Cote n° 28 · pages 1–10 · Lecture modernisée · [Groupes algébriques (SGA 3)] : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [vers 1970]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre

Résumé

On peut déformer le plan en remplaçant les coordonnées par des fractions rationnelles : \((x, y) \mapsto (1/x,\, y/x)\) en est un exemple. Une telle règle n'est pas définie partout — elle échoue là où un dénominateur s'annule — mais elle est définie sur presque tout le plan, elle s'y inverse, et deux règles de cette sorte se composent. Elles forment donc un groupe, le groupe de Cremona de la dimension considérée. C'est un objet énorme, et d'une espèce inhabituelle : à partir de la dimension 2 il n'est pas un groupe algébrique, c'est-à-dire qu'on ne peut pas ranger ses éléments dans une variété de dimension finie. Le problème de ces feuillets est de savoir ce qu'il contient de maniable : quels sont les groupes algébriques qui s'y plongent ?

En dimension 2 la réponse était connue depuis la fin du XIXe siècle. Un groupe algébrique connexe agissant sur le plan par transformations de Cremona agit en fait, après un changement de coordonnées rationnel, par de vrais automorphismes d'une surface très simple : le plan projectif, le produit de deux droites projectives, ou l'une des surfaces réglées de Hirzebruch. Trois familles, et leurs groupes d'automorphismes se lisent immédiatement. C'est le théorème d'Enriques, et il ouvre la première page du dossier.

En dimension quelconque on ne sait pas faire cela. La stratégie du dossier est de renoncer à tout classer et de fixer d'abord la partie la plus visible du groupe cherché : le tore. Les transformations \((t_1, \ldots, t_n) \mapsto (\lambda_1 t_1, \ldots, \lambda_n t_n)\), où les \(\lambda_i\) sont des scalaires inversibles, forment un groupe \(T\) de dimension \(n\) à l'intérieur du groupe de Cremona ; on montre d'abord qu'il y est maximal, et surtout que tous les groupes de cette sorte y sont conjugués, de sorte qu'en fixer un ne perd rien. La question devient : quels groupes algébriques contiennent \(T\) ?

La réponse est une combinatoire finie, et elle a la forme d'un objet que l'algèbre connaissait déjà. Pour les groupes réductifs — \(\mathrm{GL}_n\), les groupes orthogonaux, les groupes de Lie compacts — on sait depuis Killing et Cartan que tout est encodé par un système de racines : une famille finie de caractères du tore, symétrique, avec pour chacun une coracine. Ici on trouve le même squelette, mais cassé en deux endroits, et c'est cette cassure qui est le contenu. Les racines \(\alpha\) ne viennent plus nécessairement par paires \(\pm\alpha\) ; et plusieurs racines peuvent partager la même coracine. La partie symétrique — les \(\alpha\) dont l'opposé est encore une racine — reste un système de racines ordinaire et donne la partie réductive du groupe ; tout le reste donne des groupes unipotents. Cinq axiomes, écrits sur la dernière page, disent exactement ce qu'il faut, et l'on affirme que tout tel système provient d'un groupe et le détermine à conjugaison près.

Ce que ces feuillets construisent porte aujourd'hui un nom qu'ils n'emploient pas. Une variété munie d'une action fidèle d'un tore de sa dimension, avec une orbite dense, est une variété torique ; les groupes que le dossier classe sont exactement les groupes d'automorphismes de telles variétés, et les caractères \(\alpha\) y sont ce qu'on appelle les racines de Demazure. Le dictionnaire complet passe par un objet combinatoire — l'éventail, la collection de cônes qui recolle les cartes de la variété — dont ces pages ne disent pas un mot : elles gardent la donnée radicielle seule. Un lecteur qui voudra continuer cherchera sous les noms de variété torique, d'éventail, de racine de Demazure, et, du côté des questions laissées ouvertes ici, sous celui de rationalité stable.

Une dernière chose sur ce que sont ces feuillets. Ce ne sont pas des notes de recherche : chacune des deux moitiés s'ouvre sur un nom et une date de sa main, « Demazure 5.1.1970 » et « Demazure 12.2.70 ». Ce sont des notes prises en écoutant, avec ce que cela suppose de vitesse et d'ellipse — les énoncés passent, les démonstrations non — et c'est aussi ce qui en fait un objet rare : on y voit une théorie au moment où elle est exposée pour la première fois, et non telle qu'elle sera rédigée.

Keywords — Cremona group, toric variety, Demazure root, root datum, maximal torus, birational automorphism group, rational group action, Hirzebruch surface, Enriques classification, minimal rational surface, stable rationality, Zariski cancellation problem, Levi decomposition, Chevalley commutator formula, coroot, Weyl group

1–10

Le fil du dossier, et les conventions

Le dossier va d'un théorème connu à une axiomatique, en dix pages, et il vaut mieux avoir les stations en tête avant d'entrer dans le détail.

Notations, valables pour tout le document. \(k\) est un corps, \(T\) un tore déployé de dimension \(n\), \(M = X^*(T)\) son groupe de caractères et \(M^* = X_*(T)\) celui de ses sous-groupes à un paramètre, \(\langle\,,\rangle : M^* \times M \to \mathbf{Z}\) la dualité. \(R \subset M\) désigne l'ensemble des racines, \(\rho : R \to M^*\) l'application \(\alpha \mapsto \rho_\alpha\), et l'on garde la normalisation des feuillets, \(\langle \rho_\alpha, \alpha \rangle = 1\). On pose \(R_s = R \cap (-R)\). Pour \(\alpha \in R\), \(U_\alpha\) est le sous-groupe radiciel, \(x_\alpha : \mathbf{G}_a \xrightarrow{\ \sim\ } U_\alpha\) sa paramétrisation et \(\mathfrak{g}^\alpha = \mathrm{Lie}\,U_\alpha\). Enfin \(\mathrm{Cr}_{n,k}\) est le groupe de Cremona, c'est-à-dire le groupe des transformations birationnelles de \(\mathbf{P}^n_k\).

Une convention de signe. Le petit cercle des formules \(\mathrm{Psaut}_k(K)(k) \simeq \mathrm{Aut}_k(K)^\circ\) et \(\mathrm{Lie}(\mathrm{Baut}_k(K)) \simeq \mathrm{Der}_k(K)^\circ\) de la page 1 est lu ici comme le passage au groupe opposé, respectivement à l'algèbre de Lie opposée.1

1–1

I. Le théorème d'Enriques, et ce qu'il donne à généraliser (page 1)

Les surfaces rationnelles minimales sur un corps algébriquement clos sont le plan projectif \(\mathbf{P}^2\), la quadrique \(\mathbf{P}^1 \times \mathbf{P}^1\), et les surfaces de Hirzebruch \(F_n = \mathbf{P}(\mathcal{O} \oplus \mathcal{O}(n))\) pour \(n \geq 2\) ; \(F_0\) est la quadrique et \(F_1\) le plan éclaté en un point, ce qui est la raison pour laquelle la liste commence à \(2\).2 Leurs groupes d'automorphismes connexes sont \[ \mathrm{Aut}^\circ(\mathbf{P}^1 \times \mathbf{P}^1) = \mathrm{PGL}_2 \times \mathrm{PGL}_2, \qquad \mathrm{Aut}^\circ(\mathbf{P}^2) = \mathrm{PGL}_3, \] \[ \mathrm{Aut}^\circ(F_n) = H^0\bigl(\mathbf{P}^1, \mathcal{O}(n)\bigr) \rtimes \bigl(\mathrm{GL}_2/\mu_n\bigr). \] Cette dernière écriture appelle une remarque.3

Théorème (Enriques). Tout sous-groupe algébrique linéaire connexe de \(\mathrm{Cr}_2\) est contenu, à conjugaison près, dans l'un des précédents.

Corollaire. Ces groupes ont quatre propriétés que le dossier retient comme le cahier des charges de la généralisation : leur partie réductive est de type \(A\) ;4 ils sont définis sur \(\mathbf{Z}\) ; ce sont des groupes d'automorphismes de variétés projectives très simples, sur lesquelles ils opèrent avec une orbite ouverte ; et ils contiennent un tore de rang \(2\), c'est-à-dire de la dimension de la surface.

C'est ce dernier trait que le dossier prend pour fil. Le programme est annoncé sur la même page : généraliser à la dimension \(n\), les difficultés étant liées aux tores maximaux, et se restreindre pour cela aux sous-groupes de rang maximum.5

1–2

II. Applications birationnelles en famille : \(\mathrm{Psaut}\) et \(\mathrm{Baut}\) (pages 1 et 2)

Tout le dossier travaille en famille, sur une base \(S\), et la première tâche est de donner un sens fonctoriel à « application birationnelle ».

Soit \(X\) lisse et séparé sur \(S\). Un pseudo-morphisme \(X \dashrightarrow Y\) est une classe d'équivalence de morphismes \(U \to Y\) définis sur un ouvert \(U \subset X\) dense dans les fibres, deux tels étant identifiés s'ils coïncident sur un ouvert plus petit encore dense ; un pseudo-isomorphisme est un pseudo-morphisme inversible, c'est-à-dire une application birationnelle relative.6 D'où deux foncteurs en groupes sur les \(S\)-schémas : \[ \mathrm{Psaut}_S(X), \qquad \mathrm{Baut}_S(X), \] les pseudo-automorphismes de \(X\), et les automorphismes birationnels. Le groupe de Cremona en est un cas : \[ \mathrm{Cr}_{n,k} = \mathrm{Baut}_k\bigl(k(t_1, \ldots, t_n)\bigr), \] les transformations birationnelles de \(\mathbf{P}^n_k\) n'étant autres que les \(k\)-automorphismes de son corps de fonctions.7 Sur les points rationnels et sur les algèbres de Lie, la contravariance du passage au corps des fonctions donne \[ \mathrm{Psaut}_k(K)(k) \simeq \mathrm{Aut}_k(K)^\circ, \qquad \mathrm{Lie}\bigl(\mathrm{Baut}_k(K)\bigr) \simeq \mathrm{Der}_k(K)^\circ, \] le cercle désignant le passage à l'opposé.

Ces foncteurs ne sont pas représentables en général — c'est même là toute la difficulté du sujet — et la question utile est de savoir ce qu'un morphisme depuis un groupe algébrique peut faire. Deux énoncés y répondent.

Proposition. La section unité de \(\mathrm{Baut}_S(X)\) est une immersion fermée dans chacun des deux cas suivants : \(S\) artinien ; les fibres de \(X\) irréductibles.8

Corollaire. Si \(G\) est un schéma en groupes et \(G \to \mathrm{Baut}_S(X)\) un homomorphisme, le noyau est un sous-schéma en groupes fermé.9

Lemme. Si \(X\) est une courbe lisse et propre sur \(k\), tout homomorphisme d'un schéma en groupes vers \(\mathrm{Baut}_k(X)\) se factorise par \(\mathrm{Aut}_k(X)\) : une application birationnelle entre courbes lisses propres est un isomorphisme. C'est ce lemme, et lui seul, qui permettra plus loin de remplacer un quotient de dimension \(1\) par un sous-groupe de \(\mathrm{PGL}(2)\).

2–3

III. Pseudo-opérations : axiomes, noyau, rigidification (pages 2 et 3)

Soit \(G\) un schéma en groupes lisse de type fini sur \(k\) et \(X\) un schéma. Une pseudo-opération de \(G\) sur \(X\) est un pseudo-morphisme \[ \varphi : G \times X \dashrightarrow X, \] d'ouvert de définition \(U \subset G \times X\), soumis à deux axiomes : les deux projections issues de \(U\) sont dominantes (PO 1), et \(\varphi\) est associative (PO 2), au sens où le carré

LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=large]
G \times G \times X \arrow[r, "m \times X"] \arrow[d, "G \times \varphi"'] & G \times X \arrow[d, "\varphi"] \\
G \times X \arrow[r, dashed] & X
\end{tikzcd}

commute en tant que diagramme de pseudo-morphismes.10 Sur les points, cela se lit : pour \(g, h \in G(S)\) et \(x \in X(S)\), si \(h \cdot x\) est défini et \(g(h \cdot x)\) aussi, alors \(gh \cdot x\) est défini et vaut \(g(h\,x)\).

Il existe alors un sous-groupe distingué fermé \(N \subset G\), le noyau, tel que \(G/N\) se plonge dans \(\mathrm{Baut}_k(X)\).

Rigidification. Considérons le pseudo-morphisme \(G \times X \dashrightarrow X \times X\), \((g,x) \mapsto (\varphi(g,x), x)\), et l'image réciproque \(F\) de la diagonale :

LaTeX source
\begin{tikzcd}
G \times X \arrow[r, dashed] & X \times X \\
U \arrow[u, hook] & \\
F \arrow[u, hook] \arrow[r] & X \arrow[uu]
\end{tikzcd}

\(F\) est le schéma des stabilisateurs. L'opération est dite rigidifiée lorsque \(F \to X\) est fidèlement plat.

Proposition. Si l'opération est rigidifiée, \(F_X\) est un sous-schéma en groupes de \(G_X = G \times X\) au-dessus de \(X\).

Corollaire. Le noyau \(N\) est le plus grand sous-schéma en groupes constant de \(F_X\) : un élément agit trivialement exactement s'il stabilise tous les points.

Pseudo-transitivité. L'opération est dite pseudo-transitive lorsque \(G \times X \to X \times X\) est dominant ; pour une opération véritable cela signifie qu'il y a une orbite dense, et une seule.

Proposition. Si \(G\) est pseudo-transitif sur \(X\), alors \(X\) est pseudo-isomorphe à un espace homogène.

3–4

IV. Les tores maximaux du groupe de Cremona (pages 3 et 4)

Tout ce qui précède sert à établir le fait suivant, qui est le premier résultat substantiel du dossier.

Proposition. Soit \(T\) un tore déployé pseudo-opérant de façon rigidifiée sur \(X\) irréductible. Alors \(F = e \times X\).

Autrement dit un tore qui pseudo-opère de façon rigidifiée opère librement : les stabilisateurs sont triviaux. Trois corollaires en découlent, tous géométriques.

Corollaire 1. \(\dim T \leq \dim X\), avec égalité si et seulement si l'opération est pseudo-transitive.

Corollaire 2. Si \(\dim T = \dim X\), alors \(X\) est pseudo-isomorphe à \(T\).

Corollaire 3. Pour \(X\) irréductible de dimension \(n\), les conditions suivantes sont équivalentes : \(X\) est rationnelle ; \(\mathrm{Psaut}(X) \simeq \mathrm{Cr}_{n,k}\) ; \(\mathrm{Psaut}(X)\) contient un tore de dimension \(n\).

La dernière équivalence est exactement l'énoncé, dans le vocabulaire d'aujourd'hui, qu'une variété torique est rationnelle : une action fidèle d'un tore déployé de la dimension de la variété, avec orbite dense, force la rationalité.11

Vient alors la série qui donne son titre à la section, page 4 :

Corollaire 4. Les tores déployés de dimension \(n\) de \(\mathrm{Cr}_{n,k}\) sont conjugués.

Corollaire 5. Ils sont maximaux, égaux à leur propre centraliseur,12 leur normalisateur est lisse, et \[ N(T)/T \;\simeq\; \mathrm{Aut}_{\mathrm{gp}}(T) \;\simeq\; \mathrm{GL}_n(\mathbf{Z}). \]

Corollaire 6. \(T\) est un tore maximal de \(\mathrm{Cr}_{n,k}\).

Le corollaire 4 est ce qui autorise toute la suite : puisque les tores déployés de dimension maximale sont conjugués, en fixer un ne restreint rien. On notera que l'hypothèse « déployé » est employée partout et n'est pas décorative — la conjugaison passe par le corollaire 2, donc par une trivialisation de torseur qui n'est disponible que pour les tores déployés.13

Proposition. \(T\) déployé, \(X\) irréductible, la pseudo-opération étant pseudo-fidèle : alors \(X\) est pseudo-isomorphe à \(T \times Y\), avec \(Y\) irréductible quelconque.

C'est la forme birationnelle du quotient par un tore : une action fidèle rend la variété birationnelle au produit du tore par un quotient rationnel.14

4–4

V. Un critère de rationalité stable (page 4)

De la proposition précédente, la page tire un critère pour qu'un tore de dimension \(d\) soit contenu dans un tore maximal, et ce critère est un énoncé de théorie des corps.

Corollaire 1. Soit \(0 \leq d \leq n\). Les conditions suivantes sont équivalentes : (a) toute image de \(\mathbf{G}_m^d\) dans \(\mathrm{Cr}_{n,k}\) est contenue dans un tore maximal ; (b) pour toute extension \(K/k\) de degré de transcendance \(d\), si \(K(t_1, \ldots, t_{n-d})\) est pure sur \(k\), alors \(K\) est pure sur \(k\).15

La condition (b) est ce qu'on appelle aujourd'hui la question de la rationalité stable : un corps qui devient pur après adjonction de variables était-il déjà pur ?16 La page en donne l'état des connaissances de 1970, sous forme d'une note entre crochets : le cas \(d = 0\) est trivial ; \(d = 1\) est le théorème de Lüroth ; \(d = 2\) vaut en caractéristique nulle par le critère de Castelnuovo — la page écrit « car. nulle » en regard, et la restriction n'est pas de précaution, il existe en caractéristique positive des surfaces unirationnelles non rationnelles ; \(d = n\) est trivial sur un corps algébriquement clos. D'où la conclusion de la page : le critère « marche si \(n \leq 3\) ».

Le premier cas ouvert est donc \(d = 3\), et il a été tranché depuis, par la négative : il existe des variétés de dimension \(3\) stablement rationnelles et non rationnelles.17

4–5

VI. Le problème, et la rétraction \(f\) (pages 4 et 5)

Le problème est posé sur la page 4 : classer les groupes algébriques lisses \(G \subset \mathrm{Cr}_{n,k}\) contenant un tore déployé de dimension \(n\). Ce que la page appelle aussitôt après le théorème de structure en fixe le cadre : le tore \(T\) étant fixé une fois pour toutes, on cherche les \(G\) tels que \[ T \subset G \subset \mathrm{Baut}(T), \] l'opération de \(G\) étant transitive ; ce qu'on veut au bout est un espace homogène \(X\) sous \(G\), de dimension \(n\), sur lequel \(T\) opère fidèlement avec une orbite ouverte — c'est-à-dire, dans le vocabulaire d'aujourd'hui, une variété torique dont \(G\) est le groupe d'automorphismes.

La donnée qui va porter toute la théorie est écrite sur la page 5. On dispose d'un sous-groupe \(H \subset G\) tel que la multiplication \[ T \times H \longrightarrow G \] soit une immersion ouverte — la grosse cellule — et que l'intersection des conjugués de \(H\) soit réduite à l'élément neutre ; et d'un pseudo-morphisme \[ f : G \dashrightarrow T, \] qui est la projection sur le facteur \(T\) dans cette cellule. Les axiomes qu'on lui impose sont trois :

  1. 1)\(f(gg') = f\bigl(g\,f(g')\bigr)\), les deux membres étant définis simultanément ;
  2. 2)\(f\) est définie en tout point de \(T\) et y induit l'identité ;
  3. 3)si \(f(gt) = f(g't)\) pour tout \(t\) où les deux membres sont définis, alors \(g = g'\).18

D'où, immédiatement, l'équivariance à gauche : \(f(tg) = t\,f(g)\).

C'est ce \(f\), et non l'espace \(X\), qui sera l'objet manipulé jusqu'à la fin du dossier. On peut le voir comme une carte du groupe autour de son tore, et les trois axiomes comme ce qu'il faut pour que cette carte détermine le groupe.

6–6

VII. Le rang un, et la naissance du couple \((\alpha, \rho_\alpha)\) (page 6)

La seconde séance commence par une remarque de souplesse : on peut restreindre l'étude à un \(G' = \mathrm{Cent}_G(Q)\), où \(Q\) est un sous-tore de \(T\), et l'on peut passer au quotient par un sous-tore central \(Z \subset T\), les trois axiomes restant vérifiés — « il faut un peu d'attention pour le troisième ».

Puis le cas décisif : \(\dim G - \dim T = 1\). Alors \(G\) n'est pas commutatif — sinon \(T\) serait central, ce qu'il n'est pas dès que \(T \neq G\) — et \(G\) est produit semi-direct \[ G = T \cdot G_u, \qquad G_u \simeq \mathbf{G}_a . \]

Proposition. Il existe un unique couple \[ x_\alpha : \mathbf{G}_a \xrightarrow{\ \sim\ } U, \qquad \rho_\alpha : \mathbf{G}_m \longrightarrow T \] tel que \[ t\,x_\alpha(\lambda)\,t^{-1} = x_\alpha\bigl(\alpha(t)\,\lambda\bigr), \qquad f\bigl(x_\alpha(\lambda)\bigr) = \rho_\alpha(1+\lambda), \] où \(\alpha \in M\) est le caractère par lequel \(T\) agit sur \(U\) ; la seconde formule n'a de sens que là où \(1 + \lambda\) est inversible, ce qui est précisément le domaine de définition de \(f\) le long de \(U\). On en tire les deux relations qui gouvernent tout le reste : \[ \langle \rho_\alpha, \alpha \rangle = 1, \qquad H = x_\alpha(1)\, T\, x_\alpha(-1). \] La seconde est suivie d'un « (?) » de sa main.19 Inversement, la donnée de \(\alpha\) et \(\rho_\alpha\) vérifiant \(\langle \alpha, \rho_\alpha \rangle = 1\) reconstitue le groupe.

Le couple \((\alpha, \rho_\alpha)\) soumis à \(\langle \rho_\alpha, \alpha \rangle = 1\) est l'objet central du dossier, et c'est celui que la théorie appelle aujourd'hui une racine de Demazure : \(\rho_\alpha\), vu dans le réseau des cocaractères, est le générateur primitif d'un rayon de l'éventail de la variété, et \(\alpha\) un caractère qui vaut \(1\) contre ce rayon et reste négatif ou nul contre les autres.20

Le cas général. Pour \(T \subset G\) quelconque, l'algèbre de Lie se décompose sous l'action adjointe de \(T\) : \[ \mathfrak{g} = \mathfrak{g}_0 \oplus \bigoplus_{\alpha \in R} \mathfrak{g}^\alpha, \qquad R \subset M \text{ fini}, \] avec \(\mathfrak{g}_0 = \mathrm{Lie}\,T\), ce qui traduit \(T = \mathrm{Cent}_G(T)\), et \(\dim \mathfrak{g}^\alpha = 1\).

6–7

VIII. La réduction à \(\mathrm{PGL}(2)\) (pages 6 et 7)

Comment passer du rang un au rang quelconque : en fabriquant, pour chaque caractère, un quotient de dimension \(1\).

Soit \(\chi : T \to \mathbf{G}_m\) un caractère, \(T_\chi = (\ker \chi)^\circ\) et \(Z_\chi = \mathrm{Cent}_G(T_\chi)\). Le quotient \(Z_\chi/T_\chi\) a pour tore maximal \(T/T_\chi\), de dimension \(1\), et opère birationnellement et fidèlement sur une courbe rationnelle ; par le lemme de la page 2, il s'y plonge comme groupe d'automorphismes : \[ Z_\chi/T_\chi \hookrightarrow \mathrm{Aut}(\mathbf{P}^1) = \mathrm{PGL}(2). \] Restent quatre possibilités, selon le sous-groupe de \(\mathrm{PGL}(2)\) contenant le tore maximal que l'on rencontre : le tore maximal lui-même, et alors \(Z_\chi = T\) ; son normalisateur, et alors \(Z_\chi/T\) est d'ordre \(2\) ; un Borel, et alors \(\dim Z_\chi/T = 1\) ; ou \(\mathrm{PGL}(2)\) tout entier.21

Conclusion. Supposons \(\chi \in R\). Les deux premiers cas sont exclus, et l'on obtient :

(1) \(\dim \mathfrak{g}_\alpha = 1\), et il existe un unique \[ x_\alpha : \mathbf{G}_a \longrightarrow Z_\chi \subset G, \qquad x_\alpha(\mathbf{G}_a) = U_\alpha, \quad \mathrm{Lie}(U_\alpha) = \mathfrak{g}_\alpha, \] avec \(t\,x_\alpha(\lambda)\,t^{-1} = x_\alpha(\alpha(t)\lambda)\), et un unique \(\rho_\alpha : \mathbf{G}_m \to T\) avec \(f(x_\alpha(\lambda)) = \rho_\alpha(1+\lambda)\) et \(\langle \rho_\alpha, \alpha \rangle = 1\). Enfin \[ \mathrm{Lie}\,Z_\chi = \mathfrak{g}_0 \oplus \bigoplus_{\beta \in \mathbf{Q}\chi \,\cap\, R} \mathfrak{g}^\beta . \]

(2) Si \(\lambda\alpha \in R\) avec \(\lambda \neq 1\), alors \(\lambda = -1\) : les seuls multiples d'une racine qui soient des racines sont \(\pm\alpha\).22 Lorsque \(-\alpha \in R\), on obtient les deux sous-groupes de Borel contenant \(T\), à savoir \(T\,U_\alpha\) et \(T\,U_{-\alpha}\).

Décomposition de Levi. \(G^\circ = L \cdot U\) avec \(L \supset T\) réductif, et les racines de \(L\) sont exactement les \(\alpha \in R\) tels que \(-\alpha \in R\), c'est-à-dire \(R_s\).23

7–8

IX. \(\mathrm{GL}(2)\), coracines, groupe de Weyl (pages 7 et 8)

Corollaire. Si \(G\) est connexe, \(G^\circ\) est engendré par \(T\) et les \(U_\alpha\), et \(f\) est entièrement déterminée par la connaissance des \(x_\alpha\) et des \(\rho_\alpha\).24

Théorème. Si \(\alpha\) et \(-\alpha\) sont racines, il existe un homomorphisme \(\varphi_\alpha : \mathrm{GL}(2) \to G\) tel que \[ \varphi_\alpha \begin{pmatrix} 1 & \lambda \\ 0 & 1 \end{pmatrix} = x_\alpha(\lambda), \qquad \varphi_\alpha \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ \lambda & 1 \end{pmatrix} = x_{-\alpha}(\lambda), \] \[ \varphi_\alpha \begin{pmatrix} \mu & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} = \rho_\alpha(\mu), \qquad \varphi_\alpha \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & \mu \end{pmatrix} = \rho_{-\alpha}(\mu), \] et tel que \(f\) et l'action de \(T\) se lisent sur les matrices : \[ f\left(\varphi_\alpha \begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix}\right) = \rho_\alpha(a+b)\,\rho_{-\alpha}(c+d), \] \[ \varphi_\alpha \begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix} \cdot t = t \cdot \rho_\alpha\!\left(a + \frac{b}{\alpha(t)}\right) \rho_{-\alpha}\bigl(c\,\alpha(t) + d\bigr). \]

C'est \(\mathrm{GL}(2)\) et non \(\mathrm{SL}(2)\) qui intervient, et la raison est que les deux cocaractères \(\rho_\alpha\) et \(\rho_{-\alpha}\) sont ici des données séparées : c'est leur différence qui joue le rôle de la coracine.

Observation. L'élément de Weyl \[ w_\alpha = \varphi_\alpha \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix} \] agit sur \(T\) par la réflexion \[ s_\alpha(t) = t\;\alpha^{*}\bigl(\alpha(t)\bigr)^{-1}, \qquad \alpha^{*} = \rho_\alpha - \rho_{-\alpha}, \] et \(\alpha^*\) est ce que la page nomme, sous la formule, la coracine.25

Le groupe de Weyl. Avec \(M = X^*(T)\), le système de racines de \(L\) est le triplet \(\{M,\, R_s,\, \alpha \mapsto \rho_\alpha - \rho_{-\alpha}\}\), où \(R_s = R \cap (-R)\), et \[ N_{G^\circ}(T) = T \cdot W^{*}, \] \(W^*\) étant engendré par les \(w_\alpha\), \(\alpha \in R_s\). Il opère sur \(R\), et \[ \rho_{s_\alpha(\beta)} = s_\alpha(\rho_\beta), \qquad \mathrm{int}(w_\alpha)\,x_\beta = x_{s_\alpha(\beta)} . \] Une note de marge, ici, ne se laisse pas concilier avec ce qui précède.26

8–9

X. Commutation, constantes de structure, conjugaison (pages 8 et 9)

Proposition. Pour \(\alpha, \beta \in R\), les groupes \(U_\alpha\) et \(U_\beta\) commutent si et seulement si \[ \rho_\alpha = \rho_\beta \quad \text{ou} \quad \langle \rho_\alpha, \beta \rangle = \langle \rho_\beta, \alpha \rangle = 0. \]

Corollaire 1. \(\rho_\alpha \neq \rho_\beta \Longrightarrow \langle \rho_\alpha, \beta \rangle \leq 0\).

Corollaire 2. Si \(\langle \rho_\alpha, \beta \rangle < 0\) et \(\langle \rho_\beta, \alpha \rangle < 0\), alors \(\alpha + \beta = 0\).

Trois cas subsistent donc pour un couple de racines : (a) \(\rho_\alpha = \rho_\beta\), les deux racines pointant le même rayon ; (b) \(\alpha + \beta = 0\), le cas semi-simple ; (c) à l'ordre près des deux racines, \[ \langle \rho_\alpha, \beta \rangle = -n \leq 0, \qquad \langle \rho_\beta, \alpha \rangle = 0 . \]

Proposition (cas (c)). Dans ce cas :

  1. 1)si \(\lambda\alpha + \mu\beta \in R\) avec \(\lambda, \mu \in \mathbf{N}\), alors \(\lambda\alpha + \mu\beta\) vaut \(\alpha\) ou \(\beta + i\alpha\) pour un \(i\) borné ;27
  2. 2)\(\beta + i\alpha \in R\), et \(\rho_{\beta+i\alpha} = \rho_\beta\), dès que \(\binom{n}{i} \neq 0\) dans \(k\), pour \(0 \leq i \leq n\) ;
  3. 3)et l'on a la formule de commutation \[ x_\alpha(\lambda)\,x_\beta(\mu)\,x_\alpha(-\lambda) = \prod_i x_{\beta+i\alpha}\!\left(\pm \binom{n}{i}\, \lambda^{i}\,\mu\right). \]

C'est la formule de commutation de Chevalley, et la condition sur les coefficients binomiaux est ce qui en fait, ici, un énoncé sensible à la caractéristique : en caractéristique nulle tous les \(\binom{n}{i}\) sont non nuls et la chaîne \(\beta, \beta+\alpha, \ldots, \beta+n\alpha\) est entièrement faite de racines ; en caractéristique \(p\) elle se troue.28

Au niveau infinitésimal : \[ [X_\alpha, X_\beta] = \bigl(\langle \rho_\alpha, \beta \rangle - \langle \rho_\beta, \alpha \rangle\bigr)\, X_{\alpha+\beta} \quad \text{si } \alpha + \beta \neq 0, \qquad [X_\alpha, X_{-\alpha}] = \rho_\alpha - \rho_{-\alpha} = \alpha^{*}, \] et la page souligne que toutes les formules ont leurs coefficients dans \(\mathbf{Z}\) : la théorie est définie sur \(\mathbf{Z}\), ce qui est la seconde des quatre propriétés relevées page 1 sur la liste d'Enriques.

Théorème de conjugaison. Deux sous-groupes connexes \(G, G' \supset T\) de \(\mathrm{Cr}_{n,k}\) ayant mêmes \(R\) et \(\rho\) sont conjugués dans \(\mathrm{Cr}_{n,k}\).

C'est le théorème d'unicité de la théorie, et il a exactement la forme du théorème d'isomorphisme des groupes réductifs : la donnée radicielle détermine le groupe. Traduit sur les variétés, il dit que l'éventail détermine la variété torique.29

10–10

XI. Les systèmes d'Enriques (page 10)

La dernière page recueille tout ce qui précède en une définition. Un système d'Enriques est la donnée de deux réseaux en dualité \(M\) et \(M^*\), d'une partie \(R \subset M\) et d'une application \(\rho : R \to M^*\) soumises à cinq axiomes :

  1. 1)\(R\) est fini ;
  2. 2)\(\langle \rho_\alpha, \alpha \rangle = 1\) pour tout \(\alpha \in R\) ;
  3. 3)\(\rho_\alpha \neq \rho_\beta \Longrightarrow \langle \rho_\alpha, \beta \rangle \leq 0\) ;
  4. 4)\(\langle \rho_\alpha, \beta \rangle < 0\) et \(\langle \rho_\beta, \alpha \rangle < 0 \Longrightarrow \alpha + \beta = 0\) ;
  5. 5)si \(\rho_\alpha \neq \rho_\beta\) et \(\langle \rho_\beta, \alpha \rangle = 0\), alors \(\beta + i\alpha \in R\) dès que \(\binom{n}{i} \neq 0\) dans \(k\), pour \(0 \leq i \leq n\), où \(n = -\langle \rho_\alpha, \beta \rangle\).30

Théorème d'existence. Tout système d'Enriques provient d'un groupe : « on trouve tous les syst. d'Enriques ». La page s'arrête sur cette ligne.31

Il vaut la peine de mesurer l'écart avec la donnée radicielle d'un groupe réductif, car c'est lui qui contient toute la nouveauté. Là-bas on a \((X^*, X_*, R, R^\vee)\) avec \(R\) symétrique et \(\alpha \mapsto \alpha^\vee\) injective. Ici deux choses tombent : \(R\) n'est pas symétrique — c'est ce que l'axiome 4) autorise en n'imposant \(\alpha + \beta = 0\) que sous une double négativité — et \(\rho\) n'est pas injective, plusieurs racines pouvant partager le même \(\rho_\alpha\), ce qui est le cas (a) de la page 9. La partie symétrique \(R_s = R \cap (-R)\) redonne un système de racines ordinaire, celui du facteur de Levi ; tout le reste produit des groupes unipotents. Un groupe réductif est le cas particulier \(R = R_s\).

XII. Ce que le dossier annonce et n'établit pas

Quatre choses, qu'il vaut mieux consigner que laisser croire acquises.

Le théorème d'existence de la page 10 est écrit en une ligne et n'est pas démontré ; c'est pourtant la moitié de la classification.

Le problème posé page 4 demandait de classer les groupes ; ce que le dossier livre est la donnée combinatoire qui les classe. Les variétés \(X\) elles-mêmes — celles sur lesquelles ces groupes opèrent, et dont l'existence est le contenu géométrique de l'affaire — ne sont construites nulle part dans ces dix pages, et l'objet qui les construirait, l'éventail, n'y figure pas.

La proposition sur les courbes irréductibles propres, en tête de la page 2, est biffée en entier et remplacée par le lemme qui la suit ; ce qu'elle disait n'est pas repris.

Enfin le critère de la page 4 est laissé ouvert au premier cas non trivial, \(d = 3\), et l'on a dit plus haut comment la question s'est close depuis, par la négative.

Notes

  1. C'est la seule lecture qui rende les deux formules vraies à la fois : une algèbre de Lie n'a pas de composante neutre, ce qui exclut l'autre sens usuel du cercle, et l'anti-isomorphisme est forcé par la contravariance de \(X \mapsto k(X)\) — composer deux applications birationnelles revient à composer les inclusions de corps dans l'ordre inverse. ↩
  2. La page écrit la liste avec « \(n \geq 2\) » — le chiffre est surchargé — puis, en regard, les deux identifications \(F_0 = \mathbf{P}_1 \times \mathbf{P}_1\) et \(F_1 = \mathbf{P}_2\) éclaté, qui expliquent l'exclusion. ↩
  3. La page écrit ce dernier groupe sous la forme \((\mathrm{GL}(2)\cdot\Gamma(\mathcal{O}(n)))/\mu_n\), en surcharge sur une première rédaction. Le produit est semi-direct, le facteur additif \(H^0(\mathbf{P}^1, \mathcal{O}(n))\) étant normal, et c'est sous cette forme qu'on l'écrit ici. ↩
  4. La page écrit « structure réductive de type \(A_n\) ». Les trois groupes de la liste ont pour parties réductives \(\mathrm{PGL}_2 \times \mathrm{PGL}_2\), \(\mathrm{PGL}_3\) et \(\mathrm{GL}_2/\mu_n\), de types respectifs \(A_1 \times A_1\), \(A_2\) et \(A_1\) : le type est bien de série \(A\) mais l'indice n'est pas \(n\), et la lecture écrit « de type \(A\) ». ↩
  5. Le mot désignant ces sous-groupes est de lecture douteuse sur la page ; le sens est fixé par tout ce qui suit. ↩
  6. La page accompagne ces deux mots d'une parenthèse dont les lettres se lisent « bel » suivies de « /S » ; on ne la résout pas ici, et rien de la suite n'en dépend. ↩
  7. La page écrit \(\mathrm{Baut}_k(k[t_1,\ldots,t_n])\), avec l'anneau de polynômes. L'espace affine et l'espace projectif ont même corps de fonctions, donc même groupe d'automorphismes birationnels : les deux écritures désignent le même objet, et la lecture prend celle qui le dit sans détour. ↩
  8. La page ajoute « (géom.) » au-dessous, appelé par un signe d'insertion : il faut lire les fibres géométriquement irréductibles. ↩
  9. La fin de l'énoncé de la page est en partie illisible ; ce qui en reste, « le noyau est un [...] groupe fermé », est ce qu'on écrit ici, et c'est aussi ce que la proposition précédente donne, le noyau étant l'image réciproque de la section unité. ↩
  10. L'étiquette de la flèche du haut est de lecture douteuse sur la page ; c'est la multiplication de \(G\), notée ici \(m\). ↩
  11. Le nom de variété torique est le nôtre ; il n'est pas sur les feuillets, qui n'ont pas de mot pour l'objet et le décrivent par ses propriétés. ↩
  12. Le mot est illisible sur la page. On écrit « centraliseur » : c'est ce que la page 6 emploiera, sous la forme \(T = \mathrm{Cent}_G T\), et c'est ce dont la suite a besoin. ↩
  13. C'est le théorème 90 de Hilbert sous sa forme \(H^1(K, \mathbf{G}_m^d) = 0\) ; le nom est le nôtre, la page ne le cite pas. ↩
  14. On la trouve aujourd'hui sous le nom de « lemme sans nom », et l'existence du quotient rationnel sous celui de théorème de Rosenlicht ; ces noms sont les nôtres. La trivialité du torseur, ici encore, tient au caractère déployé de \(T\). ↩
  15. Les deux membres sont en partie illisibles sur la page ; ce qu'on en lit est « \(\mathrm{Im}\,\mathbf{G}_m^d \subset \mathrm{Cr}_{n,k}\) [...] contenu dans un [...] » et « [...] extension \(K/k\) de deg. tr. \(d\), et \(K[t_1,\ldots,t_{n-d}]\) pure, [...] pure (« Lüroth ») ». La forme donnée ici est la nôtre ; elle est celle que la proposition précédente produit, le corps \(K\) étant le corps des fonctions du quotient \(Y\). ↩
  16. Sous sa forme géométrique, le problème de l'annulation de Zariski ; les deux noms sont les nôtres. ↩
  17. Beauville, Colliot-Thélène, Sansuc et Swinnerton-Dyer, 1985. La conséquence pour (a) — qu'il existe, pour \(n \geq 4\), un tore de dimension \(3\) dans \(\mathrm{Cr}_{n,k}\) qui n'est contenu dans aucun tore maximal — est notre lecture de l'équivalence de la page, non un énoncé du dossier. ↩
  18. La condition portant sur les \(t\) est en partie illisible sur la page ; la quantification donnée ici est celle qui fait de 3) un axiome de séparation, seul usage qui en soit fait ensuite. ↩
  19. Le point d'interrogation est sur la page, en marge de la formule ; on le laisse tel quel, la formule n'étant pas utilisée ensuite. ↩
  20. Le nom, comme la notion d'éventail, est le nôtre : les feuillets ne portent ni cône, ni éventail, et la condition de négativité contre les autres rayons y apparaît sous la forme équivalente du corollaire 1 de la page 9, \(\langle \rho_\alpha, \beta \rangle \leq 0\). La normalisation de signe est celle des pages ; une partie de la littérature écrit \(-1\). ↩
  21. La page range ces quatre cas en colonne, avec en regard du dernier un encadré partiellement illisible. La lecture « d'ordre \(2\) » pour le second est la nôtre : la page écrit « de rang 2 », et c'est le groupe des composantes du normalisateur qui est d'ordre deux, son rang étant \(1\). ↩
  22. La page adjoint à cet énoncé une référence dont la lecture est douteuse. La conclusion, elle, est celle qu'on écrit : le système est réduit. ↩
  23. Une double barre en marge, suivie d'une flèche, porte « SGA 3 XXVI » doublement souligné : c'est sa référence, et elle est de lui. Le théorème général d'existence d'un facteur de Levi est un théorème de caractéristique nulle et tombe en défaut en caractéristique positive ; ici la décomposition ne repose pas sur lui, mais sur la donnée radicielle elle-même — on prend pour \(L\) le sous-groupe engendré par \(T\) et les \(U_\alpha\) avec \(\alpha \in R_s\), et pour \(U\) celui qu'engendrent les \(U_\alpha\) avec \(-\alpha \notin R\). C'est notre façon de lire l'énoncé de la page, qui ne précise pas la caractéristique. ↩
  24. La page porte, entre parenthèses après « \(T\) », deux mots dont la lecture la plus vraisemblable est « groupe abélien » ; ils ne sont pas utilisés ici. L'insertion « si \(G\) connexe » est de sa main, au-dessus de la ligne. ↩
  25. Le mot est de lui, écrit au-dessous et relié par un trait. ↩
  26. La marge droite de la page porte, de sa main : « NB Ce \(W^*\) opère trivialement [...] sur \(T\) ! », avec un membre illisible entre parenthèses. Tel qu'il se lit, l'énoncé contredit la formule de réflexion écrite trois lignes plus haut, qui donne à \(s_\alpha\) une action non triviale dès que \(\alpha \neq 0\) ; on le consigne sans l'utiliser, le mot manquant portant probablement sur un quotient ou sur une partie de \(T\) que la page ne nomme pas. ↩
  27. La page écrit « \(\lambda\alpha + \mu\beta \subset R\) » ; on lit l'appartenance. La borne sur \(i\) est illisible ; c'est \(i \leq n\), comme le montre l'article suivant. ↩
  28. Le nom est le nôtre. Le dossier n'énonce pas d'hypothèse sur la caractéristique et n'en a pas besoin : la condition binomiale l'incorpore. ↩
  29. Là encore le nom est le nôtre. La fin de l'énoncé, sur la page, se perd dans des points de suspension. ↩
  30. L'entier \(n\) n'est pas introduit sur la page, qui l'emploie tel quel ; on le reprend du cas (c) de la page 9, où il est posé par \(\langle \rho_\alpha, \beta \rangle = -n\). Sans cette précision l'axiome n'a pas de sens, et c'est notre ajout. ↩
  31. L'énoncé est écrit en une ligne, sans démonstration ni indication de démonstration. Joint au théorème de conjugaison de la page 9, il donne la classification annoncée : les sous-groupes algébriques connexes de rang maximum de \(\mathrm{Cr}_{n,k}\), à conjugaison près, sont en bijection avec les systèmes d'Enriques. ↩