Cote n° 8 · pages 1–80
· Lecture modernisée · Cristaux (1970). Gribouillis et calculs divers : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [vers 1967- vers 1971]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre
Résumé
La chemise dit elle-même ce qu'elle contient : des gribouillis et des calculs divers, autour de 1970, sous le mot « Cristaux ». Ce n'est pas un texte suivi. Ce sont six chantiers successifs, griffonnés au dos ou entre des feuillets d'autres textes, et qui pourtant tournent tous autour d'une même question : comment décrire un objet arithmétique — un groupe fini en caractéristique \(p\), un groupe \(p\)-divisible, une variété — par de l'algèbre linéaire munie d'un Frobenius.
Le problème vient de loin. En caractéristique zéro, une variété complexe a sa cohomologie, un espace vectoriel que l'on peut écrire, décomposer, comparer. En caractéristique \(p\) les outils habituels se dérobent : la cohomologie à coefficients entiers modulo \(p\) est trop pauvre, et c'est précisément le nombre premier \(p\) qui intéresse. La réponse de Grothendieck, dans ces années, s'appelle les cristaux. Une image aide. Un cristal est un objet qui « pousse » de la même façon partout où on le place : connu sur l'espace lui-même, il est connu, sans arbitraire, sur tous ses épaississements infinitésimaux. Et sur ces cristaux agit une opération propre à la caractéristique \(p\), le Frobenius, qui élève tout à la puissance \(p\). Toute l'arithmétique se reflète alors dans la façon dont le Frobenius agit sur un module : le même groupe fini, qui en lui-même est un objet très rigide et difficile à saisir, devient un module libre muni de deux flèches \(F\) et \(V\), dont le composé est la multiplication par \(p\).
Le dossier s'ouvre sur la question la plus fine : un groupe fini tué par \(p\), dont le « cristal de Dieudonné » vit sur un site compliqué (le site cristallin), peut-il être décrit par des données vivant sur l'espace ordinaire, le site de Zariski ? L'outil est une remarque simple — en caractéristique \(p\), le Frobenius d'un épaississement à puissances divisées se factorise par l'espace lui-même — qui fournit un pont dans un seul sens, et la question est de savoir ce que l'on perd en le traversant. Viennent ensuite des calculs explicites, en coordonnées, de modules de Dieudonné : pour les groupes « ordinaires », les plus simples qui soient, puis pour les groupes sur lesquels opère l'anneau des entiers d'un corps \(p\)-adique. Ces derniers mènent aux groupes de Lubin et Tate, qui fabriquent la théorie du corps de classes local, et à un théorème de Tate qui décompose leur module de Tate comme on décompose la cohomologie d'une variété complexe en types de Hodge.
À partir de là le regard change d'échelle. Les dernières pages regardent toutes ces structures d'un coup — le Frobenius cristallin, la filtration de Hodge, l'action du groupe de Galois, la comparaison avec la cohomologie complexe — comme les réalisations d'un même objet, et cherchent le groupe dont elles sont les représentations : le langage est celui des catégories tannakiennes, et l'objet est le motif. Une page dresse la liste des conjectures en jeu, Hodge et Tate en tête. Le dossier se ferme sur un calcul modeste, qui rejoint la première page : le complexe qui mesure la géométrie infinitésimale d'un groupe de type multiplicatif, et l'obstruction, cachée dedans, à relever une représentation modulo \(p\) en une représentation modulo \(p^{2}\).
On y voit une manière de travailler. Grothendieck pose ses données par lettres, a), b), c), en se demandant chaque fois ce qu'elles déterminent et ce qu'elles laissent libre ; il écrit « à prouver ! » à côté d'un énoncé dont il a besoin, « Question » devant une équivalence qu'il espère, et un point d'interrogation devant une conjecture qu'il se propose de « revoir ». Plusieurs des questions posées ici ont reçu depuis des réponses, sous d'autres noms : la théorie de Dieudonné cristalline, les représentations cristallines, les périodes \(p\)-adiques. Les pages ne le savent pas, et la lecture qui suit s'efforce de ne pas le leur faire dire.
Keywords — Dieudonné crystal, crystalline site, Frobenius descent, co-Lie complex, finite flat group scheme killed by p, truncated Barsotti-Tate group, ordinary Barsotti-Tate group, F-crystal with connection, Frobenius lift, formal A-module, Lubin-Tate group, Grothendieck-Messing deformation theory, Hodge-Tate decomposition, Lubin-Tate character, Tannakian category, filtered F-isocrystal, mysterious functor, motivic Galois group, period torsor, Hodge conjecture, Tate conjecture, group of multiplicative type, lifting obstruction
1–1
Le fil du dossier, et les conventions
Les stations
Le dossier compte quatre-vingts pages, dont un peu plus de la moitié sont de la main de Grothendieck. Le reste se partage entre des feuillets de tapuscrits portant des corrections à la main, qui n'ont pas de rapport avec les notes voisines et sont décrits là où ils tombent, et des versos dactylographiés ou ronéotypés sans aucune intervention (un texte anglais sur les points doubles pseudo-rationnels, une « Tribu » de Bourbaki, deux cours polycopiés sur les variétés \(C^{r}\) et sur l'intégration), que la lecture ignore. Les pages de sa main forment six chantiers :
- Pages 1 à 21. Descente du cristal de Dieudonné d'un groupe fini tué par \(p\) au site de Zariski, au moyen des complexes co-Lie de \(G\) et de son dual. Le programme est posé trois fois (pages 3–4, 9, 15–17), calculé dans le cas des groupes de Barsotti–Tate tronqués d'échelon 1 (pages 12–13), et ramené pour finir à un problème de descente dont l'indétermination est mesurée par des \(\operatorname{Ext}\) relatifs (page 19). Une page barrée, la page 16, traite d'autre chose.
- Pages 24 à 30. Le module de Dieudonné d'un groupe de Barsotti–Tate ordinaire sur une base lisse, et plus généralement d'un \(F\)-cristal à connexion, calculé en coordonnées après choix d'un relèvement du Frobenius.
- Pages 33 à 55. Les groupes de Barsotti–Tate sur \(\mathbb{F}_{q}\) sur lesquels opère l'anneau des entiers \(A\) d'un corps \(p\)-adique : classification par le module de Dieudonné, caractérisation de la dimension 1, relèvement en groupe de Lubin–Tate, et lecture du théorème de Tate sur ce relèvement.
- Pages 57 à 59. Trois feuilles de papier quadrillé : des lignes polygonales et des comparaisons de fractions.
- Pages 60 à 74. Le groupe de Galois tannakien des \(F\)-cristaux filtrés à isogénie près, puis la même liste de structures pour les motifs sur un ouvert de \(\operatorname{Spec}\mathbb{Z}\), et une liste de conjectures.
- Pages 77 à 80. Le complexe co-Lie d'un groupe de type multiplicatif, et la classe d'obstruction qu'il contient.
Le premier et le dernier chantier parlent du même objet, le complexe co-Lie \(\ell^{G}\) ; le deuxième et le troisième calculent des modules de Dieudonné ; le troisième et le cinquième parlent tous deux de comparaison entre le module de Tate et la filtration de Hodge. Rien dans le dossier ne dit dans quel ordre ces pages ont été écrites, et l'on ne prétend pas qu'elles forment un argument : ce sont des stations, et la lecture les prend dans l'ordre des pages.
Conventions, valables pour tout le dossier
\(p\) est un nombre premier. Pour un schéma \(S\) de caractéristique \(p\), \(F_{S}\) est son Frobenius absolu et, pour un \(\mathcal{O}_{S}\)-module \(E\), \(E^{(p)} = F_{S}^{*}E\). On écrit \(S_{\mathrm{zar}}\) pour le topos de Zariski de \(S\) et \(S_{\mathrm{cris}}\) pour le topos cristallin de \(S\) sur \(\mathbb{F}_{p}\) (sur \(\mathbb{Z}_{p}\) quand on le précise).
Le morphisme \(\varphi\). La lettre \(\varphi\) désigne dans tout le document le morphisme de topos \[ \varphi\colon S_{\mathrm{cris}} \longrightarrow S_{\mathrm{zar}}, \qquad \varphi\,\varepsilon = F_{S}, \] où \(\varepsilon\colon S_{\mathrm{zar}} \to S_{\mathrm{cris}}\) est le morphisme canonique. Il existe pour la raison que la page 19 dessine : si \((U, T, \delta)\) est un épaississement à puissances divisées en caractéristique \(p\), d'idéal \(J\), alors \(x^{p} = p!\,\gamma_{p}(x) = 0\) pour \(x \in J\), donc le Frobenius de \(T\) se factorise par \(U\), et l'on pose \(\varphi^{*}(E)_{T} = (T \to U \to S)^{*}E\). Pour un cristal \(\mathcal{M}\) sur \(S_{\mathrm{cris}}\), \(\varphi^{*}\varepsilon^{*}\mathcal{M} = \mathcal{M}^{(p)}\) est sa tordue par Frobenius, et pour un module \(E\) sur \(S_{\mathrm{zar}}\), \(\varepsilon^{*}\varphi^{*}E = E^{(p)}\).1
Le cristal et sa valeur. \(\mathcal{M}\) (lettre ronde) est un cristal, \(M = \varepsilon^{*}\mathcal{M}\) (lettre droite) sa valeur sur \(S_{\mathrm{zar}}\). Pour un groupe fini localement libre \(G\), \(\mathbb{D}^{*}(G)\) est son cristal de Dieudonné (contravariant), muni de \(F\colon \mathbb{D}^{*}(G)^{(p)} \to \mathbb{D}^{*}(G)\) et \(V\colon \mathbb{D}^{*}(G) \to \mathbb{D}^{*}(G)^{(p)}\), et \(G^{*}\) est le dual de Cartier de \(G\).2
Le complexe co-Lie. \(\ell^{G}\) est le complexe co-Lie de \(G\) au sens d'Illusie, de tor-amplitude \([-1, 0]\) pour \(G\) fini localement libre, avec \[ \omega_{G} = H^{0}(\ell^{G}), \qquad n_{G} = H^{-1}(\ell^{G}), \qquad t_{G} = \omega_{G}^{\vee} = \operatorname{Lie}(G). \] La page écrit tantôt \(\ell^{G}_{\bullet}\), tantôt \(\ell_{\bullet}\) pour \(\ell^{G}\) et \(\ell'_{\bullet}\) pour \(\ell^{G^{*}}\) ; le « \(\check{\ ~}\) » désigne le dual \(R\mathcal{H}om(-, \mathcal{O})\).3
Les corps locaux (pages 33 à 74). \(K\) est une extension finie de \(\mathbb{Q}_{p}\), d'anneau d'entiers \(A\), d'uniformisante \(\pi\), d'indice de ramification \(e\), de corps résiduel \(k = \mathbb{F}_{q}\), \(q = p^{f}\), et \(h = ef = [K : \mathbb{Q}_{p}]\) ; \(W = W(k)\), \(K_{0} = W[1/p]\), \(\sigma\) est le Frobenius de \(W\). \(\Gamma_{K} = \operatorname{Gal}(\bar K/K)\), et \(\mathbb{C}_{p}\) est le complété de \(\bar K\).4
1–5
Le cristal d'un groupe tué par \(p\) et sa descente (pages 1 à 5)
Les données (pages 3 et 4)
Soit \(G\) un schéma en groupes commutatif fini localement libre, tué par \(p\), sur une base \(S\) de caractéristique \(p\). Le programme, posé page 4 comme une liste de structures qu'on « associe (conjecturalement) » à \(G\) et repris page 3 pour un cristal abstrait, est le suivant.
a) Un cristal \(\mathcal{M} = \mathbb{D}^{*}(G)\) sur \(S_{\mathrm{cris}}\), localement libre de type fini, fonctoriel en \(G\), avec \[ \mathcal{M}^{(p)} \xrightarrow{\ F\ } \mathcal{M} \xrightarrow{\ V\ } \mathcal{M}^{(p)}, \qquad FV = 0, \quad VF = 0. \]
b) Un complexe parfait \(\Delta = \Delta(\mathcal{M})\) sur \(S_{\mathrm{cris}}\), de tor-amplitude dans un intervalle de longueur 1, dont les deux faisceaux de cohomologie sont isomorphes à \(\mathcal{M}\), muni de \(F_{\Delta}\), \(V_{\Delta}\) avec \(F_{\Delta}V_{\Delta} = V_{\Delta}F_{\Delta} = 0\), et deux triangles distingués \[ (\mathrm{I}) \quad [\mathcal{M}^{(p)} \xrightarrow{F} \mathcal{M}] \xrightarrow{\ i_{\mathrm{I}}\ } \Delta^{(p)} \xrightarrow{\ \pi_{\mathrm{I}}\ } [\mathcal{M} \xrightarrow{V} \mathcal{M}^{(p)}] \xrightarrow{\ \partial_{\mathrm{I}}\ } , \] \[ (\mathrm{II}) \quad [\mathcal{M} \xrightarrow{V} \mathcal{M}^{(p)}] \xrightarrow{\ i_{\mathrm{II}}\ } \Delta \xrightarrow{\ \pi_{\mathrm{II}}\ } [\mathcal{M}^{(p)} \xrightarrow{F} \mathcal{M}] \xrightarrow{\ \partial_{\mathrm{II}}\ } , \] avec \(\Delta^{(p)} \simeq \varphi^{*}(\varepsilon^{*}\Delta)\).5
c) Sur \(S_{\mathrm{zar}}\), les complexes co-Lie \(\ell = \ell^{G}\) et \(\ell' = \ell^{G^{*}}\), de tor-amplitude \([-1,0]\), et un accouplement \((\ell^{G^{*}})^{\vee} \to \ell^{G}\), c'est-à-dire une flèche \(\mathcal{O}_{S} \to \ell^{G^{*}} \otimes^{L} \ell^{G}\).6
d) Un triangle distingué sur \(S_{\mathrm{zar}}\), posant \(\Delta_{\mathrm{zar}} = \varepsilon^{*}\Delta\), \[ (\mathrm{III}) \quad \ell[-1] \xrightarrow{\ i_{0}\ } \Delta_{\mathrm{zar}} \xrightarrow{\ \pi_{0}\ } \check\ell' \xrightarrow{\ \partial_{0}\ } , \] et des isomorphismes \(\varphi^{*}(\ell[-1]) \simeq [\mathcal{M}^{(p)} \xrightarrow{F} \mathcal{M}]\), \(\varphi^{*}(\check\ell') \simeq [\mathcal{M} \xrightarrow{V} \mathcal{M}^{(p)}]\) qui identifient \(\varphi^{*}(\mathrm{III})\) au triangle (I).
C'est là tout le sens du programme. Le triangle (I) est une « filtration » du complexe \(\varphi^{*}\Delta_{\mathrm{zar}} = \Delta^{(p)}\) sur le site cristallin ; (III) en est une descente au site de Zariski, et ce qui descend, ce sont les complexes co-Lie de \(G\) et de \(G^{*}\). Si \(M = \varepsilon^{*}\mathcal{M}\) (un module localement libre muni d'une connexion intégrable), on en tire en appliquant \(\varepsilon^{*}\) \[ \ell[-1]^{(p)} \simeq [M^{(p)} \xrightarrow{F_{M}} M], \qquad \check\ell'^{(p)} \simeq [M \xrightarrow{V_{M}} M^{(p)}], \] ce que la page encadre d'un point d'exclamation, avec en marge « comp. avec connexion ».
Le cas où \(F\) est nul (page 1)
La page 1, écrite avant ou à côté de ce programme, en calcule un cas. Si \(G\) est de hauteur \(\le 1\) — le noyau du Frobenius d'un groupe lisse \(H\) —, son cristal est \(\varphi^{*}(\omega)\) avec \(\omega = \omega_{G}\), le Frobenius du cristal est nul, et \(V\) est \(\varphi^{*}\) de la flèche \[ C\colon \omega \longrightarrow \omega^{(p)}, \] transposée de l'application puissance \(p\)-ième de l'algèbre de Lie.7 Le complexe co-Lie se calcule alors à la main : \(G = \operatorname{Ker}(F_{H})\) donne \(\ell^{G} \simeq [\omega^{(p)} \xrightarrow{0} \omega]\), la différentielle du Frobenius étant nulle, et le triangle (III) devient \[ [\omega^{(p)} \xrightarrow{0} \omega] \xrightarrow{(\mathrm{id},\,C)} [\omega^{(p)} \xrightarrow{0} \omega^{(p)}] \xrightarrow{(0,\,\mathrm{id})} [\omega \xrightarrow{C} \omega^{(p)}] \xrightarrow{(\mathrm{id},\,0)} , \] où le terme du milieu est \(\Delta_{\mathrm{zar}}\), à cohomologie \(\omega^{(p)} = M\) en chaque degré.8 Le haut de la page note aussi la suite exacte \(0 \to {}_{F}\mathcal{M}^{(p)} \to \mathcal{M} \to {}_{V}\mathcal{M}^{(p)} \to\), inachevée.
Compatibilités avec \(F\) et \(V\) (pages 3 et 5)
Sur \(\ell\) et \(\ell'\), les structures sont \(V_{\ell}\colon \ell \to \ell^{(p)}\), \(F_{\ell} = 0\), et de même pour \(\ell'\). La page 3 les définit à partir des triangles : \[ F_{\check\ell'} := \pi_{0}\,\varepsilon^{*}(i_{\mathrm{II}}) = {}^{t}V_{\ell'}, \qquad V_{\ell}[-1] := \varepsilon^{*}(\pi_{\mathrm{II}})\, i_{0}. \] La page 5 annonce deux énoncés : 1) le triangle (III) est compatible aux structures \((F, V)\) — « à prouver ! » ; 2) l'isomorphisme \(\varphi^{*}(\mathrm{III}) \simeq (\mathrm{I})\) l'est aussi. Elle vérifie que \(i_{0}\) est compatible à \(V\) et \(\pi_{0}\) à \(F\) (le reste « de même »), que \(\partial_{0}\) est compatible à \(F\) parce que \(\partial_{0}\,\pi_{0}\,\varepsilon^{*}(i_{\mathrm{II}}) = 0\) (deux flèches consécutives d'un triangle), et pour 2) le calcul \[ \varphi^{*}(V_{\ell}[-1]) = \varphi^{*}\varepsilon^{*}(\pi_{\mathrm{II}})\, \varphi^{*}(i_{0}) = \pi_{\mathrm{II}}^{(p)}\, i_{\mathrm{I}} = V_{[\mathcal{M}^{(p)} \to \mathcal{M}]}, \] « et l'autre relation se prouve de même !! ».9 Le point 1), en tant qu'existence de (III), n'est établi nulle part dans le dossier.
6–14
Un tapuscrit intercalé (pages 6, 8, 10 et 14)
Quatre feuillets d'un tapuscrit français, numérotés 32, 33, 35 et 37.1, s'intercalent entre ces notes. Ils portent la fin de la démonstration d'un théorème de changement de base propre pour les faisceaux de torsion (un théorème (5.1) à trois volets (i), (ii), (iii) pour des triples \((g, f, F)\)), le Lemme (8.3) — si \(\pi\colon \bar X \to X\) est propre et surjectif au-dessus de \(S\), les énoncés (5.1) pour \(\bar f\) et pour \(\pi\) entraînent ceux pour \(f\) — et le Lemme (8.4), qui ramène (5.1) au cas \(f\) projectif. Les corrections à la main sont de rédaction : « s'ensuit » remplacé par « résulte », « applicable » par « pertinent », l'énoncé (i) du Lemme (8.3) biffé et remplacé par « Assertion vide », un « un peu bref, faire l'argument » en marge, des renvois complétés.10 Ils n'ont pas de rapport avec les cristaux.
7–9
D'où viennent les deux triangles (pages 7 et 9)
\(F\) et \(V\) se lisent sur les triangles (page 7)
La page 7 récrit les deux triangles avec des lettres abstraites : \(A \to \mathfrak{X}^{(p)} \to B \to\) pour (I) et \(B \to \mathfrak{X} \to A \to\) pour (II). Elle observe que le Verschiebung de \(\mathfrak{X}\) est le composé \[ V_{\mathfrak{X}} = i_{\mathrm{I}}\,\pi_{\mathrm{II}}\colon \mathfrak{X} \to A \to \mathfrak{X}^{(p)}, \] et, de même, \(F_{\mathfrak{X}} = i_{\mathrm{II}}\,\pi_{\mathrm{I}}\colon \mathfrak{X}^{(p)} \to B \to \mathfrak{X}\).11 Les relations \(F_{\mathfrak{X}}V_{\mathfrak{X}} = 0\) et \(V_{\mathfrak{X}}F_{\mathfrak{X}} = 0\) sont alors automatiques, puisque \(\pi_{\mathrm{I}}\,i_{\mathrm{I}} = 0\) et \(\pi_{\mathrm{II}}\,i_{\mathrm{II}} = 0\). Il se demande encore si les composés des cobords \(\partial_{\mathrm{I}}\partial_{\mathrm{II}}\) et \(\partial_{\mathrm{II}}\partial_{\mathrm{I}}\) sont nuls (« nul ? », entouré deux fois), et note que \(\varepsilon^{*}\) envoie (I) sur la tordue \((\mathrm{II})^{(p)}\).
Le cristal sur \(\mathbb{Z}_{p}\) (page 9)
La page 9 reprend tout avec une donnée plus naturelle, et c'est elle qui explique les triangles. On part d'un cristal \(\mathcal{D}\) sur \(S_{\mathrm{cris}}/\mathbb{Z}_{p}\), de présentation finie et de tor-amplitude \([-1, 0]\), avec \(F\) et \(V\) — par exemple le cristal de Dieudonné de \(G\), qui est tué par \(p\) si \(G\) l'est. On pose \[ \Delta = \mathcal{D} \otimes^{L} \mathbb{Z}/p \] sur \(S_{\mathrm{cris}}/\mathbb{F}_{p}\). Si \(\mathcal{D}\) est tué par \(p\), les deux faisceaux de cohomologie de \(\Delta\) sont \(\mathcal{D}[p] = \mathcal{D}\) et \(\mathcal{D}/p = \mathcal{D}\) : c'est exactement la propriété demandée page 3. Et les triangles sont ceux de l'axiome de l'octaèdre appliqué aux deux factorisations de \(p\) : \[ p = V F \ \text{ sur } \mathcal{D}^{(p)} \ \Longrightarrow\ \mathcal{D}\overset{L}{\otimes}/F \to \mathcal{D}^{(p)}\overset{L}{\otimes}/p \to \mathcal{D}\overset{L}{\otimes}/V \to , \] \[ p = F V \ \text{ sur } \mathcal{D} \ \Longrightarrow\ \mathcal{D}\overset{L}{\otimes}/V \to \mathcal{D}\overset{L}{\otimes}/p \to \mathcal{D}\overset{L}{\otimes}/F \to , \] où « \(\otimes^{L}/u\) » désigne le cône de \(u\). Ce sont (I) et (II), avec \(\mathcal{D}^{(p)}\otimes^{L}/p \simeq \varphi^{*}(\Delta_{\mathrm{zar}})\).12
Le point b) devient alors, sans conjecture : descendre à \(S_{\mathrm{zar}}\), via \(\varphi\), la filtration (I) de \(\varphi^{*}(\Delta_{\mathrm{zar}})\), c'est-à-dire trouver le triangle (III). Et la page va un cran plus loin : sur un épaississement à puissances divisées \(S'\) de \(S\), on dispose de \(\Delta(S') = \mathcal{D} \otimes^{L} \mathcal{O}_{S'}\), qui prolonge \(\Delta\), et il faut se donner un prolongement \(\bar\ell[-1] \to \Delta(S') \to \check{\bar\ell}'\) du triangle (III).13 C'est l'esquisse d'une théorie des déformations par les cristaux : déformer \(G\), c'est prolonger la filtration.
11–13
Questions, et le cas des groupes tronqués d'échelon 1 (pages 11 à 13)
Quatre questions (page 11)
a) Les catégories de structures a), b) définissent-elles des champs sur \(S_{\mathrm{zar}}\) ?
b) Le foncteur qui oublie la descente et ne garde que le cristal \(\mathcal{M}\) sur \(S_{\mathrm{cris}}/\mathbb{F}_{p}\) est-il fidèle ?14
c) Le foncteur naturel qui va des modules localement libres \(\omega\) sur \(S_{\mathrm{zar}}\), munis de \(F_{\omega}\), \(V_{\omega}\), vers les structures a), b) est fidèle ; est-il pleinement fidèle ? L'est-il du moins sur la sous-catégorie \(F_{\omega} = 0\), ou sur celle où \(\operatorname{Ker} F = \operatorname{Im} V\) ?
d) Peut-on à \((\omega, F_{\omega}, V_{\omega})\) associer un schéma en groupes fini localement libre sur \(S\) ?15
Les groupes de Barsotti–Tate tronqués d'échelon 1 (pages 12 et 13)
Supposons \(G\) de Barsotti–Tate tronqué d'échelon 1, c'est-à-dire que \[ \mathcal{M}^{(p)} \xrightarrow{F} \mathcal{M} \xrightarrow{V} \mathcal{M}^{(p)} \xrightarrow{F} \mathcal{M} \] est exacte, ce qui équivaut à l'exactitude de la suite correspondante pour \(M\). Prenons la cohomologie du triangle (III). En degré 1 on obtient, avec \(\omega = H^{1}(\ell[-1]) = H^{0}(\ell)\) et \(\nu' = H^{1}(\check\ell')\), tous deux localement libres, une filtration \[ 0 \to \omega \to M \to \nu' \to 0 \] telle que, dans \(\varphi^{*}(M) = \mathcal{M}^{(p)}\), le sous-cristal \(\varphi^{*}(\omega)\) soit \(\operatorname{Im}(V\colon \mathcal{M} \to \mathcal{M}^{(p)})\). En degré 0, avec \(n = H^{-1}(\ell)\) et \(t' = H^{0}(\check\ell')\), \[ 0 \to n \to M \to t' \to 0, \qquad \varphi^{*}(n) = \operatorname{Ker}(F\colon \mathcal{M}^{(p)} \to \mathcal{M}). \] Comme \(\operatorname{Ker} F = \operatorname{Im} V\), on a \(\varphi^{*}(n) = \varphi^{*}(\omega)\), et la page conclut \[ n = \omega, \qquad t' = \nu' . \] On retrouve deux faits connus : la tordue par Frobenius de la filtration de Hodge \(0 \to \omega_{G} \to M \to t_{G^{*}} \to 0\) est \(\operatorname{Ker} F = \operatorname{Im} V\), et \(n_{G} \simeq \omega_{G}\) — ce qu'on voit aussi en écrivant localement \(G = X[p]\) pour un groupe de Barsotti–Tate \(X\), d'où \(\ell^{G} \simeq [\omega_{X} \xrightarrow{p} \omega_{X}]\), de différentielle nulle en caractéristique \(p\).16
Reste à savoir si \(\mathcal{M}\), \(F\), \(V\) suffisent à reconstituer toute la donnée b). On peut déjà construire \[ V_{\omega}\colon \omega \to \omega^{(p)}, \qquad F_{t'}\colon t'^{(p)} \to t', \] le premier parce que \(\omega^{(p)} = \operatorname{Im}(V_{M})\), en restreignant \(V_{M}\) à \(\omega\) ; le second parce que \(t'^{(p)} = \operatorname{Coker}(V_{M})\) et que \(F_{M}\), nul sur l'image de \(V_{M}\), se factorise en une injection \(t'^{(p)} \hookrightarrow M\), qu'on compose avec \(M \to t'\). Le dual \(\omega' = \check t'\) reçoit ainsi \(V_{\omega'} = {}^{t}F_{t'}\). La page 13 dessine les carrés correspondants, et une esquisse inachevée où les deux constructions se rejoignent sur la suite \(0 \to \omega \to M \to t' \to 0\).17
15–17
Le programme en quatre points (pages 15 et 17)
La page 15 reformule la donnée pour un cristal \(\mathcal{M}\) de présentation finie sur \(S_{\mathrm{cris}}/\mathbb{F}_{p}\) avec \(F\), \(V\) :
1° les triangles \(\mathrm{I}(\mathcal{M})\colon L(\mathcal{M}) \to \Delta(\mathcal{M})^{(p)} \to L'(\mathcal{M}) \to\) et \(\mathrm{II}(\mathcal{M})\), avec \(\varepsilon^{*}\mathcal{M} = M\) ;
2° un triangle \(\mathcal{T}\colon \mathcal{T}_{0} \to \mathcal{T}_{1} \to \mathcal{T}_{2} \to\) de complexes parfaits de tor-amplitude dans \([-1,0]\) sur \(S_{\mathrm{zar}}\), peut-être muni de \(F\) et \(V\) (« F-V-triangles ? ») ;
3° un isomorphisme de triangles \(\alpha\colon \varphi^{*}(\mathcal{T}) \simeq \mathrm{I}(\mathcal{M})\) ;
4° un isomorphisme \(\beta\colon \mathcal{T}_{1} \simeq \varepsilon^{*}\Delta(\mathcal{M})\) tel que \(\varphi^{*}(\beta)\) et \(\alpha_{1}\) coïncident, modulo l'identification \(\varphi^{*}\varepsilon^{*}\Delta(\mathcal{M}) = \Delta(\mathcal{M})^{(p)}\).18
La condition 4° est le point délicat : \(\mathcal{T}_{1}\), sur le site de Zariski, doit être la valeur de \(\Delta\), et pas seulement en devenir une après \(\varphi^{*}\).
La page 17 en donne l'exemple qui guide tout. À \(\omega\) sur \(S_{\mathrm{zar}}\) muni de \(F_{\omega}\), \(V_{\omega}\), on associe : \(\mathcal{M} = \varphi^{*}(\omega)\), \(F_{\mathcal{M}} = \varphi^{*}(F_{\omega})\), \(V_{\mathcal{M}} = \varphi^{*}(V_{\omega})\), donc \(M = \omega^{(p)}\) ; le triangle \[ \mathcal{T}(\omega)\colon\quad [\omega^{(p)} \xrightarrow{F_{\omega}} \omega] \longrightarrow [\omega^{(p)} \xrightarrow{0} \omega^{(p)}] \longrightarrow [\omega \xrightarrow{V_{\omega}} \omega^{(p)}] \longrightarrow , \] dont le terme du milieu est \(\Delta(\omega) = \varepsilon^{*}\Delta(\mathcal{M})\) ; des isomorphismes canoniques \(\alpha_{\omega}\colon \varphi^{*}\mathcal{T}(\omega) \simeq \mathcal{T}(\varphi^{*}\omega)\) et \(\beta_{\omega}\) ; et pour 4°, l'identité.19
Question. Le foncteur \[ (\omega, F_{\omega}, V_{\omega}) \longmapsto \bigl(\varphi^{*}\omega,\ \varphi^{*}F_{\omega},\ \varphi^{*}V_{\omega},\ \mathcal{T}(\omega),\ \alpha_{\omega},\ \beta_{\omega}\bigr) \] est-il pleinement fidèle ? L'est-il du moins sur la sous-catégorie \(F_{\omega} = 0\) ? Un morphisme de but est une paire \((u, v)\), \(u\colon \varphi^{*}\omega \to \varphi^{*}\omega'\) compatible à \(F\) et \(V\), \(v\colon \mathcal{T}(\omega) \to \mathcal{T}(\omega')\) un morphisme de triangles, rendant commutatifs les carrés formés avec \(\alpha\) et \(\beta\) ; la page note que \(v_{1}\) est alors déterminé comme \(\varepsilon^{*}(u)\), et \(\varphi^{*}(v)\) comme \(\mathcal{T}(u)\). La question reste ouverte dans le dossier.
16–16
Une page barrée : rigidité d'une donnée adélique (page 16)
La page 16, barrée de deux traits de crayon, traite d'autre chose, dont le dossier ne donne pas le contexte : une donnée \((\mathcal{M}, T)\) — la page ajoute « i.e. \(G\) » — munie de structures adéliques \((T_{\mathcal{A}'}, u_{\mathcal{A}'}, t_{\infty}, t_{p})\), où \(\mathcal{A}\) désigne les adèles de \(\mathbb{Q}\).20 Deux énoncés :
(3) Indétermination. La catégorie de ces données, pour \((\mathcal{M}, T)\) fixé, est un torseur sous la catégorie des \(\mu_{2}\)-torseurs sur \(\mathcal{A}\) ; ses classes d'isomorphisme forment un torseur sous \(H^{1}(\mathcal{A}, \mu_{2}) = \mathcal{A}^{*}/\mathcal{A}^{*2}\), et les automorphismes d'un objet forment \(H^{0}(\mathcal{A}, \mu_{2}) = \prod_{v} \{\pm 1\}\).21
(4) Rigidité. Les équivalences entre deux telles données forment une catégorie vide ou un torseur sous la catégorie des \(\mu_{2}\)-torseurs sur \(\mathbb{Q}\) trivialisés sur \(\mathcal{A}\). Les invariants de cette dernière sont les groupes de cohomologie relative \[ H^{1}(\mathbb{Q} \bmod \mathcal{A}, \mu_{2}) \simeq \Bigl(\prod_{v} \mathbb{Z}/2\mathbb{Z}\Bigr)\big/(\pm 1), \qquad H^{0}(\mathbb{Q} \bmod \mathcal{A}, \mu_{2}) = 0 . \] Les deux valeurs sont justes : elles découlent de la suite exacte \(\mu_{2}(\mathbb{Q}) \to \mu_{2}(\mathcal{A}) \to H^{1}(\mathbb{Q} \bmod \mathcal{A}) \to \mathbb{Q}^{*}/\mathbb{Q}^{*2} \to \mathcal{A}^{*}/\mathcal{A}^{*2}\), dont la dernière flèche est injective — un rationnel partout localement carré est un carré. C'est aussi ce qui donne la conclusion de la page : l'image de \(H^{1}(\mathbb{Q} \bmod \mathcal{A})\) dans \(H^{1}(\mathbb{Q}, \mu_{2})\) est nulle, donc l'équivalence rationnelle entre deux données est déterminée à isomorphisme unique près, et l'on peut les identifier sans ambiguïté.22
19–21
La descente comme problème de déformation (pages 19 et 21)
Où est l'arbitraire (page 19)
La page 19 prend le problème du point de vue de la descente. On part des deux triangles \(L \to \Delta(\mathcal{M}) \to L'\) et \(\mathcal{M}_{/F} \to \varphi^{*}\Delta(\mathcal{M}) \to \mathcal{M}_{/V}\), et de la suite exacte longue de cohomologie, de la forme \[ 0 \to n \to D_{1} \to t^{*} \to \omega \to D_{0} \to \nu^{*} \to 0, \] où \(D_{1}\), \(D_{0}\) sont les cohomologies de \(\Delta\). On la coupe en \[ 0 \to n \to D_{1} \to \tilde D_{1} \to 0, \qquad 0 \to \tilde D_{0} \to D_{0} \to \nu^{*} \to 0, \qquad 0 \to \tilde D_{1} \to t^{*} \to \omega \to \tilde D_{0} \to 0, \] les deux premières « déterminées de façon unique par \(\mathrm{I}(\mathcal{M})\) ». Ce qu'il faut descendre se réduit alors à un isomorphisme entre le complexe \([t^{*} \to \omega]\) et un complexe \(\tilde\Delta(\mathcal{M})\) d'amplitude 1 de cohomologies \(\tilde D_{1}\), \(\tilde D_{0}\), isomorphisme dont on connaît l'image par \(\varphi^{*}\).23 Et la page situe l'arbitraire : \[ \text{automorphismes} \in \operatorname{Ext}^{0}(S_{\mathrm{zar}} \bmod S_{\mathrm{cris}};\ \tilde D_{0}, \tilde D_{1}) = 0, \] \[ \text{choix} \in \operatorname{Ext}^{1}(\ldots), \quad \text{obstruction} \in \operatorname{Ext}^{2}(\ldots), \] où « \(S_{\mathrm{zar}} \bmod S_{\mathrm{cris}}\) » désigne des \(\operatorname{Ext}\) relatifs au foncteur \(\varphi^{*}\) — ceux qui mesurent la différence entre \(\operatorname{Ext}_{S_{\mathrm{zar}}}(\tilde D_{0}, \tilde D_{1})\) et \(\operatorname{Ext}_{S_{\mathrm{cris}}}(\varphi^{*}\tilde D_{0}, \varphi^{*}\tilde D_{1})\). C'est le schéma habituel d'une théorie des déformations, en degrés 0, 1 et 2, et le « \(= 0\) ! » de la page dit que la descente, quand elle existe, est rigide.24
En haut à droite de la moitié inférieure, un diagramme de schémas : \(S\) plongé dans un \(X\), les produits \(X \times_{S} X\), \(X \times_{S} X \times_{S} X\) avec leurs enveloppes \(\tilde X\), \(\widetilde{X \times X}\), \(\widetilde{X \times X \times X}\), plates sur \(S\), et une flèche « \(F_{S}\) » descendant de \(\tilde X\) à \(S\). C'est le calcul habituel d'un cristal par les enveloppes à puissances divisées d'un plongement et de ses puissances fibrées, auquel la factorisation du Frobenius ajoute la flèche vers \(S\).25
Une comparaison qui n'est pas injective (page 21)
La page 21, au crayon, sans une phrase suivie, fait le calcul que la question de fidélité de la page 11 appelle. Elle munit \(\Delta\) de la filtration \(\operatorname{Fil}^{0} = \Delta\), \(\operatorname{Fil}^{1} = \ell\), \(\operatorname{Fil}^{2} = 0\), et compare, pour \(\Theta = \mathcal{O}_{X}[1]\), \[ \operatorname{Hom}_{D(X)}(\check\ell'[1], \Theta) \to \operatorname{Hom}(\Delta, \Theta) \quad\text{et}\quad \operatorname{Hom}_{D(X_{\mathrm{cris}})}(\varphi^{*}\check\ell'[1], \varphi^{*}\Theta). \] Elle écrit la suite exacte à six termes \[ 0 \to n_{G^{*}} \to \mathbb{D}^{*}(G)^{\vee} \to t_{G} \to \omega_{G^{*}} \to \mathbb{D}^{*}(G^{*}) \to \nu_{G} \to 0, \] qui est la cohomologie du triangle (III) écrit pour \(G^{*}\), et la suite d'hypercohomologie correspondante. Elle conclut par deux constats : \(H^{1}(\mathbb{D}^{*}(G)^{\vee}) = 0\), et \[ \operatorname{Ker}\bigl(H^{1}(n_{G^{*}}) \to H^{1}_{\mathrm{cris}}(n_{G^{*}})\bigr) \ne 0 . \] Autrement dit : la cohomologie de Zariski ne s'injecte pas dans la cohomologie cristalline de l'image par \(\varphi^{*}\), et c'est un obstacle à la fidélité espérée page 11.26
24–30
Groupes de Barsotti–Tate ordinaires et \(F\)-cristaux à connexion (pages 24 à 30)
La catégorie \(\mathbf{C}\) (page 24)
Soit \(S_{0}\) un schéma lisse sur un corps parfait \(k\), \(S\) un schéma formel formellement lisse sur \(W\) qui le relève, et \(F_{S}\) un endomorphisme de \(S\) relevant le Frobenius absolu de \(S_{0}\) et compatible à \(\sigma\) sur \(W\). Soit \(\mathrm{BTO}(S_{0})\) la catégorie des groupes de Barsotti–Tate ordinaires sur \(S_{0}\), et \(\mathbf{C} = \mathbf{C}_{S, F_{S}}\) la catégorie des sextuples \((P', Q', M, \nabla, F_{M}, \operatorname{Fil}_{0})\) :
- \(P'\), \(Q'\) des faisceaux \(p\)-adiques localement constants (tordus), libres de type fini ;
- \(M\) une extension \(0 \to Q' \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} \mathcal{O}_{S} \to M \to P' \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} \mathcal{O}_{S} \to 0\) ;
- \(\nabla\) une connexion intégrable sur \(M\), compatible à la structure d'extension, les termes extrêmes ayant leur connexion canonique ;
- \(F_{M}\colon F_{S}^{*}M \to M\) un morphisme d'extensions horizontal, induisant l'isomorphisme canonique sur \(Q'\) et \(p\) fois l'isomorphisme canonique sur \(P'\) ;
- \(\operatorname{Fil}_{0}\) un scindage de l'extension réduite \(M_{0}\), compatible à \(F_{M_{0}}\).
Sur \(Q'\) le Frobenius est un isomorphisme (pente 0), sur \(P'\) il est \(p\) fois un isomorphisme (pente 1) : c'est ce qu'« ordinaire » veut dire. On a un foncteur canonique, le module de Dieudonné, \(\mathbb{D}\colon \mathrm{BTO}(S_{0})^{\circ} \to \mathbf{C}\), et la page pose la Question : est-ce une équivalence de catégories ?27
En coordonnées (pages 25 et 26)
Choisissons un scindage de l'extension, \(s\colon M \xrightarrow{\sim} P'\otimes\mathcal{O}_{S} \oplus Q'\otimes\mathcal{O}_{S}\), et notons \(T = P'^{\vee} \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} Q' = \mathcal{H}om(P', Q')\). Un autre scindage s'écrit \(s' = u\,s\) avec \[ u(x, y) = (x,\ y + Lx), \qquad L \in \Gamma(T \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} \mathcal{O}_{S}). \] Le Frobenius, lu dans le scindage \(s\), est \[ F_{M,s}(x, y) = (px,\ y + \Phi x), \qquad \Phi = \Phi_{M,s} \in \Gamma(T \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} \mathcal{O}_{S}), \] et la connexion est \(\nabla_{M,s}(x, y) = (dx,\ dy + \omega x)\), avec \(\omega = \omega_{M,s} \in \Gamma(\hat\Omega^{1}_{S/W} \otimes T)\).28 De \(F_{M,s'} F_{S}^{*}(u) = u F_{M,s}\) et de \(\nabla_{M,s'} = u\nabla_{M,s}u^{-1}\) on tire les lois de changement de scindage \[ \Phi' = \Phi + \bigl(pL - F_{S}^{*}(L)\bigr), \qquad \omega' = \omega - dL . \] Et le triple de conditions qui exprime qu'on a bien un objet de \(\mathbf{C}\) : \[ d\omega = 0, \qquad F_{S}^{*}(\omega) - p\,\omega = d\Phi, \qquad \Phi_{0} = 0, \] la première exprimant que \(\nabla\) est intégrable (le terme \(\omega \wedge \omega\) est nul, \(\omega\) étant strictement triangulaire), la deuxième que \(F_{M}\) est horizontal, la troisième que \(F_{M_{0}}\) respecte \(\operatorname{Fil}_{0}\).29 La classification de \(\mathbf{C}\) est donc celle des paires \((\Phi, \omega)\) soumises à ces conditions, modulo l'action des \(L\) nuls sur \(S_{0}\).
Le cas d'un module libre quelconque (pages 28 et 30)
La page 28 refait le calcul pour un \(F\)-cristal \(M = E \otimes \mathcal{O}_{S}\), \(E\) libre de type fini, de matrice de connexion \(A \in \Gamma(\hat\Omega^{1}_{S/W} \otimes \operatorname{End} E)\) et de Frobenius \(\Phi\colon F_{S}^{*}(E_{S}) \simeq E_{S} \to E_{S}\), qui devient un isomorphisme après \(\otimes \mathbb{Q}_{p}\). Avec \(A^{\sigma} = F_{S}^{*}(A)\) : \[ d\Phi = \Phi A^{\sigma} - A\,\Phi, \qquad dA + A \wedge A = 0, \qquad \exists\,\Psi,\ i : \ \Psi\Phi = p^{i}\,\mathrm{id}, \] pour l'horizontalité de \(F\), l'intégrabilité, et le fait que \(\Phi\) est une isogénie.30 La page 30 donne les morphismes : \(u\colon E_{S} \to E'_{S}\) est un morphisme si \[ du = u A - A' u, \qquad F_{M'}\, u^{\sigma} = u\, F_{M} . \]
Exemple : les modules inversibles. Pour \(M\) de rang 1, \(\Phi = a \in \Gamma(\mathcal{O}_{S})\) et \(A = \omega \in \Gamma(\hat\Omega^{1}_{S/W})\) ; les conditions deviennent \[ da = a(\omega^{\sigma} - \omega), \qquad d\omega = 0, \qquad ab = p^{i}, \] et deux tels objets \((a, \omega)\), \((a', \omega')\) sont isomorphes s'il existe \(u \in \Gamma(\mathcal{O}_{S}^{*})\) avec \[ \omega' - \omega = -\frac{du}{u}, \qquad \frac{a'}{a} = \frac{u}{u^{\sigma}} . \] D'où la classification des données de rang 1 sur un module trivial par la cohomologie du complexe \[ \Gamma(\mathcal{O}_{S}^{*}) \longrightarrow \Gamma(\hat\Omega^{1}_{S/W}) \times \Gamma(\mathcal{O}_{S}[1/p])^{*} \longrightarrow \Gamma(\hat\Omega^{2}_{S/W}) \times \Gamma(\hat\Omega^{1}_{S/W})[1/p], \] \[ u \longmapsto \Bigl(-\frac{du}{u},\ \frac{u}{u^{\sigma}}\Bigr), \qquad (\omega, a) \longmapsto \Bigl(d\omega,\ \frac{da}{a} - (\omega^{\sigma} - \omega)\Bigr), \] le \(H^{0}\) donnant les automorphismes et le \(H^{1}\) les classes d'isomorphisme.31
29–29
Une page de topologie différentielle (page 29)
La page 29, au stylo à bille, est d'un autre sujet : des familles d'ouverts \((\sigma_{i}, (U_{i}, V_{i}))\) de classe \(C^{r}\) adaptées à une sous-variété, \(\sigma(V) = \sigma(U) \cap \mathbb{R}^{n}\), avec une hiérarchie de familles « canoniques », « régulières », « naturelles », « normales », et les conditions de compatibilité de deux cartes. Elle est sans rapport avec les cristaux et proche, par le sujet, du cours polycopié sur les variétés \(C^{r}\) dont des feuillets servent de versos dans ce dossier.
31–31
Un feuillet de tapuscrit (page 31)
Un feuillet de tapuscrit (numéroté 34) porte la démonstration d'un énoncé à trois volets sur la réduction semi-stable des variétés abéliennes — critère galoisien 3.5, réduction au cas strictement local, trivialité de la représentation de Galois sur les trois quotients de la filtration de monodromie, calculée par sa trace — puis la Remarque 5.13.1 sur les groupes de Barsotti–Tate à bonne réduction virtuelle. Les interventions à la main sont des lettres tracées dans les blancs, « (pro-\(\ell\)-) » ajouté devant « groupe de Barsotti–Tate », et à la fin la parenthèse « (C'est vrai pour \(\ell \ne p\).) ».32
33–41
Les groupes de Barsotti–Tate à multiplication par \(A\) (pages 33 à 41)
Le module de Dieudonné (pages 33 et 35)
On veut déterminer les groupes de Barsotti–Tate \(G_{0}\) sur \(k = \mathbb{F}_{q}\), de hauteur \(h\), sur lesquels \(A\) opère. Par la théorie de Dieudonné, ce sont les \(W\)-modules libres \(M\) de rang \(h\) munis d'un endomorphisme \(\sigma\)-linéaire \(F_{M}\) et d'une action de \(A\) par endomorphismes commutant à \(F_{M}\), avec \[ (*') \qquad \exists\, V_{M} : \ F_{M}V_{M} = V_{M}F_{M} = p . \] Le cas particulier qui intéresse la page est celui où l'action de \(\pi\) est le Frobenius relatif à \(\mathbb{F}_{q}\) : \[ (*) \qquad F_{M}^{f} = \pi_{M} . \] Les deux actions font de \(M\) un module sur \(A_{W} = A \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} W\), et \(F_{M}\) est \(\sigma_{A}\)-linéaire pour \(\sigma_{A} = \mathrm{id} \otimes \sigma\). Comme \(k\) est le corps résiduel de \(K\), \(A\) contient \(W\) et \[ A \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} W \xrightarrow{\ \sim\ } A^{\Sigma}, \qquad \Sigma = \operatorname{Gal}(k/\mathbb{F}_{p}) \simeq \mathbb{Z}/f\mathbb{Z}, \] \(\sigma_{A}\) permutant circulairement les facteurs. Un \(A_{W}\)-module \(M\) est donc une famille \((M_{\nu})_{\nu \in \mathbb{Z}/f}\) de \(A\)-modules, et \(F_{M}\) une famille d'applications \(A\)-linéaires \[ M_{0} \xrightarrow{F_{0}} M_{1} \xrightarrow{F_{1}} \cdots \to M_{f-1} \xrightarrow{F_{f-1}} M_{0} . \] Par \((*')\), \(F_{M}\) est injectif, donc chaque \(F_{\nu}\) l'est, et les \(M_{\nu}\) ont tous le même rang. Comme les rangs des \(M_{\nu}\) sur \(W\) ont pour somme \(h = ef\), chacun est de rang \(e\) sur \(W\), c'est-à-dire de rang 1 sur \(A\) : les \(M_{\nu}\) sont inversibles.33
On identifie alors tous les \(M_{\nu}\) à \(\Omega = M_{0}\) par les isomorphismes \(\pi^{-m_{\nu}} F_{\nu-1}\cdots F_{0}\colon M_{0} \to M_{\nu}\), où \(0 = m_{0} \le m_{1} \le \cdots \le m_{f-1}\) sont les entiers uniquement déterminés qui rendent ces flèches surjectives. On obtient un isomorphisme canonique \[ M \simeq \Omega \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} W = \Omega \otimes_{A} (A \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} W). \]
La dimension (page 37)
Dans ces identifications, \(F_{\nu} = \pi^{r_{\nu}}\,\mathrm{id}_{\Omega}\) pour \(0 \le \nu \le f-2\), avec \(r_{\nu} = m_{\nu+1} - m_{\nu} \ge 0\), et \(F_{f-1} = \pi^{r_{f-1}}u\) avec \(u \in A^{*}\). Donc \[ F_{M}^{f} = \varpi_{M}, \qquad \varpi = \pi^{r_{0} + \cdots + r_{f-1}}\,u \in A, \] la condition \((*')\) s'écrit \(r_{\nu} \le e\) pour tout \(\nu\) (chaque \(F_{\nu}\) divise \(p\), de valuation \(e\)), et \[ M/F_{M}M \simeq \bigoplus_{\nu} A/\pi^{r_{\nu}}A, \qquad \dim G_{0} = r_{0} + \cdots + r_{f-1} = v_{\pi}(\varpi) \ \le\ fe = h . \] C'est la formule encadrée de la page.34
La proposition (page 39)
Proposition. Soit \(G_{0}\) un groupe de Barsotti–Tate de hauteur \(h\) sur \(k\) sur lequel \(A\) opère, et \(M\) son module de Dieudonné. Alors \(F_{G_{0}}^{f}\) est de la forme \(\varpi_{G_{0}}\) pour un \(\varpi \in A\), et \(\dim G_{0} = \operatorname{long}_{A} A/\varpi A = v(\varpi)\). Les conditions suivantes sont équivalentes :
- (i)\(\dim G_{0} = 1\) ;
- (ii)\(F_{G_{0}}^{f} = \varpi_{G_{0}}\) avec \(\varpi\) une uniformisante de \(A\) — uniquement déterminée ;
- (iii)\(M\) est donné par un triple \((\Omega, \nu, \varpi)\), \(\Omega\) un \(A\)-module inversible, \(0 \le \nu \le f-1\), \(\varpi\) une uniformisante : \[ M = \Omega \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} W, \qquad F_{M} = \mathrm{id}_{\Omega} \otimes \sigma + \mathrm{pr}_{\nu}\bigl[(\varpi - 1) \otimes \sigma\bigr], \] où \(\mathrm{pr}_{\nu}\) est le projecteur sur le \(\nu\)-ième facteur de \(A \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} W \simeq A^{\Sigma}\).
La démonstration est le calcul précédent : \(v(\varpi) = 1\) force un seul \(r_{\nu_{0}}\) égal à 1 et les autres nuls, et en modifiant les identifications \(M_{0} \simeq M_{\nu}\) par l'unité \(u\) pour \(\nu > \nu_{0}\) on fait passer \(u\) de \(F_{f-1}\) à \(F_{\nu_{0}}\), qui devient \(\varpi = \pi u\).35
Les homomorphismes (pages 39 et 41)
Soient \(G_{0}\), \(G'_{0}\) comme plus haut, donnés par \((\Omega, (r_{\nu}), u)\) et \((\Omega', (r'_{\nu}), u')\). Un homomorphisme \(A\)-linéaire \(G_{0} \to G'_{0}\) est un morphisme \(M' \to M\) de \(A_{W}\)-modules commutant au Frobenius. On en trouve un non nul — c'est alors une isogénie — si et seulement si \(\varpi = \varpi'\), c'est-à-dire \(F_{G_{0}}^{f} = F_{G'_{0}}^{f}\) dans \(A\). Dans ce cas, le \(A\)-module de ces homomorphismes est isomorphe au sous-module \(H \subset \operatorname{Hom}(\Omega', \Omega)\) des \(v_{0}\) tels que \[ \operatorname{val}(v_{0}) + \sum_{i=0}^{\nu} r_{i} - \sum_{i=0}^{\nu} r'_{i} \ \ge\ 0 \qquad (0 \le \nu \le f-2) : \] la commutation au Frobenius impose \(v_{\nu+1} = \pi^{\sum_{0}^{\nu}(r_{i} - r'_{i})}v_{0}\) sur la composante \(\nu+1\), et la condition de la composante 0, où le cycle se referme, est automatique dès que \(\varpi = \varpi'\).
En dimension 1, avec \(r_{i} = \delta_{i\nu}\) et \(r'_{i} = \delta_{i\nu'}\), cela donne : \[ \operatorname{Hom}_{A}(G_{0}, G'_{0}) \simeq \begin{cases} \operatorname{Hom}(\Omega', \Omega) & \text{si } \nu \le \nu', \\ \pi\operatorname{Hom}(\Omega', \Omega) & \text{si } \nu > \nu', \end{cases} \] et \(G_{0}\), \(G'_{0}\) sont isogènes si et seulement si leurs uniformisantes coïncident.36
À isogénie près (page 41)
Sans supposer \(\dim G_{0} = 1\), à isogénie près les \(M_{\nu}\) deviennent des \(K\)-espaces de dimension 1, tous identifiés par les \(F_{\nu}\), et \[ M \otimes \mathbb{Q} \simeq \Omega \otimes_{\mathbb{Q}_{p}} K_{0} = \Omega \otimes_{K} (K \otimes_{\mathbb{Q}_{p}} K_{0}), \qquad F_{M}^{f} = \varpi \otimes \mathrm{id}_{K_{0}}, \] avec \(\Omega\) un \(K\)-espace de dimension 1 et \(\varpi \in K^{*}\). La condition d'« effectivité » — l'existence d'un réseau stable par \(F\) et par \(V = pF^{-1}\) — entraîne que \(\varpi\) et \(V^{f} = p^{f}\varpi^{-1}\) préservent un réseau, c'est-à-dire \(0 \le v_{\pi}(\varpi) \le fe\) ; et réciproquement cette condition suffit, puisqu'on peut alors répartir \(v_{\pi}(\varpi)\) en \(f\) entiers \(r_{\nu} \in [0, e]\).37
43–49
Le relèvement de Lubin–Tate (pages 43 à 49)
L'espace cotangent et le groupe \(G_{0}(A, \pi)\) (page 43)
Sous les conditions de la proposition, \(\omega_{G_{0}}\) est la seule composante non nulle de \(M/F_{M}M\), isomorphe à \(\Omega/\pi\Omega\). Il porte deux structures de \(k\)-espace : celle qui vient de \(A/\pi A = k\) par l'action de \(A\), et celle qui vient de \(W/pW = k\). Elles diffèrent d'une puissance de \(\sigma\) déterminée par \(\nu\), et le cas le plus simple, \(\nu = 0\), est celui où elles coïncident.38 Avec de plus \(\Omega = A\), on obtient le groupe \[ G_{0} = G_{0}(A, \pi), \qquad M = A \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} W, \qquad F_{M} = \mathrm{id}_{A} \otimes \sigma + \mathrm{pr}_{0}\bigl((\pi - 1) \otimes \sigma\bigr), \] où \(\mathrm{pr}_{0}\) est le projecteur sur le facteur correspondant au \(A\)-homomorphisme \(A \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} W \to A\) qui est l'inclusion sur \(W\) ; le cas d'un \(\Omega\) quelconque s'en déduit par le produit tensoriel \(\Omega \otimes_{A} G_{0}(A)\).
Le relèvement par la théorie des déformations (pages 43 à 47)
On veut relever \(G_{0}\) en un groupe de Barsotti–Tate \(G\) sur \(A\), muni d'une action de \(A\), de sorte que l'action induite de \(A\) sur le \(A\)-module inversible \(t_{G}\) soit l'action évidente. D'après Lubin–Tate, un tel relèvement existe et est unique à isomorphisme unique près.39 La page en redonne une preuve, sous une hypothèse : que l'idéal \(\pi A\) admette des puissances divisées, ce qui a lieu si et seulement si \(e \le p-1\).40
Sous cette hypothèse, relever \(G_{0}\) à isomorphisme près revient à relever la filtration de Hodge de \(M \otimes_{W} k\) en une filtration de \(M_{A} = \Omega \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} A\). La compatibilité à l'action de \(A\) veut dire que cette filtration est faite de \(A \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} A\)-modules : on cherche \[ 0 \to \omega_{G} \to \Omega \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} A \to t_{G^{*}} \to 0, \] ou, par transposition, \[ (**) \quad 0 \to \omega_{G^{*}} \to \check\Omega \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} A \to t_{G} \to 0 . \] Que \(A\) opère sur \(t_{G}\) par sa structure évidente veut dire que les deux actions de \(A\) sur \(t_{G}\), par les deux facteurs de \(A \otimes A\), coïncident, c'est-à-dire que \(A \otimes A\) opère sur \(t_{G}\) à travers la multiplication \(p_{0}\colon A \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} A \to A\). Comme \(t_{G}\) est de rang 1 sur \(A\), et \(\check\Omega \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} A\) de rang 1 sur \(A \otimes A\), et que \(p_{0}\) est surjectif, \(t_{G}\) est le changement de base de \(\check\Omega \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} A\) par \(p_{0}\) ; et comme \(\check\Omega \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} A\) se déduit de \(\check\Omega\) par \(\lambda \mapsto \lambda \otimes 1\), dont le composé avec \(p_{0}\) est l'identité, \[ t_{G} \simeq \check\Omega, \qquad \omega_{G} \simeq \Omega . \] Les suites \((**)\) et sa duale sont ainsi canoniques et prolongent la filtration de \(M_{A} \otimes_{A} k\) : c'est l'existence et l'unicité de Lubin–Tate, sous une forme plus faible quant à l'unicité, et sous l'hypothèse supplémentaire des puissances divisées.41
Sans puissances divisées : à isogénie près (pages 47 et 49)
Si l'on abandonne l'hypothèse et qu'on utilise la classification des déformations à isogénie près, on trouve de même des suites exactes canoniques sur \(K\), \[ 0 \to \omega_{G} \otimes_{A} K \to M_{K} \to t_{G^{*}} \otimes_{A} K \to 0, \qquad 0 \to \omega_{G^{*}} \otimes_{A} K \to \check M_{K} \to t_{G} \otimes_{A} K \to 0, \] avec \(M_{K} = \Omega \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} K\), et \(t_{G} \otimes_{A} K \simeq \check\Omega \otimes_{A} K\) : l'unicité à isogénie près, mais ni l'existence ni l'unicité à isomorphisme près, pour lesquelles il faut revenir à Lubin–Tate.42
Les deux réseaux \(t_{G}\) et \(\check\Omega\) d'une même droite sur \(K\) diffèrent alors d'une puissance de \(\pi\) : \[ t_{G} = \pi^{-\alpha}\check\Omega, \qquad \text{donc} \qquad \omega_{G} = \pi^{\alpha}\Omega, \qquad \alpha \in \mathbb{Z}, \] \(\alpha\) ne dépendant que de \(A\) et de \(\pi\).43 De même, le module de Dieudonné de \(G\) et \(M\) sont deux réseaux du même \(K\)-espace \(\Omega \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} K\), et la page pose la question de savoir s'ils coïncident, comme c'est le cas en présence de puissances divisées — ce qui forcerait \(\alpha = 0\). « Cela ne dépend pas du choix de \(\pi\), mais seulement de \(A\) … » ; la question reste ouverte.
51–55
Le théorème de Tate pour le groupe de Lubin–Tate (pages 51 à 55)
Soit \(G\) le groupe de Lubin–Tate, et \(K_{\pi}\) l'extension abélienne de \(K\) engendrée par ses points de torsion, de groupe \(A^{*}\) via le caractère de Lubin–Tate \(\chi_{\pi}\colon \Gamma_{K} \to A^{*}\). Le module de Tate \(T_{p} = T_{p}(G)(K_{\pi})\) est un \(A\)-module inversible dont les bases sont permutées de façon simplement transitive par \(\operatorname{Gal}(K_{\pi}/K)\) : il y a donc un choix privilégié, à isomorphisme unique près, de \(K_{\pi}\) muni d'un générateur \(e\) de \(T_{p}\), et \(\operatorname{Spec} K_{\pi}\) représente le faisceau des générateurs de \(T_{p}(G)\). Ce choix fait, \(T_{p} \simeq A\), \(\lambda \mapsto \lambda e\), et l'on prend pour \(\bar K\) une extension de \(K_{\pi}\).44
On regarde sur \(T_{p} \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} \mathbb{C}_{p}\) trois actions qui commutent : celle de \(A\) par les opérations sur \(G\), celle de \(A\) par la structure de \(\mathbb{C}_{p}\)-espace (via \(K \subset \mathbb{C}_{p}\)), et celle de \(\Gamma_{K}\). On suppose \(K/\mathbb{Q}_{p}\) galoisienne. Comme \(A \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} A\)-module, on a canoniquement \[ (*) \qquad T_{p} \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} \mathbb{C}_{p} \simeq A \otimes_{\mathbb{Z}_{p}} \mathbb{C}_{p} \simeq \prod_{\sigma} \mathbb{C}_{p,\sigma}, \qquad \sigma \in \operatorname{Hom}_{\mathbb{Q}_{p}}(K, \mathbb{C}_{p}) \simeq \operatorname{Gal}(K/\mathbb{Q}_{p}), \] où \(\mathbb{C}_{p,\sigma} = \mathbb{C}_{p}\) sur lequel \(A\) opère via \(\sigma\). Sur le facteur \(\mathbb{C}_{p,\sigma}\), \(g \in \Gamma_{K}\) opère par \[ x \longmapsto \sigma(\chi_{\pi}(g))\, g(x) . \] Cette action est semi-linéaire.45
Le théorème de Tate donne de son côté une décomposition \[ (**) \qquad T_{p} \otimes \mathbb{C}_{p} \simeq \bigl(t_{G} \otimes_{A} \mathbb{C}_{p}(1)\bigr) \oplus \bigl(\omega_{G^{*}} \otimes_{A} \mathbb{C}_{p}\bigr), \] fonctorielle, donc compatible aux deux actions de \(A\).46 Sur \(t_{G}\), \(A\) opère par l'action régulière : \(t_{G} \otimes_{A} \mathbb{C}_{p}\) est donc le facteur \(\sigma = 1\), et l'autre terme est le produit des \(\mathbb{C}_{p,\sigma}\) pour \(\sigma \ne 1\). Se donner les isomorphismes du théorème de Tate, c'est alors se donner, pour chaque \(\sigma\), un isomorphisme \(\lambda \mapsto \lambda x_{\sigma}\) (\(x_{\sigma} \in \mathbb{C}_{p}^{*}\)) qui entrelace les actions de Galois, la source étant tordue par \(\sigma(\chi_{\pi})\), le but par le caractère cyclotomique \(\chi_{\mathrm{cyc}}\) si \(\sigma = 1\) et non tordu sinon. Cela revient aux conditions \[ g(x_{\sigma}) = \sigma(\chi_{\pi}(g))\, x_{\sigma} \quad (\sigma \ne 1), \qquad g(x_{1}) = \chi_{\mathrm{cyc}}(g)^{-1}\chi_{\pi}(g)\, x_{1}, \qquad g \in \Gamma_{K} , \] qui sont celles que la page encadre.47
N.B. A priori les \(x_{\sigma}\) ne sont déterminés qu'à multiplication près par des éléments de \(K^{*}\), mais le théorème de Tate détermine tous les autres dès qu'on a choisi l'un d'eux. Et il n'existe pas de \(x'_{1} \in \mathbb{C}_{p}^{*}\) tel que \(g(x'_{1}) = \chi_{\pi}(g)\,x'_{1}\), même pour \(g\) dans l'inertie : le produit de \(x'_{1}\) et des \(x_{\sigma}\), \(\sigma \ne 1\), serait un \(x \in \mathbb{C}_{p}^{*}\) avec \[ g(x) = N_{K/\mathbb{Q}_{p}}(\chi_{\pi}(g))\, x = \chi_{\mathrm{cyc}}(g)\,x \qquad (g \text{ dans l'inertie}), \] ce qui est impossible par le théorème de Tate (\(\mathbb{C}_{p}(1)\) n'a pas d'invariant non nul sous l'inertie). En langage d'aujourd'hui : \(\chi_{\pi}\) est un caractère de Hodge–Tate, de poids 1 au plongement \(\sigma = 1\) et 0 aux autres, et non de poids 0.48
57–59
Trois feuilles de graphes (pages 57 à 59)
Trois feuilles de papier quadrillé, au crayon, portent des lignes polygonales issues de l'origine, des faisceaux de droites, et des comparaisons de fractions. La première a pour en-tête « \(n/17\) » et aligne des petites lignes polygonales pour \(n = 1, \ldots, 16\), en regard d'une colonne marquée \(\nu\) ; les inscriptions comparent des fractions de dénominateurs 17, 23, 24 à des fractions de petits dénominateurs : \[ \tfrac{5}{12} > \tfrac{7}{17}, \quad \tfrac{2}{7} < \tfrac{5}{17}, \quad \tfrac{4}{17} < \tfrac{1}{4}, \quad \tfrac{4}{13} > \tfrac{7}{23}, \quad \tfrac{2}{7} < \tfrac{7}{24}, \quad \tfrac{13}{17} < \tfrac{10}{13}, \quad \ldots \] Toutes celles qu'on lit en entier sont exactes. Les deux autres feuilles reprennent la même chose avec des dénominateurs 15 et 16. Rien dans le dossier ne dit à quoi servent ces graphes.49
60–69
Le groupe de Galois des \(F\)-cristaux filtrés (pages 60 à 68)
Les données (pages 60 et 62)
Soit \(V\) un anneau de valuation discrète complet d'inégales caractéristiques, de corps résiduel parfait \(k\), de corps des fractions \(L\) ; \(W = W(k) \subset V\), \(K = W[1/p] \subset L\).50 Soit \(\mathscr{C}\) la catégorie des \(F\)-cristaux filtrés à isogénie près sur \(V\) : des couples \((E, F)\), \(E\) un \(K\)-espace de dimension finie, \(F\) un endomorphisme \(\sigma\)-linéaire bijectif préservant un réseau, munis d'une filtration de \(E \otimes_{K} L\). C'est une catégorie tannakienne \(\mathbb{Q}_{p}\)-linéaire, munie du foncteur fibre \(\Delta\) « oubli » sur \(K\).51
La page dispose alors d'un « foncteur fondamental » \[ T_{p}\colon \mathscr{C} \longrightarrow \operatorname{Mod}_{f}(\Gamma_{L}, \mathbb{Q}_{p}), \qquad \Gamma_{L} = \operatorname{Gal}(\bar L/L), \] vers les représentations \(p\)-adiques de dimension finie. C'est un foncteur fibre sur \(\mathbb{Q}_{p}\), et il identifie \(\mathscr{C}\) à \(\operatorname{Rep}_{\mathbb{Q}_{p}}(G)\), \(G\) un groupe proalgébrique sur \(\mathbb{Q}_{p}\).52
Page 62 : on suppose \(\mathscr{C}\) de type fini sur \(\mathbb{Q}_{p}\). On a un homomorphisme \(\alpha\colon \Gamma_{L} \to G(\mathbb{Q}_{p})\), et \(G\) est l'enveloppe algébrique de \(\alpha\) — l'adhérence de Zariski de son image — si et seulement si \(T_{p}\) est pleinement fidèle et son image essentielle stable par sous-objets.53
Les cocaractères de Hodge–Tate et de Hodge (pages 62 et 64)
Le composé \[ \mathscr{C} \to \operatorname{Mod}_{f}(\Gamma_{L}, \mathbb{Q}_{p}) \xrightarrow{\ \otimes \mathbb{C}_{p}\ } \operatorname{Mod}_{f}(\Gamma_{L}, \mathbb{C}_{p}) \to \operatorname{Mod}_{f}(\mathbb{C}_{p}) \] est bigradué — par le degré total et par la décomposition de Hodge(–Tate) —, d'où deux cocaractères \[ i_{1}, i_{2}\colon \mathbb{G}_{m,\mathbb{C}_{p}} \rightrightarrows G_{\mathbb{C}_{p}}, \qquad i = i_{1}i_{2}, \] \(i\) étant le cocaractère central qui définit la graduation de \(\mathscr{C}\).54 De même, le foncteur fibre bigradué de Hodge \(T_{\mathrm{Hdg}}\) (le gradué de la filtration) est défini sur \(L\) et correspond à un torseur \(\mathcal{P}\) sous \(G_{L}\), avec \(T_{\mathrm{Hdg}} = \mathcal{P} \wedge^{G} (T_{p} \otimes L)\), et à deux cocaractères \(j_{1}, j_{2}\colon \mathbb{G}_{m,L} \rightrightarrows G'_{L} = \operatorname{ad}(\mathcal{P})\), de produit \(i\).55
La décomposition de Hodge–Tate s'écrit \[ T_{p}(M) \otimes_{\mathbb{Q}_{p}} \mathbb{C}_{p} \simeq \bigoplus_{i,j} T_{\mathrm{Hdg}}(M)^{i,j} \otimes \mathbb{C}_{p}(-i) . \] Tout isomorphisme \(\rho\colon \mathbb{C}_{p}(1) \simeq \mathbb{C}_{p}\) en déduit un isomorphisme bigradué \(\tilde\rho\colon T_{p} \otimes \mathbb{C}_{p} \simeq T_{\mathrm{Hdg}} \otimes \mathbb{C}_{p}\), c'est-à-dire un point \(\tilde\rho \in \mathcal{P}(\mathbb{C}_{p})\) ; si \(\rho' = u\rho\), \(u \in \mathbb{C}_{p}^{*}\), alors \(\tilde\rho'\) se déduit de \(\tilde\rho\) par \(i_{1}(u^{-1})\). On obtient ainsi un morphisme d'espaces à opérations de \(\mathbb{C}_{p}^{*}\) et de \(\Gamma_{L}\), \[ \mathbb{C}_{p}(1)^{*} \longrightarrow \mathcal{P}(\mathbb{C}_{p}), \] où \(\mathbb{C}_{p}^{*}\) opère sur \(\mathcal{P}(\mathbb{C}_{p})\) via \(i_{1}^{-1}\) ; autrement dit un morphisme de \(\mathbb{G}_{m,\mathbb{C}_{p}}\)-schémas de la droite épointée \(\check{\mathbb{V}}(\mathbb{C}_{p}(-1))^{*}\) dans \(\mathcal{P}_{\mathbb{C}_{p}}\). Il est compatible à \((i_{1}, i_{2})\) et \((j_{1}, j_{2})\) : \((j_{1}, j_{2})\) se déduit par descente de \((i_{1}, i_{2})\) par l'isomorphisme \(G_{L}^{\mathcal{P}} \otimes_{L} \mathbb{C}_{p} \simeq G_{\mathbb{C}_{p}}\) associé à \(\tilde\rho\).56
Le foncteur cristallin et son Frobenius (pages 66 et 68)
Il y a aussi un foncteur fibre \(T_{\mathrm{cr}}\) sur \(K\) — l'isocristal sous-jacent —, d'où un torseur \(Q\) sous \(G_{K}\) avec \(T_{\mathrm{cr}} \simeq Q \wedge^{G_{K}} (T_{p})_{K}\). Le foncteur \(T_{\mathrm{cr}} \otimes_{K} L\) est filtré, de gradué \(T_{\mathrm{Hdg}}\) ; d'où un torseur \(R\) sous un sous-groupe unipotent \(U' \subset G' = G_{L}^{\mathcal{P}}\), \[ R \hookrightarrow \operatorname{Isom}(Q_{L}, \mathcal{P}) . \] Enfin le Frobenius \(F\colon T_{\mathrm{cr}}^{\sigma} \xrightarrow{\sim} T_{\mathrm{cr}}\) correspond à un isomorphisme \[ Q^{\sigma} \simeq Q , \] ce que la page 68 encadre, et ce que le griffonnage de la page 72 reprend.57
Un second tapuscrit (pages 61 à 73)
Six feuillets d'un autre tapuscrit (numérotés 28, 29, 31, 33, 34 et 35) s'intercalent dans ces pages : \(S\)-couples lisses \((Y, X)\) de codimension \(c\), suite de Kummer et morphisme \(\varepsilon_{t}\) de (3.9), Théorème (3.10) qui donne, pour chaque couple lisse, un isomorphisme canonique \(\varphi(Z, Y)\), son diagramme de transitivité (3.10.1) et sa démonstration par récurrence sur la codimension, puis un énoncé de changement de base pour \((R^{q}j_{*})g^{*}F\) démontré par la suite spectrale de Hochschild–Serre. Les interventions à la main sont des lettres grecques et des renvois — « (IX 3.2) », « (VIII 5.5) », « (cf. XII 6.5) » — et, en marge d'une démonstration, « démonstration peu naturelle ».58
70–74
Les structures d'un motif (pages 70 à 74)
Sur un ouvert de \(\operatorname{Spec}\mathbb{Z}\) (page 70)
La page 70 dresse la même liste pour la catégorie \(\mathscr{C}\) des (iso)motifs sur un ouvert \(S \subset \operatorname{Spec}\mathbb{Z}\) :
- le foncteur de Betti \(T_{B}\), sur \(\mathbb{Q}\), relatif à \(\mathbb{C}\), et son groupe \(G\) sur \(\mathbb{Q}\) ;
- les réalisations \(\ell\)-adiques \(T_{\ell} \simeq T_{B} \otimes \mathbb{Q}_{\ell}\), d'où \(\Gamma_{\mathbb{Q}} \to G(\mathbb{Q}_{p})\), non ramifié aux nombres premiers de \(S\) autres que \(p\) ;
- pour chaque place \(p \in S\), finie ou infinie, le groupe de décomposition \(\Gamma_{\mathbb{Q}_{p}}\) (et \(\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}\) pour \(p = \infty\)), et des paires de cocaractères \(i_{1}(\infty), i_{2}(\infty)\) de \(G_{\mathbb{C}}\), \(i_{1}(p), i_{2}(p)\) de \(G_{\mathbb{C}_{p}}\) ;
- le foncteur de De Rham \(T_{\mathrm{DR}}\) sur \(\mathbb{Q}\), de groupe \(G' = \operatorname{ad}(\mathcal{P})\) pour un torseur \(\mathcal{P}\) sous \(G\), filtré, c'est-à-dire muni d'une classe de cocaractères \(j_{2}\colon \mathbb{G}_{m,\mathbb{Q}} \to G'\) définie à conjugaison près par le radical unipotent \(U' \subset G'\) (soit un torseur \(R\) sous \(U'\)) ;
- des Frobenius \(F_{p} \in G'(\mathbb{Q}_{p})\) pour \(p \in S\) fini, et \(F_{\infty} \in G'(\mathbb{R})\) d'ordre 2 ;
- un élément \(\rho^{(\infty)} \in \mathcal{P}(\mathbb{C})\) qui transforme la classe des \(j_{2}\) en celle des \(i_{2}^{(\infty)}\) — l'isomorphisme de comparaison de Betti à De Rham ;
- pour chaque \(p\), une application \(\mathbb{C}_{p}(1)^{*} \times U'(\mathbb{C}_{p}) \to \mathcal{P}(\mathbb{C}_{p})\), \((\lambda, j_{2}) \mapsto \rho^{(p)}(j_{2}, \lambda)\), qui transforme \(j_{2}\) en \(i_{2}^{(p)}\), compatible aux opérations de \(\mathbb{C}_{p}^{*} \times U'(\mathbb{C}_{p})\) et de \(\Gamma_{\mathbb{Q}_{p}}\) — la comparaison \(p\)-adique.
Aucune de ces structures n'est construite sur la page : c'est une liste de ce qu'un motif doit porter.59
Au-dessus d'une base (page 72)
Le haut de la page 72, écrit en travers, est un griffonnage où se lisent \(H^{*}_{B}\), \(H_{\mathrm{Hdg}}\), \(H_{\mathrm{DR}}\), \(H_{\mathrm{cris}}\), « \(Q^{\sigma} \simeq Q\) » et un petit tableau « \(T_{B}\) : \(G_{B}\) ; \(T_{\mathrm{DR}}\) : \(G_{\mathrm{DR}}\) ; \(T_{\mathrm{Hdg}}\) ». Le bas énumère les structures d'un motif au-dessus d'une base \(S\) :
- a)un module \(M\) à connexion intégrable sur \(S\), avec filtration ;
- b)un Frobenius \(F_{p}\colon M(p)^{\sigma} \to M(p)\) (théorie des cristaux) ;
- c)\(M(\mathbb{R})\) analytique filtré sur \(S(\mathbb{R})\), avec un automorphisme \(F_{\infty}\) d'ordre 2 ;
- d)un système local de Betti \(T\) sur \(S(\mathbb{C})^{\mathrm{an}}\), soit une représentation de \(\pi_{1}(S(\mathbb{C})^{\mathrm{an}}, s)\) ;
- e)un système local \(p\)-adique \(T_{p}\) sur \(S[1/p]\), avec \(T_{p} \simeq T \otimes \mathbb{Z}_{p}\) sur \(S_{\mathbb{C}}\) ;
- f\(_{\infty}\))la comparaison \(M^{\mathrm{an}}_{\mathbb{C}} \simeq T \otimes_{\mathbb{Z}} \mathcal{O}^{\mathrm{an}}\), compatible aux connexions ;
- f\(_{p}\))laissée en blanc.
La comparaison \(p\)-adique est la seule rubrique sans contenu.60
Les conjectures (page 74)
Une liste, avec en regard la structure que chacune concerne :
- conjecture de Hodge (généralisée) — la décomposition de Hodge sur \(\mathbb{C}\) ;
- conjecture de Tate (généralisée) — l'action de Galois, les Frobenius ;
- conjecture des Frobenius en cohomologie de De Rham (à connexion) — le Frobenius cristallin ;
- conjecture du double réseau, précédée d'un « ? » et suivie de « (revoir) » ;
- « Tate groups » (généralisés), sur les schémas de type fini sur \(\mathbb{Z}\) ou sur un corps, et sur les anneaux locaux d'inégales caractéristiques.
Aucune n'est discutée plus avant dans le dossier.61
77–80
Le complexe co-Lie des groupes de type multiplicatif (pages 77 à 80)
Le calcul (pages 77 et 78)
Soit \(G = D(M)\) le groupe de type multiplicatif dual d'un groupe constant tordu \(M\) sur \(S\), de type fini. On résout \(M\) par la résolution plate canonique à deux crans \[ (1.1) \qquad 0 \to R \xrightarrow{\ v\ } \mathbb{Z}[M] \xrightarrow{\ u\ } M \to 0, \qquad u([m]) = m, \] d'où, par dualité, une résolution de \(G\) par des tores \[ (1.2) \qquad 0 \to G \to T \to T' \to 0, \qquad T = D(\mathbb{Z}[M]) \simeq \mathbb{G}_{m}^{M}, \quad T' = D(R), \] de dimension relative infinie si \(M\) est infini. Le triangle de transitivité appliqué à \(G = \operatorname{Ker}(T \to T')\), \(T\) et \(T'\) lisses, donne \[ \ell^{G} \simeq [\omega_{T'} \to \omega_{T}] \simeq [R \otimes_{\mathbb{Z}} \mathcal{O}_{S} \to \mathbb{Z}[M] \otimes_{\mathbb{Z}} \mathcal{O}_{S}], \qquad\text{soit}\qquad (1.3) \quad \ell^{G} \simeq M \otimes^{L}_{\mathbb{Z}} \mathcal{O}_{S} . \] Si \(\mathcal{O}_{S}\) est une \(\Lambda\)-algèbre (par exemple \(\Lambda = \mathbb{Q}\) ou \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\)), \[ (1.4) \qquad \ell^{G} \simeq (M \otimes^{L}_{\mathbb{Z}} \Lambda) \otimes^{L}_{\Lambda} \mathcal{O}_{S}, \] et si \(\Lambda\) est un corps, par exemple \(\mathbb{F}_{p}\), le second produit tensoriel n'a pas besoin d'être dérivé : \[ (1.4') \qquad \ell^{G} \simeq (M \otimes^{L}_{\mathbb{Z}} \mathbb{F}_{p}) \otimes_{\mathbb{F}_{p}} \mathcal{O}_{S} . \]
1.5. Le cas d'une descente. Supposons que \(M\) provienne, par un revêtement principal \(S'\) de \(S\) de groupe \(\Pi\) discret ou profini, d'une représentation (continue) de \(\Pi\) dans un groupe abélien \(M_{0}\) — par exemple \(M\) isotrivial, à fibres de type fini, \(S\) normal et connexe, \(S'\) le revêtement universel. On a un morphisme de topos \[ (1.6) \quad f\colon S \longrightarrow B_{\Pi}, \qquad (1.7) \quad M = f^{-1}(M_{0}), \] pour la topologie étale, fppf ou fpqc, et, en annelant \(S\) et \(B_{\Pi}\) par \(\Lambda\), \(M \otimes^{L}_{\mathbb{Z}} \Lambda = f^{*}(M_{0} \otimes^{L}_{\mathbb{Z}} \Lambda)\), d'où \[ (1.8) \qquad \ell^{G} \simeq f^{*}(M_{0} \otimes^{L}_{\mathbb{Z}} \Lambda) \otimes^{L}_{\Lambda} \mathcal{O}_{S} , \] le \(L\) du second produit tensoriel étant inutile si \(\Lambda\) est un corps.62
La classe \(\xi\) (pages 79 et 80)
De (1.3) on tire \[ (2.1) \qquad \omega_{G} = M \otimes_{\mathbb{Z}} \mathcal{O}_{S}, \qquad n_{G} = \operatorname{Tor}_{1}^{\mathbb{Z}}(M, \mathcal{O}_{S}), \] et si \(S\) est de caractéristique \(p\), \[ (2.2) \qquad \omega_{G} = (M/pM) \otimes_{\mathbb{F}_{p}} \mathcal{O}_{S}, \qquad n_{G} \simeq {}_{p}M \otimes_{\mathbb{F}_{p}} \mathcal{O}_{S} ; \] si \(M\) est tué par \(p\), c'est-à-dire \(G\) tué par \(p\), \[ (2.2') \qquad \omega_{G} \simeq n_{G} \simeq M \otimes_{\mathbb{F}_{p}} \mathcal{O}_{S} . \] C'est le phénomène \(n = \omega\) de la page 12, rencontré cette fois pour un groupe de type multiplicatif, et calculé directement.
Le complexe \(\ell^{G}\), à deux faisceaux de cohomologie, porte une classe canonique — son invariant de Postnikov — \[ \xi \in \operatorname{Ext}^{2}_{\mathcal{O}_{S}}\bigl(M \otimes_{\mathbb{Z}} \mathcal{O}_{S},\ \operatorname{Tor}_{1}^{\mathbb{Z}}(M, \mathcal{O}_{S})\bigr), \] qui provient, en présence de \(\Lambda\), d'une classe \(\xi_{\Lambda} \in \operatorname{Ext}^{2}_{\Lambda}(M \otimes \Lambda, \operatorname{Tor}_{1}^{\mathbb{Z}}(M, \Lambda))\). Si \(\Lambda = \mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\) et \(M\) est un \(\Lambda\)-module localement libre de type fini, \(M \otimes \Lambda \simeq M\) et \(\operatorname{Tor}_{1}^{\mathbb{Z}}(M, \Lambda) = {}_{n}M \simeq M\), donc \[ \xi_{\Lambda} \in H^{2}(S, \mathcal{E}nd(M)), \qquad \xi \in H^{2}(S, \mathcal{E}nd(E)) \quad (E = M \otimes_{\Lambda} \mathcal{O}_{S}), \] \(\xi\) étant l'image de \(\xi_{\Lambda}\) par la flèche canonique \(H^{2}(S, \mathcal{E}nd(M)) \to H^{2}(S, \mathcal{E}nd(M) \otimes_{\Lambda} \mathcal{O}_{S})\).63 Sous les conditions de 1.5, \(M_{0}\) étant plat sur \(\Lambda\), \(\xi_{\Lambda}\) est l'image d'une classe \[ \xi_{0} \in H^{2}(B_{\Pi}, \mathcal{E}nd(M_{0})) = H^{2}(\Pi, \operatorname{End}(M_{0})) . \] Pour la calculer, on se ramène par fonctorialité au cas universel \(M_{0} = (\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^{d}\), \(\Pi = \mathrm{GL}(d, \mathbb{Z}/n\mathbb{Z})\). D'après Illusie, c'est l'obstruction à relever la représentation de \(\Pi\) dans \(M_{0}\) en une représentation dans un module libre sur \(\mathbb{Z}/p^{2}\mathbb{Z}\) — pour \(n = p\), la classe de l'extension \(1 \to M_{d}(\mathbb{F}_{p}) \to \mathrm{GL}(d, \mathbb{Z}/p^{2}) \to \mathrm{GL}(d, \mathbb{F}_{p}) \to 1\). Elle est nulle pour \(d \le 1\), puisque \(\mathbb{F}_{p}^{*}\) se relève par les représentants de Teichmüller. La page ajoute qu'elle n'est « sans doute pas nulle » pour \(d \ge 2\) ; c'est vrai en général, mais pas sans exception.64
Enfin, si \(S'\) est le revêtement universel de \(S\), l'application \(H^{2}(B_{\Pi}, -) \to H^{2}(S, -)\) est injective — dans la suite spectrale de Hochschild–Serre du revêtement, le terme \(H^{0}(\Pi, H^{1}(S', -))\) qui pourrait tuer \(H^{2}(\Pi, -)\) est nul, \(S'\) étant simplement connexe —, de sorte que la classe \(\xi_{\Lambda} \in H^{2}(S, \mathcal{E}nd(M))\) est non nulle dès que \(\xi_{0}\) l'est. Le dossier s'arrête là, sur un énoncé qui rejoint sa première page : le complexe co-Lie d'un groupe tué par \(p\) ne se réduit pas à ses deux faisceaux de cohomologie, et ce qui l'en empêche est une obstruction de relèvement modulo \(p^{2}\).65
Notes
- La page 1 pose seulement \(\varphi\varepsilon = F_{S}\) (« frobenius absolu ») et la page 12 utilise \(\varphi^{*}(M) = \mathcal{M}^{(p)}\) ; la justification par la factorisation du Frobenius est ce que le diagramme \(J \hookrightarrow B \to A\), \(\lambda \mapsto \lambda^{p}\), de la page 19 esquisse. Le diagramme est très retouché, et la lecture qu'on en donne ici est la nôtre. La lettre \(\varphi\) sert aussi, sur la page, aux scindages des pages 25–26 et aux composantes du Frobenius des pages 35–41 : on les renomme \(s\) et \(F_{\nu}\) pour lui garder un seul sens. ↩
- Le cristal de Dieudonné d'un groupe fini localement libre arbitraire n'a été construit en toute généralité que par Berthelot, Breen et Messing (Théorie de Dieudonné cristalline II, 1982) ; pour les groupes de Barsotti–Tate, Grothendieck l'avait annoncé au congrès de Nice (1970), et Mazur et Messing l'ont rédigé (1974). Les pages 3 et 4 le posent comme donné « conjecturalement ». ↩
- L'identification des « complexes parfaits \(\ell_{\bullet}\), \(\ell'_{\bullet}\) d'amplitude \([-1,0]\) » des pages 3–4 avec les complexes co-Lie de \(G\) et \(G^{*}\) est appuyée par trois choses : la notation \(\ell^{G}_{\bullet}\), \(\ell^{G^{*}}_{\bullet}\) de la page 4 ; le calcul de la page 12, où \(H^{0}(\ell) = \omega\) et \(H^{-1}(\ell) = n\) ; et les pages 77–80, où \(\ell^{G}_{\bullet}\) est explicitement le complexe co-Lie, calculé par le triangle de transitivité. Le nom de « complexe co-Lie » est celui d'Illusie (Complexe cotangent et déformations II, 1972) ; la page 77 attribue le triangle à Mazur et Roberts. ↩
- La page écrit \(C\) pour \(\mathbb{C}_{p}\) et \(\pi\) (en gras pages 51–55, maigre pages 60–70) pour le groupe de Galois. On réserve \(\pi\) à l'uniformisante. ↩
- La page 3 écrit l'amplitude « \(\subset [0,1]\) », la page 9 « \(\subset [-1,0]\) » ; c'est une affaire de décalage, et la page 9 est la bonne pour la construction qu'on donne plus bas, où \(\Delta = \mathcal{D} \otimes^{L} \mathbb{Z}/p\). La flèche horizontale de (I) est notée sur la page tantôt \(\partial_{\mathrm{I}}\), tantôt \(i_{\mathrm{I}}\) ; on garde \(i_{\mathrm{I}}\). ↩
- Page 4, la rubrique « b) homomorphismes » reste sans suite, et la rubrique « e) Un triangle exact » s'arrête au bas de la page. La flèche \(\pi\) de la page porte le nom de la projection d'un triangle ; on l'appelle ici accouplement. ↩
- L'encadré de la page porte aussi « \(\Pi\colon \nu^{(p)} \to \nu\) », de lecture douteuse, sans emploi dans la suite. ↩
- On a vérifié que ce triangle est distingué : le cône de \((\mathrm{id}, C)\) est quasi-isomorphe à \([\omega \xrightarrow{C} \omega^{(p)}]\), le noyau de la comparaison étant le complexe acyclique \([\omega^{(p)} \xrightarrow{\mathrm{id}} \omega^{(p)}]\). La page dessine un second triangle, tordu par \(p\), où les décalages des sommets ne s'accordent pas entre eux (un \([1]\) là où l'amplitude demande un \([-1]\)) ; on ne le reproduit pas. Le sommet du second triangle de gauche est surchargé. ↩
- Au milieu de la page, une ligne se lit « \(\varepsilon^{*}(\pi_{\mathrm{II}})\,i_{0} \ne V_{\ell}[-1]\) » — le signe est une égalité barrée, de lecture douteuse. Elle contredit la définition de la page 3, qu'on suit ; il s'agit vraisemblablement d'un signe de définition et non d'une négation. ↩
- La numérotation (5.1), (8.3), (8.4) et les renvois « IX 1.2 » évoquent la rédaction des exposés de SGA 4 sur le changement de base propre ; on ne l'a pas vérifié, et la main des corrections n'est pas identifiée. ↩
- La page n'écrit explicitement que \(V_{\mathfrak{X}}\) (le premier membre de l'encadré est surchargé, lu \(\pi_{\mathrm{I}}\) ou \(\pi^{(p)}_{\mathrm{II}}\,i_{\mathrm{I}}\)) ; l'expression de \(F_{\mathfrak{X}}\) est notre complément, par symétrie. ↩
- La page écrit les triangles et l'identification \(\mathcal{M}^{(p)}\otimes^{L}/p \simeq \varphi^{*}(\Delta^{*})\), sans nommer l'octaèdre ; l'explication est la nôtre. Sous le second triangle, une inscription se lit « \(\simeq^{\mathrm{dbs}}\) \(\otimes^{L}\Delta^{*}(\mathcal{M})\) », de lecture douteuse. ↩
- « Épaississement à puissances divisées » et la parenthèse qui suit sont des lectures incertaines ; la parenthèse paraît fixer l'idéal de l'épaississement en fonction de \(p\) et de l'idéal de \(S\). ↩
- « Restriction partiel » est une lecture incertaine. Une note de marge, en partie biffée et encadrée, lit par fragments une suite exacte d'homologie se terminant par « \(0 \to t^{*} \to \omega\) nul, et \(\omega^{*}\) et \(t^{*}\) loc. libres ». ↩
- Pour \(F_{\omega} = 0\) et \(G\) commutatif, la question d) a une réponse classique : les groupes de hauteur \(\le 1\) correspondent aux \(p\)-algèbres de Lie localement libres (SGA 3, exposé VII\(_{\mathrm{A}}\)), et pour un groupe commutatif la donnée est celle de \(\omega\) et de la transposée \(V_{\omega}\) de l'application puissance \(p\)-ième. La page ne le dit pas. ↩
- La page écrit en marge « Cela détermine \(\omega\) de façon unique ! ». La déduction de \(n = \omega\) à partir de \(\varphi^{*}(n) = \varphi^{*}(\omega)\) demande que \(\varphi^{*}\) distingue les sous-modules localement facteurs directs de \(M\). Ce n'est pas une conséquence de \(\varepsilon^{*}\varphi^{*} = F_{S}^{*}\) seule : sur une base non réduite, \(F_{S}^{*}\) ne distingue pas deux tels sous-modules qui coïncident modulo le nilradical. Il faut utiliser \(\varphi^{*}\) sur tous les épaississements, et la page ne le justifie pas. Sur \(S\) réduit, l'argument est complet tel quel. ↩
- L'esquisse de la page 13 n'a pas de pointes de flèches sur sa ligne horizontale, et la place de \(\omega\) n'y est qu'approchée. ↩
- La page note le sommet du triangle \(\mathcal{T}_{1}\), comme le coin de droite ; l'un des deux porte vraisemblablement un autre indice. On les nomme \(\mathcal{T}_{0}\), \(\mathcal{T}_{1}\), \(\mathcal{T}_{2}\) en suivant le coin qui doit être \(\Delta\). En tête de page, isolés, une suite \(0 \to G \to G' \to G'' \to 0\) et une inclusion de sites cristallins \(X_{\mathrm{cris}/0} \hookrightarrow X_{\mathrm{cris}/n}\). ↩
- Le coin gauche du triangle est lu « \(\omega^{V}\) », peut-être \(\omega^{(p)}\) ; c'est cette dernière lecture que demande la flèche \(F_{\omega}\), et qu'on suit. ↩
- Peut-être des réalisations d'un motif sur \(\mathbb{Q}\), comme aux pages 70–72 ; c'est une conjecture de lecture, que la page ne confirme pas. ↩
- La page écrit \(H^{1}(\mathcal{A}, \mu_{2}) \simeq \prod_{p} \mathbb{Q}_{p}^{*}/\mathbb{Q}_{p}^{*2}\) et \(H^{0} = \prod_{p} \mathbb{Z}/2\mathbb{Z}\). Le groupe exact est le produit restreint des \(\mathbb{Q}_{v}^{*}/\mathbb{Q}_{v}^{*2}\) relativement aux \(\mathbb{Z}_{v}^{*}/\mathbb{Z}_{v}^{*2}\), et les produits portent sur toutes les places \(v\), y compris la place réelle. ↩
- La lecture « \(\mathbb{Q} \bmod \mathcal{A}\) » (cohomologie de \(\mathbb{Q}\) relative aux adèles) est douteuse sur la page ; elle est confortée par la notation « \(S_{\mathrm{zar}} \bmod S_{\mathrm{cris}}\) » de la page 19, qui est du même type. Le terme médian de la formule, illisible, est omis. ↩
- La seconde suite exacte de la page, \(0 \to {}_{F}\tilde{\mathcal{M}} \to \cdots \to \tilde{\mathcal{M}}_{V} \to 0\), est lue par morceaux, et ses indices sont incertains ; on ne la reproduit pas. Deux tentatives, « (a) descendre \(\mathcal{M}_{/F}\) et \(\mathcal{M}_{/p}\) » et « (b) descendre le triangle tout entier », sont biffées. ↩
- La page n'en donne pas de définition, et l'indexation de ces \(\operatorname{Ext}\) relatifs est notre lecture de l'usage qu'elle en fait. Une grande partie de la prose de cette moitié de page est illisible ; la phrase « l'arbitraire est dans … principalement, sans doute, i.e. dans \(\operatorname{Ext}^{1}(\tilde D_{0}, \tilde D_{1})\) ou plus … dans \(\operatorname{Ext}^{1}(S_{\mathrm{zar}} \bmod S_{\mathrm{cris}}; \ldots)\) » est ce qui en reste. ↩
- La lecture du diagramme est approchée sur la page ; que les \(\tilde{\ }\) soient des enveloppes à puissances divisées est notre interprétation. ↩
- La dernière lettre de la suite à six termes, « \(\nu_{G}\) », est une lecture incertaine, de même que les accents et exposants de la ligne \(0 \to \ell_{\bullet} \to \check\Delta^{*} \to \check\ell_{\bullet}[1] \to 0\). La page ne dit pas sous quelles hypothèses le noyau est non nul ; le rapport avec la question de la page 11 est notre lecture. ↩
- La question n'est pas résolue dans le dossier. La pleine fidélité du foncteur de Dieudonné cristallin sur une base lisse sur un corps parfait a été établie par de Jong (1995) ; on ne prétend pas qu'elle réponde à la question telle qu'elle est posée ici, avec cette catégorie \(\mathbf{C}\). ↩
- La page écrit la matrice de \(F_{M,s}\) avec \(\mathrm{id}\) en haut et \(p\,\mathrm{id}\) en bas, et la formule \((x,y) \mapsto (px, y + \Phi x)\) ; les deux ne s'accordent pas. On suit la formule, qui est celle qu'exige la définition de \(\mathbf{C}\) (\(p\) sur \(P'\), l'identité sur \(Q'\)). Le \(T\) est écrit sur un \(\check P\). ↩
- On a refait les trois calculs ; ils sont justes. La troisième condition suppose le scindage \(s\) choisi de façon à relever \(\operatorname{Fil}_{0}\) sur \(S_{0}\), ce que dit une note de marge de la page 25 : on peut prendre un tel scindage, « ce qui conduira à des \(L\) … nuls sur \(S_{0}\) et des \(\Phi\) itou ». ↩
- La page écrit la condition d'intégrabilité \(dA + [A, A] = 0\). Avec la convention usuelle \([A, A] = A\wedge A + A \wedge A\) pour les formes à valeurs matricielles, la condition juste est \(dA + A \wedge A = 0\), soit \(dA + \tfrac12[A, A] = 0\). En tête de page, au crayon, un calcul sans rapport apparent, \((i+p)(p+1) - (i+p-1)p = 2p + i\), qui est juste, et un encadré « \(v \circ \omega = du + \omega' \circ u\) » où l'on attend \(u\) au lieu de \(v\) : c'est la condition de la page 30. ↩
- On renomme \(a\) et \(b\) ce que la page appelle \(\varphi\) et \(\psi\), la première lettre étant réservée. La page écrit la première flèche \(u \mapsto (du/u,\ u/u^{\sigma})\) ; avec ce signe le composé des deux flèches n'est pas nul (il vaut \(2(du/u - F_{S}^{*}(du/u))\) dans la seconde composante). Le signe \(-du/u\), qui est celui de sa propre loi de changement \(\omega' - \omega = -du/u\), rend le composé nul. Le « ! » après \(\Gamma(\mathcal{O}_{S})\) et la glose « éléments inversibles dans \(A[1/p]\) » sont sur la page ; l'exposant de \(p\) dans \(\varphi\psi = p^{i}\) est une lecture douteuse. ↩
- Le « critère galoisien de réduction semi-stable 3.5 » évoque l'exposé IX de SGA 7 ; non vérifié. Ce feuillet n'appartient pas au tapuscrit des pages 6 à 14. ↩
- La page invoque la condition \((*)\) pour l'injectivité, et la marge note que \((*')\) seule suffirait ; c'est le cas. Elle dit « la somme des rangs des \(M_{\nu}\) est \(h\) » : c'est vrai des rangs sur \(W\) ; la somme des rangs sur \(A\) est \(f\). Les composantes du Frobenius sont notées \(\varphi_{\nu}\) sur la page. ↩
- Que \(\dim G_{0}\) soit la longueur de \(M/F_{M}M\) (et non de \(M/V_{M}M\)) dépend de la convention de Dieudonné, ici contravariante ; avec l'autre convention on obtient la dimension du dual. Le module est un \(W\)-module de longueur \(\sum r_{\nu}\) parce que \(A\) et \(W\) ont même corps résiduel. La page a la même formule, avec un premier membre biffé illisible. ↩
- La page note, en petit, « (\(u = 1\) … \(\varpi = \pi\)) » et « quitte à changer \(\pi\) ! ». Le passage de \(u\) d'une composante à l'autre est notre explicitation. Une note de marge, en grande partie illisible, affirme que tous ces groupes sont isomorphes par des transformations faisant intervenir \(f\) et \(\mathbb{F}_{q} = \mathbb{F}_{p^{f}}\) ; on ne peut pas la reconstituer. Le paramètre \(\nu\) mesure, d'après la page 43, le décalage entre deux structures de \(k\)-espace sur \(\omega_{G_{0}}\), et n'est donc pas un invariant de \(G_{0}\) comme groupe à opérations de \(A\) qu'on puisse faire disparaître sans tordre l'action. ↩
- Le signe entre \(\nu\) et \(\nu'\) dans la première ligne est couvert d'une tache d'encre ; le calcul ci-dessus donne \(\le\). Les primes sur les \(r_{i}\) des deux sommes de la page 39 ne se distinguent pas nettement ; leur place est fixée ici par le calcul. ↩
- La page écrit la condition comme l'existence de réseaux invariants par \(\varpi\) et par \(p^{f}\varpi^{-1}\) ; l'exposant \(f\) est une lecture douteuse, confirmée par \(V^{f} = p^{f}F^{-f}\). La suffisance, qui demande un réseau stable par \(F\) et \(V\) eux-mêmes et non par leurs puissances \(f\)-ièmes, est notre complément. ↩
- Trois lignes surchargées de la page, en partie biffées, décrivent la filtration canonique de \(M \otimes_{W} k = \sum M_{\nu} \otimes_{A} k\) ; seuls des fragments se lisent. L'exposant de \(\pi\) dans « \(M_{\nu}/\pi^{r}M_{\nu}\) » et la lettre devant le dernier \(\Omega\) sont douteux. Quelle composante porte l'indice 0, et donc quelle valeur de \(\nu\) fait coïncider les deux structures, dépend de conventions d'indexation que la page ne fixe pas ; on suit son énoncé. ↩
- Lubin et Tate, « Formal complex multiplication in local fields » (1965). Le groupe cherché est un \(A\)-module formel au sens strict. ↩
- La page dit « \(\pi A\) stable par puissances divisées » ; la condition \(e \le p - 1\) est la traduction usuelle. La théorie des déformations des groupes de Barsotti–Tate par le cristal de Dieudonné et la filtration de Hodge est celle que Grothendieck annonce à Nice en 1970 et que Messing rédige (1972) ; on la cite sous son nom d'aujourd'hui, Grothendieck–Messing. ↩
- La flèche \(p_{0}\) de \((**)\) est écrite sur une lettre surchargée. ↩
- L'indice du produit tensoriel médian de la formule de la page 47 est une lecture douteuse. ↩
- La page écrit « \(\Omega = \pi^{\alpha}\omega_{G}\) ». Le dual de \(\pi^{-\alpha}\check\Omega\) est \(\pi^{\alpha}\Omega\), de sorte que \(\Omega = \pi^{-\alpha}\omega_{G}\) ; c'est le signe qu'on corrige. La parenthèse qui devait dire de quoi dépend \(\alpha\) est illisible. ↩
- La phrase « Nous supposons fixé \(K_{\pi}\) … » est de lecture difficile. L'énoncé sur le faisceau des générateurs est à entendre pour le pro-objet \(\varprojlim G[\pi^{n}]^{*}\). ↩
- La page écrit \(\rho_{\sigma}(g)x = \sigma(\chi_{\pi}(g))x\), sans le \(g(x)\) : l'action est semi-linéaire, et c'est bien sous cette forme que la page 55 l'utilise. L'identification \(\operatorname{Hom}_{\mathbb{Q}_{p}}(K, \mathbb{C}_{p}) \simeq \operatorname{Gal}(K/\mathbb{Q}_{p})\) dépend du plongement fixé, qui devient \(\sigma = 1\). ↩
- Tate, « \(p\)-divisible groups » (1967). La page note les deux termes \(\mathfrak{t} \otimes C(1)\) et \(\check{\mathfrak{t}}^{*} \otimes C\) ; la lettre lue \(\mathfrak{t}\) est une majuscule cursive de lecture douteuse, que l'on identifie à l'espace tangent \(t_{G}\), et \(\check{\mathfrak{t}}^{*}\) à \(\omega_{G^{*}} = t_{G^{*}}^{\vee}\), ce que vérifie le cas de \(\mu_{p^{\infty}}\) et de \(\mathbb{Q}_{p}/\mathbb{Z}_{p}\). ↩
- La page appelle \(\tau\) le caractère cyclotomique (« caractère de Tate »). On a refait le calcul de l'entrelacement ; les deux conditions sont celles de la page. ↩
- L'égalité \(N_{K/\mathbb{Q}_{p}} \circ \chi_{\pi} = \chi_{\mathrm{cyc}}\) sur l'inertie est la théorie du corps de classes local de Lubin–Tate ; la page l'écrit sous l'accolade comme \(N_{A^{*}/\mathbb{Z}_{p}^{*}}(\chi_{\pi}(g)) = \tau(g)\) « si \(g \in\) Inertie ». La phrase « Mais la … \(\bar K\)) le choix de » est très cursive ; seuls quelques mots se lisent. Le vocabulaire des poids de Hodge–Tate est postérieur. ↩
- On peut penser à des polygones de Newton, et à la question de savoir quels polygones à sommets entiers approchent une droite de pente \(n/17\) — question naturelle pour la spécialisation des pentes d'un \(F\)-cristal, que Grothendieck étudie à cette époque. C'est une conjecture de lecture, que les pages ne confirment pas. La transcription donne toutes les inscriptions. ↩
- Dans cette section et les suivantes, \(K\) désigne, comme sur la page, le corps des fractions de \(W(k)\), et non plus le corps \(p\)-adique des pages 33 à 55. ↩
- La page qualifie \(\mathscr{C}\) de « (\(\mathbb{Q}_{p}\)-linéaire, ½ simple) », le « ½ simple » valant « semi-simple », et ajoute entre les lignes « gr. déri. », de lecture incertaine. La catégorie des \(F\)-isocristaux filtrés n'est pas semi-simple ; c'est une hypothèse de la page, ou une restriction à une sous-catégorie, qu'on ne sait pas lire. ↩
- L'existence d'un tel foncteur est précisément le problème que Grothendieck pose à Nice en 1970 sous le nom de « foncteur mystérieux ». La page l'utilise comme donné. Il a été construit par Fontaine (anneau \(B_{\mathrm{cris}}\), à partir de 1979), sur la sous-catégorie des objets « faiblement admissibles », dont Colmez et Fontaine ont montré (2000) qu'ils sont exactement ceux qui proviennent de représentations. Le langage des groupes de Galois tannakiens est celui de la thèse de Saavedra (1972). Le mot après « pro- » est biffé et récrit, illisible les deux fois. ↩
- La page écrit \(G(\mathbb{Q}_{\ell})\) ; il s'agit de \(G(\mathbb{Q}_{p})\). Elle énonce l'équivalence avec la seule pleine fidélité (« dans ce cas seulement », lecture incertaine) ; il faut en plus la stabilité par sous-objets. Elle ajoute « ou, ce qui revient au même, le foncteur \(\Delta\) » : on ne voit pas en quel sens, \(\Delta\) étant un foncteur fibre, et l'on ne reprend pas cette équivalence. ↩
- La graduation par le « degré total » suppose que \(\mathscr{C}\) est graduée (comme le sont les motifs, par le poids). Ce n'est pas une conséquence de la définition de \(\mathscr{C}\) donnée page 60 ; c'est une hypothèse implicite de la page, qu'on rend explicite. La lecture de l'égalité \(i = i_{1}i_{2}\) est douteuse. ↩
- La page dit « \(T_{\mathrm{Hdg}}\) sur \(K\) » puis écrit un torseur sous \(G_{L}\) ; la filtration ne vivant que sur \(E \otimes_{K} L\), c'est \(L\) qui convient. ↩
- La page écrit \(\widetilde{u\rho} = i_{1}(u^{-1})\), abréviation de ce qu'on a dit. Ce qu'elle construit est, en termes d'aujourd'hui, un torseur de périodes de Hodge–Tate ; on n'en tire aucune filiation. ↩
- La page appelle ici \(T_{\mathrm{DR}}\) le foncteur qu'elle appelait \(T_{\mathrm{cr}}\) quelques lignes plus haut ; l'indice est surchargé. Un bloc encadré et hachuré introduisait un cocaractère \(k_{2}\colon \mathbb{G}_{m,K} \to G'' = \operatorname{ad}(Q)\) et un unipotent \(U''\) ; il est barré, et seul \(G'' \supset U''\) en survit dans l'encadré suivant. Un passage barré de croisillons se lit « il faudra expliquer … cela correspond … \(i_{2}\) … structures bigraduées ». ↩
- La lettre \(\varphi\) de ces feuillets est celle du tapuscrit, sans rapport avec le \(\varphi\) du dossier. Leur numérotation entre en collision avec celle du tapuscrit des pages 6 à 14 : c'est au moins une autre partie, sans doute un autre texte. On ne l'identifie pas. ↩
- La page note « (iso) » au-dessus de « motifs », « ½ simples », et dans la marge « relations de \(T_{B}\) et \(T_{\mathrm{DR}}\) ». Elle écrit \(C^{p}\) ou \(C^{(p)}\) pour \(\mathbb{C}_{p}\). La comparaison \(p\)-adique pour les variétés à bonne réduction, qui donne ici \(\rho^{(p)}\), a été démontrée par Fontaine–Messing et Faltings dans les années 1980 ; sur la page elle est une structure postulée. ↩
- La page écrit f\(_{\infty}\)) « \(M^{\mathrm{an}}_{\mathbb{C}} \simeq T \otimes_{\mathbb{Z}} \mathbb{C}\) » : au sens propre, c'est l'isomorphisme entre les sections horizontales de \(M^{\mathrm{an}}\) et \(T \otimes \mathbb{C}\), ou, de façon équivalente, \(M^{\mathrm{an}} \simeq T \otimes \mathcal{O}^{\mathrm{an}}\) avec la connexion triviale sur le second membre. La place de la comparaison \(p\)-adique, f\(_{p}\)), est marquée par quatre tirets. ↩
- Un mot illisible précède chaque « généralisée ». Ce que la page entend par « double réseau » n'est pas dit ; la question des deux réseaux de la page 49 en est un candidat, que rien ne confirme. Les « Tate groups » sont peut-être l'analogue, pour l'image de Galois, du groupe de Mumford–Tate ; c'est aussi une conjecture de lecture. ↩
- On note \(\Pi\) le groupe du revêtement, que la page appelle \(\pi\). Le « 1.5 » est écrit sur un « 2. ». Un numéro de formule entre (1.7) et (1.8) est surchargé et illisible. La page attribue le triangle de transitivité à Mazur et Roberts ; voir la note sur le complexe co-Lie dans les conventions. ↩
- Trois mots illisibles suivent « Alors » dans la phrase qui donne ces identifications ; on les a rétablies par le calcul. Une hypothèse de platitude de \(\mathcal{O}_{S}\) sur \(\Lambda\) est écrite puis biffée. ↩
- Pour \(p = 2\) et \(d = 2\), \(\mathrm{GL}(2, \mathbb{F}_{2}) \simeq \mathfrak{S}_{3}\) se relève à \(\mathrm{GL}(2, \mathbb{Z})\) par sa représentation de permutation réduite, donc à \(\mathrm{GL}(2, \mathbb{Z}/4)\) : l'extension est scindée et \(\xi_{0} = 0\). Il y a d'autres petits cas scindés ; on ne les énumère pas. ↩
- L'injectivité est affirmée par la page ; la justification par Hochschild–Serre est la nôtre, et vaut pour les coefficients localement constants provenant de \(B_{\Pi}\). ↩