Cote n° 145 · pages 1–37
· Lecture modernisée · Printemps 81 (vieille rédaction) : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : 1981
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre
Résumé
Ces trente-sept pages étudient un seul objet, le plus petit qui ne soit pas trivial : la sphère de Riemann privée de trois points, \(0\), \(1\) et \(\infty\). Une fourmi qui s'y promène peut tourner autour de chacun des trous, et ses trajets de retour au point de départ forment un groupe, le groupe fondamental. Ici il est libre à deux générateurs : un lacet autour de \(0\), un lacet autour de \(1\) ; le lacet autour de \(\infty\) s'en déduit, car faire le tour des trois trous l'un après l'autre revient à ne rien faire.
La question du dossier est celle des symétries. La sphère trouée en a de visibles : six transformations qui permutent les trois points (les « permutations » \(z \mapsto 1-z\), \(z \mapsto 1/z\), etc.), et la conjugaison complexe, qui la retourne comme un miroir. Chacune agit sur les lacets. Mais le groupe des lacets, surtout quand on le « complète » en y ajoutant toutes les limites possibles de lacets — c'est le groupe profini, qui voit tous les revêtements finis à la fois —, a beaucoup plus de symétries que la sphère n'en montre. On demande seulement à ces symétries cachées de respecter la trace des trous : envoyer un petit lacet autour d'un point sur un petit lacet autour d'un point, éventuellement parcouru un nombre « \(p\) » de fois, le même pour les trois, que Grothendieck appelle le multiplicateur. Qui sont-elles, et comment s'accordent-elles avec les six permutations visibles ? C'est le problème des pages 4 à 14 : il y écrit une symétrie cachée comme un couple \((p, g)\), un multiplicateur et un élément du groupe, et traduit « commuter aux permutations » en deux équations sur \(g\).
Puis il s'arrête. Un calcul vient de lui donner une relation qu'il juge « inquiétante », et elle est en effet fausse ; la page suivante s'ouvre sur une « Critique des notations et de l'approche ». Ce qu'elle demande tient en une phrase : ne plus calculer à l'aveugle dans le groupe complété, mais d'abord dans le groupe ordinaire, avec la géométrie sous les yeux — la sphère, ses axes de rotation, ses grands cercles, et des chemins tracés dessus. La seconde rédaction (pages 14 à 37) le fait, et c'est son intérêt : chaque signe qui, dans la première, se décidait par un calcul qu'on pouvait rater, se lit désormais sur un dessin. Les symétries visibles et les lacets s'y assemblent en un seul groupe discret, qu'on sait aujourd'hui être le groupe modulaire étendu \(PGL_2(\mathbb{Z})\) ; ses sous-groupes finis correspondent aux points de la sphère fixés par une symétrie, et le dossier les passe en revue un à un. On y croise, sous le nom de « groupe cartographique de Malgoire », le groupe qui décrit les cartes tracées sur une surface. Les dernières pages reviennent au groupe complété, avec un dispositif plus fin : chaque symétrie cachée y est accompagnée d'un choix de « rectificateurs », un par trou, et l'on obtient une description en coordonnées où il ne reste qu'une équation à écrire. Le dossier s'achève sur un exercice qu'il se donne, et que nous résolvons.
Le dossier ne dit pas pourquoi ces symétries l'intéressent, mais le titre de la chemise — « Printemps 81 » — le situe : c'est le moment de La Longue Marche à travers la théorie de Galois. Le groupe de Galois des nombres algébriques agit sur ce groupe de lacets complété, et cette action est fidèle : c'est le théorème de Belyi (1979). Chaque symétrie arithmétique est donc une des symétries cachées qu'on cherche ici, avec pour multiplicateur son action sur les racines de l'unité. Mesurer le groupe de toutes ces symétries cachées, c'est mesurer, de l'extérieur, le groupe de Galois lui-même. Dix ans plus tard, Drinfeld et Ihara en ont fait le groupe de Grothendieck–Teichmüller ; les équations des pages 6 à 11 sont de la famille des deux premières de ses trois relations de définition.
Pour aller plus loin : groupe fondamental de la droite projective moins trois points, automorphismes préservant l'inertie, groupe de Grothendieck–Teichmüller, groupe modulaire étendu, groupe fondamental orbifold, groupe cartographique, commensurateur.
Keywords — thrice-punctured sphere, free profinite group, inertia-preserving automorphism, outer automorphism group, Grothendieck–Teichmüller group, anharmonic group, orbifold fundamental group, extended modular group, cartographic group, group extension, crossed homomorphism, commensurator
1–37
Le fil du dossier, et les conventions
Les stations
- Trois feuillets épars (pages 1 à 3), sur trois papiers différents, sans pagination de sa main : le groupe \(H\) des éléments qui descendent en isomorphismes entre revêtements finis (un commensurateur, page 1) ; les automorphismes à lacets commutant à \(\sigma_0\) (page 2) ; une page barrée sur les espaces classifiants et les automorphismes compatibles à un morphisme (page 3).
- Première rédaction (pages 4 à 14, ses pages 1 à 3 et suivantes) : « Automorphismes extérieurs des groupes à lacets profinis ». L'action extérieure de \(\mathfrak{S}_3 \times \mathbb{Z}/2\) sur \(\widehat{\pi}\) ; les automorphismes extérieurs commutant à \(\rho\), puis à \(\mathfrak{S}_3\), décrits par \((p, g)\) ; les racines quasi-carrées \(\varepsilon_i\).
- Seconde rédaction, le groupe discret (pages 14 à 22) : la critique de la page 14 ; la sphère et ses symétries ; l'extension \(\mathcal{E} = \mathcal{E}_{0,3}\) « à la Malgoire » ; sa présentation ; le relèvement canonique du stabilisateur de \(P\) ; le groupe cartographique.
- Le complété et les automorphismes à lacets (pages 22 à 25) : \(\widehat{\mathcal{E}} \subset \hat{\hat{\mathcal{E}}} = \mathrm{Aut}_{\mathrm{lac}}(\widehat{\pi})\), le centralisateur \(\boldsymbol{\Gamma}\) de \(\mathfrak{S}_3\), la première forme de \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}\).
- Scindages partiels et présentations de \(\mathcal{E}\) (pages 26 à 31) : les sous-groupes finis, points fixes par points fixes ; une présentation par trois générateurs.
- Le groupe \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}\) (pages 32 à 37, ses pages 15 à 17) : description en coordonnées, loi de groupe, le sous-groupe des « rectificateurs » triviaux, l'exercice de la page 35, les centralisateurs de \(\tilde\rho\) et \(\tilde\sigma_0\).
Les deux rédactions ne sont pas deux versions à fusionner. La première calcule dans \(\mathrm{Aut}(\widehat{\pi})\) avec la relation \(l_0 l_1 l_\infty = 1\) ; la seconde construit un groupe discret à partir de chemins sur la sphère, et la même géométrie lui impose l'ordre opposé, \(l_\infty l_1 l_0 = 1\) — il le souligne (« et non \(l_0 l_1 l_\infty = 1\) ! »). Les éléments \(\sigma_i\), \(\rho\), \(\varepsilon_i\) ne sont donc pas les mêmes d'une rédaction à l'autre, et chacune est lue ici dans ses propres conventions.
La page 20, sans numéro de sa main, porte les formules (13) à (16) ; elles suivent (11) et (12), qui sont à la page 21 (sa page 9). On lit donc la page 20 après la page 21.
Les conventions
Groupes. \(\pi = \pi_{0,3} = \pi_1(\mathbb{P}^1_{\mathbb{C}} \setminus \{0,1,\infty\})\) est le groupe discret, libre sur deux des trois lacets \(l_0, l_1, l_\infty\) ; \(\widehat{\pi}\) est son complété profini, libre profini de rang \(2\)1 . \(L_i\) désigne le sous-groupe (fermé) engendré par \(l_i\), isomorphe à \(\widehat{\mathbb{Z}}\) dans \(\widehat{\pi}\). On écrit \(\mathrm{int}(g)(x) = g x g^{-1}\), et les automorphismes se composent comme des applications ; comme \(\widehat{\pi}\) est de centre trivial, \(g \mapsto \mathrm{int}(g)\) identifie \(\widehat{\pi}\) à un sous-groupe de \(\mathrm{Aut}(\widehat{\pi})\), et l'on écrit souvent \(g\) pour \(\mathrm{int}(g)\), comme le fait le dossier.
Symétries visibles. \(\mathfrak{S}_3\) est le groupe des permutations de \(\{0, 1, \infty\}\) ; \(\rho\) est la permutation circulaire \(0 \mapsto 1 \mapsto \infty \mapsto 0\), et \(\sigma_i\) la transposition qui fixe \(i\). Sur la sphère, \(\rho(z) = 1/(1-z)\), \(\sigma_0(z) = z/(z-1)\), \(\sigma_1(z) = 1/z\), \(\sigma_\infty(z) = 1-z\), et \(\tau(z) = \bar z\). On pose \(\Gamma = \Gamma_{0,3} = \mathfrak{S}_3 \times \mathbb{Z}/2\), le second facteur engendré par \(\tau\) ; quand il faut distinguer un élément de \(\Gamma\) de ses relèvements, on le pointe : \(\dot\sigma_i\), \(\dot\rho\).
Automorphismes à lacets. Un automorphisme \(u\) de \(\widehat{\pi}\) est à lacets s'il existe \(\sigma \in \mathfrak{S}_3\) et \(p \in \widehat{\mathbb{Z}}^{*}\) tels que \(u(l_i)\) soit conjugué à \(l_{\sigma(i)}^{p}\) pour \(i = 0, 1, \infty\) ; \(p = \chi(u)\) est son multiplicateur. On note \(\mathrm{Aut}_{\mathrm{lac}}(\widehat{\pi})\) leur groupe, et \(\mathrm{Out}_{\mathrm{lac}}(\widehat{\pi})\) son image dans \(\mathrm{Out}(\widehat{\pi})\)2 . Le centralisateur de \(\mathfrak{S}_3\) dans \(\mathrm{Out}_{\mathrm{lac}}(\widehat{\pi})\) est noté \(\boldsymbol{\Gamma}\) dans tout le document3 . L'exposant \(!\) du dossier (\(\hat{\hat{\mathcal{E}}}^{!}\), \(\hat{\hat\Gamma}^{!}\)) désigne la partie « pure », où \(\sigma = 1\).
1–3
Trois feuillets épars (pages 1 à 3)
1–1
Le groupe \(H\) : un commensurateur (page 1)
Soit \(U\) une courbe, \(D = \widetilde{U(\mathbb{C})}\) le revêtement universel de \(U(\mathbb{C})\), \(\pi\) le groupe des automorphismes de \(D\) au-dessus de \(U(\mathbb{C})\), et \(G\) un groupe d'automorphismes de \(D\) contenant \(\pi\)4 . La page définit \[ H = \bigl\{\, u \in G \bigm| \exists\, \pi', \pi'' \subset \pi \text{ d'indice fini et } v : D/\pi' \xrightarrow{\sim} D/\pi'' \text{ avec } p'' u = v p' \,\bigr\}, \] où \(p' : D \to D/\pi'\) et \(p'' : D \to D/\pi''\) sont les projections : \(u\) descend en un isomorphisme entre deux revêtements finis de \(U(\mathbb{C})\). Alors \(u \pi' u^{-1} = \pi''\), et l'isomorphisme \(v_* : \pi' \to \pi''\) induit est la conjugaison par \(u\). Inversement, si \(u \pi u^{-1} \cap \pi\) est d'indice fini dans \(\pi\) et dans \(u\pi u^{-1}\), on prend \(\pi' = \pi \cap u^{-1}\pi u\) et \(\pi'' = u\pi' u^{-1}\). Donc \(H\) est le commensurateur de \(\pi\) dans \(G\)5 . Les remarques de la page se lisent ainsi :
- \(\pi'\) et \(\pi''\) ont le même indice dans \(\pi\) quand \(u\) préserve une mesure pour laquelle \(D/\pi\) est de volume fini — par exemple quand \(u\) est une isométrie hyperbolique : \(D/\pi'\) et \(D/\pi''\) ont alors même aire, \([\pi:\pi']\) et \([\pi:\pi'']\) fois celle de \(D/\pi\)6 ;
- \(v\) fixé, \(u\) n'est connu qu'à multiplication à gauche près par un élément de \(\pi''\) (les automorphismes du revêtement \(D \to D/\pi''\)), et \(H\) contient \(\pi\) ;
- \(v\) est déterminé, à homotopie près, par \(v_*\) à conjugaison près, puisque les \(D/\pi'\) sont des \(K(\pi', 1)\)7 .
Pour \(n \geq 1\), \(H_n\) est l'ensemble des \(u\) pour lesquels on peut prendre \(\pi'\), \(\pi''\) d'indice \(n\) ; \(H = \bigcup_n H_n\) et \(H_n = H_n^{-1}\). La page affirme que \(H_n\) est un sous-groupe et s'arrête sur « et \(\pi\) d'indice » ; ce n'est pas évident — pour un produit \(uw\) on ne dispose a priori que de sous-groupes d'indice au plus \(n^2\) — et nous ne l'affirmons pas8 .
2–2
Automorphismes à lacets commutant à \(\sigma_0\) (page 2)
La page cherche les automorphismes à lacets \(u\) de \(\widehat{\pi}\) qui commutent exactement à \(\sigma_0\) et, à un automorphisme intérieur près, à \(\rho\). Commuter à \(\sigma_0\), qui échange \(l_1\) et \(l_\infty\), force la forme \[ u(l_1) = \mathrm{int}(g_1)(l_1^{p}), \qquad u(l_\infty) = \mathrm{int}\bigl(\sigma_0(g_1)\bigr)(l_\infty^{p}), \] avec \(p \in \widehat{\mathbb{Z}}^{*}\) et \(g_1 \in \widehat{\pi}\) défini modulo \(L_1\) à droite. Posant \(h_1 = \sigma_0(g_1)^{-1} g_1\), la page énonce deux conditions encadrées, où \(\beta, \gamma \in \widehat{\mathbb{Z}}\) sont « uniquement déterminés par \(g_1, p\) » : \[ \begin{aligned} (1)\quad & l_\infty^{p} \cdot \mathrm{int}(h_1)(l_1^{p}) \cdot \mathrm{int}\bigl(h_1 l_1^{-\gamma} \rho^{-1}(h_1)\bigr)(l_0^{p}) = 1, \\ (2)\quad & \rho(h_1)\, l_\infty^{-\gamma}\, h_1\, l_1^{-\gamma}\, \rho^{-1}(h_1) = l_0^{\beta}. \end{aligned} \] La feuille ne fixe ni l'ordre de la relation fondamentale ni la normalisation qui définit \(\gamma\), et ces deux relations ne sont pas vérifiées ici9 . Ce qui suit en découle, et l'algèbre en est juste : (2) s'écrit \(h_1 l_1^{-\gamma} \rho^{-1}(h_1) = l_\infty^{\gamma} \rho(h_1)^{-1} l_0^{\beta}\), et comme \(l_0^{\beta}\) commute à \(l_0^{p}\), (1) devient \[ (1')\qquad l_\infty^{p} \cdot \mathrm{int}(h_1)(l_1^{p}) \cdot \mathrm{int}\bigl(l_\infty^{\gamma} \rho(h_1)^{-1}\bigr)(l_0^{p}) = 1 . \] Enfin, changer \(g_1\) en \(g_1 l_1^{\mu}\) change \(h_1\) en \(h'_1 = l_\infty^{-\mu} h_1 l_1^{\mu}\), puisque \(\sigma_0(l_1) = l_\infty\) ; la page en conclut que \(\gamma\) se décale et que \(\beta\) ne change pas10 .
3–3
Automorphismes compatibles à un morphisme (page 3, barrée)
La page entière est barrée de deux longs traits. Elle place côte à côte les espaces classifiants \(B_{\pi,\Gamma} \leftarrow B_\pi\) d'une extension et ceux d'un quotient \(\varphi : \pi \to \pi'\), et pose la question suivante : si \(u \in \mathrm{Aut}(\pi)\) est « compatible avec \(\varphi\) », existe-t-il un unique \(u' \in \mathrm{Aut}(\pi')\) tel que \(u' \varphi = \varphi u\) ? L'unicité est vraie dès que \(\varphi\) est surjectif, et l'existence équivaut alors à \(u(\ker \varphi) = \ker \varphi\)11 . Le sous-groupe \(\mathcal{E}_\varphi\) de ces \(u\) est défini et la page s'arrête.
4–14
Première rédaction : automorphismes extérieurs à lacets de \(\widehat{\pi}_{0,3}\) (pages 4 à 14)
4–6
L'action extérieure de \(\Gamma_{0,3}\) (pages 4 à 6)
Dans toute cette rédaction, \(\widehat{\pi}\) est présenté par \(l_0, l_1, l_\infty\) et la relation \[ l_0\, l_1\, l_\infty = 1 . \] Un endomorphisme est donné par trois éléments \(l'_0, l'_1, l'_\infty\) satisfaisant la même relation, et c'est un automorphisme dès qu'ils engendrent topologiquement \(\widehat{\pi}\) : un groupe profini de type fini est hopfien, tout endomorphisme surjectif est bijectif12 .
La permutation circulaire \(\rho(l_0) = l_1\), \(\rho(l_1) = l_\infty\), \(\rho(l_\infty) = l_0\) est un automorphisme d'ordre \(3\). La transposition \(\sigma_\infty\) est définie par \[ \sigma_\infty(l_0) = l_1, \qquad \sigma_\infty(l_1) = l_0, \qquad \sigma_\infty(l_\infty) = l_0^{-1} l_1^{-1} = \mathrm{int}(l_0^{-1})(l_\infty), \] et \(\sigma_\infty^2 = \mathrm{id}\) ; on pose \(\sigma_0 = \rho\,\sigma_\infty\, \rho^{-1}\) et \(\sigma_1 = \rho\,\sigma_0\,\rho^{-1}\), de sorte que \(\rho \sigma_i \rho^{-1} = \sigma_{\rho(i)}\). Explicitement, \(\sigma_0\) échange \(l_1\) et \(l_\infty\) et envoie \(l_0\) sur \(l_1^{-1} l_\infty^{-1}\). Le sous-groupe \(\mathfrak{S}_3^{+} \simeq \mathbb{Z}/3\) agit donc vraiment. Mais pas \(\mathfrak{S}_3\) : dans \(\mathfrak{S}_3\) on a \(\sigma_0\sigma_1 = \sigma_1\sigma_\infty = \sigma_\infty\sigma_0 = \rho\), tandis que dans \(\mathrm{Aut}(\widehat{\pi})\) \[ \sigma_0\sigma_1 = \mathrm{int}(l_1^{-1})\,\rho, \qquad \sigma_1\sigma_\infty = \mathrm{int}(l_\infty^{-1})\,\rho, \qquad \sigma_\infty\sigma_0 = \mathrm{int}(l_0^{-1})\,\rho . \] \(\mathfrak{S}_3\) n'agit que par automorphismes extérieurs. Pour le groupe discret, on ne peut pas mieux faire : une action vraie de \(\mathfrak{S}_3\) sur \(\pi\) relevant cette action extérieure scinderait l'extension correspondante, et les sous-groupes finis de celle-ci fixent un point du revêtement universel ; or \(\mathfrak{S}_3\) n'a pas de point fixe sur \(\mathbb{P}^1_{\mathbb{C}} \setminus \{0, 1, \infty\}\)13 . Si \(\mathbb{Z}/3\) agit vraiment, c'est que son action sur la sphère a deux points fixes, \(-j\) et \(-j^2 = -\bar j\), les racines primitives sixièmes de l'unité \(e^{\pm i\pi/3}\), et qu'on peut prendre l'un d'eux pour point base14 .
La conjugaison complexe, élément du groupe de Teichmüller \(\Gamma_{0,3}\), agit par \[ \tau(l_0) = l_0^{-1}, \qquad \tau(l_1) = l_1^{-1}, \qquad \tau(l_\infty) = l_1 l_0 = \mathrm{int}(l_1)(l_\infty^{-1}), \] automorphisme à lacets de multiplicateur \(-1\), avec \(\tau^2 = 1\). Il commute à \(\mathfrak{S}_3\) modulo automorphismes intérieurs, d'où une action extérieure de \(\mathfrak{S}_3 \times \{\pm 1\} = \Gamma_{0,3}\), qui est l'action canonique15 .
6–11
Les automorphismes extérieurs qui commutent à \(\mathfrak{S}_3\) (pages 6 à 11)
Normalisation. Tout automorphisme extérieur à lacets de multiplicateur \(p\) et de permutation triviale sur \(0\) se représente par un \(u\) tel que \[ (*)\qquad u(l_0) = l_0^{p}, \] et ce représentant est unique à composition près par \(\mathrm{int}(\lambda)\), \(\lambda \in L_0\), puisque le normalisateur de \(L_0\) dans \(\widehat{\pi}\) est \(L_0\)16 .
Commutation à \(\rho\). Si la classe de \(u\) commute à celle de \(\rho\), il existe un unique \(g \in \widehat{\pi}\) tel que \[ (**)\qquad u\,\rho = \mathrm{int}(g)\,\rho\, u , \] et remplacer \(u\) par \(\mathrm{int}(\lambda) u\), \(\lambda = l_0^{\alpha}\), remplace \(g\) par \[ \lambda\, g\, \rho(\lambda)^{-1} = l_0^{\alpha}\, g\, l_1^{-\alpha}, \qquad \alpha \in \widehat{\mathbb{Z}}. \] L'exposant \(\alpha\) parcourt \(\widehat{\mathbb{Z}}\), puisque \(\lambda\) parcourt \(L_0\)17 . Réciproquement, \((*)\) et \((**)\) déterminent \(u\) en fonction de \(p\) et \(g\) : \[ u(l_0) = l_0^{p}, \qquad u(l_1) = \mathrm{int}(g)(l_1^{p}), \qquad u(l_\infty) = \mathrm{int}\bigl(g\rho(g)\bigr)(l_\infty^{p}), \] car \(u(l_1) = u\rho(l_0) = \mathrm{int}(g)\rho(l_0^{p})\) et \(u(l_\infty) = u\rho(l_1) = \mathrm{int}(g)\,\mathrm{int}(\rho(g))\,\rho(l_1^{p})\) ; \((**)\) est alors vraie, les deux membres coïncidant sur \(l_0\) et \(l_1\). Pour que ces formules définissent un endomorphisme, il faut et il suffit de la relation \[ \boxed{\; l_0^{p} \cdot \mathrm{int}(g)(l_1^{p}) \cdot \mathrm{int}\bigl(g\rho(g)\bigr)(l_\infty^{p}) = 1 \;} \] soit, en développant puis en conjuguant par \(g^{-1}\), \(\mathrm{int}(g^{-1})(l_0^{p})\cdot l_1^{p} \cdot \mathrm{int}(\rho(g))(l_\infty^{p}) = 1\). Pour un automorphisme, il faut de plus que les trois images engendrent \(\widehat{\pi}\) ; « Ça semble délicat… », dit la page, et le dossier n'y revient pas18 .
Pour \(\tau\), \(p = -1\) et \(g = l_1\) : on vérifie \(\tau\rho = \mathrm{int}(l_1)\, \rho\,\tau\).
Commutation à \(\sigma_\infty\). \(\mathfrak{S}_3\) étant engendré par \(\rho\) et \(\sigma_\infty\), reste à écrire qu'il existe \(h \in \widehat{\pi}\) avec \(u\,\sigma_\infty = \mathrm{int}(h)\,\sigma_\infty\, u\), et il suffit de l'évaluer en \(l_0\) et \(l_1\). En \(l_0\) : \(\mathrm{int}(g)(l_1^{p}) = \mathrm{int}(h)(l_1^{p})\), donc \(g^{-1}h\) centralise \(l_1^{p}\), donc est dans \(L_1\) : \(h = g\, l_1^{q}\) avec \(q \in \widehat{\mathbb{Z}}\). En \(l_1\) : \(l_0^{p} = \mathrm{int}\bigl(h\,\sigma_\infty(g)\bigr)(l_0^{p})\), d'où la condition \[ \boxed{\; g\, l_1^{q}\, \sigma_\infty(g) = l_0^{r} \;} \qquad (q, r \in \widehat{\mathbb{Z}}), \] qui ne dépend que de \(g\), pas de \(p\)19 . Le changement \(g \mapsto l_0^{\alpha} g l_1^{-\alpha}\) la laisse invariante avec les mêmes \((q, r)\) — ils ne dépendent que de l'automorphisme extérieur. Pour \(\tau\), \(l_1 l_1^{q} l_0 = l_0^{r}\) donne \(q = -1\), \(r = 1\).
La note marginale de la page 9 propose d'écrire plutôt la relation sous la forme \(\sigma_\infty(g^{-1}) = l_0^{\beta} g\, l_1^{\gamma}\). Tirant \(\sigma_\infty(g) = l_1^{-q} g^{-1} l_0^{r}\) et inversant, on trouve \(\beta = -r\) et \(\gamma = q\)20 . Mieux : \(\beta = \gamma\). En appliquant l'involution \(\sigma_\infty\) à la relation, on obtient \(g\, l_1^{\beta-\gamma} g^{-1} = l_0^{\beta-\gamma}\), et dans l'abélianisé, où \(\bar l_0\) et \(\bar l_1\) sont indépendants, cela force \(\beta = \gamma\). La relation de commutation à \(\mathfrak{S}_3\) est donc \[ \sigma_\infty(g^{-1}) = l_0^{\beta}\, g\, l_1^{\beta}, \] exactement comme l'écrit la page 11, et le couple \((q, r)\) de la page 9 est un seul invariant : \(r = -q = -\beta\)21 .
Le cas discret. Pour le groupe discret \(\pi\), les seules solutions sont l'identité et \(\tau\) : le groupe des automorphismes extérieurs à lacets de \(\pi\) est \(\Gamma_{0,3}\) (Dehn–Nielsen–Baer), et le centralisateur de \(\mathfrak{S}_3\) dans \(\mathfrak{S}_3 \times \mathbb{Z}/2\) est \(\{1, \tau\}\). La page décrit la classe de \(g\) pour \(\tau\) : \(g = l_0^{a} l_1^{b}\) avec \(a + b = 1\), orbite de \(l_1\) sous \(g \mapsto l_0^{a} g l_1^{-a}\)22 .
Le groupe \(\boldsymbol{\Gamma}\). Normaliser en \(L_1\) plutôt qu'en \(L_0\) revient à remplacer \(u\) par \(\mathrm{int}(g^{-1})u\), et \(g\) par \(\rho(g)\) : on vérifie \(\mathrm{int}(g^{-1})u\,\rho = \mathrm{int}(\rho(g))\,\rho\, \mathrm{int}(g^{-1})u\). Sur le groupe \(\boldsymbol{\Gamma}\) des automorphismes extérieurs à lacets commutant à \(\mathfrak{S}_3\) on a donc le multiplicateur \(\chi : \boldsymbol{\Gamma} \to \widehat{\mathbb{Z}}^{*}\), l'invariant \(\beta\) à valeurs dans \(\widehat{\mathbb{Z}}\), et la classe \(\gamma(u)\) de \(g\) dans l'ensemble des orbites de \(\widehat{\mathbb{Z}}\) agissant sur \(\widehat{\pi}\) par \(\varphi(\alpha)\cdot g = l_0^{\alpha} g\, l_1^{-\alpha}\). L'application \[ (\gamma, \chi) : \boldsymbol{\Gamma} \longrightarrow \widehat{\pi}/\varphi(\widehat{\mathbb{Z}}) \times \widehat{\mathbb{Z}}^{*} \] est injective, puisque \((p, g)\) détermine \(u\), et son image est formée des \((g, p)\) satisfaisant les deux relations encadrées (et la condition de génération)23 .
On reconnaît là, vingt ans avant, la forme des deux premières relations de définition du groupe de Grothendieck–Teichmüller \(\widehat{GT}\) : dans la présentation de Drinfeld (1990), un élément \((\lambda, f)\) agit par \(x \mapsto x^{\lambda}\), \(y \mapsto f^{-1} y^{\lambda} f\), et ses relations (I) et (II) traduisent la commutation, modulo automorphismes intérieurs, à la transposition \(x \leftrightarrow y\) et à la permutation circulaire24 .
11–14
Les racines quasi-carrées \(\varepsilon_i\) (pages 11 à 14)
Dans l'extension de \(\mathfrak{S}_3\) par \(\widehat{\pi}\) que forment, dans \(\mathrm{Aut}(\widehat{\pi})\), les \(\mathrm{int}(g)\) et les \(\sigma_i\), la page cherche de « plus jolis générateurs » que les six \(l_i, \sigma_i\) : pour chaque \(i\), un élément \(\varepsilon_i\) au-dessus de \(\sigma_i\), qui fixe \(l_i\) et dont le carré est \(l_i\). Puisque \(\mathrm{int}(l_0)\sigma_\infty\) fixe \(l_\infty\), on cherche \(\varepsilon_\infty = l_0\,\sigma_\infty\, l_\infty^{\alpha}\), et \(\varepsilon_\infty^2 = l_\infty\) impose \(\alpha = 1\)25 . D'où, par \(\rho\), \[ \varepsilon_\infty = l_0\,\sigma_\infty\, l_\infty, \qquad \varepsilon_0 = l_1\,\sigma_0\, l_0, \qquad \varepsilon_1 = l_\infty\,\sigma_1\, l_1, \qquad \varepsilon_i^2 = l_i, \] et \(\rho\,\varepsilon_i\,\rho^{-1} = \varepsilon_{\rho(i)}\). On a en retour \(\sigma_0 = \varepsilon_0 \varepsilon_1^2\), \(\sigma_1 = \varepsilon_1 \varepsilon_\infty^2\), \(\sigma_\infty = \varepsilon_\infty \varepsilon_0^2\), et les relations \[ \varepsilon_0^2\,\varepsilon_1^2\,\varepsilon_\infty^2 = 1, \qquad (\varepsilon_0\varepsilon_1^2)^2 = (\varepsilon_1\varepsilon_\infty^2)^2 = (\varepsilon_\infty\varepsilon_0^2)^2 = 1 . \] De \(\rho = l_1\sigma_0\sigma_1\) on tire \(\rho = \varepsilon_1^2\,\varepsilon_0\, \varepsilon_1\, \varepsilon_0^{-2}\), et ses deux conjugués circulaires. En multipliant les trois expressions et en écrivant \(\rho^3 = 1\), on trouve \[ (\varepsilon_0\,\varepsilon_1\,\varepsilon_\infty)^2 = 1 . \]
La page juge cela « inquiétant, car il n'y a pas d'élément d'ordre fini dans le groupe discret », en conclut \(\varepsilon_0\varepsilon_1\varepsilon_\infty = 1\), puis \(\sigma_\infty\sigma_1\sigma_0 = 1\), « relation inattendue » — et barre tout ce passage. Il a raison de le barrer : les deux relations sont fausses. Le produit \(\varepsilon_0\varepsilon_1\varepsilon_\infty\) n'est pas dans \(\widehat{\pi}\), il est au-dessus de la transposition \(\sigma_0\sigma_1 \sigma_\infty = \sigma_1\), et une extension de \(\mathfrak{S}_3\) a bien des éléments d'ordre \(2\) ; en fait \[ \varepsilon_0\,\varepsilon_1\,\varepsilon_\infty = \sigma_1 , \] comme le dit la ligne non barrée qui suit (« Sans doute \(\varepsilon_0\varepsilon_1\varepsilon_\infty = \sigma_1\) »), et \(\sigma_\infty\sigma_1\sigma_0\) est une transposition, non l'identité. Avec \(\sigma_1 = \varepsilon_1\varepsilon_\infty^2\), cette égalité équivaut à \(\varepsilon_0 = \varepsilon_1\varepsilon_\infty\varepsilon_1^{-1}\), et l'on a de même \[ \varepsilon_0 = \varepsilon_1\,\varepsilon_\infty\,\varepsilon_1^{-1}, \qquad \varepsilon_1 = \varepsilon_\infty\,\varepsilon_0\,\varepsilon_\infty^{-1}, \qquad \varepsilon_\infty = \varepsilon_0\,\varepsilon_1\,\varepsilon_0^{-1}, \] les trois relations que la page écrit à sa dernière ligne avant la critique26 .
14–22
Seconde rédaction : l'extension discrète \(\mathcal{E}_{0,3}\) (pages 14 à 22)
14–16
La critique, et la géométrie de la sphère (pages 14 à 16)
« Critique des notations et de l'approche » : les éléments \(l_i\), \(\sigma_i\), \(\varepsilon_i\), \(\rho\) vivent dans le groupe discret, qu'il faut distinguer du groupe profini, et pour le groupe discret — et, dans une certaine mesure, pour le profini — il faut utiliser le langage géométrique du groupoïde fondamental.
On munit \(\mathbb{P}^1(\mathbb{C})\) de sa structure de sphère orientée pour laquelle \(\rho\) est la rotation d'angle \(+2\pi/3\) autour de l'axe \(P\overline{P}\), où \(P, \overline{P} = e^{\pm i\pi/3}\) sont ses deux points fixes ; les \(\sigma_i\) sont les demi-tours autour des axes \((0, 2)\), \((1, -1)\) et \((\infty, \frac12)\), et \(\tau\) la symétrie par rapport au plan du cercle réel. On pose \(U = U_{0,3} = \mathbb{P}^1(\mathbb{C}) \setminus \{0, 1, \infty\}\) et \(\pi = \pi_1(U, P)\).
Le groupe fondamental mixte. L'extension \(\mathcal{E} = \pi_1(U, \Gamma; P)\) de \(\Gamma = \mathfrak{S}_3 \times \mathbb{Z}/2\) par \(\pi\) est définie « à la Malgoire » : ses éléments sont les couples \((\gamma, l)\) d'un \(\gamma \in \Gamma\) et d'une classe d'homotopie de chemins \(l\) de \(P\) à \(\gamma^{-1}(P)\), avec \[ (\gamma, l)(\gamma', l') = \bigl(\gamma\gamma',\; \gamma'^{-1}(l) \circ l'\bigr), \] les chemins se composant comme des fonctions27 . C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le groupe fondamental orbifold (ou équivariant) de \(U\) sous \(\Gamma\) : le \(\pi_1\) de la construction de Borel \(U_{h\Gamma}\), qui s'insère dans \(1 \to \pi \to \mathcal{E} \to \Gamma \to 1\). Comme \(\pi\) est de centre trivial et que le centralisateur de \(\pi\) dans \(\mathcal{E}\) est trivial, \(\mathcal{E}\) se plonge dans \(\mathrm{Aut}(\pi)\), et c'est là qu'on vérifie les relations ci-dessous.
Les lacets. On relève les \(\sigma_i\) en des éléments de \(\mathcal{E}\) en les accompagnant du demi-grand cercle de \(P\) à \(\overline{P} = \sigma_i(P)\) fixé par la symétrie \(\tau\sigma_i\) ; \(\rho\) se relève avec le chemin constant. Soit \(l_i\) le lacet de \(P\) qui va vers \(i\) par un arc de grand cercle, en fait le tour dans le sens direct et revient. Alors \[ (1)\qquad l_\infty\, l_1\, l_0 = 1, \] « et non \(l_0 l_1 l_\infty = 1\) ! » : la composition « comme des fonctions » renverse l'ordre de la première rédaction.
17–19
Présentation de \(\mathcal{E}^{+}\), et les \(\varepsilon_i\) revus (pages 17 à 19)
On note \(\mathcal{E}^{+}\) l'image inverse de \(\mathfrak{S}_3\). Les relevés satisfont \[ (2)\qquad \sigma_0^2 = \sigma_1^2 = \sigma_\infty^2 = 1, \qquad \sigma_0\sigma_1 = \rho\, l_0, \quad \sigma_1\sigma_\infty = \rho\, l_1, \quad \sigma_\infty\sigma_0 = \rho\, l_\infty, \] avec \(\rho\sigma_i\rho^{-1} = \sigma_{\rho(i)}\), et les conjugaisons \[ (7)\qquad \mathrm{int}(\rho)(l_i) = l_{\rho(i)}, \qquad \mathrm{int}(\sigma_0) : l_1 \leftrightarrow l_\infty,\; l_0 \mapsto l_\infty^{-1} l_1^{-1} = \mathrm{int}(l_1)(l_0), \] et de même, par \(\rho\), pour \(\sigma_1\) et \(\sigma_\infty\)28 .
On ne voit pas d'expression de \(\rho\) par les seuls \(\sigma_i\), et pour cause : une première affirmation, que les relations d'une présentation de \(\mathfrak{S}_3\) jointes à (1) et (2) présentent \(\mathcal{E}^{+}\), est barrée et jugée « fausse » en marge. La page 19 propose alors : générateurs \(\sigma_0, \sigma_1, \sigma_\infty, \rho\), et relations \[ (4)\quad (\rho^{-1}\sigma_\infty\sigma_0)(\rho^{-1}\sigma_1\sigma_\infty) (\rho^{-1}\sigma_0\sigma_1) = 1, \qquad (5)\quad \sigma_0^2 = \sigma_1^2 = \sigma_\infty^2 = 1, \qquad (6)\quad \rho^3 = 1, \] où (4) est (1) après élimination des \(l_i\) par (2). Ces relations sont vraies dans \(\mathcal{E}^{+}\), mais elles ne le présentent pas : le groupe qu'elles définissent a pour abélianisé \((\mathbb{Z}/2)^3 \times \mathbb{Z}/3\), alors que celui de \(\mathcal{E}^{+}\) est \(\mathbb{Z}/6\). Il faut ajouter les relations \(\rho\sigma_i\rho^{-1} = \sigma_{\rho(i)}\) — ce que dit la note marginale de la même page (« Il faut ajouter la relation … \(\rho\sigma_0\rho^{-1} = \sigma_1\) »). Elles rendent \(\sigma_1, \sigma_\infty\) superflus, et (4) devient alors conséquence de \(\sigma_0^2 = \rho^3 = 1\) ; il reste \[ \mathcal{E}^{+} = \langle\, \sigma_0, \rho \mid \sigma_0^2 = \rho^3 = 1 \,\rangle \simeq \mathbb{Z}/2 * \mathbb{Z}/3 \simeq PSL_2(\mathbb{Z}) . \] En effet, la fonction modulaire \(\lambda\) identifie \(U\) au quotient du demi-plan de Poincaré par l'image \(\overline{\Gamma(2)}\) du sous-groupe de congruence \(\Gamma(2)\), et l'action anharmonique de \(\mathfrak{S}_3\) sur \(U\) à celle de \(PSL_2(\mathbb{Z})/\overline{\Gamma(2)} \simeq PSL_2(\mathbb{F}_2)\) ; le groupe des relèvements au demi-plan, qui est \(\mathcal{E}^{+}\), est donc \(PSL_2(\mathbb{Z})\). Celui-ci est engendré par \(\sigma_0\) et \(\rho\), ce qui donne une surjection de \(\mathbb{Z}/2 * \mathbb{Z}/3\) sur un groupe qui lui est isomorphe ; comme il est de type fini et résiduellement fini, donc hopfien, c'est un isomorphisme29 .
Les \(\varepsilon_i\), seconde version (page 18). Dans les nouvelles conventions, \[ (8)\qquad \varepsilon_0 = l_0\,\sigma_0\, l_1, \qquad \varepsilon_1 = l_1\,\sigma_1\, l_\infty, \qquad \varepsilon_\infty = l_\infty\,\sigma_\infty\, l_0, \] avec \(\varepsilon_i^2 = l_i\) (la page le vérifie pour \(\varepsilon_0\), par \(\sigma_0(l_1 l_0) = l_1^{-1}\)) et \(\rho\varepsilon_i\rho^{-1} = \varepsilon_{\rho(i)}\)30 . On a aussi \(\varepsilon_1 = \sigma_0\,\rho\) : les \(\varepsilon_i\) sont, dans \(PSL_2(\mathbb{Z})\), les générateurs paraboliques des stabilisateurs de pointes, dont les carrés engendrent ceux de \(\overline{\Gamma(2)}\) — c'est pourquoi ils sont « racines carrées » des lacets. Le calcul de la page donne \[ (9)\qquad \varepsilon_0\varepsilon_1 = l_0\, l_\infty^2\, \rho\, l_0\, l_\infty, \qquad \varepsilon_1\varepsilon_\infty = l_1\, l_0^2\, \rho\, l_1\, l_0, \qquad \varepsilon_\infty\varepsilon_0 = l_\infty\, l_1^2\, \rho\, l_\infty\, l_1, \] et, en éliminant les \(l_i = \varepsilon_i^2\), la page 21 écrit le système \[ (10)\qquad \rho^3 = 1, \quad \varepsilon_\infty^2\varepsilon_1^2\varepsilon_0^2 = 1, \quad \begin{aligned} \varepsilon_1 &= \varepsilon_0\,\varepsilon_\infty^{4}\,\rho\,\varepsilon_0^{2}\,\varepsilon_\infty^{2},\\ \varepsilon_\infty &= \varepsilon_1\,\varepsilon_0^{4}\,\rho\,\varepsilon_1^{2}\,\varepsilon_0^{2},\\ \varepsilon_0 &= \varepsilon_\infty\,\varepsilon_1^{4}\,\rho\,\varepsilon_\infty^{2}\,\varepsilon_1^{2}, \end{aligned} \] qui est exactement (1) et (9) récrits31 . La note marginale de la page 21 demande d'y ajouter « (au moins !) » les relations \(\rho\varepsilon_0\rho^{-1} = \varepsilon_1\), etc. ; avec elles, \(\mathcal{E}^{+} = \langle \varepsilon_1, \rho \mid \rho^3 = (\varepsilon_1\rho^{-1})^2 = 1 \rangle\), puisque \(\sigma_0 = \varepsilon_1\rho^{-1}\).
20–21
Le relèvement canonique du stabilisateur de \(P\) (pages 21 et 20)
Le stabilisateur de \(P\) dans \(\Gamma\) est d'ordre \(6\) : \(\{1, \dot\rho, \dot\rho^2, \dot\sigma_0\tau, \dot\sigma_1\tau, \dot\sigma_\infty\tau\}\), car les \(\sigma_i\) et \(\tau\) échangent \(P\) et \(\overline{P}\). C'est l'image de la section \[ (11)\qquad \varphi : \mathfrak{S}_3 \longrightarrow \Gamma, \qquad \sigma \longmapsto \bigl(\sigma, \tau^{\,(1-\operatorname{sg}\sigma)/2}\bigr), \] qu'on note \(\Gamma_P\). Puisque \(P\) est fixe, ses éléments se relèvent canoniquement dans \(\mathcal{E}\), avec le chemin constant : \[ (12)\qquad \sigma \longmapsto \tilde\sigma : \mathfrak{S}_3 \longrightarrow \mathcal{E}, \qquad \tilde\rho = \rho, \] et \(\tilde\sigma_i\) est la symétrie par rapport au plan \((P, \overline{P}, i)\). On a donc \[ (13)\qquad \tilde\sigma_0^2 = \tilde\sigma_1^2 = \tilde\sigma_\infty^2 = 1, \qquad \tilde\sigma_0\tilde\sigma_1 = \tilde\sigma_1\tilde\sigma_\infty = \tilde\sigma_\infty\tilde\sigma_0 = \rho, \] d'où \(\rho^3 = 1\), et l'image inverse de \(\Gamma_P\) dans \(\mathcal{E}\) est le produit semi-direct \(\pi \rtimes \mathfrak{S}_3\)32 . Les \(\tilde\sigma_i\) renversent l'orientation, donc les lacets : \[ (14)\qquad \tilde\sigma_0\, l_0\, \tilde\sigma_0^{-1} = l_0^{-1}, \qquad \tilde\sigma_0\, l_1\, \tilde\sigma_0^{-1} = l_\infty^{-1}, \qquad \tilde\sigma_0\, l_\infty\, \tilde\sigma_0^{-1} = l_1^{-1}, \] et de même, par \(\rho\), pour \(\tilde\sigma_1, \tilde\sigma_\infty\). Les relations (13), (14) et (1) présentent cette image inverse. Enfin \[ (15)\qquad \tau_i = \sigma_i\,\tilde\sigma_i = \tilde\sigma_i\,\sigma_i \qquad (i = 0, 1, \infty), \qquad (16)\qquad \tau_i^2 = 1, \] trois relevés de \(\tau\) dans \(\mathcal{E}\), avec \(\rho\,\tau_i\,\rho^{-1} = \tau_{\rho(i)}\)33 .
22–22
Le groupe cartographique (page 22)
L'image inverse \(\mathcal{E}_\tau\) de \(\{1, \tau\}\) est engendrée par \(\tau_0, \tau_1, \tau_\infty\), avec \[ (17)\qquad l_0 = \tau_\infty\,\tau_1, \qquad l_1 = \tau_0\,\tau_\infty, \qquad l_\infty = \tau_1\,\tau_0, \] et les seules relations (16) : \(\mathcal{E}_\tau \simeq \mathbb{Z}/2 * \mathbb{Z}/2 * \mathbb{Z}/2\), et \(\pi\) est le noyau du morphisme \(\tau_i \mapsto -1\) vers \(\{\pm 1\}\), libre sur les \(l_i\) définis par (17). C'est le « groupe cartographique de Malgoire » : le groupe qui décrit les cartes tracées sur une surface par son action sur les drapeaux, et dont le sous-groupe d'indice \(2\) des mots de longueur paire est \(\pi_{0,3}\)34 .
22–25
Le complété et les automorphismes à lacets (pages 22 à 25)
Soit \(\widehat{\mathcal{E}}\) le complété profini de \(\mathcal{E}\), extension de \(\widehat{\Gamma} = \Gamma\) par \(\widehat{\pi}\), et \(\hat{\hat{\mathcal{E}}} = \mathrm{Aut}_{\mathrm{lac}}(\widehat{\pi})\), extension de \(\hat{\hat\Gamma} = \mathrm{Out}_{\mathrm{lac}}(\widehat{\pi})\) par \(\widehat{\pi}\) : \[ (18)\qquad 1 \longrightarrow \widehat{\pi} \longrightarrow \hat{\hat{\mathcal{E}}} \longrightarrow \hat{\hat\Gamma} \longrightarrow 1, \] qui contient \(\widehat{\mathcal{E}}\) comme sous-extension. Soit \(\boldsymbol{\Gamma}\) le centralisateur de \(\mathfrak{S}_3\) dans \(\hat{\hat\Gamma}\) — le groupe des pages 6 à 11 — et \(\mathbf{E}\) son image inverse dans \(\hat{\hat{\mathcal{E}}}\). Alors \(\Gamma \cap \boldsymbol{\Gamma} = \{1, \tau\}\) et \(\boldsymbol{\Gamma} \cap \mathfrak{S}_3 = \{1\}\), puisque \(\mathfrak{S}_3\) est de centre trivial35 .
Un élément de \(\boldsymbol{\Gamma}\) agit trivialement sur les trois classes d'inertie (sa permutation commute à tout \(\mathfrak{S}_3\)), donc \(\boldsymbol{\Gamma} \subset \hat{\hat\Gamma}^{!}\), la partie pure ; et comme \(\mathfrak{S}_3\) se relève dans \(\hat{\hat\Gamma}\), \(\hat{\hat\Gamma} = \hat{\hat\Gamma}^{!} \rtimes \mathfrak{S}_3 \supset \mathfrak{S}_3 \times \boldsymbol{\Gamma}\). La note marginale de la page 23 dit : « j'ignore si elles coïncident », c'est-à-dire si \(\boldsymbol{\Gamma} = \hat{\hat\Gamma}^{!}\) — si tout automorphisme extérieur à lacets pur commute à \(\mathfrak{S}_3\). Le dossier ne tranche pas, et nous non plus36 .
Description symétrique. Pour décrire \(\hat{\hat{\mathcal{E}}}^{!}\) sans privilégier \(L_0\), on donne \(u\) par son multiplicateur et trois éléments : \[ (19)\quad p = \chi(u) \in \widehat{\mathbb{Z}}^{*}, \qquad (20)\quad g_i \in \widehat{\pi}, \qquad (21)\quad u(l_i) = \mathrm{int}(g_i)(l_i^{p}) \quad (i = 0, 1, \infty), \] liés par \[ (22)\qquad \mathrm{int}(g_\infty)(l_\infty^{p})\cdot \mathrm{int}(g_1)(l_1^{p})\cdot \mathrm{int}(g_0)(l_0^{p}) = 1, \] et par la condition que les trois facteurs engendrent \(\widehat{\pi}\)37 . Pour \(u\) donné, \(p\) est unique et chaque \(g_i\) est défini à multiplication à droite près par un élément de \(L_i\) ; composer \(u\) avec \(\mathrm{int}(g)\) garde \(p\) et remplace les \(g_i\) par les \(g\,g_i\)38 . Si \(v\) est donné par \(q\) et \((h_i)\), \[ (23)\qquad vu(l_i) = \mathrm{int}\bigl(v(g_i)\, h_i\bigr)(l_i^{pq}). \]
L'extension \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}^{!}\). Soit \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}^{!}\) le groupe des systèmes \((p, g_0, g_1, g_\infty) \in \widehat{\mathbb{Z}}^{*} \times \widehat{\pi}^{\{0, 1, \infty\}}\) satisfaisant (22) et la condition de génération, avec la loi que donne (23). C'est une extension de \(\hat{\hat{\mathcal{E}}}^{!}\) par \(\widehat{\mathbb{Z}}^{\{0,1,\infty\}}\) (le choix des \(g_i\) modulo \(L_i\)), et les trois fonctions \(\gamma_i : (u, (g_j)) \mapsto g_i\) satisfont \[ (24)\qquad \gamma_i(\tilde v\tilde u) = \tilde v\bigl(\gamma_i(\tilde u)\bigr)\, \gamma_i(\tilde v) : \] \((\gamma_i)\) est un \(1\)-cocycle de \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}^{!}\) à valeurs dans \(\widehat{\pi}^{\{0,1,\infty\}}\)39 . Le noyau de \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}^{!} \to \mathrm{Out}^{!}_{\mathrm{lac}}(\widehat{\pi})\) s'identifie au produit \[ \widehat{\pi} \times \prod_{i} L_i \simeq \widehat{\pi} \times \widehat{\mathbb{Z}}^{\{0,1,\infty\}}, \qquad (g, (\alpha_i)) \longmapsto \bigl(1, (g\, l_i^{\alpha_i})_i\bigr). \]
La page 25 se donne pour tâche d'expliciter l'action des \(\sigma_i\), des \(\varepsilon_i\) et de \(\rho\) sur ces groupes, et en particulier la « covariance » des \(\gamma_i\) par \(\rho\). La formule juste est celle que donnera (15) à la page 36 : \[ \gamma_{\rho(i)}\bigl(\tilde\rho\,\tilde u\,\tilde\rho^{-1}\bigr) = \rho\bigl(\gamma_i(\tilde u)\bigr). \] C'est la forme que prend la covariance40 . Une note marginale annonce aussi le groupe \(S\widehat{\mathcal{E}}\), extension de \(\widehat{\mathcal{E}}\) par \(\widehat{\mathbb{Z}}^{\{0,1,\infty\}}\), et les relèvements des \(\sigma_i\) et de \(\rho\) dans ce groupe.
26–31
Scindages partiels et présentations de \(\mathcal{E}\) (pages 26 à 31)
26–28
Les sous-groupes finis, point fixe par point fixe (pages 26 à 28)
Les classes de conjugaison de scindages partiels maximaux de \(\mathcal{E}\) — de ses sous-groupes finis maximaux — correspondent aux points de \(U\) fixés par un élément non trivial de \(\Gamma\), et aux composantes connexes des lieux fixes des involutions antiholomorphes41 . La page les passe en revue.
- Les points \(P\), \(\overline{P}\), fixes de \(\dot\rho\), de stabilisateur \(\Gamma_P\) d'ordre \(6\). Le relèvement correspondant est celui des pages 21 et 20 ; ceux relatifs à \(\overline{P}\) s'en déduisent en conjuguant par un élément de \(\mathcal{E}\) au-dessus d'un élément de \(\Gamma\) qui envoie \(P\) sur \(\overline{P}\) (\(\dot\sigma_i\), \(\tau\), \(\tau\dot\rho\), \(\tau\dot\rho^2\)).
- Les points \(0' = 2\), \(1' = -1\), \(\infty' = \frac12\), seuls points fixes dans \(U\) de \(\dot\sigma_0, \dot\sigma_1, \dot\sigma_\infty\) (l'autre point fixe, \(0\), \(1\) ou \(\infty\), est ôté). Leurs stabilisateurs \(\Gamma_{i'} = \langle \dot\sigma_i, \tau\rangle \simeq \mathbb{Z}/2 \times \mathbb{Z}/2\) se relèvent par \(\dot\sigma_i \mapsto \sigma_i\), \(\tau \mapsto \tau_i\) ; pour \(0'\), le chemin est le quart de grand cercle qui joint \(P\) au milieu \(2\) de l'arc \((1, \infty)\) opposé à \(0\)42 .
- Le lieu fixe de \(\tau\) : \(U^{\tau}\) a trois composantes, les arcs \((0,1)\), \((1,\infty)\), \((\infty, 0)\) du cercle réel, contenant chacun un seul des points \(\infty', 0', 1'\) ; les relèvements correspondants de \(\{1, \tau\}\) sont \(\tau_\infty\), \(\tau_0\), \(\tau_1\), et ne donnent rien de nouveau.
- Le lieu fixe de \(\tau\dot\sigma_1\), \(z \mapsto 1/\bar z\) : c'est \(\{|z| = 1\} \setminus \{1\}\), connexe, contenant \(P\) et \(\overline{P}\) ; il redonne le relèvement \(\tilde\sigma_1\) de \(\dot\sigma_1\tau\). De même, par \(\rho\), pour \(\tau\dot\sigma_\infty\) et \(\tau\dot\sigma_0\).
28–30
Présentations de \(\mathcal{E}\) (pages 28 à 30)
Un premier essai, par un générateur \(\rho'\) d'ordre \(6\) avec \(\rho'^3 = \tau\), est barré43 . La page 29 part de la présentation de \(\Gamma\) par \(\dot\sigma_0, \dot\sigma_1, \dot\sigma_\infty, \dot\rho, \tau\) et relève en \(\sigma_i, \rho, \tau_i\). Les relations vraies dans \(\mathcal{E}\) sont \[ \begin{gathered} \sigma_i^2 = \tau_i^2 = 1, \qquad \rho^3 = 1, \qquad \rho\,\tau_i\,\rho^{-1} = \tau_{\rho(i)}, \qquad \rho\,\sigma_i\,\rho^{-1} = \sigma_{\rho(i)}, \qquad \tau_i\,\sigma_i = \sigma_i\,\tau_i, \\ \sigma_0\sigma_1 = \rho\,\tau_\infty\tau_1 = \tau_0\tau_\infty\,\rho, \qquad \sigma_1\sigma_\infty = \tau_1\tau_0\,\rho, \qquad \sigma_\infty\sigma_0 = \tau_\infty\tau_1\,\rho, \end{gathered} \] la dernière ligne étant (2) récrite par (17), \(\rho\, l_0 = l_1\,\rho\)44 .
La page 30 réduit les générateurs à \(\rho, \sigma_0, \tau_0\), les autres s'en déduisant par conjugaison par \(\rho\). La relation qui reste, tirée de \(\sigma_0\sigma_1 = \rho\,\tau_\infty\tau_1\) avec \(\sigma_1 = \rho\sigma_0 \rho^{-1}\), \(\tau_\infty = \rho^2\tau_0\rho^{-2}\), \(\tau_1 = \rho\tau_0\rho^{-1}\), est \[ \sigma_0\,\rho\,\sigma_0\,\rho^{-1} = \tau_0\,\rho^{-1}\,\tau_0\,\rho^{-1}, \qquad \text{soit} \qquad (\sigma_0\,\tau_0\,\rho)^2 = 1 , \] et \[ \mathcal{E} = \bigl\langle\, \rho, \sigma_0, \tau_0 \bigm| \sigma_0^2 = \tau_0^2 = (\sigma_0\tau_0)^2 = \rho^3 = (\sigma_0\tau_0\rho)^2 = 1 \,\bigr\rangle , \] quotient du produit libre \((\mathbb{Z}/2 \times \mathbb{Z}/2) * \mathbb{Z}/3\) par une seule relation, comme le dit la page45 . Avec \(a = \tau_0\), \(b = \tilde\sigma_0 = \sigma_0\tau_0\) et \(c = \tilde\sigma_1 = \tilde\sigma_0\,\rho\), c'est la présentation du groupe de Coxeter \(\langle a, b, c \mid a^2, b^2, c^2, (ab)^2, (bc)^3 \rangle\) du triangle d'angles \(\pi/2, \pi/3, 0\), c'est-à-dire du groupe modulaire étendu \(PGL_2(\mathbb{Z})\). En effet, les relations valant dans \(\mathcal{E}\), on a un morphisme surjectif de ce groupe de Coxeter sur \(\mathcal{E}\) ; il envoie le sous-groupe d'indice \(2\) des mots pairs, engendré par \(ab = \sigma_0\) et \(bc = \rho\) et classiquement isomorphe à \(\mathbb{Z}/2 * \mathbb{Z}/3\), isomorphiquement sur \(\mathcal{E}^{+}\) (page 19), et il est compatible aux deux morphismes vers \(\mathbb{Z}/2\) ; c'est donc un isomorphisme46 .
La page remarque enfin une symétrie qui échange \(\sigma_0\) et \(\tau_0\), et \(\rho\) et \(\rho^{-1}\) ; elle respecte bien les relations ci-dessus, puisque \(\tilde\sigma_0\) conjugue \(\rho\) en \(\rho^{-1}\). Mais elle n'est pas compatible avec la structure d'extension : si elle préservait \(\pi\), elle induirait sur \(\Gamma\) un automorphisme échangeant \(\tau\), central, et \(\dot\sigma_0\), qui ne l'est pas47 .
31–31
L'extension \(S\Gamma\) (page 31)
Il faudrait encore expliciter l'extension \(S\Gamma = S\Gamma_{0,3}\) de \(\Gamma\) par \(\mathbb{Z}^{\{0,1,\infty\}}\), d'où, par produit fibré, \(S\mathcal{E} = S\Gamma \times_\Gamma \mathcal{E}\). La page s'arrête là ; la suite (pages 32 à 37) construit d'abord le groupe complété et revient à \(S\mathcal{E}\) par restriction.
32–37
Le groupe \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}\) (pages 32 à 37)
32–33
Coordonnées et loi de groupe (pages 32 et 33)
« (2) Le groupe \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}\) » : c'est l'ensemble des systèmes \[ (1)\qquad \tilde u = (p, \sigma, g_0, g_1, g_\infty), \qquad p \in \widehat{\mathbb{Z}}^{*},\ \sigma \in \mathfrak{S}_3,\ g_i \in \widehat{\pi}, \] satisfaisant \[ (2)\qquad \mathrm{int}(g_\infty)(l_{\sigma(\infty)}^{p}) \cdot \mathrm{int}(g_1)(l_{\sigma(1)}^{p}) \cdot \mathrm{int}(g_0)(l_{\sigma(0)}^{p}) = 1, \] et tels que les trois facteurs engendrent \(\widehat{\pi}\) ; à \(\tilde u\) est associé l'automorphisme à lacets \[ (3)\qquad u(l_i) = \mathrm{int}(g_i)(l_{\sigma(i)}^{p}), \qquad (4)\qquad S\hat{\hat{\mathcal{E}}} \longrightarrow \hat{\hat{\mathcal{E}}} = \mathrm{Aut}_{\mathrm{lac}}(\widehat{\pi}), \quad \tilde u \mapsto u . \] Le morphisme \[ (5)\qquad i : \widehat{\pi} \times \widehat{\mathbb{Z}}^{\{0,1,\infty\}} \longrightarrow S\hat{\hat{\mathcal{E}}}, \qquad (6)\qquad i(g; \alpha_0, \alpha_1, \alpha_\infty) = (1, 1, g\, l_0^{\alpha_0}, g\, l_1^{\alpha_1}, g\, l_\infty^{\alpha_\infty}), \] est un homomorphisme injectif du produit direct, et (7) l'image de \(i(g; \alpha)\) par (4) est \(\mathrm{int}(g)\). Donc (4) est surjectif, de noyau \(i(\{1\} \times \widehat{\mathbb{Z}}^{\{0,1,\infty\}})\), et \(i(\widehat{\pi} \times \widehat{\mathbb{Z}}^{\{0,1,\infty\}})\) est le noyau du composé \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}} \to \mathrm{Out}_{\mathrm{lac}}(\widehat{\pi})\)48 . La multiplication est \[ (8)\qquad (p, \sigma, g_0, g_1, g_\infty)\,(p', \sigma', g'_0, g'_1, g'_\infty) = \bigl(pp',\ \sigma\sigma',\ (u(g'_i)\, g_{\sigma'(i)})_{i}\bigr), \] comme on le vérifie en appliquant \(u\) à \(u'(l_i) = \mathrm{int}(g'_i) (l_{\sigma'(i)}^{p'})\). Elle n'est pas « entièrement explicite », note la page, puisqu'elle fait intervenir \(u(g'_i)\), calculable seulement quand \(g'_i\) est donné comme un mot (ou une limite de mots) en les \(l_j\). Elle l'est quand le premier facteur est dans l'image de \(i\) : \[ (9)\qquad i(g; \alpha)\,(p, \sigma, g_i) = \bigl(p, \sigma, (g\, g_i\, l_{\sigma(i)}^{\alpha_{\sigma(i)}})_i\bigr), \] ce qui pour \(\sigma = 1\) donne (9') \((p, 1, (g\, g_i\, l_i^{\alpha_i})_i)\) ; et l'action de \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}\) par conjugaison sur l'image de \(i\) ne dépend que de \(u\) : \[ (10)\qquad \tilde u\; i(g; \alpha_0, \alpha_1, \alpha_\infty)\; \tilde u^{-1} = i\bigl(u(g);\ p\,\alpha_{\sigma^{-1}(0)},\ p\,\alpha_{\sigma^{-1}(1)},\ p\,\alpha_{\sigma^{-1}(\infty)}\bigr), \] avec la même réserve sur l'explicitation de \(u(g)\)49 . En particulier \(i(\widehat{\pi})\) est distingué, et le quotient \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}/i(\widehat{\pi})\) est une extension de \(\mathrm{Out}_{\mathrm{lac}}(\widehat{\pi})\) par \(\widehat{\mathbb{Z}}^{\{0,1,\infty\}}\) dont \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}\) est le produit fibré avec \(\hat{\hat{\mathcal{E}}}\) : c'est la forme complétée du \(S\mathcal{E} = S\Gamma \times_\Gamma \mathcal{E}\) de la page 3150 .
34–35
Les rectificateurs triviaux (pages 34 et 35)
On regarde la partie \(S\widehat{\mathcal{E}}\) de \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}\) au-dessus de \(\Gamma \subset \hat{\hat\Gamma}\), et les éléments \(\rho\), \(\sigma_i\), \(\tau_i\), qui sont même dans \(\mathcal{E}\). Le relèvement multiplicatif \(\dot\rho \mapsto \rho\), \(\dot\sigma_0\tau \mapsto \tilde\sigma_0 = \sigma_0\tau_0\) de \(\Gamma_P\) dans \(\mathcal{E}\) se remonte à \(S\mathcal{E}\) par \[ (11)\qquad \varphi : \Gamma_P \longrightarrow S\mathcal{E}, \qquad (12)\qquad \begin{aligned} \dot\rho &\longmapsto (1, \rho, 1, 1, 1) =: \tilde\rho,\\ (\dot\sigma_i, \tau) &\longmapsto (-1, \sigma_i, 1, 1, 1) =: \tilde\sigma'_i , \end{aligned} \] où \(\tilde\rho\) est la permutation \(l_i \mapsto l_{\rho(i)}\) et \(\tilde\sigma'_i\) l'automorphisme \(l_j \mapsto l_{\sigma_i(j)}^{-1}\) — pour \(i = 0\), celui de (14)51 .
L'ensemble des \((p, \sigma, 1, 1, 1)\) est un sous-groupe (par (8)), formé des \((p, \sigma)\) tels que \[ (13)\qquad l_{\sigma(\infty)}^{p}\, l_{\sigma(1)}^{p}\, l_{\sigma(0)}^{p} = 1 \] — c'est (2) avec \(g_i = 1\)52 . Dans \(S\mathcal{E}\), où \(p = \pm 1\), les solutions sont exactement les \((\operatorname{sg}\sigma, \sigma)\) : pour \(p = 1\), il faut que \((\sigma(\infty), \sigma(1), \sigma(0))\) soit une permutation circulaire de \((\infty, 1, 0)\), et pour \(p = -1\), que \((\sigma(0), \sigma(1), \sigma(\infty))\) le soit. Le sous-groupe \(\tilde\Gamma_P = \varphi(\Gamma_P)\) est donc caractérisé dans \(S\mathcal{E}\) comme celui des automorphismes qui préservent \(L_0, L_1, L_\infty\), affectés des « rectificateurs » \(g_0 = g_1 = g_\infty = 1\).
L'exercice. La page conjecture (« Sans doute ») que le même résultat vaut dans \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}\), c'est-à-dire que (13) force \(p = \pm 1\), le ramène — quitte à multiplier par un \(\tilde\sigma'_i\) pour rendre \(\sigma\) paire, ce qui change \(p\) en \(-p\) — à l'énoncé : pour \(p \in \widehat{\mathbb{Z}}^{*}\), \[ (14)\qquad l_\infty^{p}\, l_1^{p}\, l_0^{p} = 1 \quad\Longrightarrow\quad p = 1, \] et le laisse en « Exercice ! ». C'est vrai, et voici une solution53 . Par (1), \(l_\infty = (l_1 l_0)^{-1}\), et (14) s'écrit \((l_1 l_0)^{p} = l_1^{p} l_0^{p}\). Si \(p \neq 1\), il existe un entier \(N \geq 3\) tel que \(p \not\equiv 1 \pmod N\). Envoyons \(l_0, l_1\) — c'est permis, \(\widehat{\pi}\) étant libre profini sur eux — sur deux réflexions \(x, y\) du groupe diédral d'ordre \(2N\) dont le produit \(r = yx\) est une rotation d'ordre \(N\). Comme \(p\) est impair, \(x^{p} = x\) et \(y^{p} = y\), donc \(l_1^{p} l_0^{p} \mapsto r\), tandis que \((l_1 l_0)^{p} \mapsto r^{p} \neq r\). Donc (14) entraîne \(p = 1\), et (13) entraîne \(p = \pm 1\) et \((\sigma, p) \in \Gamma_P\) dans \(S\hat{\hat{\mathcal{E}}}\) aussi.
36–37
Relèvements des \(2\)-Sylow ; centralisateurs de \(\tilde\rho\) et \(\tilde\sigma_0\) (pages 36 et 37)
Les \(2\)-sous-groupes de Sylow \(\langle \dot\sigma_i, \tau \rangle \simeq \mathbb{Z}/2 \times \mathbb{Z}/2\) de \(\Gamma\), qui se relèvent dans \(\mathcal{E}\) (pages 26 à 28), ne se relèvent pas dans \(S\mathcal{E}\) : déjà \(\dot\sigma_0\) ne se relève pas en un élément d'ordre \(2\). L'argument de la page est que l'extension locale en \(0\) n'est pas scindée : aucun élément d'ordre \(2\) de \(\mathcal{E}\) au-dessus de \(\dot\sigma_0\) ne centralise \(L_0\). En effet le centralisateur de \(L_0\) dans \(\mathcal{E}^{+} \simeq PSL_2(\mathbb{Z})\) est le stabilisateur d'une pointe, infini cyclique engendré par \(\varepsilon_0\), sans torsion. Et si \(\tilde u = (1, \sigma_0, g_0, g_1, g_\infty)\) était d'ordre \(2\) dans \(S\mathcal{E}\), (8) donnerait \(u^2 = 1\) et \(u(g_0)\,g_0 = 1\), et \(w = \mathrm{int}(g_0^{-1})\,u\) serait un élément de \(\mathcal{E}\) au-dessus de \(\dot\sigma_0\), fixant \(l_0\), avec \(w^2 = \mathrm{int}\bigl((u(g_0)g_0)^{-1}\bigr) = 1\) — contradiction54 .
Plutôt que de présenter \(S\Gamma\) et \(S\mathcal{E}\) par générateurs et relations (« je ne vais pas m'y attarder »), la page donne l'action des automorphismes intérieurs de \(\tilde\rho\) et \(\tilde\sigma'_0\) : \[ \begin{aligned} (15)\quad & \mathrm{int}(\tilde\rho)(p, \sigma, g_0, g_1, g_\infty) = \bigl(p,\ \rho\sigma\rho^{-1},\ \rho(g_\infty),\ \rho(g_0),\ \rho(g_1)\bigr),\\ (16)\quad & \mathrm{int}(\tilde\sigma'_0)(p, \sigma, g_0, g_1, g_\infty) = \bigl(p,\ \sigma_0\sigma\sigma_0,\ \tilde\sigma_0(g_0),\ \tilde\sigma_0(g_\infty),\ \tilde\sigma_0(g_1)\bigr), \end{aligned} \] où, dans (16), \(\tilde\sigma_0\) désigne l'automorphisme (14) de \(\widehat{\pi}\) sous-jacent à \(\tilde\sigma'_0\)55 . D'où :
- a)\(\tilde u\) commute à \(\tilde\rho\) si et seulement si \(\sigma\) commute à \(\rho\), soit \(\sigma \in \mathfrak{S}_3^{+} = \{1, \rho, \rho^2\}\), et \[ (17)\qquad g_1 = \rho(g_0), \qquad g_\infty = \rho(g_1), \qquad g_0 = \rho(g_\infty), \] où la troisième égalité suit des deux premières, \(\rho\) étant d'ordre \(3\). Ces \(\tilde u\) correspondent donc aux \((p, \sigma, g_0) \in \widehat{\mathbb{Z}}^{*} \times \mathfrak{S}_3^{+} \times \widehat{\pi}\) tels que \[ (18)\qquad \mathrm{int}\bigl(\rho^2(g_0)\bigr)(l_{\sigma(\infty)}^{p}) \cdot \mathrm{int}\bigl(\rho(g_0)\bigr)(l_{\sigma(1)}^{p}) \cdot \mathrm{int}(g_0)(l_{\sigma(0)}^{p}) = 1, \] et que les trois facteurs engendrent \(\widehat{\pi}\) — l'analogue, dans les nouvelles coordonnées, de la relation encadrée de la page 7.
- b)\(\tilde u\) commute à \(\tilde\sigma'_0\) si et seulement si \(\sigma \in \{1, \sigma_0\}\) et \(g_0 = \tilde\sigma_0(g_0)\), \(g_\infty = \tilde\sigma_0(g_1)\) (donc \(g_1 = \tilde\sigma_0(g_\infty)\))56 .
Le dossier s'arrête sur une phrase qui annonce le vrai problème, et n'est pas suivie : « À vrai dire, nous nous intéressons plutôt à la commutation dans \(\hat{\hat\Gamma}\), i.e. la commutation modulo automorphismes intérieurs » — c'est-à-dire au groupe \(\boldsymbol{\Gamma}\) des pages 6 à 11 et 23, qu'il s'agissait de décrire dans les nouvelles coordonnées.
Notes
- Le dossier écrit \(\hat\Pi\) et \(\hat\pi\) indifféremment aux pages 2 à 14 pour le groupe profini, et \(\Pi\) pour le groupe discret aux pages 15 à 20 ; à partir de la page 21, \(\pi\) et \(\hat\pi\). On s'en tient à \(\pi\) et \(\widehat{\pi}\). ↩
- Le dossier écrit « Aut ext » (ici \(\mathrm{Out}\)), avec l'indice « lac », et ne définit nulle part d'un seul tenant les automorphismes « à lacets » ; la définition ci-dessus est celle que les formules (1) à (3) de la page 32 rendent explicite. Qu'un même exposant \(p\) serve pour les trois lacets n'est pas une hypothèse : si \(u(l_i)\) est conjugué à \(l_{\sigma(i)}^{p_i}\), l'abélianisé \(\widehat{\mathbb{Z}}^2\), où \(\bar l_0 + \bar l_1 + \bar l_\infty = 0\) et où \(\bar l_0, \bar l_1\) forment une base, force \(p_0 = p_1 = p_\infty\). Le nom d'aujourd'hui est « automorphisme préservant l'inertie ». ↩
- La page 10 le note \(\Pi\) (« \(\mathrm{Autext}_{\mathrm{lac}} (\hat\pi_{0,3}, \mathfrak{S}_3) \overset{\text{déf}}{=} \Pi\) »), la page 23 \(\boldsymbol{\Gamma}\) ; c'est le même groupe, et \(\Pi\) est pris par ailleurs pour le groupe discret aux pages 15 à 20. ↩
- La page n'écrit que « \(\pi \subset G\) » et ne dit pas ce qu'est \(G\) ; le diagramme qui précède, barré de grandes croix, porte une tour de revêtements \(\overline{U}_{J,\alpha} \to U_{J,\alpha}\) qui n'est pas reprise. ↩
- Le mot n'est pas sur la page, et rien n'indique qu'il l'ait eu en tête. Pour \(U = \mathbb{P}^1 \setminus \{0, 1, \infty\}\), \(D\) est le demi-plan de Poincaré et \(\pi\) est d'indice fini dans \(PSL_2(\mathbb{Z})\) ; dans \(G = PSL_2(\mathbb{R})\) son commensurateur est alors celui de \(PSL_2(\mathbb{Z})\), l'image de \(GL_2^{+}(\mathbb{Q})\), fait classique — c'est lui qui rend \(\pi\) « arithmétique » au sens du critère de Margulis. ↩
- La page dit « on aura d'ailleurs \(\pi'\) et \(\pi''\) de même indice dans \(\pi\) », lecture incertaine, sans hypothèse ; celle-ci est ajoutée. Pour un groupe \(G\) quelconque, les deux indices peuvent différer. ↩
- La page dit « \(v\) est connu quand on connaît \(v_*\) », avec une réserve illisible entre parenthèses (lue « cas connexe ») ; la précision « à homotopie près » est de cette édition. ↩
- Le paragraphe central (« \(H/\pi\) … s'identifie à un sous-… de l'un des “groupoïdes” d'isom. … ») ne se lit que par fragments ; on n'en tire rien. ↩
- Une note marginale en oblique donne aussi \(u(l_0) = \mathrm{int}\bigl(g_1 l_1 \rho^{-1}(h_1)\bigr)(l_0^{p})\) ; deux autres ne se lisent que par fragments. L'indice de \(u(l_1)\) est surchargé. ↩
- « (i.e. \(\gamma' = \gamma \ldots\) » se termine par un signe gratté ; la dernière formule de la page a ses exposants surchargés. ↩
- La page n'énonce pas d'hypothèse sur \(\varphi\), et passe par des essais barrés (\(u' \varphi u^{-1} = \mathrm{int}(g)\,\varphi u\), etc.) qui envisagent la version à automorphisme intérieur près. Les deux suites exactes de groupes « doublement complétés » qui terminent la page, \(1 \to \pi \to \hat{\hat{\mathfrak{S}}}(\pi, I') \to\) et \(1 \to \pi' \to \hat{\hat{\mathcal{E}}}(\pi') \to\), portent des lettres rondes que la transcription ne distingue pas sûrement ; elles annoncent, sans le définir, le \(\hat{\hat{\mathcal{E}}}\) des pages 22 et suivantes. ↩
- La page dit « sauf erreur ce sera un automorphisme s'ils engendrent \(\pi\) (topologiquement) » ; c'est exact, et la raison est ajoutée. ↩
- L'argument par les sous-groupes finis est de cette édition ; la page invoque seulement l'absence de point fixe. ↩
- La page écrit « savoir \(\pm j\) (racine primitive troisième de 1) ». Mais \(\rho(z) = 1/(1-z)\) a pour points fixes les racines de \(z^2 - z + 1 = 0\), soit \(e^{\pm i\pi/3} = -j^2, -j\) ; \(j\) lui-même n'est pas fixe. ↩
- « Groupe de Teichmüller » est le nom qu'il donne à \(\Gamma_{0,3}\) ; c'est le groupe modulaire étendu (« extended mapping class group ») de la sphère à trois trous. Que ce soit tout \(\mathrm{Out}_{\mathrm{lac}}(\pi)\) pour le groupe discret est le théorème de Dehn–Nielsen–Baer. ↩
- La page dit que \(u\) « normalise \(L_0\) », puis « la classe de conj. de \(l_0\) », et affirme l'unicité sans la justifier. Le fait utilisé — un sous-groupe d'inertie d'un groupe libre profini est son propre normalisateur — est classique. ↩
- La page écrit \(\alpha \in \widehat{\mathbb{Z}}^{*}\). ↩
- Il n'y a en effet pas de critère maniable de génération topologique pour un groupe libre profini ; c'est une des raisons pour lesquelles la théorie ultérieure travaille avec des paires \((\lambda, f)\) dont on impose l'inversibilité. ↩
- La page 9 écrit « \(\exists\, q, r \in \hat{\mathbb{Z}}^{*}\) » ; la page 8 avait correctement \(q \in \hat{\mathbb{Z}}\). Les deux exposants sont dans \(\widehat{\mathbb{Z}}\) ; pour \(\tau\) ce sont des unités, mais rien ne l'impose en général. ↩
- La marge écrit « i.e. \(\beta = r\), \(\gamma = -q\) » : les deux signes sont à changer. La page 10 donne d'ailleurs, pour \(\tau\), « \(\beta = -1\) », ce qui est \(-r\). ↩
- La page 11 conclut « Ce qui détermine \(\beta\) de façon unique en fonction de \(g\) » ; l'égalité \(\beta = \gamma\) n'y est pas justifiée, et la réduction de \((q, r)\) à un seul nombre n'est pas dite. Pour \(\tau\) : \(\beta = -1\), et en effet \(\sigma_\infty(l_1^{-1}) = l_0^{-1} = l_0^{-1}\, l_1\, l_1^{-1}\). ↩
- La page note \(\alpha, \beta\) ces deux exposants, ce qui télescope le \(\beta\) de la relation ; on les renomme. La fin de la seconde ligne du système (« au moins, \(\beta = -1\) ») se lit mal. ↩
- La page écrit le but \(\pi/\hat{\mathbb{Z}} \times \hat{\mathbb{Z}}^{*}\) ; ce n'est pas un quotient de groupe mais un ensemble d'orbites. La note marginale de la page 10 (« \(\gamma : E_0 \to \pi\) … cocycle ») ne se lit que par fragments ; la structure de cocycle est reprise proprement aux pages 24 et 36. ↩
- Le rapprochement est de cette édition. La normalisation diffère : ici \(g\) est fixé par \((**)\), non par la condition « \(f\) dans le groupe dérivé » de Drinfeld, de sorte que les équations ne se superposent pas terme à terme. La troisième relation de \(\widehat{GT}\), le pentagone, porte sur \(\pi_{0,5}\) et n'a pas de trace dans ce dossier. Grothendieck ne pouvait connaître ni Drinfeld (1990) ni Ihara (1991). ↩
- La page passe par plusieurs essais barrés, dont un « prenons \(\alpha = 1\) ? » en marge, un calcul refusé (« Non ! ») et un calcul accepté (« ok »). La note « doit écrire \(\varepsilon_0^2 = l_\infty\) » a son indice mal lu : la relation cherchée est \(\varepsilon_\infty^2 = l_\infty\). ↩
- Le second membre de « Sans doute » est un signe court, que la transcription lit \(\sigma_1\) « sans conviction » ; le calcul confirme cette lecture. Toutes les identités de cette section ont été vérifiées dans le groupe libre de rang \(2\), dans la convention \(l_0 l_1 l_\infty = 1\) de cette rédaction. ↩
- La page note d'abord la classe \((\gamma, \lambda)\), puis \((\gamma, l)\). La convention « comme des fonctions » est celle qui fait opérer le groupoïde fondamental à gauche sur les fibres d'un revêtement. J. Malgoire est son collègue de Montpellier ; le dossier ne dit pas à quel texte il renvoie — vraisemblablement aux Cartes cellulaires de Malgoire et C. Voisin (1977). ↩
- Les seconds membres de (2) sont récrits sur la page : on y devine une première écriture \(l_0\rho\), \(l_1\rho\), \(l_\infty\rho\), corrigée en \(\rho\, l_0\), \(\rho\, l_1\), \(\rho\, l_\infty\). La correction est juste ; la première écriture reviendra à la page 29. La note marginale de la page 17 donne \(\sigma_0(l_0) = l_0^{-1} l_1^{-1}\), qui n'est pas compatible avec (1) ; celle de la page 19 donne la bonne valeur \(l_\infty^{-1} l_1^{-1}\). La formule qui introduit (7) (« comme \(\sigma_i = \ldots\) ») est mal lue. ↩
- Cette identification, et l'argument, sont de cette édition ; le dossier ne nomme pas \(PSL_2(\mathbb{Z})\). La remarque de la page 19 — si l'on fait \(\sigma_i = 1\) il ne reste que \(\rho^3 = 1\), « ce qui prouve que \(\rho\) n'est pas » exprimable par les \(\sigma_i\) — est juste, et vaut aussi pour la présentation complétée : le quotient par le sous-groupe distingué engendré par \(\sigma_0\) est \(\mathbb{Z}/3\). ↩
- Dans le premier (8), barré, de la page 19 comme dans celui de la page 18, les exposants des \(l\) sont surchargés et illisibles ; la vérification « on a bien \(\varepsilon_0^2 = l_0\) » de la page 18 fixe les exposants à \(1\). La page note que « les \(\varepsilon_i\) ici sont les \(\varepsilon_i^{-1}\) de tantôt », ce qui tient au renversement de l'ordre des lacets entre les deux rédactions. ↩
- Le système (10) est lu « tel quel et très incertain » ; les exposants lus \(4\) sont ceux que (9) impose. À la deuxième des trois dernières lignes, la transcription lit (avec doute) \(\varepsilon_\infty^2\) au pénultième facteur ; (9) exige \(\varepsilon_1^2\), et c'est ce qui est écrit ici. Les trois lignes ont été vérifiées dans le groupe libre. ↩
- La page 20 écrit « l'image inverse \(\widetilde\Sigma\) de \(\varphi(\mathfrak{S}_3) = \Gamma\) » ; \(\varphi(\mathfrak{S}_3)\) est \(\Gamma_P\), d'indice \(2\) dans \(\Gamma\). La parenthèse « (ss-groupe diédral 2) » est incertaine. ↩
- Que \(\sigma_i\) et \(\tilde\sigma_i\) commutent est affirmé par la page et vérifié ici ; les trois notes marginales en oblique de la page 20 ne se lisent que par fragments. ↩
- Deux mots du nom (« groupe cartographique “… …” de Malgoire ») sont illisibles. Le groupe cartographique est exposé dans l'Esquisse d'un programme (1984) ; la relation \(l_\infty l_1 l_0 = 1\) découle de (17) et de (16). ↩
- La lecture « \(\Gamma \cap \boldsymbol{\Gamma}\) » est incertaine : le second \(\Gamma\), à double jambage, recouvre un \(\mathfrak{S}_3\). ↩
- La page écrit « si \(\hat{\hat\Gamma}^{!} \to \boldsymbol{\Gamma}\) est une égalité » ; la flèche est l'inclusion \(\boldsymbol{\Gamma} \subset \hat{\hat\Gamma}^{!}\). L'exposant \(!\) n'est pas défini sur la page ; il est lu d'après la suite (pages 23 à 25), où \(\hat{\hat{\mathcal{E}}}^{!}\) est décrit sans permutation. L'action du groupe de Galois de \(\overline{\mathbb{Q}}/\mathbb{Q}\) tombe dans \(\boldsymbol{\Gamma}\), puisque les \(\sigma_i\) sont définis sur \(\mathbb{Q}\). ↩
- Aux pages 23 et 24 la page écrit \(\mathrm{int}(g_i^{-1})\), l'exposant \(-1\) ajouté après coup d'un crayon plus noir ; aux pages 32 à 37 il a disparu. Les formules (23) et (24), et la phrase sur \(\mathrm{int}(g)\circ u\), ne sont justes que sans l'exposant ; on adopte donc partout la convention des pages 32 et suivantes. ↩
- La page dit « à multiplication à gauche près » ; c'est à gauche dans sa convention avec \(g_i^{-1}\), à droite dans celle-ci. ↩
- Avec le produit dans cet ordre, c'est \((\gamma_i^{-1})\) qui satisfait la règle usuelle \(c(vu) = c(v)\,v(c(u))\) des homomorphismes croisés pour l'action à gauche. Deux premières écritures du second membre de (24) sont biffées sur la page. ↩
- La page écrit \(\gamma_i(\rho\tilde u\rho^{-1}) = \gamma_{i+1}(\tilde u)\) : il manque l'application de \(\rho\), et le décalage d'indice est dans l'autre sens. Elle est d'ailleurs énoncée comme un programme (« il faudrait expliciter … et en particulier … »), non comme un résultat. ↩
- La page énumère \(\dot\rho\tau\) parmi ces dernières ; \(\dot\rho\tau\) est d'ordre \(6\) et sans point fixe, et la page dit d'ailleurs « éventuellement ». ↩
- Sur la page, l'indice de \(\Gamma_{\frac12}\) ressemble à un \(2\) ; il est lu d'après le point fixe nommé juste avant. La phrase qui justifie le relèvement (page 27) est très lacunaire. ↩
- Le générateur est écrit sur une rature ; la transcription le note \(\rho'\), les exposants lus « 16 » et « 13 » étant vraisemblablement \(\rho'^6\) et \(\rho'^3\). Le paragraphe qui achève la phrase, en haut de la page 29, est barré lui aussi. ↩
- La page écrit \(\sigma_0\sigma_1 = \tau_\infty\tau_1\rho = l_0\,\rho\), et de même pour les deux autres : c'est la première écriture, corrigée, des seconds membres de (2) à la page 17. Elle est fausse dans \(\mathcal{E}\) : \(l_0\rho \neq \rho\, l_0\). Les relations \(\rho\sigma_i\rho^{-1} = \sigma_{\rho(i)}\) sont ajoutées en marge (« Il faut ajouter … »), et une seconde note marginale retrouve (17). ↩
- La page aboutit à \([\rho, \sigma_0][\rho^{-1}, \tau_0] = 1\). Cette relation est fausse, et pas seulement dans \(\mathcal{E}\) : son image dans \(\Gamma\) est \(\dot\rho^{-1} \neq 1\). Deux glissements y mènent : l'ordre \(l_0\rho\) de la page 29, puis, au passage à « i.e. », un \(\rho\) écrit pour \(\rho^{-1}\). La relation vraie a été vérifiée dans le groupe libre ; l'accolade de la page sous \(\sigma_0\rho\sigma_0^{-1} \rho^{-1}\) porte « \(\sigma_1\) », là où c'est \(\sigma_0\sigma_1\). ↩
- L'identification à \(PGL_2(\mathbb{Z})\) est de cette édition. ↩
- La page le dit « comme on voit de suite », avec une parenthèse incertaine sur le passage au quotient ; l'argument par le centre est de cette édition. ↩
- La note marginale dit que (4) « a comme noyau \(i(\hat\pi)\) » ; ce n'est ni l'un ni l'autre de ces deux noyaux. ↩
- Les indices de (8) et (9) sont lus avec peine ; ceux qui sont écrits ici sont ceux que le calcul impose, et ils coïncident avec la lecture de la transcription. Le point d'insertion de « mais ils s'explicitent ainsi », page 33, n'est pas sûr. ↩
- Cette remarque est de cette édition. Les \(g_i\) jouent le rôle de chemins du point base vers chacune des trois pointes ; la notion de point base tangentiel (Deligne, 1989), qui les rendrait canoniques, n'est pas dans le dossier. ↩
- La page note \(\Gamma^{*}_P\) ce qui est ici \(\Gamma_P\), et écrit les éléments de \(\Gamma_P\) comme \((\dot\sigma, \pm 1)\). ↩
- La page écrit (13) dans l'ordre inverse, \(l_{\sigma(0)}^{p} l_{\sigma(1)}^{p} l_{\sigma(\infty)}^{p} = 1\) ; pour \(\sigma = 1\), \(p = 1\) ce serait \(l_0 l_1 l_\infty = 1\), faux sous (1). L'ordre juste est celui de (2) et de (14). ↩
- La solution est de cette édition. La phrase de la page qui opère la réduction (« Je pense qu'on peut [quitte : corriger par un \(\tilde\sigma_i\), ou \(\sigma \in \Gamma_P\))] revient au \(\equiv\) de dire… ») est lue avec peine ; la réduction elle-même est juste, les \(\sigma\) paires donnant des conjugués de (14). ↩
- Ce raccord entre \(S\mathcal{E}\) et l'extension locale est de cette édition ; la page le donne comme connu (« on sait bien »). Elle écrit \(\Gamma^{+}_0\) pour le sous-groupe \(\langle\dot\sigma_0\rangle\) et \(\mathbb{Z}_0\) pour le quotient de \(\mathbb{Z}^{\{0,1,\infty\}}\) par \(\mathbb{Z}^{\{1,\infty\}}\) ; « de Sylow » est un ajout interlinéaire. ↩
- La page écrit \(\sigma_0(g_i)\) dans (16), et le second terme de (15) est surchargé (lu \(\dot\rho\sigma\dot\rho^{-1}\) par analogie). Les deux formules se déduisent de (8). ↩
- Une note marginale en oblique, face à b), dit « variante intéressante pour la suite » ; la suite n'est pas dans le dossier. ↩