Cote n° 70 · pages 1–125
· Lecture modernisée · Réalisations géométriques de structures combinatoires (n-polyèdres, n-hyperpolyèdres [2-polyèdres réguliers]…) (Vieilles rédactions) : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [à partir de 1976]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre
Résumé
Le cube, l'octaèdre, l'icosaèdre sont des polyèdres « réguliers » : toutes leurs faces sont pareilles, tous leurs sommets aussi, et ils ont autant de symétries qu'on peut en avoir. Les Grecs les définissaient par des longueurs et des angles égaux. Ces cent vingt-cinq pages partent de l'autre bout. On se donne d'abord le polyèdre sans aucune géométrie — une liste de sommets, d'arêtes et de faces, qui touche qui, et le groupe de ses symétries — et l'on demande de combien de façons on peut le réaliser : le dessiner dans un espace par des points, des droites et des plans, de façon que toutes ses symétries combinatoires deviennent des transformations de l'espace. Et l'espace n'est pas forcément celui des nombres réels : ce peut être un espace sur un corps fini, ou sur un anneau quelconque.
L'image qui guide tout est celle du kaléidoscope. Trois miroirs bien placés et un petit motif suffisent à fabriquer une figure symétrique entière ; ici le motif est un drapeau — un sommet, une arête qui en part, une face que borde l'arête — et les miroirs sont trois symétries élémentaires, qui changent l'un des trois éléments du drapeau en gardant les deux autres. Pour un polyèdre de dimension supérieure, il y a un miroir de plus par dimension. Grothendieck place les sommets du premier drapeau aux points les plus simples possibles — l'origine et les extrémités des vecteurs de base — et calcule les miroirs dans ces « coordonnées universelles ». La surprise est que tout se réduit à une poignée de nombres, un par rotation élémentaire du polyèdre, et que chacun est imposé par la forme des faces : pour une face triangulaire, le nombre vaut \(-1\) ; pour un pentagone, il doit vérifier \(\alpha^2 + \alpha = 1\), l'équation du nombre d'or. Ces équations sont à coefficients entiers, et ont donc un sens en toute caractéristique.
Le cœur du dossier est l'icosaèdre ainsi traité. On le voit exister sur tout anneau où l'équation du nombre d'or a une solution, et l'on suit ce qu'il devient en chemin. En caractéristique \(2\), le centre de l'icosaèdre part à l'infini et la symétrie centrale devient une translation. En caractéristique \(5\), la « sphère » circonscrite dégénère en un cône : l'icosaèdre est inscrit dans une sphère de rayon nul. Pourtant, en aucune caractéristique trois sommets ne deviennent alignés, et aucun sommet ne tombe dans le plan d'une face qui ne le contient pas : l'icosaèdre reste partout un icosaèdre. Chemin faisant, une forme quadratique apparaît dont le discriminant vaut exactement \(1\), et la page s'exclame « merveille ! » ; plus loin, une vérification qui aboutit est saluée d'un « et on est heureux ! ».
Le dossier porte, sur ses chemises, la mention « vieilles rédactions », et c'en est bien : la même question est reprise six ou sept fois, chaque fois d'un autre côté — en dimension quelconque, puis sans supposer que les miroirs soient des symétries, puis par l'étude locale des faces, puis en dimension trois, puis sur une base quelconque, enfin, dans un « programme provisoire d'une théorie arithmétique des polyèdres réguliers », en partant du modèle réel et en lui cherchant des réalisations sur tout anneau. On y voit une façon de travailler : refaire le même calcul jusqu'à ce qu'il ne dépende plus d'aucun choix, et poser la question dans le cadre le plus large où elle a encore un sens. Un aparté rattache les groupes des polyèdres de Platon au groupe modulaire \(\mathrm{PSL}(2, \mathbf{Z})\), réduit modulo \(2, 3, 4, 5\).
Les noms d'aujourd'hui sont ceux de polytope abstrait régulier, de groupe de Coxeter et de sa représentation géométrique, de groupe cartographique, de réalisation d'un polytope, de sous-groupe de congruence, et, pour la dernière page, de polytope croisé.
Keywords — abstract regular polytope, string Coxeter group, intersection property, Schläfli symbol, cartographic group, flag, realization of polytopes, affine reflection, transvection, Tits geometric representation, minimal polynomial of 2cos(2π/n), invariant quadratic form, discriminant, modular group, principal congruence subgroup, icosahedron, golden ratio, characteristic 2, characteristic 5, Kepler-Poinsot polyhedra, hyperboloid model, regular tessellation of the hyperbolic plane, 1-cocycle, scheme-theoretic polyhedron, cross-polytope
1–123
Le fil du dossier, et les conventions
Les chemises et les stations
Huit feuilles de chemise, de sa main, découpent le dossier ; quatre portent un nombre de pages, et l'un au moins se vérifie exactement (« (23 p) » pour les pages 3 à 25). Elles donnent ses titres aux parties de cette lecture. Le mot « \(n\)-hyperpolyèdres » de la première chemise n'est repris nulle part ailleurs.
- Pages 1 à 25 : « \(n\)-polyèdres réguliers en coordonnées affines universelles ». Le polyèdre régulier universel de type \(\{p_1, \dots, p_n\}\) ; ses réalisations affines régulières sur un anneau ; le repère des sommets ; l'exigence que les générateurs soient des réflexions laisse \(n\) paramètres ; une forme normale.
- Pages 28 à 36 : « \(n\)-quasi-polyèdres ». Le même repère sans supposer que les générateurs soient des involutions : \(2n+1\) paramètres.
- Pages 38 à 47 : « étude locale » des \(n\)-polyèdres et des \(n\)-cartes. Bord et étoile d'une facette, sections, invariants ; représentation géométrique par des drapeaux, réalisations induites.
- Pages 49 à 59 : « 2-polyèdres repérés en coordonnées universelles ». Le cas de la dimension trois, avec ses points, droites et plans ; un feuillet isolé sur les groupoïdes (page 58).
- Pages 61 et 62 : le groupe modulaire et ses quotients modulo \(n\).
- Pages 64 à 71 : les trois réflexions en coordonnées, et la quadrique invariante, pour tous les types à la fois ; le tableau des solides de Platon et des polyèdres étoilés ; un cas hyperbolique.
- Pages 73 à 111 : « calculs en coordonnées universelles (icosaèdre) ». Trois passes sur l'icosaèdre au-dessus de l'anneau \(\mathbf{Z}[\alpha]/(\alpha^2 + \alpha - 1)\) : les réflexions, les douze sommets, le centre et l'antipodisme, la quadrique circonscrite et ses discriminants, les réalisations régulières et fidèles. Trois feuilles intercalées traitent d'autre chose (pages 100, 103, 105).
- Pages 113 à 119 : « position du problème des 2-polyèdres réguliers ». Drapeaux universels, polyèdre régulier dans un schéma, axiomes, questions.
- Page 120 : les « cocubes ».
- Pages 121 à 123 : « programme provisoire d'une théorie arithmétique des polyèdres réguliers ».
Aucune de ces rédactions ne renvoie à une autre. Elles sont rangées ici dans l'ordre des feuillets, qui n'est pas forcément celui de leur écriture : la dernière chemise porte « (10 p) », ce qui la ferait courir jusqu'à la page 123, mais les pages 120 à 123 ont leurs propres sujets.
Les dossiers voisins. Le groupe cartographique à \(n+1\) générateurs est celui de la lecture du dossier 76, qui le note \(G_n\) ; pour \(n = 2\), c'est le \(\widehat{\Gamma}\) des dossiers 86 et 88, dont on reprend les rotations \(\rho_f\), \(\rho_s\) et les cartes standards \(C_{p,q}\). Les drapeaux, les trois involutions et l'antipodisme de l'icosaèdre sont ceux du dossier 86, qui traite le même icosaèdre sans coordonnées. Les annonces de cours de 1977–1978 du dossier 75 décrivent exactement ce que font les pages 74 à 111 : réaliser l'icosaèdre « sur les réels et sur d'autres corps », la caractéristique \(2\) et la caractéristique \(5\) « jouant un rôle particulier », et construire « l'icosaèdre régulier général sur un anneau de base fini sur \(\mathbf{Z}\) ». La forme quadratique de la page 105 est celle de l'isomorphisme \(\mathrm{PGL}_2 \simeq \mathrm{SO}_3\) du dossier 82 ; le cube de la page 120 est celui du dossier 76, et le « cocube » le polytope croisé du dossier 87.
Conventions, valables pour tout le dossier
Le groupe cartographique. Pour \(n \geq 0\), \[ \mathfrak{G}_n = \bigl\langle \sigma_0, \dots, \sigma_n \bigm| \sigma_i^2 = 1,\ (\sigma_i \sigma_j)^2 = 1 \text{ si } |i - j| \geq 2 \bigr\rangle , \] noté par lui d'un \(G\) gothique (page 114 : \(\Gamma\), pour \(n = 2\)). Un \(\mathfrak{G}_n\)-ensemble est une \(n\)-carte ; ses éléments sont les repères, ou drapeaux maximaux \((f_0, f_1, \dots, f_n)\), et \(\sigma_i\) change la composante \(f_i\) en gardant les autres. Une \(n\)-carte a des facettes de dimensions \(0\) à \(n\) ; ses réalisations vivent dans un espace de dimension \(n + 1\), dont elle est, en quelque sorte, le bord : les « \(2\)-polyèdres » sont les polyèdres usuels de l'espace à trois dimensions.
Types. \(p_i\) est l'ordre de \(\sigma_{i-1}\sigma_i\) (\(1 \leq i \leq n\)), comme à la page 3 ; \(\{p_1, \dots, p_n\}\) est alors le symbole de Schläfli. Pour \(n = 2\) on suit le dossier 88 : \(\rho_f = \sigma_0\sigma_1\) tourne autour d'une face, d'ordre \(q = p_1\) (le nombre de côtés), \(\rho_s = \sigma_1\sigma_2\) tourne autour d'un sommet, d'ordre \(p = p_2\) (le nombre d'arêtes en un sommet)1 . \(\Psi_m\) désigne le polynôme minimal de \(2\cos(2\pi/m)\) sur \(\mathbf{Q}\), c'est-à-dire de \(\zeta + \zeta^{-1}\) pour \(\zeta\) racine primitive \(m\)-ième de l'unité : c'est son « polynôme semi-cyclotomique » \(F_m\) (page 67). Ainsi \(\Psi_3(\alpha) = \alpha + 1\), \(\Psi_4(\alpha) = \alpha\), \(\Psi_5(\alpha) = \alpha^2 + \alpha - 1\).
Le repère des sommets. Un drapeau \(f_0 \subset \cdots \subset f_n\) de sous-espaces affines étant donné, \(s_0 = f_0\) et \(s_{i+1} = \sigma_i s_i\) ; \(e_i = s_i - s_0\) ; \((x_1, \dots, x_{n+1})\) sont les coordonnées affines dans le repère \((s_0; e_1, \dots, e_{n+1})\), et \[ \Sigma_0 = x_2 + \cdots + x_{n+1}, \qquad \Sigma_i = x_{i+2} + \cdots + x_{n+1} \quad (1 \leq i \leq n-1) . \] Les paramètres \(\alpha_0, \dots, \alpha_{n-1}\) sont ceux des pages 15 à 25. Pour \(n = 2\), les pages 64 à 111 écrivent \(\beta = \alpha_0\) (la face) et \(\alpha = \alpha_1\) (le sommet) ; on les suit. Pour l'icosaèdre, \(\alpha' = -1 - \alpha\) est la racine conjuguée de \(\alpha^2 + \alpha - 1\).
L'icosaèdre. \(s'_3 = \sigma_1 s_3\) et \(s''_3 = \rho_f s_3\), comme aux pages 74 à 1112 ; \(\iota\) est l'antipodisme, qu'il note d'un \(a\) souligné (on garde la lettre du dossier 86) ; \(o\) est le centre ; \(q\) la fonction quadratique invariante et \(q_0\) sa partie homogène.
Réflexion. Les pages appellent réflexion une involution affine dont l'ensemble des points fixes est, dans chaque fibre, un hyperplan affine ; « réflexion projective » quand cet hyperplan peut être à l'infini. On garde le mot. En caractéristique \(2\), une telle involution est une transvection.
Ce que seule une lecture d'ensemble peut dire
Le même calcul, refait. La forme normale des générateurs est établie trois fois : en dimension quelconque (pages 9 à 25), sans l'hypothèse d'involution (pages 30 à 36), et en dimension trois (pages 64 à 66, puis 82 à 84) ; ces trois versions ne nomment pas leurs points ni leurs paramètres de la même façon, et les notes le signalent où il le faut. Le paramètre « invariant modulaire du polygone régulier » de la page 15, le « polynôme semi-cyclotomique » de la page 67 et le \(c = \zeta + \zeta^{-1}\) avec « \(\Phi_n(c) = 0\) » de la page 103 sont une seule et même chose : la trace de la rotation élémentaire.
Une hypothèse ajoutée. Que les générateurs soient des réflexions n'est pas dans la définition d'une réalisation (pages 5 et 6, 43, 51) ; il l'impose à chaque fois au moment du calcul (pages 13, 15, 31, 66, 83). Les pages 29 à 36 sont la tentative de s'en passer.
Une question, et sa réponse pour l'icosaèdre. La question de la page 21 — une réalisation régulière envoie-t-elle des facettes distinctes sur des sous-espaces distincts ? — et la « fidélité » des pages 109 et 110 ont, pour l'icosaèdre, une réponse positive en toute caractéristique : les pages 93 et 94 la démontrent en partie, et la vérification complète est faite dans cette lecture.
Deux points de vue sur le même objet. Les pages 114 à 119 cherchent à définir un polyèdre régulier dans un schéma par des axiomes, puis montrent qu'il revient à un morphisme \(\varphi : \mathfrak{G}_2 \to \mathrm{Aut}(X)\) et à un drapeau ; c'est exactement la donnée que les pages 74 à 111 construisent pour l'icosaèdre. Le programme des pages 121 et 122 renverse la perspective : il part du modèle réel et lui cherche des réalisations sur un anneau.
Ce que le dossier annonce sans l'établir
Le calcul de \((\sigma_0\sigma_1)^p\) (page 19) et les deux « \(\overset{?}{=}\) » de la page 20 restent ouverts (on les complète) ; la question d'injectivité de la page 21 n'est pas tranchée en général ; la réalisation induite de l'étoile d'une facette s'arrête à la page 47 ; deux « à vérifier » (pages 53 et 56) ; les suites exactes de la page 58 ; « un calcul commode » (page 85) et « si nous admettons que \(G\) est d'ordre \(120\) » (page 87), tous deux exacts ; la proposition « une représentation régulière est fidèle » (page 109), dont la démonstration s'interrompt ; le programme de classification esquissé en marge de la page 111 ; les questions (25) à (29) des pages 117 et 118.
1–25
I. Les \(n\)-polyèdres réguliers en coordonnées affines universelles (pages 1 à 25)
La chemise de la page 1 porte « \(n\)-polyèdres et \(n\)-hyperpolyèdres » ; celle de la page 2, « \(n\)-polyèdres réguliers en coordonnées affines universelles (vieilles rédactions) » et « (23 p) » : ce sont les pages 3 à 25.
3–5
Le polyèdre régulier universel (pages 3 à 5)
Soit \(R\) une \(n\)-carte régulière : un \(\mathfrak{G}_n\)-ensemble transitif dont le stabilisateur \(N\) d'un repère \(r\) est distingué dans \(\mathfrak{G}_n\) — il est alors le même pour tous les repères — ; le groupe \(\Gamma = \mathfrak{G}_n / N\) opère simplement transitivement sur \(R\)3 . On suppose que pour toute partie \(I \subset \{0, \dots, n\}\) sans deux entiers consécutifs, le produit \(\sigma_I = \prod_{i \in I} \sigma_i\) est \(\neq 1\) dans \(\Gamma\), et l'on pose \(p_i = \) ordre de \(\sigma_{i-1}\sigma_i\), avec \(3 \leq p_i \leq \infty\) (« les \(p_i\) peuvent être infinis ! »). On se place dans le cas où \(\Gamma\) n'a pas d'autres relations que celles qu'impose ce qui précède : \[ \Gamma = \Gamma_{p_*} = \bigl\langle \sigma_0, \dots, \sigma_n \bigm| \sigma_i^2,\ (\sigma_i\sigma_j)^2 \ (|i-j| \geq 2),\ (\sigma_{i-1}\sigma_i)^{p_i} \bigr\rangle . \] C'est le groupe de Coxeter de type \([p_1, \dots, p_n]\), à diagramme linéaire4 . Dans un groupe de Coxeter, un produit de générateurs distincts n'est jamais trivial, de sorte que les conditions \(\sigma_I \neq 1\) sont satisfaites, comme l'affirme la page 4. Toutes les cartes \(R\) de ce type sont isomorphes, et canoniquement isomorphes une fois choisi un repère : \(R \simeq \Gamma_{p_*}\), le repère étant l'élément neutre5 .
Pour \(J \subset \{0, \dots, n\}\), soit \(\mathfrak{G}_J\) le sous-groupe engendré par les \(\sigma_i\), \(i \notin J\), et \(D_J = R / \mathfrak{G}_J\) l'ensemble des drapeaux de type \(J\) ; \(J \subset K\) entraîne \(\mathfrak{G}_K \subset \mathfrak{G}_J\), d'où \(D_K \to D_J\), et \(D_i = D_{\{i\}}\) est l'ensemble des \(i\)-facettes. La page 5 affirme, « sauf erreur », que la carte ainsi définie est une géométrie d'incidence dont \(D_i\) est l'ensemble des facettes de dimension \(i\), c'est-à-dire un polyèdre combinatoire régulier. C'est exact : un groupe de Coxeter linéaire vérifie la « propriété d'intersection » \(\mathfrak{G}_J \cap \mathfrak{G}_K = \mathfrak{G}_{J \cup K}\) (dans \(\Gamma\)), et \(R\) est l'ensemble des drapeaux du polytope régulier universel \(\{p_1, \dots, p_n\}\), dont tout polytope régulier de ce type est un quotient6 .
5–6
Réalisations affines régulières (pages 5 et 6)
Soit \(k\) un anneau. Une réalisation affine régulière de \(\Pi\) (le polyèdre défini par \(R\)) est la donnée
- a)d'un espace affine \(E\) sur \(\operatorname{Spec} k\) : un torseur sous un \(k\)-module localement libre \(V\) de rang \(n+1\) ;
- b)d'applications \(\varphi_i\) de \(D_i\) dans l'ensemble des sous-espaces affines de dimension relative \(i\) de \(E\) (\(0 \leq i \leq n\)), qui respectent l'incidence ;
telle que pour tout \(g \in \operatorname{Aut}(\Pi)\) il existe un unique automorphisme affine \(\bar g\) de \(E\) avec \(\bar g \circ \varphi_i = \varphi_i \circ g\) pour tout \(i\) — « cette unicité reste vraie fibre par fibre »7 .
Il revient au même (page 6, « vérifier ») de se donner une application \(\Gamma\)-équivariante \(\varphi_R : R \to \operatorname{Drap}_n(E)\) dans les drapeaux affines maximaux, et un homomorphisme \(\varphi_\Gamma : \Gamma \to \operatorname{Aff}(E)\) compatible, les sommets des drapeaux images engendrant affinement \(E\) — ce qui rend \(\varphi_\Gamma\) unique. Un repère origine \(r\) étant fixé, il suffit de se donner \(\varphi_\Gamma\) et le drapeau \(\varphi_R(r) = (f_0 \subset f_1 \subset \cdots \subset f_n)\), avec pour seules conditions
- a)\(\sigma_j f_i = f_i\) si \(j \neq i\) ;
- b)les transformés \(g f_0\), \(g \in \Gamma\), engendrent affinement \(E\) fibre par fibre.
En effet, a) dit que le stabilisateur \(\mathfrak{G}_{\{i\}}\) de la facette \(i\)-dimensionnelle de \(r\) fixe \(f_i\), de sorte que \(\varphi_i(g\,\mathfrak{G}_{\{i\}}) = g f_i\) est bien défini, et b) donne l'unicité8 .
7–9
Le repère des sommets (pages 7 à 9)
Proposition (pages 7 et 8). Soit \(s_0 = f_0\) et \(s_{i+1} = \sigma_i s_i\) (\(0 \leq i \leq n\)). Alors \((s_0, \dots, s_{n+1})\) est un repère affine de \(E\) fibre par fibre, \(f_i\) est l'enveloppe affine de \(s_0, \dots, s_i\), et \(\sigma_k s_i = s_i\) pour \(0 \leq i < k \leq n\).
On raisonne par récurrence sur \(i\). Supposons \(s_0, \dots, s_i\) affinement libres, \(f_i = \operatorname{Env}(s_0, \dots, s_i)\) et \(\sigma_k s_j = s_j\) pour \(j \leq i < k\) — c'est vrai pour \(i = 0\), puisque les \(\sigma_k\), \(k \geq 1\), fixent \(f_0\). Comme \(s_i \in f_i \subset f_{i+1}\) et que \(\sigma_i\) fixe \(f_{i+1}\), on a \(s_{i+1} = \sigma_i s_i \in f_{i+1}\) ; il suffit de voir que \(s_{i+1} \notin f_i\). Sinon, \(\sigma_i f_i = \operatorname{Env}(\sigma_i f_{i-1}, \sigma_i s_i) = \operatorname{Env}(f_{i-1}, s_{i+1}) \subset f_i\), donc \(\sigma_i f_i = f_i\) ; comme les autres \(\sigma_j\) fixent \(f_i\) par a), \(f_i\) serait stable par \(\Gamma\) et contiendrait l'orbite de \(s_0\), contre b) (on a \(f_i \neq E\) pour \(i \leq n\)). Enfin, pour \(k > i + 1\), \(\sigma_k\) commute à \(\sigma_i\) et \(\sigma_k s_{i+1} = \sigma_i \sigma_k s_i = \sigma_i s_i = s_{i+1}\).
Il en découle \(\sigma_i s_i = s_{i+1}\), \(\sigma_i s_{i+1} = s_i\) (car \(\sigma_i^2 = 1\)), et, pour \(j \geq i + 2\), \(\sigma_i s_j \in f_j \smallsetminus f_{j-1}\) : \(\sigma_i\) fixe \(f_j\) et \(f_{j-1}\), et \(s_j \notin f_{j-1}\). Les relations \(\sigma_j f_i = f_i\) pour \(j > i\) en résultent formellement ; pour \(j < i\) elles restent une condition, que la page note sans la traiter9 .
9–13
Les paramètres (pages 9 à 13)
Par les relations de commutation, les \(\sigma_i\) sont déterminés par les « valeurs critiques » \[ \sigma_i s_{i+2} = s_0 + \lambda_{i1} e_1 + \cdots + \lambda_{i,i+2}\, e_{i+2} \qquad (0 \leq i \leq n-1) , \] qui forment une matrice à \(n\) lignes et \(n + 1\) colonnes, triangulaire, de \(2 + 3 + \cdots + (n+1) = n(n+3)/2\) coefficients. En effet, pour \(j \geq i + 3\), \(s_j = \sigma_{j-1} \cdots \sigma_{i+2}\, s_{i+2}\), les \(\sigma_k\) avec \(k \geq i + 2\) commutent à \(\sigma_i\) et fixent \(s_0, \dots, s_{i+1}\), d'où \[ \sigma_i s_j = s_0 + \lambda_{i1} e_1 + \cdots + \lambda_{i,i+1} e_{i+1} + \lambda_{i,i+2}\, e_j \qquad (j \geq i + 2) . \] Sur l'espace des translations \(V\), cela donne, pour \(1 \leq i \leq n-1\), \[ \sigma_i e_j = \begin{cases} e_j & j < i \\ e_{i+1} & j = i \\ e_i & j = i + 1 \\ \lambda_{i1} e_1 + \cdots + \lambda_{i,i+1} e_{i+1} + \lambda_{i,i+2}\, e_j & j \geq i + 2 , \end{cases} \] \[ \sigma_0 e_j = \begin{cases} -e_1 & j = 1 \\ (\lambda_{01} - 1) e_1 + \lambda_{02}\, e_j & j \geq 2 , \end{cases} \] et \(\sigma_n\) échange \(s_n\) et \(s_{n+1}\) en fixant les autres sommets. Les déterminants sont \(\det(\sigma_i|_V) = -(\lambda_{i,i+2})^{n-i}\) et \(\det(\sigma_0|_V) = -(\lambda_{02})^n\). Les conditions \(\sigma_i^2 = 1\) s'écrivent \[ \sigma_0^2 = 1 \iff (1 - \lambda_{01})(1 - \lambda_{02}) = 0,\ \lambda_{02}^2 = 1 ; \] \[ \sigma_i^2 = 1 \iff \lambda_{ik}(1 + \lambda_{i,i+2}) = 0\ (k < i),\quad \lambda_{i,i+1} + \lambda_{i,i+2}\lambda_{ii} = \lambda_{ii} + \lambda_{i,i+2} \lambda_{i,i+1} = 0,\quad \lambda_{i,i+2}^2 = 1 , \] et \(\sigma_n^2 = 1\) toujours10 . Ce sont des calculs directs, qu'on a refaits.
13–18
Exiger des réflexions (pages 13 à 18)
Ici intervient une exigence qui n'est pas dans la définition : chaque \(\sigma_i\) doit être une réflexion11 . En coordonnées, \[ \sigma_0(x) = \bigl(1 - x_1 + (\lambda_{01} - 1)\Sigma_0,\ \lambda_{02} x_2,\ \dots,\ \lambda_{02} x_{n+1}\bigr), \] dont les points fixes sont \(2x_1 + (1 - \lambda_{01})\Sigma_0 = 1\), \((\lambda_{02} - 1)x_j = 0\) (\(j \geq 2\)). Si \(\lambda_{02} - 1\) est inversible, c'est un point (ou le vide en caractéristique \(2\)), non un hyperplan ; sur un corps, \(\lambda_{02}^2 = 1\) force donc \(\lambda_{02} = 1\). On pose \[ \lambda_{02} = 1, \qquad \lambda_{01} = 1 + \alpha_0 , \] et \(\alpha_0\) est « l'invariant modulaire du polygone régulier induit par \(\Pi\) dans \(f_2\) ». De même, pour \(1 \leq i \leq n-1\), \[ \sigma_i(x) = \bigl(x_1 + \lambda_{i1}\Sigma_i,\ \dots,\ x_{i-1} + \lambda_{i,i-1}\Sigma_i,\ x_{i+1} + \lambda_{ii}\Sigma_i,\ x_i + \lambda_{i,i+1}\Sigma_i,\ \lambda_{i,i+2} x_{i+2},\ \dots,\ \lambda_{i,i+2} x_{n+1}\bigr) . \] Si \(\lambda_{i,i+2} = -1 \neq 1\), les points fixes vérifient \(x_{i+2} = \cdots = x_{n+1} = 0\) et \(x_i = x_{i+1}\) : codimension \(n - i + 1 \geq 2\). Donc \(\lambda_{i,i+2} = 1\). Si alors l'un des \(\lambda_{ik}\), \(k < i\), n'est pas nul, les points fixes vérifient \(\Sigma_i = 0\) et \(x_i = x_{i+1}\) : codimension \(2\). Donc \(\lambda_{ik} = 0\) pour \(k < i\), et il reste \(\lambda_{ii}\Sigma_i = x_i - x_{i+1} = -\lambda_{i,i+1}\Sigma_i\), qui est un hyperplan si et seulement si \(\lambda_{ii} + \lambda_{i,i+1} = 0\) — c'est aussi ce que demande \(\sigma_i^2 = 1\). On pose \(\lambda_{i,i+1} = 1 + \alpha_i\). Sur un anneau quelconque, la même conclusion vaut dès qu'on demande que le lieu fixe soit un hyperplan relatif, défini par une seule équation de partie linéaire unimodulaire : chaque autre équation doit en être multiple, et la comparaison des coefficients de \(x_1\) (pour \(\sigma_0\)) ou de \(x_i\) (pour \(\sigma_i\)) donne \(\lambda_{02} = 1\), \(\lambda_{ik} = 0\), \(\lambda_{i,i+2} = 1\) et \(\lambda_{ii} = -\lambda_{i,i+1}\) 12 .
Forme normale (pages 15 et 18). Une réalisation affine régulière de \(\Pi\) dont les générateurs sont des réflexions s'écrit, dans le repère des sommets, \[ \begin{aligned} \sigma_0(x) &= \bigl(1 - x_1 + \alpha_0\Sigma_0,\ x_2,\ \dots,\ x_{n+1}\bigr), \\ \sigma_i(x) &= \bigl(x_1, \dots, x_{i-1},\ x_{i+1} - (1 + \alpha_i)\Sigma_i,\ x_i + (1 + \alpha_i)\Sigma_i,\ x_{i+2}, \dots, x_{n+1}\bigr) \quad (1 \leq i \leq n-1), \\ \sigma_n(x) &= \bigl(x_1, \dots, x_{n-1},\ x_{n+1},\ x_n\bigr), \end{aligned} \] de miroirs \[ H_0 : 2x_1 - \alpha_0\Sigma_0 = 1, \qquad H_i : x_i - x_{i+1} + (1 + \alpha_i)\Sigma_i = 0, \qquad H_n : x_n = x_{n+1} . \] Elle dépend de \(n\) paramètres \(\alpha_0, \dots, \alpha_{n-1}\).13
19–22
Les rotations élémentaires, et une question (pages 19 à 22)
Relations. Inversement, les \(\sigma_i\) de la forme normale vérifient les relations de \(\mathfrak{G}_n\) quels que soient les \(\alpha_i\). Ce sont des involutions, et la page 19 observe que \(\sigma_0\) ne change que la première coordonnée et \(\sigma_i\) que la \(i\)-ième et la \((i+1)\)-ième, ce qui « implique » que \(\sigma_i\) et \(\sigma_j\) commutent pour \(j \geq i + 2\). Il faut y ajouter que \(\sigma_j\) conserve la somme \(x_j + x_{j+1}\), donc \(\Sigma_i\) et \(\Sigma_0\), dont dépend \(\sigma_i\)14 .
Les rotations. La page calcule \(\sigma_0\sigma_1(x) = \bigl(1 + \alpha_0 x_1 - x_2 + (1 + \alpha_1 + 2\alpha_0 + \alpha_0\alpha_1)\Sigma_1,\ x_1 + (1 + \alpha_1)\Sigma_1,\ x_3, \dots\bigr)\), écrit \((\sigma_0\sigma_1)^p = (F_p, G_p, x_3, \dots)\) et s'arrête sur « Donc \((\sigma_0\sigma_1)^p = \mathrm{id} \iff\) ». La page 20 reprend la question par les quotients successifs du drapeau : \(\sigma_i\) est l'identité sur \(f_{i-1}\) et sur \(E / f_{i+1}\), et échange deux coordonnées sur \(f_{i+1} / f_{i-1}\) ; pour \(\sigma_i\sigma_{i+1}\) sur \(f_{i+2} / f_{i-1}\) et pour \(\sigma_0\sigma_1\) sur \(f_2\), la page laisse le membre de droite en blanc. La page 22 calcule \(\pi = \sigma_0\sigma_1\), \(\pi^2\), \(\pi^3\) sur \(f_2\) et trouve, pour un triangle, \(\alpha_0 = -1\). Voici la réponse complète, qui est de l'édition.
Proposition. La partie linéaire de \(\sigma_{i-1}\sigma_i\) (\(1 \leq i \leq n\)) a pour polynôme caractéristique \[ (t - 1)^{n-1}\,(t^2 - \alpha_{i-1} t + 1) . \] Sur un corps \(k\), si \(3 \leq p_i < \infty\) et si \(p_i\) est inversible dans \(k\), \(\sigma_{i-1}\sigma_i\) est d'ordre exactement \(p_i\) si et seulement si \(\alpha_{i-1} = \zeta + \zeta^{-1}\) avec \(\zeta\) racine primitive \(p_i\)-ième de l'unité (dans \(k\) ou dans une extension quadratique), c'est-à-dire si \(\alpha_{i-1}\) est racine de \(\Psi_{p_i}\).
Sur \(V(f_{i+1}) / V(f_{i-2})\), de base les images de \(e_{i-1}, e_i, e_{i+1}\), \(\sigma_{i-1}\sigma_i\) envoie \(e_{i-1} \mapsto e_i\), \(e_i \mapsto -(1 + \alpha)e_{i-1} + (1 + \alpha)e_i + e_{i+1}\), \(e_{i+1} \mapsto e_{i-1}\) (\(\alpha = \alpha_{i-1}\)), de polynôme caractéristique \((t - 1)(t^2 - \alpha t + 1)\) ; il est l'identité sur \(V(f_{i-2})\) et sur \(V / V(f_{i+1})\) (pour \(i = 1\) : la matrice \(\bigl(\begin{smallmatrix} \alpha_0 & -1 \\ 1 & 0 \end{smallmatrix}\bigr)\) sur \(\langle e_1, e_2 \rangle\)). Comme \(\sigma_{i-1}\sigma_i - 1\) est de rang \(\leq 2\), la valeur propre \(1\) a un sous-espace propre de dimension \(\geq n - 1\) ; si \(\alpha \neq \pm 2\), les racines \(\zeta^{\pm 1}\) sont distinctes et \(\neq 1\), la partie linéaire est diagonalisable, et son ordre est celui de \(\zeta\). Pour \(i \geq 2\), \(\sigma_{i-1}\sigma_i\) fixe \(s_0\) ; pour \(i = 1\), il a un point fixe dans \(f_2\), parce que \(1\) n'est pas valeur propre sur \(\langle e_1, e_2 \rangle\). Si l'ordre est \(p_i\), premier à la caractéristique, la partie linéaire est semi-simple et ses valeurs propres sont des racines \(p_i\)-ièmes de l'unité ; \(\zeta = \pm 1\) donnerait un ordre \(\leq 2\)15 .
Ainsi, à choix du repère près, les réalisations affines régulières par réflexions du polytope \(\{p_1, \dots, p_n\}\) sur un corps où les \(p_i\) sont inversibles correspondent aux suites \((\alpha_0, \dots, \alpha_{n-1})\) telles que \(\Psi_{p_i}(\alpha_{i-1}) = 0\). Sur les réels, le choix \(\alpha_{i-1} = 2\cos(2\pi/p_i)\) donne le polytope convexe ; les autres racines, \(2\cos(2\pi k/p_i)\), donnent les polytopes étoilés (page 69). Pour \(p_i = \infty\), la page 71 demande \(\alpha_{i-1} = 2\) : la rotation est alors unipotente. La partie linéaire est une représentation du groupe de Coxeter engendrée par des réflexions ; pour un groupe fini, c'est, à un changement de base près, la représentation géométrique de Tits ou l'une de ses conjuguées galoisiennes16 .
Une question (page 21). Supposons \(k\) un corps et soit \(G\) l'image de \(\Gamma\) dans \(\operatorname{Aut}_{\mathrm{aff}}(E)\). La représentation de \(G\) est fidèle, et \(\varphi_R : R \to \operatorname{Drap}(E)\) injective. Les applications \(D_i(\Pi) \to \operatorname{Grass}_i^{\mathrm{aff}}(E)\) le sont-elles aussi ? Autrement dit, si \(g, g' \in G\) vérifient \(g f_i = g' f_i\), \(g^{-1} g'\) est-il dans le sous-groupe engendré par les \(\sigma_j\), \(j \neq i\) ? « Ce n'est pas évident du tout », et la page soupçonne un lien avec des résultats sur les longueurs dans la réalisation riemannienne17 . La question n'est pas tranchée ; pour l'icosaèdre, la réponse est oui en toute caractéristique (pages 93 et 94, et ci-dessous).
23–25
La forme normale, en coordonnées barycentriques (pages 23 à 25)
Les pages 23 à 25 récrivent la forme normale de façon homogène. Soit \(\ell_i\) la forme affine \[ \ell_0 = 1 - 2x_1 + \alpha_0\Sigma_0, \qquad \ell_i = x_i - x_{i+1} + (1 + \alpha_i)\Sigma_i \quad (1 \leq i \leq n-1), \qquad \ell_n = x_n - x_{n+1} , \] c'est-à-dire, en coordonnées barycentriques \((t_0, \dots, t_{n+1})\) relatives à \((s_0, \dots, s_{n+1})\), \(\ell_i = t_i - t_{i+1} + (1 + \alpha_i)(t_{i+2} + \cdots + t_{n+1})\) pour tout \(i\) (la somme est vide pour \(i = n\)). Alors \[ \sigma_i(P) = P + \ell_i(P)\,(s_{i+1} - s_i) \qquad (0 \leq i \leq n) , \] et, comme \(\ell_i(s_{i+1}) - \ell_i(s_i) = -2\), \(\sigma_i\) est une involution de miroir \(H_i = \{\ell_i = 0\}\) et de « centre » \(\delta_i\), le point à l'infini de la direction \(s_{i+1} - s_i\) : une réflexion projective, au sens de la géométrie projective classique. La page écrit \(\sigma_i - \mathrm{id} = \ell_i \otimes (s_{i+1} - s_i)\) en termes de la base duale \((s'_j)\), et, en homogénéisant par une variable \(z\), \(\bar\sigma_0(\bar x) = \bar x + [e'_0 - 2e'_1 + \alpha_0(e'_2 + \cdots + e'_{n+1})] \otimes e_1\)18 . La page 23 commence aussi d'écrire une forme quadratique générale en \(x_1, \dots, x_{n+1}\), sous le titre « Invariants ? », et la biffe : la question est reprise, pour \(n = 2\), à la page 67.
28–36
II. Les \(n\)-quasi-polyèdres (pages 28 à 36)
La chemise de la page 28 porte « \(n\)-quasi-polyèdres (vieilles rédactions) ». On abandonne les relations \(\sigma_i^2 = 1\).
29–29
Le repère, sans involutions (page 29)
Soient \(\sigma_0, \dots, \sigma_n \in \operatorname{Aff}(E)\), \(E\) affine de rang \(n+1\), avec \(\sigma_i\sigma_j = \sigma_j\sigma_i\) pour \(j \geq i + 2\), et un drapeau \(E_0 = \{s_0\} \subset E_1 \subset \cdots \subset E_n\) tel que \(\sigma_i E_j = E_j\) pour \(j \neq i\) et \(\sigma_i E_i \neq E_i\). On pose \(s_{i+1} = \sigma_i s_i\).
Proposition (page 29). \((s_0, \dots, s_{n+1})\) est un repère affine de \(E\), \(E_i = \operatorname{Env}(s_0, \dots, s_i)\) et \(\sigma_k s_i = s_i\) pour \(0 \leq i < k \leq n\).
La démonstration est celle de la page 7, l'hypothèse \(\sigma_{i-1}E_{i-1} \neq E_{i-1}\) remplaçant la génération par l'orbite de \(s_0\) : si \(s_i = \sigma_{i-1}s_{i-1}\) était dans \(E_{i-1}\), on aurait \(\sigma_{i-1}E_{i-1} \subset E_{i-1}\), donc l'égalité19 .
30–33
Les \(2n + 1\) paramètres (pages 30 à 33)
Il suffit de connaître \(u_i = \sigma_i s_{i+1} = \sigma_i^2 s_i \in E_{i+1}\) et \(v_i = \sigma_i s_{i+2} \in E_{i+2}\), puisque \(\sigma_i s_j = \sigma_{j-1}\cdots \sigma_{i+2}(v_i)\) pour \(j > i + 2\). Avec \(u_i = s_0 + \sum_{k \leq i+1} u_{ik}e_k\) et \(v_i = s_0 + \sum_{k \leq i+2} v_{ik}e_k\), \[ \sigma_i s_j = s_0 + \sum_{k \leq i+1} v_{ik}e_k + v_{i,i+2}\,e_j \quad (j \geq i + 2), \] et l'on écrit les matrices. Pour \(\sigma_0\) : \[ \sigma_0(x) = \bigl(1 + (u_{01} - 1)x_1 + (v_{01} - 1)\Sigma_0,\ v_{02}x_2,\ \dots,\ v_{02}x_{n+1}\bigr), \] dont le lieu fixe est un hyperplan (projectif) si et seulement si \(v_{02} = 1\)20 ; on pose \(u_{01} = \lambda_0\), \(v_{01} = \mu_0\). Pour \(1 \leq i \leq n - 1\), \[ \sigma_i(x) = \bigl(x_1 + u_{i1}x_{i+1} + v_{i1}\Sigma_i,\ \dots,\ u_{ii}x_{i+1} + v_{ii}\Sigma_i,\ x_i + u_{i,i+1}x_{i+1} + v_{i,i+1}\Sigma_i,\ v_{i,i+2}x_{i+2},\ \dots\bigr), \] et le lieu fixe est un hyperplan si et seulement si les autres équations sont conséquences de la \(i\)-ième, soit \[ u_{ii} + u_{i,i+1} = 1,\quad v_{ii} + v_{i,i+1} = 0,\quad v_{i,i+2} = 1,\quad u_{ik} = v_{ik} = 0\ (k < i) . \] Avec \(\lambda_i = u_{ii}\), \(\mu_i = v_{ii}\) : \[ \sigma_i(x) = \bigl(x_1, \dots, x_{i-1},\ \lambda_i x_{i+1} + \mu_i\Sigma_i,\ x_i + (1 - \lambda_i)x_{i+1} - \mu_i\Sigma_i,\ x_{i+2}, \dots, x_{n+1}\bigr) ; \] \(\sigma_n\) n'a que \(\lambda_n\) (\(\Sigma_n = 0\)). Le cas général a donc \(2n + 1\) paramètres, \(\lambda_0, \dots, \lambda_n\) et \(\mu_0, \dots, \mu_{n-1}\). Enfin \[ \sigma_i^2 = \mathrm{id} \iff \lambda_i = 1 \ (i \geq 1), \qquad \sigma_0^2 = \mathrm{id} \iff \lambda_0 = 0 , \] et l'on retrouve le cas polyédral, à \(n\) paramètres \(\mu_i\)21 .
34–36
Les ordres (pages 34 à 36)
Pour \(n = 1\) (un « quasi-polygone » du plan), avec \(\eta_0 = \lambda_0 - 1\), \(\alpha_0 = \mu_0 - 1\) : \[ \sigma_0(x, y) = (1 + \eta_0 x + \alpha_0 y,\ y), \qquad \sigma_1(x, y) = \bigl(\lambda_1 y,\ x + (1 - \lambda_1)y\bigr), \] sur un corps \(k\) de caractéristique \(p \geq 0\). La partie linéaire de \(\sigma_0\) a pour valeurs propres \(1\) et \(\eta_0\) ; ses puissances sont \(\bigl(\begin{smallmatrix} \eta_0^m & \alpha_0 S_m \\ 0 & 1 \end{smallmatrix}\bigr)\) avec \(S_m = 1 + \eta_0 + \cdots + \eta_0^{m-1}\), et \(\sigma_0^m(x, 0) = (S_m + \eta_0^m x, 0)\). Donc \[ \sigma_0^m = \mathrm{id} \iff S_m(\eta_0) = 0 , \] et l'ordre de \(\sigma_0\) est celui de \(\eta_0\) dans \(k^*\) si \(\eta_0 \neq 1\). Si \(\eta_0 = 1\), \(\sigma_0(x, y) = (x + 1 + \alpha_0 y, y)\), de partie linéaire la transvection \(\bigl(\begin{smallmatrix} 1 & \alpha_0 \\ 0 & 1 \end{smallmatrix}\bigr)\) : \(\sigma_0\) est d'ordre \(p\) si \(p > 0\), infini si \(p = 0\), quel que soit \(\alpha_0\)22 . De même \(\sigma_1\) a pour valeurs propres \(1\) et \(\delta_1 = -\lambda_1\) ; son ordre est celui de \(\delta_1\) sauf si \(\delta_1 = 1\), où \(\sigma_1(x, y) = (-y, x + 2y)\) est unipotent non trivial, d'ordre infini si \(p = 0\), \(p\) sinon.
En dimension \(n\) (page 36), avec \(\eta_i = -\lambda_i\) (\(i \geq 1\)), la partie linéaire de chaque \(\sigma_i\) a la valeur propre \(1\) avec multiplicité \(n\) et la valeur propre \(\eta_i\) ; \(\sigma_i - \mathrm{id}\) étant de rang \(1\), elle est diagonalisable si \(\eta_i \neq 1\), et l'ordre de \(\sigma_i\) est alors celui de \(\eta_i\), comme la page le demande avec un point d'interrogation23 .
38–47
III. « Étude locale » des \(n\)-polyèdres et des \(n\)-cartes (pages 38 à 47)
La chemise de la page 38 porte « “étude locale” des \(n\)-polyèdres et des \(n\)-cartes (vieilles rédactions) ».
39–42
Bord, étoile, sections (pages 39 à 42)
Soit \(C\) une \(n\)-carte. Pour \(0 \leq i \leq n\), notons \(\mathfrak{G}^{<i} = \langle \sigma_0, \dots, \sigma_{i-1} \rangle\) et \(\mathfrak{G}^{>i} = \langle \sigma_{i+1}, \dots, \sigma_n \rangle\) ; ils commutent, et \(D_i = C / (\mathfrak{G}^{<i} \times \mathfrak{G}^{>i})\).
- Sur \(C / \mathfrak{G}^{>i} \to D_i\) opère \(\mathfrak{G}^{<i} \simeq \mathfrak{G}_{i-1}\), dans les fibres : c'est une \((i-1)\)-carte dont les composantes connexes correspondent aux \(i\)-facettes. La composante de \(f_i\) est le bord \(\partial f_i\) ; ses \(j\)-facettes sont les drapeaux de type \((j, i)\) de composante \(f_i\), et plus généralement ses drapeaux de type \((j_1 < \cdots < j_p)\) sont les drapeaux de type \((j_1, \dots, j_p, i)\) de \(C\) au-dessus de \(f_i\).
- Dualement, sur \(C / \mathfrak{G}^{<i} \to D_i\) opère \(\mathfrak{G}^{>i} \simeq \mathfrak{G}_{n-i-1}\) : une \((n-i-1)\)-carte, l'étoile \(\delta f_i\), dont les facettes de dimension \(j\) sont les drapeaux de type \((i, i + j + 1)\) au-dessus de \(f_i\)24 .
- Plus généralement (pages 40 et 41), pour \(0 \leq i\), \(i + 2 \leq j \leq n + 1\) (avec les conventions \(f_{-1}\), \(f_{n+1}\)), \(C / (\mathfrak{G}^{<i} \times \mathfrak{G}^{>j}) = D_{\{i, i+1, \dots, j\}} \to D_{\{i, j\}}\), sur lequel opère \(\langle \sigma_{i+1}, \dots, \sigma_{j-1} \rangle \simeq \mathfrak{G}_{j-i-2}\) : la section \(\Pi(d_{ij})\) au-dessus d'un drapeau \(d_{ij} = (f_i < f_j)\), une \((j - i - 2)\)-carte dont les facettes de dimension \(h\) sont les drapeaux de type \((i, i + h + 1, j)\). Pour \(j = i + 2\), c'est un ensemble à deux éléments sous \(\sigma_{i+1}\) quand la carte est un polyèdre ; pour \(j = i + 3\), un polygone, de nombre de côtés \(\nu(d_{ij}) \in [1, +\infty]\)25 .
Aujourd'hui, ce sont les sections \(F/G\) d'un polytope abstrait ; le bord est la section \(f_i/f_{-1}\), l'étoile la « figure de facette » \(f_{n+1}/f_i\).
Les invariants (page 42). Ce sont le nombre de côtés des \(2\)-faces, \(\nu(\partial f_2)\), ceux des sections \(\Pi(d_{k-1,k+2})\) (\(1 \leq k \leq n-2\)), et celui de l'étoile des \((n-2)\)-facettes. Pour \(\Pi\) régulier, ce sont des constantes, et la page affirme qu'elles valent les ordres des \(\sigma_k\sigma_{k+1}\) — « vrai tout au moins dans le cas des géométries d'incidence »26 . La réserve est juste : pour une carte régulière \(C = \Gamma\), le nombre de côtés de la section est l'ordre de \(\sigma_k\sigma_{k+1}\) agissant sur l'orbite correspondante, qui est l'ordre dans \(\Gamma\) dès que \(\langle \sigma_k, \sigma_{k+1}\rangle\) rencontre trivialement le stabilisateur ; c'est une conséquence de la propriété d'intersection, qui vaut pour les polytopes et peut manquer pour une carte quelconque.
43–45
Représentation géométrique (pages 43 à 45)
Soit \(\Pi\) une \(n\)-carte, \(R = \operatorname{Rep}(\Pi)\) son \(\mathfrak{G}_n\)-ensemble de repères. Une représentation géométrique de \(\Pi\) dans un espace affine \(E\) sur un corps est une application \[ \varphi_R : R \to \mathrm{Drap\,max}(E) \] dans l'ensemble des drapeaux \((E_0 \subset E_1 \subset \cdots \subset E_n \subset E)\), \(E_i\) de rang \(i\), telle que \(\pi_j \varphi_R(\sigma_i r) = \pi_j \varphi_R(r)\) pour \(i \neq j\), où \(\pi_j\) prend la composante de dimension \(j\). Par passage au quotient, \(\pi_j\varphi_R\) se factorise en \(\varphi_j : D_j(\Pi) \to \operatorname{Grass}^{\mathrm{aff}}_j(E)\)27 .
Lorsque \(\Pi\) est un polyèdre (une géométrie d'incidence), se donner \(\varphi_R\) revient à se donner les \(\varphi_j\), compatibles à l'incidence. En général, il faut tous les \[ \varphi_J : D_J(\Pi) \to \mathrm{Drap\,aff}_J(E), \qquad J \subset \Delta_n = \{0, \dots, n\}, \] compatibles aux restrictions pour \(J' \subset J\) : un morphisme de « géométries de drapeaux » de base \(\Delta_n\), de \(D(\Pi)\) dans \(\mathrm{Drap\,aff}(E)\) — et c'est la donnée de \(\varphi_R\)28 . En effet, \(R = D_{\Delta_n}\), et \(D_J\) est le quotient de \(R\) par \(\mathfrak{G}_J\).
46–47
Réalisations induites (pages 46 et 47)
Soit \(f_i \in D_i(\Pi)\), \(1 \leq i \leq n\), et \(E_i = \varphi_i(f_i)\). Le bord \(\partial f_i\) a pour ensemble de repères l'image réciproque de \(\{f_i\}\) par \(D_{\{0, \dots, i\}}(\Pi) \to D_i(\Pi)\), et les données de \(\varphi\) en définissent une réalisation canonique, dite induite, dans \(E_i\). « Légèrement moins évident » est le cas de l'étoile \(\delta f_i\) : ses sommets sont les drapeaux \((f_i < f_{i+1})\), qui s'envoient sur des couples \(E_i \subset E_{i+1}\), et si \(V_i\) est l'espace des translations de \(E_i\), ces \(E_{i+1}\) correspondent aux droites de \(E / V_i\) passant par le point image de \(E_i\) — c'est-à-dire aux points de l'espace projectif \(\mathbb{P}(V / V_i)\). La page s'arrête là29 : l'étoile se réalise naturellement non dans un espace affine, mais dans un espace projectif — comme la figure de sommet d'un polyèdre convexe, vue depuis le sommet.
49–59
IV. Les \(2\)-polyèdres repérés (pages 49 à 59)
Deux chemises : « 2 – Polyèdres réguliers. (Vieille rédaction) » (page 49), et « (18) 2-Polyèdres repérés en coordonnées universelles (vieille rédaction) » (page 50).
51–53
Réalisation géométrique d'un polyèdre combinatoire (pages 51 à 53)
Soit \(X = (\mathrm{S}, \mathrm{A}, \mathrm{F}, \mathrm{R}, \mathrm{R}', \mathrm{R}'')\) un polyèdre combinatoire, \(\mathrm{R}\) l'ensemble de ses repères, et \(E\) un espace affine (ou projectif) sur un corps \(k\). Une réalisation géométrique de \(X\) est la donnée de \(\varphi_S : \mathrm{S} \to E\), \(\varphi_A : \mathrm{A} \to \operatorname{Dr}(E)\) (droites), \(\varphi_F : \mathrm{F} \to \operatorname{Pl}(E)\) (plans), compatibles aux incidences, telles que
- a)les deux sommets d'une arête ont des images distinctes, et de même les deux faces qui la bordent ;
- b)si \(s < f\), les deux arêtes entre \(s\) et \(f\) ont des images distinctes.
Alors l'une quelconque des trois applications détermine les deux autres.
Proposition (pages 51 et 52). Soit \(r_0 = (s_0, a_0, f_0)\) un repère, \(s_1\) le second sommet de \(a_0\), \(a_1\) la seconde arête entre \(s_0\) et \(f_0\), \(s_2\) son second sommet, \(f_1\) la seconde face qui borde \(a_0\), \(a_2\) la seconde arête entre \(s_0\) et \(f_1\), et \(s_3\) son second sommet. Les images de \(s_0, s_1, s_2, s_3\) sont affinement indépendantes.
\(s_1 \neq s_0\) et \(s_2 \neq s_0\) par a) ; \(a_1 \neq a_0\) par b), donc \(s_2\) n'est pas sur la droite \(a_0\), et \(f_0\) est le plan \((s_0, s_1, s_2)\). De même \(f_1\) est le plan \((s_0, s_1, s_3)\) ; comme \(f_1 \neq f_0\) par a), \(s_3 \notin f_0\). D'où (corollaire) : \(a_0 = \operatorname{dr}(s_0, s_1)\), \(f_0 = \operatorname{pl}(s_0, s_1, s_2)\), et \(\varphi_S\) détermine \(\varphi_A\), \(\varphi_F\) ; dualement \(a_0 = f_0 \cap f_1\), \(s_0 = f_0 \cap f_1 \cap f_2\) (\(f_2\) la seconde face qui borde \(a_1\)), et \(\varphi_F\) détermine les autres ; enfin \(s_0 = a_0 \cap a_1\), \(f_0 = \operatorname{pl}(a_0, a_1)\). Si \(E\) est de dimension \(3\), \(\varphi_S(\mathrm{S})\) engendre \(E\)30 .
Réalisation régulière. \(X\) étant régulier, de groupe \(\mathrm{G} = \operatorname{Aut}(X)\), la réalisation est régulière si pour tout \(\mathrm{g} \in \mathrm{G}\) il existe \(g \in \operatorname{Aut}(E)\) (affine ou projectif) avec \(g \circ \varphi_S = \varphi_S \circ \mathrm{g}\), et de même pour \(\varphi_A\), \(\varphi_F\) — l'une de ces relations entraînant les autres. Dans le cas affine, \(g\) est unique et \(\mathrm{g} \mapsto g\) est un homomorphisme31 . Dans le cas projectif, c'est encore vrai pourvu qu'il existe un sommet dont l'image n'est dans aucun des quatre plans engendrés par trois des points \(s_0, s_1, s_2, s_3\), car alors les images contiennent un repère projectif ; l'exception est celle où \(\mathrm{S} = \{s_0, s_1, s_2, s_3\}\), le tétraèdre, dont les automorphismes projectifs fixant les quatre sommets forment un tore (« à vérifier »)32 .
53–55
Les données d'une réalisation régulière (pages 53 à 55)
Un repère \(r_0 = (s_0, a_0, f_0)\) étant choisi, \(\mathrm{G}\) est engendré par \(\sigma_0, \sigma_1, \sigma_2\), où \(\sigma_0\) change le sommet, \(\sigma_1\) l'arête, \(\sigma_2\) la face. Une réalisation régulière équivaut à la donnée de \(\varphi_G : \mathrm{G} \to \operatorname{Aut}(E)\) — c'est-à-dire de \(\sigma_0, \sigma_1, \sigma_2 \in \operatorname{Aut}(E)\) satisfaisant certaines conditions, « qu'on explicitera » — et du drapeau \(\varphi_R(r_0) = (s_0, a_0, f_0) \in \operatorname{Drap}_{012}(E)\) : comme \(\mathrm{R}\) est un \(\mathrm{G}\)-torseur, une application \(\mathrm{G}\)-équivariante \(\varphi_R\) est déterminée par \(\varphi_R(r_0)\)33 . La condition pour que \(\pi^{(i)}_E \circ \varphi_R\) passe au quotient en \(\operatorname{Fac}_i(X) \to \operatorname{Fac}_i(E)\) (\(i = 0, 1, 2\)) est que le stabilisateur de la \(i\)-facette de \(r_0\) fixe son image : \[ \sigma_0 a_0 = a_0,\ \sigma_0 f_0 = f_0 ; \qquad \sigma_1 s_0 = s_0,\ \sigma_1 f_0 = f_0 ; \qquad \sigma_2 s_0 = s_0,\ \sigma_2 a_0 = a_0 . \] C'est la condition a) de la page 6, pour \(n = 2\).
56–56
Cartes homogènes (page 56)
Sous « à vérifier », la page énonce, pour les « cartes homogènes de type \((p, q)\) » — les cartes standards \(C_{p,q}\) du dossier 88, \(p\) l'ordre des sommets, \(q\) celui des faces : \(C_{p,q}\) est une géométrie d'incidence si et seulement si \(p, q \geq 2\), et un polyèdre combinatoire si et seulement si \(p, q \geq 3\). Pour \(p = 1\), une arête a ses deux extrémités confondues en un sommet ; pour \(p = 2\), deux arêtes ont les mêmes extrémités, et deux faces se touchent le long de deux arêtes, ce que l'axiome de treillis du dossier 86 (page 2) interdit34 .
58–58
Un feuillet isolé : groupes opérant sur un groupoïde (page 58)
D'une autre encre, sans lien visible avec ce qui l'entoure : \(\mathcal{C}\) un groupoïde, \(G \subset \operatorname{Aut}(\mathcal{C})\) transitif sur les objets, \(H = G_e\) le stabilisateur d'un objet \(e\), \(\operatorname{Ob}\mathcal{C} \simeq G / H\) ; \(\Gamma\) le normalisateur de \(G\), \(\Gamma^0\) son centralisateur35 , avec \(1 \to \Gamma^0 \to \Gamma \to \operatorname{Aut}(G)\) ; un élément \(\gamma\) de \(\Gamma^0\) est connu sur les objets par \(\gamma(e)\), d'où une flèche \(\Gamma^0 \to N(H)/H\), de noyau \(\Gamma^1\), qui s'envoie dans \(\operatorname{Aut}_H(\pi_e)\), \(\pi_e\) le groupe des automorphismes de \(e\). La même chose est esquissée pour un graphe \(K\) sur lequel \(G\) opère transitivement sur les arêtes, \(K_1 \simeq G / H_1 \to K_0 = G / H_0\). Le fait sous-jacent est classique : les automorphismes d'un \(G\)-ensemble homogène \(G/H\) forment le groupe \(N_G(H)/H\). Les suites exactes du bas de la page, superposées et en partie barrées, ne s'interprètent pas avec sûreté.
61–62
V. Le groupe modulaire et les solides de Platon (pages 61 et 62)
La page 61 s'ouvre au milieu d'un calcul. Pour \(n = 2\), soit \(\Gamma^+_{p,q}\) le sous-groupe d'indice \(2\) des rotations, engendré par \(\rho_s\) et \(\rho_f\), du groupe \(\Gamma_{p,q} = \mathfrak{G}_2 / \langle\langle \rho_s^p, \rho_f^q \rangle\rangle\) ; avec \(\sigma = \sigma_0\sigma_2\) (d'ordre \(2\)), on a \(\rho_f\rho_s = \sigma\) (convention ci-dessus). Quand l'un des ordres vaut \(3\) et l'autre est infini, ce groupe est le produit libre \(\mathbf{Z}/2 * \mathbf{Z}/3\), et \[ \Gamma^+_{3,\infty} \simeq \mathrm{SL}(2, \mathbf{Z}) / \{\pm 1\} = \mathrm{PSL}(2, \mathbf{Z}), \] le groupe modulaire36 . Pour le voir, la page cherche les stabilisateurs des points fixes des homographies \(z \mapsto (az + b)/(cz + d)\) : un point fixe \(z = x + iy\), \(y \neq 0\), impose \(d = a - c\operatorname{Tr}(z)\), \(b = -cN(z)\), et \(\det = N(a - cz) = 1\). Pour \(z = i\), le stabilisateur est \(\{\bigl(\begin{smallmatrix} a & -c \\ c & a \end{smallmatrix}\bigr)\}\), et \(\sigma = \bigl(\begin{smallmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{smallmatrix}\bigr)\), avec \(\sigma^2 = -1\) ; pour \(z = \zeta = e^{i\pi/3}\), c'est \(\{\bigl(\begin{smallmatrix} a & -c \\ c & a - c \end{smallmatrix}\bigr)\}\), et l'élément d'ordre \(3\) (modulo \(\pm 1\)) est \(\bigl(\begin{smallmatrix} 0 & 1 \\ -1 & 1 \end{smallmatrix}\bigr)\), de cube \(-1\). Leur produit est la translation \(\bigl(\begin{smallmatrix} 1 & -1 \\ 0 & 1 \end{smallmatrix}\bigr)\), dont la puissance \(n\)-ième est \(\bigl(\begin{smallmatrix} 1 & -n \\ 0 & 1 \end{smallmatrix}\bigr)\)37 .
Réduisant modulo \(n\), on obtient un épimorphisme \[ \Gamma^+_{3,n} \longrightarrow \mathrm{SL}(2, \mathbf{Z}/n) / \{\pm 1\} \qquad (n \geq 2), \] puisque l'élément parabolique devient d'ordre \(n\) ; c'est un isomorphisme si et seulement si \(n \leq 5\), c'est-à-dire si et seulement si \(\Gamma^+_{3,n}\) est fini. La page dresse le tableau : \[ \begin{array}{c|c|c|l} n & \Gamma^+_{3,n} & \mathrm{SL}(2, \mathbf{Z}/n)/\pm 1 & \\ \hline 2 & \mathfrak{S}_3,\ 6 & 6 & \text{diédral d'ordre } 6 \\ 3 & \mathfrak{A}_4,\ 12 & 12 & \text{tétraèdre} \\ 4 & \mathfrak{S}_4,\ 24 & 24 & \text{cube (ou octaèdre)} \\ 5 & \mathfrak{A}_5,\ 60 & 60 & \text{icosaèdre (ou dodécaèdre)} \\ 6 & \mathbf{Z}^2 \rtimes \mathbf{Z}/6,\ \infty & 72 & \text{pavage du plan par des triangles} \end{array} \] avec \(\operatorname{card}\mathrm{SL}(2, \mathbf{F}_q) = q(q^2 - 1)\) et \(\operatorname{card}\mathrm{SL}(2, \mathbf{Z}/p^\nu) = \operatorname{card} \mathrm{SL}(2, \mathbf{F}_p)\cdot p^{3(\nu - 1)}\). Tout cela est exact. C'est le fait classique que le sous-groupe de congruence principal \(\Gamma(n)\) est engendré, comme sous-groupe distingué de \(\mathrm{PSL}(2, \mathbf{Z})\), par la puissance \(n\)-ième de la translation si et seulement si \(n \leq 5\) ; pour \(n \geq 6\), le quotient \(\Gamma^+_{3,n}\) est infini et la carte correspondante n'est plus une carte de congruence38 .
64–71
VI. Les trois réflexions en coordonnées, et la quadrique invariante (pages 64 à 71)
64–66
Les trois réflexions (pages 64 à 66)
Pour \(n = 2\), on refait le calcul des pages 9 à 18 directement. Le repère \(r = (s_0, a_0, f_0)\) donne \(s_1 = \sigma_0 s_0\), \(s_2 = \sigma_1 s_1\), \(s_3 = \sigma_2 s_2\), \(e_i = s_i - s_0\). Les points \(t_2 = \sigma_0 s_2\) et \(t_3 = \sigma_0 s_3\) sont dans les plans \((s_0, s_1, s_2)\) et \((s_0, s_1, s_3)\), \(\sigma_2\) les échange (puisque \(\sigma_0\sigma_2 = \sigma_2\sigma_0\)), et l'on écrit \(t_2 = (\lambda, \mu, 0)\), \(t_3 = (\lambda, 0, \mu)\), d'où \[ \sigma_0(x, y, z) = \bigl(1 - x + (\lambda - 1)(y + z),\ \mu y,\ \mu z\bigr), \qquad \sigma_0^2 = 1 \iff \mu^2 = 1,\ (\lambda - 1)(\mu - 1) = 0 . \] De même \(s'_3 = \sigma_1 s_3 = s_0 + \xi e_1 + \eta e_2 + (1 + \zeta)e_3\) donne \(\sigma_1(x, y, z) = (y + \xi z,\ x + \eta z,\ (1 + \zeta)z)\), et \(\sigma_1^2 = 1\) équivaut à \((1 + \zeta)^2 = 1\) et \(\xi + \eta + \xi\zeta = \xi + \eta + \eta\zeta = 0\). Comme \(\det\sigma_{1V} = -(1 + \zeta)\), et que le lieu fixe de \(\sigma_1\) est un plan si et seulement si \(\zeta = 0\) et \(\xi = -\eta\), on prend \(\zeta = 0\), \(\xi = -\eta\)39 . Quant à \(\sigma_0\), c'est une réflexion si et seulement si \(\mu = 1\) ; pour \(\mu = -1\) (et alors \(\lambda = 1\)), c'est la symétrie par rapport au milieu de \(s_0 s_1\)40 . Avec \(\zeta = 0\), \(\mu = 1\), \(\lambda = 1 + \beta\), \(\eta = 1 + \alpha\) : \[ \begin{aligned} \sigma_0(x, y, z) &= \bigl(1 - x + \beta(y + z),\ y,\ z\bigr), \\ \sigma_1(x, y, z) &= \bigl(y - (1 + \alpha)z,\ x + (1 + \alpha)z,\ z\bigr), \\ \sigma_2(x, y, z) &= (x, z, y), \end{aligned} \] qui est la forme normale de la page 18 pour \(n = 2\), avec \(\beta = \alpha_0\), \(\alpha = \alpha_1\).
67–69
La fonction quadratique invariante (pages 67 à 69)
\(\rho_s = \sigma_1\sigma_2\) est d'ordre \(p\) si et seulement si \(\Psi_p(\alpha) = 0\), et \(\rho_f = \sigma_0\sigma_1\) d'ordre \(q\) si et seulement si \(\Psi_q(\beta) = 0\) (page 67 ; c'est la proposition de la section I). On cherche les fonctions quadratiques \(f = ax^2 + by^2 + cz^2 + uyz + vzx + wxy + px + qy + rz + d\) invariantes par \(\sigma_0, \sigma_1, \sigma_2\) ; on peut supposer \(d = 0\). La page trouve, à un facteur près, \[ f(x, y, z) = x^2 + y^2 + z^2 - \gamma\, yz - \beta\, zx - \beta\, xy - (x + y + z), \qquad \gamma = 2 + 2(\alpha + \beta) + \alpha\beta = (\alpha + 2)(\beta + 2) - 2 . \] Les fonctions quadratiques invariantes sont les combinaisons de \(f\) et de \(1\) ; celles qui s'annulent en \(s_0\) — donc sur tous les sommets — sont les multiples de \(f\)41 . Sa partie quadratique \(f_0\) a pour matrice \[ \begin{pmatrix} 2 & -\beta & -\beta \\ -\beta & 2 & -\gamma \\ -\beta & -\gamma & 2 \end{pmatrix}, \qquad \delta' = \tfrac12 \det = -(\alpha + 2)(\alpha + \beta)(\beta + 2)^2 , \] et \(f\), homogénéisée, a pour discriminant \(\delta(f) = (\alpha - 2)(\alpha + 2)(\beta + 2)^2\)42 . Si \(\alpha + \beta\) est inversible, le groupe a un unique point fixe, le centre \[ c = \Bigl(\frac{\alpha}{2(\alpha + \beta)},\ \frac{-1}{2(\alpha + \beta)},\ \frac{-1}{2(\alpha + \beta)}\Bigr), \qquad f(c) = \frac{2 - \alpha}{4(\alpha + \beta)} , \] et l'antipodisme est la symétrie \(x \mapsto 2c - x\), qui conserve \(f\). \(f(c)\) s'annule si et seulement si \(\alpha = 2\) : la quadrique circonscrite est alors un cône43 . Puis vient le tableau (page 69), dont toutes les valeurs ont été vérifiées : \[ \begin{array}{l|c|c|c|c} & \alpha\ (\text{sommet}) & \beta\ (\text{face}) & \delta' & \delta \\ \hline \text{tétraèdre} & -1 & -1 & 2 & -3 \\ \text{cube} & -1 & 0 & 4 & -12 \\ \text{octaèdre} & 0 & -1 & 2 & -4 \\ \text{icosaèdre} & \alpha^2 + \alpha = 1 & -1 & 1 & -\alpha - 3,\ N = 5 \\ \text{dodécaèdre} & -1 & \beta^2 + \beta = 1 & \beta + 2,\ N = 1 & -9\beta - 15,\ N = 9 \\ \text{« pentagrammes »} & \alpha^2 + \alpha = 1 & \beta = \alpha' & \beta + 2,\ N = 1 & 4\alpha - 3,\ N = 5 \end{array} \] (\(N\) la norme de \(\mathbf{Q}(\sqrt 5)\) à \(\mathbf{Q}\)). On en lit les caractéristiques exceptionnelles : le centre est à l'infini si et seulement si la caractéristique est \(2\) (dans les six cas, \(2(\alpha + \beta)\) est, au signe près, une puissance de \(2\) multipliée par une unité) ; \(f_0\) est dégénérée en caractéristique \(2\) pour les trois premiers, jamais pour les trois derniers ; \(f\) est dégénérée en caractéristique \(3\) (tétraèdre), \(2\) et \(3\) (cube), \(2\) (octaèdre), \(5\) (icosaèdre et pentagrammes), \(3\) (dodécaèdre). Les « pentagrammes » — \(\alpha\) et \(\beta\) les deux racines distinctes de \(x^2 + x - 1\) — sont les polyèdres réguliers étoilés de type \(\{5, 5/2\}\) et \(\{5/2, 5\}\), le grand dodécaèdre et le petit dodécaèdre étoilé de Kepler–Poinsot44 .
70–71
Un cas hyperbolique (pages 70 et 71)
La page 71, barrée en haut, dit ce qu'il faut pour une réalisation réelle qui soit un vrai dessin : pour \(p\), \(q\) finis \(\geq 3\), \(\alpha\) et \(\beta\) de la forme \(\zeta + \zeta^{-1}\), \(\zeta = e^{2i\pi/m}\) ; \(\alpha = -2\) ou \(\beta = -2\) « donne des croisements » ; et pour \(p = \infty\) (resp. \(q = \infty\)) il faut \(\alpha = 2\) (resp. \(\beta = 2\)). Elle traite \(\beta = 2\), \(\alpha \neq -2\) : \(\gamma = 2(2\alpha + 3)\), \(\delta' = -16(\alpha + 2)^2\), et \[ f_0(x, y, z) = (-x + y + z)^2 - 4(\alpha + 2)\,yz, \qquad f(c) = \frac{2 - \alpha}{4(\alpha + 2)} . \] Pour \(-2 < \alpha < 2\), \(f(c) = \lambda > 0\), et, en coordonnées centrées \(X = x - c\), les sommets vérifient \(f_0(X) = -\lambda\). Avec \(4YZ = (Y + Z)^2 - (Y - Z)^2\) et \(U = (-X + Y + Z)/\sqrt\lambda\), \(V = \sqrt{\alpha + 2}\,(Y - Z)/\sqrt\lambda\), \(W = \sqrt{\alpha + 2}\,(Y + Z)/\sqrt\lambda\), cela devient \[ W^2 = U^2 + V^2 + 1 , \] la dernière ligne de la page 70 : un hyperboloïde à deux nappes45 . C'est le modèle de l'hyperboloïde du plan hyperbolique, et le groupe, qui conserve la forme de signature \((2, 1)\), y agit par isométries : les faces y sont des « apeirogones » et l'on obtient le pavage régulier \(\{\infty, p\}\) du plan hyperbolique, avec \(\alpha = 2\cos(2\pi/p)\) — l'une des réalisations « géodésiques » que le dossier 88 attribue aux cartes standards46 .
73–111
VII. L'icosaèdre en coordonnées universelles (pages 73 à 111)
La chemise de la page 73 porte « (32) Calculs en coordonnées universelles (icosaèdre) — vieilles rédactions ». Dans toute la section, \(\beta = -1\) (faces triangulaires) et \(\alpha^2 + \alpha - 1 = 0\) (cinq faces en chaque sommet), \(\alpha' = -1 - \alpha\), de sorte que \(\alpha\alpha' = -1\). Les calculs ont lieu sur l'anneau \(\mathbf{Z}[\alpha] = \mathbf{Z}[x]/(x^2 + x - 1)\), ou sur toute base où \(\alpha\) est défini. La page 89 note les identités utiles : \[ (1 + \alpha)\alpha = 1, \quad (1 - \alpha)(1 - \alpha') = 1, \quad (1 + \alpha)(1 + \alpha') = -1, \] \[ (\alpha + 2)(\alpha' + 2) = 1, \quad (2\alpha - 1)(2\alpha' - 1) = -1 ; \] en particulier \(\alpha\), \(1 \pm \alpha\), \(\alpha + 2\), \(2\alpha - 1\) sont des unités, et \(\alpha - 2\) en est une si et seulement si \(5\) est inversible, car \((\alpha - 2)(\alpha + 3) = -5\) (page 90 ; l'identité est de l'édition).
74–75
Première passe : les réflexions et les douze sommets (pages 74 et 75)
Les trois générateurs sont \[ \sigma_0(x, y, z) = \bigl(1 - (x + y + z),\ y,\ z\bigr), \quad \sigma_1(x, y, z) = (y + \alpha' z,\ x - \alpha' z,\ z), \quad \sigma_2(x, y, z) = (x, z, y), \] de miroirs \(H_0 : 2x + y + z = 1\), \(H_1 : x - y - \alpha' z = 0\), \(H_2 : y = z\), et de centres les directions \(\Delta_0 = \langle e_1 \rangle\), \(\Delta_1 = \langle e_1 - e_2 \rangle\), \(\Delta_2 = \langle e_2 - e_3 \rangle\). En caractéristique \(2\), \(H_0\) devient \(y + z = 1\) et \(H_2\) s'écrit \(y + z = 0\) : ils sont parallèles47 . Les intersections deux à deux des miroirs sont les axes : \(D_0 = H_1 \cap H_2\), la droite \(y = z = \alpha' x\), de direction \((1, \alpha', \alpha') = \alpha'(-\alpha, 1, 1)\), qui passe par \(s_0\) ; \(D_1 = H_2 \cap H_0\), \(y = z = \tfrac12 - x\) si \(2\) est inversible ; \(D_2 = H_0 \cap H_1\), \(y = \alpha + (1 - 3\alpha)x\), \(z = (1 - \alpha)(1 - 3x)\) (page 111, vérifié). Le centre et l'antipodisme sont \[ o = \tfrac12(\alpha',\ 1 - \alpha',\ 1 - \alpha'), \qquad \iota(x, y, z) = \bigl(\alpha' - x,\ 1 - \alpha' - y,\ 1 - \alpha' - z\bigr) , \] et les douze sommets \[ \begin{array}{ll} s_0 = (0, 0, 0) & \iota s_0 = (\alpha', 1 - \alpha', 1 - \alpha') \\ s_1 = (1, 0, 0) & \iota s_1 = (\alpha' - 1, 1 - \alpha', 1 - \alpha') \\ s_2 = (0, 1, 0) & \iota s_2 = (\alpha', -\alpha', 1 - \alpha') \\ s_3 = (0, 0, 1) & \iota s_3 = (\alpha', 1 - \alpha', -\alpha') \\ s'_3 = (\alpha', -\alpha', 1) & \iota s'_3 = (0, 1, -\alpha') \\ s''_3 = (0, -\alpha', 1) & \iota s''_3 = (\alpha', 1, -\alpha') \end{array} \] sont l'orbite de \(s_0\) sous le groupe engendré, d'ordre \(120\)48 .
La fonction quadratique de la page 68 devient \[ q(x, y, z) = x^2 + y^2 + z^2 - \alpha\,yz + zx + xy - (x + y + z) , \] de partie homogène \(q_0\), de matrice \(\bigl(\begin{smallmatrix} 2 & 1 & 1 \\ 1 & 2 & -\alpha \\ 1 & -\alpha & 2 \end{smallmatrix}\bigr)\) et de demi-discriminant \(\delta'(q_0) = 1\). Elle est normalisée par \(q_0(e) = 1\) pour un vecteur arête \(e = s_1 - s_0\) ; pour un vecteur « coarête » \(f = s_3 - s_2\), joignant deux sommets à distance \(2\), \(q_0(f) = \alpha + 2 = \alpha'^2\). Dans les coordonnées classiques, où les sommets sont les permutations circulaires de \((\pm x, \pm y, 0)\), cela donne \((y/x)^2 = \alpha'^2\), et, pour l'icosaèdre convexe réel (\(\alpha = \tfrac12(-1 + \sqrt 5)\)), \(y/x = -\alpha' = \tfrac12(1 + \sqrt 5)\) : le rectangle d'or. En caractéristique \(2\), la forme polaire de \(q_0\) est dégénérée, de noyau engendré par \(u = (\alpha', \alpha, \alpha)\), mais \(q_0(u) = \alpha' \neq 0\), ce qui exprime que \(q_0\) reste non dégénérée comme forme quadratique49 .
76–78
Vecteurs et directions remarquables ; la caractéristique 5 (pages 76 à 78)
Le centre étant pris pour origine en caractéristique \(\neq 2\), la forme quadratique identifie \(V\) à son dual, donc les directions de droites et de plans. La page dresse la liste : \(12\) vecteurs « doubles sommets » \(S\) ; \(30\) vecteurs arêtes \(\Delta\) (quinze paires de vecteurs opposés) ; \(30\) vecteurs coarêtes \(\Delta'\) ; les \(30\) milieux d'arêtes \(\mathcal{A}\) et de coarêtes \(\mathcal{A}'\) ; les \(20\) barycentres (triplés) des faces \(\Phi\) et des « cofaces » \(\Phi'\), triangles de sommets deux à deux à distance \(2\) ; les \(20\) sommets \(\Psi\) et \(\Psi'\) de dodécaèdres circonscrits ; les \(12\) barycentres \(\Sigma\) des pentagones de sommets voisins. Elle écrit \[ \Delta = \alpha\Delta', \quad \Delta = \mathcal{A}', \quad \Delta' = \mathcal{A}, \quad \Phi' = (2\alpha - 1)\Phi , \] où \(\mathcal{A}\), \(\mathcal{A}'\) sont les sommes \(s_i + s_j\) (centrées) ; ces relations ont été vérifiées sur machine, avec \(20\) cofaces. Les relations sur \(\Psi\) et \(\Sigma\) — « \(\Psi = \mu\Phi\), \(\mu = 1 + 2\alpha\), \(\mu^2 = 5\) », « \(\Sigma = \rho S\) » — sont rapportées sans vérification : leurs légendes sont trop incertaines pour qu'on sache quels points elles désignent50 .
Directions, et la caractéristique 5 (page 78). Il y a \(6\) directions de sommets, \(15\) d'arêtes et \(10\) de plans de faces : \(31 = 5^2 + 5 + 1\), le nombre de points du plan projectif sur \(\mathbf{F}_5\). Ce n'est pas un hasard. En caractéristique \(5\), \(\alpha^2 + \alpha - 1 = (\alpha - 2)^2\), donc \(\alpha = 2\) et \(f(o) = (2 - \alpha)/(4(\alpha - 1)) = 0\) : les sommets sont des vecteurs isotropes de \(q_0\), et les six directions de sommets sont les six points de la conique \(q_0 = 0\) sur \(\mathbf{F}_5\). Les quinze directions d'arêtes correspondent aux points extérieurs à la conique (intersections de deux tangentes), les dix directions de faces aux points intérieurs, comme le dit la page en termes de « sécantes » et de « diviseurs conjugués ». Pour les vecteurs, \(125 = 1 + 24 + 60 + 40\) : le vecteur nul, \(24 = 2 \times 12\) vecteurs isotropes non nuls — les sommets de « deux icosaèdres » —, \(60\) et \(40\) vecteurs sur les points extérieurs et intérieurs51 .
80–80
Un départ par les cocycles (page 80)
Une représentation affine est une représentation linéaire \(\Gamma \to \mathrm{SO}(q)\) accompagnée d'un \(1\)-cocycle \(f : \Gamma \to V\), \(f(gg') = f(g) + g f(g')\). Avec \(s_0\) pour origine, \(f(\sigma_1) = f(\sigma_2) = 0\), et tout revient à \(e = f(\sigma_0)\) : \(\sigma_0^2 = 1\) donne \(\sigma_0 e = -e\), la commutation de \(\sigma_0\) et \(\sigma_2\) donne \(\sigma_2 e = e\), et, pour \(u = \rho_f\), \(f(u^3) = (1 + u + u^2)e = 0\). La page s'arrête sur ces conditions encadrées52 .
82–88
La rédaction suivie : relations et nombre de sommets (pages 82 à 88)
Les pages 82 à 99 reprennent tout, posément, en numérotant les formules. On part de \(\sigma_0\), \(\sigma_2\) connus et de \(\sigma_1\) inconnu, \(\sigma_1 s_3 = s'_3 = s_0 + \lambda e_1 + \mu e_2 + \nu e_3\). \(\sigma_1^2 = 1\) s'écrit \(\nu^2 = 1\), \(\mu = -\nu\lambda\), \(\lambda = -\nu\mu\) ; sur un corps, \(\nu = 1\), \(\mu = -\lambda\) ou \(\nu = -1\), \(\mu = \lambda\) ; et \(\det\sigma_1 = -\nu\), de sorte qu'une réflexion demande \(\nu = 1\). On pose \(\lambda = -(1 + \alpha) = \alpha'\) (1), d'où \[ s'_3 - s_3 = (1 + \alpha)(s_2 - s_1) \quad (2), \qquad \sigma_1 = \begin{pmatrix} 0 & 1 & \alpha' & 0 \\ 1 & 0 & -\alpha' & 0 \\ 0 & 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 0 & 1 \end{pmatrix} \quad (3) . \] La page écrit la seconde forme de cette matrice avec un signe douteux53 . Avec \(\rho_f = \sigma_0\sigma_1\) et \(\rho_s = \sigma_1\sigma_2\)54 , on trouve \(s''_3 = \rho_f s_3 = s_3 + (1 + \alpha)e_2\) (5), \(s''_3 - s_3 = (1 + \alpha)(s_2 - s_0)\) (6), et \[ \rho_f : s_3 \mapsto s''_3 \mapsto s'_3 \mapsto s_3 \quad (7), \qquad \rho_f^3 = \mathrm{id} \quad (8) . \] Les points \(s_1, s_2, s_3, s'_3\) sont dans le plan \(x + y + z = 1\), stable par \(\sigma_1\) et \(\sigma_2\), donc par \(\rho_s\), et « un calcul commode » montre \[ \rho_s^5 = \mathrm{id} \iff \alpha^2 + \alpha - 1 = 0 \quad (9) , \] ce qui est exact55 . Le groupe \(G = \langle \sigma_0, \sigma_1, \sigma_2 \mid \sigma_i^2, (\sigma_0\sigma_2)^2, \rho_f^3, \rho_s^5 \rangle\) (10) — le groupe de Coxeter \(H_3\), groupe des automorphismes de l'icosaèdre combinatoire épinglé — opère donc sur l'espace dès que \(\alpha^2 + \alpha = 1\)56 .
Les transformés de \(s_0\), de \(\operatorname{Dr}(s_0, s_1)\) et de \(\operatorname{Pl}(s_0, s_1, s_2)\) forment-ils un icosaèdre géométrique — c'est-à-dire, sur tout corps, n'ont-ils entre eux que les incidences de l'icosaèdre combinatoire ? (pages 85 à 87). « Si nous admettons que \(G\) est fini d'ordre \(120\) » — c'est vrai, et classique — le stabilisateur de \(s_0\) contient le groupe diédral \(\langle \sigma_1, \rho_s \rangle\) d'ordre \(10\), donc le nombre de sommets divise \(12\). Les six points \(s_0, s_1, s_2, s_3, s'_3, s''_3\) sont distincts : \(s'_3\) et \(s''_3\) ont pour dernière coordonnée \(1\), et ils coïncident entre eux ou avec \(s_3\) si et seulement si \(1 + \alpha = 0\), ce qui, avec \(\alpha^2 + \alpha = 1\), donnerait \(0 = 1\) (« sur une base non vide ! »). Il y a donc \(6\) ou \(12\) sommets. S'il y en avait \(6\), le stabilisateur de \(s_0\) serait d'ordre \(20\) et contiendrait ce diédral ; or \(G \simeq \mathfrak{A}_5 \times \{1, \iota\}\), \(\mathfrak{A}_5\) n'a pas de sous-groupe d'ordre \(20\), et le seul sous-groupe d'ordre \(20\) qui contienne le diédral est son produit par le centre \(\{1, \iota\}\). Cela voudrait dire \(\iota s_0 = s_0\) ; le calcul des antipodes donne donc la liste des douze sommets57 .
89–94
Centre, antipodisme, incidences (pages 89 à 94)
Le centre est l'unique point fixe de \(G\) (s'il existe) : sur les miroirs (12)–(14), \(o = \tfrac12(\alpha', 1 - \alpha', 1 - \alpha') = \tfrac12(-(1 + \alpha), 2 + \alpha, 2 + \alpha)\) (15). En caractéristique \(\neq 2\) c'est un point ; en caractéristique \(2\), c'est le point à l'infini dans la direction \((-1, 1/\alpha, 1/\alpha)\).
Proposition (page 91). L'antipodisme \(\iota\) — l'élément central non trivial de \(G\), \((\sigma_0\sigma_1\sigma_2)^5\) — est donné en toute caractéristique par \[ \iota(x, y, z) = \bigl(\alpha' - x,\ (1 - \alpha') - y,\ (1 - \alpha') - z\bigr) \quad (17) ; \] si \(2\) est inversible, c'est la symétrie de centre \(o\), et \(o\) est son unique point fixe ; en caractéristique \(2\), c'est la translation de vecteur \((\alpha', \alpha, \alpha)\), sans point fixe à distance finie.58 En caractéristique \(2\), l'équation \(\alpha^2 + \alpha - 1 = 0\) n'a de solutions que dans \(\mathbf{F}_4 \smallsetminus \mathbf{F}_2\) : se donner \(\alpha\) sur une base \(Y\) au-dessus de \(\mathbf{F}_2\), c'est se donner une structure de \(\mathbf{F}_4\)-schéma, \(Y \to \operatorname{Spec} \mathbf{F}_4\), et \(1/\alpha = \alpha + 1\) est l'autre élément de \(\mathbf{F}_4 \smallsetminus \mathbf{F}_2\)59 . Les antipodes des six premiers sommets (18) sont ceux du tableau de la page 75 ci-dessus60 .
Incidences (pages 93 et 94). La page veut prouver, « sur un corps de base quelconque », que trois sommets distincts ne sont pas alignés, et que quatre sommets distincts ne sont coplanaires que s'ils sont sur une même face — d'où il suivrait qu'un sommet ou une arête n'est incident géométriquement à une face que s'il l'est combinatoirement. Une note marginale ajoute : « c'est en fait faux en car. \(2\) ! ». La seconde affirmation est en fait fausse en toute caractéristique : les cinq voisins d'un sommet sont coplanaires (la page 85 le dit de quatre d'entre eux, \(s_1, s_2, s_3, s'_3\)), et les extrémités de deux arêtes opposées aussi, sur un plan passant par le centre — le rectangle d'or ; il y a \(75\) quadruplets coplanaires de sommets, dont aucun ne contient une face. La page se replie sur ce qui suffit :
- a)–c)la droite qui joint \(s_0\) à son antipode, à un voisin \(s_1\), ou à un sommet \(s''_3\) à distance \(2\) ne contient pas d'autre sommet (« c'est vrai ») ; par homogénéité, aucun triplet de sommets n'est aligné ;
- aucun des neuf autres sommets n'est dans le plan \(z = 0\) de la face \((s_0, s_1, s_2)\), c'est-à-dire n'a de coordonnée \(z\) nulle — « et on est heureux ! ».
Ces deux faits valent en toute caractéristique, \(2\) et \(5\) comprises : les coordonnées \(z\) des neuf sommets sont \(1\), \(1 - \alpha' = 2 + \alpha\) ou \(-\alpha' = 1 + \alpha\), qui sont des unités de \(\mathbf{Z}[\alpha]\) ; et pour chaque triplet de sommets, les mineurs d'ordre \(2\) qui expriment le non-alignement engendrent l'idéal unité61 . La réalisation est donc fidèle au sens de la page 110 en toute caractéristique : l'icosaèdre reste un icosaèdre.
95–99
La quadrique circonscrite (pages 95 à 99)
Les fonctions quadratiques invariantes (page 95, puis page 97) : l'invariance par \(\sigma_2\) donne \(b = c\), \(v = w\), \(\mu = \nu\) ; par \(\sigma_0\), \(v = a\) et \(\lambda = -a\) ; par \(\sigma_1\) (formule (13)), \(b = a\), \(u = -\alpha a\), \(\mu = -a\). D'où \[ \begin{aligned} f &= a\,q, \\ q(x, y, z) &= x(x + y + z - 1) + (y^2 + z^2) - \alpha\,yz - (y + z) \\ &= x^2 + y^2 + z^2 - \alpha\,yz + zx + xy - (x + y + z) \qquad (19) . \end{aligned} \] Les fonctions quadratiques invariantes sont les \(a\,q + d\), et celles qui sont nulles sur les sommets les \(a\,q\)62 .
Les pages 99 et 101 font le calcul inverse, sans supposer l'invariance : une fonction quadratique nulle en \(s_0, s_1, s_2, s_3\) s'écrit \(a(x^2 - x) + b(y^2 - y) + c(z^2 - z) + uyz + vzx + wxy\) ; l'annulation en \(s''_3\) donne \(u = -\alpha b\), puis, en \(s'_3\), \(b = c\) et \(v = \alpha' w - (\alpha' - 1)a\), en \(\iota s''_3\) donne \(w = \alpha' v - (\alpha' - 1)a\), d'où \(v = w = a\) (page 101), puis, en \(\iota s_2\), \(b = a\). Donc les douze sommets sont sur une quadrique et une seule, \(q = 0\), et la vérification en \(\iota s_0\), \(\iota s_1\) est inutile, \(q\) étant invariante (« c'est clair »)63 .
100–100
Un feuillet étranger (page 100)
Au crayon puis à l'encre, barré, un brouillon de topologie générale sans lien avec l'icosaèdre : on construit une homotopie \(h : X \times I \to Y\), égale à \((f|F') \circ \mathrm{pr}_1\) sur \(F' \times I\) et à \((b, t) \mapsto c(t\varphi(b))\) sur \(F \times I\), à l'aide d'une fonction continue égale à \(1\) en un point \(x\) et à \(0\) sur le bord \(B = F \cap F'\), avec \(X = F \cup F'\) ; une condition a) demande l'existence d'une telle fonction (« p. ex. si \(F\) compact régulier », lecture douteuse). On n'en dit pas plus.
101–106
Discriminants ; deux feuillets intercalés (pages 101 à 106)
La forme homogène \(q_0\) a pour matrice \(\bigl(\begin{smallmatrix} 2 & 1 & 1 \\ 1 & 2 & -\alpha \\ 1 & -\alpha & 2 \end{smallmatrix}\bigr)\), de déterminant \(8 - 2\alpha - 2 - 2\alpha^2 - 2 = 4 - 2(\alpha^2 + \alpha) = 2\) : \(\delta = 2\), donc \(\delta' = 1\) (20)–(21). « Forme quadratique très parfaite, merveille ! » La forme \(q\) homogénéisée par une variable \(t\) a pour matrice \[ \begin{pmatrix} 2 & 1 & 1 & -1 \\ 1 & 2 & -\alpha & -1 \\ 1 & -\alpha & 2 & -1 \\ -1 & -1 & -1 & 0 \end{pmatrix}, \qquad \det = -\alpha - 3, \quad N(-\alpha - 3) = 5 , \] « sauf erreur de calcul » — il n'y en a pas64 . La quadrique projective est donc lisse sauf en caractéristique \(5\), où — ajout à l'encre noire — « l'icosaèdre est inscrit dans une … de rayon nul, des quadriques sing. ! » : le cône de sommet \(o\) que l'on a vu à la page 78. En toute autre caractéristique, l'icosaèdre est inscrit dans une « quadrique lisse » (fin de la phrase, en tête de la page 106)65 .
Deux feuillets d'un autre papier sont intercalés. La page 103 considère le groupe \(\mu_n\) opérant sur un module quadratique de rang \(2\), \(V_T \simeq D \oplus D^{-1}\), par \(\zeta.(x, y) = (\zeta x, \zeta^{-1}y)\) ; elle pose \(c = \zeta + \zeta^{-1}\), \(\zeta^2 - c\zeta + 1 = 0\), et note qu'une section \(c\) de \(\mathcal{O}_S\) racine du polynôme cyclotomique « réel » définit un revêtement quadratique \(\operatorname{Spec}\mathcal{O}_S[X]/(X^2 - cX + 1)\) sur lequel vit \(\zeta\), avec \(\sigma\zeta = \zeta^{-1}\) pour l'involution du revêtement. C'est, dans la langue des schémas, le passage du paramètre \(\alpha = \zeta + \zeta^{-1}\) des rotations à la racine de l'unité \(\zeta\) elle-même66 . La page 105 note que pour un module localement libre \(F\) de rang \(2\), \(\mathbb{V} = \operatorname{Sym}^2(F) \otimes (\det F)^{-1}\) porte une forme quadratique canonique, le discriminant \(Q : \mathbb{V} \to \mathcal{O}_S\), qui en base s'écrit \(b^2 - ac\) : c'est la construction de l'isomorphisme \(\mathrm{PGL}_2 \simeq \mathrm{SO}_3\) que la lecture du dossier 82 développe67 . La page 104 calcule les mineurs du déterminant (22).
107–111
Suffisance ; réalisations régulières et fidèles (pages 107 à 111)
« Est-il clair que la condition \(\alpha^2 + \alpha - 1 = 0\) est suffisante pour avoir une représentation de l'icosaèdre ? » (page 107). On a une représentation affine du groupe de Coxeter \(\Gamma' = \langle \sigma_0, \sigma_1, \sigma_2 \mid \sigma_i^2, (\sigma_0\sigma_1)^3, (\sigma_1\sigma_2)^5, (\sigma_0\sigma_2)^2\rangle\), qui a pour quotient le groupe \(\Gamma\) de l'icosaèdre combinatoire ; si l'on sait que \(\Gamma' \simeq \Gamma\), c'est fini, sinon il faut vérifier, « de pure routine », que les douze points sont stables par les générateurs et que ceux-ci y opèrent comme sur les douze sommets de l'icosaèdre combinatoire. On sait aujourd'hui que \(\Gamma' \simeq \Gamma\) (les deux sont d'ordre \(120\)) ; et la vérification de routine a été faite ici sur machine68 .
Définitions (pages 109 et 110). Soit \(\Pi = (S, A, F; r)\) l'icosaèdre combinatoire épinglé par le repère \(r = (s_0, \operatorname{Dr}(s_0, s_1), \operatorname{Pl}(s_0, s_1, s_2))\), et \(\Gamma\) son groupe d'automorphismes. Une représentation (ou réalisation) affine de \(\Pi\) dans un fibré affine \(E\) de dimension relative \(3\) sur un schéma \(Y\) est la donnée d'applications \(\rho_S\), \(\rho_A\), \(\rho_F\) de \(S\), \(A\), \(F\) dans les sections de \(E\), ses sous-fibrés en droites affines, ses sous-fibrés en plans affines, qui respectent l'incidence69 . Elle est
- acceptable si les sommets d'une face ont des images deux à deux distinctes — alors \(\rho_A\), \(\rho_F\) sont connues par \(\rho_S\), qui peut être donnée arbitrairement ;
- fidèle si deux facettes dont les réalisations sont incidentes sur une fibre sont incidentes ; cela entraîne qu'elle est acceptable et que \(\rho_S\), \(\rho_A\), \(\rho_F\) sont injectives ;
- régulière si elle est acceptable et si tout \(g \in \Gamma\) se prolonge en un automorphisme affine \(g_E\) de \(E\) ; c'est une propriété de \(\rho_S\), qui entraîne que \(\rho_S(S)\) engendre affinement \(E\).
Proposition (page 109). Une représentation régulière est fidèle. La démonstration commence comme celle de la page 51 — \(s_0, s_1, s_2, s_3\) sont affinement indépendants, car sinon le plan \(P = \operatorname{Pl}(s_0, s_1, s_2)\), déjà stable par \(\sigma_0\) et \(\sigma_1\), le serait aussi par \(\sigma_2\) — et s'interrompt. Pour l'icosaèdre, la conclusion est vraie, et c'est le résultat des pages 93 et 94 complété plus haut : la seule réalisation régulière à repère près (celle des pages 82 à 99) est fidèle en toute caractéristique.
Réalisations régulières et représentations (page 111). Se donner une réalisation régulière de \(\Pi\) revient à se donner une représentation affine de rang \(3\) de \(\Gamma\) dans \(E\) et un point \(s_0 \in E^{\sigma_1} \cap E^{\sigma_2}\), c'est-à-dire sur l'axe \(D_0\), tel que \(s_0\), \(s_1 = \sigma_0 s_0\), \(s_2 = \sigma_1 s_1\), \(s_3 = \sigma_2 s_2\) soient affinement indépendants. Deux tels points \(s_0, s'_0\) se correspondent par un unique automorphisme de \(E\) commutant à \(\Gamma\) — l'homothétie de centre \(o\) qui envoie l'un sur l'autre, quand \(2\) est inversible70 .
113–119
VIII. Position du problème des 2-polyèdres réguliers (pages 113 à 119)
La chemise rose de la page 113 porte « Position du pb des 2-polyèdres réguliers / vieille rédaction » et « (10 p) ».
114–115
Drapeaux universels (pages 114 et 115)
Soit \(\mathfrak{G}_2 = \langle \sigma_0, \sigma_1, \sigma_2 \mid \sigma_i^2, (\sigma_0\sigma_2)^2 \rangle\) (1)–(2) le groupe cartographique71 . Pour toute partie non vide \(H \subset \{0, 1, 2\}\), soit \(\mathfrak{G}_H\) le sous-groupe engendré par les \(\sigma_i\), \(i \notin H\), et \(\mathfrak{F}_H = \mathfrak{G}_2 / \mathfrak{G}_H\) l'ensemble des drapeaux universels de type \(H\) (3). Pour \(H \subset K\), \(\mathfrak{G}_K \subset \mathfrak{G}_H\) donne \(\varphi_{HK} : \mathfrak{F}_K \to \mathfrak{F}_H\) (4), et \(\mathfrak{F}_{**} = \coprod_H \mathfrak{F}_H\) est ordonné par \(x \preccurlyeq y\) si et seulement si \(H \subset K\) et \(x = \varphi_{HK}(y)\) (5)–(6). Les éléments minimaux, \(\mathfrak{F}_0\), \(\mathfrak{F}_1\), \(\mathfrak{F}_2\), sont les sommets, arêtes et faces universels ; sur leur réunion \(\mathfrak{F}_*\), on a la dimension (8) et la relation d'incidence : \(x \leq y\) si \(\dim x \leq \dim y\) et s'il existe \(z \in \mathfrak{F}_{**}\) avec \(x, y \preccurlyeq z\) (9)72 . C'est la carte universelle, dont toute \(2\)-carte est un quotient.
115–117
Un polyèdre régulier dans un schéma (pages 115 à 117)
Soit \(X\) un schéma affine (ou quasi-projectif) sur une base \(Y\), et \(\mathfrak{F}_H(X/Y)\) ses drapeaux de type \(H\), au sens habituel. Un polyèdre régulier scindé \(P\) dans \(X\) est la donnée de trois ensembles finis \[ S \subset \mathfrak{F}_0(X/Y) = X(Y), \qquad A \subset \mathfrak{F}_1(X/Y), \qquad F \subset \mathfrak{F}_2(X/Y) \quad (10) \] satisfaisant [11] : (a) chaque arête est incidente à exactement deux sommets, (b) chaque couple sommet–face incidents l'est à exactement deux arêtes, (c) chaque arête à exactement deux faces — et chaque condition reste vraie après tout changement de base \(Y' \to Y\), \(Y' \neq \varnothing\). Alors \(\Psi_* = S \amalg A \amalg F\) (12) est un ensemble ordonné du type voulu, on en forme les drapeaux de tout type \(H\) (12 bis), et \(\operatorname{Rep}(P) = \Psi_{\{0,1,2\}}\) (13), sur lequel \(\mathfrak{G}_2\) opère par (14), \(\sigma_i\) changeant la \(i\)-ième composante. Les restrictions \(\operatorname{Rep}(P) \to \Psi_H(P)\) (15) se factorisent par \(\operatorname{Rep}(P)/\mathfrak{G}_H\) (16). On demande de plus :
- [17]les applications (15) sont surjectives ;
- [18]\(S\) engendre affinement \(X\) fibre par fibre ;
- [19]une condition de connexité sur \(\Psi_*(P)\), qui assure que \(\mathfrak{G}_2\) opère transitivement sur \(\operatorname{Rep}(P)\) et qu'un automorphisme de \(P\) fixant un repère est l'identité ;
- [20]\(\operatorname{Aut}(X, P)\) opère transitivement sur \(\operatorname{Rep}(P)\)73 .
Alors le stabilisateur \(N\) d'un repère est distingué — les automorphismes de \(P\) commutent à \(\mathfrak{G}_2\) et sont transitifs, de sorte que tous les repères ont le même stabilisateur — et \(\operatorname{Rep}(P)\) est un torseur sous \(\Gamma_P = \mathfrak{G}_2 / N\) (21) ; \(\operatorname{Aut}(X, P) \simeq \operatorname{Aut}_{\mathrm{comb}}(P)\) (22), et le choix d'un repère \(r\) définit une bijection \(\varphi : \Gamma_P \to \operatorname{Aut}(X, P)\), \(\varphi(\gamma)\) étant l'unique automorphisme tel que \(\varphi(\gamma)(r) = \gamma.r\) (23)–(24). Ce \(\varphi\) est un anti-isomorphisme : \(\varphi(\gamma\gamma')(r) = \gamma\gamma'.r\), tandis que \(\varphi(\gamma)\varphi(\gamma')(r) = \varphi(\gamma)(\gamma'.r) = \gamma'.\varphi(\gamma)(r) = \gamma'\gamma.r\)74 .
117–119
Questions (pages 117 à 119)
\(r\) étant fixé, \(\gamma \mapsto \gamma.r\) est surjective par [19], et les surjections induites \(N \backslash \mathfrak{F}_H = \mathfrak{G}_2 / N\mathfrak{G}_H \to \Psi_H(P)\) (26) sont-elles bijectives ? Que dire des sous-groupes distingués \(N\) et des espaces homogènes \(\mathfrak{G}_2 / N \simeq \Psi_{**}(P)\) ? « On voudrait que ce soit l'ensemble des \(5\) cartes correspondant aux polyèdres réguliers connus — en particulier, on voudrait que ce soit orientable ! Et il faudrait, pour une carte combinatoire donnée, déterminer les polyèdres réguliers épinglés par ce \(\mathfrak{F}\) — ce qui est un pb modulaire… »75 .
Si (26) est bijective — et sinon, il faudrait renforcer la définition — on récupère \(P\) à partir de \(\varphi : \mathfrak{G}_2 \to \operatorname{Aut}(X)\) (27) et de \(r = (s_0, a_0, f_0)\) (28) satisfaisant les conditions de stabilisateur (29), qui sont celles de la page 55, en prenant pour \(S, A, F\) les orbites. Pour que de telles données définissent un polyèdre régulier (sur un corps), il faut que \(N = \ker\varphi\) (30) soit d'indice fini ; [17] est alors automatique, mais [11] demande, avec \(s'_0 = \sigma_0 s_0\), \(a'_0 = \sigma_1 a_0\), \(f'_0 = \sigma_2 f_0\) (31), distincts de \(s_0, a_0, f_0\) :
- [32]a) si \(\gamma s_0 \prec a_0\), alors \(\gamma s_0 \in \{s_0, s'_0\}\) ; b) si \(s_0 \prec \gamma a_0 \prec f_0\), alors \(\gamma a_0 \in \{a_0, a'_0\}\) ; c) si \(a_0 \prec \gamma f_0\), alors \(\gamma f_0 \in \{f_0, f'_0\}\) ;
- [33]les \(\gamma s_0\) engendrent affinement \(X\) ;
- [33']si \(\gamma s_0 \prec \gamma' a_0 \prec \gamma'' f_0\), il existe \(\gamma'''\) avec \(\gamma''' s_0 = \gamma s_0\), \(\gamma''' a_0 = \gamma' a_0\), \(\gamma''' f_0 = \gamma'' f_0\) — ce qui exprime [19].
Ce sont, pour l'icosaèdre, exactement les vérifications des pages 85 à 94 : [32] et [33'] sont des énoncés d'incidence géométrique, et la fidélité établie plus haut les contient76 .
120–120
IX. Les « cocubes » (page 120)
D'une encre noire et d'une écriture posée. Soit \(B \to I\) un revêtement double d'ensembles finis, c'est-à-dire un ensemble \(B\) muni d'une involution sans point fixe \(b \mapsto \bar b\), \(I = B/\sigma\), \(n = \operatorname{card} I\). Dans \(k^B\), soit \(E\) l'espace affine des \(\varphi = (\varphi_b)\) tels que \(\varphi_b + \varphi_{\bar b} = 1\) pour tout \(b\) — l'image réciproque de \((1, \dots, 1)\) par la trace \(k^B \to k^I\) —, de dimension \(n\), et \(H_b = \{\varphi_b = 1\}\). Pour une section partielle \(B' \in \Gamma_p(B/I)\), \(F_{B'} = \bigcap_{b \in B'} H_b\) ; l'ensemble \(\mathfrak{F} = \{F_{B'}\} \cup \{\varnothing\}\) est celui des faces du cube \([0, 1]^I\) : les sections totales donnent les sommets, la section vide l'espace entier, et \(H_b \cap H_{\bar b} = \varnothing\). C'est le cube d'un ensemble à involution du dossier 76 (pages 49 et 50), où les faces sont indexées, en renversant l'ordre, par les sections partielles77 .
Dualement, soit \(N \subset k^B\) le sous-module, facteur direct de rang \(n - 1\), engendré par les \((b + \bar b) - (b' + \bar b')\), et \(V = k^B / N\), de rang \(n + 1\), avec \(0 \to W \to V \to k \to 0\). Les images des \(b\) sont \(2n\) points d'un hyperplan affine de \(V\) ; c'est le cocube, que la page caractérise ainsi. Un ensemble \(\mathfrak{F}\) de sous-espaces affines d'un espace \(E\) de dimension \(n\) est un cocube si
- a)pour tout point \(s \in \mathfrak{F}_0\), il existe un unique \(s' \neq s\) dans \(\mathfrak{F}_0\) tel que la droite \(ss'\) ne soit pas dans \(\mathfrak{F}\) ; \(s \mapsto s'\) est une involution sans point fixe de \(B = \mathfrak{F}_0\), et \(I = B/\sigma\) ;
- b)pour toute section partielle \(B'\), \(B'\) est affinement libre et son enveloppe affine est dans \(\mathfrak{F}\), et l'on obtient ainsi tous les éléments de \(\mathfrak{F}\) autres que \(E\) ;
- c)pour toute section totale \(B'\) et tout \(b \notin B'\), \(B' \cup \{b\}\) est affinement libre et engendre \(E\) ;
- d)\(b + \bar b = b' + \bar b'\) pour tous \(b, b'\) : les milieux des diagonales coïncident.
C'est le polytope croisé — l'octaèdre en dimension \(3\) —, dont les faces sont les simplexes sur les ensembles de sommets sans paire opposée ; le cube et lui sont duaux, et le dossier 87 les traite par la polarité convexe78 .
121–123
X. Programme provisoire d'une théorie arithmétique des polyèdres réguliers (pages 121 à 123)
Le titre, souligné, est le sien, et la page commence un texte neuf.
Soit \(\tau\) un type de polyèdre régulier dans l'espace affine réel de dimension \(n\). Il a un représentant « canonique » \(X_\tau\), défini à isomorphisme canonique près par le choix d'un repère \(R_\tau\) ; l'espace \(E_\tau\) qui le porte a pour origine le barycentre des sommets et devient un espace vectoriel. Soit \(\mathcal{F}_\tau\) l'ensemble ordonné des facettes de \(X_\tau\), y compris celles de dimension \(-1\) et \(n\), et \[ G_\tau \simeq \operatorname{Aut}_{\mathrm{aff}}(X_\tau) \simeq \operatorname{Aut}_{\mathrm{ord}}(\mathcal{F}_\tau) . \] La catégorie des polyèdres réguliers de type \(\tau\) équivaut à celle des torseurs sous \(G_\tau\) — par \(X \mapsto \operatorname{Isom}(X_\tau, X)\)79 .
Soit \(k\) un anneau commutatif (« plus gén., on pourrait se placer sur un schéma, ou sur un topos loc. annelé »). Une \(k\)-réalisation de \(\tau\) est la donnée
- a)d'un \(k\)-espace projectif \(P\) de dimension \(n\), « splitté » — associé à un module projectif de type fini, défini à tensorisation près par un module inversible —, muni d'une section \(s_0\) et d'un hyperplan « à l'infini » \(H_\infty\) ;
- b)d'un ensemble \(\mathcal{F}\) de sous-espaces projectifs de \(P\) tel que :
- 1)\((\mathcal{F}, \subset)\) soit isomorphe à \(\mathcal{F}_\tau\), la dimension combinatoire de chaque \(V \in \mathcal{F}\) (le plus petit élément étant de dimension \(-1\)) étant égale à sa dimension projective, et \(P \in \mathcal{F}\) ;
- 2)pour tout \(V \in \mathcal{F}\), \(s_0 \notin V\) et \(V \not\subset H_\infty\), fibre par fibre ;
- 3)les éléments de \(\mathcal{F}_0\) engendrent \(P\), et ceux de \(\mathcal{F}_{n-1}\) engendrent le dual \(\check P\) ; plus précisément, pour \(V \subsetneq W\) dans \(\mathcal{F}\), \(W\) est engendré par les \(V' \in \mathcal{F}\) avec \(V \subset V' \subset W\), \(\dim V' = \dim V + 1\), et dualement ;
- 4)tout automorphisme de l'ensemble ordonné \(\mathcal{F}\) est induit par un automorphisme de \(P\) qui conserve \(\mathcal{F}\).
« Raisonnable si \(\operatorname{Spec} k\) connexe ».80 C'est le renversement annoncé : on ne part plus d'une carte combinatoire pour chercher ses réalisations, mais du polyèdre réel, et l'on demande sur quels anneaux il « s'écrit » — la question que les pages 74 à 111 résolvent pour l'icosaèdre, \(\mathbf{Z}[\alpha]/(\alpha^2 + \alpha - 1)\) étant l'anneau où il vit, avec \(s_0\) le centre et \(H_\infty\) l'hyperplan à l'infini qui, en caractéristique \(2\), contient ce centre. Aucun énoncé ne suit la définition.
La page 123 est une feuille de notations, sans texte suivi, avec un cube et un polygone où un drapeau est repassé en gras, et la chaîne \(F_0, \dots, F_{n-1}\) d'un drapeau. On y lit des suites \((s_i)\), \((s'_i)\), \((\delta_i)\), \((f_i)\) avec \(s_{n-1} = 2\), \(s_n = 1\), \(s'_0 = 2\), \(s'_{-1} = 1\), \(f_{-1} = f_n = 1\), la relation \(s'_i f_{i+1} = f_i s_{i+1}\) et \(N = \operatorname{card} G = \prod s_i = \prod s'_i\). La lecture la plus naturelle : \(f_i\) est le nombre de \(i\)-facettes, \(s_i\) le nombre de \(i\)-facettes contenant une \((i-1)\)-facette donnée, \(s'_i\) le nombre de \(i\)-facettes contenues dans une \((i+1)\)-facette donnée ; la relation compte de deux façons les couples incidents de dimensions \(i\), \(i+1\), et le nombre de drapeaux, qui est l'ordre du groupe, est \(s_0 s_1 \cdots s_n\) (pour le cube, \(8 \cdot 3 \cdot 2 \cdot 1 = 48\))81 .
Notes
- La page 67 nomme ainsi \(\rho_s\) et \(\rho_f\) ; la page 61 les échange, et la page 84 les appelle \(u\) et \(v\). L'icosaèdre, de symbole \(\{3, 5\}\), a donc \(q = 3\) et \(p = 5\). ↩
- La page 64 appelle \(s''_3\) le point \(\sigma_1 s_3\) et \(s'_2\), \(s'_3\) les points \(\sigma_0 s_2\), \(\sigma_0 s_3\) ; on les note ici \(s'_3\), \(t_2\), \(t_3\). ↩
- La page appelle \(H\) ce stabilisateur ; elle réemploie la lettre \(H\) à la page 4 pour une partie de \(\{0, \dots, n\}\). On l'appelle ici \(N\), et \(J\) la partie. ↩
- Le nom n'est pas sur la page, ni celui de « symbole de Schläfli » ; la page écrit \(p_* = (p_1, \dots, p_n) \in ([3, +\infty] \cap \mathbf{N})^n\). ↩
- La page écrit \(\underline{R}_{p_*} = \mathfrak{G}_n / \Gamma_{p_*}\), ce qui n'a pas de sens (\(\Gamma_{p_*}\) est un quotient de \(\mathfrak{G}_n\), non un sous-groupe) ; on lit \(\mathfrak{G}_n / N\), qui est \(\Gamma_{p_*}\) comme ensemble. ↩
- Propriété d'intersection et polytope universel : Tits pour les groupes de Coxeter, McMullen et Schulte, Abstract Regular Polytopes (2002), pour la théorie des polytopes abstraits ; cité de mémoire. La condition \(p_i \geq 3\) écarte les cas dégénérés ; la page 56 y revient. ↩
- Un troisième alinéa, « c) d'un homomorphisme de groupes \(\operatorname{Aut}(\Pi) \to \mathrm{Aut\,aff}(E)\) compatible avec… », est biffé et remplacé par cette condition. La fin de la phrase qui annonce la définition (« sur un anneau … comme le … ») n'est pas lue. ↩
- La page identifie \(\operatorname{Aut}(\Pi)\) à \(\Gamma\) (« \(\mathfrak{G} = \Gamma\) ») ; cette identification dépend du repère choisi et renverse l'ordre des produits, comme le remarque la lecture du dossier 86 (page 14) et comme on le verra page 117. La marge gauche de la page 6 porte une addition de quatre lignes, non lue. ↩
- Dans le tableau de la page 9, \(\sigma_1 s_4\) est dit dans \(f_4 \smallsetminus f_2\) ; c'est \(f_4 \smallsetminus f_3\), comme le schéma des autres lignes. L'exposant de \(\lambda_3^{0\,3}\) est lu avec doute. ↩
- La page 11 encadre déjà une forme réduite, « \(\sigma_i s_j = s_0 + \lambda_i(e_i + e_{i+1}) + e_j\) ». Le signe est faux : avec \(\lambda_{i,i+2} = 1\), l'involution exige \(\lambda_{ii} = -\lambda_{i,i+1}\), et la forme est \(s_0 + \lambda_i(e_{i+1} - e_i) + e_j\), comme aux pages 18 et 25. ↩
- « Exprimons que \(\sigma_0\) est une réflexion », page 13 ; « Exprimons que \(\sigma_i\) est une réflexion », page 15. Les conditions \(\sigma_i^2 = 1\) seules laissent d'autres solutions : \(\lambda_{i,i+2} = -1\) donne, en caractéristique \(\neq 2\), une involution dont les points fixes forment un sous-espace de codimension \(n - i + 1\). Pour un polyèdre convexe réel, les générateurs sont des réflexions ; c'est sans doute ce qui guide le choix. ↩
- La page traite les anneaux autrement : « ces résultats marchent aussi sur un anneau réduit » ; sur un anneau quelconque elle pose \(\lambda_{i,i+2} = 1 + \nu\), \(\nu\) nilpotent, distingue la caractéristique résiduelle \(\neq 2\) et \(= 2\) (système II, page 19), et conclut « manifestement » pour le second cas. L'argument par comparaison des coefficients est de l'édition. Une ligne de la page 18 porte \(\lambda_{i,i+1} + \lambda_{i,i+1}\), pour \(\lambda_{ii} + \lambda_{i,i+1}\). Pour \(\sigma_0\), si la caractéristique est \(2\) et \(\alpha_0 = 0\), l'équation \(2x_1 - \alpha_0\Sigma_0 = 1\) est vide : \(\sigma_0\) est la translation de vecteur \(e_1\), et son hyperplan fixe est l'hyperplan à l'infini (« l'hyperplan : l'infini »). ↩
- La page écrit l'équation de \(H_i\) avec \(x_{n+2}\), pour \(x_{n+1}\). Le signe devant \(\alpha_0\) dans \(H_0\), page 15, est lu avec doute ; le calcul donne \(-\). ↩
- L'ajout est de l'édition ; on a vérifié les relations sur machine pour \(n \leq 4\). ↩
- Machine : le polynôme caractéristique pour \(n = 2, 3, 4\) et tout \(i\). L'énoncé pour \(n = 2\) est celui de la page 67, « \(\rho_s^p = \mathrm{id} \iff F_p(\alpha) = 0\) », sans démonstration. ↩
- Le rapprochement est le nôtre ; dans la représentation de Tits, la forme invariante a pour coefficients \(-\cos(\pi / m_{ij})\), et l'on a \(\alpha + 2 = 4\cos^2(\pi / p)\) pour \(\alpha = 2\cos(2\pi / p)\). ↩
- La fin de la phrase est en partie incertaine (« des Longueurs associés à la réal. riemannienne »). Deux lignes biffées ne se lisent que par morceaux. Le \(\Pi\) de la page est une « \(n\)-carte », avec un mot incertain. ↩
- La page 25 écrit \(\sigma_0 s_i = -(1 + \alpha_i)s_0 + (1 + \alpha_i)s_1 + s_i\) ; l'indice de \(\alpha\) est \(0\), comme le donne le tableau encadré qui suit, valable pour \(0 \leq i \leq n\) : \(\sigma_i s_j = -(1 + \alpha_i)s_i + (1 + \alpha_i)s_{i+1} + s_j\) pour \(j \geq i + 2\). Le coefficient \(2\) de \(e'_1\), page 23, est une surcharge lue d'après \(H_0\). ↩
- La page lit l'enveloppe affine « Env », sans certitude sur les dernières lettres. Ici \(E\) est sur un corps, ou fibre par fibre. ↩
- Sans l'involution, « réflexion projective » veut dire ici : une transformation qui fixe point par point un hyperplan — une homologie ou une élation, dirait-on en géométrie projective classique. Le mot de la page est « réflexion projective ». ↩
- Le calcul de \(\sigma_i^2\) de la page 33 omet le terme \((1 - \lambda_i)\mu_i\Sigma_i\) de \(X_i\) et donne à \(x_{i+1}\), dans \(X_{i+1}\), le coefficient \(1\) au lieu de \(\lambda_i^2 - \lambda_i + 1\) ; la conclusion « sss \(\lambda_i = 1\) » n'en est pas affectée. Pour \(\sigma_0\), \(X_1 = \lambda_0 + (\lambda_0 - 1)^2x_1 + \lambda_0(\mu_0 - 1)\Sigma_0\), exact. Dans le cas polyédral, \(\mu_0 - 1 = \alpha_0\) et \(\mu_i = -(1 + \alpha_i)\) (\(i \geq 1\)) en termes de la page 18. ↩
- La page distingue a) « \(1 + \eta_0 + \cdots + \eta_0^{n-1} = 0\), i.e. \(\eta_0^n = 1\) et (\(\eta_0 \neq 1\) ou \(p \nmid n\)) » et b) « \(\eta_0 = 1\), \(\alpha_0 = 0\) … et \(p \mid n\) ». Les divisibilités sont échangées : a) est « (\(\eta_0 \neq 1\) et \(\eta_0^n = 1\)) ou (\(\eta_0 = 1\) et \(p \mid n\)) », et le cas restant où la partie linéaire est l'identité est b) \(\eta_0 = 1\), \(\alpha_0 = 0\), \(p \nmid n\) ; la lecture de la parenthèse de a) est d'ailleurs incertaine. Page 35, sous « \(\eta_0 = 1\) », la page écrit « a) \(\alpha_0 = 1\) : \(\sigma_0 = \mathrm{id}\), cas impropre » : c'est impossible, \(\sigma_0\) envoie \(s_0\) sur \(s_1\) ; la ligne précédente dit « d'ordre \(1\) sss \(\alpha_0 = 0\) », ce qui concerne la partie linéaire. ↩
- La page écrit « \(1\) de multiplicité \(n - 1\) » ; l'espace est de dimension \(n + 1\). Elle récrit aussi \(\sigma_i\) avec un paramètre qu'elle nomme \(\alpha_i\), \(\mu_i = 1 + \alpha_i\), qui n'est pas celui de la page 18 : dans le cas polyédral, le \(1 + \alpha_i\) de la page 36 est le \(-(1 + \alpha_i)\) de la page 18. On n'emploie pas cette lettre ici. ↩
- La page note \(E^{-}(i)\), \(E^{+}(i)\), \(\Gamma_n^{\pm}(i)\) avec des signes repassés ; telle qu'elle est lue, elle quotiente par le groupe inférieur et fait opérer \(\Gamma_n^{+}(i) \simeq \Gamma_{i-1}\), ce que la note de la transcription signale. On suit les définitions : on quotiente par le groupe supérieur, le groupe inférieur opère. La carte est appelée « \(n\)-quelette », mot lu avec doute. ↩
- Le cas \(j = i + 2\) porte deux mots lus « un pas idiot », lecture très incertaine ; on comprend « cas idiot ». Le bord et l'étoile sont les sections \(\Pi(d_{-1,i})\) et \(\Pi(d_{i,n+1})\), comme le dit la page 41. ↩
- La page numérote ces invariants \(p_0, \dots, p_{n-1}\) ; dans la convention de la page 3, suivie ici, ce sont \(p_1, \dots, p_n\). Son début de démonstration écrit \((\sigma_0\sigma_1)^p x = g_x x\) avec \(g_x \in G_n^{+}(2)\). ↩
- Le corps est dit « ordonné », lecture incertaine. La page 44, barrée, est un premier essai, avec un diagramme \(\varphi_G : G \to \operatorname{Aff}(E)\), \(\varphi_R : R \to \mathrm{Drap\,max}(E)\), \(\varphi_{D_i} : D_i(\Pi) \to \operatorname{Grass}_i(E)\), où \(R\) est un « \(G\)-torseur » et \(\varphi_R\) un « \(G\)-homomorphisme ». La version de la page 43 n'exige pas de groupe : c'est une réalisation, régulière ou non. ↩
- La page écrit le but \(\mathrm{Drap\,aff}_J(\Pi)\) ; on lit \((E)\). Les géométries de drapeaux sont l'objet des pages 15 à 33 du dossier 76. ↩
- La première moitié de la page 46 est barrée ; elle définissait la carte quotient \(R_{ij} = R / (\sigma_0, \dots, \sigma_{i-1}, \sigma_{j+1}, \dots, \sigma_n)\), avec \(\sigma'_0 = \sigma_{i+1}, \dots, \sigma'_{j-i-2} = \sigma_{j-1}\). Le mot de liaison en tête de la page 47 n'est pas lu ; la phrase finale sur \(\mathbb{P}(V / V_i)\) est une conclusion de l'édition. ↩
- La page conclut « \(\varphi_S(\mathrm{S})\) engendre aff. \(E\) » sans dire que \(E\) est de dimension \(3\) ; on l'ajoute. L'énoncé dual (trois plans indépendants) est projectif. La page 59, sans texte, redessine la figure de la page 52 : le sommet \(s_0\), les arêtes \(a_0, a_1, a_2\) vers \(s_1, s_2, s_3\), les faces \(f_0, \dots, f_3\). ↩
- Ou un anti-homomorphisme, selon qu'on fait opérer \(\mathrm{G}\) à gauche ou à droite sur les repères ; voir la page 117. ↩
- La page écrit « non coplanaire avec trois des quatre pts », avec un mot incertain ; la précision sur le tore est de l'édition. ↩
- La page écrit « \(\varphi_R(r_0) \in r_0 = (s_0, a_0, f_0)\) », peut-être pour « \(= \) ». À la page 54, la deuxième ligne de la définition des \(\sigma_i\) porte \(\sigma_1(a_0) = a_0\) en troisième position ; c'est \(\sigma_1(f_0) = f_0\). ↩
- La page écrit d'abord a) « est géométrie d'incidence ssi \((p, q) = (1, 2)\) ou \((2, 1)\) » et b) « est polyèdre combinatoire ssi \(p = 2\) ou \(q = 2\) », qui énumèrent les exceptions plutôt qu'elles ne caractérisent ; puis, entre crochets, les énoncés qu'on donne. Elle n'a pas biffé a) et b). L'explication par le dossier 86 est de l'édition. ↩
- La page écrit « centralisateur de \(\mathcal{C}\) » ; on lit « de \(G\) ». ↩
- La page note ce groupe \(\Gamma^0_{\infty,3}\), dans sa convention de la page 61 où \(\rho_s = \sigma_0\sigma_1\) et \(\rho_f = \sigma_1\sigma_2\) ; par dualité, \(\Gamma^+_{p,q} \simeq \Gamma^+_{q,p}\), et l'ordre des indices n'importe pas pour les groupes. La première ligne, \(1 \to R_n \to \mathrm{SL}(2, \mathbf{Z})/\pm 1 \to \mathrm{SL}(2, \mathbf{Z}_2) \to 0\), avec un indice \(n\) douteux, dit que le noyau de la réduction modulo \(2\) est engendré, comme sous-groupe distingué, par le carré d'un élément parabolique. ↩
- La page écrit ce produit \(\rho'_s = \sigma\rho_f = \sigma_2\rho_f\sigma_2^{-1}\) ; dans ses notations, \(\sigma\rho_f = \sigma_0\sigma_2\sigma_1\sigma_2 = \sigma_2\rho_s\sigma_2^{-1}\), conjugué de \(\rho_s\), non de \(\rho_f\). Les signes de la matrice de \(\rho_f\) sont repassés. ↩
- Fait classique, connu de Klein et Fricke ; cité de mémoire. La dernière case du tableau, « pavage par triangles orienté du plan », est très serrée ; « cas 3-diédral » pour \(n = 2\) est une lecture probable. Les noms de solides sont ceux de la page ; un solide et son dual ont le même groupe. ↩
- La page écrit la troisième coordonnée de \(s'_3\) (son \(s''_3\)) « \(1 - \zeta\) » au lieu de \(1 + \zeta\), et en tire « \(\zeta^2 = 0\), \(\eta + \xi = \xi\zeta = \eta\zeta\) » ; avec \(1 + \zeta\), l'involution donne \(\zeta(\zeta + 2) = 0\). La conclusion \(\zeta = 0\), \(\xi = -\eta\), qu'imposent le déterminant \(-1\) ou le plan fixe, est la même. Les points d'interrogation de la page sous « \(\mu = 1\) ? », « \(\xi = -\eta\) ? », « \(\zeta = 0\) ? » sont levés à la page 66. ↩
- La ligne de la page 66 se lit « \(\sigma_0\) est une symétrie par rapport à un hyperplan sauf si \(\mu = 1\) », lecture incertaine d'une ligne rapide ; ce qu'on donne est le calcul. ↩
- Vérifié sur machine : \(f\) est invariante par les trois générateurs pour \(\alpha, \beta\) quelconques. L'unicité découle du calcul de la page : l'invariance par \(\sigma_0\) et \(\sigma_1\) dans le plan \(z = 0\) donne \(a = b = -p = -q\), \(w = -\beta a\), celle par \(\sigma_2\) donne \(c = b\), \(v = w\), \(r = q\), et \(u\) est déterminé par \(\sigma_1\). ↩
- La page écrit \(\delta' = 4 - \beta^2(\gamma + 2) - \gamma^2 = -(\alpha + 2)(\beta + 2)^2(\alpha - \beta)\), le dernier facteur lu avec doute ; le calcul donne \((\alpha + \beta)\). \(\delta(f)\) est exact, ainsi que \((\gamma + 2)(\gamma - 4\beta - 6)\), l'autre forme qu'en donne la page. La condition d'inversibilité est dite « \(\alpha \neq \pm 2\), \(\beta \neq -2\), \(\alpha + \beta \neq 0\) », avec des mots incertains. ↩
- Tout ceci vérifié sur machine. La page note le centre \(\sigma\), lettre déjà prise, et l'antipodisme d'un \(a\) souligné. ↩
- Les noms sont les nôtres ; dans le symbole \(\{q, p\}\), \(q\) est la face et \(p\) la figure de sommet. Les lignes de l'icosaèdre et du dodécaèdre, prises avec l'autre racine de \(x^2 + x - 1\), donnent les deux autres, le grand icosaèdre \(\{3, 5/2\}\) et le grand dodécaèdre étoilé \(\{5/2, 3\}\). La page ajoute pour chaque cas une ligne « \(Q_E\) bisingulière ssi car. \(\neq \ldots\) », où « bisingulière » est lu avec doute et dont le sens n'est pas sûr ; on ne la reprend pas. Le paragraphe qui clôt la page 69, marqué d'un « ? », est en grande partie illisible. ↩
- Les lettres \(U, V, W\) sont surchargées sur la page, et plusieurs lignes intermédiaires sont barrées ; on a refait le changement de variables pour qu'il aboutisse à l'équation finale de la page. ↩
- L'identification est de l'édition ; la page s'arrête sur l'équation. ↩
- La note de la transcription doute que cela se lise sur les équations transcrites ; cela s'y lit. ↩
- Vérifié sur machine sur \(\mathbf{Q}(\sqrt 5)\). La page 75 donne \(\iota s''_3 = (\alpha', 1 - 2\alpha', -\alpha')\) ; le calcul donne \((\alpha', 1, -\alpha')\). Les restes de calcul « \(\tfrac12(-1 + \sqrt 5)\) » et « \(\lambda = -2 + \sqrt 8\) » sous la ligne de l'antipodisme ne se rattachent à rien. ↩
- La page écrit le noyau \((\alpha', 1 - \alpha', 1 - \alpha') = (\alpha', \alpha, \alpha) = (1 + \alpha, \alpha, \alpha)\), égalités valables en caractéristique \(2\). Le crochet de la page 75 récrit \(q\) en caractéristique \(\neq 2\) sous une autre forme, que l'on ne reprend pas. ↩
- La page est d'une écriture très rapide ; la note de la transcription dit les listes « sûres dans leur structure, beaucoup moins dans leurs légendes ». \(\Phi\) et \(\Phi'\) sont les sommets des dodécaèdres inscrits dans \(\Pi\) et dans le « cofacettoïde associé » \(\Pi'\), lecture incertaine. ↩
- L'explication par les points extérieurs et intérieurs est de l'édition ; c'est la géométrie d'une conique sur \(\mathbf{F}_q\), \(q\) impair, qui a \(q + 1\) points, \(q(q+1)/2\) points extérieurs et \(q(q-1)/2\) points intérieurs. La page écrit d'abord \(1 + 12 + 60 + 40 = 113\), total surchargé. C'est l'isomorphisme exceptionnel \(\mathfrak{A}_5 \simeq \mathrm{PSL}(2, \mathbf{F}_5)\), que les annonces de cours du dossier 75 mettent en tête du programme. ↩
- La page est coupée à droite dans la numérisation. Elle contient aussi une vérification de \(\alpha' = -\alpha - 1\) et le calcul de \(\bar s_1 - \bar s_0 = (2\alpha - 1, 0, 0)\) pour des points \(\bar s_0 = (-\alpha, 1, 1)\), \(\bar s_1 = \sigma_0 \bar s_0\) de l'axe \(D_0\) ; « \(s_2 - s_0 = e_2 - e_3\) » est tel quel. ↩
- Elle porte \(-\alpha'\), \(-\alpha'\) dans la troisième colonne, le premier signe douteux ; avec \(\alpha' = -(1 + \alpha)\), c'est \(\alpha'\), \(-\alpha'\). Le signe de \(\lambda(e_2 - e_1)\) dans le calcul de \(s'_3 - s_3\) est lu tel quel ; c'est \(\lambda(e_1 - e_2)\). ↩
- La page les appelle \(u\) et \(v\) ; elle écrit le cycle de \(u\) sur les sommets du triangle « \(s_0 \mapsto s_1 \mapsto s_2 \mapsto s_1\) ? », pour \(s_0\) en dernier. ↩
- C'est la proposition de la section I pour \(p = 5\) ; vérifié sur machine. ↩
- Dans (10), la relation de commutation se lit \(\sigma_0\sigma_2 = \sigma_2\sigma_1\) ; c'est \(\sigma_2\sigma_0\). Le nom \(H_3\) n'est pas sur la page. ↩
- L'argument est celui de la page 88, avec « il n'y en a qu'un seul » ; la justification par \(\mathfrak{A}_5\) est de l'édition. La page 86 ne porte que la fin de phrase « de l'icosaèdre ». La page 81 n'est pas transcrite. ↩
- La page n'identifie pas \(\iota\) à un mot en les générateurs ; on a vérifié sur machine que \((\sigma_0\sigma_1\sigma_2)^5\) est \(x \mapsto 2o - x\). Elle lit le vecteur de translation « \((\alpha', 1, 1)\) », les deux dernières composantes surchargées ; c'est \((\alpha', 1 - \alpha', 1 - \alpha') = (\alpha', \alpha, \alpha)\) en caractéristique \(2\). ↩
- La page note de la même lettre \(K\) la clôture algébrique et l'extension quadratique de \(\mathbf{F}_2\) qu'elle contient. ↩
- Les deux dernières lignes de (18), page 92, ont leur deuxième coordonnée noircie après le « \(1\) » ; les valeurs exactes sont \((0, 1, -\alpha')\) et \((\alpha', 1, -\alpha')\), et non celles qu'attend la note de la transcription. La page 93 en donne d'abord une autre version, barrée, calculée avec un autre centre. ↩
- Vérifié sur machine, pour tous les triplets, toutes les paires (les douze points sont distincts en toute caractéristique) et tous les couples (face, sommet) : les normes en jeu sont \(\pm 1\), ou de p.g.c.d. \(1\). On a aussi contrôlé directement sur \(\mathbf{F}_4\), \(\mathbf{F}_9\), \(\mathbf{F}_5\), \(\mathbf{F}_{49}\), \(\mathbf{F}_{11}\) (deux racines), \(\mathbf{F}_{169}\), \(\mathbf{F}_{19}\), \(\mathbf{F}_{29}\), \(\mathbf{F}_{31}\) : \(12\) points distincts, aucun triplet aligné, \(75\) quadruplets coplanaires, aucun contenant une face. Ce que vise la marge « faux en car. \(2\) » n'est pas clair ; en caractéristique \(2\), \(\iota\) étant une translation, \(s_0, s_1, \iota s_0, \iota s_1\) forment un parallélogramme, mais ces quatre points sont déjà coplanaires en caractéristique \(0\). ↩
- La page 95 encadre « \(2a = 0\) ? », lecture douteuse, et garde un terme \(\mu(y + z)\) qu'une ligne précédente biffe ; la page 97 conclut proprement. La page 98, barrée, est une première version du calcul de \(f\sigma_1\), faite avec \(\alpha\) là où il fallait \(\alpha'\), et aboutit à une autre forme, \(x^2 + y^2 + z^2 - 2(1 + \alpha)yz - (x + y + z)\), que la page abandonne. La page 96, barrée aussi, commence le calcul des quadriques passant par les sommets. ↩
- Vérifié sur machine : les conditions d'annulation aux douze sommets sont de rang \(9\) dans l'espace de dimension \(10\) des fonctions quadratiques. La page 101 encadre \(w = a\) avec un calcul intermédiaire en partie biffé. ↩
- La troisième ligne de la matrice (22) est écrite \((-\alpha, -1, 2, -1)\), non symétrique ; on la rétablit. La valeur \(-\alpha - 3\) est celle du tableau de la page 69, vérifiée. Le calcul de la page 104 par les mineurs \(\Delta_1 = -\alpha'\), \(\Delta_2 = \alpha + 2\), \(\Delta_3 = -2 - \alpha\), qui aboutit à \(\alpha'\), contient des erreurs de mineurs ; le résultat retenu à la page 102 est le bon. ↩
- Une première version, en bleu, biffée, disait « Vérifier ! Donc l'icosaèdre est inscrit dans une quadrique lisse en toute dimension ! » ; elle se poursuit page 106. Le mot après « 5- » n'est pas lu. ↩
- La page écrit « \(c\) satisfaisant \(\Phi_n(c) = 0\) » ; c'est le polynôme qu'on a noté \(\Psi_n\) (pour \(\Phi_n\) cyclotomique, \(\Phi_n(\zeta) = 0\)). Le rapprochement avec le paramètre \(\alpha\) est de l'édition. Une liste numérotée 1) à 3) des données équivalentes (module quadratique de rang \(2\), section de \(\Sigma^{(q)}/\mu_n^{(q)}\), revêtement étale quadratique \(\Omega\) et isomorphisme) est en partie illisible. ↩
- Feuille de listing, plusieurs lignes barrées ; on ne donne que ce qui se lit. La normalisation exacte (« \(-xx' + b(xy' + x'y) + c\,yy'\) ») est incertaine. ↩
- La page 108 résume : pour \(\sigma_1\), des « modules » \(\lambda, \mu, \nu\) avec \(\nu^2 = 1\), \(\mu = -\nu\lambda\), puis \(\nu = 1\) « exprimant \(u^3 = \mathrm{id}\) » et \(\lambda^2 + \lambda - 1 = 0\). Ce n'est pas \(\rho_f^3 = \mathrm{id}\), automatique (page 85), mais \(\rho_s^5 = \mathrm{id}\) qui donne l'équation ; \(\lambda = \alpha'\) vérifie la même équation que \(\alpha\). Le dernier paragraphe de la page 108, barré, voulait traiter le cas \(\nu = -1\). ↩
- La page note \(S\) la base, comme les sommets ; on l'appelle \(Y\). ↩
- L'homothétie est de l'édition : la représentation linéaire est absolument irréductible, son commutant est formé des scalaires, et un automorphisme commutant à \(\Gamma\) fixe \(o\). La marge de la page 111, en partie illisible, esquisse un programme : représentations affines fidèles, conditions d'existence, « classification des représentations affines … des formes de l'icosaèdre ». ↩
- La page le note \(\Gamma\). ↩
- La page écrit \(z \in \mathfrak{F}_*\) ; on lit \(\mathfrak{F}_{**}\), comme le demande le sens. Pour que ce soit une relation d'ordre, il faut que l'incidence soit transitive, ce qui vaut pour la carte universelle, et que la page tient pour acquis. ↩
- En marge de [19], « redondant ? », avec une condition équivalente proposée, \(\operatorname{Rep}(P) / \mathfrak{G}_H \xrightarrow{\sim} \Psi_H(P)\) pour tout \(H\). Le texte de [17] est en partie illisible au-delà de la première ligne. ↩
- La page écrit « isomorphisme ». La même inversion de l'ordre est relevée par la lecture du dossier 86, page 14. ↩
- « orientable » est une lecture incertaine. ↩
- Le rapprochement est de l'édition. La page renvoie à « [12] » pour [33], numéro surchargé ; la condition est [18]. ↩
- Le dossier 76 prend \(\varphi(\bar b) = -\varphi(b)\), d'où le cube \([-1, 1]^I\) ; ici \(\varphi_b + \varphi_{\bar b} = 1\) donne \([0, 1]^I\). ↩
- Les noms « polytope croisé », « hyperoctaèdre » ne sont pas sur la page. Elle écrit « de dim. \(n\) » après « sous-var. linéaires affines », pour l'espace \(E\). ↩
- Le foncteur est de l'édition ; la page énonce l'équivalence. L'indice du second \(\operatorname{Aut}\) se lit « ord » ou « ad ». ↩
- La condition 2) est entre crochets, son numéro noirci, et une flèche la contourne : elle est peut-être retirée. La précision de 3) est en marge et remplace une parenthèse barrée. Dans 1), la page écrit « la dimension combinatoire de \(\mathcal{F}\) », pour \(V\). ↩
- Cette interprétation est de l'édition ; elle rend compte des valeurs aux bords. Les bornes du produit se lisent \(1\) et \(n - 1\), qui ne donnent pas l'ordre du groupe. Les \(\delta_i\) (\(0 \leq i \leq n - 2\)) ne sont pas définis ; ce sont peut-être les \(p_i\) de la page 3. ↩