose \(y\), \(z\) incomparables : alors \(\sigma y\) et \(z\) sont comparables ; \(z \leqslant \sigma y\) est exclu, car il donnerait \(x \leqslant \sigma y\) ; donc \(\sigma y < z\), d'où \(\sigma z < y\) — et la phrase s'arrête sur « d'où \(\sigma z <\) »42 . Dans l'exemple des trois cordes, avec \(x = c_1\), \(y = c_2'\), \(z = c_3'\), on a bien \(\sigma y = c_2 < c_3' = z\) et \(\sigma z = c_3 < c_2' = y\), sans contradiction.

40–52

VI. Relations d'équivalence non parallèles (pages 40 à 52)

La chemise de la page 40 porte « relations d'équi. non parallèles ». Les pages qui suivent laissent l'espace topologique et ne gardent que les extrémités des coupures : des points rangés sur un cercle.

41–42

Polygones et segments (pages 41 et 42)

Soit \(S\) un ensemble fini de cardinal \(N \geqslant 3\), muni d'une structure polygonale ou bi-circulation \(\{u, u^{-1}\}\), où \(u\) est une permutation circulaire de \(S\)43 . Une partie \(T\) de cardinal \(i\) est un segment si \(0 < i < N\) et s'il existe \(s_0 \in S\) avec \[ T = \{s_0, u s_0, \ldots, u^{i-1} s_0\} ; \] avec \(t_0 = u^{i-1} s_0\) on a aussi \(T = \{t_0, v t_0, \ldots, v^{i-1} t_0\}\), où \(v = u^{-1}\). Exemples : les singletons, les paires de sommets voisins (les « parties-arêtes »). Propriétés :

Une orientation étant choisie, \((s_0, i) \mapsto \{s_0, \ldots, u^{i-1} s_0\}\) est une bijection de \(S \times [1, N-1]\) sur l'ensemble des segments, qui en a donc \(N(N-1)\)44 .

Composantes d'une partie. Soit \(S' \subsetneq S\). Deux segments contenus dans \(S'\) qui se rencontrent ont pour réunion un segment contenu dans \(S'\). Tout segment contenu dans \(S'\) est donc contenu dans un plus grand segment contenu dans \(S'\) ; ces segments maximaux, les segments composants de \(S'\), forment une partition de \(S'\) : ce sont les suites maximales de sommets consécutifs de \(S'\). Si l'on réalise le polygone par un cercle \(X\) portant les points de \(S\), les segments composants de \(S'\) correspondent aux composantes connexes de \(X \smallsetminus (S \smallsetminus S')\) qui rencontrent \(S'\)45 .

42–43

Parties non parallèles (pages 42 et 43)

Proposition (pages 42 et 43). Soient \(A\), \(B\) deux parties disjointes de \(S\), non vides et distinctes de \(S\). Les conditions suivantes sont équivalentes :

  1. a)il existe des segments disjoints \(\overline{A} \supset A\) et \(\overline{B} \supset B\) ;
  2. b)pour \(a \neq a'\) dans \(A\) et \(b \neq b'\) dans \(B\), les sommets \(a\) et \(a'\) sont voisins dans le polygone à quatre sommets \(\{a, a', b, b'\}\) muni de la bi-circulation induite — ce qui équivaut à ce que \(b\) et \(b'\) le soient, ou à ce que \(a\) et \(a'\) n'y soient pas opposés ;
  3. c)\(B\) est contenu dans un seul segment composant de \(S \smallsetminus A\) ;
  4. c')\(A\) est contenu dans un seul segment composant de \(S \smallsetminus B\).

On dit alors que \(A\) et \(B\) sont non parallèles.

En termes de cordes, b) dit que les cordes \(aa'\) et \(bb'\) ne se croisent jamais. Les implications se vérifient ainsi46 . De a) à c) : \(\overline{B}\) est un segment contenu dans \(S \smallsetminus A\), donc dans l'un de ses segments composants. De c) à a) : si \(B\) est dans le composant \(K\), on prend \(\overline{B} = K\) et \(\overline{A} = S \smallsetminus K\). De c) à b) : si \(b\) et \(b'\) sont dans le même composant de \(S \smallsetminus A\), un des deux arcs qui les joignent ne contient aucun point de \(A\). De b) à c) : si \(b\) et \(b'\) sont dans deux composants différents, chacun des deux arcs qui les joignent contient un point de \(A\), et ces deux points alternent avec \(b\), \(b'\). La symétrie de a) donne c').

Il y a un plus petit couple de segments \((\overline{A}, \overline{B})\) comme dans a) : \(A\) est dans un composant \(K'\) de \(S \smallsetminus B\), qui est totalement ordonné par \(u\), et l'on prend pour \(\overline{A}\) le plus petit segment de \(K'\) contenant \(A\) ; de même pour \(\overline{B}\) ; ces deux segments sont disjoints, car deux arcs d'un cercle dont aucun ne contient les extrémités de l'autre ne se rencontrent pas s'ils ne recouvrent pas le cercle47 .

Exemple. Si \(A\) ou \(B\) est un singleton, la condition b) est vide : un point est non parallèle à toute partie qui ne le contient pas. En général, \(A\) et \(B\) sont non parallèles si et seulement si toute paire \(A' \in \mathfrak{P}_2(A)\) est non parallèle à toute paire \(B' \in \mathfrak{P}_2(B)\)48 .

La marge d). Si les points de \(S\) sont placés, dans l'ordre, sur une courbe convexe du plan — en position convexe —, et si \(P_A\) désigne l'enveloppe convexe de \(A\), alors \(A\) et \(B\) sont non parallèles si et seulement si \(P_A \cap P_B = \emptyset\). C'est l'image qui a donné leur nom actuel à ces parties : on les dit non croisées49 .

44–44

Structure à étudier (page 44)

Structure à étudier : les partitions \((S_\alpha)_{\alpha \in J}\) de \(S\) en parties deux à deux non parallèles, qu'il appelle partitions non parallèles50 . Ce sont les partitions non croisées d'un cycle, étudiées sous ce nom par G. Kreweras en 197251 .

Intuition : à un ensemble bi-circulé de cardinal \(N\) muni d'une partition non parallèle correspondrait, « essentiellement », un ensemble bi-circulé de cardinal pair \(N' \leqslant N\) muni d'une partition non parallèle en classes à deux éléments — une famille de cordes sans croisement qui en couvre tous les points52 . Sous ce texte, un grand cercle, sans marque.

45–47

Familles emboîtées de segments et leurs cœurs (pages 45 à 47)

Soit \(\Sigma\) un ensemble de segments de \(S\) tel que :

  1. (\(\sigma_1\))deux éléments de \(\Sigma\) qui se rencontrent sont emboîtés ;
  2. (\(\sigma_2\))si \(A \subsetneq B\) dans \(\Sigma\), alors \(A\) ne contient aucune extrémité de \(B\).

La condition (\(\sigma_1\)) fait de \(\Sigma\) une famille laminaire. Pour \(A \in \Sigma\), posons \[ A^{*} = A \smallsetminus \bigcup_{B \in \Sigma,\ B \subsetneq A} B, \] le cœur de \(A\). Par (\(\sigma_2\)), \(A^{*} \supset \partial A\), donc \(A^{*} \neq \emptyset\).

Proposition (marge de la page 45). Si \(A \neq B\) dans \(\Sigma\), alors \(A^{*} \cap B^{*} = \emptyset\) ; en particulier \(A \mapsto A^{*}\) est injectif. De plus \(\bigcup_{A \in \Sigma} A = \bigcup_{A \in \Sigma} A^{*}\). Si \(A \cap B = \emptyset\), c'est clair ; sinon, par (\(\sigma_1\)), disons \(A \subsetneq B\), et \(B^{*}\) ne rencontre pas \(A\) par définition. Pour la seconde assertion, un point \(x\) d'un élément de \(\Sigma\) appartient au cœur du plus petit élément de \(\Sigma\) qui le contient, les éléments qui contiennent \(x\) formant une chaîne53 .

Conséquences (page 46). Deux cœurs distincts sont non parallèles : si \(A\) et \(B\) sont disjoints, \(A\) et \(B\) sont des segments disjoints qui les contiennent ; si \(A \subsetneq B\), ce sont \(A\) et \(S \smallsetminus A\). Si les cœurs recouvrent \(S\), ils forment donc une partition non parallèle de \(S\)54 . Sinon, posons \[ Z = S \smallsetminus \bigcup_{A \in \Sigma} A^{*} = S \smallsetminus \bigcup_{A \in \Sigma} A, \qquad \widehat{\Sigma} = \Sigma \cup \{Z\}, \qquad Z^{*} = Z ; \] \(Z\) n'est pas en général un segment, mais il est non parallèle à chaque cœur, qui est contenu dans un élément maximal \(M\) de \(\Sigma\) quand \(Z\) est dans le segment \(S \smallsetminus M\). La famille \(\widehat{\Sigma}^{*} = \{A^{*} \mid A \in \widehat{\Sigma}\}\) est alors une partition non parallèle de \(S\)55 .

Si \(Z\) est lui-même un segment, \(\widehat{\Sigma}\) satisfait encore (\(\sigma_1\)) et (\(\sigma_2\)), et \(Z\) y est isolé ; la même partition provient alors de deux familles. Pour l'éviter, on impose

  1. (\(\sigma_3\))\(Z = S \smallsetminus \bigcup_{A \in \Sigma} A\) n'est pas un segment

(c'est le cas si \(Z = \emptyset\), qui n'est pas un segment).

La famille ne se retrouve pas à partir de la partition (page 47). Peut-on reconstruire \(A \in \Sigma\) à partir de \(\widehat{\Sigma}^{*}\) ? Le segment \(A\) contient \(A^{*}\) et en est un segment minimal, puisque \(A^{*} \supset \partial A\) ; mais cela ne le caractérise pas — le segment complémentaire de l'intérieur de \(A\) contient aussi \(\partial A\). Il a en outre la propriété que tout cœur \(B^{*}\) est contenu dans \(A\) ou disjoint de \(A\). Même ainsi, et même sous (\(\sigma_1\)) à (\(\sigma_3\)), la réponse est non. Soit \(S\) l'hexagone \(a_1, b, a_2, a_2', b', a_1'\) — trois cordes parallèles \(a_1 a_1'\), \(b b'\), \(a_2 a_2'\) tracées dans un cercle —, et \(R\) la partition en \(\{a_1, a_1'\}\), \(\{b, b'\}\), \(\{a_2, a_2'\}\). La famille \(\Sigma_1 = \{\{a_1, a_1'\}, \{a_2, a_2'\}, \{a_1, a_1', b, b'\}\}\) et sa symétrique \(\Sigma_2 = \{\{a_1, a_1'\}, \{a_2, a_2'\}, \{a_2, a_2', b, b'\}\}\) satisfont (\(\sigma_1\)) à (\(\sigma_3\)) et ont la même partition \(R\) de cœurs56 . C'est la même rangée de cordes parallèles, en plus court, que celle que la page 9 marque d'un « ? ».

48–50

Relations non parallèles et anglets (pages 48 à 50)

Soit \(R\) une relation d'équivalence sur \(S\) dont les classes \(S_i\) sont deux à deux non parallèles — une partition non croisée. Un segment est saturé s'il est réunion de classes. Le complémentaire d'un segment saturé est saturé ; la réunion et l'intersection de deux segments saturés qui se rencontrent sans recouvrir \(S\) le sont aussi. Pour une classe \(S_i\), les segments composants de \(S \smallsetminus S_i\) sont saturés : c'est la condition c) de la page 43. Leurs complémentaires, qui sont les segments minimaux contenant \(S_i\), le sont donc aussi57 .

Proposition (page 48). Les segments saturés minimaux sont les classes de \(R\) qui sont des segments. Il les appelle anglets.

Une classe qui est un segment est un segment saturé, évidemment minimal. Réciproquement, soit \(A\) un segment saturé minimal, qu'on regarde comme un intervalle ordonné par \(u\), et soit \(S_k\) la classe qui contient la première extrémité de \(A\). Les éléments de \(A\) qui suivent le dernier point de \(S_k\) forment, s'il y en a, un segment saturé strictement contenu dans \(A\) : une classe qui aurait des points de part et d'autre de ce dernier point croiserait \(S_k\). Par minimalité, \(S_k\) contient donc les deux extrémités de \(A\) ; et un segment composant de \(S \smallsetminus S_k\) contenu dans \(A\) serait encore un segment saturé strictement plus petit. Donc \(S_k = A\)58 .

Corollaire (page 49). Tout segment saturé contient un anglet. Si \(R\) n'est pas la relation grossière, il y a au moins deux anglets. Il y a en effet alors deux segments saturés complémentaires : un composant de \(S \smallsetminus S_i\), pour une classe \(S_i \neq S\), et son complémentaire.

C'est, pour les partitions non croisées, l'analogue du fait qu'un arbre à au moins deux sommets a au moins deux feuilles ; le mot « anglet » dit bien qu'une telle classe occupe un coin du polygone59 .

L'effeuillage (pages 49 et 50). Soit \(T_1\) la réunion des anglets et \(S_1 = S \smallsetminus T_1\). Si \(S_1 \neq \emptyset\), il a au moins deux segments composants : sinon \(S_1\), complémentaire du saturé \(T_1\), serait un segment saturé, et contiendrait un anglet60 . Aucune classe contenue dans \(S_1\) n'est contenue dans un seul segment composant de \(S_1\) : sinon, n'étant pas un segment, elle laisserait entre deux de ses points un segment saturé contenu dans \(S_1\), qui contiendrait un anglet. Alors :

La page 50 esquisse la tour qui en résulte, une suite \(\Sigma_1, \Sigma_2, \ldots\) d'ensembles de segments saturés deux à deux disjoints, de réunions \(T_1 \subset T_2 \subset \cdots\), chaque élément de \(\Sigma_i\) contenant au moins un segment composant de \(T_{i-1}\) et ayant ses extrémités hors de \(T_{i-1}\). Les conditions qu'elle écrit ne sont pas menées à terme61 . C'est une description récursive des partitions non croisées par retrait successif des classes d'angle, comme on élague un arbre par ses feuilles.

51–52

Le quasi-segment (pages 51 et 52)

Les pages 51 et 52, à l'encre noire, posent les notions des pages 41 à 47 pour un quasi-segment \(I\) : un ensemble fini totalement ordonné (à renversement près) d'au moins deux éléments, comme un polygone qu'on aurait ouvert le long d'une arête62 . Pour \(\varepsilon \in \mathfrak{P}_2(I)\), soit \(I_\varepsilon\) le segment (l'intervalle) qu'il détermine. Deux paires \(\varepsilon\), \(\varepsilon'\) sont non parallèles si elles sont disjointes et si \(I_\varepsilon\) et \(I_{\varepsilon'}\) sont disjoints ou emboîtés ; deux parties \(A\), \(A'\) le sont si elles sont disjointes et que toute paire de l'une est non parallèle à toute paire de l'autre. Cela revient à dire que \(A'\) est contenu dans l'un des composants de \(I \smallsetminus A\), ou dans la réunion des deux composants extrêmes (ceux qui contiennent les extrémités de \(I\)), quand ils sont deux.

Partitions non parallèles de \(I\). Soit \(\Sigma\) un ensemble de segments de \(I\) tel que :

  1. a)deux éléments de \(\Sigma\) sont disjoints ou emboîtés ;
  2. b)si \(B \subsetneq A\) dans \(\Sigma\), alors \(B \cap \partial A = \emptyset\) ;
  3. c)\(\partial I \subset \bigcup_{A \in \Sigma} A\), donc \(\partial I \subset \bigcup_{A \in \Sigma} \partial A\)63 .

Les cœurs \(A^{*}\) sont non vides et deux à deux non parallèles ; avec \(I' = \bigcup A = \bigcup A^{*}\), \(Z = I \smallsetminus I'\), \(Z^{*} = Z\) et \(\widehat{\Sigma}\) comme plus haut, \(\widehat{\Sigma}^{*}\) est une partition non parallèle de \(I\).

NB (page 52) : toute partition non parallèle s'obtient ainsi, et de plusieurs façons. C'est vrai : la famille des enveloppes (plus petits segments contenants) des classes convient, car ces enveloppes sont disjointes ou emboîtées, une classe emboîtée dans l'enveloppe d'une autre n'en touche pas les extrémités, et le cœur de l'enveloppe d'une classe est cette classe. Sur \(I = \{1, \ldots, 5\}\), la partition \(\{1\}, \{2, 4\}, \{3\}, \{5\}\) provient aussi de \(\Sigma = \{\{1\}, \{3\}, \{5\}\}\), avec \(Z = \{2, 4\}\)64 .

Soit enfin \(\Sigma_{\max}\) l'ensemble des éléments maximaux de \(\Sigma\) : deux d'entre eux sont disjoints, et \(I' = \bigcup_{A \in \Sigma_{\max}} A\). La page s'arrête là, après quatre lignes.

53–54

VII. Attachement de deux arêtes (pages 53 et 54)

Une feuille carrée revient aux cartes. Appelons binaire une arête bordée par deux faces distinctes, monaire une arête bordée des deux côtés par la même face. On part de deux cartes connexes \(M'\), \(M''\) sur des surfaces orientées compactes, de genres \(g'\), \(g''\), à \(f'\) et \(f''\) faces, et d'une arête dans chacune. La page ne décrit pas l'opération ; ses bilans sont ceux de l'opération suivante65 : on coupe les deux arêtes \(a = xy\) et \(a' = x'y'\) en leur milieu et l'on raccorde les moitiés en croix, de sorte qu'elles deviennent \(xy'\) et \(x'y\) ; sur les surfaces, on relie les deux arêtes par un tube planté en leur milieu. Les sommets et les arêtes s'ajoutent, \(V = V' + V''\) et \(E = E' + E''\), et seules changent les faces qui bordent \(a\) et \(a'\) :

Le genre se déduit de la formule d'Euler \(V - E + f = 2 - 2g\) pour une carte connexe : dans les deux premiers cas \(2 - 2g = (2 - 2g') + (2 - 2g'') - 2\), dans le troisième \(2 - 2g = (2 - 2g') + (2 - 2g'')\)67 . Dans le troisième cas, la région formée par le tube n'est plus un disque, et la carte, redessinée sur la surface qu'elle définit, en perd une anse.

C'est, sur les cartes combinatoires, le pendant du recollement que le dossier 67 étudie pour les surfaces conformes (pages 2 et 3, puis 53 à 60)68 . La page 54 ne porte que des croquis au crayon de la même opération en volume.

Notes

  1. Le titre de l'inventaire, « Immersions du disque et de la circonférence », ne figure sur aucun des feuillets transcrits, et aucun ne traite d'immersion. Les trois chemises (pages 1, 13 et 40) portent leurs propres titres, qui sont repris ici comme titres de sections. On ne sait pas d'où vient celui de l'inventaire. Si c'était le dessein de Grothendieck, on remarquera — c'est une conjecture de notre part, que rien sur les pages ne soutient — que la question de savoir quelles courbes fermées immergées dans le plan bordent un disque immergé a été résolue en 1967 par S. Blank en découpant le disque le long de cordes (exposé de V. Poénaru au Séminaire Bourbaki, 1967-1968) ; les disques coupés de cordes des pages 9 à 11 et les découpages des pages 13 à 39 seraient alors des outils pour cette question. ↩
  2. La page n'explique pas le mot « repère ». La normalisation \(f(0)=0\), \(f(1)=1\), \(f(\infty)=\infty\) qui suit revient à marquer un sommet (au-dessus de \(0\)), un milieu d'arête ou l'extrémité libre d'une demi-arête (au-dessus de \(1\)) et une face (au-dessus de \(\infty\)) : c'est notre lecture. La page ne dit pas s'ils doivent être incidents ; la normalisation ne le demande pas. ↩
  3. La page définit d'abord « spécial » par les trois valeurs et l'étalité hors de \(\{0,1,\infty\}\), et n'ajoute qu'à la ligne suivante, « et de plus », la condition \(f''(z) \neq 0\). Sans elle, la première équivalence est fausse : les fonctions étales hors de trois points correspondent aux hypercartes (cartes biparties), et c'est la ramification au plus \(2\) au-dessus de \(1\) qui fait de chaque point au-dessus de \(1\) un milieu d'arête ou l'extrémité libre d'une demi-arête. On a intégré la condition à la définition. ↩
  4. La page n'énonce que l'équivalence, entre « carte sphérique » et fonction spéciale, et ne parle ni d'arêtes ni de demi-arêtes. Sa condition est « au plus \(2\) » : elle ne demande \(f''(z) \neq 0\) qu'aux points critiques, et admet donc au-dessus de \(1\) des points d'indice \(1\), extrémités libres de demi-arêtes. Prise au sens usuel, sans demi-arête libre, une carte ne correspond qu'aux fonctions d'indice exactement \(2\) en tout point au-dessus de \(1\) (fonctions de Belyi dites « propres », en anglais clean) ; oublier les demi-arêtes ne donne pas une bijection, puisque \(T\) et \(T^2\) ont alors le même graphe, un sommet sans arête. Le dictionnaire est de nous. ↩
  5. Ces trois étapes (existence de Riemann, prolongement, \(\mathbb{P}^1\) comme seule surface de Riemann compacte de genre \(0\), rigidité d'un automorphisme qui fixe trois points) sont sous-entendues par la page. Le repère est ce qui rend les objets rigides : une carte repérée n'a pas d'automorphisme non trivial. ↩
  6. Aucun des deux noms n'est sur la page : « dessin d'enfant » est le terme de l'Esquisse d'un programme (1984), et « fonction de Belyi » vient du théorème de G. V. Belyi (1979), selon lequel une courbe sur \(\mathbb{C}\) est définie sur \(\overline{\mathbb{Q}}\) si et seulement si elle admet une telle fonction. Ici la courbe est \(\mathbb{P}^1\), et le théorème de Belyi n'intervient pas. La date de l'inventaire rend possible que Grothendieck ait connu le travail de Belyi ; rien sur la page ne le cite. Voir aussi la fin du dossier 88 (page 15), qui s'arrête au bord de la même observation pour ses cartes de type \((p,q)\). ↩
  7. La page écrit \(\frac{P''(z)}{P(z)} - \frac{Q''(z)}{Q(z)} \neq 0\) « i.e. » \(P''(z) \neq Q''(z)\), ce qui est juste une fois \(P(z) = Q(z)\) acquis. Le calcul de \((P/Q)''\) qui le justifie est au verso, page 5. ↩
  8. L'exemple est au bas de la page, déchirée, et se poursuit dans la marge gauche, lue en partie seulement ; la conclusion qui suit est de nous. ↩
  9. La page s'arrête sur « i.e. le diviseur de \(f\) est », au milieu du feuillet. L'argument qui suit est de nous. ↩
  10. La fidélité n'est pas sur la page, qui ne considère que le genre \(0\). ↩
  11. Transcription condensée, formules seulement ; on ne cherche pas à reconstituer la structure étudiée. ↩
  12. Cette lecture est celle du transcripteur (« apparemment ») ; un dessin au moins, trois cordes concourantes au-dessus d'un segment, ne s'y conforme pas, et on ne force pas l'interprétation. Le graphe des croisements d'une famille de cordes s'appelle aujourd'hui un graphe de cercle ; rien sur la page ne dit que c'est ce qu'il étudie. ↩
  13. Une autre ligne porte \(\mathrm{Hom}(\mathcal{E}, \mathrm{Hom}(X,Z)) = \mathbb{P}(\mathrm{Hom}(X,Z))\), dont la première lettre est douteuse. Telle qu'écrite, la variance est fausse : \(\mathbb{P}(Y) = \mathrm{Hom}(Y, \mathcal{E})\) est contravariant en \(Y\), et il faudrait \(\mathrm{Hom}(\mathrm{Hom}(X,Z), \mathcal{E})\). La lecture de \(\mathcal{E}\) comme classifiant est la nôtre. ↩
  14. La connexité de \(X\) et la finitude de \(I\) ne sont pas dans l'énoncé. La première apparaît en marge (« ce qui est le cas si \(X\) est connexe ») et sert à chaque pas ; la seconde est demandée par la récurrence sur \(\operatorname{card} I\) et par le fait que les morceaux soient ouverts. Les deux sont supposées dans toute la section. ↩
  15. La marge dit « ouvertes », lecture incertaine. C'est vrai sans hypothèse de connexité locale, parce qu'il n'y a que deux composantes. ↩
  16. La page ne mentionne ni l'un ni l'autre ; c'est ce qu'il faut pour que l'exemple du disque, qu'elle dessine page 14, satisfasse ses hypothèses. ↩
  17. La page écrit « les deux comp. conn. de \(X \smallsetminus \Sigma_i\) » pour \(X \smallsetminus E_i\), ici comme page 17. La démonstration est de nous. ↩
  18. Ce sont les composantes connexes de \(U_J\) dans l'exemple du disque, mais pas en général. Sur un cercle, une paire de points \(E = \{p, q\}\) est une coupure au sens de (a) ; avec deux paires non entrelacées, dans l'ordre \(p_1, q_1, p_2, q_2\), le morceau du milieu \(\Sigma_{12}\) est la réunion des deux arcs \(]q_1, p_2[\) et \(]q_2, p_1[\). L'exemple est de nous ; le compte qui suit porte sur les classes, et reste juste. ↩
  19. La page écrit « \(\Sigma_{\alpha_0} \cap \Sigma_i = \emptyset\) » sans les signes. Elle annonce la conclusion (« ce qui achèvera la démonstration ») avant l'argument, qui occupe le bas de la page 20 ; on a rétabli l'ordre. ↩
  20. La page énonce le lemme pour une famille quelconque de \(\Sigma_\alpha^{+}\) deux à deux disjoints et laisse la démonstration en suspens (« Cela provient … ») ; la marge dit que c'est « trivial, du fait que les \(E_i\) sont disjoints ». La disjonction ne donne que l'inclusion dans la réunion ; pour passer à un seul \(\Sigma_\alpha^{+}\), il faut (b), ou la connexité de \(E_\beta\). La démonstration est de nous. ↩
  21. Elle écrit que \((S, I, R)\) est un « graphe strict », ce qui signifie a) que chaque \(E_i\) touche exactement deux morceaux, et b) que « \(i\) est caractérisé par l'une de ces deux \(U_s\) » ; on lit b) comme l'absence d'arêtes multiples : \(i\) est déterminé par ses deux extrémités. La démonstration qui suit est de nous. ↩
  22. La page s'arrête sur « \(K \smallsetminus \{i\} = \{ \alpha \in I \mid E_\alpha \subset \Sigma_\alpha^{-} \}\) », le reste restant blanc. Telle qu'écrite la condition ne dépend pas de \(i\) ; lue avec \(\Sigma_i^{-}\), comme le transcripteur le suggère, elle est fausse dès trois cordes parallèles \(E_1, E_2, E_3\) d'un disque, dans cet ordre : du côté de \(E_1\) qui contient les deux autres, le morceau incident à \(E_1\) ne touche que \(E_2\). La condition de non-séparation est de nous. ↩
  23. La première phrase topologique est d'une lecture incertaine ; on a gardé ce qui s'y démontre. ↩
  24. « Si elles sont distinctes » est ajouté en interligne ; la démonstration de la page 26 en a besoin. ↩
  25. La note est d'une lecture très incertaine ; on n'en garde que ce que la page 35 établit. ↩
  26. La finitude de l'arbre est de nous : sans elle, une composante peut n'avoir aucune feuille, et la condition (\(*\)) ne suffit plus. ↩
  27. La condition est écrite en partie dans l'interligne et en partie dans la marge, et sa lecture est incertaine. On a vérifié qu'ainsi lue elle est exactement ce qu'il faut : \(\Pi_a = \Pi_b\) exige \(E_a = E_b = \emptyset\) et tout ce qui est entre \(a\) et \(b\) vide, ce qui, sous (\(*\)), force les sommets intermédiaires à être d'ordre \(2\) et viole (\(**\)) au premier d'entre eux. ↩
  28. Le passage est d'une lecture incertaine. On a vérifié l'énoncé sur les cas de la page 35 : l'égalité \(E_a = \Sigma_{12}\) demande que tout ce qui sépare \(a\) de \(b\), et \(E_b\), soient vides, ce que (\(*{*}*\)) interdit au sommet voisin de \(b\). ↩
  29. La page 28 annonce, entre crochets, « une description complète des propriétés particulières des \(\Gamma^{*}\) » — chaque arête a une extrémité dans \(A'\) et l'autre dans \(S\) — et s'interrompt. ↩
  30. P. Buneman, 1971 : une famille de scissions (bipartitions) d'un ensemble fini deux à deux compatibles — l'un des quatre croisements vide, exactement la condition de non-parallélité — est l'ensemble des scissions définies par les arêtes d'un arbre. Ce travail a paru dans un recueil d'archéologie quantitative ; les pages ne le citent pas. Le rapprochement, et l'affirmation que les deux constructions sont inverses, sont de nous. ↩
  31. La page commence ensuite une condition sur ces frontières (« on s'intéresse à la cond. »), qu'elle barre. C'est la condition qui, dans la Version I, vient de la connexité. ↩
  32. La page écrit que (10) « équivaut » à (11), « ou encore » à (11 bis). Avec des hémisphères fermés, (11) n'exclut pas que \(\Sigma_1^{+}\) touche l'équateur \(E_2\). Exemple (de nous) : dans un disque, \(\Sigma_2^{-}\) un demi-disque fermé, \(\Sigma_1^{+}\) un petit disque fermé contenu dans \(\Sigma_2^{-}\) et tangent au diamètre \(E_2\), \(\Sigma_1^{-}\) l'adhérence de son complémentaire ; (11) est vraie, et aucune paire d'hémisphères n'est disjointe. Dans la Version I, où \(\Sigma\) désigne les composantes ouvertes, l'équivalence de la page 14 est juste. ↩
  33. Par exemple \(\Sigma_1^{+} \cup \Sigma_{12} = (\Sigma_1^{+} \cup \Sigma_1^{-}) \cap (\Sigma_1^{+} \cup \Sigma_2^{-}) = \Sigma_2^{-}\). Une réunion de deux fermés recollés le long de leur intersection est aussi une somme amalgamée d'espaces topologiques : les carrés sont cocartésiens dans les espaces, pas seulement dans l'ensemble ordonné des parties. ↩
  34. Dans la première relation, le signe entre \(\Sigma_1^{+}\) et \(\Sigma_2^{-}\) est un \(=\) repassé en \(\neq\), ou l'inverse ; la seconde et la suite demandent \(=\). ↩
  35. La page conclut « on aurait \(\Sigma_1^{-} = X\) » pour les deux inclusions ; pour la seconde c'est \(\Sigma_1^{+} = X\), exclu pour la raison dite. ↩
  36. La marge note que c'est un élément de \(\mathfrak{P}(\mathfrak{P}_2(\mathfrak{P}(X)))\) : un ensemble de paires de parties. ↩
  37. « Il faut vérifier que c'est transitif … d'ordre », en marge. La vérification est de nous. ↩
  38. La page affirme l'énoncé sans démonstration ; celle-ci est de nous. ↩
  39. « Fini » est une lecture incertaine, et « ordonné » est biffé puis, semble-t-il, récrit. La condition b) est biffée sur la page, mais son contenu revient dans le NB qui suit (« \(\sigma\) est un antiautomorphisme de l'ens. ordonné \(C\) »), sans qu'on puisse lire s'il est posé ou déduit. Il faut le poser : a) seul ne l'entraîne pas. Contre-exemple (de nous) : \(C = \{x, \sigma x, y, \sigma y\}\) avec pour seules relations \(x < y\) et \(\sigma x < \sigma y\) vérifie a), et \(\sigma\) n'y renverse pas l'ordre. ↩
  40. Le terme « pocset » (ensemble ordonné muni d'une involution qui renverse l'ordre, \(x\) et \(\sigma x\) incomparables) est de M. Roller (1998) ; la construction d'un arbre à partir d'une famille emboîtée de parties est de M. J. Dunwoody (1979), et l'on retrouve le cube complexe de M. Sageev (1995) quand on lève l'emboîtement. Les pages ne citent aucun de ces travaux. L'identification des quartettes ordonnés aux pocsets emboîtés, et donc aux arbres finis, est de nous. Elle donnerait la réciproque qu'annonce « Inversement » : tout quartette ordonné provient d'une famille strictement non parallèle, celle de la réalisation topologique de son arbre (page 28). La page ne l'énonce pas. ↩
  41. Le contre-exemple et les deux énoncés vrais sont de nous. Le graphe du quartette de trois cordes autour d'un triangle est un tripode, qu'on trouve dessiné, en « Y » épais, page 11. ↩
  42. La page invoque deux fois une condition « (28 a) », qu'on ne trouve pas sur la page 38 transcrite. Les deux usages sont des conséquences de a) et de b) : \(x < y\) et \(x \leqslant \sigma y\) rendraient \(\sigma x\) comparable à \(y\). On identifie donc (28 a) à la condition a) ; le numéro n'est pas lisible sur la page. ↩
  43. La page ne dit pas que \(u\) est circulaire, c'est-à-dire transitif ; c'est ce que veulent dire « polygonale » et tout ce qui suit. C'est la troisième description d'un polygone combinatoire du dossier 89 (pages 19 et 20), où une orientation est le choix de l'une des deux permutations. ↩
  44. La page écrit « l'ens. \((S,[1,N-1]_{\mathbb{N}})\) » pour le produit. Le décompte est de nous. ↩
  45. La marge introduit \(\operatorname{Segm}_{S'}(S)\), l'ensemble des segments de \(S\) contenus dans \(S'\) ; elle est en grande partie illisible. ↩
  46. La page énonce les équivalences sans les démontrer ; l'argument est de nous. ↩
  47. La page s'arrête sur « il existe un plus petit… », et la marge parle des « plus petits » segments. La construction est de nous. ↩
  48. La page ajoute entre parenthèses « (plus généralement si \(A \cap B\) est un segment) », qu'on ne sait pas interpréter ; on ne la reprend pas. L'exemple des singletons est à demi illisible. ↩
  49. La note marginale est écrite en rotation et en partie surchargée ; on n'en garde que l'énoncé qui ressort. « Réalisé comme partie convexe du bord d'un disque » est une lecture incertaine. ↩
  50. La marge porte un exemple, « partitions … (au moins deux) … de \(S\) », en grande partie illisible. ↩
  51. G. Kreweras, « Sur les partitions non croisées d'un cycle », Discrete Mathematics 1 (1972). Elles sont comptées par les nombres de Catalan et forment un treillis ; la page ne compte ni n'ordonne, et ne cite pas ce travail. Le vocabulaire « non croisé » est invariant par renversement du cycle, comme la bi-circulation l'exige. ↩
  52. L'intuition n'est pas précisée, et un mot qui en limiterait la portée est illisible. On connaît aujourd'hui une bijection entre partitions non croisées d'un \(N\)-gone et appariements non croisés d'un \(2N\)-gone, où chaque point est dédoublé ; elle ne réalise pas l'inégalité \(N' \leqslant N\) de la page, et l'on ne sait pas quelle correspondance il avait en vue. ↩
  53. La marge dit « si \(x \in \bigcup A\), alors \(\Sigma(x)\) … non vide … \(A \in \Sigma(x)\) minimal … \(x \in A^{*}\) », avec des mots illisibles ; on a complété. ↩
  54. La page qualifie cette partition d'un mot lu, avec doute, « par-dessus ». La non-parallélité des cœurs, qu'elle n'établit pas ici, est affirmée page 51 (« \(A^{*}\) et \(B^{*}\) non parallèles ») ; la démonstration est de nous. ↩
  55. La page note \(R\) l'ensemble résiduel, et \(\widehat{\Sigma} = \Sigma\) si \(R = \emptyset\) ; on le note \(Z\) pour réserver \(R\) à la relation d'équivalence des pages 47 à 50. ↩
  56. On a vérifié l'exemple de la page : les deux paires \(\{a_i, a_i'\}\) sont des segments de l'hexagone, le grand segment de \(\Sigma_1\) est \(b', a_1', a_1, b\), et \(\{a_1, a_1'\}\) en est intérieur ; son cœur est \(\{b, b'\}\), et \(Z = \emptyset\). La suite, un « exemple plus général », est barrée. ↩
  57. Les pages 48 à 50 sont à l'encre brune, d'une main rapide, dont les formules portent et la prose souvent pas. On a gardé ce qui s'y démontre. ↩
  58. La page raisonne sur deux classes \(S_i\), \(S_j\) contenues dans \(A\) et sur « le segment composant » de l'une qui contient l'autre, en affirmant qu'il est contenu dans \(A\). Ce n'est pas toujours le cas : si \(S_i\) et \(S_j\) sont côte à côte dans \(A\), le composant de \(S \smallsetminus S_j\) qui contient \(S_i\) déborde de \(A\). La démonstration donnée ici est de nous. ↩
  59. L'analogie est de nous. « Anglet » est la lecture retenue pour un mot écrit six fois. ↩
  60. La page écrit « sinon, \(R\), serait un segment contenant deux anglets, absurde ». On lit : « \(S_1\) serait un segment saturé, contenant donc un anglet ». Sur cette page, \(R_1\) désigne tantôt la relation induite sur \(S_1\), tantôt \(S_1\) lui-même ; on écrit \(S_1\) et \(R_1 = R|_{S_1}\). ↩
  61. Plusieurs conditions sont écrites puis biffées (\(\operatorname{card} \Sigma_1 \geqslant 2\), \(\operatorname{card} S_1 \geqslant 2\)), et la dernière, \(\operatorname{card} \pi_0(S_2) \neq 1\), termine la page ; on n'essaie pas de reconstituer la définition visée. ↩
  62. « Quasi-segment », « fini » et « sommets » sont des lectures incertaines ; la description comme polygone ouvert est de nous. Les notions qui suivent n'ont de sens que si \(I\) est ordonné de la sorte. ↩
  63. Le signe de b) est surchargé ; la lecture retenue est celle de (\(\sigma_2\)). Le « donc » de c) est juste : le plus petit élément de \(\Sigma\) qui contient une extrémité de \(I\) l'a pour extrémité. ↩
  64. La vérification et l'exemple sont de nous ; la page affirme le NB sans le démontrer. ↩
  65. La reconstitution est de nous. Elle est soutenue par les croquis : « bi » et « bi », « mon » et « bi », « mon » et « mon », avec des doubles flèches entre les lobes, et, page 54, un disque relié par un tube court à une feuille rectangulaire. La condition de la première ligne, « \((a,\omega)\), \((a',\omega)\) et \((a,\overline{\omega})\), \((a',\overline{\omega})\) sont des paires associées », d'une lecture incertaine, paraît fixer quelle rive de \(a\) va avec quelle rive de \(a'\). ↩
  66. La page écrit ici \(f^{*}\) là où les deux autres lignes ont \(f\). ↩
  67. Dans le troisième cas, la formule suppose que la carte obtenue est connexe, ce que la page ne dit pas. Si \(a\) et \(a'\) sont deux isthmes — arêtes dont le retrait déconnecte, toujours monaires —, le raccord en croix produit deux cartes, et \(g' + g'' - 1\) peut valoir \(-1\) ; il faut qu'au moins l'une des deux arêtes monaires ne soit pas un isthme, ce qui demande un genre au moins égal à \(1\). La condition est de nous. ↩
  68. Le rapprochement est de nous ; aucune des deux séries ne cite l'autre. ↩