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  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Fonds Grothendieck, cote n° 5, pages 41–52 — transcription</title>
        <author>Alexandre Grothendieck</author>
        <respStmt>
          <resp>transcription automatique — première passe, non vérifiée contre les pages par une personne (<date when="2026-09-19">2026-09-19</date>)</resp>
          <name xml:id="pass" type="model">Fable 5.1 (claude-fable-5-1)</name>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <resp>procédure, outillage, export TEI</resp>
          <orgName xml:id="ed">grothendieck.commutator.io (Commutator, Paris)</orgName>
        </respStmt>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Édition de démonstration</edition>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Commutator</publisher>
        <pubPlace>Paris</pubPlace>
        <date when="2026-09-25">2026-09-25</date>
        <availability status="restricted">
          <p>Le fonds Alexandre Grothendieck est sous droits. Cette transcription
          est une édition de démonstration, non autorisée, produite par une
          machine et non vérifiée ; aucune image du fonds n'est reproduite. La
          source LaTeX dont ce fichier dérive est publiée sous https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project.</p>
        </availability>
        <ref target="https://grothendieck.commutator.io/">https://grothendieck.commutator.io</ref>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <msDesc>
          <msIdentifier>
            <country>France</country>
            <settlement>Montpellier</settlement>
            <repository>Université de Montpellier</repository>
            <collection>Fonds Alexandre Grothendieck (archives mathématiques, 1949–1991)</collection>
            <idno type="cote">5</idno>
          </msIdentifier>
          <head>Cristaux et cohomologie de De Rham : généralités, correspondances Deligne et Berthelot (1965-1969) : notes manuscrites (s.d.), lettre (1965).</head>
          <msContents>
            <summary>Pages 41 à 52 de la cote, dans la
            numérotation des archivistes (crayon, en bas à gauche de chaque
            page) ; lot 3 de vingt pages.
            Les pages absentes de la transcription ne portent pas de
            mathématiques et sont omises ; le saut dans la numérotation en est
            le seul enregistrement.</summary>
          </msContents>
          <history><origin><origDate>1965-1969</origDate><note>Datation de l'inventaire de l'Université de Montpellier, reproduite telle quelle ; les crochets sont ceux des archivistes.</note></origin></history>
          <additional>
            <surrogates>
              <bibl>
                <ref target="https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf">https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf</ref>
                <note>Fac-similé numérique de l'Université de Montpellier. Sa
                première page est une feuille de garde générée par
                l'université : la page <hi rend="italic">n</hi> des archivistes
                est la page <hi rend="italic">n</hi>+1 du PDF, et l'attribut
                <hi rend="monospace">facs</hi> de chaque
                <hi rend="monospace">pb</hi> tient compte de ce décalage.</note>
              </bibl>
            </surrogates>
          </additional>
        </msDesc>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <projectDesc>
        <p>Transcription mathématique du fonds, une passe de vingt pages par
        conversation avec un grand modèle multimodal, sous la procédure
        <hi rend="monospace">transcribe-grothendieck</hi> du dépôt. Le fichier
        LaTeX est la source de référence ; ce TEI en est dérivé mécaniquement
        par <hi rend="monospace">scripts/tei.mjs</hi> et n'a pas été relu.</p>
      </projectDesc>
      <editorialDecl>
        <p>L'édition n'est pas diplomatique : elle encode les mathématiques et
        l'apparat, rien du support. Correspondance avec l'apparat de la source :
        <hi rend="monospace">\ill</hi> devient <hi rend="monospace">gap[@reason='illegible']</hi>
        (jamais deviné) ; <hi rend="monospace">\uncertain</hi> devient
        <hi rend="monospace">unclear</hi> ; <hi rend="monospace">\add</hi> devient
        <hi rend="monospace">supplied</hi> ; <hi rend="monospace">\struck</hi> devient
        <hi rend="monospace">del</hi> (biffé par l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\note</hi> devient <hi rend="monospace">note[@type='editorial']</hi>
        (du transcripteur) ; <hi rend="monospace">\marginal</hi> devient
        <hi rend="monospace">note[@type='authorial'][@place='margin']</hi> (de l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\page</hi> devient <hi rend="monospace">pb</hi>.</p>
        <p>Les mathématiques sont transportées en TeX dans
        <hi rend="monospace">formula[@notation='TeX']</hi>, les diagrammes
        commutatifs en <hi rend="monospace">formula[@notation='tikz-cd']</hi>,
        sans conversion. Une marque d'apparat située à l'intérieur d'une
        formule (un exposant illisible, un symbole biffé) reste dans le TeX de
        la formule, sous les mêmes macros.</p>
        <p>Orthographe, ponctuation et lapsus de l'auteur sont conservés ; une
        faute évidente est signalée par une note, jamais corrigée.</p>
      </editorialDecl>
      <appInfo>
        <application ident="grothendieck-tei" version="1">
          <label>scripts/tei.mjs</label>
          <ref target="https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project">https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project</ref>
        </application>
      </appInfo>
    </encodingDesc>
    <profileDesc>
      <langUsage>
        <language ident="fr">français, avec la notation mathématique de l'auteur</language>
      </langUsage>
    </profileDesc>
    <revisionDesc>
      <change when="2026-09-19" who="#pass">Première passe de transcription.</change>
      <change when="2026-09-25" who="#ed">Export TEI depuis la source LaTeX.</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div type="batch" n="3">
<div type="section">
<head>Applications polynomiales homogènes</head>
<p><note type="editorial" resp="#pass">titre de l'éditeur. Le feuillet 42 est la fin d'une note sur les
applications polynomiales commencée dans le lot précédent (page 40 et avant),
que ce lot ne peut pas lire ; les notations <formula notation="TeX">\Phi</formula>, <formula notation="TeX">M</formula>, <formula notation="TeX">N</formula> y sont fixées.
Sur les premières lignes du feuillet, <formula notation="TeX">\Phi</formula>, <formula notation="TeX">M</formula> et <formula notation="TeX">N</formula> sont soulignés, puis
ne le sont plus ; « de degré <formula notation="TeX">n</formula> » de la première ligne est en interligne.</note></p>
<pb n="42" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf#page=43"/>
<p>Une application polynomiale homogène de degré <formula notation="TeX">n</formula> <formula notation="TeX">\Phi : M \to N</formula> définit
par la formule
<formula notation="TeX" rend="display">\Phi\Bigl(\sum_i t_i x_i\Bigr)
= \sum_{p_1 + \cdots + p_r = n} \Phi_{p_1 \ldots p_r}(x_1, \ldots, x_r)\,
t_1^{p_1} \cdots t_r^{p_r}</formula>
[les <formula notation="TeX">t_i</formula> des indéterminées] des applications polynomiales
<formula notation="TeX" rend="display">\Phi_{p_1 \ldots p_r} : M \times \cdots \times M \to N</formula>
multihomogènes de degrés <formula notation="TeX">p_1, \ldots, p_r</formula>, d'où des applications
<formula notation="TeX" rend="display">\varphi_{p_1, \ldots, p_r} : \underbrace{M \times \cdots \times M}_{r} \to N</formula>
(définies si <formula notation="TeX">r \geq 1</formula>, <formula notation="TeX">p_1, \ldots, p_r \geq 0</formula>, <formula notation="TeX">\sum p_i = n</formula>). Ces
applications sont reliées par des relations
<formula notation="TeX" rend="display">\varphi_{p_1, \ldots, p_r}\Bigl(\sum_{1 \leq i \leq s_1} x_{1,i},\
\sum_{1 \leq i \leq s_2} x_{2,i},\ \ldots,\ \sum_{i \leq s_r} x_{r,i}\Bigr)
= \sum_{\substack{\sum_{1 \leq i_1 \leq s_1} q_{1,i_1} = p_1 \\ \sum_{1 \leq i_2 \leq s_2} q_{1,i_2} = p_2 \\ \cdots \\ \sum_{1 \leq i_r \leq s_r} q_{r,s_r} = p_r}}
\varphi_{q_{1,i_1}, \ldots, q_{r,s_r}}(x_{1,1}, \ldots, x_{r,s_r})</formula>
<note type="editorial" resp="#pass">les conditions de sommation sont écrites sous une accolade, l'une sous
l'autre ; la seconde se lit <formula notation="TeX">q_{1,i_2}</formula> sur la page, où l'on attend
<formula notation="TeX">q_{2,i_2}</formula>, et l'indice de la dernière est écrit <formula notation="TeX">q_{r,s_r}</formula> tel quel</note>
<note type="authorial" place="margin">il suffit <gap reason="illegible"/> pour <gap reason="illegible"/> des <unclear>arguments</unclear> <gap reason="illegible"/></note>
<note type="editorial" resp="#pass">note marginale de six courtes lignes, accolée à la relation, dont seuls
les premiers mots se lisent</note></p>
<p><unclear>Plus</unclear> relations de symétrie <note type="editorial" resp="#pass">souligné</note></p>
<p>On suppose que l'on a <gap reason="illegible"/> <unclear>vérifié</unclear> que … <note type="editorial" resp="#pass">la phrase
s'interrompt sur des points de suspension ; le reste du feuillet est blanc</note></p>
</div>
<div type="section">
<head>Cristaux</head>
<p><note type="editorial" resp="#pass">titre de sa main, souligné, en tête du feuillet 44. La note se poursuit
au feuillet 46 ; les feuillets 45 et 47, qui en sont les versos, portent deux
pages d'un tapuscrit annoté de sa main, données ci-dessous à leur place dans
la numérotation</note></p>
<pb n="44" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf#page=45"/>
<p>Soit <formula notation="TeX">J</formula> un idéal principal d'un anneau <formula notation="TeX">A</formula>, <formula notation="TeX">J = \pi A</formula>. Formellement pour
y définir des puissances divisées, on est amené à définir des
<formula notation="TeX" rend="display">\frac{(\pi y)^n}{n!} = \frac{\pi^n}{n!}\, y^n = \pi^{(n)} y^n</formula>
donc à définir des éléments
<formula notation="TeX" rend="display">\pi^{(n)} \in \pi A \qquad (n \geq 1)</formula>
qui satisfassent aux conditions suivantes.</p>
<p><del><formula notation="TeX">\pi^{(m)} \pi^{(n)} = \frac{(m+n)!}{m!\,n!}\, \pi^{(m+n)}</formula> ; et si
<formula notation="TeX">\pi z = 0</formula>, <gap reason="illegible"/> <formula notation="TeX">\pi^{(n)} (y+z)^n = \pi^{(n)} \uncertain{z}^n</formula>, ce qui
<gap reason="illegible"/> <gap reason="illegible"/> des <formula notation="TeX">\pi^{(n)} y</formula></del> <note type="editorial" resp="#pass">trois lignes cernées d'un trait et
biffées, premier état des conditions (1) ; dans la seconde le dernier facteur
se lit <formula notation="TeX">z^n</formula>, où le sens attend <formula notation="TeX">y^n</formula></note></p>
<p><formula notation="TeX" rend="display">(1)\qquad
\begin{cases}
\pi^{(1)} = \pi \\ \pi^{(m)} \pi^{(n)} = \dfrac{(m+n)!}{m!\,n!}\, \pi^{(m+n)} \\ \pi^{(p)} \Bigl(\dfrac{\pi^{(q)}}{\pi}\Bigr)^{p} = \dfrac{(pq)!}{p!\,(q!)^p}\, \pi^{(pq)}
\end{cases}</formula>
<note type="editorial" resp="#pass">le « 1 » de l'étiquette est cerclé sur la page, ici et à chaque rappel</note></p>
<p>NB. Comme <formula notation="TeX">\pi^{(q)} \in \pi A</formula>, <formula notation="TeX">\pi^{(q)}/\pi</formula> est défini <unclear>mod.
addition</unclear> d'un <formula notation="TeX">z</formula> tel que <formula notation="TeX">\pi z = 0</formula>, mais comme <formula notation="TeX">\pi^{(p)} \in \pi A</formula>, est
déterminé sans ambiguïté l'élément <formula notation="TeX">\pi^{(p)} \bigl(\pi^{(q)}/\pi\bigr)^p</formula>.</p>
<p>Alors on trouve une structure de puissances divisées (sur <formula notation="TeX">J = \pi A</formula>)
<note type="editorial" resp="#pass">« sur <formula notation="TeX">J = \pi A</formula> » en interligne, le <formula notation="TeX">J</formula> tracé ici comme un I gras</note>
<formula notation="TeX" rend="display">x^{(n)} = (\pi y)^{(n)} = \pi^{(n)} y^n \qquad \text{pour } x = \pi y \in J,</formula>
en notant que <formula notation="TeX">x^{(n)}</formula> ne dépend pas du choix de <formula notation="TeX">y</formula> t.q. <formula notation="TeX">x = \pi y</formula>.</p>
<p><hi rend="italic">Exemple 1.</hi> Supposons que <formula notation="TeX">A</formula> soit sans torsion sur <formula notation="TeX">\mathbf{Z}</formula>. Alors
les <del><gap reason="illegible"/></del> relations
<formula notation="TeX" rend="display">\pi^n = n!\, \pi^{(n)}</formula>
déterminent uniquement les <formula notation="TeX">\pi^{(n)}</formula> en fonction de <formula notation="TeX">\pi</formula>, et leur existence
équivaut au fait que
<formula notation="TeX" rend="display">\pi^n \in n!\, A \qquad \forall n \geq 2 .</formula>
Les relations (1) sont satisfaites automatiquement.</p>
<p><hi rend="italic">Exemple 2.</hi> Supposons <formula notation="TeX">A_0 = \mathbf{Z}_{(p\mathbf{Z})}</formula>, <del>Alors</del>
<formula notation="TeX">\pi = p</formula>. Alors <note type="editorial" resp="#pass">« <formula notation="TeX">\pi = p</formula>. Alors », précédé d'un « Alors » biffé, est
écrit en bout de la ligne qui précède le titre « Exemple 2 » ; la virgule
après <formula notation="TeX">\mathbf{Z}_{(p\mathbf{Z})}</formula> l'y rattache</note> les conditions précédentes
sont satisfaites, les <formula notation="TeX">p^n/n!</formula> sont des entiers <formula notation="TeX">p</formula>-adiques. Donc si <formula notation="TeX">A</formula> est
<gap reason="illegible"/> dans laquelle tout nb premier <formula notation="TeX">q \neq p</formula> est <unclear>inversible</unclear>
(i.e. les <unclear>caractéristiques</unclear> résiduelles sont <formula notation="TeX">p</formula>, <formula notation="TeX">0</formula>), <gap reason="illegible"/> une
algèbre sur <formula notation="TeX">A_0</formula>, on trouve par spécialisation des <formula notation="TeX">\pi^{(n)} \in A</formula>,
<formula notation="TeX">\pi^{(n)} = p^n/n!</formula>, qui</p>
</div>
<div type="section">
<head>Tapuscrit EGA IV, § 18.13, page 23 (annoté)</head>
<p><note type="editorial" resp="#pass">titre de l'éditeur. Copie d'un tapuscrit paginé « IV-977-23 », les
chiffres 977 et 23 à la main, au verso du feuillet 44. La page 22 du même
tapuscrit est au feuillet 47, verso du feuillet 46, et se lit avant celle-ci :
son dernier mot, « co- », se poursuit ici par « ïncide ». Les interventions à
la main sont données comme biffures, ajouts et notes marginales ; les ratures
propres de la dactylographie ne sont pas relevées. L'énoncé de la proposition
est souligné dans le tapuscrit</note></p>
<pb n="45" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf#page=46"/>
<p>ïncide avec le module de différentielles analytiques défini dans (18.13.1) ;
en effet <note type="editorial" resp="#pass">« en effet » en interligne, au-dessus d'un mot raturé à la
machine</note> (les définitions étant celles de (18.13.1)), il résulte du fait que
<formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{A/k}</formula> est de type fini et de (0, 20.4.8) que la
dérivation <formula notation="TeX">\bar d_{A/k}</formula> se factorise en <formula notation="TeX">A \xrightarrow{d_{A/k}}
\Omega^1_{A/k} \xrightarrow{u_0} \overline{\Omega}^1_{A/k}</formula> et que tout
<formula notation="TeX">A</formula>-homomorphisme <formula notation="TeX">\Omega^1_{A/k} \xrightarrow{u} L</formula>, où <formula notation="TeX">L</formula> est un <formula notation="TeX">A</formula>-module
de type fini, se factorise nécessairement en <formula notation="TeX">\Omega^1_{A/k}
\xrightarrow{u_0} \overline{\Omega}^1_{A/k} \xrightarrow{v} L</formula>, si bien que
<formula notation="TeX">\mathrm{Ker}(u)</formula> contient toujours <formula notation="TeX">\mathrm{Ker}(u_0)</formula>, d'où notre assertion.</p>
<p>On notera que si <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{B/A}</formula> est un <formula notation="TeX">B</formula>-module de type fini,
il représente le foncteur covariant <formula notation="TeX">L \rightsquigarrow
\mathrm{D\acute{e}r}_A(B, L)</formula> dans la catégorie des <formula notation="TeX">B</formula>-modules de type fini.
Il est clair que si <formula notation="TeX">\Omega^1_{B/A}</formula> lui-même est de type fini (ce qui sera
par exemple le cas (0, 20.4.7) lorsque <formula notation="TeX">B</formula> est une <formula notation="TeX">A</formula>-algèbre de type fini),
on a <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{B/A} = \Omega^1_{B/A}</formula>.</p>
<p><hi rend="bold">Proposition (18.13.5).</hi> — Soient <formula notation="TeX">A</formula> un anneau topologique,
<del><gap reason="illegible"/></del> B et C deux <note type="editorial" resp="#pass">« B et C deux » à la main, remplaçant un mot
biffé</note> <formula notation="TeX">A</formula>-algèbres topologiques qui <del><gap reason="illegible"/></del> sont des <note type="editorial" resp="#pass">« sont
des » en interligne</note> anneaux <del><gap reason="illegible"/></del> semi-locaux noethériens et dont
les topologies sont les topologies préadiques, <formula notation="TeX">\rho : B \to C</formula> un
<formula notation="TeX">A</formula>-homomorphisme continu. Alors :</p>
<p>(i) Si <del><gap reason="illegible"/></del> <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{C/A}</formula> est un <formula notation="TeX">C</formula>-module de type
fini <del><gap reason="illegible"/></del>, <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{C/B}</formula> est un <formula notation="TeX">C</formula>-module de type
fini.</p>
<p>(ii) Si <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{B/A}</formula> est un <formula notation="TeX">B</formula>-module de type fini et si <formula notation="TeX">C</formula>
est une <formula notation="TeX">B</formula>-algèbre finie, <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{C/A}</formula> est un <formula notation="TeX">C</formula>-module de
type fini.</p>
<p>(iii) Supposons vérifiées, soit les hypothèses de (ii), soit <del><gap reason="illegible"/></del>
l'hypothèse de (i) et la condition supplémentaire que <formula notation="TeX">\Omega^1_{B/A}</formula> est un
<formula notation="TeX">B</formula>-module de type fini ; alors il existe deux <formula notation="TeX">C</formula>-homomorphismes
<del>déterminés de façon uniques</del> <note type="authorial" place="margin">style <gap reason="illegible"/></note> <note type="editorial" resp="#pass">la note
marginale, deux mots dont le second n'est pas lu, est accolée par un trait à
la biffure</note> : <formula notation="TeX">\bar u : \overline{\Omega}^1_{C/A} \to
\overline{\Omega}^1_{C/B}</formula> et <formula notation="TeX">\bar v : \overline{\Omega}^1_{B/A} \otimes_B C
\to \overline{\Omega}^1_{C/A}</formula> tels que le diagramme</p>
<p><figure type="diagram"><formula notation="tikz-cd">\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small, nodes={font=\scriptsize}]
\Omega^1_{B/A} \otimes_B C \arrow[r, "v"] \arrow[d, "r^{\prime} \otimes 1"'] &amp; \Omega^1_{C/A} \arrow[r, "u"] \arrow[d, "r"'] &amp; \Omega^1_{C/B} \arrow[r] \arrow[d, "r^{\prime\prime}"'] &amp; 0 \\
\overline{\Omega}^1_{B/A} \otimes_B C \arrow[r, "\bar v"'] &amp; \overline{\Omega}^1_{C/A} \arrow[r, "\bar u"'] &amp; \overline{\Omega}^1_{C/B} \arrow[r] &amp; 0
\end{tikzcd}</formula></figure></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">numéroté (18.13.5.1) à gauche du diagramme ; la page s'arrête sur lui</note></p>
</div>
<div type="section">
<head>Cristaux (suite)</head>
<pb n="46" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf#page=47"/>
<p>satisfait aux conditions précédentes (1), donc une structure de puissances
divisées canonique sur <formula notation="TeX">pA</formula>.</p>
<p><hi rend="italic">Exemple 3.</hi> Soit <formula notation="TeX">A</formula> intègre, <del><gap reason="illegible"/></del> tel que les seules
<del><gap reason="illegible"/></del> <note type="editorial" resp="#pass">une ligne biffée, non lue</note> caractéristiques résiduelles
soient <formula notation="TeX">p</formula> et <formula notation="TeX">0</formula>. Soit <formula notation="TeX">\pi</formula> un élément tel que <del>les</del>
<unclear>caractéristiques</unclear> résiduelles de <formula notation="TeX">A/\pi A</formula> soient <formula notation="TeX">p</formula>. À quelle
condition peut-on trouver des <formula notation="TeX">\pi^{(n)}</formula> ? Supposons que <formula notation="TeX">A</formula> soit un anneau
de valuation discrète. Il faut <del><gap reason="illegible"/></del> <formula notation="TeX">\pi^n/n! \in A</formula>, i.e.
<formula notation="TeX" rend="display">v(\pi^n/n!) \geq 0 \qquad \text{pour tout } n</formula>
i.e.
<formula notation="TeX" rend="display">n\, v(\pi) - v(n!) \geq 0 \qquad \text{pour tout } n .</formula>
Soit <del><gap reason="illegible"/></del> <formula notation="TeX">v(p) = e</formula> l'indice de ramification absolu de <formula notation="TeX">A</formula>, donc
<del><formula notation="TeX">v(n!)</formula></del> pour un entier <formula notation="TeX">N</formula>, <formula notation="TeX">v(N) = e\, v_p(N)</formula>. <del>Soit donc
<gap reason="illegible"/> <formula notation="TeX">\rho = v(\pi)</formula>.</del> La condition s'écrit <del><gap reason="illegible"/></del>
<formula notation="TeX" rend="display">v(\pi) \geq e\, \frac{v_p(n!)}{n} \qquad \text{pour tout } n</formula>
i.e.
<formula notation="TeX" rend="display">v(\pi) \geq e\, \lambda(p) \qquad \text{où } \lambda(p) = \sup_n
\frac{v_p(n!)}{n} = \frac{1}{p-1}</formula>
<note type="authorial" place="margin"><unclear>Legendre</unclear></note> <note type="editorial" resp="#pass">en marge droite, au-dessus de la formule
donnant <formula notation="TeX">\lambda(p)</formula>, qui est elle-même écrite en marge et rattachée au
texte par une accolade</note> est une constante ne dépendant que de <formula notation="TeX">p</formula>, et qui est
<formula notation="TeX">\leq 1</formula> <note type="authorial" place="margin"><del><gap reason="illegible"/> <formula notation="TeX">\lambda(p)</formula></del></note> … Donc on trouve la condition
<formula notation="TeX" rend="display">v(\pi) \geq \frac{e}{p-1} .</formula>
Supposons que <formula notation="TeX">\pi</formula> soit l'uniformisante, <unclear>ou</unclear> <formula notation="TeX">v(\pi) = 1</formula>, on
trouve la condition
<formula notation="TeX" rend="display">\boxed{e \leq p-1}</formula></p>
</div>
<div type="section">
<head>Tapuscrit EGA IV, § 18.13, page 22 (annoté)</head>
<p><note type="editorial" resp="#pass">titre de l'éditeur. Page « IV-977-22 » du tapuscrit dont la page 23 est
au feuillet 45 ci-dessus ; elle se lit avant celle-ci. Le <formula notation="TeX">\mathfrak{r}</formula>
souligné du tapuscrit est rendu <formula notation="TeX">\mathfrak{r}</formula></note></p>
<pb n="47" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf#page=48"/>
<p>(18.13.4) Le résultat de (18.13.2), <del>joint au fait que pour une
<formula notation="TeX">k</formula>-algèbre analytique <formula notation="TeX">A</formula>, <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{A/k}</formula> soit un <formula notation="TeX">A</formula>-module de
type fini,</del> peut encore s'exprimer en disant que dans la catégorie des
<formula notation="TeX">A</formula>-modules de type fini, <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{A/k}</formula> est un objet
représentant le foncteur covariant <formula notation="TeX">L \rightsquigarrow
\mathrm{D\acute{e}r}_k(A, L)</formula> <note type="editorial" resp="#pass">« <formula notation="TeX">(0_{\mathrm{III}}, 8.1.11)</formula> » ajouté à
la main au-dessus de la ligne, accolé à « représentant le foncteur
covariant »</note>. Nous allons généraliser ce résultat. Considérons d'abord un
anneau topologique <formula notation="TeX">A</formula>, et une <formula notation="TeX">A</formula>-algèbre topologique <formula notation="TeX">B</formula> qui est un anneau
semi-local noethérien <note type="authorial" place="margin">à quoi sert <unclear>l'hypothèse</unclear> <gap reason="illegible"/> ?
Prendre <gap reason="illegible"/> topologie plus <unclear>générale</unclear> ?</note> <note type="editorial" resp="#pass">« semi-local
noethérien » cerné d'un trait, un astérisque renvoyant à la note marginale,
écrite en biais</note>, muni de sa topologie <formula notation="TeX">\mathfrak{r}</formula>-préadique
(<formula notation="TeX">\mathfrak{r}</formula> étant le radical de <formula notation="TeX">B</formula>). Alors, pour tout <formula notation="TeX">B</formula>-module de type
fini <formula notation="TeX">L</formula>, toute <formula notation="TeX">A</formula>-dérivation <formula notation="TeX">D</formula> de <formula notation="TeX">B</formula> dans <formula notation="TeX">L</formula> est continue pour les
topologies <formula notation="TeX">\mathfrak{r}</formula>-préadiques sur <formula notation="TeX">B</formula> et <formula notation="TeX">L</formula>, puisque l'on a
<formula notation="TeX">D(\mathfrak{r}^{j+1}) \subset \mathfrak{r}^j L</formula> pour tout entier <formula notation="TeX">j</formula> ; en
vertu de (0, 20.4.8) elle s'écrit donc <formula notation="TeX">D = u \circ d_{B/A}</formula>, où <formula notation="TeX">u :
\Omega^1_{B/A} \to L</formula> est un homomorphisme de <formula notation="TeX">B</formula>-modules (nécessairement
continu pour les topologies <formula notation="TeX">\mathfrak{r}</formula>-préadiques, et on sait que dans le
cas considéré la topologie canonique <note type="editorial" resp="#pass">« canonique » en interligne</note> de
<formula notation="TeX">\Omega^1_{B/A}</formula> est la topologie <del><gap reason="illegible"/></del> <formula notation="TeX">\mathfrak{r}</formula>-préadique
<note type="editorial" resp="#pass">« <formula notation="TeX">\mathfrak{r}</formula>-préadique » en interligne, au-dessus du mot biffé</note>
(0, 20.4.5)). Nous désignerons par <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{B/A}</formula> le quotient de
<formula notation="TeX">\Omega^1_{B/A}</formula> par l'intersection des noyaux des homomorphismes
<formula notation="TeX">\Omega^1_{B/A} \to L</formula> pour les <formula notation="TeX">B</formula>-modules <formula notation="TeX">L</formula> <note type="editorial" resp="#pass">« <formula notation="TeX">L</formula> » ajouté en
interligne</note> de type fini (ou, ce qui revient au même puisque <formula notation="TeX">L</formula> est
noethérien, l'intersection des sous-modules <formula notation="TeX">M</formula> de <formula notation="TeX">\Omega^1_{B/A}</formula> tels que
<formula notation="TeX">\Omega^1_{B/A}/M</formula> soit de type fini). <note type="authorial" place="margin">On a donc
<formula notation="TeX">\mathrm{Hom}_B(\overline{\Omega}^1_{B/A}, L) = \mathrm{Hom}_B(\Omega^1_{B/A},
L)</formula> pour tout <formula notation="TeX">B</formula>-module de type fini <formula notation="TeX">L</formula>.</note> <note type="editorial" resp="#pass">note marginale, insérée ici
par un trait</note> Nous désignerons par <formula notation="TeX">\bar d_{B/A}</formula> ou simplement <formula notation="TeX">\bar d</formula>
l'application composée <formula notation="TeX">B \xrightarrow{d_{B/A}} \Omega^1_{B/A}
\xrightarrow{r} \overline{\Omega}^1_{B/A}</formula> ; c'est une <formula notation="TeX">A</formula>-dérivation
<note type="editorial" resp="#pass">« <formula notation="TeX">A</formula>- » en interligne</note>, et <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{B/A}</formula> est engendré par
les éléments <formula notation="TeX">\bar d_{B/A}(x)</formula> où <formula notation="TeX">x</formula> parcourt <formula notation="TeX">B</formula>, en vertu de (0, 20.4.7) ;
la définition précédente montre que l'application <formula notation="TeX">v \rightsquigarrow v \circ
\bar d_{B/A}</formula> est un isomorphisme de <formula notation="TeX">B</formula>-modules, fonctoriel en <formula notation="TeX">L</formula>
<formula notation="TeX" rend="display">(18.13.4.1)\qquad \mathrm{Hom}_B(\overline{\Omega}^1_{B/A}, L)
\xrightarrow{\ \sim\ } \mathrm{D\acute{e}r}_A(B, L) =
\mathrm{D\acute{e}r}.\mathrm{cont}_A(B, L)</formula>
<note type="editorial" resp="#pass">« <formula notation="TeX">= \mathrm{D\acute{e}r}.\mathrm{cont}_A(B, L)</formula> » ajouté à la main</note>
<formula notation="TeX">L</formula> étant toujours supposé de type fini. Lorsque l'on est dans les conditions
de (18.13.2), le <formula notation="TeX">A</formula>-module <formula notation="TeX">\overline{\Omega}^1_{A/k}</formula> qui vient d'être
défini co- <note type="editorial" resp="#pass">la phrase se poursuit à la page 23 du tapuscrit, feuillet 45
ci-dessus</note></p>
</div>
<div type="section">
<head>Lettre à Deligne sur coh. p-adique</head>
<p><note type="editorial" resp="#pass">titre de sa main sur le feuillet 48, par ailleurs blanc, qui n'a pas de
numéro de page ici ; il coiffe la lettre dactylographiée des feuillets 49 à
52, la « lettre (1965) » de l'inventaire. Le double dactylographié n'a pas
les flèches, restituées d'après le texte, ni les crochets de décalage ; le
premier paragraphe, de « Je vous propose » à « constant <formula notation="TeX">\mathbf{Z}/n\mathbf{Z}</formula> », est
délimité par deux crochets tracés à la main dans la marge</note></p>
<pb n="49" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf#page=50"/>
<p>10.12.1965 <note type="editorial" resp="#pass">date à la main, en haut à droite</note></p>
<p>Cher Deligne,</p>
<p>Je vous propose une simplification pour la démonstration du théorème de
dualité, qui permet d'éviter tout recours au théorème de pureté relative.
Vous vous rappelez qu'on était réduit au cas où <formula notation="TeX">f : X \to Y</formula> est de
dimension relative <formula notation="TeX">1</formula>, <formula notation="TeX">F = A_X</formula> et <formula notation="TeX">G = A_Y</formula>. Le procédé <note type="editorial" resp="#pass">« proéédé »
dans la frappe</note> de passage à la limite de Exp VI, par. 6, permet de supposer
la base noethérienne, et même si on y tien<supplied resp="#pass">t</supplied> de dimension finie (car de
type fini sur <formula notation="TeX">\mathbf{Z}</formula>). On raisonne par récurrence sur <formula notation="TeX">n = \dim X</formula>. Si
<formula notation="TeX">n = 0</formula>, on sait le vérifier. Supposons le théorème démontré en dimension
<formula notation="TeX">&lt; n</formula>. Se localisant sur <formula notation="TeX">Y</formula>, on peut supposer <formula notation="TeX">Y</formula> strictement local. Alors,
si <formula notation="TeX">y</formula> est son point fermé, on a <formula notation="TeX">\dim(Y - y) \add{&lt;} n</formula>, et comme on est
réduit à prouver le théorème séparément pour <formula notation="TeX">X \times_Y (Y - y)</formula> et <formula notation="TeX">X
\times_Y y</formula>, on gagne. — Autre remarque : le théorème de dualité peut se
démontrer, essentiellement de la même façon et avec le même énoncé, pour un
morphisme lisse <formula notation="TeX">f : X \to Y</formula> compactifiable, lorsque <formula notation="TeX">Y</formula> est muni d'un
faisceau d'anneaux <formula notation="TeX">A</formula> quelconque tel que il existe un entier <formula notation="TeX">n</formula> premier aux
caractéristiques résiduelles annulant <formula notation="TeX">A</formula>, et <formula notation="TeX">X</formula> d'un faisceau d'anneaux
<formula notation="TeX">B</formula>, et <formula notation="TeX">f</formula> étant donné comme morphisme de <formula notation="TeX">(X, B)</formula> dans <formula notation="TeX">(Y, A)</formula>, de sorte
qu'on a un homomorphisme de faisceau d'anneaux <formula notation="TeX">f^{-1}(A) \to B</formula>. On définit
alors
<formula notation="TeX" rend="display">f^{!}(K^{\bullet}) = R\,\underline{\mathrm{Hom}}^{\bullet}_{f^{-1}(A)}
\bigl(B,\ f^{-1}(K) \otimes T_{X/Y}\,\add{[}2d\add{]}\bigr) .</formula>
La définition de l'homomorphisme trace et la démonstration du théorème de
dualité se décomposent alors en le cas où <formula notation="TeX">f^{-1}(A) \to B</formula> est un
isomorphisme, qui se traite comme le cas <formula notation="TeX">A = (\mathbf{Z}/n\mathbf{Z})_Y</formula>, et
le cas où <formula notation="TeX">f = \mathrm{id}</formula>, qui est trivial. Je pense qu'il vaut le coup
d'inclure cette forme générale du théorème de dualité, soit de prime abord,
soit à la fin dans un numéro-<unclear>rattrappage</unclear>. Je n'ai pas regardé si
par hasard il pourrait se déduire du cas particulier</p>
<pb n="50" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf#page=51"/>
<p><formula notation="TeX">A = (\mathbf{Z}/n\mathbf{Z})_Y</formula> comme simple corollaire, mais ça
m'étonnerait. La même remarque s'applique d'ailleurs également au théorème de
dualité globale, qui s'énonce pour des faisceaux d'anneaux plus généraux que
le faisceau constant <formula notation="TeX">\mathbf{Z}/n\mathbf{Z}</formula>.</p>
<p>Il me semble que la relation de nature transcendante qui lie la cohomologie
de De-Rham ou de Hodge aux cohomologies <formula notation="TeX">\ell</formula>-adiques, lorsque le corps de
base est <formula notation="TeX">\mathbf{C}</formula>, via la cohomologie entière, devrait avoir un analogue
lorsque le corps de base est alg. clos <note type="editorial" resp="#pass">« alg clos » ajouté à la main</note>
valué complet non archimédien, à corps résiduel de caractéristique <formula notation="TeX">p</formula>, et
corps des fractions <formula notation="TeX">K</formula> <note type="editorial" resp="#pass">« <formula notation="TeX">K</formula> » ajouté à la main</note> de caractéristique
zéro, savoir que <formula notation="TeX">H^{*}(X, \mathbf{Z}_p)</formula> doit s'envoyer alors de façon
<formula notation="TeX">\mathbf{Z}_p</formula>-linéaire dans la cohomologie de De Rham <formula notation="TeX">H^{*}(X)</formula>, qui serait
isomorphe alors à <formula notation="TeX">H^{*}(X, \mathbf{Z}_p) \otimes_{\mathbf{Z}_p} K</formula>. Pour
définir un tel homomorphisme, on pourrait penser à utiliser l'espace
rigide-analytique au sens de Tate défini par <formula notation="TeX">X</formula> (NB c'est un site qui ne
peut être défini par une topologie au sens ordinaire, ce qui explique les
difficultés conceptuelles initiales de Tate pour arriver à définir la notion
d'espace rigide-analytique), soit <formula notation="TeX">X^{\mathrm{an}}</formula>. On espère que les
arguments habituels prouveront que pour des faisceaux de torsion, la
cohomologie de <formula notation="TeX">X_{\text{ét}}</formula> coïncide avec celle de <formula notation="TeX">X^{\mathrm{an}}</formula>, et
un excès d'optimisme nous ferait espérer que la cohomologie de
<formula notation="TeX">X^{\mathrm{an}}</formula> à coefficients constants <formula notation="TeX">\mathbf{Z}_p</formula> est bien la limite
projective des cohomologies à coefficients dans les <formula notation="TeX">\mathbf{Z}/p^n\mathbf{Z}</formula>,
donc coïncide avec la cohomologie <formula notation="TeX">p</formula>-adique <formula notation="TeX">H(X_{\text{ét}}, \mathbf{Z}_p)</formula>
(définie précisément comme une limite analogue). Si cela était vrai,
l'immersion canonique de <formula notation="TeX">\mathbf{Z}_p</formula> dans les fonctions constantes sur
<formula notation="TeX">X^{\mathrm{an}}</formula> semblerait permettre d'envoyer <formula notation="TeX">H(X^{\mathrm{an}},
\mathbf{Z}_p)</formula> dans la cohomologie de De Rham de <formula notation="TeX">X^{\mathrm{an}}</formula>, qui par
Gaga rigide-analytique n'est autre que celle de <formula notation="TeX">X</formula>. L'« excès » plus haut
serait justifié essentiellement par un « lemme</p>
<pb n="51" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf#page=52"/>
<p>de Poincaré » rigide-analytique, disant que sur <formula notation="TeX">X^{\mathrm{an}}</formula>, le
complexe de De-Rham est bien une résolution du faisceau des fonctions
constantes à valeurs dans le corps de base. Notez bien que c'est certainement
trivial pour l'analytique <formula notation="TeX">p</formula>-adique ordinaire, étant une simple question de
séries converge<del>a</del>ntes dans ce cas, mais que la question pour la
topologie rigide-analytique (qui est beaucoup plus grossière) est plus
délicate. Je vous avoue d'ailleurs que j'ai de grands doutes que les choses
marchent aussi simplement que ça, i.e. que la cohomologie rigide-analytique
à coefficients constants tout bêtes donne les « bons » nombres de Betti. Je
crois me rappeler que Tate m'avait dit que c'était déjà faux pour le <formula notation="TeX">H^1</formula>
des courbes elliptiques — il faudrait lui demander quel était son
argument ; apparemment, on trouverait un peu plus que pour la cohomologie
étale, mais quand même pas toute la cohomologie. Il reste plausible
néanmoins, quoi qu'il en soit, que la topologie rigide-analytique aura son
rôle à jouer dans ces questions.</p>
<p>Notez qu'en caractéristique <formula notation="TeX">p &gt; 0</formula>, on a un homomorphisme évident de
<formula notation="TeX">H^{*}(X, \mathbf{F}_p)</formula> dans la cohomologie de De-Rham, comme on voit en
calculant cette dernière pour la cohomologie étale et non pour la cohomologie
de Zariski (ce qui donne le même résultat, puisque les composantes du
complexe de De Rham sont quasi-cohérents), et utilisant la suite spectrale en
cohomologie étale
<formula notation="TeX" rend="display">H^{*}(X) \Leftarrow H^p\bigl(X, \underline{H}^q(\underline{\Omega})\bigr) .</formula>
Cet homomorphisme se factorise d'ailleurs à travers <formula notation="TeX">H^{*}(X, \mathbf{F}_p)
\to H^{*}(X, \underline{O}_X)</formula>, ce dernier s'envoyant dans <formula notation="TeX">H^{*}(X)</formula> grace à
l'homomorphisme de puissance <formula notation="TeX">p</formula>-ème <formula notation="TeX">f \rightsquigarrow f^p</formula>, induisant un
isomorphisme <formula notation="TeX">\underline{O}_X \simeq \underline{H}^0(\underline{\Omega})</formula>. Le
composé des homomorphismes canoniques <formula notation="TeX">H^n(X, \underline{O}_X) \to H^n(X) \to
H^n(X, \underline{O}_X)</formula> (ce dernier</p>
<pb n="52" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/5.pdf#page=53"/>
<p>résultant de l'autre suite spectrale pour la cohomologie de De Rham) ne peut
guère être autre chose que l'homomorphisme de Frobenius. Il faut dire que
tout ça est bien éculé, et qu'on ne pourra dire des choses vraiment
intéressantes et nouvelles qu'en faisant appel à la « vraie » cohomologie
<formula notation="TeX">p</formula>-adique.</p>
<p>Bien cordialement</p>
</div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
