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    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Fonds Grothendieck, cote n° 162-5, pages 1–20 — transcription</title>
        <author>Alexandre Grothendieck</author>
        <respStmt>
          <resp>transcription automatique — première passe, non vérifiée contre les pages par une personne (<date when="2026-09-22">2026-09-22</date>)</resp>
          <name xml:id="pass" type="model">Opus 5.5 (claude-opus-5-5)</name>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <resp>procédure, outillage, export TEI</resp>
          <orgName xml:id="ed">grothendieck.commutator.io (Commutator, Paris)</orgName>
        </respStmt>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Édition de démonstration</edition>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Commutator</publisher>
        <pubPlace>Paris</pubPlace>
        <date when="2026-09-25">2026-09-25</date>
        <availability status="restricted">
          <p>Le fonds Alexandre Grothendieck est sous droits. Cette transcription
          est une édition de démonstration, non autorisée, produite par une
          machine et non vérifiée ; aucune image du fonds n'est reproduite. La
          source LaTeX dont ce fichier dérive est publiée sous https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project.</p>
        </availability>
        <ref target="https://grothendieck.commutator.io/">https://grothendieck.commutator.io</ref>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <msDesc>
          <msIdentifier>
            <country>France</country>
            <settlement>Montpellier</settlement>
            <repository>Université de Montpellier</repository>
            <collection>Fonds Alexandre Grothendieck (archives mathématiques, 1949–1991)</collection>
            <idno type="cote">162-5</idno>
          </msIdentifier>
          <head>Tapis de Quillen : tapuscrit et copies de tapuscrits (1968, s.d.), notes manuscrites (1968), tiré à part (1968).</head>
          <msContents>
            <summary>Pages 1 à 20 de la cote, dans la
            numérotation des archivistes (crayon, en bas à gauche de chaque
            page) ; lot 1 de vingt pages.
            Les pages absentes de la transcription ne portent pas de
            mathématiques et sont omises ; le saut dans la numérotation en est
            le seul enregistrement.</summary>
          </msContents>
          <history><origin><origDate>1968-[à partir de 1970] — le groupe « Dossiers rassemblés par Grothendieck sur différentes thématiques » (161-1 à 162-6) est daté [après 1961-vers 1977]</origDate><note>Datation de l'inventaire de l'Université de Montpellier, reproduite telle quelle ; les crochets sont ceux des archivistes.</note></origin></history>
          <additional>
            <surrogates>
              <bibl>
                <ref target="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf">https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf</ref>
                <note>Fac-similé numérique de l'Université de Montpellier. Sa
                première page est une feuille de garde générée par
                l'université : la page <hi rend="italic">n</hi> des archivistes
                est la page <hi rend="italic">n</hi>+1 du PDF, et l'attribut
                <hi rend="monospace">facs</hi> de chaque
                <hi rend="monospace">pb</hi> tient compte de ce décalage.</note>
              </bibl>
            </surrogates>
          </additional>
        </msDesc>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <projectDesc>
        <p>Transcription mathématique du fonds, une passe de vingt pages par
        conversation avec un grand modèle multimodal, sous la procédure
        <hi rend="monospace">transcribe-grothendieck</hi> du dépôt. Le fichier
        LaTeX est la source de référence ; ce TEI en est dérivé mécaniquement
        par <hi rend="monospace">scripts/tei.mjs</hi> et n'a pas été relu.</p>
      </projectDesc>
      <editorialDecl>
        <p>L'édition n'est pas diplomatique : elle encode les mathématiques et
        l'apparat, rien du support. Correspondance avec l'apparat de la source :
        <hi rend="monospace">\ill</hi> devient <hi rend="monospace">gap[@reason='illegible']</hi>
        (jamais deviné) ; <hi rend="monospace">\uncertain</hi> devient
        <hi rend="monospace">unclear</hi> ; <hi rend="monospace">\add</hi> devient
        <hi rend="monospace">supplied</hi> ; <hi rend="monospace">\struck</hi> devient
        <hi rend="monospace">del</hi> (biffé par l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\note</hi> devient <hi rend="monospace">note[@type='editorial']</hi>
        (du transcripteur) ; <hi rend="monospace">\marginal</hi> devient
        <hi rend="monospace">note[@type='authorial'][@place='margin']</hi> (de l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\page</hi> devient <hi rend="monospace">pb</hi>.</p>
        <p>Les mathématiques sont transportées en TeX dans
        <hi rend="monospace">formula[@notation='TeX']</hi>, les diagrammes
        commutatifs en <hi rend="monospace">formula[@notation='tikz-cd']</hi>,
        sans conversion. Une marque d'apparat située à l'intérieur d'une
        formule (un exposant illisible, un symbole biffé) reste dans le TeX de
        la formule, sous les mêmes macros.</p>
        <p>Orthographe, ponctuation et lapsus de l'auteur sont conservés ; une
        faute évidente est signalée par une note, jamais corrigée.</p>
      </editorialDecl>
      <appInfo>
        <application ident="grothendieck-tei" version="1">
          <label>scripts/tei.mjs</label>
          <ref target="https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project">https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project</ref>
        </application>
      </appInfo>
    </encodingDesc>
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      <langUsage>
        <language ident="fr">français, avec la notation mathématique de l'auteur</language>
      </langUsage>
    </profileDesc>
    <revisionDesc>
      <change when="2026-09-22" who="#pass">Première passe de transcription.</change>
      <change when="2026-09-25" who="#ed">Export TEI depuis la source LaTeX.</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div type="batch" n="1">
<div type="section">
<head>Le Tapis de Quillen</head>
<p><note type="editorial" resp="#pass">Ces mots, avec au-dessous « notes d'Alexandre (1968) », sont écrits au
crayon sur la chemise (page 1), qui ne porte rien d'autre ; la main n'est pas
sûrement la sienne. Suit un tapuscrit paginé 1 à 16 en tête de page, que
l'archiviste numérote 2 à 17 : la page <formula notation="TeX">N</formula> du tapuscrit est la page <formula notation="TeX">N+1</formula>
ci-dessous. Le texte parle à la première personne (« mon interprétation
chérie », « le rôle universel que j'ai envisagé plus haut ») et rapporte ce que
Quillen lui a exposé ; il est annoté à la main.</note></p>
<pb n="2" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=3"/><p><note type="authorial" place="margin">notes du 10.9.68</note></p>
<p>Tapis de Quillen.</p>
<div type="subsection">
<head>I    Relations entre catégories et ensembles semi-simpliciaux.</head>
<p>A toute catégorie <formula notation="TeX">C</formula>, on associe un ensemble semi-simplicial <formula notation="TeX">S(C)</formula>,
trouvant ainsi un foncteur pleinement fidèle
<formula notation="TeX" rend="display">S\,;\ (\mathrm{Cat}) \longrightarrow (\mathrm{Ssimpl}) \quad .</formula>
Les systèmes locaux d'ensemble sur <formula notation="TeX">SC</formula> correspondent aux foncteurs sur <formula notation="TeX">C</formula>
qui transforment toute flèche en isomorphisme (i.e. qui se factorisent par le
groupoïde associé à <formula notation="TeX">C</formula>). Les <formula notation="TeX">H^{i}</formula> sur <formula notation="TeX">SC</formula> d'un tel système local (<formula notation="TeX">H^{0}</formula>
pour ens, <formula notation="TeX">H^{1}</formula> pour groupes, <formula notation="TeX">H^{i}</formula> quelconques pour groupes abéliens)
s'interprètent en termes des foncteurs <formula notation="TeX">\varprojlim^{(i)}</formula> dérivés de
<formula notation="TeX">\varprojlim</formula>, ou si on préfère, des <formula notation="TeX">H^{i}(</formula> du <hi rend="italic">topos</hi> <formula notation="TeX">C</formula> <supplied resp="#pass">)</supplied>. On voit
ainsi à quelle condition un foncteur <formula notation="TeX">C \to C'</formula> induit un homotopisme
<formula notation="TeX">SC \to SC'</formula> : en vertu du critère cohomologique de Artin-Mazur, il f<supplied resp="#pass">au</supplied>t
et s<supplied resp="#pass">uffit</supplied> que pour tout système de coéfficients <formula notation="TeX">F'</formula> sur <formula notation="TeX">C'</formula>,
l'homomorphisme naturel <formula notation="TeX">\varprojlim^{(i)}_{C'} F' \to \varprojlim^{(i)}_{C} F</formula>
soit un isomorphisme (pour les <formula notation="TeX">i</formula> pour lesquels cela a un sens).</p>
<p>A <formula notation="TeX">C</formula> on peut asso<supplied resp="#pass">ci</supplied>er le topos <formula notation="TeX">\widetilde{C}</formula>, qui varie de façon
<hi rend="italic">covariante</hi> avec <formula notation="TeX">C</formula> (NB le foncteur <formula notation="TeX">C \mapsto \widetilde{C}</formula> n'a plus
rien de pleinement fidèle, semble-t-il ??) Les systèmes de coéfficients
ensemblistes sur <formula notation="TeX">C</formula> ( = les foncteurs <formula notation="TeX">C^{\circ} \to \mathrm{Ens}</formula>
transformant isomorphismes en isomorphismes) correspondent aux faisceaux
localement constants i.e. les objets localement constants de <formula notation="TeX">\widetilde{C}</formula>,
définis intrinsèquement en termes de <formula notation="TeX">\widetilde{C}</formula>. Ainsi, le fait pour un
foncteur <formula notation="TeX">F : C \to C'</formula> d'induire un homotopisme <formula notation="TeX">S(C) \to S(C')</formula> ne dépend que
du morphisme de topos <formula notation="TeX">\widetilde{F} : \widetilde{C} \to \widetilde{C}'</formula>
induit, et signifie que pour tout faisceau localement constant <formula notation="TeX">F'</formula> sur <formula notation="TeX">C'</formula>
i.e. sur <formula notation="TeX">\widetilde{C}'</formula>, les applications induites
<formula notation="TeX">H^{i}(\widetilde{C}', F') \to H^{i}(\widetilde{C}, \widetilde{F}^{*}(F'))</formula>
sont des isomorphismes (pour les <formula notation="TeX">i</formula> pour lesquels cela a un sens).
<note type="editorial" resp="#pass">Le
second membre de la flèche <formula notation="TeX">\varprojlim^{(i)}_{C'} F' \to \varprojlim^{(i)}_{C} F</formula>
est tapé <formula notation="TeX">F</formula> et non l'image inverse de <formula notation="TeX">F'</formula> ; on le laisse tel quel.</note></p>
<pb n="3" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=4"/><p>On a aussi un foncteur évident
<formula notation="TeX" rend="display">T : (\mathrm{Ssimpl}) \longrightarrow (\mathrm{Cat}) ,</formula>
en associant à tout ensemble semi-simplicial <formula notation="TeX">X</formula> la catégorie
<formula notation="TeX">T(X) = \Delta_{/X}</formula> des simplexes sur <formula notation="TeX">X</formula>, dont l'ensemble des objets est la
réunion disjointe des <formula notation="TeX">X_{n}</formula> … (c'est une catégorie fibrée sur la
catégorie <formula notation="TeX">\Delta</formula> des simplexes types, à fibres les catégories discrètes
définies par les <formula notation="TeX">X_{n}</formula>). Ceci posé Quillen prouve que pour tout <formula notation="TeX">X</formula>, <formula notation="TeX">ST(X)</formula>
est isomorphe canoniquement à <formula notation="TeX">X</formula> dans la catégorie homotopique construite avec
<formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})</formula>, et que pour toute <formula notation="TeX">C</formula>, la catégorie <formula notation="TeX">TS(C)</formula> est
canoniquement « homotopiquement équivalente à <formula notation="TeX">C</formula> » i.e canoniquement
isomorphe à <formula notation="TeX">C</formula> dans la catégorie quotient de <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula> obtenue en
inversant le<supplied resp="#pass">s</supplied> foncteurs qui sont des homotopismes. Ces isomorphismes
son<supplied resp="#pass">t</supplied> fonctoriels en <formula notation="TeX">X</formula>. Il en résulte formellement qu'un morphisme
<formula notation="TeX">f : X \to Y</formula> dans <formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})</formula> est un homotopisme si et seulement si il
en est ainsi de <formula notation="TeX">T(f) : T(X) \to T(Y)</formula>, d'où des foncteurs
<formula notation="TeX">S' : (\mathrm{Cat})' \to (\mathrm{Ssimpl})'</formula> et
<formula notation="TeX">T' : (\mathrm{Ssimpl})' \to (\mathrm{Cat})'</formula> entre les catégories
« homotopiques », construites avec <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula> resp. <formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})</formula>,
qui sont quasi-inverses l'un de l'autre.</p>
<p>De plus, Quillen construit un isomorphisme canonique et fonctoriel dans
<formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})'</formula> entre <formula notation="TeX">C</formula> et la catégorie opposée <formula notation="TeX">C^{\circ}</formula>, ou ce qui
revient au même, un isomorphisme canonique et fonctoriel dans
<formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})'</formula> entre <formula notation="TeX">S(C)</formula> et <formula notation="TeX">S(C^{\circ})</formula>. La définition est telle
que le foncteur induit sur les systèmes locaux sur <formula notation="TeX">C</formula> transforme le foncteur
contravariant <formula notation="TeX">F</formula> sur <formula notation="TeX">C</formula>, transformant toute flèche en flèche inversible, en
le foncteur covariant (i.e. contravariant sur <formula notation="TeX">C^{\circ}</formula>) ayant mêmes valeurs
sur les objets, et obtenu sur les flèches en remplaçant <formula notation="TeX">F(u)</formula> par
<formula notation="TeX">F(u)^{-1}</formula> ; en d'autres termes, l'effet de l'homotopisme de Quillen sur les
groupoïdes fondamentaux est l'isomorphisme évident entre les groupoïdes
fondamentaux de <formula notation="TeX">C</formula> et de <formula notation="TeX">C^{\circ}</formula>, compte tenu que le deuxième est
l'opposé du</p>
<pb n="4" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=5"/><p>premier. Comme application, Quillen obtient une interprétation faisceautique
de la cohomologie d'un ensemble semi-simplicial à coéfficients dans un système
local covariant <formula notation="TeX">F</formula> (défini classiquement par le complexe cosimplicial des
<formula notation="TeX">C^{n}(F) = \coprod_{x \in X_{n}} F(x)</formula>) : on considère le système local
contravariant défini par <formula notation="TeX">F</formula>, on l'interprète comme un faisceau sur <formula notation="TeX">T(X)</formula> i.e.
objet de <formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})_{/X}</formula>, et on prend sa cohomologie.
<note type="authorial" place="margin"><formula notation="TeX">\prod</formula> ?</note>
<note type="editorial" resp="#pass">en marge de gauche, à hauteur de <formula notation="TeX">C^{n}(F) = \coprod F(x)</formula> : la marge
demande un produit à la place du signe tapé <formula notation="TeX">\coprod</formula>. « covariant » est ce qui
reste d'une frappe « contravariant » dont la machine a biffé la syllabe
« tra ».</note>
— Cependant, quand <formula notation="TeX">F</formula> est un système de coéfficients covariant pas
nécessairement local, on n'a tjrs pas d'interprétation de ses groupes de
cohomologie classiques en termes faisceautiques ; ni, lorsque <formula notation="TeX">F</formula> est
contravariant, de son homologie, ou inversement de sa cohomologie faisceautique
en termes classiques.
<note type="authorial" place="margin">Si !</note>
<note type="editorial" resp="#pass">en marge de gauche, au milieu d'une accolade qui embrasse toute la
phrase « Cependant, quand <formula notation="TeX">F</formula> … en termes classiques » ; cette réponse est
propre à cette copie, l'exemplaire annoté à l'encre (p. 34) ne la porte pas.</note></p>
<p>A propos de la notion de foncteur qui est un homotopisme. Quillen montre qu'un
tel foncteur <formula notation="TeX">F : C \to C'</formula> induit une équivalence entre la sous catégorie
triangulée <formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(C')</formula> de la catégorie dérivée bornée de celle
des faisceaux abéliens sur <formula notation="TeX">C'</formula>, dont les faisceaux de cohomologie sont des
systèmes locaux, et la catégorie analogue pour <formula notation="TeX">C</formula> ; et réciproquement. On
peut dans cet énoncé introduire aussi n'importe quel anneau de base (à
conditi<supplied resp="#pass">on</supplied> de le supposer <formula notation="TeX">\neq 0</formula> dans le cas de la réciproque) ; la
partie dir<supplied resp="#pass">ecte</supplied> vaut aussi avec un anneau de coefficients pas néc. 
constant, mais consta<supplied resp="#pass">nt</supplied> tordu. Je pense que ce résultat (facile) doit
pouvoir se généraliser ai<supplied resp="#pass">nsi</supplied>.</p>
<p>Soit <formula notation="TeX">f : X \to X'</formula> un morphisme de topos qui soit tel que pour tout faisceau
loc. const. sur <formula notation="TeX">X'</formula>, <formula notation="TeX">f</formula> induise un isomorphisme sur les cohomolog<supplied resp="#pass">ies</supplied>
(avec cas non commutatif inclus). Supposons que <del><gap reason="illegible"/></del> <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">X</formula> et
<formula notation="TeX">X'</formula></supplied> soit <hi rend="italic">locale<supplied resp="#pass">ment</supplied> homotopiquement trivial</hi>, i.e. que pour tout
entier <formula notation="TeX">n</formula> <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">\geq 1</formula></supplied>, tout objet <formula notation="TeX">U</formula> <del><gap reason="illegible"/> <formula notation="TeX">X'</formula></del> ait un
recouvrement par des <formula notation="TeX">U_{i} \to U</formula>, tels que a) tout système local sur
<supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">U</formula></supplied> devient constant sur <formula notation="TeX">U_{i}</formula>, et toute section sur <formula notation="TeX">U</formula> devient
constante sur <formula notation="TeX">U</formula><supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">_{i}</formula></supplied> et b) pour tout groupe abélien <formula notation="TeX">G</formula>, les
<formula notation="TeX">H^{j}(U, G) \to H^{j}(U_{i}, G)</formula> son<supplied resp="#pass">t</supplied> nuls pour <formula notation="TeX">1 \leq j \leq n</formula>. Alors
le foncteur <formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(X') \to D^{b}_{\mathrm{lc}}(X)</formula> induit par
<formula notation="TeX">f</formula> est
<note type="editorial" resp="#pass">la définition, de « Supposons que » à « <formula notation="TeX">1 \leq j \leq n</formula> », est tenue
en marge par un double trait vertical et un renvoi à la note qui suit, écrite
à la main au bas de la page ; le bord droit du tapuscrit est rogné, d'où les
fins de mots restituées. « <formula notation="TeX">X</formula> et <formula notation="TeX">X'</formula> » est écrit à la main au-dessus d'un
mot tapé qu'il biffe ; après « tout objet <formula notation="TeX">U</formula> », la fin de ligne est rognée,
et la ligne suivante s'ouvre sur un <formula notation="TeX">X'</formula> biffé à la main.</note>
<note type="authorial" place="margin">Attention, cette condition n'est <unclear>typiquement</unclear>
<hi rend="italic">pas</hi> satisfaite par les schémas avec leur topologie étale (mais bien
par <del><gap reason="illegible"/></del> <unclear>variétés</unclear> loc. noeth. avec top. Zariski).</note></p>
<pb n="5" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=6"/><p>une équivalence). Même énoncé si on met dans le coup un système local
d'anneaux sur <formula notation="TeX">X'</formula>. Enfin, <formula notation="TeX">f</formula> induit <unclear>une équivalence</unclear> entre la
catégorie des coéfficients locaux sur <formula notation="TeX">C</formula> et celle des coéff. locaux sur
<formula notation="TeX">C'</formula>.
<note type="editorial" resp="#pass">la dactylographie a d'abord écrit « est pleinement fidèle (resp. une
équivalence) » puis effacé à la frappe « pleinement fidèle (resp. », de même
qu'à la ligne suivante « isomorphisme » et « foncteur pleinement fidèle
(resp. une équivalence) » se recouvrent ; on donne ce qui reste lisible. Les
lettres <formula notation="TeX">C</formula>, <formula notation="TeX">C'</formula> de cette phrase sont tapées ainsi, là où le contexte attend
<formula notation="TeX">X</formula>, <formula notation="TeX">X'</formula>. Deux lignes entières sont ensuite effacées à la frappe.</note>
Principe de démonstration : on commence par prouver ce dernier résultat, en
notant que si un topos est localement hom. trivial, il est loc. connexe et
loc. simplement connexe, d'où une bonne théorie du <formula notation="TeX">\pi_{0}</formula> et du <formula notation="TeX">\pi_{1}</formula>
(qui sont ici discrets), et on est ramené à un cas particulier du critère
d'homotopisme de Artin et Mazur, savoir un critère cohomologique pour qu'un
homomor<supplied resp="#pass">p</supplied>hisme de groupes <formula notation="TeX">G \to H</formula> (ici de<supplied resp="#pass">s</supplied> groupes <formula notation="TeX">\pi_{1}</formula> de
<formula notation="TeX">X, X'</formula>) soit un isomorphisme : il doit induire des isomorphismes sur les
<formula notation="TeX">H^{0}</formula> et <formula notation="TeX">H^{1}</formula> (y inclus dans le cas non commutatif…). On prouve la
pleine fidélité en se ramenant par la suite spectrale aux cas des
<formula notation="TeX">\mathrm{Ext}^{i}</formula> de coéfficients locaux. Par la suite spectrale encore, cela
résultera du fait suivant : si <formula notation="TeX">X</formula> est localement hom. trivial, alors la
catégorie des faisceaux abéliens loc. constants est stable par
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Ext}}^{i}</formula>, et le foncteur <formula notation="TeX">M \mapsto M_{X}</formula> (Ab) dans
<formula notation="TeX">X_{\mathrm{ab}}</formula> commute aux dits <formula notation="TeX">\mathrm{Ext}^{i}</formula>.</p>
<p>En fait, <formula notation="TeX">X</formula> et <formula notation="TeX">X'</formula> étant loc. hom<supplied resp="#pass">.</supplied> triviaux, les conditions suivantes
sur <formula notation="TeX">f</formula> seront équivalentes :</p>
<list rend="itemize">
<label>a)</label><item><formula notation="TeX">f</formula> est un homotopisme, i.e. induit pour tout système local (pas néc
commutatif) sur <formula notation="TeX">X'</formula> un isomorphisme sur les <formula notation="TeX">H^{i}</formula>.</item>
<label>b)</label><item><formula notation="TeX">f</formula> induit une équivalence
<formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(X') \to D^{b}_{\mathrm{lc}}(X)</formula> .</item>
<label>a')</label><item><formula notation="TeX">f</formula> induit une équivalence entre la catégorie des systèmes locaux
abéliens sur <formula notation="TeX">X'</formula> et <formula notation="TeX">X</formula>, et des isomorphismes sur les <formula notation="TeX">H^{i}</formula> correspondants
(do<supplied resp="#pass">nc</supplied> on ne prend ici que des coéfficients commutatifs).</item>
</list>
<p><note type="authorial" place="margin">?</note>
J'ignore si on peut dans a) se borner aux systèmes locaux commutatif<supplied resp="#pass">s</supplied>.
L'équivalence entre a) et b) fournit une première justification ou motivation
pour définir des types d'homotopie via la catégorie
<formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(X)</formula>,
<note type="editorial" resp="#pass">le « <formula notation="TeX">b</formula> » et le « lc » du dernier <formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(X)</formula> sont écrits
à la main, en fin de ligne.</note></p>
<pb n="6" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=7"/><p>éventuellement muni de la sous-catégorie pleine de tous les systèmes loc<supplied resp="#pass">aux</supplied>
sur <formula notation="TeX">X</formula>, et du foncteur cohomologique sur <formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(X)</formula> à valeurs
dans ladite catégorie, et bien sûr du produit tensoriel (mais alors on sort de
<formula notation="TeX">D^{b}</formula> pour entrer dans <formula notation="TeX">D^{-}</formula> , redactor demerdetur).</p>
</div>
<div type="subsection">
<head>II    <formula notation="TeX">n</formula>-catégories, catégories <formula notation="TeX">n</formula>-uples, et (Gr)-catégories.</head>
<p>Appelons bi-catégorie une catégorie dans <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>, i.e. un triple
<formula notation="TeX">(C_{0}, C_{1}, p_{1}, p_{2}, \pi)</formula>, où <formula notation="TeX">C^{\circ}</formula> est une catégorie,
<formula notation="TeX">p_{1}, p_{2} : C_{1} \rightrightarrows C_{0}</formula> deux foncteurs,
<formula notation="TeX">\pi : (C_{1}, p_{1}) \times_{C^{\circ}} (C_{1}, p_{2}) \to C_{1}</formula> un
foncteur, avec les axiomes habituels.
<note type="editorial" resp="#pass">les indices des <formula notation="TeX">C_{i}</formula> et, plus bas, des <formula notation="TeX">X_{ij}</formula> ont été tapés en
exposant ; il les biffe un à un à la main et les récrit en indice. On donne
partout sa correction ; les deux « <formula notation="TeX">C^{\circ}</formula> » qu'il n'a pas touchés sont
laissés tels qu'ils sont tapés.</note>
Interprétant <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula> comme la sous-catégorie pleine de
<formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})</formula> des objets qui … , et de même pour les catégories
à valeurs dans une catégorie telle <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>, on trouve que la
catégorie <formula notation="TeX">(\mathrm{Bicat})</formula> des <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-catégories est équivalente à
la sous-catégorie pleine de la catégorie des ensembles bi-semisimpliciaux
<formula notation="TeX" rend="display">\begin{array}{cccc}
X_{00} &amp; X_{01} &amp; \cdots &amp; X_{0n} \\
X_{10} &amp; X_{11} &amp; \cdots &amp; X_{1n} \\
\cdots &amp; &amp; &amp; 
\end{array}</formula>
formée des objets qui ligne par ligne et colonne par colonne satisfont la
condition d'ex<supplied resp="#pass">a</supplied>ctitude familière (transformer sommes amalgamées en
produit<supplied resp="#pass">s</supplied> fibrés). De même la catégorie <formula notation="TeX">(\mathrm{Tricat})</formula> des
<formula notation="TeX">(\mathrm{Bicat})</formula>-catégories s'interprète en termes d'objets
tri-semi-simpliciaux, etc.</p>
<p>Exemple : soit <formula notation="TeX">C</formula> une catégorie, posons <formula notation="TeX">C_{0} = C</formula>,
<formula notation="TeX">C_{1} = \underline{\mathrm{Fl}}(C)</formula>, avec structure<supplied resp="#pass">s</supplied> <formula notation="TeX">p_{1}, p_{2}</formula>,
évidentes (d'où une <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-cat<supplied resp="#pass">ég</supplied>orie dont les composantes
semi-simpliciales supérieures sont les catégories
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Fl}}^{n}(C)</formula> des <formula notation="TeX">n</formula>-flèches de <formula notation="TeX">C</formula> …) L'ensemble
bi-semisimplicial correspondant a pour composantes les ensembl<supplied resp="#pass">es</supplied>
<formula notation="TeX">\mathrm{Hom}(\Delta^{n} \times \Delta^{m}, C)</formula>. Par exemple, les objets de
<formula notation="TeX">X_{11}</formula> sont les carrés commutatif<supplied resp="#pass">s</supplied> de flèches de <formula notation="TeX">C</formula>, qu'on peut
interpréter (de deux manières différentes) co<supplied resp="#pass">mme</supplied></p>
<pb n="7" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=8"/><p>morphismes de flêches.</p>
<p>Notons une symmétrie évidente dans la catégorie <formula notation="TeX">(\mathrm{Bicat})</formula>,
interprété<supplied resp="#pass">e</supplied> en termes d'ensemble<supplied resp="#pass">s</supplied> bi-semisimpliciaux, obtenue en
échangeant les lign<supplied resp="#pass">es</supplied> et les colonnes dans de tels ensembles bi…
Un ensemble bisemisimpl<supplied resp="#pass">ici</supplied>al qui … peut donc de deux façons
différentes être considéré comme déf<supplied resp="#pass">i</supplied>nissant une bicatégorie. De même le
groupe symétrique <formula notation="TeX">\mathrm{Sym}_{n}</formula> opère sur la catégorie
<formula notation="TeX">(n\text{-upcat})</formula> des catégories <formula notation="TeX">n</formula>-uples ..</p>
<p>Une 2-catégorie peut être définie comme constituée par un ensemble <formula notation="TeX">C_{0}</formula>
(l'ensemble des objets ), qu'on interprètera comme une catégorie discrète,
plus la donnée pour tout <formula notation="TeX">x, y \in C_{0}</formula> d'une catégorie
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}(x, y)</formula>, plus des foncteurs composition entre
celles-ci … Prenant la catégorie somme <formula notation="TeX">C</formula> des
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}(x, y)</formula>, On peut exprimer la donnée de ces foncteurs
de composition et des sources et buts <formula notation="TeX">x, y</formula> des catégories
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}(x, y)</formula>, comme définis par des foncteurs « source »
et « but » <formula notation="TeX">C_{1} \to C_{0}</formula>, et un foncteur de composition
<formula notation="TeX">C_{1} \times_{C_{0}} C_{1} \to C_{1}</formula> , les axiomes des 2-catégories
correspondant exactement au<supplied resp="#pass">x</supplied> axiomes des <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-catégories. De
cette façon, la catégorie des 2-catégor<supplied resp="#pass">ies</supplied> est équivalente à la
catégorie des <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-catégories qui ont une « catégo<supplied resp="#pass">rie</supplied>
d'objets » qui est discrète, ou encore à la catégorie des Bicatégories qui,
interprétées comme ensembles bi-semisimpliciaux, ont comme première ligne un
ensemble semisimplicial discret (i.e. un foncteur constant sur <formula notation="TeX">\Delta</formula>). Il
parait qu'on a une interprétation simple dans le même esprit de la notion de
<formula notation="TeX">n</formula>-catégorie en termes d'ensembles <formula notation="TeX">n</formula>-semi-simplici<supplied resp="#pass">aux</supplied>.
<note type="editorial" resp="#pass">Même correction qu'à la page précédente : les indices de <formula notation="TeX">C_{0}</formula>, <formula notation="TeX">C_{1}</formula>
tapés en exposant sont récrits à la main en indice.</note></p>
<p>Demander à Quillen relations entre la notion de <formula notation="TeX">m</formula>-Catégorie dans la
catégorie <formula notation="TeX">(n\text{-Cat})</formula>, et celle d'ensemble <formula notation="TeX">(m+n)</formula>-semisimplicial.
<note type="editorial" resp="#pass">ce paragraphe est marqué d'un double trait vertical en marge de gauche.</note></p>
<p>L'interprétation standard semisimpliciale permet d'interpréter</p>
<pb n="8" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=9"/><p><note type="authorial" place="margin">Attention : la catégorie
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}_{\mathrm{grab}}</formula>, qui s'identifie à la catégorie
définie par un <formula notation="TeX">R\mathrm{Hom}_{\mathbb{Z}}(C_{x}, C'_{x})</formula>, ce point devant
être élucidé !</note>
<note type="editorial" resp="#pass">note dans un cadre, en tête de la page, au-dessus du numéro 7 du
tapuscrit ; le signe qui l'ouvre la rattache sans doute à la dernière phrase
de la page précédente, mais aucun renvoi correspondant n'y est visible.
<formula notation="TeX">C_{x}</formula>, <formula notation="TeX">C'_{x}</formula> ne sont pas définis ici.</note></p>
<p>de même les <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupes (ou groupes à valeurs dans
<formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>) comme étant les groupes semisimpliciaux qui « sont » des
catégories i.e. qui satisfont la condition d'exactitude familière, permettant
d'en déte<supplied resp="#pass">r</supplied>miner tous les composants à l'aide de <formula notation="TeX">C_{0}</formula> et <formula notation="TeX">C_{1}</formula> .
Appliquant le tapis de Dold, dans le cas commutatif, on trouve que les
<formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupes abéliens forment une catégorie équivalente à celle des
complexes de chaines de groupes abéliens qui sont de longueur 1 :
<formula notation="TeX" rend="display">0 \leftarrow C_{0} \leftarrow C_{1} \leftarrow 0 \quad .</formula>
Quand on explicite la <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupe abélien associé à un tel complexe
de chaines, on trouve « ma » construction chérie de la « catégorie de Picard »
associée au complexe : objets ceux de <formula notation="TeX">C_{0}</formula>, flêches de <formula notation="TeX">x</formula> dans <formula notation="TeX">y</formula> les <formula notation="TeX">z</formula>
dans <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">C_{1}</formula></supplied> tels que <formula notation="TeX">dz = y - x</formula> . On trouve donc à isomorphisme près
tous les groupe<supplied resp="#pass">s</supplied> abéliens de <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula> ainsi. Un complément
important est que toute catégori<supplied resp="#pass">e</supplied> de Picard <del>(resp. et
commutative)</del> est équivalente (au sens technique qu'on ne précis<supplied resp="#pass">e</supplied> pas
ici) à un vrai <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupe <del>(resp. <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupe
commutatif)</del>. <supplied resp="#pass">Quand on <unclear>simplifie</unclear> mod « <unclear>Grab</unclear> »
équivalence, cela correspond à travailler dans la catégorie <hi rend="italic">dérivée</hi> des
complexes, seuls invariants <unclear>sont</unclear> <formula notation="TeX">H_{0}</formula>, <formula notation="TeX">H_{1}</formula>
(<unclear>ou</unclear> <formula notation="TeX">\pi_{0}</formula>, <formula notation="TeX">\pi_{1}</formula>).</supplied>
<note type="authorial" place="margin"><del><gap reason="illegible"/></del></note>
<note type="authorial" place="margin"><gap reason="illegible"/> si on part d'une « cat. de Picard <unclear>commut.</unclear> »,
elle ne se <unclear>réalise</unclear> <gap reason="illegible"/> que par un <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-g. <unclear>non</unclear>
<unclear>commut.</unclear></note>
<note type="editorial" resp="#pass">l'insertion, en deux lignes serrées entre les lignes tapées, suit les
deux parenthèses biffées qui étendaient l'énoncé au cas commutatif. En regard,
dans la marge de gauche, deux blocs écrits en oblique : le premier, barré de
traits, ne se lit pas ; le second, pâle et rogné au bord gauche de la
photocopie, dit pourquoi les variantes commutatives sont biffées. L'exemplaire
annoté à l'encre (p. 38) porte les mêmes notes, plus lisibles.</note>
On notera qu'on a une classification beaucoup plus restrein<supplied resp="#pass">te</supplied> que pour les
<formula notation="TeX">H</formula>-espaces (resp. les <formula notation="TeX">H</formula>-espaces homotopiquement comm.) mod<supplied resp="#pass">ulo</supplied>
équivalence d'homotopie, de façon précise entre les groupes resp. les
groupes abéliens de la catégorie homotopique. La raison en est qu'on est
beaucoup plus restrictif dans le contexte catégorique pour le sens de
l'asso<supplied resp="#pass">cia</supplied>tivité (resp. et de la commutativité), puisqu'on ne demande pas
seulemen<supplied resp="#pass">t</supplied> l'existence d'isomorphismes d'associativité (qui suffirait
pour avoir u<supplied resp="#pass">n</supplied> groupe dans la catégorie homotopique
<formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})' \simeq (\mathrm{Ssimpl})'</formula>, modulo l'existence d'unités et
d'invers<supplied resp="#pass">es</supplied>) mais qu'on suppose <hi rend="italic">donnés</hi> ces isomorphismes, de façon
à satisfaire à certaines compatibilités : c'est ce qui permet, me semble-t-il,
de prouver qu'<supplied resp="#pass">à</supplied> équivalence près, on peut supposer qu'il s'agit de vrais
groupes dans <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>, <del>resp. de vraie commutativité.</del>
<note type="editorial" resp="#pass">« la catégorie homotopique » est tapé en interligne et mis en place par
un trait à la main ; une accolade et un trait en marge de gauche tiennent les
deux dernières lignes, dont la fin est biffée à la main.</note></p>
<pb n="9" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=10"/><p>On doit trouver une approximation meilleure d'un cran à la classifi<supplied resp="#pass">ca</supplied>tion
topologique en prenant des <formula notation="TeX">(2\text{-Cat})</formula>-groupes resp. des
<formula notation="TeX">(2\text{-Cat})</formula>-group<supplied resp="#pass">es</supplied> abéliens, ou plus généralement des
« Gr-2-catégories » resp. « Grab-2-catégories » . (NB Une Grab-catégorie
définit une Grab-2catégor<supplied resp="#pass">ie</supplied> comme une catégorie définit une
2-catégorie ; du point de vue semi-simpli<supplied resp="#pass">ci</supplied>al, cette opération serait
analogue à celle de « cosquélette tronqué » ; Mais également une
Grab-2-catégorie définit une Grab-catégorie, savoir la catégorie des
automorphismes de l'objet unité ; cette opération serait analogue à celle de
« tuage des groupes d'homotopie en dim <formula notation="TeX">&gt; 1</formula> »). Pour l<supplied resp="#pass">a</supplied> notion
groissière (Gr ou Grab) l'idée de ma lettre à Verdier était qu<supplied resp="#pass">'on</supplied> doit
trouver la même chose que les tronqués au cran 2, dans la catégorie
<hi rend="italic">homotopi<supplied resp="#pass">que</supplied></hi> des <formula notation="TeX">H</formula>-espaces — i.e. ce qu'on déduit des
<formula notation="TeX">H</formula>-espaces par tuage des group<supplied resp="#pass">es</supplied> d'homotopie en dimensions <formula notation="TeX">&gt; 2</formula> .
<note type="editorial" resp="#pass">la frappe porte « définie en Grab-catégorie » ; « définit une » est la
correction écrite au-dessus, propre à cette copie (l'exemplaire annoté à
l'encre, p. 39, ne la porte pas). Les signes <formula notation="TeX">&gt;</formula> sont repassés à la main sur
une frappe surchargée, comme sur l'exemplaire à l'encre.</note></p>
<p>(Demander à Quillen relations exactes entre objets-groupes et objet<supplied resp="#pass">s</supplied>
connexes de la catégorie homotopique ponctuée : forment-ils des catégories
équival<supplied resp="#pass">en</supplied>tes par le foncteur espace des lacets ?).
<note type="authorial" place="margin">non, on a un foncteur <unclear>pl.</unclear> fidèle (?) mais pas
<unclear>essentiellement</unclear> surjectif …</note>
<note type="editorial" resp="#pass">le paragraphe est tenu en marge par un double trait vertical ; la
réponse est écrite en oblique dans la marge de gauche.</note></p>
<p>Pour les <hi rend="italic">vrais</hi> groupes abéliens de <formula notation="TeX">(2\text{-Cat})</formula>, l'approche de
Quillen consiste à les identifier d'abord à des groupes abéliens de la
catégorie <formula notation="TeX">(\mathrm{Bicat})</formula>, donc à des groupes abéliens bi-semisimpliciaux
particuliers (conditions sur chaque ligne et chaque colonne). Appliquant la
version bi-semisimpli<supplied resp="#pass">ci</supplied>ale du tapis de Dold, on trouve que la catégorie
de ces objets est équivalente à la catégorie des bicomplexes de chaines de
groupes abéli<supplied resp="#pass">ens</supplied> qui sont nuls en dehors du carré <formula notation="TeX">0 \leq i, j \leq 1</formula>.
La <del>colonn<supplied resp="#pass">e</supplied></del> <supplied resp="#pass"><unclear>cond.</unclear></supplied> que la première ligne corresponde
à un groupe semisimplicial trivial signifie alors qu'elle n'a que le terme de
degré zéro, i.e. que le bicomplexe est réduit à</p>
<p><figure type="diagram"><formula notation="tikz-cd">\begin{tikzcd}
C_{00} &amp; 0 \arrow[l] &amp; 0 \arrow[l] \\
C_{10} \arrow[u] &amp; C_{11} \arrow[l] \arrow[u] &amp; 0 \arrow[l]
\end{tikzcd}</formula></figure></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">le diagramme est complété à la main : les deux flèches verticales et
les « <formula notation="TeX">0</formula> » de droite sont manuscrits. « cond. », au-dessus de « colonne »
biffé, est propre à cette copie : l'exemplaire à l'encre (p. 39) garde « La
colonne » tel quel.</note></p>
<pb n="10" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=11"/><p>Ces bicomplexes s'identifient aux complexes de chaines de longueur 2. Donc la
catégorie de <formula notation="TeX">(2\text{-Cat})</formula>-groupes abéliens est équivalente à celle de<supplied resp="#pass">s</supplied>
complexes de chaines de longueur 2. L'explicitation de la 2-catégorie associée
à un tel complexe de chaines est mon interprétation chérie. Il faudrait encore
expliciter <supplied resp="#pass">la</supplied> 2-Grab-catégorie des homomorphismes (en un sens à
préciser) entre deux telles 2-Grab-caté<supplied resp="#pass">go</supplied>ries strictes, en termes d'un
complexe <formula notation="TeX">R\mathrm{Hom}</formula>.</p>
<p>L'idée qui se dégage de cette approche, et que Quillen on espère <supplied resp="#pass">va</supplied>
expliciter, c'est que la notion de groupe <hi rend="italic">abélie<supplied resp="#pass">n</supplied></hi> dans
<formula notation="TeX">(n\text{-Cat})</formula> correspond à celle de complexe de chaines de longueur <formula notation="TeX">n</formula>, en
raisonnant soit mod. isomorphisme de part et d'autre, soit mod. une notion
naturell<supplied resp="#pass">e</supplied> de <formula notation="TeX">n</formula>-équivalence d'un côté, et dans la catégorie dérivée de
l'autre. Cec<supplied resp="#pass">i</supplied> doit pouvoir se préciser en utilisant des
<formula notation="TeX">\mathrm{Hom}^{\bullet}</formula> resp. des <formula notation="TeX">R\mathrm{Hom}^{\bullet}</formula>.</p>
<p>Si maintenant <formula notation="TeX">C</formula> est une catégorie avec un « produit tensoriel »
assoc<supplied resp="#pass">ia</supplied>tif (et éventuellement unitaire), i.e. un bifoncteur avec des
isomorphismes d'associativité (mais sans inverse …), on peut lui associer
sans doute une Gr-catégorie universelle (tout comme à un monoïde on associe
<supplied resp="#pass">le</supplied> groupe symmétrisé), d'où des invariants, qu'on pourra désigner par
<formula notation="TeX">K_{0}(C)</formula> et <formula notation="TeX">K_{1}(C)</formula>. On suppose qu'on pourra de même trouver, pour tout
<formula notation="TeX">n</formula>, une Gr-<formula notation="TeX">n</formula>-catégorie universelle où envoyer <formula notation="TeX">C</formula> de façon compatible avec
<formula notation="TeX">\otimes</formula> (tout cela dans un sens à préciser), dont les invariants <formula notation="TeX">\pi_{n}</formula>
seraient par déf<supplied resp="#pass">ini</supplied>tion les <formula notation="TeX">K_{n}(C)</formula>. Un cas intéressant est celui où
<formula notation="TeX">C</formula> est une catégorie ave<supplied resp="#pass">c</supplied> produits finis (par exemple une catégorie
additive) et <formula notation="TeX">\otimes</formula> est le produit, <supplied resp="#pass">[</supplied>Mais on notera que dans le cas d'une
catégorie non seulement additi<supplied resp="#pass">ve</supplied> mais abélienne, il y a une notion plus
adéquate du <formula notation="TeX">K_{0}</formula> , qui devrait corr<supplied resp="#pass">es</supplied>pondre à une notion plus
adéquate de la suite des <formula notation="TeX">K_{i}</formula> , inspirée du tapis de Roos ; sans doute
c'est en termes de (« vraie ») catégories triangulées
<note type="editorial" resp="#pass">le signe du produit tensoriel est obtenu à la machine en surchargeant
un O ; on le rend par <formula notation="TeX">\otimes</formula>. Le crochet ouvert avant « Mais » est tracé à
la main sur une parenthèse tapée ; il n'est pas refermé.</note></p>
<pb n="11" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=12"/><p>qu'il conviendra de poser les définitions adéquates). — Peut-être Quill<supplied resp="#pass">en</supplied>
a-t-il une définition semi-simpliciale plus directe, sans passer par des
<formula notation="TeX">n</formula>-catégories, des <formula notation="TeX">K_{i}</formula> et plus précisément du <formula notation="TeX">H</formula>-espace qui devrait
correspo<supplied resp="#pass">n</supplied>dre à <formula notation="TeX">C</formula>. Ce n'est certainement pas en général l'ensemble
semi-simplicial <formula notation="TeX">SC</formula> associé à <formula notation="TeX">C</formula>, puisque dans le cas d'une catégorie
additive, <formula notation="TeX">C</formula> est homotopiquement trivial (en effet le foncteur identique est
« homoto<supplied resp="#pass">pe</supplied> » au foncteur nul, puisqu'il suffit d'avoir un homomorphisme
d'un foncteur dans l'autre ; d'où une équivalence d'homotopie entre <formula notation="TeX">C</formula> et la
catégorie nulle). Pourtant, il semble bien que dans le cas où <formula notation="TeX">C</formula> est une
Gr-catégor<supplied resp="#pass">ie</supplied> i.e. admet des inverses, alors ce soit bien la construction
« naïve » <formula notation="TeX">SC</formula> qu<supplied resp="#pass">i</supplied> est la bonne, puisqu'on trouve bien un <formula notation="TeX">\pi_{0}</formula> et un
<formula notation="TeX">\pi_{1}</formula> qui sont aussi les <formula notation="TeX">\pi_{0}</formula> et <formula notation="TeX">\pi_{1}</formula> au sens catégorie sans
Gr-structure.
<note type="authorial" place="margin">oui</note>
<note type="editorial" resp="#pass">en marge de gauche, au droit de la question « Peut-être Quillen a-t-il
une définition semi-simpliciale plus directe », tenue par un double trait ; un
signe de renvoi, en face de « i.e. admet des inverses », appelle le
paragraphe manuscrit qui suit.</note></p>
<p><note type="authorial" place="margin">À expliquer : pour des Gr-<formula notation="TeX">n</formula>-catégories, les <formula notation="TeX">\pi_{i}</formula> au sens
semi-simplicial sont aussi les <formula notation="TeX">\pi_{i}</formula> au sens Gr-<formula notation="TeX">n</formula>-catégories, savoir les
objets à isom. près dans divers <formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}(1, 1)</formula> … .
<del>Il y a aussi une interprétation de l'opération <unclear><formula notation="TeX">\Omega</formula> :
<gap reason="illegible"/> des lacets</unclear> en termes du foncteur d'opération du shift géométrique
évidente sur les <formula notation="TeX">n</formula>-catégories …</del></note>
<note type="editorial" resp="#pass">paragraphe manuscrit, dans le blanc laissé au bas du feuillet tapé,
appelé par un signe en marge et tenu par un trait vertical ; sa seconde
moitié, à partir de « Il y a aussi », est barrée de traits obliques.</note></p>
<pb n="12" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=13"/>
</div>
<div type="subsection">
<head>III    Point de vue « motivique » en théorie du cobordisme.</head>
<p>Soit <formula notation="TeX">C</formula> la catégorie des variétés différentiables <note type="authorial" place="margin">(compactes ?)</note>
(pas nécessairem<supplied resp="#pass">ent</supplied> orientables), les morphismes étant les classes
d'homotopie d'applications continues. Si <formula notation="TeX">B</formula> est une catégorie, on s'intéresse
aux couples <formula notation="TeX">(F_{\bullet}, F^{\bullet})</formula> d'un foncteur covariant et d'un
foncteur contravariant de <formula notation="TeX">C</formula> dans <formula notation="TeX">B</formula>, satisfaisant les conditions que pour
tout <formula notation="TeX">X \in \mathrm{Ob}\, C</formula>, on a <formula notation="TeX">F_{\bullet}(X) = F^{\bullet}(X)</formula>, et que si
on a un produit fibré ordinaire</p>
<p><figure type="diagram"><formula notation="tikz-cd">\begin{tikzcd}
 &amp; X' \arrow[dl, "g'"'] \arrow[dr, "f'"] &amp; \\
X \arrow[dr, "f"'] &amp; &amp; Y' \arrow[dl, "g"] \\
 &amp; Y &amp;
\end{tikzcd}</formula></figure></p>
<p>avec <formula notation="TeX">f</formula> et <formula notation="TeX">g</formula> transversaux, alors on a <formula notation="TeX">g^{\bullet} f_{\bullet} =
f'_{\bullet}\, g'^{\bullet}</formula> (on pose <formula notation="TeX">f_{\bullet} = F_{\bullet}(f)</formula>,
<formula notation="TeX">f^{\bullet} = F^{\bullet}(f)</formula>) . La question est de trouver une <formula notation="TeX">B</formula> et un
couple <formula notation="TeX">(F_{\bullet}, F^{\bullet})</formula> qui soient « universels » dans u<supplied resp="#pass">n</supplied>
sens évident. Quillen prouve que la construction suivante donne une telle
solution.
<note type="editorial" resp="#pass">« (compactes ?) », écrit au-dessus de « différentiables », est propre
à cette copie : l'exemplaire annoté à l'encre (p. 43) ne le porte pas. « les
morphismes étant les classes d'homotopie d'applications continues » et « (on
pose …) » sont tapés en interligne et mis en place par un trait à la main. La
formule est tapée « <formula notation="TeX">g^{\bullet} f_{\bullet} = f!\, g'^{\bullet}</formula> » : le « ! »
est l'apostrophe et le point frappés l'un sur l'autre, soit <formula notation="TeX">f'_{\bullet}</formula> ; de
même plus bas pour <formula notation="TeX">F'_{\bullet}</formula>. Même lecture à l'exemplaire annoté (p. 43)
et au dossier 111.</note></p>
<p>Pour toute variété <formula notation="TeX">X \in \mathrm{ob}\, C</formula> , on définit un anneau commutatif
<formula notation="TeX">B(X)</formula> (l'anneau de bordisme de <formula notation="TeX">X</formula>) en prenant comme éléments les
class<supplied resp="#pass">es</supplied> d'éléments de <formula notation="TeX">C</formula> au dessus de <formula notation="TeX">X</formula>, pour la relation de
cobordisme : <formula notation="TeX">f' : X' \to X</formula> et <formula notation="TeX">f'' : X'' \to X</formula> sont équivalents, s'il
existe une variété à bord <formula notation="TeX">Z</formula>, et un <formula notation="TeX">f : Z \to X</formula>, tel que
<formula notation="TeX">\text{bord } Z = X' \amalg X''</formula> et <formula notation="TeX">f'</formula> et <formula notation="TeX">f''</formula> sont induits par <formula notation="TeX">f</formula>. La
somme de <formula notation="TeX">B(X)</formula> est la somme disjointe (c'est une loi de grou<supplied resp="#pass">pe</supplied> où tout
élément est d'ordre <supplied resp="#pass">2</supplied>), le produit est donné par le produit fibré, en
utilisant le théorème de transversalité de Thom pour bouger un peu <formula notation="TeX">f''</formula>, de
sorte à le rendre transversal à <formula notation="TeX">f'</formula>.
<note type="editorial" resp="#pass">le chiffre de « d'ordre 2 » est récrit à la main sur une frappe biffée.</note>
<note type="authorial" place="margin">NB L'anneau est de plus <hi rend="italic">gradué</hi> par la dimension relative
…</note>
Si on a <formula notation="TeX">f : X \to Y</formula>, on définit <formula notation="TeX">f_{\bullet} : B(X) \to B(Y)</formula> de façon
évidente (tou<supplied resp="#pass">te</supplied> variété sur <formula notation="TeX">X</formula> est sur <formula notation="TeX">Y</formula>), et
<formula notation="TeX">f^{\bullet} : B(Y) \to B(X)</formula> par produit fibré (util<supplied resp="#pass">i</supplied>sant encore le
th. de transversalité). De cette façon, <formula notation="TeX">B(X)</formula> devient u<supplied resp="#pass">n</supplied>
foncteur-anneau <supplied resp="#pass">(gradué)</supplied> contravariant en <formula notation="TeX">X</formula>, et un foncteur
groupe covariant e<supplied resp="#pass">n</supplied></p>
<pb n="13" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=14"/><p><formula notation="TeX">X</formula>. De plus, on a la formule <supplied resp="#pass">(du type
<formula notation="TeX">g^{\bullet} f_{\bullet} = f'_{\bullet}\, g'^{\bullet}</formula> ci-dessus, impliquant la
formule)</supplied> de projection habituelle. Ceci posé, les constructions bien connues en
théorie des correspondances permettent de définir une catégorie
<formula notation="TeX">\underline{B}</formula> dont les objets sont ceux de <formula notation="TeX">C</formula>, et les <formula notation="TeX">\mathrm{Hom}</formula> étant
donnés par
<formula notation="TeX" rend="display">\mathrm{Hom}_{\underline{B}}(X, Y) = B(X \times Y) \quad .</formula>
On a un isomorphisme canonique <formula notation="TeX">\underline{B} \simeq \underline{B}^{\circ}</formula> ,
qui est l'identité sur les objets et la symmétrie
<formula notation="TeX">B(X \times Y) \simeq B(Y \times X)</formula> sur les flêches, et un foncteur évident
<formula notation="TeX">F_{\bullet} : C \to \underline{B}</formula> , qui est l'identité sur les objets et
don<supplied resp="#pass">né</supplied> par les graphes sur les flêches. Composé avec la symmétrie
précédente on trouve un foncteur <formula notation="TeX">F^{\bullet} : C \to \underline{B}</formula>. On
vérifie enfin que le couple <formula notation="TeX">(F_{\bullet}, F^{\bullet})</formula> satisfait aux
conditions envisagées dans l'alinéa 1 (ceci aus<supplied resp="#pass">si</supplied> devrait être formalisé
au cas des correspondances générales …). On vérifie enfin qu'il a la
propriété universelle qu'il faut. Lorsqu'on se donne un couple
<formula notation="TeX">(F'_{\bullet}, F'^{\bullet})</formula> à valeurs dans une catégorie <formula notation="TeX">B'</formula>, il faut trouver une
factorisation par <formula notation="TeX">B</formula>. Elle est toute trouvée sur les objets, il faut la
définir sur les flêches, donc définir, pour <formula notation="TeX">X, Y</formula> dans <formula notation="TeX">C</formula>, une application
<formula notation="TeX" rend="display">(*) \qquad B(X \times Y) \to \mathrm{Hom}(X', Y') \quad .</formula>
Mais si <formula notation="TeX">Z</formula> est au dessus de <formula notation="TeX">X \times Y</formula>, d'où <formula notation="TeX">p : Z \to X</formula> et
<formula notation="TeX">q : Z \to Y</formula>, on lui assoc<supplied resp="#pass">ie</supplied> un élément du deuxième membre de <formula notation="TeX">(*)</formula>
comme le composé
<formula notation="TeX" rend="display">X' \xrightarrow{\;F'^{\bullet}(p)\;} Z' \xrightarrow{\;F'_{\bullet}(q)\;} Y'
\quad .</formula>
Il faut prouver que l'élément obtenu en remplaçant <formula notation="TeX">Z</formula>
<supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">(= Z_{0})</formula></supplied> par un <formula notation="TeX">Z_{1}</formula> cobordant au dessus de <formula notation="TeX">X</formula> <supplied resp="#pass">est le
même</supplied>. Or si <formula notation="TeX">g : T \to X \times Y</formula> réalise le cobordisme, on voit (regardant
seulement <formula notation="TeX">T</formula> et la décomposition <formula notation="TeX">\mathrm{bord}(T) = Z_{\uncertain{0}} \amalg Z_{1}</formula>) qu'il
<note type="editorial" resp="#pass">l'indice <formula notation="TeX">0</formula> de <formula notation="TeX">Z_{0}</formula>, à l'encre sur l'exemplaire annoté (p. 44), n'est
qu'une trace sur cette photocopie</note>
existe une variété <formula notation="TeX">\overline{T}</formula> sur <formula notation="TeX">S^{1}</formula> (obtenue en « doublant » <formula notation="TeX">T</formula>)
transversale au dessus d'un couple de points <formula notation="TeX">s_{0}, s_{1}</formula> de <formula notation="TeX">S^{1}</formula>, tels
que <formula notation="TeX">Z_{i}</formula> soit l'image inverse <supplied resp="#pass">dans <formula notation="TeX">\overline{T}</formula></supplied> de <formula notation="TeX">s_{i}</formula>
(<formula notation="TeX">i = 0, 1</formula>) ; d'autre part,
<note type="editorial" resp="#pass">la parenthèse manuscrite en tête de la page est rattachée par un trait
à « la formule ». « <formula notation="TeX">(= Z_{0})</formula> », au-dessus de <formula notation="TeX">Z</formula>, est pâle sur la
photocopie ; « est le même », écrit sous « l'élément obtenu », est renvoyé
par un trait après « au dessus de <formula notation="TeX">X</formula> ».</note></p>
<pb n="14" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=15"/><p><formula notation="TeX">g</formula> manifestement se prolonge en <formula notation="TeX">\overline{g} : \overline{T} \to X \times Y</formula> .
Cela nous ramène à prouv<supplied resp="#pass">er</supplied> que le composé
<formula notation="TeX">\overline{T}' \xrightarrow{\;\alpha_{i}\;} Z'_{i}
\xrightarrow{\;\alpha_{i*}\;} \overline{T}'</formula> ne dépend pas de
<formula notation="TeX">i = 0, 1</formula>. Ecrivons <formula notation="TeX">X</formula> au lieu de <formula notation="TeX">\overline{T}'</formula>, considérons le diagramme
cartésien d'inclusions</p>
<p><figure type="diagram"><formula notation="tikz-cd">\begin{tikzcd}
X_{s} \arrow[r, "\alpha_{s}"] \arrow[d, "\alpha_{s}"'] &amp; X \arrow[d, "{\Gamma = (p, \mathrm{id}_{X})}"] \\
X \arrow[r, "i_{s}"'] &amp; S^{1} \times X
\end{tikzcd}</formula></figure></p>
<p>on a alors <formula notation="TeX">\alpha_{s}^{*}\, \alpha_{s*} = \Gamma^{*}\, i_{s*}</formula> , qui ne
dépend pas de <formula notation="TeX">s</formula> puisque <formula notation="TeX">i_{s}</formula> n'en dépend pas à homotopie près. — Le
reste est sans doute l'AQT.
<note type="editorial" resp="#pass">les étiquettes du composé, les flèches et les <formula notation="TeX">\alpha_{s}</formula> du carré,
l'étiquette <formula notation="TeX">\Gamma = (p, \mathrm{id}_{X})</formula> de la flèche de droite et les
astérisques de la formule sont portés à la main dans les blancs laissés par la
machine ; petits et pâles sur la photocopie, ils se lisent comme sur
l'exemplaire annoté à l'encre (p. 45). La première étiquette du composé est
<formula notation="TeX">\alpha_{i}</formula>, sans astérisque visible.</note></p>
<p>Sur la str<supplied resp="#pass">u</supplied>cture des <formula notation="TeX">B_{\bullet}(X)</formula>. Ce sont tous des algèbres graduées
sur <formula notation="TeX">B_{\bullet}(\mathrm{pt}) = \Lambda</formula> , qui est une algèbre graduée à
degrés positifs, réduit<supplied resp="#pass">e</supplied> à <formula notation="TeX">\underline{\mathbb{F}}_{2}</formula> en degré 0. C'est
d'ailleurs une algèbre de polynômes <supplied resp="#pass">(à une infinité de générateurs
<formula notation="TeX">x_{i}</formula> (<formula notation="TeX">i</formula> <unclear>entier <formula notation="TeX">\geq 1</formula></unclear>, <unclear><formula notation="TeX">\neq</formula> de la forme
<formula notation="TeX">2^{\nu} - 1</formula></unclear>))</supplied> connue …
<note type="editorial" resp="#pass">l'insertion, appelée par un signe en marge, est écrite en deux lignes
sous la ligne tapée ; la seconde, pâle et rognée au bord droit de la
photocopie, se lit sur l'exemplaire à l'encre (p. 45).</note></p>
<p>On a un homomorphisme évident d'anneaux gradués <formula notation="TeX">B_{\bullet}(X) \to H^{\bullet}(X)</formula>,
nul en degrés <formula notation="TeX">&gt; 0</formula>, qui à tout <formula notation="TeX">Z</formula> sur <formula notation="TeX">X</formula> associe l'image de
<formula notation="TeX">1 \in H^{0}(Z)</formula> par l'homomorphisme de Gys<supplied resp="#pass">in</supplied> associé à <formula notation="TeX">Z \to X</formula>. Cet
homomorphisme par Thom est surjectif (toute cla<supplied resp="#pass">s</supplied>se de cohomologie
provient d'une image de variété compacte …) ;
<note type="authorial" place="margin">NB <formula notation="TeX">H^{*}(X)</formula> (<formula notation="TeX">= H^{*}(X, \underline{\mathbb{F}}_{2})</formula>)</note>
<note type="authorial" place="margin">en fait <formula notation="TeX">H^{\bullet}(X) \simeq B_{\bullet}(X) / \Lambda^{+}
B_{\bullet}(X)</formula></note>
<note type="editorial" resp="#pass">deux notes superposées dans la marge de gauche : « NB <formula notation="TeX">H^{*}(X)</formula> … »
est propre à cette copie ; « en fait … » est la note de l'exemplaire à l'encre
(p. 45). « d'anneaux gradués » est tapé en interligne ; l'exposant de <formula notation="TeX">H</formula> est
une frappe surchargée.</note></p>
<p>On prouve même qu'il existe un relèvement fonctoriel en <formula notation="TeX">X</formula>
<formula notation="TeX">H^{\bullet}(X) \to B_{\bullet}(X)</formula>, <supplied resp="#pass">(il est douteux qu'il soit)</supplied>
compatible avec multiplication, tel que l'on ait :
<note type="editorial" resp="#pass">la main entoure « compatible avec multiplication » d'une parenthèse et
écrit au-dessus « il est douteux qu'il soit » ; un point d'interrogation dans
la marge.</note></p>
<p><del>a)</del> L'homomorphisme correspondant
<formula notation="TeX">H^{\bullet}(X) \otimes_{\underline{\mathbb{F}}_{2}} \Lambda \simeq
B_{\bullet}(X)</formula> est un isomorphisme (ce sera vrai pour tout relèvement
individuellement …), e<supplied resp="#pass">t</supplied></p>
<p><del>b)</del> <supplied resp="#pass">[Quillen ignore si</supplied> <del>Le</del> relèvement est compatible
aussi avec les hom. de Gysin
<note type="editorial" resp="#pass">les lettres a) et b) sont biffées à la main ; le crochet ouvert à
l'encre devant b) fait de la seconde clause une question, non plus une
condition. Le bord droit est rogné : la fin de « et » et le crochet fermant
que porte l'exemplaire à l'encre (p. 45) n'y paraissent pas. Un grand point
d'interrogation dans la marge, en regard.</note></p>
<p>Ainsi, la catégorie <formula notation="TeX">\underline{B}</formula> admet un foncteur pleinement fidèle dans la
catégorie des modules gradués libres de type fini sur <formula notation="TeX">\Lambda</formula>, les modules de
type fini qu'on obtient ainsi ayant des générateurs à degrés <formula notation="TeX">&lt; 0</formula> satisfaisant
(pour <formula notation="TeX">X</formula> connexe i.e. quand il y a un seul générateur de degré zéro) la
dualité de Poincaré. Quand on prend la catégorie <hi rend="italic">quasi abélienne</hi>
<supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">\widetilde{\underline{B}}</formula></supplied> associée à <formula notation="TeX">\underline{B}</formula>, on trouve donc
tous les modules gradués libre<supplied resp="#pass">s</supplied> de type fini à générateurs en degrés
<formula notation="TeX">\leq 0</formula> seulement. C'est u<supplied resp="#pass">ne</supplied>
<note type="authorial" place="margin">i.e. l'enveloppe « karoubienne »</note>
<note type="editorial" resp="#pass">en oblique dans la marge de gauche, en regard de « quasi abélienne » ;
cette note est propre à cette copie.</note></p>
<pb n="15" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=16"/><p>catégorie additive (et même quasi-abélienne) avec <formula notation="TeX">\otimes</formula> qui a toutes les
vertus, sauf d'être abélienne, et sauf d'admettre des
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}</formula> internes.
<note type="authorial" place="margin">quasi-abélienne <formula notation="TeX">=</formula> karoubienne <formula notation="TeX">+</formula> additive</note>
<note type="editorial" resp="#pass">« additive (et même quasi-abélienne) » est tapé en interligne ; la note
qui le commente, écrite au-dessus en tête de la page, est propre à cette
copie.</note>
Pour trouver ces derniers, on peu<supplied resp="#pass">t</supplied> si on veut paraphraser la
construction de la catégorie des motifs, <supplied resp="#pass">en</supplied> considérant l'objet
<supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">\Lambda(-1)</formula></supplied> de <formula notation="TeX">\widetilde{\underline{B}}</formula> conoyau de
<formula notation="TeX">p^{*} : e \to S</formula>, où <formula notation="TeX">p : S^{1} \to e</formula> est l'application du cercle sur un
point. C'est un objet de poids 1 (le poids est défini par le degré des
générateurs, changés de signe). On constate aussitôt que le foncteur
<formula notation="TeX">M \mapsto M(-1) = M \otimes \Lambda(-1)</formula> de <formula notation="TeX">\widetilde{\underline{B}}</formula> dans
lui-même est pleinement fidèl<supplied resp="#pass">e</supplied> ce qui permet alors, par une construction
formelle standard, de com<supplied resp="#pass">plé</supplied>ter <formula notation="TeX">\widetilde{\underline{B}}</formula> en une
catégorie où <formula notation="TeX">\Lambda(-1)</formula> devient inversible. Il se trouve alors que dans
cette dernière les <formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}(X, Y)</formula> internes existent et sont
isomorphes à <formula notation="TeX">\check{X} \otimes Y</formula>, … en fait , on trouve maintenant <supplied resp="#pass">la</supplied>
catégorie de <hi rend="italic">tous</hi> les modules gradués libres de type fini sur
<supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">\Lambda</formula></supplied>. Bien sûr, cette catégorie n'est pas encore abélienne pour
autant, puisque <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">\Lambda</formula></supplied> n'est pas un corps ; si on veut définir la
catégorie abélienne engendrée, on s'attend à trouver la catégorie des modules
de <del>type</del> <supplied resp="#pass">présentation</supplied> f<supplied resp="#pass">inie</supplied> sur <formula notation="TeX">\Lambda</formula>. (<supplied resp="#pass">qui est
<unclear>abélienne</unclear> bien que <formula notation="TeX">\Lambda</formula> ne soit pas noethérien, car <formula notation="TeX">\Lambda</formula>
est</supplied> <del>est-il noethérien, i.e. le nombre de générateurs est-il fini ?</del>)
<supplied resp="#pass"><unclear>lim</unclear> d'anneaux noeth. à homs de transition <hi rend="italic">plats</hi></supplied>).
<note type="editorial" resp="#pass">« si on veut » est tapé en interligne ; « <formula notation="TeX">\Lambda(-1)</formula> » et les tildes
sur <formula notation="TeX">\underline{B}</formula> sont portés à la main. Trois interventions sont propres à
cette copie : « en », écrit au-dessus de « considérant » là où la frappe
« en », en fin de ligne, est rognée, et les deux <formula notation="TeX">\Lambda</formula> de « sur
<formula notation="TeX">\Lambda</formula> » et « puisque <formula notation="TeX">\Lambda</formula> n'est pas un corps », tracés à la main dans
des blancs que la machine avait laissés et que l'exemplaire à l'encre (p. 46)
laisse vides. La question tapée sur la noethérianité de <formula notation="TeX">\Lambda</formula> est biffée
et la réponse écrite au-dessus et à la suite, signalée d'un signe en marge.</note></p>
<p>Cette construction ressemblerait à celle d'une théorie des motifs où on
n'aurait pas passé à l'équivalence homologique pour les cycles, mais où on
aurait gardé l'équivalence rationelle, — qui est bien trop fine à beaucoup
d'égards. Pour trouver un équivalent plus étroit, il <unclear>convient</unclear> de
reprendre la théorie précédente, on pourrait formuler le même Pb universel que
plus haut, mais en prena<supplied resp="#pass">nt</supplied> l'équivalence homologique (via le graphe) des
morphismes de variété<supplied resp="#pass">s</supplied> au lieu de l'équivalence homotopique.
<del>Mais alors il semble que l'on trouve comme catégorie solution celle
dont les objets sont les vari</del></p>
<pb n="16" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=17"/><p><del>tés, les morphismes <hi rend="italic">toutes</hi> les correspondances cohomologiques (en vertu du
théorème de Thom rappelé plus haut). On trouve donc un foncteur pleinement
fidèle de cette catégorie dans celle des vectoriels gradués positivement de
dim. finie sur <formula notation="TeX">\underline{\mathbb{F}}_{2}</formula> , qui est déjà abélienne, et si
on veut rendre comme plus haut <formula notation="TeX">\underline{\mathbb{F}}_{2}(-1)</formula> inversible, on
trou<supplied resp="#pass">ve</supplied> tous les vectoriels gradués de dim. finie sur
<formula notation="TeX">\underline{\mathbb{F}}_{2}</formula> . C'est un peu tro<supplied resp="#pass">p</supplied> trivial comme structure,
et on peut faire mieux,</del>
<note type="editorial" resp="#pass">ces sept lignes, qui achèvent le passage biffé au bas de la page
précédente, sont barrées à la main de grandes croix ; « co » y est tapé
au-dessus de « homologiques ».</note></p>
<p>Pour trouver une catégorie universelle, on associe à toute <formula notation="TeX">X</formula> <formula notation="TeX">S(X)</formula>
l'ensemble des sous-variétés de <formula notation="TeX">X</formula>, modulo équivalence homologique. Donc
<formula notation="TeX">S(X) \subset H^{\bullet}(X)</formula>, et on prouve qu'on trouve en fait un sous
anneau de <formula notation="TeX">H^{\bullet}(X)</formula> (grâce à un théorème de Thom qui caractérise <formula notation="TeX">S(X)</formula>
e<supplied resp="#pass">n</supplied> termes d'opérations de Steenrod, cf plus bas). On prouve de même (par
le même théorème) que les <formula notation="TeX">S(X \times Y)</formula> sont stables par composition
<supplied resp="#pass">des</supplied> correspondances cohomologiques (cela ne semble pas trivial, puisque
les <formula notation="TeX">S(X)</formula> ne sont pas stables par Gysin…). D'où une catégorie
add<supplied resp="#pass">i</supplied>tive dont les objets sont ceux de <formula notation="TeX">C</formula>, les flêches sont les
<supplied resp="#pass"><unclear>él. des</unclear></supplied> <formula notation="TeX">S(X \times Y)</formula>. Il semble qu'elle doive jouer le rôle
universel que j'ai envisagé plus haut. En tous cas, sa définition géométrique
est fort simple<supplied resp="#pass">.</supplied> Nous allons en donner une interp<supplied resp="#pass">r</supplied>étation
algébrique. Pour ceci, considérons l'anneau des opérations cohomologiques
« stables » <del>des endomorphismes du foncteur <formula notation="TeX">X \mapsto H^{\bullet}(X)</formula>
qui sont additifs, et qui en degré zéro se réduisent à un multiple de
l'identité</del>. C'est un anneau gradué, avec application diagonale
anticommutative i.e. commutative (car. 2 !), associative et unitaire. So<supplied resp="#pass">n</supplied>
dual gradué est une algèbre graduée anticommutative donc commutative, avec
application diagonale associative et unitaire ; il est réduit à
<formula notation="TeX">\underline{\mathbb{F}}_{2}</formula> en degré zéro. Donc il correspond à un schéma en
groupes affine <formula notation="TeX">G</formula> sur <formula notation="TeX">\underline{\mathbb{F}}_{2}</formula> , qui est
d'aille<supplied resp="#pass">urs</supplied> le foncteur des <formula notation="TeX">\otimes</formula>-automorphismes additifs du foncteur
<formula notation="TeX">H^{\bullet}</formula> sur <formula notation="TeX">C</formula> <supplied resp="#pass">qui opèrent trivialement sur <del><gap reason="illegible"/></del>
<unclear><formula notation="TeX">H^{1}(S^{1})</formula></unclear></supplied>. <del><gap reason="illegible"/></del>
<note type="editorial" resp="#pass">« <formula notation="TeX">S(X)</formula> », après « à toute <formula notation="TeX">X</formula> », est tapé en interligne et mis en
place par un trait, la frappe « <formula notation="TeX">S(X)</formula> » après « sous-variétés » étant biffée à
la machine. « él. des », au-dessus de « <formula notation="TeX">S(X \times Y)</formula> », est propre à
cette copie : l'exemplaire à l'encre (p. 47) ne le porte pas. « stables »
remplace à la machine un mot biffé ; la définition tapée qui suit est biffée
et repassée à la main d'un trait sinueux, avec un signe en marge. « i.e. commutative
(car. 2 !) », « graduée anticommutative donc » et « additifs »
sont tapés en interligne et mis en place par des traits à la main. La phrase
est achevée à la main au bas de la page ; l'exposant de <formula notation="TeX">H(S^{1})</formula> est récrit
et se lit <formula notation="TeX">1</formula> sans certitude.</note></p>
<pb n="17" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/162-5.pdf#page=18"/><p>Le théorème de Thom est alors qu'un <formula notation="TeX">x \in H^{\bullet}(X)</formula> est dans <formula notation="TeX">S(X)</formula> sss
il est fixe par <formula notation="TeX">G</formula>, i.e. satisfait <formula notation="TeX">A^{+} . x = 0</formula>. (Pourquoi cette condition
est-el<supplied resp="#pass">le</supplied> déjà nécessaire ?) Une autre façon de le voir est de dire que le
foncteur <formula notation="TeX">H^{\bullet}</formula> considéré comme allant de la catégorie
<formula notation="TeX">\underline{S}</formula> précédente dans la catégorie des représentations de <formula notation="TeX">G</formula> dans
des vectoriels sur <formula notation="TeX">\underline{\mathbb{F}}_{2}</formula> , est pleinement fidèle. Quand
on prend l'enveloppe pseudo-abélienne, on trouve une sous-catégorie pleine de
la catégorie des représentations de <formula notation="TeX">G</formula>, mais il est douteux qu'on trouve une
catégorie abélienne, voire la catégorie de toutes les représentations de <formula notation="TeX">G</formula>
de dimensi<supplied resp="#pass">on</supplied> finie sur <formula notation="TeX">\underline{\mathbb{F}}_{2}</formula> . (Quelle est la
structure de <formula notation="TeX">G</formula>, qui est prolisse ; d'après Quillen, il serait
pro-unipotent …). Ici <formula notation="TeX">G</formula> bien sûr joue le rôle d'u<supplied resp="#pass">n</supplied> groupe de
Galois motivique, mais contrairement à la situation familière, il semble qu'il
soit fortement non réductif (et d'ailleurs le corps de définition dans tout
ceci est <formula notation="TeX">\underline{\mathbb{F}}_{2}</formula> , et non <formula notation="TeX">\underline{\mathbb{Q}}</formula> ! ).
<note type="editorial" resp="#pass">« fixe » est tapé en interligne au-dessus d'un mot biffé à la machine.</note>
<note type="authorial" place="margin">oui, car son anneau affine est une <unclear>algèbre de polynômes</unclear>
à une infinité d'indéterminées, <del><gap reason="illegible"/></del> <unclear>réunion
d'algèbres de polynômes</unclear> à <gap reason="illegible"/> <gap reason="illegible"/> <unclear>finis</unclear> stables par
<unclear><formula notation="TeX">\Delta</formula></unclear></note>
<note type="editorial" resp="#pass">bloc de lignes courtes écrites en oblique dans la marge de gauche, en
regard de « d'après Quillen, il serait pro-unipotent » et des lignes qui
suivent, et relié au texte par un trait ; pâle et rogné au bord gauche de la
photocopie, il se lit sur l'exemplaire à l'encre (p. 48), dont la fin reste
incertaine elle aussi.</note></p>
<p>Quillen<del>t</del> donne une généralisation de la construction d'une catégorie
universelle <formula notation="TeX">\underline{B}</formula> au cas où on travaille avec des variétés pas
nécessa<supplied resp="#pass">i</supplied>rement propres (mais <formula notation="TeX">f_{\bullet}</formula> n'étant supposé défini que
pour <formula notation="TeX">f</formula> propre), et quand on introduit une condition d'orientation
stable sur les <hi rend="italic">morphismes</hi> envisagés , via un morphisme
<formula notation="TeX">H \to BO(\infty)</formula>, où <formula notation="TeX">H</formula> est un <formula notation="TeX">H</formula>-espace (commutatif, associatif et
unitaire ?) : une orientation de <formula notation="TeX">f : X \to Y</formula> sera un relèvement homotopique
de <formula notation="TeX">X \to BO</formula>, défini par <formula notation="TeX">T_{X} - f^{\bullet}(T_{Y})</formula> , en <formula notation="TeX">X \to H</formula> les
éléments de <formula notation="TeX">H(X, Y)</formula> seront définis par des diagrammes de morphismes orientés
<formula notation="TeX">Z \to X</formula>, <formula notation="TeX">Z \to Y</formula>, le deuxième étant propre, modulo bords de tels. En tant
qu'ensemble, il se définit aussi en termes de la variété <formula notation="TeX">X \times Y</formula> munie
simplement de la famille des supports formée des ensembles fermés propres sur
<formula notation="TeX">Y</formula> … .
<note type="editorial" resp="#pass">la frappe porte « Quillent » ; le « t » est barré à la main sur cette
copie seulement. « stable » est tapé en interligne.</note></p>
<p><note type="authorial" place="margin">Les <formula notation="TeX">B^{H}_{m}(X)</formula> (<formula notation="TeX">X</formula> compact <unclear>disons</unclear>) peuvent se
décrire homotopiquement à la Thom, comme les groupes d'homotopie stables
d'espaces <formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}(X, MH(N - m))</formula> —–.</note>
<note type="editorial" resp="#pass">à la main, à la suite du texte tapé, au pied de la page.</note></p>
<p><note type="authorial" place="margin">cf exposé Karoubi à Bourbaki !</note>
<note type="editorial" resp="#pass">au bas de la page, soulignée ; cette note est propre à cette copie.</note></p>
</div>
</div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
