Cote n° 76 · pages 1–62
· Lecture modernisée · n-cartes cellulaires : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [vers 1977]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre
Résumé
Un cube, un ballon de football, un pavage de la sphère par des triangles : ce sont des espaces découpés en morceaux simples — des points, des arêtes, des faces, des cellules de dimension supérieure — recollés le long de leurs bords. Ces feuillets cherchent à dire, de façon purement combinatoire, ce qu'est un tel découpage, et à quel point la combinatoire suffit à retrouver l'espace.
L'idée centrale est celle des drapeaux. Dans un cube, un drapeau complet est un choix d'un sommet, d'une arête qui le contient, d'une face qui contient l'arête. Il y en a quarante-huit. Sur l'ensemble des drapeaux agissent des opérations très simples : changer le sommet en gardant l'arête et la face (il n'y a qu'une autre possibilité), changer l'arête en gardant le sommet et la face, changer la face en gardant le sommet et l'arête. Chacune est une involution, et deux opérations qui ne touchent pas des dimensions voisines commutent. Le groupe ainsi défini, que Grothendieck appelle groupe cartographique, ne dépend que de la dimension ; un découpage devient un ensemble sur lequel ce groupe agit, et l'on peut retrouver les sommets, les arêtes et les faces comme les orbites de certains sous-groupes. C'est l'analogue, en dimension quelconque, de ce que les dossiers 88 et 81 font pour les cartes tracées sur une surface.
Le dossier pose trois fois la même question, chaque fois plus nettement. Une première rédaction donne des axiomes à l'ensemble ordonné des cellules — entre deux cellules dont les dimensions diffèrent de deux, il y en a toujours exactement deux — et montre comment les drapeaux le reconstituent. Une longue étude intermédiaire porte sur les ensembles ordonnés dont chaque élément « est » un simplexe : comment les décrire par des foncteurs, comment les ordonner, comment passer d'une triangulation à une décomposition en cellules. La seconde rédaction énonce un programme de sept théorèmes : les variétés munies d'une bonne décomposition cellulaire, à déformation près, sont exactement certains ensembles à opérateurs sous le groupe cartographique ; une construction par cônes emboîtés, le « multicône », va dans l'autre sens. Aucun de ces théorèmes n'est démontré, et Grothendieck voit lui-même où est la difficulté : savoir si un objet combinatoire décrit une sphère, ce qui touche à l'hypothèse de Poincaré.
Le dossier se termine sur un cas modèle traité à fond : le cube. Un cube de dimension \(n\) est décrit par un ensemble de \(2n\) éléments — ses faces de codimension un — muni de l'involution qui échange deux faces opposées. Tout s'en déduit : les faces, les drapeaux, le groupe des symétries, qui agit simplement transitivement sur les drapeaux, l'orientation, les classes de conjugaison des symétries (dix pour le cube ordinaire), et le fait que les rotations du cube ordinaire sont exactement les permutations de ses quatre grandes diagonales. En recollant chaque face du bord avec la face opposée, on obtient un découpage de l'espace projectif réel, et la question de ses symétries ferme le dossier.
On voit dans ces pages une manière de procéder : plutôt que de choisir une orientation, un ordre, un point de départ, garder l'ensemble de tous les choix et faire agir sur lui le groupe qui les échange. Un cube « est » alors un torseur sous son groupe, et une variété découpée « est » un ensemble à opérateurs. Les noms modernes à chercher sont ceux de polytope abstrait, de carte généralisée, d'ensemble ordonné simplicial et d'ensemble semi-simplicial, de géométrie de classes à la Tits, et de groupe hyperoctaédral.
Keywords — abstract polytope, diamond condition, flag graph, cartographic group, generalized map, order complex, simplicial poset, semi-simplicial set, category of elements, coset geometry, CW complex, Alexander trick, sphere recognition, hyperoctahedral group, signed cycle type, hemicube, Bruhat decomposition, exceptional isomorphisms of small groups
2–62
Le fil du dossier, et les conventions
Les stations
Le dossier n'est pas paginé de sa main. L'inventaire le date « vers 1977 » et le range dans le groupe « Géométrie et topologie combinatoire », avec les dossiers 81, 88 et 89, qui ont déjà leur lecture modernisée et qu'on cite là où ils rencontrent celui-ci.
- Pages 2 à 13, première rédaction, sous le titre « Cartes coniques, cartes cellulaires, et ensembles à opérateurs » : l'ensemble ordonné gradué \(F_*\) des cellules et ses axiomes (pages 2 à 4) ; une page barrée de suites exactes (page 5) ; réalisation géométrique, variétés, « \(n\)-variété combinatoire » et « \(n\)-complexe combinatoire » (pages 6 à 8) ; « \(n\)-cartes coniques » (page 9) ; treillis de drapeaux, multicônes et « paracartes » (pages 11 à 13).
- Pages 15 à 33, les « géométries de drapeaux » : ensembles ordonnés dont chaque idéal principal est un simplexe, fonctions dimension, ensembles semi-simpliciaux et ordres sur les sommets, deux exemples, et les préfaisceaux sur les parties finies de \(\mathbf{N}\).
- Pages 35 à 42, seconde rédaction, sous le titre « Cartes cellulaires \(n\)-dim et groupes cartographiques » : filtrations admissibles, les foncteurs \(E_n\), \(E_n^\circ\), et un programme de théorèmes numérotés 1 à 7, énoncés et non démontrés.
- Pages 45 et 47, deux apartés : les petits ensembles comme géométries finies et l'ordre des groupes de Chevalley ; quatre « Sujets DEA ».
- Pages 49 à 62, le « cube combinatoire », sous une chemise (page 43) où « 2-cartes cellulaires » est biffé.
Les deux rédactions des stations 1 et 3 ne se confondent pas. La première part d'un ensemble ordonné et lui impose des axiomes ; la seconde part d'un espace filtré et construit les ensembles à opérateurs par récurrence sur la dimension. Elles se rejoignent sur deux objets, qu'on signale à chaque fois : la tour d'ensembles à opérateurs des pages 7 et 8 est la « cascade » de la page 38, et les quotients de la page 8 sont le théorème 3 de la page 39. On garde les deux rédactions distinctes.
Conventions, valables pour tout le dossier
- Le groupe cartographique. \(G_n\) est le groupe engendré par \(n+1\) éléments \(\sigma_0, \ldots, \sigma_n\) soumis aux relations \(\sigma_i^2 = 1\) et \((\sigma_i\sigma_j)^2 = 1\) pour \(|i - j| \geqslant 2\), et à aucune autre ; \(G_{-1} = \{1\}\). C'est la convention des pages 7 et 36. La page 3 note \(G_n\) le groupe à \(n\) générateurs \(\sigma_0, \ldots, \sigma_{n-1}\), et la page 13 \(G_i\) celui qu'engendrent \(\sigma_0, \ldots, \sigma_{i-1}\) : ce sont ici \(G_{n-1}\) et \(G_{i-1}\).1
- Drapeaux. Un drapeau est une chaîne non vide d'un ensemble ordonné ; un drapeau complet est une chaîne maximale. Les pages 54 à 56 appellent « repères » les drapeaux complets d'un polyèdre, et la page 51 les note \(\mathrm{Drap}(C)\) ; on garde les deux notations, qui désignent la même chose. \(\sigma_i\) change toujours le membre de dimension \(i\) d'un drapeau complet en gardant les autres.
- Ensembles de parties. \(\mathfrak{P}^*(I)\) est l'ensemble des parties finies non vides de \(I\), ordonné par inclusion.
- Semi-simplicial. \(\Delta_{\mathrm{inj}}\) est la catégorie des ensembles finis non vides totalement ordonnés et des applications strictement croissantes, \(\Delta_n = [0, n]\) ; un ensemble semi-simplicial est un préfaisceau sur \(\Delta_{\mathrm{inj}}\). C'est ce que les pages appellent « ensemble quasi-simplicial » et notent « \(\frac{1}{2}\)simpl ».2 Pour un \(1\)-simplexe \(z\), \(s(z)\) et \(t(z)\) sont son premier et son dernier sommet ; pour un \(2\)-simplexe \(u\), \(d_0u\), \(d_1u\), \(d_2u\) sont les arêtes opposées aux sommets \(0\), \(1\), \(2\).
- Les deux foncteurs des pages 39 et 40. La page 39 appelle \(\psi_n\) un foncteur des \(G_n\)-ensembles vers les cascades, la page 40 un foncteur des cascades vers les espaces filtrés. On appelle ici \(\rho_n\) le premier — c'est la lettre que la page 40 elle-même emploie pour lui — et \(\psi_n\) le second.
- Le cube. \((\mathbb{B}, \sigma)\) est un ensemble fini muni d'une involution sans point fixe, \(I = \mathbb{B}/\sigma\), \(n = \mathrm{card}\, I\), et \(\mathrm{Sp}(\mathbb{B})\) l'ensemble des sections partielles de \(\mathbb{B} \to I\), c'est-à-dire des parties \(J \subset \mathbb{B}\) telles que \(J \cap \sigma J = \emptyset\).
Ce que le dossier annonce et n'établit pas. Les théorèmes 1 à 4 et 7 sont énoncés sans démonstration, les théorèmes 5 et 6 seulement nommés ; « l'image essentielle » est à déterminer aux pages 4 et 7, et le reste ; la question de la page 19 et le programme de la page 29 restent ouverts ; le « cas \(n\) pair » de la page 62 est « à examiner ».
2–4
Complexes cellulaires et ensembles à opérateurs (pages 2 à 4)
Les données. Des ensembles \(F_0, \ldots, F_n\) — les cellules de dimension \(0, \ldots, n\) — et des relations d'incidence \(I_\alpha \subset F_\alpha \times F_{\alpha+1}\). Sur \(F_* = \coprod_\alpha F_\alpha\) on définit \(x \preceq y\) si \(x = y\), ou si \(x \in F_\alpha\), \(y \in F_\beta\), \(\alpha < \beta\), et s'il existe une chaîne \(x = z_\alpha, z_{\alpha+1}, \ldots, z_\beta = y\) d'éléments consécutivement incidents. Les axiomes, dans la numérotation finale de la page 4 :3
- 1.\(I_\alpha \to F_{\alpha+1}\) est surjectif : toute cellule a une cellule de dimension immédiatement inférieure dans son bord ;
- 1'.(facultatif) \(I_\alpha \to F_\alpha\) est surjectif ;
- 2.pour \(2 \leqslant \alpha \leqslant n\), \(x_\alpha \in F_\alpha\) et \(x_{\alpha-2} \preceq x_\alpha\) de dimension \(\alpha - 2\), il y a exactement deux \(x_{\alpha-1}\) entre eux ;
- 2'.(facultatif) toute \(x_{n-1}\) est incidente à exactement deux \(x_n\) ;
- 3.toute arête \(x_1\) a exactement deux sommets ;
- 4.voir plus bas.
Les axiomes 2 et 3 forment ce qu'on appelle aujourd'hui la condition du diamant : tout intervalle de longueur deux, en ajoutant un plus petit élément formel sous \(F_0\), a exactement quatre éléments. L'axiome \(2'\) est la même condition en haut, et exprime l'absence de bord.4
Quels ensembles ordonnés ? Le système \((F_\alpha, I_\alpha)\) se retrouve à partir de \((F_*, \preceq)\) : \(F_0\) est l'ensemble des éléments minimaux, \(F_1\) celui des éléments minimaux de \(F_* \smallsetminus F_0\), et ainsi de suite, et \(I_\alpha\) est la restriction de l'ordre. Les ensembles ordonnés ainsi obtenus sont exactement ceux dont les chaînes ont au plus \(n+1\) éléments et dans lesquels tout recouvrement \(x \lessdot y\) fait monter la hauteur d'exactement un — la hauteur d'un élément étant le nombre d'éléments, moins un, de la plus longue chaîne qui finit en lui ; de façon équivalente, toutes les chaînes maximales de chaque idéal principal ont la même longueur.5
Drapeaux et opérateurs. Un drapeau est une chaîne non vide de \(F_*\) ; son type est l'ensemble \(\delta \subset [0, n]\) des dimensions de ses membres.6 Soit \(\mathcal{A}\) l'ensemble des drapeaux complets \(d = (x_0, x_1, \ldots, x_n)\), \(x_i \in F_i\). Par les axiomes 2 et 3, pour \(0 \leqslant \alpha \leqslant n-1\), il existe un unique \(x'_\alpha \neq x_\alpha\) tel que \(\sigma_\alpha(d) = (x_0, \ldots, x'_\alpha, \ldots, x_n)\) soit encore un drapeau ; sous l'axiome \(2'\), de même pour \(\alpha = n\). Ce sont des involutions sans point fixe, et \[ \sigma_\alpha\sigma_\beta = \sigma_\beta\sigma_\alpha \qquad \text{si } |\alpha - \beta| \geqslant 2 , \] puisqu'elles modifient alors des membres non voisins du drapeau. Ainsi \(\mathcal{A}\) est un ensemble à opérateurs sous \(G_{n-1}\), et sous \(G_n\) si l'axiome \(2'\) est satisfait.7
L'axiome 4. Pour \(\delta \subset [0, n]\) non vide, soit \(G^{(\delta)}\) le sous-groupe engendré par les \(\sigma_i\), \(i \notin \delta\) : il agit sur \(\mathcal{A}\) sans toucher aux membres de dimension dans \(\delta\), d'où une application \[ \mathcal{A}/G^{(\delta)} \longrightarrow \mathcal{A}_\delta \qquad (\text{drapeaux de type } \delta), \] surjective par l'axiome 1 et sa conséquence que tout drapeau se complète. L'axiome 4 demande qu'elle soit bijective pour \(\delta = \{\alpha\}\) : \[ \mathcal{A}/G^{(\alpha)} \xrightarrow{\ \sim\ } F_\alpha , \] c'est-à-dire que deux drapeaux complets qui ont le même membre de dimension \(\alpha\) se déduisent l'un de l'autre par des \(\sigma_\beta\), \(\beta \neq \alpha\). La page demande si la bijectivité pour tout \(\delta\) en est conséquence.8 Comme \(G^{(\delta)} \subset G^{(\delta')}\) pour \(\delta' \subset \delta\), les inclusions entre ces sous-groupes redonnent alors les relations entre drapeaux de types divers, donc \(F_*\) tout entier :
Proposition (page 4). Le foncteur \(F_* \mapsto \mathcal{A}\), des complexes satisfaisant les axiomes 1 à 4 vers les ensembles à opérateurs sous le groupe cartographique, est pleinement fidèle ; son image essentielle reste à déterminer.9
Réalisation géométrique. Celle de \(F_*\) — sous le seul axiome 1 — est la réalisation de la triangulation dont les simplexes sont les parties finies totalement ordonnées de \(F_*\) : le complexe des chaînes (ou complexe d'ordre) de \(F_*\).
5–5
Une page barrée (page 5)
La page 5 est barrée d'un long trait et ne porte aucun texte : des suites exactes empilées de groupes d'automorphismes d'un espace \(X\) à bord. On y lit \[ 1 \to \mathrm{Aut}(X, \mathrm{id}_{\partial X}) \to \mathrm{Aut}(X) \to \mathrm{Aut}(\partial X) \to 1 , \] un revêtement \(p : \widetilde{\partial X} \to \partial X\) et le groupe \(\widetilde{\mathrm{Aut}}(X)\) des couples \((u, \tilde v)\) où \(\tilde v\) relève au revêtement la restriction de \(u\) au bord, et un facteur \(\mathbf{Z}^I\), \(I = \pi_0(\partial X)\), qui revient dans trois lignes successives. Rien ne dit ce que sont les groupes notés \(S\mathcal{A}\), \(S\mathcal{A}^\circ\), \(ST\), ni si les « Aut » sont des groupes d'homéomorphismes ou leurs classes d'isotopie ; on ne leur donne pas de sens.10
6–8
Réalisation, variétés, et la première « variété combinatoire » (pages 6 à 8)
Les cellules dans la réalisation. Chaque \(x \in F_\alpha\) se réalise dans \(|F_*|\) comme la réunion des simplexes ouverts des chaînes formées d'éléments \(\preceq x\), et l'incidence devient l'inclusion. La page annonce une équivalence de catégories « à dégager » entre ces objets topologiques et les objets combinatoires.
Proposition (page 6). Si \(|F_*|\) est une variété topologique de dimension \(n\), sans bord, alors \(F_*\) satisfait les axiomes \(1, 1', 2, 2', 3, 4\).11
La page affirme plus précisément que \(|F_*|\) est une variété de dimension \(n\) si et seulement si \(F_*\) satisfait ces axiomes et que, pour tout \(x\), la réalisation de \(F(x) = \{y \prec x\}\) est une sphère ; et, « modulo l'hypothèse de Poincaré », qu'il suffirait de demander \(|F(x)|\) simplement connexe et de l'homologie d'une sphère. Ce n'est pas suffisant tel quel. La condition sur les \(|F(x)|\) fait de chaque cellule une boule, mais elle ne dit rien de ce qui entoure une cellule : il faut aussi que les réalisations des sections supérieures \(\{y \succ x\}\), les links des cellules, soient des sphères de la bonne dimension.12
Espaces filtrés. Soit \(X\) un espace — compact, ajoute-t-il avec deux points d'interrogation — filtré par \(X_0 \subset X_1 \subset \cdots \subset X_n = X\), chaque différence \(X_i \smallsetminus X_{i-1}\) étant une réunion disjointe de boules ouvertes de dimension \(i\). Les drapeaux relatifs à la filtration, « à définir avec soin », forment un ensemble sur lequel agit \(G_n\) si \(X\) est une variété de dimension \(n\), les \(\sigma_i\) opérant sans point fixe.13
Proposition (page 7). Le foncteur des variétés de dimension \(n\) ainsi filtrées vers les \(G_n\)-ensembles finis où les \(\sigma_i\) opèrent sans point fixe est pleinement fidèle — à condition de remplacer les morphismes par leurs classes d'isotopie. Il reste à déterminer son image essentielle, dont la page prévoit qu'elle est plus grande que celle des complexes de la page 4.14
La \(n\)-variété combinatoire. Une \(n\)-variété combinatoire finie est un ensemble fini \(D_n\) muni de \(n+1\) involutions sans point fixe \(\sigma_0, \ldots, \sigma_n\), deux involutions non consécutives commutant : c'est un \(G_n\)-ensemble fini où les générateurs opèrent sans point fixe.15
Le \(n\)-complexe combinatoire. Un \(n\)-complexe combinatoire fini est une tour d'ensembles finis \[ D_n \longrightarrow D_{n-1} \longrightarrow \cdots \longrightarrow D_1 \longrightarrow D_0 , \] où chaque \(D_i\), \(1 \leqslant i \leqslant n\), est un \(G_{i-1}\)-ensemble dont les générateurs opèrent sans point fixe, où chaque \(D_i \to D_{i-1}\) est un morphisme de \(G_{i-2}\)-ensembles, et où, pour \(i \geqslant j + 2\), la composée \(D_i \to D_j\) est invariante par \(\sigma_{j+1}, \ldots, \sigma_{i-1}\). Pensez à \(D_i\) comme à l'ensemble des drapeaux complets \((x_0, \ldots, x_i)\) des cellules de dimension \(i\), et à \(D_i \to D_{i-1}\) comme à l'oubli de \(x_i\). C'est la « cascade » que la seconde rédaction définira à la page 38 ; on y revient.
Les bords successifs. Si \(D_n\) est une \(n\)-variété combinatoire, le bord de la \(i\)-ème décomposition, \(\partial(\mathrm{Déc}(X_i/X_{i-1}))\), est la \((i-1)\)-variété combinatoire \[ \delta_{i-1} = \bigl(D_n/\langle \sigma_n, \ldots, \sigma_{i+1} \rangle ;\ \sigma_0, \ldots, \sigma_{i-1}\bigr) , \qquad \delta_{n-1} = (D_n ;\ \sigma_0, \ldots, \sigma_{n-1}) . \] Les \(\sigma_j\), \(j \leqslant i - 1\), passent au quotient parce qu'ils commutent à \(\sigma_{i+1}, \ldots, \sigma_n\). C'est la forme première du théorème 3 de la page 39. La suite de la page 8, qui commençait à définir par récurrence une catégorie \(\mathcal{C}_n\) de « \(n\)-cartes » et un foncteur vers les \(n\)-variétés combinatoires, est barrée.16
9–9
Cartes coniques (page 9)
La page reprend le titre, corrigé : « Cartes coniques, cartes cellulaires, et ensembles à opérateurs ». Une \(n\)-carte conique finie est un espace compact \(X\) muni d'une filtration croissante par des fermés \(X_0 \subset \cdots \subset X_n = X\) telle que :
- a)\(X_0\) est fini ;
- b)pour \(1 \leqslant i \leqslant n\), soit \(\overline{Z}_i = \mathrm{Déc}(X_i/X_{i-1})\) le découpage de \(X_i\) le long de \(X_{i-1}\) et \(\dot Z_i \subset \overline{Z}_i\) l'image inverse de \(X_{i-1}\), de sorte que \(\overline{Z}_i \to X_i\) induise un homéomorphisme \(\overline{Z}_i \smallsetminus \dot Z_i \simeq X_i \smallsetminus X_{i-1}\) ; alors \(\overline{Z}_i\) a un nombre fini de composantes connexes \(\overline{Z}_i^\alpha\), chacune homéomorphe au cône sur \(\dot Z_i^\alpha = \overline{Z}_i^\alpha \cap \dot Z_i\), non vide ;
- c)\(\dot Z_i \to X_{i-1}\) est un morphisme fini ;
- d)la filtration est équisingulière.
Le découpage n'est pas défini ; on le comprend comme l'espace des cellules fermées, avec leurs applications d'attachement, ce qui est le sens que lui donne la page 35.17
La différence avec les cartes cellulaires est dans b) : chaque « cellule » est un cône sur son bord, et non une boule ; le bord n'a pas à être une sphère. On retrouvera ces cônes dans le multicône de la page 40, et c'est ce qui donne son titre à la rédaction. Pour \(n = 0\) ce sont les espaces finis discrets, pour \(n = 1\) les graphes finis — boucles et arêtes multiples admises —, dont la page dessine quelques exemples.
11–13
Treillis de drapeaux, multicônes, paracartes (pages 11 à 13)
Treillis de drapeaux. Pour une décomposition de dimension \(\leqslant n\), notons \(D_I\) l'ensemble des drapeaux de type \(I \subset [0, n]\) ; pour \(J \subset I\), l'oubli des membres de dimension hors de \(J\) donne une restriction \(D_I \to D_J\). Les pages 11 et 13 dessinent ces treillis pour \(n = 1, 2, 3\) et marquent « épi » certaines flèches. La règle qui s'en dégage : \[ D_{[0,i]} \longrightarrow D_I \quad \text{est surjective si } i = \sup I , \] tout drapeau se complétant vers le bas jusqu'au sommet, et plus généralement \(D_I \to D_J\) l'est si \(J \subset I\) a le même plus grand élément. La flèche \(D_{02} \to D_1\) est barrée d'une croix sur le dessin : il n'y a pas de restriction de \(D_{\{0,2\}}\) vers \(D_{\{1\}}\).18 La page 12 donne le cas d'un graphe : trois sortes de drapeaux, les sommets \(F_0\), les arêtes \(F_1\), et les couples incidents \(R_1\), avec \(F_0 \leftarrow R_1 \to F_1\), la seconde flèche surjective.
Le multicône. Pour une catégorie \(\mathcal{C}\), soit \(\Phi(\mathcal{C})\) la catégorie des familles finies \((f_i : X_i \to X)_{i \in I}\) de morphismes de même but. Un foncteur \(\varphi : \mathcal{C} \to \mathrm{Top}\) en induit un, \(\Phi(\varphi) : \Phi(\mathcal{C}) \to \mathrm{Top}\), \[ (X_i \xrightarrow{f_i} X)_{i \in I} \longmapsto \Bigl(\coprod_i \mathrm{Cône}\, \varphi(X_i)\Bigr) \ \amalg_{\coprod_i \varphi(X_i)}\ \varphi(X) , \] qui colle à \(\varphi(X)\) un cône sur chaque \(\varphi(X_i)\) le long de \(\varphi(f_i)\). Si les \(\varphi(f)\) sont finis, les \(\Phi(\varphi)(f)\) le sont ; la page ajoute que la fidélité — et la pleine fidélité, avec un doute — passe de \(\varphi\) à \(\Phi(\varphi)\) vers les espaces filtrés, « mod isotopie », et qu'on peut itérer : \(\Phi(\Phi(\mathcal{C})) \to \mathrm{Top}\). Itéré \(n\) fois, c'est exactement la construction des \(n\)-cartes coniques de la page 9, et c'est le « multicône » de la page 40.19
Paracartes (page 13). Une paracarte est un préfaisceau \(D\) sur \(\mathfrak{P}^*(\mathbf{N})\) — un ensemble \(D(\sigma)\) de « drapeaux de type \(\sigma\) » pour chaque partie finie non vide \(\sigma\) de \(\mathbf{N}\), avec des restrictions \(D(\sigma) \to D(\sigma')\) pour \(\sigma' \subset \sigma\) — dont certaines restrictions sont surjectives.20 La page en distingue trois sortes :
- les stratifications équidimensionnelles : \(D(\sigma) \to D(\sigma')\) est surjective dès que \(\sup \sigma = \sup \sigma'\), c'est-à-dire que \(D([0, i]) \to D(\sigma)\) l'est si \(i = \sup \sigma\) — la règle des treillis ci-dessus ;
- les paracartes de dimension \(n\) : les restrictions sont bijectives au-dessus de \(\Delta_n\) et \(D(\{i\}) = \emptyset\) pour \(i > n\) ;
- les paracartes spéciales : équidimensionnelles, et telles que pour tout \(j < i\) la restriction \(D(0, \ldots, i) \to D(0, \ldots, \widehat{j}, \ldots, i)\) soit de degré 2 — la condition du diamant.
Dans une paracarte spéciale, \(R_i = D(0, \ldots, i)\) porte donc \(i\) involutions \(\sigma_0, \ldots, \sigma_{i-1}\) : c'est un \(G_{i-1}\)-ensemble.21 La page veut des conditions pour que \(D(0, \ldots, i)\), avec l'action de \(G_{i-1}\) et les applications \(R_{i+1} \to R_i \to \cdots\), « récupère » tous les \(D(i_0, \ldots, i_p)\) : c'est la tour de la page 7, et la question à laquelle répondra le théorème 3.
15–19
Géométries de drapeaux (pages 15 à 19)
Définition. Un ensemble ordonné \(D\) est une géométrie de drapeaux si, pour tout \(d \in D\), l'idéal \(D(d) = \{d' \leqslant d\}\) est isomorphe à \(\mathfrak{P}^*(I_d)\) pour un ensemble fini non vide \(I_d\). On peut prendre pour \(I_d\) l'ensemble des éléments minimaux de \(D\) majorés par \(d\) ; on appelle \(\Phi\) l'ensemble des éléments minimaux de \(D\) — les « drapeaux de longueur 1 » — et \(\mathrm{card}\, I_d\) la longueur de \(d\).22
Pour \(\sigma \in \mathfrak{P}^*(\Phi)\), soit \(D(\sigma)\) l'ensemble des \(d\) tels que \(I_d = \sigma\). Si \(\tau \subset \sigma\), chaque \(d \in D(\sigma)\) a un unique minorant dans \(D(\tau)\), d'où une restriction \(D(\sigma) \to D(\tau)\). On obtient :
Proposition (page 15). Les géométries de drapeaux sont équivalentes aux couples \((\Phi, D)\) formés d'un ensemble \(\Phi\) et d'un préfaisceau \(D : \mathfrak{P}^*(\Phi)^{\mathrm{op}} \to \mathrm{Ens}\) tel que \(\mathrm{card}\, D(\{i\}) = 1\) pour tout \(i\) ; on retrouve \(D\) comme \(\coprod_\sigma D(\sigma)\), avec \(d \leqslant d'\) si \(d\) est une restriction de \(d'\).
Une géométrie de drapeaux est stricte si tout \(d\) est la borne supérieure de ses sommets. Il faut et il suffit pour cela que \(\mathrm{card}\, D(\sigma) \leqslant 1\) pour tout \(\sigma\), c'est-à-dire que \(D\) soit un sous-foncteur du foncteur final ; \(D\) est alors un ensemble de parties finies non vides de \(\Phi\) stable par passage aux parties non vides, et : \[ \{\text{géométries de drapeaux strictes}\} \simeq \{\text{complexes simpliciaux abstraits}\} . \] 23
Fonctions dimension (pages 16 et 17). Partons maintenant d'un préfaisceau quelconque \(D' : \mathfrak{P}^*(I)^{\mathrm{op}} \to \mathrm{Ens}\), sans condition sur les \(D'(\{i\})\). L'ensemble \(D = \coprod_\sigma D'(\sigma)\), ordonné comme plus haut, est une géométrie de drapeaux, d'ensemble de sommets \(\Phi = \coprod_{i \in I} D'(\{i\})\), et la projection \(\delta : \Phi \to I\) est injective sur chaque \(I_d\). Réciproquement, d'une géométrie de drapeaux \(D\) et d'une application \(\delta : \Phi \to I\) injective sur chaque \(I_d\), on tire \[ D'(\sigma) = \coprod_{\substack{\sigma' \in \mathfrak{P}^*(\Phi) \\ \delta|\sigma' : \sigma' \xrightarrow{\sim} \sigma}} D(\sigma') , \] et l'on a une équivalence \[ \bigl(D, \ \delta : \Phi \to I\bigr) \quad \longleftrightarrow \quad \bigl(D' : \mathfrak{P}^*(I)^{\mathrm{op}} \to \mathrm{Ens}\bigr) . \] 24 Le cas qui intéresse la suite est \(I = \mathbf{N}\), ou \(I = [0, n]\) : \(\delta\) est alors une fonction dimension, et \(\sup \delta(\Phi)\), si elle est finie, la dimension de \(D\). Ainsi, une géométrie de drapeaux munie d'une fonction dimension n'est rien d'autre qu'une paracarte au sens de la page 13.
Ordres sur les simplexes (pages 17 et 18). Supposons donné sur chaque simplexe \(I_d\) un ordre total, ces ordres s'induisant mutuellement — c'est le cas s'ils viennent d'une fonction dimension à valeurs dans un ensemble totalement ordonné. Posons \(D[m] = \{d \mid \mathrm{card}\, I_d = m + 1\}\). Alors \(m \mapsto D[m]\) est un ensemble semi-simplicial : une application strictement croissante \(u : \Delta_k \to \Delta_m\) choisit, dans le simplexe ordonné \(I_d\), une face, et \(u^*(d)\) est la restriction de \(d\) à cette face.25 Cet ensemble semi-simplicial satisfait :
- (1)pour \(k < m\) et \(d \in D[m]\), l'application \(\mathrm{Hom}(\Delta_k, \Delta_m) \to D[k]\), \(u \mapsto u^*(d)\), est injective : les faces d'un simplexe sont deux à deux distinctes.
La condition (1) équivaut à ce que la catégorie des éléments \(\Delta_{\mathrm{inj}}/D\) soit un ensemble ordonné, et cet ensemble ordonné est \(D\).26 D'où : \[ \left\{ \begin{array}{l} \text{géométries de drapeaux munies d'ordres}\\ \text{totaux compatibles sur les simplexes} \end{array} \right\} \ \simeq\ \left\{ \begin{array}{l} \text{ensembles semi-simpliciaux}\\ \text{satisfaisant (1)} \end{array} \right\} . \]
Cellules duales (page 19). Soit \(D\) une géométrie de drapeaux munie d'ordres compatibles, et \(X = |D|\), avec ses simplexes fermés \(X(d)\) et ses simplexes ouverts \(X^\circ(d)\), qui forment une partition de \(X\). Pour un sommet \(F \in \Phi\), soit \[ |F| = \bigcup_{\sup I_d = F} X(d) , \qquad |F|^\circ = \bigcup_{\sup I_d = F} X^\circ(d) , \] la réunion des simplexes dont \(F\) est le dernier sommet. Quand \(D\) est le complexe des chaînes d'un complexe cellulaire, ordonné par la dimension, \(|F|\) est la cellule fermée de \(F\) subdivisée, et \(|F|^\circ\) la cellule ouverte. La page demande quand les \(|F|\) sont les cellules fermées d'une stratification de \(X\) dont les \(|F|^\circ\) sont les cellules ouvertes, et établit :
- a)les \(|F|^\circ\) forment une partition de \(X\), puisque chaque simplexe ouvert a un seul dernier sommet, et chaque \(|F|^\circ\) contient le sommet \(F\) ;
- b)\(|F|\) est l'adhérence de \(|F|^\circ\), puisque \(X(d)\) est celle de \(X^\circ(d)\).
Il reste la question qu'elle pose en marge, \(|F| \smallsetminus |F|^\circ = \bigcup_{F' < F} |F'|\) ? L'inclusion \(\subset\) est vraie : un point de \(|F|\) hors de \(|F|^\circ\) est dans un simplexe ouvert dont le dernier sommet précède \(F\). L'égalité demande que tout simplexe de dernier sommet \(F' < F\) soit face d'un simplexe de dernier sommet \(F\), ce qui n'est pas automatique.27
20–24
Ensembles semi-simpliciaux et ordre sur les sommets (pages 20 à 24)
Le point de départ (pages 20 et 21). Soit \(D_*\) un ensemble semi-simplicial, \(D_n = D_*(\Delta_n)\). La catégorie fibrée qu'il définit sur \(\Delta_{\mathrm{inj}}\), à fibres discrètes, est ordonnée si et seulement si \(D_*\) satisfait (1). L'ensemble ordonné \(D_* = \coprod_m D_m\) a alors la propriété
- (a)pour tout \(d \in D_m\), l'idéal \(D_*(d) = \{\delta \leqslant d\}\) est isomorphe à \(\mathfrak{P}^*(\Delta_m)\),
c'est donc une géométrie de drapeaux, et sa réalisation est \[ |D_*| = \varinjlim_{d \in D_*} |d| = \varinjlim_{(\Delta_m, d) \in \Delta_{\mathrm{inj}}/D_*} |\Delta_m| , \] la réalisation de l'ensemble semi-simplicial ; chaque simplexe \(|d|\) s'y plonge, et \(d \mapsto |d|\) est injective et croissante.28
La question. La donnée d'ordres totaux compatibles sur les \(I_d\) équivaut à la structure semi-simpliciale. Quand ces ordres viennent-ils d'un seul ordre sur \(D_0\) ?
L'ordre des sommets (page 22). Sur \(D_0\), posons \[ x \prec y \iff \text{il existe } z \in D_1 \text{ avec } s(z) = x,\ t(z) = y . \]
- (2°)Cette relation est transitive si
- (2 bis)l'application \(D_2 \to D_1 \times_{D_0} D_1\), \(u \mapsto (d_2u, d_0u)\), le produit fibré étant pris au-dessus de \(t\) et de \(s\), est surjective.
En effet, si \(x \prec y\) par \(z\) et \(y \prec w\) par \(z'\), un \(u\) tel que \(d_2 u = z\) et \(d_0 u = z'\) donne l'arête \(z'' = d_1 u\), de \(x\) à \(w\). La condition (2 bis) dit que tout couple d'arêtes composables est bordé par un \(2\)-simplexe.29 La relation \(x \prec x\) est impossible par (1), puisque les deux sommets d'une arête sont distincts ; sous (2°), \(x \preccurlyeq y \iff (x = y \text{ ou } x \prec y)\) est donc un ordre sur \(D_0\). Il induit sur chaque \(I_d\) l'ordre total donné, et satisfait
- (b)si \(x \prec y\), il existe \(z \in D_*\) qui majore \(x\) et \(y\) ;
- (c)il induit un ordre total sur chaque \(I_d\).
La réciproque (pages 23 et 24). Soit \(D_*\) un ensemble ordonné satisfaisant (a), et \(\preccurlyeq\) un ordre sur \(D_0\) satisfaisant (b) et (c). L'ordre total induit sur \(I_d\) est fonctoriel en \(d\), donc définit un foncteur fibrant à fibres discrètes \(D_* \to \Delta_{\mathrm{inj}}\), c'est-à-dire un ensemble semi-simplicial, qui satisfait (1) ; et l'ordre \(\prec_*\) que la page 22 lit sur ses arêtes est l'ordre de départ — c'est ce que (b) assure. Les deux constructions sont inverses l'une de l'autre, et donnent :
Proposition. \[ \begin{array}{c} \left\{ \begin{array}{l} \text{ensembles semi-simpliciaux satisfaisant (1)}\\ \text{et la transitivité (2°)} \end{array} \right\} \\[1ex] \Big\updownarrow \\[1ex] \left\{ \begin{array}{l} \text{ensembles ordonnés satisfaisant (a), munis}\\ \text{d'un ordre sur } D_0 \text{ satisfaisant (b) et (c)} \end{array} \right\} \end{array} \] 30
Remarque (page 24). Si \(\omega\) est un ordre sur \(D_0\) satisfaisant (b) et (c), l'ordre opposé les satisfait aussi, et donne une autre structure semi-simpliciale sur les mêmes \(D_n\), distincte de la première dès que \(D_1 \neq \emptyset\). Les deux réalisations sont néanmoins canoniquement homéomorphes, à travers la réalisation de l'ensemble ordonné \(D_*\), qui ne dépend d'aucun choix.
25–25
Premier exemple : les drapeaux d'un ensemble ordonné (page 25)
Soit \(\mathfrak{X}\) un ensemble ordonné, et \(D_*\) l'ensemble de ses chaînes finies non vides — ses drapeaux —, ordonné par inclusion. Alors \(D_0 = \mathfrak{X}\), (a), (b), (c) sont satisfaits, et l'ensemble semi-simplicial obtenu est le nerf de \(\mathfrak{X}\) privé de ses dégénérescences ; ses réalisations sont canoniquement homéomorphes à celle de \(\mathfrak{X}\).
Ces exemples satisfont de plus
- (d)tout \(d\) est la borne supérieure de \(I_d\),
c'est-à-dire que \(D_*\) est l'ensemble des simplexes d'un complexe simplicial — d'une « multiplicité simpliciale », dit la page. Mais (a) à (d) ne caractérisent pas les drapeaux d'un ensemble ordonné : ils caractérisent les complexes simpliciaux munis d'un ordre sur les sommets, total sur chaque simplexe, et tel que deux sommets comparables soient joints par une arête. Les drapeaux de \(\mathfrak{X}\) sont ceux où, de plus, toute partie totalement ordonnée est un simplexe.31
26–29
Second exemple : ensembles à opérateurs et drapeaux de type \(H\) (pages 26 à 29)
Soit \(G\) un groupe et \(\sigma_0, \ldots, \sigma_n \in G\) tels que \(\sigma_i\) et \(\sigma_j\) commutent pour \(|i - j| \geqslant 2\). Pour \(K \subset \Delta_n\), soit \(G_K\) le sous-groupe engendré par les \(\sigma_i\), \(i \in K\), et, pour \(H \subset \Delta_n\) non vide, \(N_H = G_{\Delta_n \smallsetminus H}\). Soit \(X\) un \(G\)-ensemble ; posons \[ D(H) = X / N_H \qquad (\text{drapeaux de type } H) . \] Si \(H \subset H'\), \(N_{H'} \subset N_H\) donne une restriction \(D(H') \to D(H)\), et \(H \mapsto D(H)\) est un préfaisceau sur \(\mathfrak{P}^*(\Delta_n)\). Le modèle est l'ensemble \(X\) des drapeaux complets d'une décomposition, avec l'action du groupe cartographique : \(X/N_H\) est l'ensemble de ses drapeaux de type \(H\), comme le voulait l'axiome 4 de la page 3.32 L'ensemble ordonné \(D_* = \coprod_H D(H)\), avec \(d \leqslant d'\) si \(H \subset H'\) et \(d\) est la restriction de \(d'\), satisfait (a), avec \(I_d \simeq H\) pour \(d \in D(H)\) ; ses éléments minimaux forment \(D_0 = \coprod_i X/N_{\{i\}}\).
L'ordre sur \(D_0\). Pour \(x \in D(\{i\})\), \(y \in D(\{j\})\), posons \(x \prec y\) si \(i < j\) et si \(x\) et \(y\) ont un majorant commun. Cette relation satisfait (b) et (c) ; elle est transitive dès que \[ D(\{i, j, k\}) \longrightarrow D(\{i, j\}) \times_{D(\{j\})} D(\{j, k\}) \qquad (i < j < k) \] est surjective, et c'est le cas par le lemme suivant.
Lemme (pages 27 et 28). Soient \(H, H' \subset \Delta_n\) tels que le plus grand élément de \(H\) soit dans \(H'\), et que \(H \cap H'\) soit un segment initial de \(H'\). Alors \[ D(H \cup H') \longrightarrow D(H) \times_{D(H \cap H')} D(H') \] est surjective.33
Démonstration. Avec \(K = \Delta_n \smallsetminus H\) et \(K' = \Delta_n \smallsetminus H'\), la flèche est \(X/G_{K \cap K'} \to X/G_K \times_{X/G_{K \cup K'}} X/G_{K'}\), et il suffit que \(G_{K \cup K'} = G_{K'} \cdot G_K\) : si \((G_Kx, G_{K'}y)\) est dans le produit fibré, \(y = k'kx\) avec \(k' \in G_{K'}\), \(k \in G_K\), et \(z = kx\) a les deux images voulues. Soit \(i\) le plus grand élément de \(H\) ; il est dans \(H \cap H'\), donc hors de \(K \cup K'\), et \[ K \cup K' = K'_0 \sqcup K_0, \qquad K'_0 = (K \cup K') \cap [0, i-1], \quad K_0 = (K \cup K') \cap [i+1, n] . \] On a \(K_0 \subset K\), car \([i+1, n]\) ne rencontre pas \(H\) ; et \(K'_0 \subset K'\), car un \(j < i\) qui serait dans \(H'\) serait dans le segment initial \(H \cap H'\). Les indices de \(K'_0\) et de \(K_0\) diffèrent d'au moins deux, donc \(G_{K'_0}\) et \(G_{K_0}\) commutent, et \(G_{K \cup K'} = G_{K'_0} G_{K_0} \subset G_{K'} G_K\).
Ainsi, pour tout \(G\)-ensemble \(X\), \((D_*, \prec)\) satisfait (a), (b), (c) et la transitivité, et définit un ensemble semi-simplicial satisfaisant (1), avec \(D_m = \coprod_{\mathrm{card}\, H = m+1} X/N_H\). La page n'exige pas des \(\sigma_i\) qu'ils soient des involutions.
Programme (page 29). La page s'arrête sur deux tâches : a) trouver, en termes de l'ensemble ordonné \((D_*, \prec)\), des conditions pour que (2 bis) soit satisfaite, et plus généralement pour la surjectivité de \(D(\Delta_n) \to D(H) \times_{D(H \cap H')} D(H')\) quand \(\Delta_n = H \cup H'\) ; b) décrire la décomposition cellulaire de \(|D_*|\) associée à l'ordre sur \(D_0\) — la question de la page 19 — et reconstituer \((D_*, <, \prec)\) à partir de la structure d'espace décomposé en cellules et de ses structures coniques. Le reste de la page est blanc.
30–33
Préfaisceaux sur les parties finies de \(\mathbf{N}\) (pages 30 à 33)
Soit \(D\) un préfaisceau d'ensembles sur l'ensemble ordonné \(\mathfrak{P}^*(\mathbf{N})\) — une paracarte au sens de la page 13 — et \[ \Theta(D) = \coprod_{A} D(A), \qquad \Theta_n(D) = \coprod_{\mathrm{card}\, A = n+1} D(A) , \] ordonné par \(d \leqslant d'\) si \(A \subset A'\) et \(d\) est la restriction de \(d'\) : c'est l'ensemble ordonné associé à la catégorie fibrée de \(D\), avec une application croissante \(\Theta(D) \to \mathfrak{P}^*(\mathbf{N})\). On s'intéresse surtout au cas où les \(D(A)\) sont finis et nuls hors des parties de \([0, N]\) : \(\Theta(D)\) est fini, et sa réalisation \(|D|\) est un espace à triangulation finie où \(\Theta(D)\) se réalise comme un ensemble de parties.
L'ordre de \(\mathbf{N}\) donne aussitôt une structure semi-simpliciale : si \(A\) a \(m+1\) éléments, \(u_A : \Delta_m \xrightarrow{\sim} A\) est la bijection croissante, et pour \(\sigma : \Delta_n \to \Delta_m\) strictement croissante, \(\sigma^* : D(A) \to D(u_A\sigma(\Delta_n))\) est la restriction. Faisant varier \(A\), on obtient \(\sigma^* : \Theta_m(D) \to \Theta_n(D)\), et les \(\Theta_n(D)\) forment un ensemble semi-simplicial. C'est le cas \(I = \mathbf{N}\) des pages 16 à 18, l'ordre de \(\mathbf{N}\) fournissant les ordres totaux compatibles sur les simplexes.
Tout ceci vaut pour un ensemble ordonné \(N\) quelconque, en remplaçant \(\mathfrak{P}^*(\mathbf{N})\) par l'ensemble \(\mathrm{Dr}(N)\) des drapeaux de \(N\) — ses parties finies non vides totalement ordonnées —, qui est l'ensemble ordonné associé au foncteur \(\varphi_N(\Delta_n) = \{\text{applications strictement croissantes } \Delta_n \to N\}\), c'est-à-dire au nerf non dégénéré de \(N\). Un préfaisceau \(D\) sur \(\mathrm{Dr}(N)\) donne alors des applications croissantes \[ \Theta(D) \longrightarrow \mathrm{Dr}(N) \longrightarrow \Delta_{\mathrm{inj}} , \] la seconde au sens des catégories fibrées. La page 33 s'arrête là, aux deux tiers vide.
35–37
Cartes cellulaires de dimension \(n\) et groupe cartographique (pages 35 à 37)
La page 35 ouvre une nouvelle suite, sous un titre encadré : « Cartes cellulaires \(n\)-dim et groupes cartographiques ».
Filtrations admissibles. Une filtration \(\emptyset = X_{-1} \subset X_0 \subset \cdots \subset X_n = X\) est \(n\)-admissible — ou régulière, dit la page 36 — si, pour \(0 \leqslant i \leqslant n\) :
- a)le découpage \(\widetilde{X}_i = \mathrm{Déc}(X_i, X_{i-1})\) est une somme topologique de boules fermées de dimension \(i\), dont la partie au-dessus de \(X_{i-1}\) est le bord \(\partial\widetilde{X}_i\), et \(p_i : \widetilde{X}_i \to X_i\) est fini — de sorte que \(X_i \smallsetminus X_{i-1}\) est une somme de boules ouvertes de dimension \(i\) ;
- b)pour \(i \geqslant 1\), la filtration de \(\partial\widetilde{X}_i\) image inverse de \(X_0 \subset \cdots \subset X_{i-1}\) par \(q_{i-1} : \partial\widetilde{X}_i \to X_{i-1}\) est \((i-1)\)-admissible, et les applications \(q_{i-1}^{-1}(X_j) \smallsetminus q_{i-1}^{-1}(X_{j-1}) \to X_j \smallsetminus X_{j-1}\) sont étales.
Autrement dit, par récurrence : une filtration \(0\)-admissible est un espace discret, une filtration \(1\)-admissible un graphe topologique dont les arêtes sont des segments attachés par leurs extrémités, et une filtration \(n\)-admissible s'obtient d'une filtration \((n-1)\)-admissible en attachant à \(X_{n-1}\) une réunion disjointe de boules fermées de dimension \(n\) par une application finie \(q : \partial\widetilde{X}_n \to X_{n-1}\) telle que l'image inverse de la filtration soit \((n-1)\)-admissible et que \(q\) soit étale sur chaque strate.34 Ce sont des complexes CW dont les applications d'attachement sont des homéomorphismes locaux sur chaque strate ; elles ne sont pas injectives en général — une boucle est un graphe \(1\)-admissible —, de sorte que ce ne sont pas des complexes CW réguliers.35
Morphismes. Un morphisme \(f : X \to Y\) d'espaces à \(n\)-filtration régulière est une application finie telle que \(f^{-1}(Y_i) = X_i\) et que \(X_i \smallsetminus X_{i-1} \to Y_i \smallsetminus Y_{i-1}\) soit étale — donc un revêtement fini, \(f\) étant propre. On note \(\mathcal{F}_n\) leur catégorie et \(\mathcal{F}_n^\circ\) la sous-catégorie pleine des objets dont l'espace est une variété topologique de dimension \(n\), sans bord.36
Les foncteurs \(E_n\). Par récurrence sur \(n \geqslant 1\), on construit deux foncteurs qui rendent commutatif le carré
LaTeX source
\begin{tikzcd}
\mathcal{F}_n^\circ \arrow[r, "E_n^\circ"] \arrow[d, hook] & G_n\text{-ens}
\arrow[d, "\text{oubli}"] \\
\mathcal{F}_n \arrow[r, "E_n"] & G_{n-1}\text{-ens}
\end{tikzcd}
- (1)\(n = 1\). \(E_1(X_1) = \partial\widetilde{X}_1\), l'ensemble des extrémités des segments — les demi-arêtes. L'application \(\partial\widetilde{X}_1 \to \pi_0(\widetilde{X}_1)\), vers l'ensemble des arêtes, a ses fibres de cardinal 2 ; sa permutation caractéristique \(\sigma_0\) échange les deux bouts d'une arête. Si \(X_1\) est une variété de dimension 1, \(\partial\widetilde{X}_1 \to X_0\) a aussi ses fibres de cardinal 2, d'où \(\sigma_1\), qui échange les deux demi-arêtes en un sommet.
- (2)\(n \geqslant 2\). \(\partial\widetilde{X}_n\), muni de la filtration image inverse, est une somme de sphères de dimension \(n-1\) filtrées, donc un objet de \(\mathcal{F}_{n-1}^\circ\), et l'on pose \[ E_n(X_n) = E_{n-1}^\circ(\partial\widetilde{X}_n) , \] muni de \(\sigma_0, \ldots, \sigma_{n-1}\), c'est-à-dire de l'action de \(G_{n-1}\) ; c'est la composée de \(\partial : \mathcal{F}_n \to \mathcal{F}_{n-1}^\circ\) et de \(E_{n-1}^\circ\). Si \(X_n\) est une variété, le morphisme de \(G_{n-2}\)-ensembles \(E_{n-1}(\partial\widetilde{X}_n) \to E_{n-1}(X_{n-1})\) a ses fibres de cardinal 2 — une cellule de dimension \(n-1\) est dans exactement deux cellules de dimension \(n\) —, et sa permutation caractéristique est \(\sigma_n\) ; elle commute à \(\sigma_0, \ldots, \sigma_{n-2}\).37
Ainsi \(E_n^\circ(X)\) est l'ensemble des drapeaux complets \((x_0, \ldots, x_n)\) de la décomposition, avec les opérations des pages 3 et 7 ; \(E_n(X)\), pour un \(X\) qui n'est pas une variété, garde les opérations \(\sigma_0, \ldots, \sigma_{n-1}\) qui ont un sens à l'intérieur d'une cellule.
38–40
Le programme : théorèmes 1 à 4 (pages 38 à 40)
Théorème 1 (énoncé). Soit \(n \geqslant 1\). Le foncteur \(E_n^\circ\) passe à la catégorie isotopique déduite de \(\mathcal{F}_n^\circ\) et induit un foncteur pleinement fidèle \[ \mathcal{F}_n^\circ \longrightarrow (G_n\text{-ens}) , \] dont l'image essentielle est formée de \(G_n\)-ensembles finis où les \(\sigma_i\) opèrent sans point fixe.38
Cascades. À \(X_n \in \mathcal{F}_n\) on associe une cascade d'ensembles à opérateurs \[ R_n(X_n) \to R_{n-1}(X_n) \to \cdots \to R_1(X_n) \to R_0(X_n), \qquad R_i(X_n) = E_i(X_i) , \] \(R_i\) étant un \(G_{i-1}\)-ensemble et \(R_0(X_n) = X_0\) un simple ensemble ; la flèche \(R_i \to R_{i-1}\) s'obtient en appliquant \(E_{i-1}\) à \(\partial\widetilde{X}_i \to X_{i-1}\), et c'est un morphisme de \(G_{i-2}\)-ensembles. Soit \((\mathrm{Casc})_n\) la catégorie de ces cascades : ce sont exactement les \(n\)-complexes combinatoires de la page 7, la condition d'invariance de la page 7 étant celle qu'on vérifie sur les cascades d'espaces filtrés.39
Théorème 2 (énoncé). Le foncteur \(\varphi_n : \mathcal{F}_n \to (\mathrm{Casc})_n\), de la catégorie isotopique déduite de \(\mathcal{F}_n\), est pleinement fidèle.
Il faut aussi un foncteur \(\rho_n : (G_n\text{-ens}) \to (\mathrm{Casc})_n\) qui prolonge \(\varphi_n\) sur \(\mathcal{F}_n^\circ\) :
Théorème 3 (énoncé). Pour \(X_n \in \mathcal{F}_n^\circ\), de \(G_n\)-ensemble \(E = E_n^\circ(X_n)\), \[ R_n(X_n) \simeq E \ (\text{en oubliant } \sigma_n), \quad R_{n-1}(X_n) \simeq E/\langle \sigma_n \rangle, \quad \ldots, \quad R_0(X_n) \simeq E/\langle \sigma_n, \ldots, \sigma_1 \rangle , \] les flèches de transition étant les passages au quotient, et \(R_{n-k}(X_n)\) gardant l'action de \(\sigma_0, \ldots, \sigma_{n-k-1}\), qui commutent à \(\sigma_{n-k+1}, \ldots, \sigma_n\). On pose donc \(\rho_n(E) = (E \to E/\langle\sigma_n\rangle \to \cdots)\).40
Le multicône (page 40). En sens inverse, on cherche des foncteurs — adjoints ? — \((\mathrm{Casc})_n \to \mathcal{F}_n\) et \((G_n\text{-ens}) \to \mathcal{F}_n^\circ\). On définit \(\psi_n : (\mathrm{Casc})_n \to \mathcal{F}_n\) par récurrence. Pour \(n = 0\), \(\psi_0(E_0)\) est \(E_0\) muni de la topologie discrète. En général, une cascade \(C_n = (E_n \to E_{n-1} \to \cdots \to E_0)\) contient la cascade tronquée \(C_{n-1} = (E_{n-1} \to \cdots \to E_0)\), qui définit \(X_{n-1} = \psi_{n-1}(C_{n-1})\). Les cellules de dimension \(n\) seront les orbites, \(\pi_0(\widetilde{X}_n) \simeq E_n/G_{n-1}\) ; leur bord est \[ \partial\widetilde{X}_n = \psi_{n-1}\bigl(\rho_{n-1}(E_n)\bigr) , \] et l'application d'attachement \(\partial\widetilde{X}_n \to X_{n-1}\) s'obtient en appliquant \(\psi_{n-1}\) au morphisme de cascades \(\rho_{n-1}(E_n) \to C_{n-1}\) — qui existe précisément grâce à la condition d'invariance de la page 7. Alors \[ \psi_n(C_n) = \text{multicône de } \psi_{n-1}\bigl(\rho_{n-1}(E_n) \to C_{n-1}\bigr) : \] on attache à \(X_{n-1}\) un cône sur chaque composante de \(\partial\widetilde{X}_n\), comme à la page 12.41
Théorème 4 (annoncé). Description de \(\psi_n\), et le cas échéant propriété d'adjonction.
41–42
Théorèmes 5 à 7, et d'autres points (pages 41 et 42)
Théorème 5 (annoncé). Subdivisions barycentriques de \(\psi_n(C_n)\), et leur description par des ensembles pseudo-simpliciaux.42
Remarque. Se donner un homéomorphisme \(X_n \simeq \psi_n\varphi_n(X_n)\) revient à se donner, pour toute cellule \(\widetilde{X}_i^\alpha\), un homéomorphisme \(\widetilde{X}_i^\alpha \simeq \mathrm{Cône}(\partial\widetilde{X}_i^\alpha)\) induisant l'identité sur le bord.43 La subdivision barycentrique se fait au-dessus d'une telle structure ; itérée deux fois, elle donne une triangulation, dont il faudrait décrire le complexe simplicial — un ensemble et des parties finies stables par inclusion — en termes de la cascade \(C_n\) : ce serait un théorème 6.
Théorème 7 (annoncé, sans énoncé). Caractériser l'image essentielle de \(\mathcal{F}_n^\circ\) dans les \(G_n\)-ensembles, et par là celle de \(\mathcal{F}_n\) dans les cascades, « en termes combinatoires ! Voire, ce qui revient au même : étudier si un espace triangulé est homéomorphe à une sphère — cela semble lié : l'hypothèse de Poincaré ! ».44
Autres points à examiner : les relations avec les ensembles ordonnés, « polyèdres combinatoires », par les drapeaux ; la dualité dans \(\mathcal{F}_n^\circ\) ; les filtrations admissibles d'un produit d'espaces ; les fibrations.45
45–45
Aparté : petits ensembles et géométries finies (page 45)
Une page de listing, sans lien apparent avec ce qui l'entoure, dit qu'un petit ensemble fini « est » une géométrie finie : que se donner un ensemble à \(k\) éléments revient à se donner une telle géométrie, les isomorphismes se correspondant. On lit, avec ce qu'on sait aujourd'hui :
- 2 éléments : un torseur sous \(\mathbf{F}_2\), ou une droite affine sur \(\mathbf{F}_2\) ;
- 3 éléments : une droite affine sur \(\mathbf{F}_3\), les vecteurs non nuls d'un plan sur \(\mathbf{F}_2\), une droite projective sur \(\mathbf{F}_2\) — de groupes \(\mathrm{Aff}(1, \mathbf{F}_3) \simeq \mathrm{GL}(2, \mathbf{F}_2) \simeq \mathfrak{S}_3\) ;
- 4 éléments : un plan affine sur \(\mathbf{F}_2\), une droite projective sur \(\mathbf{F}_3\) — \(\mathrm{Aff}(2, \mathbf{F}_2) \simeq \mathrm{PGL}(2, \mathbf{F}_3) \simeq \mathfrak{S}_4\) ; et, avec une orientation, une droite affine sur \(\mathbf{F}_4\), \(\mathrm{Aff}(1, \mathbf{F}_4) \simeq \mathfrak{A}_4\) ;
- 5 éléments orientés : une droite projective sur \(\mathbf{F}_4\), \(\mathrm{PGL}(2, \mathbf{F}_4) \simeq \mathfrak{A}_5\) ;
- 5 éléments, sans orientation : par \(\mathfrak{S}_5 \simeq \mathrm{PGL}(2, \mathbf{F}_5)\), un ensemble \(E\) à 5 éléments définit une droite projective sur \(\mathbf{F}_5\), à 6 points, que la page rapproche de l'icosaèdre.
La seconde moitié de la page compte les points des groupes de Chevalley sur un corps fini. Pour \(G\) réductif déployé de rang \(r\), à \(N\) racines positives, de degrés \(d_\lambda\), \[ \mathrm{card}\, G(\mathbf{F}_q) = q^N (q-1)^r \,\mathrm{card}\, (G/B)(\mathbf{F}_q) = q^N (q-1)^r \prod_\lambda \frac{q^{d_\lambda} - 1}{q - 1} , \] et \(\mathrm{card}\,(G/B)(\mathbf{F}_q) = \sum_w q^{\ell(w)} = P_{G/B}(\sqrt{q})\), la somme portant sur les cellules de Bruhat, où \[ P_{G/B}(T) = \frac{\prod_\lambda (1 - T^{2d_\lambda})}{(1 - T^2)^r} \] est le polynôme de Poincaré de la variété des drapeaux, ce qu'exprime aussi \(P_{BG} \cdot P_{G/B} = P_{BT}\).47 Pour \(\mathrm{PGL}_3\) — « \(GP(2)\) », \(N = 3\), \(r = 2\), \(d_\lambda = 2, 3\) — cela donne \(q^3(q-1)^2(q+1)(q^2+q+1)\). Un tableau dressé à la main donne les ordres de \(\mathrm{GL}(1)\), \(\mathrm{Aff}(1)\), \(\mathrm{SL}(2)\), \(\mathrm{PGL}(2)\), \(\mathrm{GL}(2)\), \(\mathrm{Aff}(2)\) sur \(\mathbf{F}_q\) pour \(q = 2, 3, 4, 5\) ; toutes les valeurs sont justes, et ce sont celles qu'il faut pour vérifier les identifications de la première moitié : \(6 = \mathrm{card}\, \mathrm{GL}(2, \mathbf{F}_2)\), \(24 = \mathrm{card}\, \mathrm{Aff}(2, \mathbf{F}_2) = \mathrm{card}\, \mathrm{PGL}(2, \mathbf{F}_3)\), \(12\), \(60\), \(120\).
47–47
Sujets de DEA (page 47)
- 1)La catégorie isotopique des \(1\)-complexes topologiques compacts à groupe fini d'automorphismes, avec plus de morphismes que les seuls isomorphismes.
- 2)La catégorie isotopique des cartes cellulaires — le programme des pages 35 à 42.
- 3)La convexité du point de vue de la géométrie projective : pour \(A\) convexe dans un espace projectif réel, existe-t-il un hyperplan qui ne le rencontre pas ?48
- 4)La géométrie des cubes et les espaces homogènes de \(\mathfrak{S}_4\) — que la fin du dossier aborde : le groupe des rotations du cube est \(\mathfrak{S}_4\) (page 61).
49–50
Cube combinatoire : le cube d'un ensemble à involution (pages 49 et 50)
La chemise de la page 43 porte « cube combinatoire », au-dessus de « 2-cartes cellulaires » biffé.
La maquette. Soit \((\mathbb{B}, \sigma)\) un ensemble fini muni d'une involution sans point fixe, \(I = \mathbb{B}/\sigma\), \(n = \mathrm{card}\, I\). Posons \[ E = \mathrm{Hom}_{\{\pm 1\}}(\mathbb{B}, \mathbf{R}) = \{\varphi : \mathbb{B} \to \mathbf{R} \mid \varphi(\sigma b) = -\varphi(b)\} , \qquad C = \{\varphi \in E \mid |\varphi(b)| \leqslant 1 \ \forall b\} . \] Le choix d'une section de \(\mathbb{B} \to I\) identifie \(E\) à \(\mathbf{R}^I\) et \(C\) au cube \([-1, 1]^I\) ; mais \(C\) est défini sans ce choix. Un élément \(b\) de \(\mathbb{B}\) définit la facette \(\{\varphi(b) = 1\}\), et \(\sigma b\) la facette opposée.49
Proposition (page 49). Pour \(J \in \mathrm{Sp}(\mathbb{B})\), soit \[ F(J) = \{\varphi \in C \mid \varphi(b) = 1 \ \forall b \in J, \ \varphi(b) \neq \pm 1 \ \forall b \notin J \cup \sigma J\} , \] une face ouverte de \(C\). Alors \(J \mapsto F(J)\) est une bijection de \(\mathrm{Sp}(\mathbb{B})\) sur l'ensemble des faces non vides de \(C\), qui renverse l'ordre — les faces étant ordonnées par l'inclusion de leurs adhérences. Le treillis des faces de \(C\) est donc l'opposé de \(\mathrm{Sp}(\mathbb{B})\), auquel on ajoute un plus petit élément, la face vide. La section vide donne \(C\) lui-même, les sections totales les sommets.50
Proposition (page 49). Soit \(p : \mathbb{B} \to I\) une surjection et \(\mathcal{P}(p)\) l'ensemble de ses sections partielles, ordonné par inclusion. Le foncteur \(p \mapsto \mathcal{P}(p)\), du groupoïde des surjections vers les ensembles ordonnés, est pleinement fidèle. En effet, on retrouve \(\mathbb{B}\) comme l'ensemble des éléments minimaux de \(\mathcal{P}(p) \smallsetminus \{\emptyset\}\), et la relation \(p(b) = p(b')\) comme : \(b = b'\), ou aucune section totale ne contient à la fois \(b\) et \(b'\).
Corollaire (page 50). Pour deux maquettes \((\mathbb{B}, \sigma)\), \((\mathbb{B}', \sigma')\) de cubes \(C\), \(C'\), les applications \[ \mathrm{Isom}\bigl((\mathbb{B}, \sigma), (\mathbb{B}', \sigma')\bigr) \xrightarrow{\ \alpha\ } \mathrm{Isom}_{\mathrm{aff}}(C, C') \xrightarrow{\ \beta\ } \mathrm{Isom}_{\mathrm{ord}}\bigl(\mathrm{Fac}(C), \mathrm{Fac}(C')\bigr) \] sont des bijections. En particulier \[ \mathrm{Aut}(C) \simeq \mathrm{Aut}(\mathbb{B}, \sigma) = \{\pm 1\}^I \rtimes \mathfrak{S}_I , \] le centralisateur de \(\sigma\) dans le groupe des permutations de \(\mathbb{B}\), d'ordre \(2^n n!\).51
Démonstration. \(\beta\alpha\) est bijective par les deux propositions ; \(\beta\) est injective, une application affine étant déterminée par son effet sur les sommets ; donc \(\beta\), surjective, est bijective, et \(\alpha\) aussi. La page ajoute qu'on peut remplacer les isomorphismes affines par les isomorphismes projectifs.52
Corollaire. Les faces d'un cube sont des cubes.
51–53
Drapeaux du cube, antipodie, nombre de faces (pages 51 à 53)
Proposition (page 51). \(\mathrm{Aut}(C)\) opère simplement transitivement sur l'ensemble \(\mathrm{Drap}(C)\) des drapeaux complets \(F_0 \subset F_1 \subset \cdots \subset F_n = C\) de faces ; c'est ce qu'on appellera un polyèdre régulier.
En effet, une face de dimension \(d\) est contenue dans exactement \(n - d\) faces de dimension \(d+1\), de sorte que \[ \mathrm{card}\, \mathrm{Drap}(C) = 2^n \cdot n \cdot (n-1) \cdots 1 = 2^n n! = \mathrm{card}\, \mathrm{Aut}(C) , \] et il suffit que l'action soit libre, ce qui vaut pour tout polyèdre convexe :
Lemme (page 51). Un automorphisme affine \(u\) d'un polyèdre convexe \(C\) qui fixe un drapeau complet est l'identité.
Démonstration. Par récurrence sur la dimension. Si \(u\) fixe \((F_0, \ldots, F_{n-1}, C)\), il est l'identité sur la facette \(F_{n-1}\) par hypothèse de récurrence, donc sur l'hyperplan \(H\) qu'elle engendre. Un automorphisme affine d'ordre fini — \(\mathrm{Aut}(C)\) est fini — qui fixe \(H\) point par point est l'identité ou une symétrie par rapport à \(H\) ; une symétrie échange les deux demi-espaces que borde \(H\) et ne peut respecter \(C\), qui est d'un seul côté.
Corollaire. Pour un cube \(C_0\) de dimension \(n\) muni d'un drapeau \(D_0\) et tout cube \(C\) de dimension \(n\), \(u \mapsto u(D_0)\) est une bijection \(\mathrm{Isom}(C_0, C) \simeq \mathrm{Drap}(C)\). Ainsi \(\mathrm{Drap}(C)\) est un torseur à droite sous \(G_0 = \mathrm{Aut}(C_0)\), et un torseur à gauche sous \(\mathrm{Aut}(C)\), qui est le centralisateur de l'action de \(G_0\) ; et \[ C \longmapsto \mathrm{Drap}(C) , \qquad \{n\text{-cubes}\} \xrightarrow{\ \sim\ } \{G_0\text{-torseurs à droite}\} , \] est une équivalence de groupoïdes. On peut prendre pour \((C_0, D_0)\) le cube standard, de maquette \([1, n] \times \{\pm 1\}\), avec le drapeau défini par les sections partielles \([1, i] \times \{+1\}\), \(0 \leqslant i \leqslant n\), d'où \(G_0 \simeq \{\pm 1\}^n \rtimes \mathfrak{S}_n\).53
L'antipodie (page 53). La symétrie centrale \(-\mathrm{id}\) du cube est, du point de vue combinatoire, \(J \mapsto \sigma J\) sur les sections partielles, et, du point de vue de la maquette, l'automorphisme \(\sigma\) de \((\mathbb{B}, \sigma)\). Pour toute face propre \(F\), \(F\) et \(\sigma F\) sont disjointes ; pour une facette, \(\sigma F\) est l'unique facette qui ne la rencontre pas. Le centre de \(\mathrm{Aut}(C)\) est \(\{1, \sigma\}\), de sorte que \(\sigma\) est son unique élément central non trivial.54
Nombre de faces. Le cube a \(c_d = \binom{n}{d} 2^{n-d}\) faces de dimension \(d\), et \[ \sum_{d=0}^n (-1)^d c_d = \sum_{d=0}^n (-1)^d \binom{n}{d} 2^{n-d} = (2 - 1)^n = 1 , \] formule d'Euler–Poincaré qui vaut, souligne la page, pour tout polyèdre convexe de dimension \(n\), la face \(C\) comptée.
54–56
Orientations, polyèdres réguliers (pages 54 à 56)
L'orientation du cube. L'ensemble à deux éléments des orientations de \(C\) est, par définition provisoire, celui de l'espace affine qu'il engendre, et \[ \omega_C = \omega_E \simeq \omega_I \wedge \bigwedge_{i \in I} \mathbb{B}_i , \] produit contracté de \(\{\pm 1\}\)-torseurs : une orientation de \(E \simeq \mathbf{R}^I\) est la donnée d'une orientation de l'ensemble \(I\) — un ordre total à permutation paire près — et d'un signe dans chaque fibre \(\mathbb{B}_i\), modulo un changement pair. L'antipodie \(\sigma\) agit sur chaque fibre, donc sur \(\omega_C\) par \((-1)^n\).
Proposition. L'antipodie conserve l'orientation si et seulement si \(n\) est pair. Corollaire. Pour \(n\) impair, \(\mathrm{Aut}(C) \simeq \mathrm{Aut}^+(C) \times \{\pm 1\}\).
Orientation combinatoire. Pour un polyèdre convexe \(C\) engendrant \(E\), l'ensemble \(\omega_E\) se décrit en termes du seul ensemble ordonné \(\mathrm{Fac}(C)\). Un drapeau complet détermine une orientation — celle de la base \(p_1 - p_0, \ldots, p_n - p_0\), pour des points \(p_i\) choisis à l'intérieur relatif de \(F_i\), qui ne dépend que du drapeau —, et une orientation de \(E\) revient à la partie \(D^+\) des drapeaux « directs ». La solution combinatoire : parmi les partitions \(\mathrm{Drap}(C) = D^+ \sqcup D^-\), ce sont celles que chaque \(\sigma_i\), \(0 \leqslant i \leqslant n-1\), échange ; il y en a exactement deux.55
Proposition (page 55). Pour un polyèdre convexe \(C\), les homomorphismes \[ \mathrm{Aut}(C) \xrightarrow{\ \alpha\ } \mathrm{Aut}_{\mathrm{ord}} (\mathrm{Fac}(C)) \xrightarrow{\ \beta\ } \mathrm{Aut}_{\mathrm{ens}}\, \mathrm{Drap}(C) \] sont injectifs, et \(\mathrm{Aut}_{\mathrm{ord}}(\mathrm{Fac}(C))\) agit librement sur \(\mathrm{Drap}(C)\). Pour \(\alpha\) : un automorphisme est connu sur les points extrémaux. Pour la liberté, soit \(u\) un automorphisme de \(\Phi = \mathrm{Fac}(C)\) fixant un drapeau complet ; par récurrence, \(u\) est l'identité sur \(\Phi_{\leqslant F_{n-1}}\). S'il est l'identité sur \(\Phi_{\leqslant x}\), \(x\) une facette, et si \(y\) est une facette qui partage avec \(x\) une face de dimension \(n - 2\), il fixe \(y\) — seule autre facette contenant cette face — et un drapeau de \(\Phi_{\leqslant y}\), donc est l'identité sur \(\Phi_{\leqslant y}\). Il reste à voir que la relation « partager une face de dimension \(n-2\) » engendre la relation grossière sur les facettes, ce que la page renvoie à un « argument topologique de connexité ».56
Polyèdres réguliers et homogènes. \(C\) est régulier si \(\mathrm{Aut}(C)\) est transitif — donc simplement transitif — sur \(\mathrm{Drap}(C)\), et homogène si, pour \(0 \leqslant i \leqslant n - 1\), toute face de dimension \(i+1\) contient le même nombre \(d_i\) de faces de dimension \(i\). Alors \(\mathrm{card}\, \mathrm{Drap}(C) = d_0 d_1 \cdots d_{n-1}\).57 Évidemment régulier implique homogène. Avec \[ N = \mathrm{card}\, \mathrm{Aut}(C), \quad N_c = \mathrm{card}\, \mathrm{Aut}(\mathrm{Fac}(C)), \quad R = \mathrm{card}\, \mathrm{Drap}(C) , \] on a \(N \mid N_c \mid R\) — un sous-groupe, puis une action libre — et \(C\) est régulier si et seulement si \(N = R\), auquel cas \(N = N_c = R = d_0 \cdots d_{n-1}\).
Orientation d'un polyèdre convexe (page 56) : une orientation de l'espace affine \(E_C\) qu'il engendre. Par ce qui précède, l'ensemble \(\omega(C)\) ne dépend, à isomorphisme canonique près, que de \(\mathrm{Fac}(C)\), d'où des applications \(\mathrm{Isom}_{\mathrm{ord}}(\mathrm{Fac}(C), \mathrm{Fac}(C')) \to \mathrm{Isom}(\omega(C), \omega(C'))\) et un homomorphisme \(\mathrm{Aut}_{\mathrm{ord}}(\mathrm{Fac}(C)) \to \{\pm 1\}\). Si \(C\) a une antipodie — un centre de symétrie —, sa signature est \((-1)^n\).
57–60
Les classes de conjugaison de \(\mathrm{Aut}(C_n)\) (pages 57 à 60)
Réduction. Un automorphisme \(u\) du cube est un automorphisme de la maquette ; il induit \(u_I\) sur \(I\), qui décompose \(I\) en orbites \(I_\alpha\), et \(u_I\) est connu à conjugaison près par les cardinaux de ces orbites. Avec \(\mathbb{B}_\alpha\) l'image inverse de \(I_\alpha\), la situation est la somme des \((\mathbb{B}_\alpha, u|\mathbb{B}_\alpha)\) : géométriquement, \(C = \prod_\alpha C_\alpha\) et \(u = \prod_\alpha u_\alpha\). On est ramené au cas où \(u_I\) est un cycle sur \(I\), de longueur \(n\). Il y a alors deux cas :
- a)\(\mathbb{B}\) est réunion de deux orbites de \(u\), chacune une section de \(\mathbb{B} \to I\) ; si \(\varepsilon\) est l'ensemble de ces deux orbites, \(\mathbb{B} \simeq \varepsilon \times I\) et \(u = \mathrm{id}_\varepsilon \times u_I\) ;
- b)le « cas tordu » : \(\mathbb{B}\) est une seule orbite, de longueur \(2n\), et \(u^n = \sigma\). La situation est déterminée à isomorphisme près par \(n\).
Dans des coordonnées, a) est un cycle de signe total \(+1\) et b) un cycle de signe total \(-1\).
Proposition (page 58). Les classes de conjugaison de \(\mathrm{Aut}(C_n) = \{\pm 1\}^n \rtimes \mathfrak{S}_n\) sont paramétrées par deux suites d'entiers \((\alpha_i^+)\), \((\alpha_i^-)\), \(\alpha_i^+\) (resp. \(\alpha_i^-\)) étant le nombre de cycles de longueur \(i\) de \(u_I\) au-dessus desquels \(u\) a deux cycles de longueur \(i\) (resp. un cycle de longueur \(2i\)), soumises à \[ \sum_i i\,(\alpha_i^+ + \alpha_i^-) = n . \] 58
Faces fixes. Les faces non vides fixées par \(u\) correspondent aux sections partielles stables par \(u\). Au-dessus d'un cycle tordu, une telle section est vide, puisque l'orbite contient les deux points de chaque fibre ; au-dessus d'un cycle non tordu, elle est vide ou l'une des deux orbites. Il y a donc \(3^{\sum_i \alpha_i^+}\) faces fixes, \(C\) comprise, et, si \(f_d\) est le nombre de faces fixes de codimension \(d\) — celles des sections à \(d\) éléments —, \[ \sum_{d=0}^n f_d\, t^d = \prod_{i \geqslant 1} (1 + 2t^i)^{\alpha_i^+} . \] 59
Le cas \(n = 3\) (pages 59 et 60). La page énumère les classes, avec en marge le signe du déterminant et le cardinal de la classe :
- un 3-cycle, non tordu : rotation d'ordre 3 autour d'une grande diagonale (\(+\), 8) ;
- un 3-cycle, tordu : la précédente composée avec l'antipodie, ordre 6 (\(-\), 8) ;
- 1 + 2, non tordus : symétrie par rapport à un plan diagonal (\(-\), 6) ;
- 1 tordu, 2 non tordu : demi-tour autour d'un axe passant par deux milieux d'arêtes (\(+\), 6) ;
- 1 non tordu, 2 tordu : quart de tour autour d'un axe passant par deux centres de faces (\(+\), 6) ;
- 1 + 2, tordus : le précédent composé avec l'antipodie, ordre 4 (\(-\), 6) ;
- 1 + 1 + 1, \(\alpha_1^+ = 3\) : identité (\(+\), 1) ;
- 1 + 1 + 1, \(\alpha_1^+ = 2\) : symétrie par rapport à un plan de coordonnées (\(-\), 3) ;
- 1 + 1 + 1, \(\alpha_1^+ = 1\) : demi-tour autour d'un axe de coordonnées (\(+\), 3) ;
- 1 + 1 + 1, \(\alpha_1^+ = 0\) : antipodie (\(-\), 1).
« En tout il y a 10 classes ? » : oui. C'est le nombre de couples de partitions de poids total 3, et les cardinaux font \(8 + 8 + 4 \cdot 6 + 1 + 3 + 3 + 1 = 48\). Les cinq classes de signe \(+\), de cardinaux \(1, 8, 3, 6, 6\), sont celles de \(\mathfrak{S}_4\).60
60–61
Le cube de dimension 3 et ses quatre diagonales (pages 60 et 61)
Proposition (page 60). Soit \(n \geqslant 3\), et \(u\) un automorphisme de \(C\) tel que \(u x = \pm x\) pour tout sommet \(x\). Alors \(u = \pm \mathrm{id}\).61
Donc \(\mathrm{Aut}(C)/\{\pm 1\}\) s'injecte dans le groupe des permutations de \(\Phi_0(C)/\sigma\), l'ensemble des \(2^{n-1}\) grandes diagonales, et, pour \(n\) impair, \(\mathrm{Aut}^+(C) \simeq \mathrm{Aut}(C)/\{\pm 1\}\) aussi.62
Corollaire (page 61). Pour un cube de dimension 3, \(\mathrm{Aut}^+(C) \xrightarrow{\ \sim\ } \mathrm{Aut}_{\mathrm{ens}} (\Phi_0(C)/\sigma)\), groupe des permutations des quatre grandes diagonales : les deux ont 24 éléments.
Corollaire. \(C \mapsto \Phi_0(C)/\sigma\) est une équivalence de la catégorie des cubes orientés de dimension 3, avec leurs isomorphismes directs, vers celle des ensembles à 4 éléments, avec leurs bijections. C'est le quatrième sujet de DEA de la page 47, et le pendant des identifications de la page 45 : un ensemble à 4 éléments « est » aussi un cube orienté.
61–62
Le cube gauche (pages 61 et 62)
L'espace projectif découpé. Soit \(C = C(\mathbb{B}, \sigma)\) dans \(E\). Le quotient du bord \(\partial C\) par l'antipodie est l'espace projectif réel de dimension \(n - 1\), \[ \partial C/\sigma \simeq (E \smallsetminus \{0\})/\mathbf{R}^* = P(E) , \] chaque demi-droite issue du centre coupant \(\partial C\) en un point.63 Soit \(p : \partial C \to P(E)\) la projection et \(\Phi^{**}\) l'ensemble des faces propres non vides de \(C\). La décomposition de \(\partial C\) en faces ouvertes passe au quotient : \[ \widetilde{C} = \partial C/\sigma = \coprod_{F \in \Phi^{**}/\sigma} p(F) . \] Chaque face fermée \(\overline{F}\) s'injecte dans \(P(E)\), puisque \(\overline{F} \cap \sigma\overline{F} = \emptyset\) (page 53), et \[ p(\overline{F}) \cap p(\overline{F'}) = p(\overline{F} \cap \overline{F'}) \cup p(\overline{F} \cap \sigma\overline{F'}) , \] réunion de deux fermés disjoints. Elle est vide si et seulement si les deux intersections le sont ; elle n'est pas nécessairement connexe, et l'est si l'une des deux est vide.64 Enfin \[ p(\overline{F}) \subset p(\overline{F'}) \iff \overline{F} \subset \overline{F'} \ \text{ ou } \ \overline{F} \subset \sigma\overline{F'} . \] 65
On obtient une décomposition de \(P_{\mathbf{R}}(E)\) en cellules topologiques dont les cellules fermées sont plongées, deux cellules fermées se rencontrant, si elles se rencontrent, en une cellule ou en la réunion de deux cellules disjointes — ce n'est donc pas un complexe polyédral, mais c'est un complexe CW régulier. L'ensemble ordonné de ses cellules est \(\Phi^{**}/\sigma\), opposé de \(\Phi^*/\sigma\), où \(\Phi^*\) est l'ensemble des sections partielles non vides de \(\mathbb{B}\). La page dessine le cas \(n = 2\) : le carré de côtés \(a, b, c, d\) devient une droite projective faite de deux arcs, \(\{a, c\}\) et \(\{b, d\}\), qui se rencontrent en deux points.66
Automorphismes des cubes gauches (\(n \geqslant 3\)). La page considère \[ \mathrm{Aut}(C)/\{1, \sigma\} \longrightarrow \mathrm{Aut}_{\mathrm{proj}} (\widetilde{C}) \longrightarrow \mathrm{Aut}_{\mathrm{ord}} \bigl(\Phi(\widetilde{C})\bigr) \] et note que la première flèche est injective, la seconde évidemment aussi, et demande si la composée est surjective. Pour \(n\) impair, on récupère \((\mathbb{B}, \sigma)\), avec sa décomposition cellulaire, comme le revêtement d'orientation canonique de \(\widetilde{C}\) — \(P(E)\) est alors de dimension paire, donc non orientable, et son revêtement d'orientation est la sphère \(\partial C\) —, et tout automorphisme de \(\Phi(\widetilde{C})\) est induit par un automorphisme direct de \(C\). « Cas \(n\) pair : à examiner… », et le dossier s'arrête là.67
Notes
- Le nom « groupe cartographique » est le sien (page 35) ; c'est aussi celui de l'Esquisse d'un programme (1984) pour \(n = 2\), et le groupe \(\widehat{\Gamma}\) de la page 10 du dossier 88 est \(G_2\). C'est un groupe de Coxeter, de matrice \(m_{ij} = 2\) pour \(|i - j| \geqslant 2\) et \(m_{i,i+1} = \infty\). ↩
- On disait aussi « \(\Delta\)-ensemble » (Rourke et Sanderson, 1971). La page 20 note \(\Delta\) cette catégorie ; on ajoute l'indice pour ne pas la confondre avec la catégorie simpliciale usuelle, qui a aussi les applications croissantes non injectives. ↩
- La numérotation est visiblement remaniée sur la page : un « Axiome 3 » est surchargé en « 2 », « Axiome 4 » est écrit sur un mot lourdement biffé, et la liste finale « \(1, 1', 2, 2', 3, 4\) » est celle de la page 4. Le titre de la page 2 était « Complexes cellulaires, et ens. à opérateurs » ; « Complexes » y est deux fois corrigé en « Cartes », et « cellulaires » biffé au profit de « coniques ». La page 6 cite aussi un axiome « \(3'\) » qui n'est défini nulle part. ↩
- Ce sont, à la connexité forte près (notre axiome 4), les axiomes des polytopes abstraits — Danzer et Schulte (1982), puis McMullen et Schulte, Abstract Regular Polytopes (2002) —, qui ajoutent aussi un plus grand élément. Les feuillets ne citent rien de tel, et l'on ne tire de la comparaison aucune conclusion d'antériorité : la datation de l'inventaire est approximative. ↩
- La page dit « exactement ceux satisfaisant la condition des chaînes, et où les chaînes sont de longueur \(\leqslant n\) », et écrit « Vérifier » en marge. La condition de Jordan–Dedekind (dans chaque intervalle, les chaînes maximales ont même longueur) ne suffit pas : l'ensemble \(\{a, b, d, c\}\) avec \(a < c\) et \(b < d < c\) la satisfait, mais \(c\) recouvre \(a\) en montant de deux, et la reconstruction par niveaux oublierait \(a \preceq c\). Il faut la condition sur les idéaux principaux qu'on énonce. Le même raisonnement montre que l'axiome 1 est alors automatique, comme le dit le crochet de la page : « Cela montre pourquoi \(I_\alpha \to F_{\alpha+1}\) surjectif ». ↩
- La page écrit d'abord « type \(\in \mathfrak{P}[0,n]\) », puis entre parenthèses « une partie non vide de \([1,n]\) » ; le \(0\) de \([0,n]\) est repassé à l'encre noire. Le type d'un drapeau est une partie non vide de \([0, n]\). ↩
- La page définit « \(G_n\) le groupe engendré par les gén. \(\sigma_\alpha\) (\(0 \leqslant \alpha \leqslant n-1\)) avec les relations précédentes », c'est-à-dire avec les seules relations de commutation. Il faut y joindre \(\sigma_\alpha^2 = 1\) pour que l'action se factorise, et c'est le groupe des pages 7 et 36. On l'appelle \(G_{n-1}\), conformément à la convention fixée plus haut. Ce n'est pas un groupe de Coxeter de type \(A\) : deux générateurs consécutifs n'y satisfont aucune relation, alors que dans le groupe symétrique \((\sigma_\alpha \sigma_{\alpha+1})^3 = 1\). ↩
- « conséquence … de l'axiome 4 et des précédents ? », avec un point d'interrogation. Elle l'est si l'axiome 4 vaut pour chaque section \([x, y]\) de \(F_*\), et non seulement pour \(F_*\) : c'est la connexité forte par drapeaux des polytopes abstraits. La page note d'ailleurs que les \(F(x) = \{y \prec x\}\) satisfont les mêmes axiomes, avec \(n\) remplacé par la dimension de \(x\) moins un, ce qui donne les sections inférieures ; les sections supérieures ne sont pas évoquées. Remarque de notre part. ↩
- La page porte « (confirmé ?) » à côté de la liste des axiomes. Les morphismes de complexes ne sont pas définis ; l'énoncé est juste si l'on prend pour morphismes les applications croissantes qui respectent la dimension et induisent des bijections sur les drapeaux complets de chaque section — les revêtements — puisque \(F_\alpha\) se lit alors comme \(\mathcal{A}/G^{(\alpha)}\) de façon fonctorielle. C'est notre précision. Les ensembles à opérateurs obtenus sont des « cartes généralisées » au sens de la note de la page 7. ↩
- Le facteur \(\mathbf{Z}^I\), un entier par composante du bord, évoque les twists de Dehn le long des composantes du bord dans un groupe de classes d'isotopie ; c'est une conjecture de lecture, que rien sur la page ne confirme. La page porte aussi deux annotations, « \(\simeq S\mathcal{A}(X) \times \mathbf{Z}^I\) » et « \(\simeq ST(X) \times \mathbf{Z}^I\) », sous les groupes relevés. ↩
- C'est vrai et se vérifie sur les links : une variété est une pseudo-variété pure, donc toutes les chaînes maximales ont \(n+1\) éléments ; une chaîne à laquelle il manque exactement une dimension est une face de codimension un du complexe des chaînes, contenue dans exactement deux simplexes maximaux, ce qui donne les axiomes \(2\), \(2'\) et \(3\) ; l'axiome 4 vient de ce que le link d'un sommet, une sphère homologique de dimension \(n-1\), est fortement connexe. Le « pointée » ajouté en interligne après « variété top. » est d'une lecture douteuse ; on ne le reprend pas. ↩
- Contre-exemple : la suspension d'un tore triangulé est un complexe simplicial de dimension 3 qui satisfait tous les axiomes de la page 3, et dont toutes les cellules sont des simplexes, donc des boules ; mais le link de chacun des deux points de suspension est un tore, et l'espace n'est pas une variété. La page cite un axiome « \(3'\) » qu'elle ne définit pas ; si c'était l'énoncé dual sur les sections supérieures, l'équivalence redeviendrait juste dans sa forme « sphère ». Quant à la forme homologique : une sphère d'homologie simplement connexe qui est une variété est une sphère, en toute dimension — c'est l'hypothèse de Poincaré généralisée, démontrée par Smale en dimension \(\geqslant 5\) (1961), Freedman en dimension 4 (1982), Perelman en dimension 3 (2003) ; vers 1977 seuls les cas \(\geqslant 5\) l'étaient, et la page corrige justement « \(\alpha \geqslant 3\) » en « \(\alpha \geqslant 5\) » dans son addition. Mais il faut encore savoir que \(|F(x)|\) est une variété, ce qui n'est pas automatique. Le détail des surcharges de la page n'est pas sûr. ↩
- La fin de la page 6 est serrée et surchargée ; « la différence de \(X_i\) moins \(X_{i-1}\) » est suivie de mots illisibles, puis de « de boules \(B^i\) ». On lit, comme à la page 35, des boules ouvertes de dimension \(i\). ↩
- La page dit « pl. fidèle » sans parler d'isotopie. Sans passer aux classes d'isotopie le foncteur n'est pas fidèle : un homéomorphisme isotope à l'identité à travers des homéomorphismes respectant la filtration fixe tous les drapeaux. La seconde rédaction (page 38) passe en effet à la « catégorie isotopique ». Pour l'image essentielle, voir la note au théorème 1. ↩
- C'est exactement ce qu'on appelle aujourd'hui une \(n\)-carte généralisée sans bord (P. Lienhardt, 1989–1994), ou une carte combinatoire au sens de A. Vince (1983) ; on peut aussi le voir comme un graphe régulier de degré \(n+1\) à arêtes colorées, voisin des « cristallisations » de M. Pezzana et de l'école de Modène (années 1970), qui n'imposent pas les relations de commutation. Le \(D_n\) de la page joue le rôle de l'ensemble des drapeaux complets. Les pages ne citent aucun de ces travaux. ↩
- Dans la partie barrée : \(\mathcal{C}_0\) = ensembles finis (« 0-sphères »), un objet de \(\mathcal{C}_n\) comme un triple \((X_{n-1}, S_{n-1}, \varphi)\) avec \(\varphi : i_{n-1}(S_{n-1}) \to X_{n-1}\) — une cellule attachée par son bord —, et le foncteur \(i_n\) écrit tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. C'est le schéma de la récurrence des pages 35 à 40. ↩
- La condition d) est récrite en surcharge à droite : « soit \(X_{i-1}^!\) l'image de \(\dot Z_i\) dans \(X_{i-1}\) ; alors \(X_{i-2}^! = X_{i-1}^! \cap X_{i-2}\) », lecture incertaine des indices. Dans c), un complément entre crochets est illisible. ↩
- La page 11 écrit aussi « \(D_\sigma \to D_{\sigma'}\) épi si \(\sigma' \subset \sigma\) et …, i.e. \(\sigma = \sigma'' \cup \sigma'\), \(\sigma'' < \sigma'\) » : \(J\) doit être un segment final de \(I\), ce qui est la même règle. La formule \(n_i = \sum_{j<i} n_j + 1\) qui termine la page, à côté d'un dessin d'arcs hachurés, reste sans contexte ; on ne l'interprète pas. ↩
- Le rapprochement avec la page 40 est le nôtre ; la page 12 ne nomme pas la construction. Sur ce que deviennent les morphismes de \(\Phi(\mathcal{C})\), la page ne dit rien ; une flèche \((X_i \to X) \to (Y_j \to Y)\) doit comporter une application d'ensembles d'indices et des morphismes compatibles, et l'énoncé de fidélité dépend de ce choix. ↩
- La page écrit « foncteurs \(\mathfrak{P}_f^*(\mathbf{N}) \xrightarrow{D} (\mathrm{Ens})\) tels que \(\sigma \subset \sigma'\) [segments finis] \(\Rightarrow D(\sigma) \to D(\sigma')\) épi », la flèche allant de la plus petite partie vers la plus grande. Un drapeau de type \(\sigma\) se restreint en un drapeau de type \(\sigma' \subset \sigma\), et non l'inverse ; le foncteur est contravariant, comme il l'est aux pages 15 et 30, et on rétablit le sens des flèches. Le premier \(\sigma\) de la formule est surchargé, peut-être sur un \(\Delta\). ↩
- La page écrit « groupe \(G_i\) engendré par \(\sigma_0, \ldots, \sigma_{i-1}\) opérant sur \(R_i\) » ; c'est notre \(G_{i-1}\), conformément à la convention. Il n'y a pas de \(\sigma_i\) sur \(R_i\) : changer le membre de dimension \(i\) demande qu'une cellule de dimension \(i - 1\) soit dans exactement deux cellules de dimension \(i\), ce qu'une paracarte spéciale n'exige pas. La page demande aussi si la restriction \(D(\ldots, j-1, j, j+1, \ldots) \to D(\ldots, j-1, j+1, \ldots)\), pour un type qui n'est pas un segment initial, est toujours de degré 2 (« p. ex. \(D_{123} \to D_{13}\) ») ; la question reste ouverte. ↩
- On dit aujourd'hui ensemble ordonné simplicial (A. Björner, 1984 ; Garsia et Stanton, 1984), en ajoutant d'ordinaire un plus petit élément, la face vide : chaque idéal principal est un treillis booléen. Un élément est un simplexe, mais deux simplexes peuvent avoir les mêmes sommets. Les pages ne citent pas ces travaux, postérieurs à la datation de l'inventaire. ↩
- La page écrit « ensembles simpliciaux » (lecture incertaine du premier mot) ; dans l'usage d'aujourd'hui un ensemble simplicial est tout autre chose, et ce sont les complexes simpliciaux abstraits — les « multiplicités simpliciales » de la page 25 — qui conviennent. Une note de marge ajoute que \(\Phi\) est aussi l'ensemble des sommets d'un ensemble semi-simplicial, mais que \(D\) n'est pas déterminé par celui-ci. ↩
- La page 16 écrit \(D' : \mathfrak{P}_f^*(I) \to (\mathrm{Ens})\) sans le signe d'opposé qu'elle met partout ailleurs ; c'est le même préfaisceau. La page 17 ajoute que \(I_0 = \delta(\Phi)\), l'ensemble des \(i\) tels que \(D'(\{i\}) \neq \emptyset\), porte une structure d'ensemble semi-simplicial « … \(\sigma\) tel que \(D(\sigma) \neq \emptyset\) », dont la fin est illisible. ↩
- La page écrit « un foncteur sur la catégorie \(\Delta\) » ; le « contra » est restitué dans la transcription. La phrase entre crochets sur la façon dont un ordre de \(I\) induit ces ordres totaux est en partie illisible. ↩
- La page écrit « la catégorie \(\widehat{\Delta}/D[\,]\) est ordonnée (i.e. équivalente …) ». La catégorie des éléments est \(\Delta/D\), sous-catégorie pleine de \(\widehat{\Delta}/D\) par Yoneda ; c'est d'elle qu'il s'agit. La page 20 ajoute qu'« ordonnée » et « préordonnée » reviennent ici au même : c'est exact, parce que les seuls endomorphismes de \(\Delta_{\mathrm{inj}}\) sont les identités, de sorte que deux objets isomorphes de \(\Delta_{\mathrm{inj}}/D\) sont égaux. ↩
- Cette discussion de l'égalité est la nôtre ; la page la marque d'un point d'interrogation. Ce que sont les \(|F|\) — des boules ou non — est la question b) de la page 29. ↩
- La page 21 dit que \(|D_*|\) est « aussi la réalisation topologique de l'ensemble quasi-simplicial \(D_*\) ». La réalisation de l'ensemble ordonné \(D_*\), au sens de la page 4, est la subdivision barycentrique de celle de l'ensemble semi-simplicial : les deux sont homéomorphes, canoniquement, sans être égales. Le plongement de chaque simplexe tient à (1). ↩
- C'est la condition de remplissage des cornets internes \(\Lambda^2_1\), en existence seulement — la forme en dimension 2 de la condition des quasi-catégories, ici pour un ensemble semi-simplicial. Le nom est le nôtre. La page note \(\partial_0, \partial_1\) à la page 21 puis \(\delta_0, \delta_1, \delta_2\) ; sur \(D_1\), son \(\delta_0\) est le premier sommet et son \(\delta_1\) le second, sur \(D_2\) son \(\delta_i\) est l'arête opposée au sommet \(i\) ; les identités \(\delta_0\delta_1 = \delta_0\delta_2\) et \(\delta_1\delta_1 = \delta_1\delta_0\) qu'elle écrit sont justes dans cette convention mixte, et ne le seraient pas avec les faces usuelles. On écrit \(s\) et \(t\) pour éviter l'ambiguïté. Une note en diagonale, au crayon bleu, propose d'exiger aussi d'une fonction dimension \(\delta(x) < \delta(y)\) quand \(x \prec y\) ; elle est en grande partie illisible. ↩
- La page écrit, à gauche, « satisfaisant (1) et (2) », le second chiffre d'une lecture incertaine. C'est (2°), la transitivité, qui convient, et non (2 bis), plus forte : l'ensemble semi-simplicial associé à \((D_*, \preccurlyeq)\) n'a pas de raison de remplir les cornets, comme le montre le bord d'un triangle \(\{0 < 1 < 2\}\), où \(0 \prec 2\) est une arête mais aucun \(2\)-simplexe ne borde \((01, 12)\). À la page 24, la page écrit « \(x_0 = \delta_0(z_1)\), \(y_0 = \delta_0(z_1)\) » ; le second est \(\delta_1\), comme à la page 23. ↩
- La page commence par « les \((D_*, \prec)\) obtenus sont ceux pour lesquels on a, en plus de (a), (b), (c), la condition (d) », puis se reprend : « Donc il faut prendre les multiplicités simpliciales avec une structure d'ordre sur l'ensemble des sommets, induisant un ordre total sur chaque simplexe, et … (sur les simplexes seulement… ». Le bord d'un triangle \(\{0 < 1 < 2\}\) satisfait (a) à (d) et ne vient d'aucun ensemble ordonné. Le crochet final affirme que (a) + (d) équivaut à (a') + (d), où (a') dit que dans \(D_*\) toute famille finie majorée a une borne supérieure ; l'implication de gauche à droite est juste, la réciproque non : trois éléments minimaux sous un même élément, et rien d'autre, satisfont (a') et (d) sans satisfaire (a). Il faut ajouter que la borne supérieure d'une partie \(S\) de sommets n'a pas d'autre sommet que ceux de \(S\). ↩
- C'est la construction des géométries de classes de Tits, \(G/N_H\) quand \(X = G\), et des « systèmes de chambres ». Le dossier 88 (pages 4 et 5) fait la même construction pour le groupe de Weyl et ses sous-groupes paraboliques, et obtient le complexe de Coxeter. La page 26 prend \(H \in \mathfrak{P}(\Delta_n)\), vide compris ; on se limite aux parties non vides, les seules qui donnent des drapeaux. ↩
- La page énonce le lemme sous l'hypothèse « \(H \cap H'\) segment final de \(H\) et segment initial de \(H'\) », plus forte, et note en marge de la démonstration n'avoir utilisé que les deux propriétés qu'on énonce. Les segments s'entendent dans l'ordre induit sur \(H\) et \(H'\). ↩
- La page écrit, dans cette dernière forme, « une filtr. \(n\)-admissible de \(\partial\widetilde{X}_n\) » ; par b), c'est \((n-1)\)-admissible. Le cas \(0\) porte « nécessaire et suffisant si déf », sans doute pour un espace fini. Un premier essai de la définition, en colonne de droite, est barré. ↩
- On ne connaît pas de nom établi pour cette classe ; les réalisations des cartes généralisées de Lienhardt (voir la note de la page 7) en sont proches. Le rapprochement est le nôtre. ↩
- La page dit « ss-catégorie pleine \(\mathcal{F}_n^\circ\) des espaces … à \(n\)-filtration régulière », le mot manquant étant lu, avec doute, « vérifiés ». On le comprend comme « variétés » : c'est ce qu'exigent la construction de \(\sigma_n\) à la page 37 (« si \(X_n\) est une \(n\)-variété ») et le théorème 1. Une note de marge, en grande partie illisible, parle de foncteurs entre les \(\mathcal{F}_i\) et les \(\mathcal{F}_i^\circ\). ↩
- La page écrit « il commute à \(\sigma_1, \ldots, \sigma_{n-2}\) » ; il commute à tous les \(\sigma_j\), \(j \leqslant n - 2\), \(\sigma_0\) compris, puisque l'application est un morphisme de \(G_{n-2}\)-ensembles, et c'est ce que demande la présentation de \(G_n\). Un premier essai du cas \(n = 1\), au bas de la page 36, est barré ; il passait par le revêtement d'orientation des arcs. ↩
- « Isotypique » se lit à la page 38, « isotopique » à la page 39 ; c'est la catégorie dont les morphismes sont les classes d'isotopie. La page affirme que l'image essentielle est formée des \(G_n\)-ensembles où les \(\sigma_i\) opèrent sans point fixe. C'est juste pour \(n \leqslant 2\) — toute carte généralisée sans bord de dimension 2 se réalise sur une surface fermée —, faux à partir de \(n = 3\) : une orbite de \(\langle \sigma_0, \sigma_1, \sigma_2 \rangle\) décrit le bord d'une cellule de dimension 3, qui peut être un tore aussi bien qu'une sphère, et une orbite de \(\langle \sigma_1, \sigma_2, \sigma_3 \rangle\) le link d'un sommet, qui doit lui aussi être une sphère. La page 42 le reconnaît : caractériser l'image essentielle « revient au même » que reconnaître les sphères. Le théorème doit donc se lire, pour \(n \geqslant 3\), comme une inclusion, l'égalité étant l'objet du théorème 7. La finitude des \(G_n\)-ensembles, écrite à la page 7, est omise ici. ↩
- L'identification est la nôtre ; la page 38 ne rappelle pas la page 7, et ne précise pas les conditions de la catégorie (lue « (Casca) »). ↩
- C'est la formule des bords \(\delta_{i-1}\) de la page 8. Elle tient à ce que, dans une variété, les drapeaux complets qui prolongent un drapeau \((x_0, \ldots, x_j)\) sont ceux du link de \(x_j\), une sphère de dimension \(n-j-1\), et sont permutés transitivement par \(\langle \sigma_{j+1}, \ldots, \sigma_n \rangle\) — la connexité forte des polytopes abstraits. La page appelle ce foncteur \(\psi_n\), comme celui de la page 40 ; on le note \(\rho_n\), lettre qu'elle emploie elle-même à la page 40. ↩
- « Multicône » est une lecture douteuse, écrite au-dessus d'un mot biffé, et la lettre \(\rho\) aussi. La page note en marge « préciser ce point » ; l'existence du morphisme \(\rho_{n-1}(E_n) \to C_{n-1}\) à partir de l'invariance de la page 7 est notre précision. Un cône sur une composante de \(\partial\widetilde{X}_n\) n'est une boule que si cette composante est une sphère : en général, \(\psi_n(C_n)\) est une carte conique au sens de la page 9, et non cellulaire. C'est la même difficulté que dans la note au théorème 1. ↩
- « Pseudo-simpliciaux » est une lecture incertaine. ↩
- Pour une boule, un tel homéomorphisme existe et il est unique à isotopie près relativement au bord : c'est le « truc d'Alexander » (1923), qui explique qu'on travaille dans la catégorie isotopique. Le nom n'est pas sur la page. ↩
- On sait depuis S. P. Novikov (années 1950–1960) qu'aucun algorithme ne reconnaît la sphère de dimension \(n \geqslant 5\) parmi les complexes simpliciaux finis ; en dimension 3 la reconnaissance est décidable (Rubinstein, 1992 ; Thompson, 1994). Une caractérisation combinatoire de l'image essentielle ne peut donc pas, pour \(n \geqslant 5\), être une condition qu'on vérifie mécaniquement. Références de mémoire, non vérifiées ; la page ne cite rien. ↩
- Pour la dualité, on observera que \(\sigma_i \mapsto \sigma_{n-i}\) est un automorphisme de \(G_n\) ; sur les cartes généralisées il échange une décomposition et sa décomposition duale. La remarque est la nôtre. ↩
- « Orientation » d'un ensemble fini s'entend comme le choix d'une des deux classes d'ordres totaux modulo les permutations paires ; sur un ensemble à 4 (resp. 5) éléments, il y a exactement deux structures de droite affine sur \(\mathbf{F}_4\) (resp. projective sur \(\mathbf{F}_4\)), échangées par une transposition, ce qui justifie l'énoncé. La ligne sur 5 éléments est très serrée ; on y lit « droite projective sur \(\mathbf{F}_5\), les 6 pts … icosaèdre … à \(E\) », et c'est l'isomorphisme exceptionnel \(\mathfrak{S}_5 \simeq \mathrm{PGL}(2, \mathbf{F}_5)\) — celui qui fait de \(\mathfrak{S}_5\) un sous-groupe transitif de \(\mathfrak{S}_6\) — qui donne un sens à la phrase ; les six points correspondent aux six grandes diagonales de l'icosaèdre, sur lesquelles agit \(\mathfrak{A}_5\). Interprétation de notre part. Le dossier 89 identifie de même les ensembles à trois éléments orientés et les plans sur \(\mathbf{F}_3\). ↩
- La page écrit \(P_{G/B} = (1 - T^2)^r / \prod_\lambda (1 - T^{2d_\lambda})\), la fraction renversée ; la ligne suivante, « \((1 : P_{G/B}(\sqrt{q})) = (q-1)^r/\prod_\lambda (q^{d_\lambda} - 1)\) », est juste, et le contrôle sur \(\mathrm{SL}_2\), \(1 + T^2\), tranche. Les indices \(BG\), \(BT\) (espaces classifiants) sont d'une lecture incertaine. ↩
- La réponse dépend de la définition de la convexité projective, que la page ne donne pas : pour un convexe « propre », contenu avec son adhérence dans une carte affine, c'est oui par définition ; une droite projective entière, qu'on peut tenir pour convexe, rencontre tout hyperplan. ↩
- La page écrit \(\mathbb{B} \hookrightarrow C \hookrightarrow E\) sans dire comment \(\mathbb{B}\) s'envoie dans \(C\). Une lecture naturelle envoie \(b\) sur le centre de sa facette, la fonction qui vaut \(1\) en \(b\), \(-1\) en \(\sigma b\) et \(0\) ailleurs ; c'est la nôtre. La marge de la page 49 dit que les éléments de \(\mathbb{B}\) correspondent aux facettes de codimension 1, et que \(\sigma F\) est l'unique facette de codimension 1 qui ne rencontre pas \(F\). ↩
- La page note \(\mathrm{Spd}(\mathbb{B}/I)\) les sections partielles et \(\mathrm{Fac}(C)\), ou \(\mathrm{Comb}(C)\), l'ensemble ordonné des faces, le « polyèdre combinatoire » de \(C\) ; elle appelle « facettes » toutes les faces. On garde « face » pour une face quelconque et « facette » pour une face de codimension 1. ↩
- C'est le groupe hyperoctaédral, groupe de Weyl de type \(B_n\) ; le nom n'est pas sur la page. ↩
- C'est vrai pour \(n \geqslant 2\), les sommets du cube contenant alors un repère projectif, faux pour \(n = 1\) : les homographies de la droite qui fixent les deux extrémités d'un segment forment un groupe à un paramètre qui préserve le segment. ↩
- « Produit ½ direct » : il écrit ½ pour « semi- ». Le mot « commutant » de la page 52 est d'une lecture incertaine ; le centralisateur de l'action à droite de \(G_0\) dans les permutations de \(\mathrm{Drap}(C)\) est bien \(\mathrm{Aut}(C)\). ↩
- La page appuie ce dernier point sur le fait que le centre de \(\mathfrak{S}_I\) est trivial pour \(n \geqslant 3\) ; l'énoncé vaut en fait pour tout \(n \geqslant 1\) — pour \(n = 2\), \(\mathrm{Aut}(C)\) est le groupe diédral d'ordre 8, de centre \(\{\pm 1\}\). Une proposition encadrée et barrée commençait à énoncer : pour deux faces fermées non vides \(F\), \(F'\), \(F \cap F' \neq \emptyset\) ou \(F \cap \sigma F' \neq \emptyset\), en demandant si cela caractérise \(\sigma\). ↩
- La page écrit « les \(\sigma_i\) (\(1 \leqslant i \leqslant n\)) » ; sur les drapeaux d'un polyèdre de dimension \(n\), dont le dernier membre \(C\) est fixe, ce sont \(\sigma_0, \ldots, \sigma_{n-1}\). Qu'il y ait exactement deux telles partitions demande que le graphe des drapeaux soit connexe et biparti ; c'est le cas pour un polyèdre convexe, puisque l'orientation géométrique change sous chaque \(\sigma_i\). Le dossier 89 (pages 19 et 20) énonce de même qu'un polygone combinatoire connexe a exactement deux orientations. La page remplace partout « drapeaux » par « repères » ; c'est le même objet. ↩
- C'est la connexité du graphe du polytope dual (théorème de Balinski, 1961, qui la donne même \(n\)-fois connexe) ; le nom n'est pas sur la page. ↩
- La définition de la page est embrouillée — « \(\forall F \in \mathrm{Fac}_{i+1}(C)\), le cardinal de l'ens. des \(y \in \mathrm{Fac}_i(C)\) qui majorent \(x\) soit \(d_i\) » — et suivie de « (car \(d_n = 1\)) ». On compte \(d_i\) vers le bas, ce qui rend la formule du nombre de drapeaux juste : on choisit une facette parmi \(d_{n-1}\), une face de codimension 2 dans celle-ci parmi \(d_{n-2}\), et ainsi de suite. Pour le cube, \(d_i = 2(i+1)\) et le produit vaut \(2^n n!\). ↩
- C'est la description classique par couples de partitions (« type cyclique signé »), qu'on attribue à A. Young (1930) ; le nom n'est pas sur la page. La page lit « au-dessus desquels il y a un cycle de long. \(i\) (resp. \(2i\)) » ; dans le cas non tordu il y en a deux. ↩
- La page écrit « stables par \(I\) » pour « stables par \(u\) », et indexe la somme par \(i\) au lieu de \(d\). ↩
- Le décompte de contrôle et le rapprochement avec \(\mathfrak{S}_4\) sont les nôtres ; la page met un point d'interrogation après « 10 classes ». Pour le 3-cycle, la page note que la relation entre cas tordu et non tordu, par composition avec l'antipodie, vaut « chaque fois que la dimension \(n\) est impaire » : pour un cycle de longueur impaire, changer tous les signes change le signe total. Dans le cas « 1 tordu, 2 non tordu », la page écrit « symétrie autour, composée du précédent avec l'antipodie » : c'est bien un demi-tour. ↩
- L'hypothèse \(n \geqslant 3\), ajoutée en interligne, est nécessaire : pour le carré, l'échange des deux coordonnées fixe deux sommets et envoie les deux autres sur leurs opposés. ↩
- La page écrit, pour la seconde injection, \(\mathrm{Aut}^+(C) \hookrightarrow \mathrm{Aut}(\Phi_0(C))\), sans le quotient par \(\sigma\) ; l'injection dans les permutations des sommets est vraie mais triviale, et c'est celle dans les permutations des diagonales que la proposition donne, et que les corollaires utilisent. ↩
- La page note \(E^*/\mathbf{R}^*\), \(E^*\) désignant \(E\) privé de l'origine et non le dual. Elle met sur le \(C\) de \(\partial C\) un petit signe, chapeau ou flèche, qu'on ne reprend pas. ↩
- La seconde ligne de la formule de la page 61 est très surchargée et se lit \([p(\overline{F}) \cap p(\overline{F'})] \cup [p(\overline{F}) \cap p(\overline{F'})]\), deux crochets identiques, avec un trait qui pourrait être un \(\sigma\) ; on écrit la formule juste. Le mot « sinon » est d'une lecture douteuse, et une troisième ligne est biffée. Les deux morceaux sont disjoints parce qu'un point commun serait dans \(\overline{F'} \cap \sigma\overline{F'} = \emptyset\), et leurs images le sont parce que \(p\) est injectif sur \(\overline{F}\). ↩
- La page 62 écrit \(p(\overline{F}) \subset p(\overline{F'}) \iff \overline{F} \subset \overline{F'}\), qui est faux pour deux faces données : une arête du carré est dans l'image de l'arête opposée. C'est vrai pour les classes modulo \(\sigma\), qui sont les cellules de \(\widetilde{C}\) : \(\overline{F}\), connexe, est dans la réunion disjointe de \(\overline{F'}\) et de \(\sigma\overline{F'}\) si et seulement s'il est dans l'une d'elles. ↩
- Pour \(n = 3\) c'est l'hémi-cube, polytope abstrait non sphérique que McMullen et Schulte notent \(\{4,3\}/2\) ; le nom n'est pas sur la page. ↩
- La réponse est oui pour tout \(n \geqslant 3\), et le revêtement universel remplace le revêtement d'orientation : un automorphisme de l'ensemble ordonné des cellules d'un complexe CW régulier se réalise par un homéomorphisme cellulaire ; pour \(n \geqslant 3\), \(\partial C \to \widetilde{C}\) est le revêtement universel, l'homéomorphisme s'y relève, et le relevé est un automorphisme combinatoire de \(\partial C\), donc de \(C\), donc affine par le corollaire de la page 50. Ce raisonnement est le nôtre, et la page ne le contient pas. Pour \(n\) impair, \(\mathrm{Aut}(C)/\{1, \sigma\} \simeq \mathrm{Aut}^+(C)\), d'où la formulation de la page ; la lettre \(\mathcal{H}\) qu'elle emploie pour l'objet récupéré n'est pas définie et désigne vraisemblablement le bord du cube. ↩