Cote n° 55 · pages 1–17 · Lecture modernisée · Espaces analytiques : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [à partir de 1961]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre

Résumé

En géométrie algébrique, un espace affine se lit tout entier sur l'anneau de ses fonctions : les objets géométriques qui vivent dessus — les faisceaux cohérents — ne sont rien d'autre que des modules sur cet anneau, et l'on peut passer d'un langage à l'autre sans rien perdre. Ce dictionnaire est la raison d'être de la notion de schéma affine. La question que posent ces notes est de savoir s'il existe un dictionnaire semblable en géométrie analytique complexe, où les fonctions sont holomorphes et non polynomiales.

Sur un ouvert de \(\mathbb{C}^n\) la réponse est non : l'anneau des fonctions holomorphes est trop gros, et un faisceau cohérent peut demander une infinité de sections pour être engendré. Mais sur un compact convenable — un polydisque fermé, avec les germes de fonctions holomorphes au voisinage — les théorèmes de Cartan donnent exactement ce qu'il faut : tout faisceau cohérent est engendré par un nombre fini de sections globales, et la cohomologie s'annule. Les notes montrent qu'alors le dictionnaire marche (pages 1 et 3), puis isolent ce qui le fait marcher, pour un espace annelé quelconque (page 5), puis l'étendent aux algèbres (pages 7, 9 et 11). Elles se ferment sur la question qui décide de tout : l'anneau \(A\) des fonctions sur le compact est-il noethérien, comme l'est celui d'une variété affine ? Un lemme le démontre sous des hypothèses qu'il écrit, et la marge note « premier espoir ». Pour un polydisque fermé, c'est un théorème de Frisch, publié quelques années plus tard.

Le dossier contient aussi deux choses sans rapport avec ce qui précède. Des feuillets dactylographiés d'un traité sur la dimension, qu'il a annotés en correcteur exigeant (« propositions laborieuses inutiles », « abusif »). Et un petit fragment, pages 16 et 17, qui donne un exemple : un tore complexe de dimension 2, construit comme le plan \(\mathbb{C}^{2}\) enroulé sur un réseau, qui est un fibré en courbes elliptiques au-dessus d'une courbe elliptique, et qui pourtant ne peut être plongée dans aucun espace projectif. L'idée tient à un nombre irrationnel glissé dans le réseau. Le réseau que la page écrit ne convient pas — il se scinde, et le tore obtenu est un produit — mais une permutation du nombre irrationnel suffit à le réparer, et le calcul de la page passe alors tel quel.

Keywords — Stein compact, coherent sheaf, Cartan theorems A and B, coherent ring, Frisch theorem, non-algebraic complex torus, Poincaré reducibility, Krull dimension, catenary space

Le fil du dossier, et les conventions

Les notes manuscrites, à l'encre bleue, alternent feuillet à feuillet avec les tapuscrits et suivent un seul fil :

  1. 1.Le dictionnaire sur un compact de Stein (pages 1 et 3).
  2. 2.Le lemme A (page 5) : ce qu'il faut à un espace annelé pour que le dictionnaire tienne ; ses corollaires, exactitude, platitude, cohérence de \(A\).
  3. 3.Les algèbres (page 7), et la question de pure algèbre commutative qui en sort.
  4. 4.Les algèbres de polynômes (page 11, puis page 9) : passage à la limite sur les degrés. L'ordre des archivistes n'est pas ici celui de la rédaction, et on lit la page 11 avant la page 9.
  5. 5.Le lemme B (page 13) : noethérianité de \(A\).

Les tapuscrits (pages 2, 4, 6, 10, 12, 14 et 8) sont lus à part, dans l'ordre de leur propre pagination, pour ce qu'il y a ajouté. Le tore (pages 16 et 17) est lu en dernier.

Conventions. Pour un espace annelé \(X\), on note \(\mathcal{O}_{X}\) son faisceau structural, \(A = \Gamma(X, \mathcal{O}_{X})\), \(A_{X}\) le faisceau constant d'anneaux, et pour un \(A\)-module \(M\), \(\widetilde{M} = M \otimes_{A_{X}} \mathcal{O}_{X}\). Un compact de Stein est un compact \(K\) d'un espace analytique complexe qui admet un système fondamental de voisinages de Stein ; on le munit du faisceau \(\mathcal{O}_{K}\) des germes de fonctions holomorphes le long de \(K\). \(\mathcal{B}\) est une \(\mathcal{O}_{X}\)-algèbre, et, pour \(\mathcal{B} = \mathcal{O}_{X}[T_{1}, \ldots, T_{n}]\), \(\mathcal{B}_{m}\) est le sous-Module des polynômes de degré au plus \(m\), libre de rang fini sur \(\mathcal{O}_{X}\).

Ce que le dossier annonce et n'établit pas : le corollaire 3 de la page 5, sur les idéaux maximaux, presque illisible ; la cohérence des idéaux tronqués \(J_{m}\) de la page 9, et avec elle l'engendrement par les sections pour les algèbres de présentation finie ; la démonstration du lemme B ; la réponse à la question de la page 7 au-delà du cas « classique ».

1–3

Le dictionnaire sur un compact de Stein (pages 1 et 3)

Soit \(K\) un compact de Stein et \(A = \Gamma(K, \mathcal{O}_{K})\).1

Énoncé. Le foncteur \(M \mapsto \widetilde{M}\) est une équivalence de la catégorie des \(A\)-modules de présentation finie sur celle des \(\mathcal{O}_{K}\)-Modules cohérents.2

Deux faits sur \(K\) servent, et ce sont les théorèmes de Cartan :

  1. (A)tout \(\mathcal{O}_{K}\)-Module cohérent \(F\) est engendré par un nombre fini de sections globales : il existe une surjection \(\mathcal{O}_{K}^{q} \to F\) ;
  2. (B)\(H^{1}(K, F) = 0\) pour tout \(F\) cohérent.

\(M \simeq \Gamma(\widetilde{M})\). Une présentation \(A^{p} \to A^{q} \to M \to 0\) donne, le produit tensoriel étant exact à droite, \(\mathcal{O}^{p} \to \mathcal{O}^{q} \to \widetilde{M} \to 0\). Par (B), appliqué au noyau et à l'image, qui sont cohérents, la suite des sections reste exacte ; comparant les deux suites, \(M \xrightarrow{\sim} \Gamma(\widetilde{M})\).

Pleine fidélité (page 3). Pour \(N\) un autre module de présentation finie, on a le diagramme commutatif à lignes exactes

LaTeX source
\begin{tikzcd}
0 \arrow[r] & \mathrm{Hom}(M, N) \arrow[r] \arrow[d, "\alpha"] & N^{q} \arrow[r] \arrow[d, "\beta"] & N^{p} \arrow[d, "\gamma"] \\
0 \arrow[r] & \mathrm{Hom}(\widetilde{M}, \widetilde{N}) \arrow[r] & \Gamma(\widetilde{N})^{q} \arrow[r] & \Gamma(\widetilde{N})^{p}
\end{tikzcd}

obtenu en appliquant \(\mathrm{Hom}(-, N)\) et \(\mathrm{Hom}(-, \widetilde{N})\) aux deux présentations. \(\beta\) et \(\gamma\) sont bijectives par ce qui précède, donc \(\alpha\) l'est aussi.

Surjectivité essentielle. Si \(F\) est cohérent, (A) donne \(\mathcal{O}^{q} \to F \to 0\) ; le noyau \(R\) est cohérent, et (A) encore donne \(\mathcal{O}^{p} \to R \to 0\), d'où une présentation \[ \mathcal{O}^{p} \xrightarrow{u} \mathcal{O}^{q} \to F \to 0 . \] La matrice \(u\) est faite de sections globales, donc définit \(u : A^{p} \to A^{q}\), et pour \(M = \mathrm{Coker}\, u\) on a \(F \simeq \widetilde{M}\).

5–5

Le lemme A (page 5)

La page 5 abstrait ce qui vient d'être fait.

Lemme A. Soit \(X\) un espace annelé tel que

  1. (i)\(X\) est quasi-compact ;
  2. (ii)\(\mathcal{O}_{X}\) est un faisceau d'anneaux cohérent ;
  3. (\(\alpha\))pour toute suite exacte \(\mathcal{O}_{X}^{p} \to \mathcal{O}_{X}^{q} \to F \to 0\), la suite des sections globales est exacte ;
  4. (\(\beta\))tout \(\mathcal{O}_{X}\)-Module de présentation finie est engendré par ses sections globales.

Alors, avec \(A = \Gamma(X, \mathcal{O}_{X})\), le foncteur \(M \mapsto \widetilde{M}\) est une équivalence de la catégorie des \(A\)-modules de présentation finie sur celle des \(\mathcal{O}_{X}\)-Modules de présentation finie, qui sont les cohérents.

La démonstration est celle des pages 1 et 3, mot pour mot : (\(\alpha\)) donne \(M \simeq \Gamma(\widetilde{M})\) et la pleine fidélité, (\(\beta\)) et (i) la surjectivité essentielle.3 Une variante, écrite de bas en haut dans la marge gauche, remplace la quasi-compacité par un système fondamental de voisinages quasi-compacts et vise des présentations \(\mathcal{O}^{I} \to \mathcal{O}^{J}\) quelconques ; elle n'est pas achevée.

Corollaire 1. Le foncteur \(M \mapsto \widetilde{M}\) est exact. En particulier, pour tout \(x \in X\), \(\mathcal{O}_{X,x}\) est plat sur \(A\).

Corollaire 2. L'anneau \(A\) est cohérent : pour tout homomorphisme \(A^{n} \to A\), le noyau est de type fini.

On démontre le second d'abord. Le noyau \(\mathcal{K}\) de \(\mathcal{O}_{X}^{n} \to \mathcal{O}_{X}\) est cohérent, donc de la forme \(\widetilde{N}\) avec \(N\) de présentation finie, et \(N = \Gamma(\mathcal{K}) = \mathrm{Ker}(A^{n} \to A)\), \(\Gamma\) étant exact à gauche. Pour le premier : si \(M' \to M\) est injectif entre modules de présentation finie, le noyau de \(\widetilde{M'} \to \widetilde{M}\) est un \(\widetilde{N}\), et \(N = \Gamma(\widetilde{N}) = \mathrm{Ker}(M' \to M) = 0\). Comme \(\widetilde{M}_{x} = M \otimes_{A} \mathcal{O}_{X,x}\), la tensorisation par \(\mathcal{O}_{X,x}\) conserve l'injectivité \(I \to A\) pour tout idéal de type fini \(I\) — de présentation finie puisque \(A\) est cohérent —, et \(\mathcal{O}_{X,x}\) est plat.4

Corollaire 3. Il porte sur les idéaux maximaux de type fini de \(A\) et les idéaux maximaux des \(\mathcal{O}_{X,x}\), sous une hypothèse que \(X\) soit « pur ».5

7–7

Les algèbres, et une question d'algèbre commutative (page 7)

Du lemme A la page tire, pour les algèbres, deux conclusions :

Une \(\mathcal{O}_{X}\)-Algèbre est de présentation globale finie quand elle est quotient de \(\mathcal{O}_{X}[T_{1}, \ldots, T_{n}]\) par un Idéal engendré par un nombre fini de sections globales.6

Question. Pour une \(\mathcal{O}_{X}\)-Algèbre \(\mathcal{B}\) de présentation finie, le noyau \(\mathcal{J}\) de \(\mathcal{O}_{X}[T_{1}, \ldots, T_{n}] \to \mathcal{B}\) est-il cohérent ? Il y voit une question « de pure algèbre commutative » : \(A\) étant un anneau cohérent et \(J\) un idéal de type fini de \(B = A[T]\), les \(J \cap B_{m}\) sont-ils des \(A\)-modules de type fini ? et, plus généralement, les sous-\(A\)-modules de type fini de \(B\) ont-ils cette propriété ?7 Une note au pied de la page répond pour un cas : « ok. dans le cas “classique” \(X\) polycylindre analytique ».

11–9

Les algèbres de polynômes (page 11, puis page 9)

Corollaire. Supposons que \(X\) satisfasse, en plus de (i),

  1. (ii')les \(\mathcal{O}_{X,x}\) sont noethériens, et \(\mathcal{O}_{X}[T_{1}, \ldots, T_{n}]\) est un faisceau d'anneaux cohérent pour tout \(n\) ;
  2. (iii')tout point a un système fondamental de voisinages quasi-compacts qui satisfont la condition (iii) de la page 5.

Alors la conclusion du lemme A reste valable pour \(\mathcal{B} = \mathcal{O}_{X}[T_{1}, \ldots, T_{n}]\), et plus généralement pour toute Algèbre de présentation finie.8

La condition (\(\alpha\)) pour \(\mathcal{B}\). Soit \[ \mathcal{B}^{p} \xrightarrow{u} \mathcal{B}^{q} \to \mathcal{M} \to 0 \] une suite exacte, et \(N\) un majorant des degrés des coefficients \(u_{ij}\). Elle est limite inductive des suites exactes de \(\mathcal{O}_{X}\)-Modules cohérents \[ \mathcal{B}_{m}^{p} \to \mathcal{B}_{m+N}^{q} \to \mathcal{M}_{m} \to 0 , \] \(\mathcal{M}_{m}\) désignant le conoyau. Chacune reste exacte sur les sections par (\(\alpha\)) pour \(\mathcal{O}_{X}\), et en passant à la limite \[ \Gamma(\mathcal{B}^{p}) \to \Gamma(\mathcal{B}^{q}) \to \Gamma(\mathcal{M}) \to 0 \] est exacte : c'est (\(\alpha\)) pour \(\mathcal{B}\).9

La démonstration continue en haut de la page 9.10 (\(\alpha\)) donne, comme au lemme A, la pleine fidélité de \(M \mapsto \widetilde{M}\) des \(\Gamma(\mathcal{B})\)-modules de présentation finie vers les \(\mathcal{B}\)-Modules de présentation finie. Reste (\(\beta\)) : qu'un \(\mathcal{B}\)-Module de présentation finie soit engendré par ses sections. On voudrait l'obtenir des Modules cohérents \(\mathcal{M}_{m}\) ; mais l'image de \(\mathcal{B}_{m+N}^{q}\) dans \(\mathcal{M}\) est le quotient de \(\mathcal{B}_{m+N}^{q}\) par son intersection avec l'image de \(u\), et la cohérence de ces intersections est la question de la page 7. Écrivant \(\mathcal{J} = \varinjlim_{m} \mathcal{J}_{m}\), il faut prouver que les \(\mathcal{J}_{m} = \mathcal{J} \cap \mathcal{B}_{m}\) sont cohérents.11 Le dossier ne le prouve pas.

13–13

Le lemme B : noethérianité (page 13)

Lemme B. Supposons que \(X\) satisfasse (i), (ii), et

  1. (iv)les anneaux locaux \(\mathcal{O}_{X,x}\) sont noethériens ;
  2. (v)principe d'identité : pour tout Idéal cohérent \(\mathcal{J}\), posant \(Y = (\mathrm{Supp}\, \mathcal{O}_{X}/\mathcal{J}, \mathcal{O}_{X}/\mathcal{J})\), et pour tout \(y \in Y\) tel que \(\mathcal{O}_{Y,y}\) soit intègre, il existe un voisinage ouvert \(U\) de \(y\) dans \(Y\) tel que toute section de \(\mathcal{O}_{Y}\) sur \(U\) nulle au voisinage de \(y\) soit nulle sur \(U\).

Alors, pour tout \(F\) cohérent, toute suite croissante de sous-Modules cohérents de \(F\) est stationnaire.

Corollaire. Sous (i) à (v), et sous les hypothèses du lemme A, \(A = \Gamma(X, \mathcal{O}_{X})\) est noethérien.

Une suite croissante d'idéaux de type fini \(I_{k}\) de \(A\) donne, par le Corollaire 1 de la page 5, une suite croissante de sous-Idéaux cohérents \(\widetilde{I_{k}}\) de \(\mathcal{O}_{X}\), stationnaire par le lemme B ; et \(I_{k} = \Gamma(\widetilde{I_{k}})\). La condition des chaînes ascendantes pour les idéaux de type fini suffit.12

Le cas visé. Ces conditions sont satisfaites si \(X\) est un polycylindre compact de \(\mathbb{C}^{n}\), muni des germes de fonctions holomorphes. En marge, entouré : « premier espoir ».13

Les feuillets dactylographiés

Sept feuillets de tapuscrits sont intercalés entre les notes, et n'ont rien à voir avec elles. Six appartiennent à un même chapitre sur la dimension et la codimension, dans les espaces topologiques puis dans les préschémas localement noethériens ; ils sont lus ici dans l'ordre de leur pagination propre. Le septième est d'un autre tapuscrit. On donne les énoncés et ce qu'il y a ajouté.14

10–10

Dimension des espaces topologiques (page 10, tapuscrit p. 101)

Proposition 1. (i) Si \(Y\) est une partie d'un espace topologique \(X\), \(\dim(Y) \leq \dim(X)\). (ii) Si \(X\) est réunion finie de parties fermées \(X_{i}\), \(\dim(X) = \sup_{i} \dim(X_{i})\). Corollaire. Si un voisinage \(U\) de \(x\) est réunion de parties fermées \(Y_{i}\) contenant \(x\), \(\dim_{x} X = \sup_{i} \dim_{x}(Y_{i})\).

Proposition 2. Soit \(\Phi\) l'ensemble des parties fermées irréductibles de \(X\). (i) \(\dim(X) = \sup_{Y \in \Phi} \mathrm{codim}_{X}(Y)\). (ii) \(\dim(X) = \sup_{x} \dim_{x}(X)\).15

12–12

Espaces noethériens (page 12, tapuscrit p. 102)

Soit \(X\) noethérien et \(T_{0}\). Corollaire 2. \(\dim(X)\) est le \(\sup\) des \(\dim_{x}(X)\) sur les points fermés. Corollaire 3. Pour \(Y\) fermé, \(\dim(Y) + \mathrm{codim}_{X}(Y) \leq \dim(X)\). Corollaire 4. Pour \(Y \subset Z \subset T\) fermés irréductibles, \(\mathrm{codim}_{T}(Y) \geq \mathrm{codim}_{Z}(Y) + \mathrm{codim}_{T}(Z)\). Proposition 3. \(\dim(X) = 0\) si et seulement si \(X\) est fini et discret ; une partie fermée \(Y\) est de codimension nulle si et seulement si elle contient une composante irréductible de \(X\).

14–14

La condition des chaînes (page 14, tapuscrit p. 104)

C'est le feuillet où il est le plus intervenu. On dit que \(X\) est équidimensionnel si ses composantes irréductibles ont toutes la même dimension, équicodimensionnel si ses points fermés ont tous la même codimension, et qu'il satisfait la condition des chaînes — il est caténaire — si, pour \(Y \subset Z\) fermés irréductibles, toutes les chaînes saturées d'extrémités \(Y\) et \(Z\) ont même longueur.

Proposition 5. Soit \(X\) un espace noethérien, \(T_{0}\), de dimension finie. Les conditions suivantes sont équivalentes :

  1. a)deux chaînes maximales de parties fermées irréductibles de \(X\) ont même longueur ;
  2. c)\(X\) est équidimensionnel, et pour \(Y \subset Z\) fermés irréductibles, \(\dim(Z) = \dim(Y) + \mathrm{codim}_{Z}(Y)\) ;
  3. d)\(X\) est équicodimensionnel, et pour \(Y \subset Z\) fermés irréductibles, \(\mathrm{codim}_{X}(Y) = \mathrm{codim}_{Z}(Y) + \mathrm{codim}_{X}(Z)\).

Elles entraînent que \(X\) est équidimensionnel, équicodimensionnel et caténaire, mais cette dernière conjonction ne les entraîne pas. Sous ces conditions, \(\dim(Y) + \mathrm{codim}_{X}(Y) = \dim(X)\) pour toute partie fermée irréductible \(Y\) — formule qu'il entoure — et en particulier \(\dim(X) = \mathrm{codim}_{X}\{x\}\) pour tout point fermé \(x\), comme le dit un corollaire écrit de biais dans la marge.16

6–6

Préschémas algébriques sur un corps (page 6, tapuscrit p. 109)

Corollaire 2. Soit \(X\) un préschéma algébrique sur un corps \(k\) et \(x \in X\). Alors \(\dim_{x}(X) = \sup_{i} \dim(X_{i})\), les \(X_{i}\) parcourant les composantes irréductibles contenant \(x\), et \[ \dim_{x}(X) = \dim \mathcal{O}_{X,x} + \mathrm{deg.tr}_{k}\, k(x). \] La seconde formule est ajoutée de sa main, là où le tapuscrit ne l'énonçait que pour \(x\) fermé, et elle est juste en général.17

Corollaire 3. Pour un \(k\)-morphisme \(f : X \to Y\) de préschémas algébriques, \(\dim \overline{f(X)} \leq \dim X\).

4–4

Produits, et l'inégalité des dimensions (page 4, tapuscrit p. 110)

Le feuillet finit la démonstration de \(\dim(X \times_{k} Y) = \dim(X) + \dim(Y)\) pour des préschémas de type fini sur un corps, et écrit « en particulier, \(\dim(X \otimes_{k} K) = \dim(X)\) pour toute extension \(K\) de \(k\) ». Il souligne « en particulier » d'un trait ondulé et écrit en marge : « abusif ».18

Proposition 8. Soient \(X\), \(Y\) localement noethériens, \(f : X \to Y\) un morphisme, \(y \in Y\) et \(x\) le point générique d'une composante irréductible de \(f^{-1}(y)\). Alors \(\mathrm{codim}_{X}\overline{\{x\}} \leq \mathrm{codim}_{Y}\overline{\{y\}}\), c'est-à-dire \(\dim \mathcal{O}_{X,x} \leq \dim \mathcal{O}_{Y,y}\).

Il biffe l'hypothèse « de type fini » du tapuscrit, qui est en effet inutile, et note en marge de simplifier la preuve par l'inégalité \[ \dim \mathcal{O}_{X,x} \leq \dim \mathcal{O}_{Y,y} + \dim \mathcal{O}_{f^{-1}(y),x}, \] dont la proposition est le cas où le dernier terme est nul, puis : « donner le cas d'égalité par platitude ».19

2–2

Codimension et images réciproques (page 2, tapuscrit p. 111)

Corollaire 1. Soient \(X\), \(Y\) localement noethériens, \(f : X \to Y\), \(Y'\) fermé irréductible dans \(Y\), et \(X'\) une composante irréductible de \(f^{-1}(Y')\) dont l'image est dense dans \(Y'\). Alors \(\mathrm{codim}_{X}(X') \leq \mathrm{codim}_{Y}(Y')\).

Corollaire 2. Soit \(X\) localement noethérien et \(f\) une section de \(\mathcal{O}_{X}\) qui n'est identiquement nulle sur aucune composante irréductible. Toute composante irréductible du lieu \(Z_{f}\) des zéros de \(f\) est de codimension 1.

Les deux « localement noethérien » sont de sa main. En regard de la fin de la démonstration précédente, qui établit laborieusement une inégalité de rangs d'idéaux premiers, il écrit « propositions laborieuses inutiles », et en regard de la démonstration du corollaire 2, qui passe par le Hauptidealsatz de Krull, « affirmations inutiles, si on remarque que », la suite étant illisible.20

8–8

Cycles premiers associés (page 8, un autre tapuscrit)

Un feuillet paginé « 8 », frappé sur une machine sans accents, sur les points associés d'un Module quasi-cohérent : \(\mathrm{Ass} \coprod F_{i} = \bigcup_{i} \mathrm{Ass}\, F_{i}\) ;

Proposition 6.7. Sur \(X\) localement noethérien, une section \(f \in \Gamma(\mathcal{O}_{X})\) définit une homothétie injective de \(F\) si et seulement si \(V(f) \cap \mathrm{Ass}\, F = \emptyset\) ;

Corollaire 6.8. Un Idéal cohérent \(I\) est non diviseur de zéro dans un Module cohérent \(F\) si et seulement si \(V(I) \cap \mathrm{Ass}\, F = \emptyset\) ;

Proposition 6.9. Soit \(U\) un ouvert dense de \(X\) localement noethérien. \(X\) est réduit si et seulement si \(U\) l'est et \(X\) n'a pas de cycles premiers immergés ; ou encore si et seulement si \(X\) n'a pas de cycles premiers immergés et \(\mathcal{O}_{X,x}\) est de longueur 1 aux points génériques des composantes.

En marge de la démonstration de 6.7, qui renvoie au cas affine « où c'est dans Bourbaki » : « démontrer directement ».21

16–17

Un tore complexe qui n'est pas une variété abélienne (pages 16 et 17)

Énoncé. Il existe un tore complexe \(T\) de dimension 2, contenant un sous-tore \(T_{0}\) de dimension 1, qui n'est pas une variété abélienne. Comme \(T \to T/T_{0}\) est un fibré analytique localement trivial de fibre \(T_{0}\) au dessus d'un tore de dimension 1, et que les tores de dimension 1 sont des courbes elliptiques, il s'ensuit qu'un fibré analytique dont la base et la fibre sont des variétés de Hodge n'est pas nécessairement une variété de Hodge.22

Exemple. Soit \(k\) un réel irrationnel, et \(\Gamma \subset \mathbb{C}^{2}\) le sous-groupe engendré par \[ e_{1}, \quad ie_{1}, \quad e_{2}, \quad ke_{1} + ie_{2} . \] Ces quatre vecteurs sont \(\mathbb{R}\)-linéairement indépendants, \(\Gamma\) est un réseau, et \(T = \mathbb{C}^{2}/\Gamma\) est un tore. La droite \(V = \mathbb{C}e_{1}\) rencontre \(\Gamma\) en \(\mathbb{Z}e_{1} + \mathbb{Z}ie_{1}\), et \(T_{0} = V/(\Gamma \cap V) = \mathbb{C}/\mathbb{Z}[i]\) est un sous-tore.23

Démonstration. Si \(T\) était une variété abélienne, le théorème de réductibilité de Poincaré fournirait un sous-tore complémentaire de \(T_{0}\), c'est-à-dire une droite complexe \(V'\) supplémentaire de \(V\) telle que \(\Gamma \cap V'\) soit un réseau de \(V'\).24 Il existerait alors \(x \in \Gamma \cap V'\) non nul et un nombre complexe non réel \(c = c' + ic''\) tels que \(cx \in \Gamma\) : deux vecteurs \(\mathbb{R}\)-indépendants d'un réseau de la droite complexe \(V'\).

Écrivons \(x = \alpha e_{1} + \beta ie_{1} + \gamma e_{2} + \delta(ke_{1} + ie_{2})\) avec \(\alpha, \beta, \gamma, \delta \in \mathbb{Z}\) : ses coordonnées sont \[ z_{1}(x) = (\alpha + k\delta) + i\beta, \qquad z_{2}(x) = \gamma + i\delta, \] et \((\gamma, \delta) \neq (0, 0)\) puisque \(x \notin V\). Les coordonnées de \(cx\) sont \[ z_{1}(cx) = c'(\alpha + k\delta) - c''\beta + i\bigl(c''(\alpha + k\delta) + c'\beta\bigr), \qquad z_{2}(cx) = c'\gamma - c''\delta + i(c''\gamma + c'\delta), \] et, \(cx\) étant dans \(\Gamma\), elles doivent s'écrire \((\alpha' + k\delta') + i\beta'\) et \(\gamma' + i\delta'\) avec des entiers.

  1. 1.\(c'\gamma - c''\delta\) et \(c''\gamma + c'\delta\) sont entiers, et \(\gamma^{2} + \delta^{2} \neq 0\) : donc \(c'\) et \(c''\) sont rationnels.
  2. 2.\(c''(\alpha + k\delta) + c'\beta\) est entier : donc \(c''k\delta\) est rationnel, et, \(k\) étant irrationnel et \(c'' \neq 0\), \(\delta = 0\).
  3. 3.\(c'\alpha - c''\beta = \alpha' + k\delta'\) : donc \(k\delta'\) est rationnel, \(\delta' = 0\), et \(c''\gamma + c'\delta = c''\gamma = 0\), d'où \(\gamma = 0\).

Mais alors \(\gamma = \delta = 0\), et \(x\) est dans l'espace engendré par \(e_{1}\) et \(ie_{1}\), c'est-à-dire dans \(V\) : absurde.25

Notes

  1. La page écrit « \(X\) espace de Stein compact ». Un espace de Stein compact est un ensemble fini de points, et rien dans la suite n'aurait d'intérêt ; ce que les notes utilisent — l'annulation de la cohomologie cohérente et l'engendrement par les sections globales, sur un objet compact — est la situation d'un compact admettant une base de voisinages de Stein, avec le faisceau des germes le long du compact. C'est aussi ce que confirme la page 13, où « espace de Stein » est biffé au profit de « polycylindre analytique (compact) ». On lit ainsi. Une première ligne, « \(B \in\) Alg. de présentation finie », est biffée en tête de page ; elle annonce la page 7. ↩
  2. La page écrit « modules de présentation finie sur \(X\) » ; le sens demande \(A\). Un premier départ, encadré puis biffé, voulait prouver la fidélité par « \(\widetilde{M} = 0 \Rightarrow M = 0\) » à partir d'une exactitude suivie d'un point d'interrogation ; il est abandonné pour l'argument qui suit. ↩
  3. La page énonce le lemme sous (i), (ii) « \(\mathcal{O}_{X}\) cohérent, les \(\mathcal{O}_{X,x}\) noethériens », et (iii) « \(H^{1}(X, F) = 0\) pour tout \(F\) cohérent ». (ii) et (iii) entraînent bien (\(\alpha\)), en appliquant (iii) à l'image et au noyau de \(u\), cohérents par (ii). Mais la surjectivité essentielle, à la page 3, invoque l'engendrement par les sections comme un fait connu — c'est le théorème A dans le cas de Stein —, et rien dans (i)–(iii) ne le fournit pour un espace annelé quelconque : dans le cas analytique on le déduit de (B) en utilisant l'Idéal cohérent d'un point, dont un espace annelé abstrait ne dispose pas. La Remarque qui clôt la même page propose précisément de remplacer (ii) et (iii) par (\(\alpha\)) et (\(\beta\)) ; on énonce le lemme sous cette forme, en gardant la cohérence de \(\mathcal{O}_{X}\) sans laquelle « présentation finie » et « cohérent » ne coïncident pas. La noethérianité des anneaux locaux ne sert pas ici ; elle servira au lemme B. ↩
  4. Les deux démonstrations sont les nôtres ; la page énonce les corollaires sans preuve. L'ordre inverse est nécessaire : l'exactitude à gauche du foncteur, prise dans la catégorie de tous les \(A\)-modules, demande que les noyaux calculés là soient de présentation finie, c'est-à-dire que \(A\) soit cohérent. ↩
  5. L'énoncé est presque illisible, et le mot « pur » n'est pas assuré. On y lit « idéaux maximaux », « de type fini », « maximal de \(\mathcal{O}_{X,x}\) », et, dans une ligne serrée et en partie biffée, « \((x, \mathfrak{m})\) », « \(\mapsto x\) » ; le sens paraît être une correspondance entre points de \(X\) et idéaux maximaux de type fini de \(A\), mais cette lecture ne l'affirme pas. ↩
  6. L'adjectif « globale » est lu avec doute, deux fois ; la définition est la nôtre, et c'est la seule qui rende les deux énoncés vrais sous le seul lemme A : une présentation par des sections globales est exactement ce qui provient d'une présentation sur \(A\). La page dit tirer ces conclusions « sans utiliser l'hyp. (\(\alpha\)) », ce qu'on ne voit pas, la pleine fidélité en dépendant. ↩
  7. Si \(A\) est noethérien, la réponse est oui sans rien faire, \(B_{m}\) étant un \(A\)-module libre de rang fini. Pour \(A\) seulement cohérent, elle n'est pas oui en général : un anneau de polynômes sur un anneau cohérent n'est pas nécessairement cohérent (J.-P. Soublin, 1970). On ne précise pas ici le rapport exact entre la question de la page et la cohérence de \(A[T]\). ↩
  8. Le titre est écrit trois fois, « Corollaire », « Proposition », « Corollaire » ; un grand point d'interrogation est porté en marge de (ii'). ↩
  9. Le passage à la limite demande que \(\Gamma\) commute aux limites inductives filtrantes, ce qui est vrai sur un espace compact séparé — le cas d'un compact de Stein — ou sur un espace noéthérien, mais pas sur un espace quasi-compact quelconque ; la page ne le dit pas, et on l'ajoute. ↩
  10. La page 11 s'arrête sur « Ceci prouve », et la page 9 commence par « … que le foncteur \(M \mapsto \widetilde{M}\) … est pl. fidèle … (en utilisant seulement la condition \(\alpha\)) » ; on lit la seconde comme la suite de la première. L'ordre des archivistes n'est pas celui de la rédaction ; on ne le corrige pas dans la transcription, on le suit ici. ↩
  11. L'explication de pourquoi la question revient est la nôtre ; la page écrit la limite et ce qu'il faut prouver, avec de nombreux mots illisibles, et note en marge « ? histoire d'anneaux cohérents ? ». Un N.B. encadré, qui supposait \(X\) « pur », est annulé. ↩
  12. Le passage du lemme au corollaire est le nôtre, et il utilise le lemme A, que la page ne cite pas mais dont la notation \(A\) provient. La démonstration du lemme B n'est pas sur la page ; la condition (v) est ce qui, dans le cas analytique, permet de passer de la stabilisation des germes en un point à la stabilisation sur un voisinage, par la décomposition en composantes irréductibles et le principe du prolongement analytique. Cette lecture ne vérifie pas que (i)–(v) suffisent pour un espace annelé quelconque. ↩
  13. « Espace de Stein » est d'abord écrit, puis biffé et remplacé par « polycylindre analytique (compact) ». La correction est juste : pour un compact de Stein quelconque, l'anneau \(\Gamma(K, \mathcal{O})\) n'est pas noethérien en général. Le théorème correspondant est dû à J. Frisch (Invent. Math. 4, 1967) pour les compacts semi-analytiques de Stein, et, à notre connaissance, Y.-T. Siu (1969) a caractérisé les compacts de Stein \(K\) pour lesquels \(\Gamma(K, \mathcal{O})\) est noethérien : ce sont ceux dont l'intersection avec tout sous-ensemble analytique défini au voisinage n'a qu'un nombre fini de composantes connexes. Les notes sont datées d'après 1961 par l'inventaire et ne citent personne ; rien ne dit si elles précèdent ces travaux. ↩
  14. La matière de ces feuillets figure, remaniée, dans le chapitre 0 d'EGA IV, §14 (dimension combinatoire), et dans EGA IV, §§4–6, à notre connaissance ; on ne prétend pas identifier de quelle rédaction ils sont un état. ↩
  15. Une assertion (iii) de la proposition 1 est biffée à la machine. Le tapuscrit donne l'exemple d'une application continue qui augmente la dimension : un espace discret à deux points sur l'espace de Sierpiński. ↩
  16. Le tapuscrit donne quatre conditions a), b), c), d), où b) et d) portaient « les points fermés de \(X\) ont même codimension ». Il biffe ces mots dans les deux conditions et écrit au-dessus « \(X\) est équidimensionnel », avec en b) un renvoi marginal « et équidimensionnel ». Les deux notions ne sont pas interchangeables, et aucune forme de b) n'est équivalente à a). Pour c), l'équidimensionalité est la bonne hypothèse, et c'est ce que le tapuscrit avait déjà. Pour d), la substitution est fausse : si \(R\) est un anneau de valuation discrète d'uniformisante \(\pi\), \(X = \mathrm{Spec}\, R[x]\) est irréductible et caténaire, et vérifie la formule de d), mais les chaînes maximales \((0) \subset (\pi x - 1)\) et \((0) \subset (\pi) \subset (\pi, x)\) n'ont pas la même longueur ; on rétablit donc l'équicodimensionalité du tapuscrit. Pour b), ni la forme tapée (équicodimensionnel et caténaire) ni la forme corrigée (équidimensionnel et caténaire) ne suffit — le germe d'un plan et d'une droite concourants réfute la première, \(\mathrm{Spec}\, R[x]\) la seconde — et même les deux ensemble ne suffisent pas : sur l'espace fini à six points ordonné par \(P < w_{1}\), \(Q < q' < w_{1}\), \(P < p' < w_{2}\), les fermés étant les parties stables par passage aux points plus petits, les deux composantes sont de dimension 2, les deux points fermés de codimension 2, la condition des chaînes est satisfaite, et pourtant \(P \subset \overline{\{w_{1}\}}\) est une chaîne maximale de longueur 1. On garde donc a), c), d), avec les lettres du tapuscrit. Les deux derniers membres de l'égalité du corollaire marginal sont lus sur les lettres et ne s'accordent pas avec ce qu'on attendrait ; on ne les reprend pas. ↩
  17. Elle se déduit de la première, parce que chaque composante \(X_{i}\) est équidimensionnelle et caténaire : \(\dim X_{i} = \mathrm{codim}_{X_{i}}\overline{\{x\}} + \dim \overline{\{x\}}\), et \(\dim \overline{\{x\}}\) est le degré de transcendance de \(k(x)\). Il écrit « \(\dim k(x)/k\) ». La même formule revient en marge, en regard d'un contre-exemple où \(X = \mathrm{Spec}(K) \to \mathrm{Spec}(B)\), \(B\) de valuation discrète, montre qu'elle ne vaut pas hors du cas algébrique. ↩
  18. La remarque est juste : \(K\) n'est pas de type fini sur \(k\) en général, et \(\mathrm{Spec}(K)\) n'est pas dans le champ de la formule qui précède ; l'égalité est vraie, mais ne s'en déduit pas « en particulier ». Une note en biais, en regard du lemme de normalisation, parle des extensions \(K(z)\), \(K(x)\), \(K(y)\) et ne se lit qu'en fragments. ↩
  19. La marge écrit le dernier terme \(\dim \mathcal{O}_{x}\), ce qui rendrait l'inégalité triviale ; le terme qui porte l'argument est la dimension de l'anneau local de la fibre, et on le rétablit. L'inégalité vaut pour tout homomorphisme local d'anneaux locaux noethériens, avec égalité quand il est plat : c'est exactement ce que la marge demande d'ajouter. ↩
  20. Le premier corollaire est en effet la proposition 8 appliquée au point générique de \(X'\), qui est générique dans une composante de la fibre au-dessus du point générique de \(Y'\) ; c'est sans doute ce qu'il juge inutile de démontrer à nouveau, mais la note ne le dit pas. ↩
  21. Le tapuscrit renvoie à « IV 2.8.18 et 2.8.19 » et observe lui-même qu'« il est peut-être préférable d'essayer de donner de telles démonstrations “intuitives”, plutôt que de se réduire toujours à l'énoncé connu dans le cas affine » ; la note manuscrite va dans le même sens. ↩
  22. Variété de Hodge : variété kählérienne compacte munie d'une forme de Kähler à classe entière, c'est-à-dire, par le théorème de plongement de Kodaira, variété projective. Ce sont les mots de la page. ↩
  23. La page écrit le quatrième générateur \(e_{1} + ike_{2}\). Avec ce choix, \(\Gamma\) contient \(ike_{2} = (e_{1} + ike_{2}) - e_{1}\), donc \(\Gamma = (\mathbb{Z} + i\mathbb{Z})e_{1} \oplus (\mathbb{Z} + ik\mathbb{Z})e_{2}\), et \(T = \mathbb{C}/\mathbb{Z}[i] \times \mathbb{C}/(\mathbb{Z} + ik\mathbb{Z})\) est un produit de deux courbes elliptiques — une variété abélienne. Le raisonnement de la page échoue précisément là : si \(x = \gamma e_{2} + \delta(ike_{2})\) est pris sur l'axe \(\mathbb{C}e_{2}\), ses deux premières composantes sont nulles et n'entraînent pas la rationalité de \(c'\) et \(c''\) ; et en effet \(x = e_{2}\), \(c = ik\) donnent \(cx \in \Gamma\). En plaçant \(k\) sur l'autre coordonnée, comme ci-dessus, le calcul de la page passe, les rôles des deux coordonnées étant échangés. C'est la correction que nous proposons ; le fragment ne la contient pas. ↩
  24. La page écrit « tel que \(V\) soit \(\Gamma\)-propre, i.e. \(V\) engendré par \(\Gamma \cap V\) » ; c'est de \(V'\) qu'il s'agit, comme le montre la suite. Le mot « propre » est lu avec doute. ↩
  25. C'est, pas pour pas, la suite d'arguments de la page 17 — rationalité par deux composantes entières, annulation de \(\delta\) par l'irrationalité de \(k\), puis de \(\gamma\), contradiction « \(x\) serait dans l'espace engendré par \(e_{1}\) et \(ie_{1}\) » — appliquée au réseau corrigé. Plus généralement, pour le réseau engendré par \(e_{1}, ie_{1}, e_{2}, be_{1} + ie_{2}\), \(b \in \mathbb{C}\), le même calcul montre que \(T\) est abélien si et seulement si \(b \in \mathbb{Q}(i)\). Les tores de dimension 2 ainsi obtenus sont de dimension algébrique 1 ; le nom n'est pas sur la page. ↩