Cote n° 159 · pages 1–33 · Lecture modernisée · Connexions projectives et uniformisation : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : s.d. — le groupe « Dérivateurs » (157-1 à 160) est daté 1990-[1991]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre

Résumé

Sur une surface, on sait ce qu'est une carte : un morceau du plan, collé à d'autres morceaux du plan. Ce qui fait la géométrie, c'est la règle de recollement — ce qu'on autorise comme changement de carte. Si l'on n'autorise que les déplacements, on fait de la géométrie euclidienne ; si l'on autorise toutes les bijections différentiables, on ne fait plus de géométrie du tout, seulement de la topologie. Entre les deux, il y a des choix intéressants. Une structure projective sur une surface, c'est le choix suivant : les cartes sont des morceaux de la droite projective complexe \(\mathbf{P}^1\) — la sphère de Riemann — et les changements de carte sont les seules transformations \(z \mapsto (az+b)/(cz+d)\), celles qui préservent la structure projective de la sphère.

Ce choix a une vertu particulière, et c'est elle qui fait tout le sujet. Les transformations \(z \mapsto (az+b)/(cz+d)\) forment un groupe, \(\mathrm{PGL}_2\), et une carte projective est rigide : deux cartes qui coïncident sur un ouvert coïncident partout où elles sont définies toutes deux. On peut donc, en partant d'une carte et en la prolongeant le long des chemins, fabriquer une seule application de la surface universelle — le revêtement universel \(\widetilde{X}\) — vers \(\mathbf{P}^1\). On l'appelle l'application développante. Elle n'est pas définie sur \(X\) mais sur \(\widetilde{X}\), et le défaut se mesure par un homomorphisme \(\rho : \pi_1(X) \to \mathrm{PGL}_2\), la monodromie : faire le tour d'un lacet change la développante par la transformation \(\rho(\gamma)\).

L'uniformisation, c'est le cas privilégié où tout cela se referme. Si l'application développante est un isomorphisme de \(\widetilde{X}\) sur un disque \(D \subset \mathbf{P}^1\) et si la monodromie identifie \(\pi_1(X)\) à un groupe de transformations agissant librement sur \(D\) avec quotient compact, alors \(X\) est \(D/\pi_1(X)\) : la surface a été construite à partir d'un morceau du plan et d'un groupe. C'est le théorème d'uniformisation, et c'est une structure projective très particulière. Toutes les autres structures projectives sur la même surface sont des voisines de celle-là, et la question naturelle est : combien y en a-t-il, comment sont-elles rangées, et reconnaît-on celle qui uniformise ?

Le dossier attaque cette question par un autre bout que l'analyse complexe, et c'est ce qui le rend intéressant. Il veut une théorie algébrique, valable au-dessus d'une base quelconque et sans convergence ni revêtement universel : là où l'analyste a des cartes, l'algébriste n'a que des voisinages infinitésimaux. Une structure projective devient alors une connexion projective, qui est la donnée de deux choses : un fibré en droites projectives \(P\) sur la courbe \(X\), avec une section — ce qui, par un dictionnaire que les six premières pages établissent soigneusement, revient à une extension de modules \(0 \to \Omega \to E \to \mathcal{O}_X \to 0\) — et une identification, ordre par ordre, entre le voisinage formel de la section dans \(P\) et le voisinage formel de la diagonale dans \(X \times X\). La seconde donnée est la traduction algébrique exacte de « une carte à valeurs dans \(\mathbf{P}^1\) » : elle dit que \(X\) ressemble à \(\mathbf{P}^1\) à tout ordre fini, et de façon cohérente.

De là le dossier tire une série de comptes. Sur une courbe de genre \(g\), les connexions projectives forment un espace affine dont les translations sont les différentielles quadratiques, les sections de \(\omega^{\otimes 2}\) ; il y en a \(3g-3\) en dimension, exactement le nombre de paramètres dont dépend la courbe elle-même. L'espace des couples (courbe, structure projective) a donc \(6g-6\) paramètres, et c'est aussi la dimension de l'espace des monodromies possibles à conjugaison près — une coïncidence qui n'en est pas une, et qui est le contenu géométrique de tout l'exercice. Un autre compte, plus classique, apparaît au passage : la différence entre les \(g(g+1)/2\) produits de deux formes différentielles et les \(3g-3\) différentielles quadratiques vaut \(\tfrac12 (g-2)(g-3)\), qui est la dimension de l'espace des quadriques passant par la courbe canonique.

Le résultat le plus net du dossier est ailleurs, et il est de nature négative. Sur une courbe de genre au moins \(2\), aucune connexion projective ne peut être « réductible » : le groupe \(\mathrm{PGL}_2\) ne se ramène jamais à un sous-groupe plus petit. La démonstration tient en six lignes de calcul de degrés — un sous-fibré invariant aurait le degré \(g-1\), ce qui force une section nulle et une contradiction — et sur le corps des complexes elle dit que l'image de la monodromie est Zariski-dense. Autrement dit : une structure projective algébrique est toujours, en un sens précis, aussi peu dégénérée que possible. C'est le genre d'énoncé qui rend un espace de modules utilisable, et c'est aussi, dans le dossier, la pièce qui manquait ailleurs.

Le dernier tiers des feuillets — dix pages, reprises cinq ou six fois — est d'une autre facture. Il ne parle plus de courbes du tout, mais d'algèbres : une algèbre complète, augmentée, dont le premier gradué est inversible, et munie d'une dérivation compatible. La question est de savoir si une telle algèbre est toujours isomorphe au modèle, l'algèbre des séries formelles, et de combien de façons. La réponse est aussi rigide qu'on peut l'espérer : l'isomorphisme existe, il est unique dès qu'on l'a fixé à l'ordre \(3\), et l'ambiguïté à cet ordre est exactement une différentielle quadratique. C'est la démonstration technique de tout ce qui précède, écrite après coup et pour elle-même.

Un mot sur ce qui n'est pas là. Le titre de la première page est de sa main et promet des connexions projectives canoniques ; le dossier n'en construit aucune, et la page 8 pose la question — une connexion projective est-elle canoniquement déterminée par la courbe ? — sans y répondre. L'uniformisation proprement dite n'est pas atteinte non plus : la page 17 décrit le lieu des structures qui uniformisent, et introduit la description par le mot « on suppose ». Ce que le dossier livre est l'appareil, non le théorème. Il faut le dire, parce que le titre promet davantage.

Un mot enfin sur ce que ces feuillets ne disent pas. Le dossier est rangé dans un groupe que les archivistes datent de 1990-[1991] et intitulent « Dérivateurs » ; rien de ce qui est écrit sur ces trente-trois pages ne relève des dérivateurs. C'est le vocabulaire des années EGA et SGA. C'est un constat de contenu, refaisable sur la transcription, et il ne date rien : un mathématicien revient sur un sujet ancien quand il lui plaît, et un dossier d'archives est une chemise de papier. Les deux transcripteurs ajoutent des observations matérielles — du papier à portées musicales imprimées aux pages 30 et 32-33, du listing informatique en accordéon ailleurs — mais ce sont des récupérations qu'il a pratiquées sur des décennies, faites ici sur un fac-similé, et elles ne tranchent rien non plus. La datation portée en tête reste celle de Montpellier, inchangée.

Les noms modernes sous lesquels chercher : structure projective sur une surface de Riemann, connexion projective et dérivée schwarzienne, opers au sens de Beilinson et Drinfeld, application développante et application de monodromie, variété des caractères, espace de Teichmüller, différentielles quadratiques, fibrés de Brauer-Severi, parties principales et algèbres de jets, connexion de Gauss-Manin et application de Kodaira-Spencer, théorème de Max Noether sur les quadriques de la courbe canonique.

Keywords — projective structure, projective connection, oper, Schwarzian derivative, developing map, monodromy representation, uniformization, Fuchsian group, Teichmuller space, character variety, Zariski density, irreducible local system, Brauer-Severi scheme, principal parts, jet algebra, formal completion, affine group, torsor, quadratic differential, canonical curve, Max Noether theorem, Gauss-Manin connection, Kodaira-Spencer map, de Rham cohomology, Hodge filtration, symplectic self-duality, moduli of curves, Lie algebra cohomology, Euler-Poincare characteristic, adjoint bundle, Riemann-Hilbert correspondence, complete augmented algebra, rigidity

1–33

Le fil du dossier, ses reprises, et les conventions

Le dossier n'est pas un texte suivi. Il a un titre, de sa main, porté en tête de la page 1 : « Connexions projectives canoniques et uniformisation des courbes algébriques ». Il a ensuite deux grands massifs qui ne se rejoignent jamais explicitement, et un théorème isolé entre les deux.

1–33

Les stations

24–33

Les reprises, et leur ordre

Le dernier massif n'est pas un texte mais une suite de moutures du même matériau. Les compter est utile, parce qu'elles ne disent pas la même chose et que les fusionner reviendrait à effacer du contenu.

1–33

Conventions, valables pour tout le dossier

Le groupe. Les feuillets écrivent \(\mathrm{PGL}(r)_S\) pour le groupe structural d'un fibré de Brauer-Severi de dimension relative \(r\). L'indice compte donc la dimension relative et non le rang du module : son \(\mathrm{PGL}(1)\) est le groupe des automorphismes de la droite projective, que l'on écrit ici \(H = \mathrm{PGL}_2\), de dimension \(3\). La convention est confirmée par le dossier lui-même : la formule d'Euler-Poincaré de la page 15 donne \(\chi_{DR}(X, \mathfrak{g}) = 3\,\chi_{DR}(X, \mathcal{O}_X)\), ce qui exige \(\operatorname{rg} \mathfrak{g} = 3\).

Le fibré et l'extension. On suit la convention de EGA : \(P(E) = \operatorname{Proj} \operatorname{Sym}(E)\), de sorte qu'un point de \(P(E)\) au-dessus de \(S'\) est un quotient inversible de \(E\), et \(V(\Omega) = \operatorname{Spec} \operatorname{Sym}(\Omega)\), dont les sections sont les homomorphismes \(\Omega \to \mathcal{O}\), c'est-à-dire les sections du dual \(\check{\Omega}\). C'est aussi ce que font les pages 3 et 4, qui décrivent les points du complété formel par des \(\varphi : \Omega \to \mathcal{O}_S\) sans jamais nommer la dualité.1

Les modules. \(\mathcal{O}_S\), \(\mathcal{O}_X\) pour ses \(\mathcal{O}\) soulignés ; \(\omega = \Omega^1_{X/S}\) sur une courbe relative ; \(\check{\Omega}\) pour le dual. \(\Omega\) désigne, dans la partie formelle, le module inversible \(J/J^2\) ; il est identifié à \(\Omega^1_{X/S}\) dès qu'une connexion projective est en jeu, et il ne faut pas le confondre avec le \(\Omega = f_*(\omega)\) des pages 10 à 12, qui est de rang \(g\). Les feuillets emploient la même lettre pour les deux ; le contexte les sépare sans ambiguïté, mais il faut le savoir.

Les deux espaces de modules. Les pages 14 et 15 écrivent \(M_g^{\mathfrak{z}}\) pour l'espace des couples (courbe de genre \(g\), structure projective), fibré sur \(M_g\). Les pages 16 et 17 écrivent \(M_g^{\mathfrak{z}}(X)\) pour un objet tout différent : la variété des caractères de \(\pi = \pi_1(X,x)\), c'est-à-dire l'espace des représentations \(\pi \to H\) à conjugaison près. Les deux ont la même dimension \(6g-6\), et c'est le fait central ; ce ne sont pas le même espace, et \(M_g^{\mathfrak{z}}(X)\) n'est pas la fibre de \(M_g^{\mathfrak{z}}\) au-dessus de \(X\) — celle-ci est de dimension \(3g-3\). On garde ici les deux notations du dossier, en réservant la parenthèse à la seconde.

14–20

Le glyphe de la structure projective

À partir de la page 14 il note en exposant un signe que le transcripteur des pages 1 à 20 n'a pas su nommer, et qu'il rend par \(\mathfrak{z}\) en le déclarant. C'est le même signe qui donne « \(\mathfrak{z}\)-structure » dans la prose, et il y désigne la structure projective : \(M_g^{\mathfrak{z}}\), \(\mathrm{Aut}^{\mathfrak{z}}(P)\), « \(\mathfrak{z}\)-fibré », « \(\mathfrak{z}\)-extension ».

Cette lecture reprend la convention telle quelle. Il faut dire clairement ce qu'elle est : \(\mathfrak{z}\) est un choix de l'édition et non une lecture du feuillet. Personne n'a identifié le signe ; la lettre fraktur n'est là que pour lui donner un corps typographique et pour qu'on puisse le citer. Quiconque aura les feuillets sous les yeux pourra le nommer, et la substitution sera alors mécanique.2

1–33

Ce que le contenu montre, et ce qu'il ne date pas

Il faut le dire ici plutôt que de le taire. Le dossier appartient, dans l'inventaire de Montpellier, au groupe 157-1 à 160, intitulé « Dérivateurs » et daté 1990-[1991] ; la cote elle-même porte « s.d. ». Or rien sur ces trente-trois pages ne relève des dérivateurs, ni des catégories dérivées, ni de l'algèbre homotopique. Ce qui s'y trouve est du vocabulaire des années EGA et SGA : fibrés de Brauer-Severi, \(\mathrm{PGL}(r)_S\), \(\operatorname{Spf} \widehat{\operatorname{Sym}}\), parties principales \(P^n_{X/S}\) et \(P^\infty_{X/S}\), connexion de Gauss-Manin, critère de descente par les degrés. Les deux transcripteurs le notent séparément, chacun sur son lot, sans s'être consultés.

Ce constat est solide en ceci qu'il est recontrôlable : il suffit de relire la transcription. Il faut être exact sur sa portée, qui est étroite. Il ne date rien. Il dit de quoi les feuillets traitent, non quand ils ont été écrits. Un mathématicien revient sur un sujet ancien quand il lui plaît, et un dossier d'archives est une chemise de papier, groupée selon la place qu'elle occupait et non selon ce qu'elle contient.

À côté de ce constat viennent des observations d'une autre espèce, et il faut les en séparer nettement. Le transcripteur des pages 21 à 33 relève que les pages 30, 32 et 33 sont écrites sur du papier à portées musicales imprimées ; celui des pages 1 à 20 relève que d'autres feuillets sont du listing informatique en accordéon, et que la page 4 porte une ligne tracée sur la portée imprimée. Ce sont des observations matérielles, faites sur un fac-similé numérique, où l'encre, la pression, le grain et le format ne se jugent pas. Elles sont fragiles pour cette raison seule. Et quand bien même elles seraient sûres, elles ne trancheraient rien : la récupération de papier — portées, listings, versos — est une pratique qu'il a tenue sur des décennies, et un support ne date pas ce qu'on écrit dessus.

En conséquence : cette lecture ne conclut aucune date. Le La ligne de datation portée en tête est celle des archivistes, repris verbatim des deux transcriptions, et il y reste. Ce qui est offert ici est la description de ce que les feuillets montrent, pour que quelqu'un qui pourra les manipuler sache quoi regarder.

1–6

Le dictionnaire : fibré projectif, groupe affine, extension (pages 1 à 6)

Soit \(S\) un schéma de base. Un fibré de Brauer-Severi sur \(S\) de dimension relative \(r\) est un schéma \(P\) propre et lisse sur \(S\) dont les fibres géométriques sont des espaces projectifs de dimension \(r\). Se donner un tel \(P\) revient à se donner un torseur sous \(\mathrm{PGL}_{r+1}\) sur \(S\) : c'est la descente, pour la topologie fppf, du fait que \(\mathrm{Aut}(\mathbf{P}^r) = \mathrm{PGL}_{r+1}\).

1–2

Trois descriptions d'un même objet

Se donner de plus une section \(\sigma : S \to P\) revient à réduire le groupe structural au stabilisateur d'un point de \(\mathbf{P}^r\). Prenons pour point celui qui correspond au quotient inversible \(\mathcal{O}_S\) de \(\mathcal{O}_S^{\,r+1}\) défini par la dernière coordonnée ; son stabilisateur est le groupe des matrices \[ \begin{pmatrix} A & C \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, \qquad A \in \mathrm{GL}_r, \quad C \in \mathbf{A}^r, \] c'est-à-dire de celles qui respectent la structure d'extension \(0 \to \mathcal{O}_S^{\,r} \to \mathcal{O}_S^{\,r+1} \to \mathcal{O}_S \to 0\) et induisent l'identité sur le quotient. Ce groupe est le groupe affine, produit semi-direct \[ \mathrm{Aff}(r) \;=\; \mathrm{GL}_r \ltimes \mathbf{G}_a^{\,r}, \] de dimension \(r^2 + r\) ; c'est bien \(r\) de moins que \(\dim \mathrm{PGL}_{r+1} = r^2 + 2r\), comme il se doit puisque le quotient est \(\mathbf{P}^r\).3

Troisième description, celle dont tout le reste va se servir : la donnée de \((P, \sigma)\) équivaut à celle d'une extension de modules localement libres \[ 0 \longrightarrow \Omega \longrightarrow E \xrightarrow{\ p\ } \mathcal{O}_S \longrightarrow 0, \] avec \(\Omega\) de rang \(r\), le passage se faisant par \(P = P(E)\) et \(\sigma\) la section définie par le quotient \(p\). C'est une équivalence de catégories, où les morphismes du côté des extensions sont les isomorphismes induisant l'identité sur \(\mathcal{O}_S\) — l'automorphisme d'une telle extension est un couple (automorphisme de \(\Omega\), élément de \(\mathrm{Hom}(\mathcal{O}_S, \Omega) = \Omega(S)\)), ce qui redonne exactement \(\mathrm{Aff}(r)\).4

3–5

Le complété formel le long de la section, et l'action de \(\Omega\)

Soient \(\widehat{P}\) le complété formel de \(P\) le long de \(\sigma(S)\), \(\widehat{S} = \mathcal{O}_{\widehat{P}}\) son algèbre, \(\widehat{J}\) l'idéal d'augmentation, et \(L = \mathcal{O}_P(1)\) avec \(\widehat{L}\) sa restriction. Le groupe \(\Omega\), vu comme \(\mathrm{Hom}(\mathcal{O}_S, \Omega) \subset \mathrm{Aff}(r)\), opère sur l'extension, donc sur \((P,\sigma)\), donc sur \(\widehat{S}\) et sur \(\widehat{L}\), de façon compatible.

Supposons l'extension scindée, \(E \simeq \Omega \oplus \mathcal{O}_S\). Alors les points de \(\widehat{P}\) à valeurs dans \(S'\) sont les quotients inversibles \(L'\) de \(E\) qui coïncident, sur le réduit, avec le quotient donné ; en normalisant \(L'\) par l'image de la section \(e\) de \(\mathcal{O}_S\), un tel quotient s'écrit \((x,\lambda) \mapsto \varphi(x) + \lambda\) avec \(\varphi : \Omega \to \mathcal{O}_{S'}\) à valeurs dans le nilradical. D'où l'identification \[ \widehat{P} \;\simeq\; V(\Omega)^{\wedge} \;=\; \operatorname{Spf} \widehat{\operatorname{Sym}}(\Omega), \] le complété de \(V(\Omega)\) le long de la section nulle.

L'action de \(a \in \Omega(S)\) est alors entièrement calculable. Sur l'extension, \(u_a(x,\lambda) = (x + \lambda a, \lambda)\). Sur les points, \[ \varphi^a \;=\; u_a^*(\varphi) \;=\; \frac{\varphi}{1 + \varphi(a)} . \] Sur les fonctions, \(u_a\) est l'automorphisme d'algèbre de \(\widehat{\operatorname{Sym}}(\Omega)\) qui envoie \(\omega \in \Omega\) sur \[ u_a(\omega) \;=\; \frac{\omega}{1+a} \;=\; \sum_{n \geqslant 0} (-1)^n\, \omega\, a^n , \] le quotient ayant un sens parce que \(1 + a\) est inversible dans le complété. Comme \(u_a\) est un morphisme d'algèbres, on en déduit la règle de degré, que le feuillet encadre : \[ u_a(f) \;=\; \frac{f}{(1+a)^n} \qquad \text{si } \deg f = n . \] Sur le module inversible \(\widehat{L}\) la règle est décalée d'un cran. On identifie \(\widehat{L}\) à \(\widehat{S}\) par l'épimorphisme canonique \(\pi : E \otimes_{\mathcal{O}_S} \widehat{S} \to \widehat{L}\), qui s'écrit \(\pi(\omega \otimes f + e \otimes g) = \omega f + g\) ; la commutation demandée \(\pi \circ u_{a*}^{\widehat{E}} = u_{a*}^{\widehat{L}} \circ \pi\) force alors \[ u_{a*}^{\widehat{L}}(g) \;=\; (1+a)\, u_{a*}(g) \;=\; \frac{g}{(1+a)^{\,n-1}} \qquad \text{si } \deg g = n . \] Le feuillet vérifie l'identité sur un élément général, et le calcul tombe juste.5

6–6

La conséquence gradue

La page 6 est un brouillon au crayon très pâle, traversé par la transparence du verso : les formules portent, la prose qui les relie est en grande partie perdue. Ce qui s'en tire est ceci. L'idéal d'augmentation \(\widehat{J}\) donne \(\operatorname{gr}^1_{\widehat{J}}(\widehat{S}) \simeq \Omega\), donc \(\operatorname{gr}_{\widehat{J}}(\widehat{S}) \simeq \operatorname{Sym}(\Omega)\) et \(J^n/J^{n+1} \simeq \operatorname{Sym}^n\Omega\) canoniquement. Ce qui n'est pas canonique, et qui porte l'information, est le cran suivant : \(J^n/J^{n+2}\) est une extension de \(\operatorname{Sym}^n\Omega\) par \(\operatorname{Sym}^{n+1}\Omega\), et sa classe s'obtient à partir du torseur \(T\) par l'homomorphisme \[ \Omega \longrightarrow \mathrm{Hom}\big( \operatorname{Sym}^n \Omega,\; \operatorname{Sym}^{n+1} \Omega \big), \qquad a \longmapsto \big( f \mapsto -\,n\,a f \big). \] Le facteur \(n\) et le signe sont ce que produit la règle de degré : \(u_a(f) = f(1+a)^{-n} \equiv f - n\,a f\) modulo le degré \(n+2\).6

7–9

La définition d'une connexion projective (pages 7 à 9)

7–7

Les deux données, et l'identification qu'elles forcent

Soit \(X\) un schéma lisse sur \(S\). Une connexion projective sur \(X\) relativement à \(S\) est la donnée de :

C'est la traduction algébrique littérale de « une carte à valeurs dans \(\mathbf{P}^r\) » : la donnée b) dit que le voisinage infinitésimal d'un point de \(X\) est identifié, à tout ordre fini, au voisinage infinitésimal d'un point de \(\mathbf{P}^r\), et que ces identifications sont cohérentes entre elles. Il n'y a pas de convergence à demander : c'est tout l'intérêt de la version algébrique.

La donnée b) à l'ordre \(1\) ne coûte rien mais impose tout : les gradués de degré \(1\) des deux membres sont \(\Omega^1_{X/S}\) d'un côté et \(\Omega\) de l'autre, d'où l'identification \[ (*) \qquad \Omega \;\simeq\; \Omega^1_{X/S} . \] En particulier \(r = \dim X/S\), et \(E\) est une extension de \(\mathcal{O}_X\) par \(\Omega^1_{X/S}\).

Le premier contenu réel est à l'ordre \(2\). Du côté des parties principales, l'idéal d'augmentation donne une extension \[ 0 \longrightarrow \operatorname{Sym}^2 \Omega^1_{X/S} \longrightarrow I/I^3 \longrightarrow \Omega^1_{X/S} \longrightarrow 0 \] dont la classe vit dans \(\mathrm{Ext}^1(\Omega^1_{X/S}, \operatorname{Sym}^2\Omega^1_{X/S})\), et un isomorphisme comme en b) est en particulier un scindage relatif, c'est-à-dire un point d'un torseur sous \(\mathrm{Hom}(\Omega^1_{X/S}, \operatorname{Sym}^2 \Omega^1_{X/S})\). Du côté de \(\widehat{P}\), la page 6 vient de calculer l'extension analogue : c'est celle déduite du torseur \(T\) par \(-u_1\). La condition b) à l'ordre \(2\) dit donc que les deux classes se correspondent, et fixe de plus l'isomorphisme.7

8–9

Intégrabilité, et l'écriture en coordonnées

L'algèbre \(P^\infty_{X/S} = \varprojlim_n P^n_{X/S}\) porte une comultiplication canonique \[ \Delta : P^\infty_{X/S} \longrightarrow P^\infty_{X/S} \otimes_{\mathcal{O}_X} P^\infty_{X/S} \] et une augmentation vers \(\mathcal{O}_X\) : c'est le groupoïde formel du voisinage de la diagonale. On dit qu'une connexion projective à l'ordre infini est intégrable si elle est compatible à cette structure, autrement dit si elle provient d'une connexion sur \(P = P(E)\) au sens ordinaire ; cette dernière est alors déterminée de façon unique.8

La condition étant locale sur \(X\), on se place au-dessus d'un ouvert muni de coordonnées locales \(f_1, \ldots, f_n\) étales sur \(S\). Alors \[ P^\infty_{X/S} \;\simeq\; \mathcal{O}_X[[\delta f_1, \ldots, \delta f_n]], \qquad \delta f_i = f_i \otimes 1 - 1 \otimes f_i, \] et la comultiplication est primitive sur les générateurs : \[ \Delta(\delta f_i) = \delta f_i \otimes 1 + 1 \otimes \delta f_i . \] Symétriquement, \(\Omega \simeq \Omega^1_{X/S} \simeq \mathcal{O}_X^{\,n}\) donne \(\widehat{S} \simeq \mathcal{O}_X[[T_1, \ldots, T_n]]\).9

La connexion est alors la donnée des images réciproques des générateurs : \[ F_i = \delta f_i + G_i \in \Gamma\, P^\infty_{X/S}, \qquad \Phi_i = T_i + \Psi_i \in \Gamma\, \widehat{S}, \] avec \(G_i\) et \(\Psi_i\) d'ordre \(\geqslant 2\), et l'intégrabilité est la compatibilité de \(c_\infty : P^\infty_{X/S} \to \widehat{S}\) aux deux comultiplications. Le feuillet s'arrête au premier tiers, sur le mot « Posant », au moment précis d'écrire cette compatibilité ; la suite manque et on ne la supplée pas.

10–12

Dimension relative un : de Rham, autodualité, Kodaira-Spencer (pages 10 à 12)

10–10

La cohomologie de de Rham d'une famille de courbes

Soit maintenant \(f : X \to S\) propre et lisse de dimension relative \(1\), à fibres connexes de genre \(g\). On pose \[ \omega = \Omega^1_{X/S}, \qquad \Omega = f_*(\omega), \qquad DR = R^1 f_*\big( \Omega^\bullet_{X/S} \big), \] de sorte que \(\Omega\) est localement libre de rang \(g\) et \(DR\) de rang \(2g\). La dualité de Serre donne \(R^1 f_*(\mathcal{O}_X) \simeq \check{\Omega}\), et la suite spectrale de Hodge vers de Rham se réduit à la suite exacte \[ 0 \longrightarrow \Omega \longrightarrow DR \longrightarrow \check{\Omega} \longrightarrow 0 . \] Le cup-produit \(\Lambda^2 DR \to R^2 f_*(\Omega^\bullet_{X/S}) \simeq \mathcal{O}_S\) est un accouplement alterné parfait, pour lequel \(\Omega\) est un sous-module lagrangien : c'est ce que la marge du feuillet résume d'un mot, « autodual ».

Les scindages de la suite de Hodge forment un torseur sous \(\mathrm{Hom}(\check{\Omega}, \Omega) = \Omega \otimes \Omega\). Un scindage \(q : \check{\Omega} \to DR\) donne \(DR \simeq \Omega \oplus \check{\Omega}\), et dans cette décomposition la forme symplectique s'écrit matriciellement \[ \begin{pmatrix} 0 & \pm\,\mathrm{id} \\ \mathrm{id} & \varphi_0 \end{pmatrix}, \] où \(\varphi_0\) est la forme alternée induite sur \(\check{\Omega}\). Un autre choix \(q' = q + u\) la change selon \[ \varphi'_0(t,t') = \varphi_0(t,t') + \langle t, u(t')\rangle - \langle t', u(t)\rangle , \] c'est-à-dire du double de l'antisymétrisé de \(u\). Il en résulte que les scindages lagrangiens — ceux pour lesquels \(\varphi_0 = 0\) — existent dès que \(2\) est inversible, et qu'ils forment un torseur sous la partie symétrique \(\operatorname{Sym}^2 \Omega\), noyau de \(\Omega \otimes \Omega \to \Lambda^2 \Omega\).10

11–11

Gauss-Manin, et ce que la page 11 ne livre pas

La page 11 est à l'encre bleue, d'une écriture rapide : les formules portent, la prose qui les relie est en grande partie perdue. C'est, avec les pages 6, 7 et 21, l'un des quatre feuillets les plus abîmés du dossier. Voici ce qui s'en tire sans reconstruction.

Si \(S\) est lui-même relatif à une base \(T\), la connexion de Gauss-Manin \[ \nabla : DR \longrightarrow DR \otimes \Omega^1_{S/T} \] n'est pas compatible à la filtration de Hodge, et ses défauts de compatibilité sont \(\mathcal{O}_S\)-linéaires : le premier est un homomorphisme \(\Omega \to \check{\Omega} \otimes \Omega^1_{S/T}\), soit encore, par adjonction, un homomorphisme depuis ou vers \(\check{\Omega} \otimes \check{\Omega}\). C'est la transversalité de Griffiths, et l'application obtenue est celle de Kodaira-Spencer.11

Le reste de la page — une remarque sur les torseurs sous un groupe hyperbolique et le sous-groupe \(\pi_1\) des automorphismes, une suite exacte faisant intervenir \(H^0(X, \Omega_X)\) et un sous-fibré de corang \(1\) sur une courbe de genre \(\geqslant 2\) — n'est pas lisible assez continûment pour qu'on en tire un énoncé. On le signale et on passe.

12–12

Le compte des quadriques

La page 12 n'est pas de la prose : c'est une colonne de formules jetées. Deux d'entre elles portent, et elles se répondent.

La première est \[ f_*(\omega^{\otimes 2}) \;\simeq\; \Omega^1_{S/T} . \] C'est l'isomorphisme de Kodaira-Spencer pour les modules de courbes : il dit que \(S \to T\) est versel, c'est-à-dire que \(S\) est (localement) l'espace de modules \(M_g\). Comme \(\deg \omega^{\otimes 2} = 4g-4\) et \(H^1(X, \omega^{\otimes 2}) = 0\) pour \(g \geqslant 2\), Riemann-Roch donne \(\operatorname{rg} f_*(\omega^{\otimes 2}) = 3g-3\) : c'est la dimension de \(M_g\).

La seconde est le compte \[ \frac{g(g+1)}{2} - (3g-3) \;=\; \frac{1}{2}\big(g^2 - 5g + 6\big) \;=\; \frac{1}{2}(g-2)(g-3) . \] Les deux termes de gauche sont les rangs de \(\operatorname{Sym}^2 \Omega = \operatorname{Sym}^2 f_*(\omega)\) et de \(f_*(\omega^{\otimes 2})\), et la flèche qui va du premier au second est la multiplication des sections. Le compte est donc la dimension de son noyau lorsqu'elle est surjective, c'est-à-dire — c'est le théorème de Max Noether — lorsque \(X\) n'est pas hyperelliptique. Et ce noyau a un nom classique : c'est l'espace des quadriques de \(\mathbf{P}^{g-1}\) passant par la courbe canonique, de dimension \(\binom{g-2}{2}\).12

L'intérêt du compte pour le dossier est le suivant. Les scindages lagrangiens de \(DR\) forment un torseur sous \(\operatorname{Sym}^2\Omega\) ; les connexions projectives, on va le voir, forment un torseur sous \(f_*(\omega^{\otimes 2})\) ; et la flèche de l'un vers l'autre est la multiplication. Le compte mesure donc exactement de combien un scindage de Hodge détermine plus qu'une connexion projective. Le reste de la page — la suite \(0 \to \mathcal{O}_X \to P^1 \to \omega \to 0\) des parties principales, le nombre \(2-2g\), les modules \(f_*(\omega^n \otimes P)\) et leur gradué — est du repérage sans énoncé.

14–18

L'espace de modules des structures projectives (pages 14 à 18)

14–14

L'espace, et le critère de non-dégénérescence

On fixe un genre \(g\) et un foncteur rigidifiant sur les courbes propres et lisses relatives de genre \(g\) — de Torelli, ou de niveau convenable — de manière que \(M_g\) soit un espace et non seulement un champ. Pour \(S\) de caractéristique \(0\), on pose alors : \(M_g^{\mathfrak{z}}(S)\) est l'ensemble des courbes propres lisses \(X/S\) de genre \(g\), munies d'un fibré en droites projectives \(P\) sur \(X\) à structure projective, et soumises à la seule condition \(\mathrm{Aut}^{\mathfrak{z}}(P_s) = 1\) pour tout point \(s\) de \(S\).13

Le feuillet explicite aussitôt ce que la condition exclut. Soient \(X\) un schéma algébrique connexe sur \(k\) algébriquement clos et \(P\) un fibré projectif à structure projective sur \(X\). Considérons :

Les deux types dégénérés sont :

Ce qui est établi est b) \(\Leftrightarrow\) c) — un sous-groupe algébrique de \(\mathrm{PGL}_2\) de dimension \(> 0\) contient un \(\mathbf{G}_m\) ou un \(\mathbf{G}_a\), et le fibré est alors la clôture projective de la représentation correspondante — et a) \(\Rightarrow\) b), trivialement. Le feuillet donne les trois pour équivalentes ; telles qu'elles sont écrites, a) est strictement plus forte que b), car un groupe fini non trivial est de dimension \(0\).14

Remarque de l'édition. Dans le seul cas dont le dossier ait finalement besoin — \(X\) courbe projective lisse de genre \(\geqslant 2\) sur un corps de caractéristique \(0\), munie d'une connexion projective — les trois conditions sont équivalentes, et c'est le théorème des pages 21 et 22 qui le donne : il y est montré que le groupe structural ne se réduit à aucun sous-groupe propre, donc que l'adhérence de Zariski de la monodromie est \(H\) tout entier, donc que le centralisateur de la monodromie est le centre de \(\mathrm{PGL}_2\), qui est trivial. Le dossier ne fait jamais ce rapprochement ; il est de cette édition, et il est forcé par les deux énoncés tels qu'ils sont.

15–15

Le calcul de dimension

Soit \(\mathfrak{g} = \mathrm{ad}(P)\) le fibré en algèbres de Lie adjoint, localement libre de rang \(3\), muni de sa connexion plate. Le feuillet propose trois conditions supplémentaires, pour \(X\) courbe propre lisse de genre \(g\) :

Leur équivalence tient en deux lignes. La forme de Killing donne \(\mathfrak{g} \simeq \check{\mathfrak{g}}\), d'où par dualité de Poincaré \[ (*) \qquad H^0_{DR}(X, \mathfrak{g}) \;\simeq\; H^2_{DR}(X, \mathfrak{g})^{\vee}, \] ce qui donne d\('\)) \(\Leftrightarrow\) d\(''\)). La caractéristique d'Euler-Poincaré de de Rham ne dépend que du rang : \[ (**) \qquad \chi_{DR}(X, \mathfrak{g}) = 3\,\chi_{DR}(X, \mathcal{O}_X) = 3(2-2g) = 6-6g . \] Combinant, on obtient \[ (\!*\!*\!*) \qquad \dim H^1_{DR}(X, \mathfrak{g}) = 2 \dim H^0_{DR}(X, \mathfrak{g}) + (6g-6), \] d'où d) \(\Leftrightarrow\) d\('\)). Enfin \(H^0_{DR}(X, \mathfrak{g}) \simeq \operatorname{Lie} \mathrm{Aut}^{\mathfrak{z}}_{X/k}(P)\) — une section horizontale du fibré adjoint est un automorphisme infinitésimal — d'où d\('\)) \(\Leftrightarrow\) b), et la formule \[ \dim H^1_{DR}(X, \mathfrak{g}) = 2\Big( \dim \mathrm{Aut}^{\mathfrak{z}}_{X/k}(P) + 3g-3 \Big). \] Le feuillet porte, sous le membre de gauche, l'accolade qui dit ce qu'est cet espace : « espace tangent à l'espace modulaire \(M_g^{\mathfrak{z}}\) au point correspondant à \((X, P, \mathfrak{z})\) ».

De là : la condition d\('\)) signifie que \(M_g^{\mathfrak{z}}\) n'a pas d'automorphismes infinitésimaux et c) qu'il n'a pas d'automorphismes finis, de sorte que \(M_g^{\mathfrak{z}}\) est rigide — et donc représentable, là où \(M_g\) ne l'est qu'après rigidification. La condition d\(''\)) donne la lissité formelle de \(M_g^{\mathfrak{z}}\) au-dessus de \(M_g\). Et la condition d) donne la dimension.

15–15

L'anomalie de la page 15, et ce que la cohérence demande

Le feuillet écrit : « d\(''\)) implique que \(M_g^{\mathfrak{z}}\) est formellement lisse sur \(M_g\), et d) que sa dimension relative sur \(M_g\) est \(6g-6\) ». Le transcripteur note expressément que la dimension relative se lit bien \(6g-6\), et il l'a transcrite telle quelle, sans réparation. Or la formule qui précède immédiatement donne \(3g-3\).

Cette lecture ne corrige pas le feuillet. Elle dit ce que la cohérence demande, et sur quoi elle se fonde.

Ce que la cohérence demande : \[ \dim M_g^{\mathfrak{z}} = 6g-6, \qquad \dim M_g = 3g-3, \qquad \dim \big( M_g^{\mathfrak{z}} / M_g \big) = 3g-3 . \]

Ce sur quoi elle se fonde — quatre appuis, tous internes au dossier :

Autrement dit : \(6g-6 = (3g-3) + (3g-3)\), base plus fibre, et le dossier calcule les trois nombres. L'explication la plus économique de ce qu'on lit page 15 est qu'il a écrit la dimension absolue dans une phrase qui parlait de la dimension relative ; une autre est que les mots « relative sur \(M_g\) » ne portaient, dans son intention, que sur la lissité. Cette édition n'en choisit aucune et ne réécrit pas le feuillet : ce qui est sur le papier est \(6g-6\), et la transcription le dit.

16–17

Le tableau analytique : monodromie, Teichmüller, uniformisation

On passe sur \(\mathbf{C}\). Soient \(X\) une courbe analytique compacte connexe de genre \(g \geqslant 2\), \(x \in X\), \(\pi = \pi_1(X,x)\) et \(H = \mathrm{PGL}_2(\mathbf{C})\). Le feuillet pose \[ M_g^{\mathfrak{z}}(X) \;\simeq\; \mathrm{Hom}^{\,!}(\pi, H) \,\big/\, H, \] où \(\mathrm{Hom}^{\,!}\) désigne l'ensemble des homomorphismes dont le stabilisateur dans \(H\) — c'est-à-dire le centralisateur de l'image — se réduit à l'élément neutre. C'est la variété des caractères, lisse de dimension \((2g-2)\dim H = 6g-6\) : le nombre coïncide avec celui de la page 15 sans que les deux espaces coïncident, et c'est tout l'intérêt de la chose.15

Le groupe \(\mathrm{Aut}(\pi)\) opère à droite sur \(\mathrm{Hom}(\pi,H)\) par \(\rho \cdot u = \rho \circ u\) ; comme \(\rho \circ \mathrm{int}(\gamma) = \mathrm{int}(\rho(\gamma)) \circ \rho\), les automorphismes intérieurs agissent trivialement sur le quotient, et c'est donc \[ \mathrm{Out}(\pi) = \mathrm{Aut}(\pi)/\mathrm{Int}(\pi) \] — le groupe modulaire de la surface — qui opère sur \(M_g^{\mathfrak{z}}(X)\).

Vient alors la pièce qui justifie le mot « uniformisation » du titre. Si \(Y\) est une courbe analytique complète de genre \(g\) munie d'un isomorphisme \(\pi_1(Y) \simeq \pi\), l'uniformisation de \(Y\) par le disque fournit une représentation \(\rho_Y : \pi \to H\), définie à conjugaison près, donc un point de \(M_g^{\mathfrak{z}}(X)\). On obtient ainsi un morphisme analytique injectif \[ M_g(X) \hookrightarrow M_g^{\mathfrak{z}}(X), \] où \(M_g(X)\) est l'espace de Teichmüller rigidifié par \(\pi\), et ce morphisme commute aux actions du groupe modulaire \(\Gamma\).

La colonne de droite du même feuillet caractérise l'image, et c'est là que le dossier touche l'uniformisation de plus près : ce sont les \(\rho : \pi \hookrightarrow H\) injectifs pour lesquels il existe un domaine \(D \subset \mathbf{P}^1(\mathbf{C})\) invariant — unique s'il existe — sur lequel \(\pi\) opère librement avec quotient compact. C'est la définition même d'une uniformisation, réécrite dans la variété des caractères. Mais le feuillet ouvre la phrase par « on suppose » : rien n'est démontré ici, ni la constructibilité de l'image, ni son caractère algébrique.16

Le feuillet définit enfin \(M_{\mathrm{ann}}(X)\), l'espace des structures projectives sur la courbe analytique fixée \(X\), et note que \(H^0(X, \omega^{\otimes 2}_{X/\mathbf{C}})\) le gouverne ; puis il pose le morphisme \[ M_{\mathrm{ann}}(X) \longrightarrow M_g^{\mathfrak{z}}(X) \] et demande : « est-il injectif ? » C'est l'application de monodromie des structures projectives, dont le comportement local et l'injectivité sont devenus un sujet en soi dans la littérature ; le feuillet pose la question et ne la tranche pas, et cette édition non plus.17

18–18

Les automorphismes du couple \((P,\sigma)\)

Le tiers supérieur de la page 18 est annulé par des hachures. Ce qui suit se tient. Soit \(E\) l'extension non scindée \(0 \to \omega \to E \to \mathcal{O}_X \to 0\), de classe \(c \in \mathrm{Ext}^1(\mathcal{O}_X, \omega) = H^1(X, \omega) \simeq k\), avec \(c \neq 0\). Un automorphisme \(u\) de \(E\) préservant \(\omega\) agit sur \(\omega\) par un scalaire \(\lambda \in H^0(X, \mathcal{O}_X^*) = \mathbf{C}^*\), et multiplie donc la classe \(c\) par \(\lambda\) ; de \(\lambda c = c\) et \(c \neq 0\) on tire \(\lambda = 1\). Un tel \(u\) est donc un automorphisme d'extension, c'est-à-dire un homomorphisme \(\mathcal{O}_X \to \omega\), c'est-à-dire une forme différentielle globale. D'où \[ \mathrm{Aut}_X(P_X, \sigma) \;\simeq\; H^0(X, \omega_X), \qquad u_\omega \longleftrightarrow \omega, \] isomorphisme de groupes, la source étant additive.

La question posée à la fin de la page est celle que les deux suivantes résolvent : peut-on avoir \(u_\omega(c) = c\), si \(c\) est cette fois la classe d'une connexion projective ?18

19–20

Le calcul en coordonnées, et la formule encadrée (pages 19 et 20)

Soit \(\mathcal{U} = \mathfrak{g} = \mathrm{ad}(P)\) le fibré adjoint, de rang \(3\). Le choix d'une uniformisante \(t\) le scinde : \[ \mathcal{U} \;\simeq\; \omega \oplus \mathcal{O}_X \oplus \omega^{-1}, \] les trois facteurs étant les espaces de poids \(2, 0, -2\) de l'action adjointe de \(\mathfrak{sl}_2\). La coordonnée \(t\) définit une connexion projective \(c_{D_t} : \mathcal{U} \to \mathcal{U} \otimes \omega \simeq \omega^{\otimes 2} \oplus \omega \oplus \mathcal{O}_X\), déterminée par \[ c_{D_t}(dt) = -2\,dt, \qquad c_{D_t}(1) = 1, \qquad c_{D_t}\big((dt)^{-1}\big) = 0, \] les coefficients \(-2\) et \(0\) étant ceux de l'action adjointe sur les vecteurs de poids extrême.

Pour \(\omega \in \Gamma(X, \omega)\) on pose \(u_\omega = \exp \Theta_\omega\), l'automorphisme unipotent de \(\mathcal{U}\) engendré par \(\mathrm{ad}(\omega)\), et l'on fait agir \(u_\omega\) sur les connexions par conjugaison, \(u_\omega(c) = u \circ c \circ u^{-1}\). Le calcul de la page 19 — trois niveaux de crochets, avec \([-\omega, 1] = -2\omega\) — aboutit page 20 au résultat encadré : \[ \boxed{\;u_\omega(c) \;=\; c + d^1_{\omega/S}(\omega)\;} \] pour toute connexion projective \(c\), où \(d^1_{\omega/S}\) est un opérateur différentiel d'ordre \(1\) de \(\omega\) vers \(\omega^{\otimes 2}\).

C'est la formule structurante du dossier, et il faut voir ce qu'elle dit : l'ensemble des connexions projectives sur \(X\) est un espace affine sous \(\Gamma(X, \omega^{\otimes 2})\) — la différence de deux connexions projectives est une différentielle quadratique — et le groupe \(H^0(X, \omega)\) des automorphismes du couple \((P,\sigma)\) y agit par les translations de l'image de \(d^1_{\omega/S}\). C'est exactement ce que la théorie formelle des pages 24 à 33 va démontrer abstraitement, sous la forme \(G/G_0 \simeq \Gamma(X, \Omega^{\otimes 2})\).

Les deux corollaires que le feuillet tire sont mutilés au point décisif, et on n'y touche pas. Ils portent tous deux sur la condition \(d^1_{\omega/S}(\omega) = 0\), avec la mention « a fortiori \(d\omega = 0\) » et la restriction « si \(2\) est inversible dans \(S\) ». Ce qu'ils visent est clair : que l'action de \(H^0(X,\omega)\) sur les connexions projectives soit libre, donc que deux connexions projectives distinctes ne donnent pas le même fibré à structure projective. Ce qui les rend illisibles ne l'est pas moins : la condition \(d\omega = 0\) est vide sur une courbe relative, puisque \(\Omega^2_{X/S} = 0\) et que toute forme globale y est fermée.19

Les dernières lignes de la page 20 ouvrent l'argument que les pages 21 et 22 achèvent : si un tel automorphisme existait, le fibré à structure projective serait affine, donc isomorphe à un \(P(F)\) pour une extension \(0 \to M \to F \to \mathcal{O}_X \to 0\) à structure projective, avec \(E \simeq F \otimes L\). C'est exactement l'hypothèse dont la page 21 part.

21–22

Aucune réduction du groupe structural : la densité de la monodromie (pages 21 et 22)

21–21

Le calcul de degrés

Reprenons la situation où la page 20 s'est arrêtée. \(E\) est de rang \(2\) avec \(\det E \simeq \omega_X\), et l'on suppose que le fibré projectif associé se réduit à un sous-groupe de Borel, c'est-à-dire que \(E \simeq F \otimes L\) avec \(F\) muni d'une réduction et \(L\) inversible. De \(\det E \simeq \det F \otimes L^{\otimes 2}\), avec \(\det F = M\) de degré \(0\), on tire \[ 2 \deg L = \deg \omega_X = 2g-2, \qquad \text{donc} \qquad \deg L = g-1 . \] Considérons alors le composé \[ \omega \hookrightarrow E \simeq F \otimes L \twoheadrightarrow L . \] C'est une section de \(L \otimes \omega^{-1}\), module de degré \((g-1) - (2g-2) = -(g-1) < 0\) dès que \(g \geqslant 2\) : elle est donc nulle. Par conséquent \(E \to L\) se factorise par \(E/\omega \simeq \mathcal{O}_X\), d'où \(L \simeq \mathcal{O}_X\) et \(\deg L = 0\), ce qui contredit \(\deg L = g-1 \neq 0\).

Le groupe structural ne peut donc pas se réduire à un sous-groupe de Borel. Mieux : il ne peut pas non plus se réduire au normalisateur d'un tore maximal, car le passage au revêtement double correspondant ramènerait au tore lui-même, donc à un Borel — et le genre du revêtement est encore \(\geqslant 2\), de sorte que l'argument s'y applique.

Théorème (page 21). Soit \(X\) une courbe projective lisse de genre \(g \geqslant 2\) sur un corps \(k\) de caractéristique nulle. Alors pour toute connexion projective sur \(X\), le groupe structural \(H = \mathrm{PGL}_2\) du fibré principal associé ne se réduit à aucun sous-groupe algébrique \(H'\) distinct de \(H\).

Une lacune, et comment la combler. Les deux cas traités n'épuisent pas les sous-groupes algébriques propres de \(\mathrm{PGL}_2\) en caractéristique \(0\). La classification en donne trois familles : ceux qui sont contenus dans un Borel, ceux qui sont contenus dans le normalisateur d'un tore maximal, et les trois groupes exceptionnels \(A_4\), \(S_4\), \(A_5\), qui ne sont dans ni l'un ni l'autre. Ces trois-là se traitent pourtant par le procédé même que le feuillet emploie pour le normalisateur du tore : une réduction à un sous-groupe fini \(\Gamma\) donne une monodromie d'image finie, donc un revêtement étale \(Y \to X\) de degré \(|\Gamma|\) sur lequel la monodromie est triviale ; la connexion projective se relève à \(Y\), le genre de \(Y\) est encore \(\geqslant 2\) par Riemann-Hurwitz, et le groupe structural y est trivial, donc contenu dans un Borel — ce que le premier cas exclut.20

22–22

La densité de Zariski, et où la situer

Les trois lignes de la page 22 tirent la conséquence analytique. Sur \(k = \mathbf{C}\), l'homomorphisme de monodromie \[ \pi_1(X^{\mathrm{an}}, x) \longrightarrow H(\mathbf{C}) \] a une image Zariski-dense dans \(H_{\mathbf{C}}\) : car une image non dense aurait pour adhérence un sous-groupe algébrique propre, auquel le fibré se réduirait.

Il vaut la peine de situer cet énoncé, puisque c'est le genre de résultat dont un lecteur moderne voudra savoir où il se place. Ce que le dossier démontre est, dans le vocabulaire d'aujourd'hui, l'irréductibilité de la monodromie d'une structure projective sur une courbe de genre \(\geqslant 2\) : un \(\mathfrak{sl}_2\)-oper, au sens de Beilinson et Drinfeld, a une monodromie Zariski-dense. C'est un énoncé standard, et la démonstration standard est exactement celle du feuillet — un sous-fibré en droites invariant aurait le degré \(g-1\), incompatible avec la position du fibré sous-jacent dans sa filtration de Harder-Narasimhan. Du côté analytique, la même chose se dit : une structure projective sur une surface de Riemann compacte de genre au moins \(2\) a une monodromie non élémentaire, ce qu'on trouve chez Gunning dans les années soixante.

Cette édition n'affirme aucune priorité, et n'a pas fait de recherche bibliographique exhaustive. Ce qu'elle constate est que le résultat est aujourd'hui connu, qu'il est ici obtenu par l'argument qui est resté le bon, et qu'il est, dans le dossier lui-même, la pièce dont les pages 14 à 16 ont besoin sans le dire.

24–33

La théorie formelle : rigidité d'une algèbre à connexion (pages 24 à 33)

Le dernier tiers du dossier change de sujet. Il n'y est plus question de courbes, ni de genre, ni de monodromie : seulement d'une algèbre complète et d'une dérivation. C'est la démonstration technique de ce que les pages 7 à 9 avaient posé sans preuve, et de ce que la page 20 avait obtenu par le calcul. Il est repris cinq ou six fois ; on suit ici l'ordre logique, en signalant à chaque fois de quelle mouture on parle.

32–33

Le cadre, tel que les pages 32 et 33 le posent

C'est la dernière mouture qui est la plus propre ; on commence par elle.

Soient \(X/S\) un schéma relatif, et \(P\) une \(\mathcal{O}_X\)-Algèbre augmentée, séparée et complète pour la topologie \(J\)-adique, où \(J\) est l'idéal d'augmentation, avec \(J/J^2 = \Omega\) inversible. Soit \[ C : P \longrightarrow P \,\widehat{\otimes}\, \Omega^1_{X/S} \] une connexion relative à \(S\), compatible à la structure d'algèbre : \[ \begin{cases} C(fg) = f\,C(g) + g\,C(f), & f,g \text{ sections de } P, \\ C(\lambda \cdot 1) = 1 \otimes d\lambda, & \lambda \text{ section de } \mathcal{O}_X . \end{cases} \]

Localement sur \(X\), on choisit un isomorphisme d'algèbres augmentées \(P \simeq \widehat{\operatorname{Sym}}(\Omega)\) et l'on écrit \(C\) dans ce modèle. La restriction de \(C\) à \(\Omega = \operatorname{Sym}^1\) donne \[ C|_\Omega : \Omega \longrightarrow \widehat{\operatorname{Sym}}(\Omega) \,\widehat{\otimes}\, \Omega^1_{X/S} = \prod_{i \geqslant 0} \operatorname{Sym}^i(\Omega) \otimes \Omega^1_{X/S}, \] dont on note \((\varpi_i)_{i \geqslant 0}\) les composantes. Leur nature se lit sur la règle de Leibniz : pour \(i \neq 1\) la composante \(\varpi_i\) est \(\mathcal{O}\)-linéaire, donc une section globale, \[ \varpi_i \in \Gamma\big( \Omega^{\otimes(i-1)} \otimes \Omega^1_{X/S} \big) \quad (i \neq 1), \] tandis que \(\varpi_1\) est une connexion sur \(\Omega\) et non une section.21

Le symbole de \(C\) est la donnée essentielle. On a \(C(J^i) \subset J^{i-1} \,\widehat{\otimes}\, \Omega^1_{X/S}\), d'où pour tout \(i \geqslant 1\) un homomorphisme \(\mathcal{O}\)-linéaire sur les gradués \[ \operatorname{gr}^i = J^i/J^{i+1} \simeq \Omega^{\otimes i} \xrightarrow{\ \widetilde{c}\ } \Omega^{\otimes(i-1)} \otimes \Omega^1_{X/S}, \] et cet homomorphisme est la multiplication par un seul et même \[ \varpi_0 \in \Gamma\big( \Omega^{-1} \otimes \Omega^1_{X/S} \big) = \mathrm{Hom}\big( \Omega, \Omega^1_{X/S} \big), \] indépendant de \(i\). On dit que \(C\) est régulière si \(\varpi_0\) l'est, c'est-à-dire si \[ \varpi_0 : \Omega \xrightarrow{\ \sim\ } \Omega^1_{X/S} . \] C'est la condition qui fait de \(P\) une algèbre de jets et non une algèbre quelconque : c'est l'identification \((*)\) de la page 7, retrouvée comme une propriété de la connexion plutôt que comme une donnée.

25–26

Le théorème de rigidité (pages 25 et 26)

Voici l'énoncé, dans la mouture des pages 25 et 26, qui est la plus articulée. On se place en caractéristique \(0\).

Théorème (page 25). Soit \(P\) comme ci-dessus, munie d'une connexion \(C\) régulière. Alors il existe un couple \((P,\sigma)\) — c'est-à-dire une extension \(\mathcal{E} : 0 \to \Omega \to E \to \mathcal{O}_S \to 0\), et donc un modèle \(\widehat{S} = \widehat{\operatorname{Sym}}(\Omega)\) muni de sa connexion canonique \(\widehat{c}\) — et un isomorphisme d'algèbres augmentées \(u : \widehat{S} \xrightarrow{\ \sim\ } P\) tel que \(u(C) = \widehat{c}\).

Le théorème se démontre en deux temps, et c'est cette décomposition qui porte tout le contenu :

Autrement dit : rien n'est libre au-delà de l'ordre \(3\). Toute l'ambiguïté est concentrée au passage de l'ordre \(2\) à l'ordre \(3\), et la page 26 l'identifie en donnant une correspondance biunivoque entre trois ensembles.22

C'est le résultat que tout le dossier attendait. La fibre de \(M_g^{\mathfrak{z}} \to M_g\) est un torseur sous \(\Gamma(X, \Omega^{\otimes 2}) = H^0(X, \omega^{\otimes 2})\), donc de dimension \(3g-3\) ; c'est le contenu abstrait de la formule encadrée de la page 20.23

27–28

Le calcul du changement de paramètre (pages 27, 28 et 30)

Les trois feuillets calculent la même chose, la page 30 étant la plus complète. Le point est de vérifier, à la main, que le torseur annoncé est bien celui-là et que rien ne bouge au-delà.

On écrit, pour un générateur local \(\omega_0\) de \(\Omega\), \[ C(\omega_0) = \sum_{i \geqslant 0} \omega_0^{\,i} \otimes \varpi_i, \] et l'on change de générateur : \(\omega_0 \mapsto \omega_0\,u\) avec \[ u = 1 + \sum_{i \geqslant 2} \alpha_i\, \omega_0^{\,i} . \] Le feuillet note \(\omega_0^{\,u}\) le produit \(\omega_0 u\) ; le \(u\) surélevé est un facteur, non un exposant.24

La règle de Leibniz donne alors \[ C(\omega_0^{\,u}) = C(\omega_0)\Big( 1 + \sum_{i \geqslant 2} (i+1)\,\alpha_i\, \omega_0^{\,i} \Big) + \text{(termes en } d\alpha_i), \] le coefficient \((i+1)\) venant de la somme du facteur \(\alpha_i\omega_0^i\) et de la dérivation \(i\,\alpha_i\omega_0^{i-1}C(\omega_0)\) du produit. Ramenant par \(u^{-1}\) et travaillant modulo \(\Omega^{n+1}\) avec \(\alpha_i = 0\) pour \(i < n\), il reste \[ C(\omega_0^{\,u})^{u^{-1}} = C(\omega_0) + (n+1)\,\alpha_n\, \omega_0^{\,n}\, \varpi_0, \] de sorte que la condition pour que le changement de paramètre préserve la forme de la connexion est \[ (n+1)\,\alpha_n = 0 , \] c'est-à-dire, en caractéristique \(0\), \(\alpha_n = 0\). C'est la rigidité, sous sa forme la plus élémentaire : au-delà du terme de degré \(2\), aucun changement de paramètre n'est disponible. Le feuillet vérifie les cas \(n = 2\) et \(n = 3\) séparément avant d'écrire le cas général.25

29–31

La structure du groupe \(G\) (pages 29 et 31)

Soit \(G\) le groupe des automorphismes de \(\widehat{S}\) comme algèbre augmentée qui sont l'identité modulo \(J^3\), et \(G_0 \subset G\) le sous-groupe de ceux qui sont l'identité modulo \(J^4\). Un élément de \(G\) est déterminé par l'image de \(\Omega\), soit \(\omega \mapsto \omega + q_3(\omega) + \ldots\) avec \(q_i : \Omega \to \Omega^{\otimes i}\) ; être l'identité modulo \(J^3\) annule \(q_2\), l'être modulo \(J^4\) annule en outre \(q_3\). D'où \[ G/G_0 \;\simeq\; \mathrm{Hom}\big(\Omega, \Omega^{\otimes 3}\big) \;\simeq\; \Gamma\big(\Omega^{\otimes 2}\big), \] le dernier isomorphisme parce que \(\Omega\) est inversible.26

On pose, pour une connexion \(c\) sur \(P\), \[ G(c) = \{\, h \in G \ \mid\ h \cdot \widehat{c} \text{ est de la forme } \widehat{c}\,' \,\}, \] qui est un sous-groupe de \(G\). Le théorème de structure est alors : \[ G_0 \times G(c) \longrightarrow G, \qquad (g,h) \longmapsto g h \] est bijectif, d'où \(G(c) \xrightarrow{\ \sim\ } G/G_0 \simeq \Gamma(X, \Omega^{\otimes 2})\).

La démonstration tient en deux lignes de chaque côté. Injectivité : si \(gh = g'h'\), alors \((g'^{-1}g)h = h'\) ; or \(h\widehat{c}\) et \(h'\widehat{c}\) sont tous deux de la forme \(\widehat{c}\,'\), et le corollaire du haut de la page 29 — un élément de \(G_0\) qui envoie \(\widehat{c}\) sur un \(\widehat{c}\,'\) est l'identité — donne \(g'^{-1}g = 1\), d'où \(g = g'\) puis \(h = h'\). Surjectivité : pour \(g \in G\), la proposition de la page 28 écrit \(g\widehat{c} = k\,\widehat{c}_0\) avec \(k \in G_0\), d'où \(k^{-1}g \in G(c)\) et \(g = k(k^{-1}g)\).

La page 31 reprend exactement cette démonstration en la dépouillant de toute géométrie : un groupe \(G\), un sous-groupe \(G_0\), un \(G\)-ensemble \(C\), une partie \(C_0\) telle que \(G_0 \times C_0 \xrightarrow{\ \sim\ } C\), et \(G(c) = \{g \in G \mid g\cdot c \in C_0\}\) pour \(c \in C_0\) ; la conclusion est la même, et l'énoncé n'a plus rien d'algébrique. C'est le même argument vu deux fois, et il vaut la peine de garder les deux : la seconde version montre que le résultat ne doit rien aux algèbres, seulement à l'action simplement transitive.27

Le corollaire que la page 31 tire du lemme — l'intersection d'une orbite de \(G\) dans \(C\) avec \(C_0\) s'identifie à \(G_0 \backslash G\) — est la même chose dite du côté des orbites. Son énoncé est mutilé sur le feuillet, et on ne le mentionne que pour mémoire.

33–33

L'énoncé final

La page 33 referme, avec ses hypothèses au complet. En caractéristique nulle, pour \(P = \widehat{S} = \mathcal{O}_{\widehat{P}}\) : \[ \mathrm{Conn}^*(P) \times G_0 \longrightarrow \mathrm{Conn}^*(\widehat{S}), \qquad (c,g) \longmapsto g \cdot \widehat{c} \] est bijective, où \(\mathrm{Conn}^*\) désigne les connexions régulières ; et pour \(c \in \mathrm{Conn}^*(P)\), \[ G(c) \;\xrightarrow{\ \sim\ }\; G/G_0 \;\simeq\; \Gamma\big(X, \Omega^{\otimes 2}\big). \]

C'est le dernier mot du dossier, et c'est aussi le plus important : l'ensemble des structures projectives sur une courbe fixée est un torseur sous les différentielles quadratiques.

1–33

Ce que le dossier cherche, et ce qui lui manque

Reste à dire ce que ces trente-trois pages veulent, puisque le titre de la page 1 est de lui et annonce l'uniformisation.

1–33

Ce qui s'articule

Trois choses se rejoignent, et deux d'entre elles ne sont jamais rapprochées par le dossier.

1–33

Ce qui ne s'articule pas

Il faut être franc sur le reste, parce que le titre promet davantage que ce que les pages livrent.

Ce que le dossier est, finalement : l'appareil algébrique complet d'une théorie des structures projectives sur les courbes, avec un théorème net au milieu, et sans le théorème que le titre annonce. C'est un état de chantier, et c'est ce qui le rend lisible — on y voit ce qu'il fallait construire avant de pouvoir poser la question.

Notes

  1. La variance n'est pas un détail : c'est elle qui rend la formule \(\varphi^a = \varphi/(1+\varphi(a))\) de la page 4 cohérente avec \(u_a(\omega) = \omega/(1+a)\) de la même page. La première est une action sur les points, la seconde sur les fonctions, et elles sont contragrédientes l'une de l'autre. ↩
  2. Le transcripteur des pages 21 à 33 rencontre lui aussi, page 21, « un symbole isolé, qui revient plus bas devant fibré principal », et le laisse en blanc plutôt que de le rapporter au \(\mathfrak{z}\) du premier lot. Les deux observations sont indépendantes et n'ont pas été rapprochées sur le fac-similé ; il est vraisemblable, mais non établi, qu'il s'agisse du même signe. ↩
  3. Le feuillet écrit \(\mathrm{Aff}(r) = \mathrm{GL}(r)\cdot E^r\) et précise « produit semi-direct » ; le point est de ne pas lire ce produit comme direct, l'action de \(\mathrm{GL}_r\) sur \(\mathbf{G}_a^r\) étant l'action tautologique. Dans la formule, l'argument de \(\mathrm{Aff}\) et celui de \(\mathrm{GL}\) sont chacun écrits sur une lettre biffée. ↩
  4. La page 1 s'interrompt au milieu de l'énoncé, qui est repris et achevé page 2, elle-même abandonnée et reprise du même point de départ page 3. On donne ici l'énoncé complet, qui est celui des pages 2 et 3 réunies. La précision sur les morphismes — que l'équivalence porte sur la catégorie où \(\Omega\) varie, et non sur les extensions d'un \(\Omega\) fixé — est ajoutée : sans elle l'équivalence serait fausse, car \(P(E) \simeq P(E \otimes L)\) pour tout \(L\) inversible. ↩
  5. Dans le cas général d'une extension quelconque, définie par un torseur \(T\) sous \(\Omega\), on obtient \(\widehat{S}\) et \(\widehat{L}\) comme produits contractés de \(T\) par \(\widehat{\operatorname{Sym}}(\Omega)\) le long des deux actions ci-dessus. Le symbole de contraction est douteux sur le feuillet et les dernières lignes de la page 5 sont biffées ; on n'en tire rien de plus que le principe. ↩
  6. Le feuillet écrit la flèche deux fois et pas de la même manière : en haut \(f \mapsto n a f + \ldots\), plus bas \(v(a)(f) = af\) sans coefficient. C'est la page 7 qui tranche : elle nomme la flèche \(-u_1\), c'est-à-dire la valeur en \(n=1\) de l'expression ci-dessus, signe compris. On a donc retenu \(a \mapsto (f \mapsto -naf)\), qui est la seule des trois écritures compatible avec le reste du dossier. Le reste de la page 6 — une demi-douzaine de membres de phrase — est perdu. ↩
  7. La page 7 est au crayon, pâle, avec les dernières lignes reprises à l'encre bleue ; elle porte la charge d'illisible la plus lourde du premier lot avec les pages 6, 11 et 21. Les mots qui articulent la phrase — « est déterminée par », « d'un cocycle », « doit être muni d'un iso » — sont là, mais ce qui les relie ne l'est pas. L'énoncé donné ci-dessus est la seule lecture cohérente de ce qui reste ; il n'est pas une reconstruction du feuillet, et on ne comble pas les blancs. ↩
  8. Le feuillet pose l'intégrabilité exactement ainsi — « si elle [provient] d'une \(\infty\)-connexion de \(P = P(E)\), laquelle sera dès lors déterminée » — mais les verbes sont illisibles. On a choisi la formulation minimale. C'est la même page qui pose, sous forme de question et sans y répondre, celle que le titre du dossier annonce : une telle connexion est-elle canoniquement déterminée par \(X/S\) ? Voir la section finale. ↩
  9. Le feuillet écrit \(\mathcal{O}_S[[\delta f_1, \ldots]]\) et \(\mathcal{O}_S[[T_1, \ldots, T_n]]\). C'est une inadvertance : \(P^\infty_{X/S}\) et \(\widehat{S}\) sont des \(\mathcal{O}_X\)-algèbres, les \(\delta f_i\) et les \(T_i\) engendrent au-dessus de \(\mathcal{O}_X\), et l'algèbre \(\mathcal{O}_S\) ne donnerait pas les bons gradués. On a corrigé. ↩
  10. C'est la suite exacte que la page 12 écrit sous la forme \(0 \to \Gamma^2\Omega \to \Omega\otimes\Omega \to \Lambda^2\Omega \to 0\), avec la note marginale « Epi (car. \(\neq 2\)) ». \(\Gamma^2\) est le carré à puissances divisées, c'est-à-dire le module des tenseurs symétriques ; en caractéristique différente de \(2\) il s'identifie à \(\operatorname{Sym}^2\), et c'est là toute la portée de la restriction sur la caractéristique. Le signe entre les deux derniers termes de la formule de variation est masqué par un pâté d'encre sur le feuillet ; le transcripteur lit \(-\), et c'est le signe que l'antisymétrie demande. ↩
  11. Les flèches de la page 11 sont écrites \(\Omega^1_{S/T} \to \check{\Omega}\otimes\check{\Omega}\) et \(\Omega^1_{S/T} \to \Lambda^2\check{\Omega}\). Telles quelles, la source et le but sont dans la variance qu'aurait l'application duale : c'est \(T_{S/T} \to \operatorname{Sym}^2\check{\Omega}\) qui est l'application de Kodaira-Spencer, et \(\Omega^1_{S/T} \simeq f_*(\omega^{\otimes 2})\) qui en est la transposée — c'est d'ailleurs ce que la page 12 écrit. Le feuillet est trop abîmé pour qu'on décide s'il écrit l'application ou sa duale, et cette édition ne tranche pas. De même, la seconde flèche a pour but \(\Lambda^2\) là où l'application de Kodaira-Spencer est symétrique ; on ne bâtit rien dessus. ↩
  12. L'identification des deux termes du compte est le fait de cette édition. Le feuillet n'écrit que l'arithmétique ; ce qui la justifie est son voisinage immédiat — la suite \(0 \to \Gamma^2\Omega \to \Omega\otimes\Omega \to \Lambda^2\Omega \to 0\) deux lignes plus haut, et \(f_*(\omega^2) \simeq \Omega^1_{S/T}\) une ligne plus bas — et rien d'autre. La mention de Max Noether est nôtre ; le feuillet ne le nomme pas, et ne dit pas non plus s'il suppose \(X\) non hyperelliptique. ↩
  13. Le glyphe \(\mathfrak{z}\) est celui de l'édition : voir la section qui lui est consacrée. La condition fibre à fibre est ce que le feuillet appelle avoir un « point \(\mathfrak{z}\)-ordinaire », en opposition à « dégénéré » ; le sens en est fixé par la remarque qui suit immédiatement. ↩
  14. L'exemple est immédiat : le groupe de Klein \(V_4 \subset \mathrm{PGL}_2\) est fini, non trivial, et son propre centralisateur. Un fibré projectif plat de monodromie \(V_4\) vérifie b) et c) sans vérifier a). Cette lecture énonce donc b) \(\Leftrightarrow\) c) et a) \(\Rightarrow\) b), et laisse l'équivalence complète à la condition supplémentaire qui la rend vraie — voir la remarque ci-dessous. Le feuillet n'énonce aucune restriction sur \(X\) à cet endroit, ce qui est précisément d'où vient l'écart. ↩
  15. C'est la correspondance de Riemann-Hilbert. La page 16 décrit \(M_g^{\mathfrak{z}}(X)\) comme « l'espace analytique associé à une solution sur \(\mathbf{C}\), lisse de dimension \(6g-6\) », et laisse implicite qu'il ne dépend que de \(\pi\), donc ni de la structure complexe de \(X\), ni du fibré. La condition « \(\,!\) » est ce qui fait du quotient un espace, et c'est exactement la condition a) de la page 14, transportée par la monodromie. ↩
  16. La colonne de droite de la page 17 est lourdement raturée et sa moitié inférieure, surchargée de renvois, ne se laisse pas suivre. Les mots « on suppose que l'image [est] constructible [et] algébrique » sont ce qu'on lit, et ils sont présentés comme une supposition. La lecture ne va pas au-delà. ↩
  17. La phrase qui décrit \(M_{\mathrm{ann}}(X)\) est mutilée : on y lit « c'est un […] sur le […] de deux fois \(H^0(X,\omega^{\otimes 2}_{X/\mathbf{C}})\) », et ni le mot que « deux fois » qualifie, ni la nature de la structure — torseur, fibré — ne se laissent lire. On n'a retenu que le module, qui est certain parce qu'il est écrit en toutes lettres. ↩
  18. Le feuillet emploie la lettre \(c\) pour deux objets différents dans le même paragraphe — la classe d'extension dans \(H^1(X,\omega)\) et la connexion projective — et la question finale est précisément à la charnière. On a distingué les deux ici. Le feuillet mentionne aussi \(P(P^1_{X/S}(-1))\), c'est-à-dire le fibré projectif des parties principales d'ordre \(1\) d'un module inversible : c'est la construction standard du fibré sous-jacent à une structure projective, et le feuillet ne la développe pas. ↩
  19. On ne reconstruit donc ni l'un ni l'autre corollaire. Deux remarques, pour qui reprendra le feuillet. Premièrement, l'opérateur \(d^1_{\omega/S}\) n'est pas la différentielle extérieure : le feuillet les distingue lui-même, en écrivant que \(d^1_{\omega/S}(\omega) = 0\) entraîne « a fortiori » \(d\omega = 0\). C'est un opérateur d'ordre \(1\) attaché à la structure projective, dont \(d\) serait une composante. Deuxièmement, le corollaire a) est illisible juste à l'endroit de la négation — « \(u_\omega(c)\) n'est une connexion projective […] ssi » — de sorte qu'on ne sait pas si l'énoncé affirme ou nie. Le bloc qui suit, où se lisent \(M_g(X)\), \(M_g^{\mathfrak{z}}(X)\) et \(\mathrm{conn}(X)\) reliés par des flèches, est entièrement biffé de traits obliques. ↩
  20. Le feuillet écrit « Le […] argument montre : » et l'adjectif est illisible, juste à l'endroit où il aurait dit s'il considérait le cas général comme acquis. La page 21 est, avec les pages 6, 7 et 11, l'une des quatre plus abîmées du dossier : le nom du groupe y est écrit d'un seul jet et les lettres n'en sont pas assurées, et un symbole isolé qualifiant les fibrés n'a pas été lu du tout. Le théorème est vrai tel qu'il est énoncé ; ce que cette note ajoute est le troisième cas, que le feuillet ne traite pas. ↩
  21. La distinction est celle que le feuillet écrit en gras : « les \(\varpi_i\) pour \(i \neq 1\) sont linéaires ». Elle est forcée par \(C(\lambda\omega) = \lambda\,C(\omega) + \omega\,d\lambda\) de la page 27 : le terme \(\omega\,d\lambda\) n'affecte que la composante de degré \(1\). Le symbole \(\varpi\) est écrit d'un seul trait bouclé sur les feuillets et le transcripteur le fixe ainsi dans toute la suite ; on garde sa convention. ↩
  22. L'item b) du théorème s'arrête au bas du feuillet 25, la phrase inachevée, et se termine en tête de la page 26 : « il existe un iso. et un seul \(u\) tel [qu'il prolonge] \(u_2\), tel que \(u(\widehat{c}) = C\) ». Dans l'item a) du feuillet, le signe entre \(\Omega\) et \((J/J^3)\) est lu \(\otimes\) sans certitude par le transcripteur ; on a préféré écrire « \(E\) construit sur \(J/J^3\) », qui est ce que la construction demande, plutôt que de reproduire un produit tensoriel dont la lecture n'est pas assurée. ↩
  23. L'item c) est presque entièrement perdu sur le feuillet : on y lit « l'ens. des connexions \(C\) sur \(P\) telles que \(\widehat{c}\) soit, dans […], [donnée] de \(C\) […] sur \(\mathrm{Conn}^*(P)\) », et ni le complément de « dans », ni le verbe, ne se laissent lire. Ce qui est sûr est que le troisième terme de la correspondance est \(\mathrm{Conn}^*(P)\), que les pages 28 et 33 nomment et définissent, et que le petit diagramme du bas de la page 26 confirme : \(\mathrm{Sol} \xrightarrow{\sim} \mathrm{Iso}_3\) avec une oblique vers \(\mathrm{Conn}^*P\). On n'en a pas reconstruit davantage. Le bas de la page 26 est du brouillon de calcul : une quinzaine d'égalités jetées côte à côte, la plupart biffées, où se lit l'essentiel de l'argument de la page 29 sous forme d'aide-mémoire. ↩
  24. C'est la page 30 qui le dit en toutes lettres, en écrivant \(C(\omega_0^{\,u}) = C\big(\omega_0(1 + \sum_{i\geqslant 2} \alpha_i\omega_0^{\,i})\big)\), ce qui identifie \(\omega_0^{\,u}\) au produit \(\omega_0 u\) pour ce même \(u\) qui figure aux dénominateurs des formules de la page 28. La transcription conserve la notation telle quelle et le signale ; on la conserve ici aussi, avec l'avertissement. Sans lui, les formules de la page 28 sont illisibles. ↩
  25. Le premier terme du développement de \(C(\omega)\) à la page 30 est transcrit \(C(\omega) = \omega\,\varpi_{-1} + \omega\,\varpi_0 + \ldots\), avec la note que ce premier terme n'est pas lu avec certitude. Il ne peut être ce qui est écrit : la page 27 pose \(C(\omega_0) = \sum_{i \geqslant 0} \omega_0^i \otimes \varpi_i\), où l'indice part de \(0\), et un \(\varpi_{-1}\) n'y a pas de place. Cette édition n'en propose pas de lecture et n'utilise que la formule de la page 27. La moitié inférieure des pages 27 et 30 est du brouillon, en crayon très pâle, largement biffé ; on n'en a rien tiré. ↩
  26. Le calcul de \(G/G_0\) est esquissé par le feuillet, qui écrit directement « donc \(G/G_0 \simeq \Gamma(\Omega^{\otimes 2})\) » sans le justifier ; l'argument par les \(q_i\) est de cette édition, et c'est lui qui explique que ce soit \(\Omega^{\otimes 2}\) et non \(\Omega^{\otimes 3}\) qui apparaisse. C'est aussi ce qui rend la fibre de \(M_g^{\mathfrak{z}} \to M_g\) de dimension \(3g-3\) et non \(4g-4\). ↩
  27. La démonstration de la page 31 emploie la lettre \(h\) pour trois objets différents dans la même phrase — « soit \(h \in G\), alors \(hc\) est de la forme \(h \cdot c'\) […] donc \(h^{-1}k\) […] donc \(h = hg\) » — et la transcription reproduit fidèlement la collision. On a récrit la démonstration avec des lettres distinctes ; c'est la version de la page 29, avec \(k\), qui est correcte telle quelle, et c'est elle qu'on a suivie. ↩