Cote n° 142 · pages 1–121 · Lecture modernisée · Action de Galois sur Teichmüller : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [à partir de 1978]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre

Résumé

Ces cent vingt pages cherchent à voir le groupe de Galois des nombres algébriques agir sur des objets qu'on peut dessiner : des surfaces, des lacets tracés dessus, des cartes.

Le point de départ est un fait que tout le dossier exploite. Une surface compacte dont on a percé quelques trous peut être regardée de deux façons : comme un objet de topologie, qu'on peut déformer à volonté, ou comme une courbe algébrique, définie par des équations. La première façon ne connaît que la forme ; la seconde connaît aussi les nombres qui entrent dans les équations. Or certains objets topologiques — les revêtements finis de la surface, les lacets « vus de loin », c'est-à-dire à travers tous les revêtements finis à la fois — se laissent décrire de la seconde façon. Dès lors, toute symétrie des nombres, tout élément du groupe de Galois, les transforme. On ne voit pas ces transformations : elles ne viennent d'aucune déformation de la surface. Mais on peut chercher à les attraper par les traces qu'elles laissent.

Les pages 1 à 20 posent le décor le plus large. On assemble toutes les surfaces trouées, de tous les genres, en une seule catégorie, dont les flèches sont les revêtements finis pris « à déformation près » ; on la complète, en y ajoutant des limites, comme on passe des entiers aux entiers \(p\)-adiques ; et l'on obtient un objet sur lequel le groupe de Galois agit, la catégorie de Teichmüller–Galois. Déterminer cet objet avec son action, par des moyens purement combinatoires, c'est le « programme à l'horizon ». Un obstacle reste en suspens : l'opération qui bouche un trou ne trouve pas sa place dans ce cadre.

Le reste du dossier redescend au cas le plus petit : la sphère privée de trois points. Pour y décrire l'action de Galois sur les lacets, il faut des points de départ ; et c'est là que se joue une difficulté de méthode que Grothendieck affronte page après page. Un point de départ unique brise toutes les symétries de la situation : on fait les comptes depuis un carrefour choisi arbitrairement, et chaque formule porte la trace de ce choix. Il remplace donc le point par un système de points de départ placés symétriquement — tout près de chaque trou, aux pôles, aux points opposés —, puis par des régions de départ, des morceaux de sphère d'un seul tenant, qu'on peut utiliser comme un point puisqu'on peut s'y promener sans ambiguïté. Comme une ville où l'on se donne rendez-vous « sur la place » plutôt qu'à une adresse : la place est assez grande pour que tout le monde s'y retrouve, assez simple pour qu'il n'y ait qu'une façon d'aller d'un bout à l'autre. Les symétries de la sphère déplacent ces lieux de rendez-vous les uns sur les autres, et les calculs deviennent invariants. Il le dit lui-même : « un aspect essentiel du travail à faire est de garder cette opération constamment présente à l'esprit, et d'introduire des notations et des constructions qui soient invariantes ». Et plus loin, se reprenant : « suivant sans doute d'anciennes habitudes, j'ai privilégié » tels points de départ, alors que ce sont d'autres qui expriment directement les phénomènes en jeu.

Ce que donnent ces calculs, ce sont des équations : une symétrie cachée des lacets est codée par quelques éléments du groupe des lacets complété et par un « multiplicateur », et ces éléments doivent satisfaire une « relation des lacets ». Dix ans plus tard, ces équations deviendront, sous la plume de Drinfeld et d'Ihara, les relations qui définissent le groupe de Grothendieck–Teichmüller. Les pages 65 à 103 en donnent le cadre général : comment l'action d'un élément de Galois se lit par des « cocycles » attachés aux chemins ; pourquoi, sur les courbes d'un certain type, un point rationnel est entièrement déterminé par la façon dont Galois agit sur les chemins qui y mènent ; pourquoi, grâce au théorème de Belyi, tout se ramène à la sphère à trois trous ; et quelles conditions une symétrie des lacets doit remplir pour venir de Galois — la première, et « de très loin » la plus importante selon lui, étant précisément la relation des lacets. Il conjecture que ces conditions nécessaires sont aussi suffisantes ; la question est aujourd'hui encore ouverte.

Les dernières pages reviennent au concret : une carte dessinée sur une surface, avec ses sommets, ses arêtes et ses faces percés, et les façons de présenter ses lacets par un nombre fini de chemins et de relations. Là, la difficulté laissée en suspens à la page 20 se dissout : boucher un trou, c'est seulement écrire que le petit lacet qui en fait le tour devient trivial.

On lit dans ces notes une manière de travailler : une phrase qui s'arrête parce que la notation ne convient pas, une notation reprise jusqu'à ce que les symétries y soient visibles, un « travail fascinant en perspective, que je n'ai pratiquement pas encore commencé ! ». La mention du théorème de Belyi (1979) place au moins la quatrième suite après cette date ; le dossier est voisin, dans l'inventaire, de La Longue Marche à travers la théorie de Galois (1981), dont il semble préparer plusieurs chapitres.

Keywords — mapping class group, Teichmüller groupoid, profinite completion of a category, Galois–Teichmüller theory, Grothendieck–Teichmüller group, real oriented blow-up, tangential base point, étale fundamental groupoid, non-abelian Galois cohomology, Kummer map, anabelian geometry, Belyi's theorem, van Kampen theorem for groupoids, covering of groupoids, dessins d'enfants

1–121

Le fil du dossier, et les conventions

Les stations

Le dossier réunit cinq suites, chacune avec son titre de couverture ou son départ propre ; on les garde distinctes.

L'ordre de rédaction de II et III n'est pas sûr. III installe des notations qui semblent préparer II (« je vais réparer cette négligence » en privilégiant les points \(R_i^{\omega}\) voisins des trous, que II utilise d'emblée), mais II a ses propres pages 1 à 4, perdues, et les lettres ne s'y accordent pas entièrement. Même nom, objets différents : en II, \(c_i\) va d'un point \(Q_i\) de l'équateur à un point voisin d'un trou et \(d_i\) d'un pôle à \(Q_i\) ; en III, \(c_i\) va d'un pôle à \(Q_i\) et \(d_i\) d'un pôle à un point \(S_i\) voisin du trou. Les \(\varphi\), \(\psi\) changent de rôle de même. En V, \(\tau_0, \tau_1, \tau_\infty\) et \(\rho_0, \rho_1, \rho_\infty\) sont les générateurs du groupe cartographique agissant sur les drapeaux d'une carte, sans rapport avec les automorphismes \(\tau_\infty\), \(\rho\) de \(\Pi_{0,3}\) de II et III. Et \(\varepsilon\) désigne en III à la fois un hémisphère (\(\varepsilon \in \boldsymbol{\varepsilon}\)) et, avec un indice, un élément de \(\widetilde\Pi_{0,3}\) (\(\varepsilon_0, \varepsilon_1, \varepsilon_\infty\)), comme sur les pages.

Les conventions

Chemins. Les chemins se composent comme des fonctions, de droite à gauche : pour \(l : x \to y\) et \(l' : y \to z\), le composé est \(l' l : x \to z\). Pour un chemin \(c : x \to y\), on note \(c(h) = c\,h\,c^{-1}\) le transport \(\pi(x) \to \pi(y)\) qu'il induit sur les groupes fondamentaux. C'est la convention des pages ; elle impose l'ordre de la relation ci-dessous.

Le groupe de la sphère à trois trous. \(U_{0,3} = \mathbb{P}^1(\mathbb{C}) \setminus \{0, 1, \infty\}\), \[ \Pi_{0,3} = \pi_1(U_{0,3}) = \langle\, l_0, l_1, l_\infty \mid l_\infty l_1 l_0 = 1 \,\rangle , \] libre sur \(l_0, l_1\) ; \(\widehat\Pi_{0,3}\) est son complété profini. C'est l'ordre de la seconde rédaction du dossier 145 (où ce groupe est noté \(\pi\), \(\widehat\pi\))1 . Les pages 23 et 53–54 fixent un formulaire d'automorphismes de \(\Pi_{0,3}\) : \[ \rho : l_0 \mapsto l_1 \mapsto l_\infty \mapsto l_0, \qquad \sigma_\infty : l_0 \leftrightarrow l_1,\ l_\infty \mapsto l_1^{-1} l_0^{-1} = l_0\, l_\infty\, l_0^{-1}, \] \[ \tilde\sigma_\infty : l_0 \mapsto l_1^{-1},\ l_1 \mapsto l_0^{-1},\ l_\infty \mapsto l_\infty^{-1}, \qquad \tau_\infty = \sigma_\infty\tilde\sigma_\infty = \tilde\sigma_\infty\sigma_\infty : l_0 \mapsto l_0^{-1},\ l_1 \mapsto l_1^{-1},\ l_\infty \mapsto l_0\, l_1 . \] On a vérifié que chacune de ces règles définit bien un automorphisme (la relation \(l_\infty l_1 l_0 = 1\) est respectée) et que \(\sigma_\infty\) et \(\tilde\sigma_\infty\) commutent. \(\rho\) est d'ordre \(3\), \(\sigma_\infty\), \(\tilde\sigma_\infty\), \(\tau_\infty\) d'ordre \(2\). Géométriquement, \(\rho\) est la rotation d'un tiers de tour qui permute \(0 \to 1 \to \infty\), \(\sigma_\infty\) le demi-tour qui échange \(0\) et \(1\), \(\tau_\infty\) la conjugaison complexe et \(\tilde\sigma_\infty\) la réflexion qui échange \(0\) et \(1\), chacune accompagnée d'un chemin qui ramène le point base à lui-même.

Teichmüller. Pour une surface \(X\), \(A_X\) est le groupe de ses homéomorphismes, \(A^{\circ}_X\) le sous-groupe de ceux qui sont isotopes à l'identité, et \(T_X = A_X/A^{\circ}_X\) ce que les pages appellent le « groupe de Teichmüller (non orienté) » — aujourd'hui le groupe modulaire étendu, ou mapping class group étendu ; \(T^{+}_X\) est le sous-groupe d'indice \(2\) des classes qui respectent l'orientation2 . Une surface est anabélienne si chacune de ses composantes, de genre \(g\) et à \(\nu\) trous, vérifie \(2g - 2 + \nu > 0\), c'est-à-dire \(\chi < 0\) — aujourd'hui : hyperbolique.

Galois. En IV, le groupe que la page note \(\Gamma\) est noté \(\Gamma_K = \mathrm{Aut}(\mathbb{C}/K)\), pour le distinguer du groupe des symétries de la sphère, noté \(\Gamma_{\Sigma,J}\) en III.

1–20

I. Catégories de Galois–Teichmüller d'un corps algébriquement clos (pages 1 à 20)

La page 1 est une couverture de sa main, qui donne ce titre, avec au crayon « 19 pages ». La suite, paginée de 1 à 10, est un seul essai.

2–8

La catégorie isotopique (pages 2 à 8)

Soient \(X\), \(Y\) deux surfaces topologiques orientées de type fini — des surfaces compactes privées d'un nombre fini de points —, connexes pour simplifier. Une application finie étale \(X \to Y\) est un revêtement fini. On pose \[ (1)\qquad \mathrm{Hom}_{\mathrm{isot}}(X, Y) = \pi_0\bigl(\text{espace des applications finies étales } X \to Y\bigr), \] l'ensemble des composantes connexes par arcs ; deux applications dans la même composante sont dites isotopes. Une isotopie entre \(f\) et \(g\) est une application \(F : X \times I \to Y \times I\) au-dessus de \(I = [0,1]\), finie étale, valant \(f\) en \(0\) et \(g\) en \(1\). Comme \(Y' \mapsto Y' \times I\) est une équivalence entre revêtements finis de \(Y\) et de \(Y \times I\), \(F\) se factorise par un homéomorphisme \(\alpha : X \times I \xrightarrow{\sim} Y' \times I\) suivi de \(p \times \mathrm{id}_I\), pour un revêtement \(p : Y' \to Y\) unique à isomorphisme unique près3 . En d'autres termes, \(f = p f_0\) et \(g = p g_0\) avec \(f_0, g_0 : X \to Y'\) deux homéomorphismes isotopes, donc \(g_0 = f_0 u\) avec \(u \in A^{\circ}_X\), et \(g = f u\). Réciproquement \(f u\) est isotope à \(f\) si \(u\) l'est à l'identité.

Proposition 1. Deux applications finies étales \(f, g : X \to Y\) sont isotopes si et seulement si \(g = f u\) avec \(u \in A^{\circ}_X\).

La page pose alors la question de l'unicité : toute classe d'isotopie se factorise trivialement en un homéomorphisme suivi d'un revêtement, \[ (10)\qquad X \xrightarrow[\ \sim\ ]{\ f_0\ } Y' \xrightarrow{\ p\ } Y , \] mais cette factorisation est-elle canonique, \(Y'\) étant défini à \(Y\)-isomorphisme unique près ? Il faut pour cela que, pour tout \(Y\)-automorphisme \(\gamma\) de \(Y'\), \[ (11)\qquad \gamma f_0 \simeq f_0 \ (\text{isotopie}) \Longrightarrow \gamma = \mathrm{id}_{Y'} . \] Quitte à prendre \(f_0 = \mathrm{id}\), la question est de savoir si un automorphisme \(\gamma\) d'ordre fini, isotope à l'identité, est l'identité4 . Ce n'est pas toujours vrai : sur \(\mathbb{C}^{*}\), ou sur le tore \(S^1 \times S^1\), les translations par des points d'ordre fini sont isotopes à l'identité sans être l'identité5 . Mais :

Proposition 2. Soit \(Y'\) une surface orientée de type fini, anabélienne. Tout automorphisme d'ordre fini de \(Y'\) isotope à l'identité est l'identité.

La page indique la voie : on peut supposer \(Y'\) connexe ; il suffit que \(\gamma\) agisse trivialement sur \(H_1(Y', \mathbb{Z})\) ; on peut munir \(Y'\) d'une structure de courbe algébrique invariante par \(\gamma\) ; alors \(Y'\) se plonge dans sa jacobienne généralisée — extension d'une variété abélienne par un tore —, \(\gamma\) y induit une translation, et une courbe anabélienne n'est stable par aucune translation non nulle, « fait bien connu ». Voici un argument complet. Un homéomorphisme d'ordre fini d'une surface préserve une structure conforme (Kerékjártó, Eilenberg) ; on peut donc supposer \(\gamma\) holomorphe sur \(Y' = \overline{Y} \setminus D\), \(\overline{Y}\) compacte de genre \(g\), \(D\) de cardinal \(\nu\), et \(\gamma\) s'étend à \(\overline{Y}\). Isotope à l'identité, \(\gamma\) agit trivialement sur \(H_1(Y', \mathbb{Z})\). Si \(\nu \geq 2\), les classes des petits lacets autour des points de \(D\) sont non nulles et deux à deux distinctes (pour \(\nu = 2\), elles sont opposées), et \(\gamma\) les permute : il fixe donc chaque point de \(D\). Si \(\gamma \neq \mathrm{id}\), ses points fixes sur \(\overline{Y}\) sont isolés et d'indice \(+1\), et la formule de Lefschetz, \(\gamma\) agissant trivialement sur \(H_1(\overline{Y})\), donne \(2 - 2g = \#\mathrm{Fix}(\gamma) \geq \nu\), soit \(2g - 2 + \nu \leq 0\) ; pour \(\nu \leq 1\) elle donne de même \(g \leq 1\), avec \(g = 0\) si \(\nu = 1\). Dans tous les cas la surface n'est pas anabélienne : contradiction6 .

Un revêtement fini d'une surface anabélienne est anabélien. D'où :

Corollaire 1. Si \(Y\) est anabélienne, toute classe d'isotopie d'applications finies étales \(X \to Y\) est un torseur à droite sous \(A^{\circ}_X\).

En effet l'action \(f \mapsto f u\) est transitive par la proposition 1, et libre : si \(f u = f\), \(u\) est un automorphisme du revêtement \(X \to Y\), donc d'ordre fini, et isotope à l'identité, donc \(u = \mathrm{id}\) par la proposition 2 appliquée à \(X\).

Corollaire 2. Les composantes connexes de l'espace des applications finies étales \(X \to Y\) sont contractiles.

C'est le corollaire 1 joint à la contractilité de \(A^{\circ}_X\) pour une surface anabélienne7 .

Corollaire 3. Le groupe \(T_X\) agit à droite sur \(\mathrm{Hom}_{\mathrm{ét}}(X, Y) = \mathrm{Hom}_{\mathrm{isot}}(X, Y)\) avec des stabilisateurs finis : le stabilisateur de la classe de \(f\) s'identifie au groupe des automorphismes du revêtement \(X \to Y\) défini par \(f\). Les orbites sont en bijection avec l'ensemble \(R_X(Y)\) des classes d'isomorphisme de revêtements finis de \(Y\) homéomorphes à \(X\) ; les orbites de \(T^{+}_X\), avec \(R_X(Y) \times \{\pm 1\}\), le signe disant si l'application respecte ou renverse l'orientation. L'ensemble des orbites est fini, \(\pi_1(Y)\) étant de type fini et le degré étant fixé par \(\chi(X) = d\,\chi(Y)\)8 .

Scholie. Les surfaces orientées de type fini, avec pour flèches les classes d'isotopie d'applications finies étales qui respectent l'orientation, forment une catégorie. Une flèche équivaut à un triplet \((Y', p, f_0)\) : un revêtement fini \(p : Y' \to Y\) et une classe d'isotopie d'homéomorphismes orientés \(f_0 : X \to Y'\). À partir de là, tous les morphismes considérés respectent l'orientation, et l'on omet le signe \(+\).

8–13

Complétion profinie, et sa version axiomatique (pages 8 à 13)

On pose \[ (12)\qquad \widehat{\mathrm{Hom}}_{\mathrm{ét}}(X, Y) = \mathrm{Hom}_{\mathrm{ét}}(X, Y) \times^{T_X} \widehat{T}_X , \] produit contracté par le complété profini \(\widehat{T}_X\) de \(T_X\). Comme \(T_X\) a un nombre fini d'orbites, à stabilisateurs finis, c'est une réunion finie d'espaces \(\widehat{T}_X/H\), \(H\) fini : un espace compact totalement discontinu, métrisable, sans point isolé9 . La composition s'étend par continuité et reste associative.

Version axiomatique. Une catégorie \(C\) est à groupes d'automorphismes profinis si chaque \(\mathrm{Aut}(X)\) est muni d'une structure de groupe profini, de sorte que, pour l'action \((\psi, \varphi) \cdot u = \varphi u \psi^{-1}\) de \(\mathrm{Aut}(X) \times \mathrm{Aut}(Y)\) sur \(\mathrm{Hom}(X, Y)\), les stabilisateurs soient fermés. On munit alors chaque orbite de la topologie quotient et l'ensemble des orbites de la topologie discrète : \(\mathrm{Hom}(X, Y)\) devient localement compact. On veut la composition \[ (14)\qquad \mathrm{Hom}(X, Y) \times \mathrm{Hom}(Y, Z) \longrightarrow \mathrm{Hom}(X, Z) \] continue, ce qui revient à la continuité, pour \(u\), \(v\) fixés, de \(\varphi \mapsto v \varphi u\) sur \(\mathrm{Aut}(Y)\). Soit \(G_u = \{(\psi, \varphi) \mid \varphi u = u \psi\}\) le stabilisateur de \(u\), et \(H_u\) son image dans \(\mathrm{Aut}(Y)\). Sur \(H_u\), \(v \varphi u = (v u)\psi\) est continue, la topologie de \(H_u\) étant quotient de celle de \(G_u\) ; donc aussi sur chaque translaté \(\alpha H_u\). D'où la condition :

\[ (16)\ (*)\qquad \text{pour toute flèche } u : X \to Y,\ H_u \text{ est d'indice fini dans } \mathrm{Aut}(Y). \]

Fermé d'indice fini, \(H_u\) est alors ouvert, ses translatés recouvrent \(\mathrm{Aut}(Y)\), et (14) est continue. La condition dit aussi que, dans \(\mathrm{Hom}(X, Y)\), chaque orbite sous \(\mathrm{Aut}(X) \times \mathrm{Aut}(Y)\) est réunion finie d'orbites ouvertes sous \(\mathrm{Aut}(X)\)10 .

Soit maintenant \(C_0\) une catégorie sans topologie, satisfaisant \((*)\) pour ses groupes d'automorphismes. La page en construit une « complétion profinie » \(\widehat{C}_0\), de mêmes objets, avec \[ (17)\qquad \mathrm{Hom}_{\widehat{C}_0}(X, Y) = \mathrm{Hom}_{C_0}(X, Y) \times^{\mathrm{Aut}(X) \times \mathrm{Aut}(Y)} \bigl(\widehat{\mathrm{Aut}}(X) \times \widehat{\mathrm{Aut}}(Y)\bigr) \] et affirme que ce produit s'identifie à \(\mathrm{Hom}_{C_0}(X, Y) \times^{\mathrm{Aut}(X)} \widehat{\mathrm{Aut}}(X)\), la composition étant l'unique loi continue qui prolonge celle de \(C_0\)11 . Tout \(\widehat{C}_0\)-morphisme se factorise \[ (19)\qquad \hat f : X \xrightarrow[\ \sim\ ]{\ \hat f_0\ } Y' \xrightarrow{\ u\ } Y , \] \(u\) morphisme de \(C_0\), \(\hat f_0\) isomorphisme de \(\widehat{C}_0\) ; si \(\mathrm{Aut}_Y(Y') \to \widehat{\mathrm{Aut}}(Y')\) est injectif pour toute \(u : Y' \to Y\), \(Y'\) est déterminé à \(Y\)-isomorphisme unique près. Pour composer \(\hat f = u \hat f_0\) et \(\hat g = v \hat g_0\), \(\hat g_0 : Y \xrightarrow{\sim} Z'\), on écrit \(\hat g_0 = w \hat\varphi\) avec \(w\) un isomorphisme de \(C_0\) et \(\hat\varphi \in \widehat{H}_u\) — c'est possible parce que \(\widehat{H}_u\) est ouvert —, on choisit \(\hat\varphi'\) avec \(\hat\varphi u = u \hat\varphi'\), et \[ (22)\qquad \hat g \hat f = (v w \hat\varphi)(u \hat f_0) = \underbrace{(v w u)}_{\text{flèche de } C_0}\ \underbrace{(\hat\varphi' \hat f_0)}_{\text{isomorphisme de } \widehat{C}_0} . \] Dans le cas des surfaces anabéliennes, \(C_0\) est la catégorie isotopique, la condition \((*)\) est satisfaite, et \(\widehat{C}_0\) est la catégorie définie par (12)12 .

12–16

La catégorie de Teichmüller–Galois (pages 12, 14 à 16)

Limitons-nous aux surfaces qui sont des courbes algébriques complexes anabéliennes. Dans la factorisation (19), le revêtement \(u : Y' \to Y\) provient d'un revêtement fini étale algébrique, et l'isomorphisme \(\hat f_0\) s'interprète comme une flèche du groupoïde fondamental profini du champ des modules pertinent — la « multiplicité modulaire » \(M_{g,\nu}\) — entre les points définis par \(X\) et \(Y'\) : une classe d'isotopie d'homéomorphismes \(X \to Y'\) est exactement une classe de chemins de \([X]\) à \([Y']\) dans ce champ, dont l'espace de Teichmüller est le revêtement universel. La composition (22) s'explicite donc en compositions dans le groupoïde fondamental du champ des modules et dans la catégorie des courbes algébriques avec leurs revêtements. Tout devient algébrique, et la construction a un sens sur un corps algébriquement clos \(k\) quelconque ; elle est fonctorielle en \(k\), les foncteurs de changement de base \(k \to k'\) étant des équivalences, parce que le groupoïde fondamental du champ des modules ou d'une courbe ne change pas par extension de corps algébriquement clos13 .

En particulier \(\mathrm{Aut}(k)\) agit sur cette catégorie, qu'il nomme catégorie de Teichmüller–Galois associée à \(k\). Ses objets connexes à isomorphisme près correspondent aux types \((g, \nu)\) anabéliens ; le groupe des automorphismes d'un objet est le complété profini du groupe de Teichmüller, c'est-à-dire le groupe fondamental profini du champ \(M_{g,[\nu]}\) des courbes de genre \(g\) à \(\nu\) points non ordonnés14 . Élargir le groupoïde de Teichmüller en cette catégorie, qui n'est plus un groupoïde, est une façon de relier entre eux les types \((g, \nu)\) différents.

« Une part essentielle du vaste programme à l'horizon est la détermination complète de cette catégorie par voie “algébrique” (ni transcendante, ni de géométrie algébrique !), avec les opérations de Galois–Teichmüller dessus », au moins pour \(k = \overline{\mathbb{Q}}\), et dans une certaine mesure pour \(k = \overline{K}\), \(K\) de type fini sur \(\mathbb{Q}\), en se limitant aux \(K\)-automorphismes. « Algébrique » veut dire ici, précise la marge, par des techniques combinatoires sur les surfaces et les groupes profinis15 .

17–20

Le bouchage des trous (pages 17 à 20)

Un type de morphismes manque : les inclusions ouvertes \[ (23)\qquad X = Y \setminus T \hookrightarrow Y , \] qui bouchent des trous. Pour les composer avec les morphismes finis étales, il faudrait admettre des morphismes \(X \to Y\) qui s'insèrent dans un carré \[ (24)\qquad \begin{array}{ccc} X & \hookrightarrow & \widehat{X}\\ \downarrow & & \downarrow\\ Y & \hookrightarrow & \widehat{Y} \end{array} \] avec \(\widehat{X} \to \widehat{Y}\) fini ramifié et \(X \to Y\) étale. Si \(S = \widehat{X} \setminus X\) et \(T = \widehat{Y} \setminus Y\), on a \(S \supset \widehat{X}|_T\), l'image inverse de \(T\)16 , et la difficulté vient de ce que \(\widehat{X} \to \widehat{Y}\) peut être ramifié non seulement en des points de \(\widehat{X}|_T\), mais en des points de \(S\) qui n'y sont pas — des trous de \(X\) au-dessus de points de \(Y\). La notion d'isotopie raisonnable existe (dans \(\mathrm{Aut}(\widehat{X}, S) \times \mathrm{Aut}(\widehat{Y}, T)\)), mais il n'y a plus de factorisation canonique d'une classe en un bouchage de trous suivi d'un revêtement : les points de \(S \setminus \widehat{X}|_T\) vont en des points de \(Y\) que la classe seule ne détermine pas. « Pour cette raison, je ne vois plus comment interpréter une telle classe […] en termes de géométrie algébrique “abstraite” »17 .

On peut pourtant définir, sur tout corps algébriquement clos, un foncteur du groupoïde de Teichmüller des courbes de type \((g, \nu)\) munies d'un ensemble \(I\) de \(\nu' \leq \nu\) trous marqués vers celui du type \((g, \nu - \nu')\), par « bouchage des trous en \(I\) », transitif pour des bouchages successifs18 . Ce qu'il ne voit pas, c'est comment loger ces inclusions dans une même catégorie que les morphismes étales — sinon en définissant par générateurs et relations une catégorie plus grosse, au prix de ne plus pouvoir l'interpréter, sur \(\mathbb{C}\), comme complétée profinie de la catégorie isotopique. Le développement s'arrête là, au milieu de la page 20. La suite V du dossier (pages 120 et 121) traitera le bouchage des trous sur les présentations combinatoires, où il devient trivial.

21–41

II. Opérations de \(\Gamma_{\overline{\mathbb{Q}}/\mathbb{Q}}\) sur \(\pi_1 M_{0,3}\) (pages 21 à 41)

La page 21 est une couverture qui porte ce titre ; la page 22 n'a qu'un décompte au crayon. Le texte commence à sa page 5, les formules repartant de (1) : ses pages 1 à 4, qui fixaient les conventions, manquent. Les calculs de cette suite sont donc rapportés tels que les pages les donnent ; seules les implications entre équations qui ne dépendent pas de ces conventions ont été vérifiées, et on le signale19 .

Le cadre. Sur la sphère, les trois points marqués \(R_0, R_1, R_\infty\) sont sur l'équateur ; \(\underline{\omega}\) est l'ensemble à deux éléments des ordres cycliques de \(J = \{0, 1, \infty\}\) (les deux sens de parcours de l'équateur), et pour \(\omega \in \underline{\omega}\) on note \(\omega i\) l'image de \(i\) par la permutation circulaire correspondante, \(\omega'\) l'autre élément. Le groupe \(\mathfrak{S}_J\) agit sur la sphère par rotations — le tiers de tour autour de l'axe des pôles, les demi-tours autour des axes qui passent par un \(R_i\) —, et \(\tau\) est la réflexion par rapport au plan de l'équateur20 . On cherche les automorphismes \(u\) du complété profini de divers groupoïdes fondamentaux de la sphère trouée, qui fixent les sommets et commutent à \(\mathfrak{S}_J\) : ce sont les candidats à l'action d'un élément de Galois, qui fixe les points réels et commute aux symétries définies sur \(\mathbb{Q}\).

23–24

Le groupoïde \(\mathrm{I}_J\) (pages 23 et 24)

Autour de chaque trou \(R_i\), un petit cercle porte deux sommets \(R_i^{\omega}\), \(\omega \in \underline{\omega}\), reliés par deux arcs \(a_i^{\omega} : R_i^{\omega} \to R_i^{\omega'}\) ; le long de l'équateur, des flèches \(b_i^{\omega} : R^{\omega}_{\omega i} \to R^{\omega'}_{\omega' i}\) relient les sommets voisins de deux trous différents. Le groupoïde \(\mathrm{I}_J\) a ces six sommets, ces douze flèches, et les relations \[ (2)\qquad \text{a)}\ b_i^{\omega} b_i^{\omega'} = 1, \qquad \text{b)}\ \text{une relation d'hexagone par hémisphère}, \] soit trois relations effectives en a) et deux en b)21 . Le lacet complet \(\lambda_i^{\omega} = a_i^{\omega'} a_i^{\omega}\) autour de \(R_i\) est l'image de \(l_0\) par un isomorphisme \(\varphi_i^{\omega} : \Pi_{0,3} \xrightarrow{\sim} \pi(R_i^{\omega})\), les six \(\varphi_i^{\omega}\) étant permutés simplement transitivement par \(\mathfrak{S}_J\) ; \(\tau\) agit par \(\tau_\infty\) (5). Les arcs transportent ces repères selon \[ (6)\qquad a_i^{\omega}\bigl(\varphi_i^{\omega}(g)\bigr) = \varphi_i^{\omega'}\bigl(\varepsilon_0(g)\bigr), \qquad b_i^{\omega}\bigl(\varphi^{\omega}_{\omega i}(g)\bigr) = \varphi^{\omega'}_{\omega' i}\bigl(\sigma_\infty(g)\bigr), \qquad \varepsilon_0^2 = l_0 , \] où \(\varepsilon_0\) est la « racine carrée » de \(l_0\) de la page 54 : faire le demi-tour d'un trou, c'est appliquer \(\varepsilon_0\) ; le tour complet, deux demi-tours, c'est conjuguer par \(l_0\)22 . Avec \(\tilde b_i^{\omega} = a^{\omega'}_{\omega' i} b_i^{\omega}\), la relation (2 b) devient \[ (8)\qquad \tilde b^{\omega}_{\omega^2 i}\, \tilde b^{\omega}_{\omega i}\, \tilde b_i^{\omega} = 1 , \] et \(\tilde b\) transporte par \(\rho^{-1}\) (9).

Un automorphisme \(u\) du complété \(\widehat{\mathrm{I}}_J\) commutant à \(\mathfrak{S}_J\), fixant les sommets et respectant les sous-groupoïdes engendrés par chaque petit cercle, s'écrit \[ u(a_i^{\omega}) = a_i^{\omega}\, \varphi_i^{\omega}(l_0^{\gamma}), \qquad u(b_i^{\omega}) = b_i^{\omega}\, \varphi^{\omega}_{\omega i}(\beta), \qquad \gamma = \frac{p - 1}{2} \in \widehat{\mathbb{Z}},\ p \in \widehat{\mathbb{Z}}^{*},\ \beta \in \widehat\Pi_{0,3} ; \] alors \(u(\lambda_i^{\omega}) = (\lambda_i^{\omega})^{p}\) : \(p\) est le multiplicateur, l'exposant par lequel \(u\) élève les lacets autour des trous. Les relations (2) donnent, sur \((p, \beta)\), \[ (12)\qquad \beta\, \sigma_\infty(\beta) = 1, \qquad \alpha\, \rho^{-1}(\alpha)\, \rho^{-2}(\alpha) = 1 \quad \text{où } \alpha = l_1^{\gamma}\, \beta = \sigma_\infty(l_0^{\gamma})\,\beta . \] La marge remarque qu'en passant aux inverses on retrouve « les équations habituelles » \(\alpha'\rho(\alpha')\rho^{2}(\alpha') = 1\), \(\alpha' = \alpha^{-1}\) (c'est exact : on applique \(\rho^{2}\) à l'inverse de la relation). Le passage de \(u\) à \(\tau u \tau^{-1}\) change \(\beta\) en \(\tau_\infty(\beta)\), et il faudrait, dit-il, vérifier directement que (12) est stable par ce changement.

Le nom d'aujourd'hui. Ces deux équations ont exactement la forme des deux premières relations par lesquelles Drinfeld (1990) définit le groupe de Grothendieck–Teichmüller \(\widehat{GT}\) : pour \((\lambda, f) \in \widehat{\mathbb{Z}}^{*} \times \widehat{F}_2\), \(f(x, y) f(y, x) = 1\) et \(f(z, x) z^{m} f(y, z) y^{m} f(x, y) x^{m} = 1\) avec \(xyz = 1\) et \(m = (\lambda - 1)/2\). Ici \(\sigma_\infty\) échange \(l_0\) et \(l_1\), \(\rho\) les permute circulairement, et le multiplicateur \(p\) entre par \(\gamma = (p - 1)/2\) comme \(\lambda\) par \(m\)23 .

25–28

Les groupoïdes \(\mathrm{II}_J\) et \(\mathrm{III}_J\) (pages 25 à 28)

On ajoute sur l'équateur les trois sommets \(Q_i\), opposés aux trous, et des arcs \(c_i^{\omega} : Q_i \to R^{\omega'}_{\omega' i}\). Alors \(b_i^{\omega} = c_i^{\omega}(c_i^{\omega'})^{-1}\) (13), les \(b\) deviennent superflus, (2 a) est automatique, et avec \[ (14)\qquad \tilde a_i^{\omega} = (c^{\omega}_{\omega i})^{-1}\, a_i^{\omega}\, c^{\omega'}_{\omega' i} : Q_{\omega i} \to Q_{\omega' i}, \qquad \tau(\tilde a_i^{\omega}) = (\tilde a_i^{\omega'})^{-1}, \] (2 b) devient \(\tilde a^{\omega}_{\omega^2 i}\, \tilde a^{\omega}_{\omega i}\, \tilde a_i^{\omega} = 1\) (16). On repère \(\pi(Q_i)\) par \(\psi_i^{\omega} : \Pi_{0,3} \xrightarrow{\sim} \pi(Q_i)\), déduit de \(\varphi^{\omega'}_{\omega' i}\) par transport le long de \(c_i^{\omega}\).

Un automorphisme \(u\) de \(\widehat{\mathrm{II}}_J\) du type considéré est donné par \(u(a_i^{\omega}) = a_i^{\omega}\varphi_i^{\omega}(\lambda)\) et \(u(c_i^{\omega}) = c_i^{\omega}\psi_i^{\omega}(\eta)\), \(\lambda, \eta \in \widehat\Pi_{0,3}\) — la marge observe qu'il est inutile d'exiger d'emblée \(\lambda = l_0^{\gamma}\). Alors \(u(b_i^{\omega}) = b_i^{\omega}\varphi^{\omega}_{\omega i}(\beta)\) avec \[ (23)\qquad \beta = \sigma_\infty(\eta)\, \eta^{-1}, \] qui entraîne la première relation (12), \(\beta\sigma_\infty(\beta) = 1\) (\(\sigma_\infty\) étant involutif) ; il reste la seconde, (24). Sur les \(\tilde a\), \(u\) agit par \[ (27)\qquad \tilde\alpha = \eta^{-1}\, \varepsilon_0(\lambda\eta), \qquad \text{soit } \eta^{-1} l_0^{\gamma}\, \varepsilon_0(\eta) \text{ si } \lambda = l_0^{\gamma}, \] et (24) équivaut à la même équation en \(\tilde\alpha\) : \[ (26)\qquad \tilde\alpha\, \rho^{-1}(\tilde\alpha)\, \rho^{-2}(\tilde\alpha) = 1 . \] Le groupoïde \(\mathrm{III}_J\) induit sur les trois \(Q_i\) (six arcs \(\tilde a_i^{\omega}\), relations (16)) a donc pour automorphismes du type considéré les \(\tilde\alpha \in \widehat\Pi_{0,3}\) solutions de (26). Sur le lacet \(\tilde\lambda_i^{\omega} = \tilde a_i^{\omega'}\tilde a_i^{\omega}\), identifié à \(l_0\), \[ (30)\qquad u(l_0) = \tilde\alpha\, \varepsilon_0(\tilde\alpha)\, l_0 = \eta^{-1}\, l_0^{p}\, \eta \qquad (p = 2\gamma + 1) : \] \(u\) envoie le lacet autour d'un trou sur un conjugué de sa puissance \(p\)-ième — c'est la propriété qui définit les automorphismes « à lacets » du dossier 145, ceux qu'on dit aujourd'hui préserver l'inertie24 .

Le passage de \(u\) à \(\tau u \tau^{-1}\) change \(\tilde\alpha\) en \(\varepsilon_0\tau_\infty(\tilde\alpha^{-1})\). La page en tire une remarque générale, juste : le groupe \(\widetilde{\mathfrak{S}}_3\) engendré par \(\rho\) et les \(\tilde\sigma_i\), qui contient \(\{1, \rho, \rho^2\}\) avec indice \(2\), agit sur l'ensemble des solutions \(x\) de \(x\,\rho^{-1}(x)\,\rho^{-2}(x) = 1\) par \[ (32)\qquad \Theta_g(x) = g\bigl(x^{\chi(g)}\bigr), \qquad \chi(g) = \pm 1 \text{ la signature}, \] et \(\tau\) agit par \(\Theta_{\tilde\sigma_0}\) (33)25 .

29–31

Les groupoïdes \(\mathrm{IV}_J\) et \(\mathrm{V}_J\) : les pôles (pages 29 à 31)

On ajoute les deux pôles \(P^{\omega}\) et les six méridiens \(d_i^{\omega} : P^{\omega} \to Q_i\), avec \(\tau(P^{\omega}) = P^{\omega'}\), \(\tau(d_i^{\omega}) = d_i^{\omega'}\). Le groupoïde \(\mathrm{IV}_J\) (sommets \(Q_i\), \(P^{\omega}\) ; arcs \(\tilde a\), \(d\) ; relations (35)) est équivalent à \(\mathrm{III}_J\), et ses automorphismes du type considéré sont donnés par \(\tilde\alpha\) et \(\zeta \in \widehat\Pi_{0,3}\), liés par \[ (37)\qquad \tilde\alpha = \zeta\, \rho^{-1}(\zeta^{-1}) . \] Il n'y a plus de condition sur \(\zeta\) : toute \(\zeta\) convient, et (37) entraîne (26) parce que \(\rho\) est d'ordre trois26 . C'est le gain des pôles : ce sont les points fixes de la rotation \(\rho\), et pris pour points base ils « résolvent » l'équation d'ordre trois. La marge note que les arcs \(\tilde a_i^{\omega}\) deviennent superflus.

Le groupoïde \(\mathrm{V}_J\) induit sur les deux pôles est libre, engendré par trois arêtes \(\tilde d_i^{\omega} = (d_i^{\omega'})^{-1} d_i^{\omega} : P^{\omega} \to P^{\omega'}\) ; ses automorphismes sont donnés par un \(\tilde\beta \in \widehat\Pi_{0,3}\) soumis à la seule relation \[ (47)\qquad \tilde\beta\, \sigma_\infty(\tilde\beta) = 1 , \] et \(\tilde\beta = \zeta\sigma_\infty(\zeta)^{-1}\) quand \(u\) vient de \(\mathrm{IV}_J\).

31–36

Le groupoïde \(\mathrm{VI}\) et la relation des lacets (pages 31 à 36)

Le groupoïde induit sur les onze sommets \(R_i^{\omega}\), \(Q_i\), \(P^{\omega}\) est engendré par les arcs \(a\), \(c\), \(d\) — trois paquets homogènes sous \(\mathfrak{S}_J\) — avec six relations (48). Un automorphisme est donné par \[ (54)\qquad u(a_i^{\omega}) = a_i^{\omega}\varphi_i^{\omega}(\lambda), \qquad u(c_i^{\omega}) = c_i^{\omega}\psi_i^{\omega}(\eta), \qquad u(d_i^{\omega}) = d_i^{\omega}\tilde\psi_i^{\omega}(\zeta), \] et, au lieu de refaire le calcul, il observe que \(\mathrm{VI}\) est la réunion de \(\mathrm{II}\) et de \(\mathrm{IV}\), d'intersection \(\mathrm{III}\) : un automorphisme de \(\mathrm{VI}\) est un couple d'automorphismes de \(\mathrm{II}\) et de \(\mathrm{IV}\) qui se recollent sur \(\mathrm{III}\), c'est-à-dire tels que les deux expressions de \(\tilde\alpha\) coïncident : \[ (56)\qquad \eta^{-1}\varepsilon_0(\lambda\eta) = \zeta\, \rho^{-1}(\zeta)^{-1} . \] C'est la seule relation entre \(\lambda, \eta, \zeta\) : celle de \(\mathrm{II}\) est conséquence de celle de \(\mathrm{IV}\). Pour la mettre « sous une forme plus familière pour moi », il passe aux inverses, \(\beta' = \beta^{-1}\), \(\alpha' = \alpha^{-1}\), \(\tilde\alpha' = \tilde\alpha^{-1}\), et pose \(\zeta' = \eta\zeta\). En résumé :

Les automorphismes de \(\widehat{\mathrm{VI}}_J\) qui fixent les sommets et commutent à \(\mathfrak{S}_J\) correspondent aux triplets \((\lambda, \eta, \zeta') \in \widehat\Pi_{0,3}^{\,3}\) satisfaisant la relation des lacets \[ (63)\qquad \boxed{\ \beta' = \alpha'\, \sigma_\infty(\lambda), \qquad \alpha' = \zeta'\, \rho(\zeta')^{-1}, \qquad \beta' = \eta\, \sigma_\infty(\eta)^{-1}\ } \] avec \(\sigma_\infty(\lambda) = l_1^{\gamma}\) quand \(\lambda = l_0^{\gamma}\), dans la forme qu'on retient ici27 .

Les quantités \(\alpha', \beta', \zeta'\) ont été introduites « par le pur calcul », comme donnant les formules les plus sympathiques ; il leur donne ensuite un sens géométrique, en renversant les flèches \(b\), \(\tilde b\), \(\tilde a\) (64)–(65) et en introduisant les chemins \(\tilde d_i'^{\omega} = c^{\omega}_{\omega i}\, d^{\omega}_{\omega i} : P^{\omega} \to R_i^{\omega'}\), du pôle au voisinage du trou, sur lesquels \[ (67)\qquad u(\tilde d_i'^{\omega}) = \varphi_i^{\omega'}(\zeta')\, \tilde d_i'^{\omega} : \] \(\zeta'\) mesure ce que \(u\) fait au chemin direct d'un pôle à un trou.

37–41

Le groupoïde \(\mathrm{VII}\), et le diagramme des sept groupoïdes (pages 37 à 41)

Deux cas restent : le groupoïde \(\mathrm{VII}\) induit sur les huit sommets \(R_i^{\omega}\), \(P^{\omega}\), et celui induit sur les \(Q_i\), \(P^{\omega}\), qui n'est autre que \(\mathrm{IV}\) présenté par les seuls méridiens (les \(\tilde a\) y sont inutiles par (35)). Les sept groupoïdes s'emboîtent selon le diagramme (68)28 :

LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
& & \mathrm{III} \arrow[dl, hook'] \arrow[dr, hook] & & \\
\mathrm{I} \arrow[r, hook] \arrow[dr, hook] & \mathrm{II} \arrow[dr, hook] & & \mathrm{IV} \arrow[dl, hook'] & \mathrm{V} \arrow[l, hook'] \\
& \mathrm{VII} \arrow[r, hook] & \mathrm{VI} & &
\end{tikzcd}

Pour \(\mathrm{VII}\), le calcul prédit que ses automorphismes correspondent aux couples \((\lambda, \zeta')\) — \(\beta'\) s'en déduit, d'où la marge « donc \(\beta'\) inutile ! » — soumis à \[ (70)\qquad \beta' = \alpha'\sigma_\infty(\lambda),\quad \alpha' = \zeta'\rho(\zeta')^{-1}, \qquad \beta'\sigma_\infty(\beta') = 1, \ \text{soit}\ \alpha'\,\sigma_\infty(\lambda)\,\sigma_\infty(\alpha')\,\lambda = 1 , \] tandis que ceux de \(\mathrm{II}\) correspondent aux \((\lambda, \eta)\) — « donc \(\alpha'\) inutile ! » — avec \(\beta' = \eta\sigma_\infty(\eta)^{-1} = \alpha'\sigma_\infty(\lambda)\) et \(\alpha'\rho(\alpha')\rho^2(\alpha') = 1\) (70\('\))29 . Les pages 39 à 41 explicitent le cas de \(\mathrm{VII}\), présenté par les chemins \(\tilde d_i^{\omega} : P^{\omega} \to R_i^{\omega}\), \(\tilde d_i'^{\omega} : P^{\omega} \to R_i^{\omega'}\) et les \(a_i^{\omega}\), avec deux familles de relations (72), dont trois seulement sont indépendantes. On y pose \(u(\tilde d) = \varphi(\zeta_1)\tilde d\), \(u(\tilde d') = \varphi(\zeta')\tilde d'\), \(u(a) = a\varphi(\lambda)\) ; la première relation donne \(\zeta' = \varepsilon_0(\lambda\zeta_1)\) (74), la seconde équivaut à \(\beta'\sigma_\infty(\beta') = 1\) avec \(\beta' = \alpha'\sigma_\infty(\lambda)\), \(\alpha' = \zeta'\rho(\zeta')^{-1}\) (78), et la page 41 conclut sur l'égalité des diverses expressions de \(\beta'\), « ce qui donne la formulation la plus simple »30 .

43–63

III. La sphère à trois points marqués (pages 43 à 63)

Une nouvelle suite, paginée de 1 à 12, reprend la même sphère, cette fois sans rien choisir : chaque objet est construit de façon que les symétries le transportent sur un objet du même type. Il l'annonce comme « exercice préliminaire de syntaxe galoisienne », avant des configurations plus riches en symétries sur la sphère ou sur d'autres surfaces, « en vue des applications au calcul des groupoïdes de Teichmüller ».

43–45

La géométrie (pages 43 à 45)

Soit \(\Sigma\) une sphère conforme avec une partie \(J = \{R_i\}\) à trois éléments. Son groupe d'automorphismes conformes ou anticonformes respectant \(J\) est \[ \Gamma_{\Sigma, J} \simeq \mathfrak{S}_J \times \{1, \tau\}, \] \(\tau\) l'unique antiautomorphisme fixant les \(R_i\) — la conjugaison complexe quand \(J = \{0, 1, \infty\}\)31 . Une métrique riemannienne invariante, unique à scalaire près, identifie \(\Sigma\) à la sphère unité d'un espace euclidien \(E\) de dimension \(3\). Le plan \(V\) engendré par les \(R_j\) coupe \(\Sigma\) selon un grand cercle \(\Sigma_{\mathbb{R}}\), sur lequel les \(R_j\) forment un triangle équilatéral : \(\sum R_j = 0\), et \[ (5),(7)\qquad V \simeq V_J(\mathbb{R}) = \ker\bigl(\mathbb{R}^J \xrightarrow{\ \Sigma\ } \mathbb{R}\bigr), \qquad E \simeq V_J(\mathbb{R}) \oplus \Delta , \] la forme quadratique sur \(V_J(\mathbb{R})\) étant celle qui rend les \(R_j\) unitaires — \(x^2 - xy + y^2\) dans la base \((R_i, R_j)\), où \(R_k = (-1, -1)\) — et \(\Delta = V^{\perp}\) l'axe polaire. Trois ensembles à deux éléments apparaissent : \[ (3)\qquad \boldsymbol{\varpi} = \text{orientations de } \Sigma \text{ (ou de } E), \qquad \boldsymbol{\omega} = \text{orientations de } \Sigma_{\mathbb{R}} \text{ (ordres cycliques de } J), \] \[ \boldsymbol{\varepsilon} = \pi_0(\Sigma \setminus \Sigma_{\mathbb{R}}) \text{ (hémisphères)}, \] liés par \(\boldsymbol{\varpi} \simeq \boldsymbol{\omega} \wedge \boldsymbol{\varepsilon}\) : une orientation de l'équateur et le choix d'un hémisphère orientent la sphère. \(\Delta\) est la droite réelle tordue par \(\boldsymbol{\varepsilon}\), ses deux demi-droites étant indexées par les hémisphères. \(\mathfrak{S}_J\) agit sur \(E\) par l'action tautologique sur \(V_J(\mathbb{R})\) et par la signature sur \(\Delta\) (8) — une transposition, qui renverse le plan, doit renverser l'axe pour rester une rotation —, et \(\tau = \mathrm{id} \oplus (-\mathrm{id}_\Delta)\) (9)32 .

45–48

L'éclatement réel, et la représentation fictive (pages 45 à 48)

On s'intéresse au groupoïde fondamental de \(\Sigma^{*} = \Sigma \setminus J\). Pour disposer de points base « proches » de chaque \(R_i\), on compactifie : soit \(\Sigma'\) l'éclaté réel de \(\Sigma\) en \(J\), où chaque \(R_i\) est remplacé par la droite projective réelle \(P(T_{\Sigma, R_i})\) de ses directions tangentes. C'est la sphère où trois disques sont remplacés par des rubans de Möbius, une surface non orientable de caractéristique d'Euler \(2 - 3 = -1\), à trois bonnets croisés33 . En la découpant le long des trois cercles, on obtient une surface compacte à bord \(\widetilde\Sigma\) — une sphère à trois trous —, dont le bord \[ (12)\qquad \partial\widetilde\Sigma \simeq \coprod_{i \in J} U_i , \qquad U_i = \text{cercle des directions tangentes unitaires en } R_i , \] revêt doublement les droites projectives : c'est l'éclatement réel orienté. L'intérieur de \(\widetilde\Sigma\) est \(\Sigma^{*}\), et l'inclusion donne une équivalence entre revêtements étales, d'où une équivalence de groupoïdes fondamentaux \[ (14),(15)\qquad \Pi_1(\widetilde\Sigma) \xrightarrow{\ \approx\ } \Pi_1(\Sigma^{*}), \qquad \Pi_1\Bigl(\coprod U_i\Bigr) \longrightarrow \Pi_1(\Sigma^{*}) . \] Les points de \(U_i\) sont ce qu'on appelle aujourd'hui des points base tangentiels34 . On dessine \(\widetilde\Sigma\) dans \(\Sigma^{*}\) comme si l'on avait ôté trois disques « infiniment petits » autour des trous, et l'on travaille avec des points de \(\widetilde\Sigma\) ou avec des parties simplement connexes de \(\widetilde\Sigma\). Le groupe \(\Gamma_{\Sigma,J}\) agit sur toute la situation, et « un aspect essentiel du travail à faire est de garder cette opération constamment présente à l'esprit, et d'introduire des notations et des constructions qui soient invariantes ».

49–53

Points, chemins et régions de base (pages 49 à 53)

On introduit \[ (16)\qquad Q_i = -R_i, \qquad R_i^{\omega} \in U_i\ (\omega \in \boldsymbol{\omega}), \qquad P_\varepsilon\ (\varepsilon \in \boldsymbol{\varepsilon}), \qquad S_i^{\varepsilon} \in U_i , \] \(Q_i\) le point opposé au trou, \(P_\varepsilon\) le pôle de l'hémisphère \(\varepsilon\), \(R_i^{\omega}\) la direction de l'équateur orientée par \(\omega\) en \(R_i\), \(S_i^{\varepsilon}\) la direction du méridien de \(R_i\) vers l'hémisphère \(\varepsilon\). Puis des chemins simples, par paquets \[ (20)\qquad a_i^{\omega,\varepsilon}\ (12), \qquad b_i^{\omega}\ (6), \qquad c_i^{\varepsilon}\ (6), \qquad d_i^{\varepsilon}\ (6) : \] \(a_i^{\omega\varepsilon} : S_i^{\varepsilon} \to R_i^{\omega}\) le quart de tour sur \(U_i\) ; \(b_i^{\omega} : Q_i \to R^{\omega'}_{\omega' i}\) le long de l'équateur, dans la direction \(\omega\) ; \(c_i^{\varepsilon} : P_\varepsilon \to Q_i\) et \(d_i^{\varepsilon} : P_\varepsilon \to S_i^{\varepsilon}\) le long de méridiens35 . Les paquets \(b\), \(c\), \(d\) sont des torseurs sous \(\mathfrak{S}_J\), le paquet \(a\) sous \(\Gamma_{\Sigma,J}\) ; \(\tau\) échange les exposants \(\varepsilon\) et fixe les \(b\) (22).

Régions de base. On découpe ensuite \(\widetilde\Sigma\) par des « incisions » qui relient les trois trous, de façon à obtenir des ouverts simplement connexes aussi grands que possible : \[ (27)\qquad \widetilde\Sigma_\varepsilon = \widetilde\Sigma \setminus \bigcup_{i} \operatorname{supp} d_i^{\varepsilon'}, \qquad \widetilde\Sigma_i = \widetilde\Sigma \setminus \bigcup_{j \neq i} b_j , \] \(b_j\) étant l'arc d'équateur qui passe par \(Q_j\) entre les deux trous voisins36 . Ces régions, de « centres » \(P_\varepsilon\) et \(Q_i\), sont connexes et simplement connexes, et l'on pose \[ (28)\qquad \Pi_\varepsilon = \pi_1(\widetilde\Sigma; \widetilde\Sigma_\varepsilon) \simeq \pi_1(\Sigma^{*}, P_\varepsilon), \qquad \Pi_i = \pi_1(\widetilde\Sigma; \widetilde\Sigma_i) \simeq \pi_1(\Sigma^{*}, Q_i) : \] le groupe fondamental basé en une région simplement connexe, canoniquement isomorphe au groupe basé en n'importe lequel de ses points par des « isomorphismes de transition » \(\varphi\) (29). Les méridiens \(c_i^{\varepsilon}\) donnent des isomorphismes \(\Pi_\varepsilon \rightleftarrows \Pi_i\) (30), qui relient ces cinq groupes de façon transitive, mais pas par un système transitif : le long des cycles du graphe de l'octaèdre (deux pôles, trois \(Q_i\)), on obtient des automorphismes intérieurs, et on les obtient tous37 . On note \(\varphi_i\), \(\varphi_\varepsilon\) les repérages aux points \(R_i^{\omega}\), \(S_i^{\varepsilon}\) (31), le point base ne faisant pas de doute dans les calculs.

53–59

Le groupe standard, et les épinglages (pages 53 à 59)

On repère tout par le groupe standard \[ (32)\qquad \Pi_{0,3} = \pi_1\bigl(U_{0,3}(\mathbb{C}), P^{+}\bigr) \subset \widetilde\Pi_{0,3} = \pi_1\bigl(U_{0,3}(\mathbb{C}), \mathfrak{S}_3 \times \{1, \tau\}; P^{+}\bigr) \] — le groupe fondamental équivariant, formé des couples d'une symétrie et d'un chemin de \(P^{+}\) à son image, celui de la page 14 du dossier 141 —, avec \[ \widetilde\Pi_{0,3} = \langle\, \rho, \sigma_\infty, \tilde\sigma_\infty \mid \rho^3 = \sigma_\infty^2 = \tilde\sigma_\infty^2 = 1,\ \sigma_\infty\rho\,\sigma_\infty^{-1} = \rho^{-1},\ (\sigma_\infty\tilde\sigma_\infty)^2 = 1 \,\rangle \] \[ \simeq GL(2, \mathbb{Z})/\{\pm 1\} = PGL_2(\mathbb{Z}) . \] La présentation est bien celle de \(PGL_2(\mathbb{Z})\), produit amalgamé d'un groupe diédral d'ordre \(6\) et d'un groupe de Klein le long d'un \(\mathbb{Z}/2\), et l'identification est écrite ici de sa main38 . Le « formulaire familier » (33) : \[ \varepsilon_0 = \sigma_\infty\rho, \quad \varepsilon_1 = \rho(\varepsilon_0), \quad \varepsilon_\infty = \rho^2(\varepsilon_0), \qquad l_i = \varepsilon_i^2, \qquad l_\infty l_1 l_0 = 1, \qquad \rho(l_i) = l_{\rho(i)}, \] avec les valeurs de \(\sigma_\infty\), \(\tilde\sigma_\infty\), \(\tau_\infty\) sur les \(l_i\) données dans les conventions39 .

Épinglages. Un repère de la situation est un élément \(r = (i, \omega, \varpi) \in J \times \boldsymbol{\omega} \times \boldsymbol{\varpi}\), qui définit \(\varepsilon = \omega \wedge \varpi\). À chaque repère correspond l'unique isomorphisme (conforme ou anticonforme) \(u_r : (U_{0,3}(\mathbb{C}), P^{+}) \to (\Sigma^{*}, P_\varepsilon)\) qui envoie le repère standard sur \(r\), et l'isomorphisme d'épinglage \[ (34),(36)\qquad \psi_r = \psi_\varepsilon^{i,\omega} = \pi_1(u_r; P^{+}) : \Pi_{0,3} \xrightarrow{\ \sim\ } \Pi_\varepsilon , \] et de même \(\psi_i^{\omega,\varepsilon} : \Pi_{0,3} \xrightarrow{\sim} \Pi_i\), compatibles par les isomorphismes (30). Pour \(P_\varepsilon\) fixé il y a six épinglages, pour \(Q_i\) fixé quatre ; trois et deux si \(\Sigma\) est orientée40 . Le stabilisateur de \(P_\varepsilon\) dans \(\Gamma_{\Sigma,J}\), \[ \Gamma_{P_\varepsilon} = \{(g, \tau^{\alpha}) \mid \alpha = 0 \text{ si } g \text{ est pair},\ \alpha = 1 \text{ sinon}\}, \] le relèvement canonique de \(\mathfrak{S}_3\) que le dossier 145 note \(\Gamma_P\) (sa page 20), agit simplement transitivement sur les repères de même \(\varepsilon\), et \[ (39)\qquad \psi_{r g_0} = \psi_r \circ \pi_1(g_0; P^{+}), \qquad \psi_\varepsilon^{\omega i, \omega} = \psi_\varepsilon^{i,\omega} \circ \rho, \qquad \psi_\varepsilon^{\omega' i, \omega'} = \psi_\varepsilon^{i,\omega} \circ \tilde\sigma_\infty , \] \(\rho\) s'interprétant comme la rotation d'un tiers de tour autour de l'axe polaire, \(\tilde\sigma_i\) comme la symétrie par rapport au méridien de \(Q_i\). En \(Q_i\), le stabilisateur de \(Q_0\) dans le groupe standard est un groupe de Klein engendré par \(\sigma_\infty\) et \(\tau\), et (pages 58–59) \[ \psi_i^{\omega,\varepsilon'} = \psi_i^{\omega,\varepsilon} \circ \tau_\infty, \qquad \psi_i^{\omega',\varepsilon'} = \psi_i^{\omega,\varepsilon} \circ \sigma_\infty, \qquad \psi_i^{\omega',\varepsilon} = \psi_i^{\omega,\varepsilon} \circ \tilde\sigma_\infty , \] la troisième relation étant composée des deux premières (\(\tilde\sigma_\infty = \sigma_\infty\tau_\infty\))41 .

59–63

Les régions-drapeaux, et les points proches des trous (pages 59 à 63)

« Dans tous ces calculs, suivant sans doute d'anciennes habitudes, j'ai privilégié les \(P_\varepsilon\) et les \(Q_i\) comme points base — alors que pour le travail que j'ai en vue, ce sont les points \(R_i^{\omega}\) qui sont les plus cruciaux », parce que les calculs en ces points expriment directement la monodromie autour des trous. Il introduit donc, pour chaque repère \(r\), une région associée au triangle-drapeau \(D_r = P_\varepsilon Q_i R_{\omega i}\) de la subdivision barycentrique de la sphère par l'équateur et les trois trous — douze triangles —, tronqué sur \(\widetilde\Sigma\) en un quadrilatère \(\widetilde D_r\), et sa réunion avec trois de ses symétriques42 : \[ (41)\qquad \widetilde\Sigma_r = \widetilde D_r \cup \tau(\widetilde D_r) \cup \tilde\sigma_i(\widetilde D_r) \cup \tilde\sigma_{\omega i}(\widetilde D_r) . \] Ces douze régions sont simplement connexes et permutées simplement transitivement par \(\Gamma_{\Sigma,J}\) ; d'où des groupes \(\Pi_r = \pi_1(\widetilde\Sigma; \widetilde\Sigma_r)\) reliés par un système transitif d'isomorphismes, et des épinglages \(\Psi_r : \Pi_{0,3} \to \Pi_r\) (42). Un point \(R_i^{\omega}\) est intérieur à exactement deux régions \(\widetilde\Sigma_r\) ; si \(\Sigma\) est orientée par \(\varpi_+\), l'une est privilégiée, et l'on obtient \[ (43)\qquad \Psi_i^{\omega} : \Pi_{0,3} \xrightarrow{\ \sim\ } \pi_1(\widetilde\Sigma, R_i^{\omega}) , \] compatible aux repérages en \(Q_i\) et \(P_\omega\) par les chemins \(b\) et \(c\) (44). Le passage d'un côté à l'autre du trou, par le chemin \(\tilde b_i^{\omega}\) qui passe par \(Q_i\), s'écrit \[ (45)\qquad \tilde b_i^{\omega}\bigl(\Psi_i^{\omega}(x)\bigr) = \Psi_i^{\omega'}\bigl(\sigma_\infty(x)\bigr) , \] la forme même des formules de transport de la suite II (comparer (6) et (42) de la page 30). La suite s'arrête là, au haut de la page 63.

65–103

IV. Généralités sur les actions de groupes de Galois sur les complétés profinis de groupoïdes fondamentaux (pages 65 à 103)

La page 65 est une couverture de sa main, avec au crayon « (38 pages) » ; la suite est paginée de 1 à 18, puis continue.

66–69

Le cadre (pages 66 à 69)

Soit \(K\) un sous-corps de \(\mathbb{C}\) — surtout de type fini sur \(\mathbb{Q}\), la clôture algébrique \(\overline{\mathbb{Q}}\) en étant un cas limite, « pour ne pas être gêné par les racines de 1 » —, et \(X\) un schéma de type fini sur \(K\), qu'on regarde comme l'espace \(X(\mathbb{C})\) muni d'une structure supplémentaire ; on traite les homéomorphismes universels comme des isomorphismes. Le groupoïde fondamental topologique \(\Pi_1(X)\) se plonge dans son complété profini \(\widehat\Pi_1(X)\), bijectivement sur les objets, et \[ (3)\qquad \pi_1(X_{\mathrm{sch}}, x) \simeq \widehat\pi_1(X, x) \] (théorème d'existence de Riemann, SGA 1, exposé XII) ; les ensembles de flèches \(\mathrm{Hom}_{\widehat\Pi_1}(x, y)\) sont les bitorseurs déduits de ceux de \(\Pi_1\) par extension des groupes. Comme \(\widehat\Pi_1\) a une définition purement schématique, le groupe \[ (5)\qquad \Gamma_K = \mathrm{Aut}(\mathbb{C}/K) \] agit sur lui, par \({}^{u}\lambda : {}^{u}x \to {}^{u}y\) pour \(\lambda : x \to y\), de façon compatible à la composition (6) ; une flèche de \(\Pi_1\) n'a en général qu'une image dans \(\widehat\Pi_1\). Sur le sous-groupoïde induit sur les points algébriques \(X(\overline{K})\), l'action se fait à travers \(\mathrm{Gal}(\overline{K}/K)\) (7)43 .

Pour des points rationnels \(x, y \in X(K)\), fixés par \(\Gamma_K\), et un chemin \(l : x \to y\) de \(\Pi_1\), on écrit \[ (8),(9)\qquad {}^{u}l = g_l(u)\, l = l\, f_l(u), \] \[ f_l(u) = l^{-1}\,{}^{u}l \in \widehat\pi_1(X, x), \quad g_l(u) = {}^{u}l\, l^{-1} = l\bigl(f_l(u)\bigr) \in \widehat\pi_1(X, y), \] et l'on décrit l'action de \(u\) par les \(f_l(u)\), ou les \(g_l(u)\), pour \(l\) parcourant des générateurs — en nombre fini sur une partie finie \(I\) de \(X(K)\) : un \(x_0 \in I\), un chemin de \(x_0\) à chaque autre point, des générateurs de \(\pi_1(X, x_0)\). Il présume que pour une courbe anabélienne la connaissance de l'action de \(u\) sur \(\widehat\Pi_1(X, I)\) détermine \(u\).

70–77

Multiplicativité, régions de base, cocycles (pages 70 à 77)

Pour \(x \xrightarrow{l'} y \xrightarrow{l} z\), \[ (10)\qquad g_{ll'}(u) = g_l(u)\, l\bigl(g_{l'}(u)\bigr), \qquad (11)\qquad f_{ll'}(u) = l'^{-1}\bigl(f_l(u)\bigr)\, f_{l'}(u) , \] et (12) itère (10)44 . Ces formules « d'allure peu sympathique » se simplifient si l'on remplace les chemins par des régions de base : soit \(p : T \to X\) continue, \(T\) simplement connexe, et \(\pi = \pi_1(X; T)\), qui s'identifie à chaque \(\pi_1(X, p(x))\) par \(\varphi_x\) (15) ; deux points \(x, y \in T\) donnent une flèche canonique \(l_{y,x} : p(x) \to p(y)\) (16). Pour \(x, y \in T_K = p^{-1}(X(K))\), \(f\) et \(g\) deviennent un même élément de \(\widehat\pi\), \[ (17)\qquad g^{T}_{y,x}(u) = \varphi_y^{-1}\bigl(g_{l_{y,x}}(u)\bigr) = \varphi_x^{-1}\bigl(f_{l_{y,x}}(u)\bigr), \] et (10), (11) se réduisent à la relation de Chasles \[ (18)\qquad g^{T}_{z,y}(u)\, g^{T}_{y,x}(u) = g^{T}_{z,x}(u) \qquad (x, y, z \in T_K) ; \] « quant aux formules de passage (9), elles disparaissent ! »45 . Les invariants \(f_l\), \(g_l\) sont le cas \(T = [0, 1]\) (20), et, pour \(T \to T'\) au-dessus de \(X\), \(g^{T'} = \pi_1(f)(g^{T})\) (23).

Soit alors \(X = \bigcup_\alpha T_\alpha\), les \(T_\alpha\) simplement connexes, d'intérieurs recouvrant \(X\), ordonnés par inclusion de sorte que \(T_\alpha \cap T_\beta = \bigcup_{\gamma \leq \alpha, \beta} T_\gamma\) (28), avec les groupes \(\pi_\alpha = \pi_1(X, T_\alpha)\) et, pour \(T_\alpha \subset T_\beta\), l'isomorphisme \(\varphi_{\beta\alpha} : \pi_\alpha \to \pi_\beta\), de sorte que \(g^{\beta}_{y,x} = \varphi_{\beta\alpha}(g^{\alpha}_{y,x})\) (27)46 . La connaissance des \(g^{\alpha}_{y,x}(u)\) détermine-t-elle tous les \(g_l(u)\) ? L'argument de la page subdivise un chemin en petits chemins entre points « voisins » ; il suppose des points \(K\)-rationnels partout, ce qui n'est pas le cas en général. L'énoncé juste est celui que la page donne ensuite, « un peu plus général, et peut-être plus intéressant » : soit \(I \subset X(K)\) fini, \(I_\alpha = I \cap T_\alpha\) ; si \(I\) rencontre chaque composante connexe par arcs de chaque intersection finie des \(T_\alpha\), le théorème de van Kampen pour les groupoïdes montre que \(\Pi_1(X, I)\) est engendré par les flèches \(l^{\alpha}_{y,x}\), \(x, y \in I_\alpha\), avec pour relations les identifications le long des inclusions ; la connaissance des \(g^{\alpha}_{y,x}(u)\) pour \(x, y \in I_\alpha\) détermine alors tous les \(g_l(u)\), \(l\) chemin de \(\Pi_1(X, I)\)47 .

Variation de \(u\). De \({}^{uv}l = {}^{u}({}^{v}l)\) (28) on tire \[ (29),(30)\qquad g_l(uv) = {}^{u}g_l(v)\, g_l(u), \qquad f_l(uv) = f_l(u)\, {}^{u}f_l(v) : \] pour \(l\) fixé, \(f_l\) et \(g_l^{-1}\) sont des 1-cocycles (homomorphismes croisés) de \(\Gamma_K\) à valeurs dans \(\widehat\pi_1(X, x)\), resp. \(\widehat\pi_1(X, y)\), déduits l'un de l'autre par le transport le long de \(l\) ; ce sont les cocycles du torseur \(\mathrm{Hom}_{\widehat\Pi_1}(x, y)\), dont \(l\) est un « élément origine »48 .

78–82

Classes de cohomologie, et Mordell–Weil (pages 78 à 82)

Si l'on remplace \(l\) par \(l' = la = bl\), \[ (31)\qquad f_{l'}(u) = a^{-1}\, f_l(u)\, {}^{u}a, \qquad g_{l'}(u) = {}^{u}b\, g_l(u)\, b^{-1} : \] les cocycles changent en des cocycles cohomologues49 . Deux points rationnels \(x, y\) définissent donc des classes \[ (32)\qquad f_{y,x} \in H^1\bigl(\Gamma_K, \widehat\pi_1(X, x)\bigr), \qquad g_{y,x} \in H^1\bigl(\Gamma_K, \widehat\pi_1(X, y)\bigr) \] dans les ensembles de cohomologie non abélienne, qui se déterminent mutuellement, de même que \(f_{x,y}\) et \(f_{y,x}\) (\(g_{l^{-1}} = f_l^{-1}\), (34))50 . Toute cette structure se décrit par le bitorseur \(\mathrm{Hom}_{\widehat\Pi_1}(x, y)\) et l'action de Galois sur « tout ce fourbi ».

Quand \(X\) se plonge dans une extension d'une variété abélienne par un tore — par exemple une courbe anabélienne dans sa jacobienne généralisée — et que \(K\) est de type fini sur \(\mathbb{Q}\), le théorème de Mordell–Weil entraîne qu'un point \(x \in X(K)\) est entièrement déterminé par la classe \(f_{x_0,x}\), \(x_0\) fixé, et même par son image abélianisée \[ (34)\qquad (f_{x_0, x})_{\mathrm{ab}} \in H^1\bigl(\Gamma_K, \widehat\pi_1(X, x_0)_{\mathrm{ab}}\bigr) . \] L'énoncé est juste51 .

Déterminer « explicitement » un tel cocycle, en termes des propriétés arithmétiques du point, « c'est là un travail fascinant en perspective, que je n'ai pratiquement pas encore commencé ! ». Mais que veut dire « explicitement », le groupe \(\Gamma_K\) étant lui-même loin d'être connu ? Il faut repérer \(u\) par des invariants \(f_{l_j}(u)\) attachés à des générateurs d'un groupoïde \(\Pi_1(X, I)\). Or pour une courbe elliptique, ou pour \(\mathbb{G}_m\), l'action de \(\Gamma_K\) sur \(\widehat\Pi_1(X_{\overline{K}})\) n'est pas fidèle : il faut des paramètres de repérage pris sur d'autres variétés, la plus naturelle étant \[ (35)\qquad U_{0,3} = \mathbb{P}^1 \setminus \{0, 1, \infty\} . \]

82–89

Fonctorialité, symétries, réduction à \(U_{0,3}\) (pages 82 à 89)

Un morphisme \(f : X \to Y\) de \(K\)-schémas donne \(\widehat f : \widehat\Pi_1(X) \to \widehat\Pi_1(Y)\), qui commute à l'action de Galois (39), d'où \(\widehat f(f_l(u)) = f_{\widehat f(l)}(u)\) et de même pour \(g\) (40). Le cas extrême est celui d'un groupe \(\mathfrak{G}\) de \(K\)-automorphismes de \(X\) : \(\widehat\Pi_1(X)\) devient un groupoïde à opérateurs \(\mathfrak{G} \times \Gamma_K\). Avec un point base \(x_0\), l'action de \(\Gamma_K\) sur \(\widehat\Pi_1(X, I)\) est connue par son action sur \(\widehat\pi_1(X, x_0)\) et sur les torseurs \(\mathrm{Hom}(x_0, x_i)\), soit par les données (42), (43) ; mais le choix d'un point base introduit une dissymétrie « qui semble artificielle, et à la longue je crois impraticable », surtout en présence de \(\mathfrak{G}\), « alors que pratiquement jamais on ne peut trouver un \(x \in X(K)\) fixe sous \(\mathfrak{G}\) ». C'est exactement la difficulté que les suites II et III contournaient par des systèmes symétriques de points et de régions de base.

Réduction à \(U_{0,3}\). Soit \(X\) quasi-projective lisse géométriquement connexe. Par un théorème de type Lefschetz, \(X\) contient une courbe \(C\) dont l'inclusion est surjective sur les groupes fondamentaux ; par le théorème de Belyi, un ouvert de \(C\) est un revêtement fini étale de \(U_{0,3}\) : \[ (44)\qquad \begin{array}{ccc} C & \overset{i}{\hookrightarrow} & X\\ {\scriptstyle f}\downarrow & & \\ U_{0,3} & & \end{array} \qquad i \text{ surjectif sur les } \pi_1,\quad f \text{ fini étale},\quad I \subset C . \] Alors \(\widehat\Pi_1(X, I)\) est un quotient de \(\widehat\Pi_1(C, I)\), et \(\widehat\Pi_1(C, I) \to \widehat\Pi_1(U_{0,3}, f(I))\) est fidèle, « injective » sur les ensembles de flèches. Les deux flèches commutant à Galois, l'action de \(\Gamma_K\) sur \(\widehat\Pi_1(U_{0,3}, I_0)\), \(I_0 = f(I)\), détermine son action sur \(\widehat\Pi_1(X, I)\)52 .

Inversement, on cherchera des conditions nécessaires et suffisantes pour qu'un automorphisme \(\Theta\) de \(\widehat\Pi_1(U_{0,3}; I_0)\) fixant les sommets provienne d'un \(u \in \Gamma_K\). Première condition : pour tout revêtement \(f : C \to U_{0,3}\) défini sur \(K\), avec \(I = f^{-1}(I_0) \subset C(K)\), \(\Theta\) doit se relever en une action sur \(\widehat\Pi_1(C, I)\) qui soit l'identité sur les sommets ; quand \(I \to I_0\) n'est pas surjectif, ou les points de \(I\) pas rationnels, on demande la même chose pour une puissance \(\Theta^n\) convenable.

90–97

Un lemme de relèvement (pages 90 à 97)

À ces conditions de « prolongeabilité » s'en ajoute une : pour un morphisme \(C \to X\), que l'action passe au quotient, c'est-à-dire que l'action sur \(\widehat\pi_1(C, x_0)\) stabilise le noyau de \(\widehat\pi_1(C, x_0) \to \widehat\pi_1(X, x_0)\). Pour exprimer le relèvement, la page énonce :

Lemme. Soit \(\widetilde{\mathcal{C}} \to \mathcal{C}\) un revêtement de groupoïdes, \(\mathcal{C}\) connexe, \(x_0\) un sommet de \(\mathcal{C}\), \(x'_0\) un sommet au-dessus, \(\Pi_0 = \pi_1(\mathcal{C}, x_0)\) et \(\Pi'_0 \subset \Pi_0\) l'image de \(\pi_1(\widetilde{\mathcal{C}}, x'_0)\). Soit \(\Theta\) un automorphisme de \(\mathcal{C}\) fixant \(x_0\). Alors \(\Theta\) se relève en un automorphisme de \(\widetilde{\mathcal{C}}\) fixant \(x'_0\) si et seulement si \(\Theta(\Pi'_0) = \Pi'_0\) ; le relèvement est alors unique, et sur les fibres il est donné par transport de structure à partir de \[ (45)\qquad \mathrm{Ob}\,\widetilde{\mathcal{C}}_{x_i} = H_{x_i, x_0} \times^{\Pi_0} \Pi_0/\Pi'_0, \qquad H_{x_i, x_0} = \mathrm{Hom}_{\mathcal{C}}(x_0, x_i) . \] Sans exiger que \(x'_0\) soit fixe, \(\Theta\) se relève si et seulement si \(\Theta(\Pi'_0)\) est conjugué de \(\Pi'_0\) dans \(\Pi_0\), et les relèvements correspondent aux éléments de \[ (49)\qquad \mathrm{Transp}_{\Pi_0}\bigl(\Pi'_0, \Theta(\Pi'_0)\bigr)/\Pi'_0, \qquad \mathrm{Transp} = \{g \in \Pi_0 \mid g\,\Pi'_0\,g^{-1} = \Theta(\Pi'_0)\} . \] Pour un sous-groupoïde plein \(\mathcal{C}' \subset \widetilde{\mathcal{C}}\), équivalent à un revêtement de \(\mathcal{C}\), il faut de plus que \(\mathrm{Ob}\,\mathcal{C}'\) soit stable par le relèvement.

En effet un relèvement sur la fibre \(E_0 = \Pi_0/\Pi'_0\) est une bijection \(\widetilde\Theta_0\) vérifiant \(\widetilde\Theta_0(g x') = \Theta(g)\widetilde\Theta_0(x')\) (46) ; elle est déterminée par l'image \(g\Pi'_0\) du point base, et la compatibilité des stabilisateurs impose \(\Theta(\Pi'_0) = g\Pi'_0 g^{-1}\) ; \(g\) et \(g\alpha\), \(\alpha \in \Pi'_0\), donnent le même relèvement53 .

Résumé (page 94) : pour qu'un automorphisme \(\Theta\) de \(\widehat\Pi_1(X, I)\), \(I \subset X(K)\), provienne d'un \(u \in \Gamma_K\), il faut que

« Je ne pense pas trop exagérer en conjecturant » que ces conditions nécessaires sont aussi suffisantes, quand \(X\) est une courbe anabélienne et \(K\) de type fini sur \(\mathbb{Q}\). Quant à l'unicité de \(u\), il l'attend quand \(K\) est algébrique sur \(\mathbb{Q}\), et, en degré de transcendance positif, quand \(K\) est fini sur le corps des modules de \(X\)54 .

Pages 96–97 : le cas d'un revêtement \(\widetilde{\mathcal{C}}\) non connexe, venant d'un \(X' \to X\) seulement \(K\)-connexe : sur la fibre \(E_0\), le groupe engendré par \(\Gamma_K\) et \(\Pi_0\) agit transitivement, sans que \(\Pi_0\) le fasse. L'application qui à \(x' \in E_0\) associe son stabilisateur induit \[ (51)\qquad \pi_0(E_0) = E_0/\Pi_0 \longrightarrow \mathrm{Ssgr}(\Pi_0)/\Pi_0 \] vers les classes de conjugaison de sous-groupes, et une condition nécessaire évidente est que l'image soit stable par \(\Theta\) ; un relèvement est alors déterminé par une bijection de \(\pi_0(E_0)\) compatible à (51) et par l'image d'un point dans chaque composante55 .

98–103

La condition des lacets, et les conditions de stabilité (pages 98 à 103)

Il reste une condition, « plus importante » : la compatibilité avec la « structure à l'infini » — pour une courbe, la donnée des classes de conjugaison des sous-groupes d'inertie aux trous — qui s'exprime « particulièrement élégamment » dans le langage des groupoïdes. Les conditions a), b), au contraire, ne s'expriment pas directement sur les paramètres (\(\alpha, \beta, \zeta, \eta, \ldots\)) qui repèrent un \(u \in \mathrm{Gal}(\overline{\mathbb{Q}}/\mathbb{Q})\) par son action sur \(\Pi_{0,3}\). Il annonce, à propos des \(M_{g,\nu}\) et des groupes de Teichmüller, une conjecture « intéressante et plausible » en termes de propriétés des groupes profinis tels que \(\widehat\Pi_{0,3}\), liées à \(M_{0,4}\), \(M_{0,5}\)56 . Puis il récapitule, pour un automorphisme \(\Theta\) de \(\widehat\Pi_1(X, I)\), \(I \subset X(\overline{K})\), \(I \cap X(K) \neq \emptyset\) — surtout pour \(X = U_{0,3}\) :

Une condition 5° réunissant 3° et 4° serait facile à écrire, dit la page 101, mais il ne sait pas s'il en aura besoin57 .

Adjacence (pages 102–103). Soit \(T \subset X(\mathbb{C})\) localement fermée, simplement connexe, et \(X' \to X\) fini étale au voisinage de \(T\) ; \(X'|_T\) est réunion de copies de \(T\), et deux points au-dessus de \(T\) sont \(T\)-adjacents s'ils sont sur la même copie. Galois respecte l'adjacence, et l'on définit \(g^T_{x',y'}(u)\) par \({}^{u}l^T_{y',x'} = g^T(u)\, l^T_{u(y'),u(x')}\) (53), avec \(\widehat f(g^T_{y',x'}(u)) = g^T_{y,x}(u)\) (54). D'où une condition nécessaire : \[ g^{T}_{y,x}(u) \in \bigcap_{\alpha \in \pi_0(X'|_T)} \mathrm{Im}\,\widehat\varphi_\alpha \qquad \text{pour tout } u , \] \(\widehat\varphi_\alpha : \widehat\pi_1(X', T_\alpha) \hookrightarrow \widehat\pi_1(X, T)\) les inclusions des composantes \(T_\alpha\), dont les images sont des conjugués d'un même sous-groupe, sous la seule hypothèse — plus faible que la rationalité — que \(u(x'_\alpha)\) et \(u(y'_\alpha)\) restent \(T\)-adjacents58 . La suite s'arrête là.

104–121

V. Groupoïde fondamental d'une carte trouée (pages 104 à 121)

La page 104 est une feuille de garde de sa main, avec ce titre — sous-titré « préliminaires à l'action de Galois » — et « (14 pages) ». Le titre reprend la « carte trouée » dont la page 10 du dossier 141 commençait la définition : une carte dont les sommets, les milieux d'arêtes et les centres des faces sont percés.

105–112

Esquisses (pages 105 à 112)

Présentations de \(\Pi_1(U_{0,3})\) (page 105). Quatre figures présentent le groupoïde fondamental de la sphère privée de \(0, 1, \infty\) sur divers ensembles de points base, choisis sur de petits cercles autour des trous : « 6 sommets, 9 flèches, 2 relations » ; « 4 sommets, 6 flèches, 1 relation » (trois cas) ; « 2 sommets, trois flèches, 0 relation » (trois cas) ; « 1 sommet, 2 flèches, 0 relation » (trois cas). Dans chaque cas le nombre \(\text{flèches} - \text{sommets} + 1 - \text{relations}\) vaut \(2\), le rang du groupe libre \(\Pi_{0,3}\)59 .

La sphère à quatre trous (page 107). Les points \(0, \infty\) aux pôles, \(1, -1\) (et \(\pm i\)) sur l'équateur ; les symétries \(z \mapsto -z\), \(z \mapsto 1/z\), qui engendrent un groupe de Klein \(\mathbb{F}_2^{\,2}\) ; la suite exacte \(1 \to \mathbb{F}_2^{\,2} \to \mathfrak{A}_4 \to \mathbb{Z}/3 \to 1\) ; la relation \(l_\infty\, l_1\, l_0\, l_{-1} = 1\) entre les quatre lacets60 .

Le modèle algébrique (page 110). La sphère de III se réalise comme \(\Sigma_J = \mathbb{P}(V(J))\), \(V(J) = \ker(\mathcal{O}^J \to \mathcal{O})\) ; le fibré tangent est \(\mathcal{O}(2)\) tordu par le \(\mathbb{Z}/2\)-torseur \(\boldsymbol{\omega}\) des orientations (« attention signe ! »), les trous \(R_i\), les points \(Q_i\), \(Q_i^{\omega}\) et les pôles \(P_\omega\) — ceux-ci définis à l'aide d'une racine cubique primitive de l'unité \(\zeta\), comme droites propres de la permutation circulaire — étant donnés par des vecteurs explicites de \(V(J)\)61 .

Cartes régulières et quotients diédraux (page 111). Le polygone régulier à \(n\) côtés, dessiné sur l'équateur de la sphère, troué en ses sommets, ses milieux d'arêtes et ses deux centres de faces, donne une surface \(\Sigma_n^{**}\) et une tour \[ \Sigma_n^{**} \xrightarrow{\ \deg n\ } \Sigma_1^{**} = \mathbb{P}^1 \setminus \{0, \infty, 1, -1\} \xrightarrow{\ \deg 2\ } U_{0,3}, \] la première flèche étant \(z \mapsto z^{n}\), la seconde le quotient par \(z \mapsto 1/z\) ; le composé est un revêtement galoisien de \(U_{0,3}\), de groupe le groupe diédral \(D_n^{+}\) des rotations de la sphère qui préservent la carte62 . La page 112 dessine les douze points \(\pm R_i^{\omega}\), \(\pm R_i^{\omega'}\) et les douze valeurs de \(P_i^{\omega,\zeta}\).

113–116

Le groupoïde fondamental d'une carte trouée (pages 113 à 116)

Soit \(\mathcal{X}\) une carte finie, non nécessairement orientée, \(\mathcal{R}\) l'ensemble de ses repères (drapeaux), \(S = S_0 \sqcup S_1 \sqcup S_\infty\) l'ensemble de ses sommets, arêtes et faces, identifiés à leurs centres \(R_\varphi\). Un repère \(r = (s, a, f)\) s'identifie au triangle de la subdivision barycentrique de sommets \(R_s, R_a, R_f\), d'indices \(0, 1, \infty\), orienté dans le sens \(0, 1, \infty\). Les repères adjacents \(\tau_0(r)\), \(\tau_1(r)\), \(\tau_\infty(r)\) sont ceux qui partagent avec \(r\) le côté opposé au sommet d'indice correspondant, et \[ (1)\text{–}(5)\qquad \tau_0^2 = \tau_1^2 = \tau_\infty^2 = (\tau_0\tau_\infty)^2 = 1, \] \[ \rho_\infty = \tau_1\tau_0,\ \rho_0 = \tau_\infty\tau_1,\ \rho_1 = \tau_0\tau_\infty, \qquad \rho_\infty\rho_1\rho_0 = 1 , \] \(\rho_\infty\) tournant d'un cran autour de la face, \(\rho_0\) autour du sommet, \(\rho_1\) autour du milieu de l'arête. C'est le groupe cartographique de la page 9 du dossier 141, \(\tau_0, \tau_1, \tau_\infty\) y étant notés \(\sigma_0, \sigma_1, \sigma_2\)63 .

Sur chaque côté du triangle \(r\), près de chacune de ses extrémités, on place un sommet : \(R^{i,j}_r\) est voisin du sommet d'indice \(i\), sur le côté qui le joint au sommet d'indice \(j\) (6), avec les seules identifications \(R^{i,j}_r = R^{i,j}_{\tau_k(r)}\), \(k \notin \{i, j\}\) (7) — les deux triangles partagent ce côté. Les arcs sont \[ (8)\qquad \lambda^i_r : R^{i,i+1}_r \longrightarrow R^{i,i+2}_r, \qquad (9)\qquad a^i_r : R^{i+1,i+2}_r \longrightarrow R^{i+2,i+1}_r , \] où \(i + 1\), \(i + 2\) sont les successeurs de \(i\) dans l'ordre circulaire \((0, 1, \infty)\) : \(\lambda^i_r\) est la portion, intérieure à \(r\), du petit cercle autour du sommet d'indice \(i\), et \(a^i_r\) longe le côté opposé à ce sommet, de sorte que \(a^i_r = a^i_{\tau_i(r)}\) (10)64 . Le triangle tronqué est un hexagone, dont le bord donne la relation \[ (12)\qquad \underbrace{(\lambda^0_r)^{-1} a^1_r}_{b^\infty_r}\ \underbrace{(\lambda^\infty_r)^{-1} a^0_r}_{b^1_r}\ \underbrace{(\lambda^1_r)^{-1} a^\infty_r}_{b^0_r} = 1 , \] lacet basé en \(R^{0,1}_r\)65 .

Les sommets \(R^{ij}_r\), les flèches \(\lambda^i_r\) et \(a^i_r\), avec les relations (7), (10), (12), présentent le groupoïde fondamental \(\Pi_1(\widetilde{X}^{**}, \{R^{ij}_r\})\), où \(\widetilde{X}^{**}\) est la surface à bord obtenue en éclatant réellement la carte en tous les points de \(S\), d'intérieur \(X^{**} = X \setminus \{R_\varphi\}\)66 . Les notations gardent un sens pour toute carte triangulaire « partielle » de type \(\{0, 1, \infty\}\) ; la relation \((\tau_0\tau_\infty)^2 = 1\), qui dit que les sommets de type \(1\) sont de valence \(4\), est la seule qui la fasse venir de la subdivision barycentrique d'une carte. On introduit les « rotations d'un double cran » \[ (13)\qquad \Lambda^i_r = (\lambda^i_{\tau_{i+1}(r)})^{-1}\lambda^i_r : R^{i,i+1}_r \to R^{i,i+1}_{\tau_{i+1}(r)}, \qquad \Lambda'^i_r = \lambda^i_{\tau_{i-1}(r)}(\lambda^i_r)^{-1} : R^{i,i-1}_r \to R^{i,i-1}_{\tau_{i-1}(r)}, \] qui font le tour du sommet d'indice \(i\) à travers deux triangles, et satisfont \(\Lambda^i_r\Lambda^i_{\tau_{i+1}(r)} = 1\), \(\Lambda'^i_r\Lambda'^i_{\tau_{i-1}(r)} = 1\) (14) — des relations de redondance67 .

117–120

Présentations réduites (pages 117 à 120)

En éliminant les sommets sur les côtés de type \(1\) (joignant un sommet et un centre de face) et les arcs \(a^1_r\) qui les joignent, on garde les \(R^{ij}_r\) avec \(1 \in \{i, j\}\), les arcs \(\lambda^1_r\), \(\Lambda^0_r\), \(\Lambda^\infty_r\), \(a^0_r\), \(a^\infty_r\), les relations de redondance (14), et une relation par quadrilatère \(r \cup \tau_1(r)\) : \[ (16)\qquad \Lambda'^\infty_{\tau_1(r)}\,(\beta^1_{\tau_1(r)})^{-1}\,\Lambda^0_r\,(\beta^1_r)^{-1} = 1, \qquad \beta^1_r = a^0_r(\lambda^1_r)^{-1}a^\infty_r , \] stable par \(r \mapsto \tau_1(r)\), de sorte qu'on peut se borner, si \(X\) est orientable, aux repères d'une orientation68 .

En ne gardant que les arcs \(a^\infty_r\) et les sommets \(R^{0,1}_r\), \(R^{1,0}_r\) qu'ils joignent, avec les doubles crans autour des sommets de type \(0\) et \(1\), \[ (18)\qquad a^\infty_r : R^{0,1}_r \to R^{1,0}_r, \qquad \Lambda^0_r : R^{0,1}_r \to R^{0,1}_{\tau_1(r)}, \qquad \Lambda'^1_r : R^{1,0}_r \to R^{1,0}_{\tau_0(r)}, \] les seules relations sont de redondance (19) : le groupoïde est libre. En effet le graphe correspondant — de petits cercles autour des sommets de type \(0\) et \(1\), reliés le long des demi-arêtes — a pour complémentaire des disques épointés, et la surface se rétracte sur lui. Cela fait trois présentations, sur \(S \setminus S_i\), \(i = \infty, 0, 1\). Enfin, en ne gardant que les \(R^{0,1}_r\), on obtient un groupoïde libre engendré par \[ (21)\qquad A^{0,1}_r = (a^\infty_{\tau_0(r)})^{-1}\,\Lambda'^1_r\,a^\infty_r : R^{0,1}_r \to R^{0,1}_{\tau_0(r)}, \qquad \Lambda^0_r : R^{0,1}_r \to R^{0,1}_{\tau_1(r)}, \] avec les seules relations de redondance \(\Lambda^0_r\Lambda^0_{\tau_1(r)} = 1\), \(A^{0,1}_r A^{0,1}_{\tau_0(r)} = 1\) (22)69 . Au total, \(10 = 1 + 3 + 3 + 3\) présentations, selon les ensembles de sommets retenus.

120–121

Le bouchage des trous (pages 120 et 121)

« Dans chacun des cas envisagés, le “bouchage” d'un trou \(R_\varphi\) se fait de façon essentiellement triviale » : il suffit d'exprimer, en termes des flèches génératrices choisies, le « lacet » autour de \(R_\varphi\) — pour un sommet de type \(0\), le produit des doubles crans \(\Lambda^0\) qui en font le tour —, « puis d'exprimer que ce lacet est \(\simeq 1\) »70 . Le groupoïde fondamental de la carte dont on a bouché ce trou est le quotient par cette relation, par le théorème de van Kampen.

C'est la réponse, au niveau combinatoire et pour une carte donnée, à la difficulté laissée en suspens aux pages 17 à 20 : là, le bouchage des trous ne trouvait pas de place, à côté des revêtements, dans une catégorie dont on pût interpréter la complétion profinie ; ici, sur des présentations explicites, il n'est qu'une relation de plus. Le dossier s'arrête sur ce constat.

Notes

  1. Le dossier 145 souligne : « et non \(l_0 l_1 l_\infty = 1\) ! » ; sa première rédaction utilisait l'ordre opposé. ↩
  2. L'usage de « groupe de Teichmüller » pour le groupe des classes d'isotopie est celui de Grothendieck, ici comme dans l'Esquisse d'un programme (1984) ; l'usage courant le réserve au groupe modulaire agissant sur l'espace de Teichmüller, ce qui revient au même pour les surfaces de type fini anabéliennes. ↩
  3. La page dit le foncteur « pleinement fidèle » ; il faut aussi qu'il soit essentiellement surjectif, ce qui vient de ce que \(I\) est contractile. C'est ce qu'elle utilise. ↩
  4. La phrase qui pose la question (page 3) se poursuit à la page 5 ; la page 4 fait suite à la page 5, et la page 6 à la page 4. On lit dans cet ordre. Le début de la page 4, qui ramène le cas d'une action non libre au cas d'une action libre en ôtant les points de ramification, est en partie illisible. ↩
  5. La page écrit \(\mathbb{U} \times \mathbb{U}\), lecture incertaine ; \(\mathbb{U}\) est vraisemblablement le cercle unité, et l'exemple le tore. Les deux exemples sont de caractéristique d'Euler nulle, hors du cas anabélien. ↩
  6. Cet argument est de l'édition. La page dit qu'il suffit que \(\gamma\) agisse trivialement sur \(H_1\) à coefficients dans \(\mathbb{Z}\), ou dans \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\) avec \(n \geq 3\) ; ce second énoncé est, pour les courbes projectives de genre \(\geq 2\), le lemme de Serre (1960). La condition \(2g + \nu \geq 2\) que la page écrit (lecture incertaine) est celle pour que l'application d'Abel–Jacobi généralisée soit injective. Elle ajoute : « Sûrement, il ne doit pas être difficile de trouver une démonstration directe purement topologique ». ↩
  7. La page ne dit pas d'où vient cette contractilité ; c'est le théorème de Hamstrom (1966) pour les groupes d'homéomorphismes, d'Earle et Eells (1969) pour les difféomorphismes. Il faut aussi que l'application orbite \(A^{\circ}_X \to\) (composante), \(u \mapsto f u\), soit un homéomorphisme, ce qu'on admet ici avec la page. ↩
  8. Ces deux remarques sont dans les marges de la page 7. Une autre note marginale, en grande partie illisible, rapproche \(T_X\) de \(\mathrm{Out}\) de \(\pi_X\) ; si c'est bien l'objet de la note, c'est le théorème de Dehn–Nielsen–Baer, mais la reconstruction est de l'édition. ↩
  9. La page 12 dit d'abord « compacts », puis « en fait, des espaces localement compacts dénombrables à l'infini » ; pour \(X\), \(Y\) fixés, le nombre d'orbites est fini (note de la page 7) et l'espace est compact. Le « sans point isolé » est son « et pas un point isolé ». ↩
  10. C'est la note marginale de la page 10, en partie illisible ; l'équivalence est immédiate, l'orbite de \(u\) sous \(\mathrm{Aut}(X)\) correspondant à \(\mathrm{Aut}(X) \times H_u\). ↩
  11. L'identification n'est pas démontrée par la page. Sur une orbite \(O = (\mathrm{Aut} X \times \mathrm{Aut} Y)/G_u\), elle demande que l'adhérence de \(G_u\) dans \(\widehat{\mathrm{Aut}}(X) \times \widehat{\mathrm{Aut}}(Y)\) rencontre \(\widehat{\mathrm{Aut}}(X) \times \{1\}\) selon l'adhérence du stabilisateur de \(u\) dans \(\mathrm{Aut}(X)\) : une compatibilité des topologies profinies le long de \(u\) que \((*)\) seule ne donne pas. Dans le cas des surfaces, le stabilisateur est fini, mais l'image de \(G_u\) dans \(T_X\) — les classes qui descendent le long du revêtement — est en général d'indice infini, et la question touche à la topologie que \(\widehat{T}_X\) induit sur ce sous-groupe. On rapporte l'énoncé sans le reprendre à notre compte. ↩
  12. La page 13 fait suite à la page 11 (« Par construction, tout \(\widehat{C}_0\)-morphisme » — « (18) \(\hat f : X \to Y\) se factorise »), et la page 14 à la page 12. On lit dans cet ordre ; la transcription suit l'ordre des feuillets. ↩
  13. La page ajoute « pas besoin qu'il soit de car. 0 ! ». En caractéristique \(p > 0\), l'invariance par extension de corps algébriquement clos vaut pour les variétés propres et pour les quotients modérés, mais pas pour le groupe fondamental d'une courbe affine, que la ramification sauvage fait dépendre du corps ; et les revêtements étales d'une telle courbe ne relèvent plus de la topologie. On s'en tient ici à la caractéristique nulle. La note marginale de la page 15 précise que l'équivalence ne signifie pas que toute courbe sur \(k'\) provienne de \(k\) : c'est que, dans cette catégorie, deux courbes de même type sont isomorphes. ↩
  14. La fin de la page 15 est peu lisible ; « des compactifiés profinis des groupes … de Teichmüller » est sûr, le reste non. ↩
  15. Note marginale très serrée, lecture en grande partie conjecturale. Ce programme est celui que l'Esquisse d'un programme (1984) exposera sous le nom de « tour de Teichmüller ». ↩
  16. La page écrit \(T = \widehat{Y} \setminus T\), pour \(\widehat{Y} \setminus Y\). ↩
  17. La page 18 est très corrigée ; l'ordre de lecture de sa phrase centrale est conjectural, et l'on n'en retient que la conclusion, qui est sûre. ↩
  18. Aujourd'hui : l'application d'oubli de points \(M_{g,\nu} \to M_{g,\nu-\nu'}\) des champs de modules, sur les groupoïdes fondamentaux. Pour rester dans le monde anabélien, il faut \(2g - 2 + \nu - \nu' > 0\), ce que la page ne précise pas. ↩
  19. « \(\pi_1 M_{0,3}\) » désigne ici le groupe fondamental d'une courbe de type \((0, 3)\), c'est-à-dire \(\Pi_{0,3}\), et non celui du champ des modules \(M_{0,3}\), qui est un point ; c'est l'usage de la Longue Marche, qui écrit \(\pi_{0,3}\). ↩
  20. La page note ce groupe \(\widetilde{\mathfrak{S}}_J\) et dit qu'il permute « de façon simplement transitive » chacun des paquets de six flèches introduits ensuite, y compris les six méridiens \(d_i^{\omega}\) issus des deux pôles. Cela impose l'action par rotations, les demi-tours échangeant les pôles ; un groupe fixant un pôle ne pourrait envoyer \(d_i^{+}\) sur \(d_i^{-}\). L'identification est de l'édition. ↩
  21. Les indices de (2 b) sont lus avec doute ; on n'en retient que la forme. Le compte est cohérent : \(12 - 3 = 9\) flèches indépendantes, \(6\) sommets, \(2\) relations, et \(9 - 6 + 1 - 2 = 2\) est bien le rang du groupe libre \(\Pi_{0,3}\) (vérification de l'édition). ↩
  22. Avec \(\varepsilon_0 = \sigma_\infty \rho\) (page 54), on vérifie \(\varepsilon_0(l_0) = l_0\) et \(\varepsilon_0^2 = \mathrm{int}(l_0)\) comme automorphismes de \(\Pi_{0,3}\) ; c'est ce qu'utilise la formule (30) ci-dessous. Le dossier 145 écrit de même \(\varepsilon_i^2 = l_i\), ses \(\varepsilon_i\) relevant les transpositions. ↩
  23. Le rapprochement est de l'édition, à des conventions près (ordre de la relation entre les lacets, côté des conjugaisons) que nous n'avons pas confrontées terme à terme. Ni Drinfeld ni Ihara, qui nomma le groupe (1991), ne pouvaient être cités par ces pages. La troisième relation de Drinfeld, pentagonale, porte sur \(M_{0,5}\) ; voir la page 99 ci-dessous. Le dossier 145 rencontre ces mêmes relations, dans une autre présentation, aux pages 6 à 11. ↩
  24. La seconde égalité de (30) a été vérifiée, à partir de \(\varepsilon_0(l_0) = l_0\) et \(\varepsilon_0^2 = \mathrm{int}(l_0)\). ↩
  25. (32) est vérifié ici : pour \(g = \rho\), on applique \(\rho\) à la relation ; pour \(g\) impair, qui vérifie \(g\rho = \rho^{-1}g\), l'expression transformée est l'image par \(g\) de l'inverse de \(\rho^{-1}(x)\rho^{-2}(x)x\), conjugué cyclique de \(x\rho^{-1}(x)\rho^{-2}(x)\), donc trivial. L'exposant \(\chi(g)\) est surchargé sur la page. ↩
  26. Vérifié : le produit \(\tilde\alpha\rho^{-1}(\tilde\alpha)\rho^{-2}(\tilde\alpha)\) se télescope en \(\zeta\rho^{-3}(\zeta)^{-1} = 1\). ↩
  27. La page écrit, en (60) et (63), \(\alpha' = \zeta'\rho^{-1}(\zeta')^{-1}\), l'exposant de \(\rho\) étant surchargé et lu \(-1\). Mais la dérivation qu'elle donne à la page 35 — (25 bis) passé aux inverses, \(\alpha' = \eta\,\rho(\tilde\alpha')\,\rho(\eta)^{-1}\), puis \(\rho(\tilde\alpha') = \zeta\rho(\zeta)^{-1}\) — aboutit à \(\alpha' = (\eta\zeta)\,\rho(\eta\zeta)^{-1}\), et c'est ce que réécrit (78) à la page 40. C'est aussi la forme qui donne la relation « habituelle » \(\alpha'\rho(\alpha')\rho^2(\alpha') = 1\) par télescopage. On l'adopte. Les autres pas de (57) à (63) ont été vérifiés ; la formule (25 bis), qui dépend des conventions perdues, est reprise de la page. ↩
  28. La page encadre ensemble \(\mathrm{I}\), \(\mathrm{II}\), \(\mathrm{VII}\), \(\mathrm{VI}\) ; une flèche partant de \(\mathrm{II}\) vers la droite est rayée. Le diagramme a sept nœuds et huit inclusions, tous reproduits. ↩
  29. Les deux formes de la seconde ligne de (70) sont équivalentes (\(\sigma_\infty\) est involutif) ; vérifié. Même remarque qu'en (63) sur l'exposant de \(\rho\). ↩
  30. Les indices de (72) sont surchargés ; le numéro (75) sert deux fois, (78) trois fois ; les formules (76) et (79) auxquelles renvoie la page 41 ne figurent pas au dossier. On n'en retient que la conclusion, qui coïncide avec (70). ↩
  31. La marge note que l'antipodie n'est pas dans \(\Gamma_{\Sigma,J}\) : elle ne stabilise pas \(J\). ↩
  32. Vérifications de l'édition : \(q(R_k) = 1 - 1 + 1 = 1\), et le produit scalaire \(-1/2\) entre deux \(R_j\) est celui d'un triangle équilatéral inscrit. ↩
  33. La page conclut « donc le genre est \(2\) », par \(\chi = 1 - g\). Le nombre de bonnets croisés de cette surface est \(3\) (\(\chi = 2 - 3\)) ; \(2\) est son premier nombre de Betti rationnel. La surface elle-même ne sert qu'à passer à \(\widetilde\Sigma\). ↩
  34. La notion a été formalisée par Deligne (1989) pour la droite projective moins trois points, comme base de l'action de Galois sur le groupe fondamental ; ces pages n'en ont pas le nom. ↩
  35. En (25) et (26), l'indice supérieur est écrit \(\omega\) là où (20) porte \(\varepsilon\) ; on suit (20). ↩
  36. La page écrit \(\operatorname{supp} d_i^{\varepsilon}\), et \(b_j = \operatorname{supp} c_j^{\omega} \cup \operatorname{supp} c_j^{\omega'}\). Le dessin en marge montre les incisions issues du pôle opposé, et c'est la seule lecture pour laquelle le « centre » \(P_\varepsilon\) reste dans la région ; de même les incisions de \(\widetilde\Sigma_i\) sont dessinées « le long de l'équateur », donc faites des arcs \(b\). Simple connexité : le complémentaire est réunion des trois disques fictifs et d'un arbre qui les joint, ensemble contractile. ↩
  37. Les trois demi-méridiens qui portent les \(c\) découpent la sphère en trois fuseaux contenant chacun un trou ; la sphère trouée se rétracte sur ce graphe, dont les cycles engendrent donc le groupe fondamental. Le centre de \(\Pi_{0,3}\) étant trivial, on obtient bien tous les automorphismes intérieurs (justification de l'édition). ↩
  38. La relation \(\tilde\sigma_\infty(\sigma_\infty) = 1\) est lue avec doute ; on la comprend comme la commutation de \(\sigma_\infty\) et \(\tilde\sigma_\infty\), ce que confirme le crochet « i.e. \((\sigma_\infty\tilde\sigma_\infty)^2 = 1\) ». Une version biffée donnait pour la partie orientée \(SL(2,\mathbb{Z})/\{\pm 1\}\). Le dossier 145 retrouve ce groupe comme groupe de Coxeter \((2, 3, \infty)\) et y donne l'identification comme de l'édition ; elle est en fait sur cette page-ci. La page suivante écrit « \(\widetilde\Pi_{0,3} \simeq SL(2,\mathbb{Z})\) » : il faut lire \(PGL_2(\mathbb{Z})\). ↩
  39. La page 54 donne \(\tau_\infty(l_\infty) = l_0^{-1}l_\infty^{-1}l_0\) (lecture douteuse) ; les valeurs \(\tau_\infty(l_0) = l_0^{-1}\), \(\tau_\infty(l_1) = l_1^{-1}\), qui sont sûres, imposent \(\tau_\infty(l_\infty) = l_0 l_1 = l_0\, l_\infty^{-1}\, l_0^{-1}\), comme l'écrit la page 23. Les \(\varepsilon_i\) sont les éléments paraboliques de \(\widetilde\Pi_{0,3}\) que le dossier 145 appelle racines quasi-carrées ; la lecture \(\varepsilon_0 = \sigma_\infty\rho\) est douteuse, mais elle s'accorde avec celle de 145, \(\varepsilon_1 = \sigma_0\rho\), par conjugaison par \(\rho\). ↩
  40. La page écrit « trois resp. », le second nombre étant remplacé d'un premier « douze » biffé ; avec \(\varpi\) fixé, \(\varepsilon\) est déterminé par \(\omega\), d'où \(3\) choix en \(P_\varepsilon\) et \(2\) en \(Q_i\). ↩
  41. Pour cette comparaison, \(\pi_1(U_{0,3}; Q_\infty)\) est identifié à \(\Pi_{0,3}\) par le chemin \(d_\infty^{+}\) de \(P^{+}\) à \(Q_\infty\), alors qu'en (25)–(26) c'est \(c\) qui mène aux \(Q_i\) ; les numéros (39), (40) sont repris deux fois. ↩
  42. La page écrit le dernier terme \(\tilde\sigma_{\omega i}(\Sigma_r)\) ; son contour n'est lu qu'en partie, et l'on n'en donne pas la liste des sommets. Celui de la région standard, page 61, est \(P_+ Q_1 R_0^- S_0^+ R_0^+ S_0^- P_- Q_\infty R_1^- S_1^+ P_+\). ↩
  43. La page écrit ici \(\Pi_1\) sans chapeau ; il s'agit de \(\widehat\Pi_1(X_{\overline{K}})\), comme le dit la phrase précédente. Que l'action de \(\mathrm{Aut}(\mathbb{C}/\overline{K})\) soit triviale sur ce sous-groupoïde tient à l'invariance du groupoïde fondamental étale par extension de corps algébriquement clos en caractéristique nulle. ↩
  44. Vérifié : \({}^{u}(ll') = g_l\, l\, g_{l'}\, l' = g_l\,(l g_{l'} l^{-1})\,ll'\), et de même pour \(f\). Un premier (12), qui parlait de 1-cocycles en \(u\), est barré ; il reviendra en (29). ↩
  45. Vérifié : \(\varphi_y = l_{y,x} \circ \varphi_x\) comme transports, d'où l'égalité de (17) ; (18) découle de (10). La marge appelle \(T\) « la conjugaison » dans le cas le plus intéressant : vraisemblablement \(T\) un demi-plan, image d'un domaine fondamental de la conjugaison complexe ; c'est une lecture. ↩
  46. La page écrit \(\varphi_{\beta\alpha} : \pi_\beta \to \pi_\alpha\) en (26), puis l'applique à \(g^{\alpha}\) en (27) ; c'est un isomorphisme, on l'oriente dans le sens où il s'applique. ↩
  47. Le théorème de van Kampen pour les groupoïdes est de R. Brown (1967) ; la page ne le cite pas. Qu'il faille une hypothèse sur \(I\) : pour une courbe de genre \(\geq 2\) sur un corps de nombres, \(X(K)\) est fini (Faltings, 1983), et l'argument de subdivision ne peut s'appliquer. La page parle aussi d'un « argument de descente » pour des \(T_\alpha\) fermés, sans le donner. ↩
  48. Vérifié. La page dit \(f\) cocycle « droit » et \(g\) cocycle « à gauche » ; dans les conventions usuelles, \(f_l\) est un 1-cocycle ordinaire pour l'action de \(\Gamma_K\) sur \(\widehat\pi_1(X, x)\). ↩
  49. Vérifié. ↩
  50. La page écrit \(\widehat\pi_1(Y, y)\) en deux endroits pour \(\widehat\pi_1(X, y)\). ↩
  51. En effet, par l'application d'Albanese, la classe abélianisée est l'image du point par l'application de Kummer \(A(K) \to H^1(\Gamma_K, \widehat{T}(A))\) de la variété semi-abélienne, injective parce que \(A(K)\) est de type fini (Mordell–Weil ; Lang–Néron pour \(K\) de type fini). C'est l'injectivité de ce qu'on appelle aujourd'hui l'application de Kummer, ou des sections, de la géométrie anabélienne ; la surjectivité est l'objet de la conjecture des sections, que Grothendieck formulera dans sa lettre à Faltings de 1983. ↩
  52. La page passe par le saturé \(I' = f^{-1}f(I)\), puis remarque (page 88) qu'il n'est pas rationnel en général et qu'on n'en a pas besoin ; c'est la version sans saturé qu'on donne ici. Belyi demande que \(C\) soit définie sur un corps de nombres : la réduction vaut pour \(K\) algébrique sur \(\mathbb{Q}\), quitte à remplacer \(\Gamma_K\) par un sous-groupe ouvert (pages 88–89) sur lequel \(C\), \(f\) et \(i\) sont définis. Dans les deux formules de la page 87 où l'on attend \(C\), la page écrit \(U_{0,3}\). Le théorème de Belyi est de 1979 ; sa mention date au moins cette suite. ↩
  53. Démonstration de l'édition, sur les indications des pages 91 à 93, qui sont très corrigées. L'ensemble (49), s'il est non vide, est en bijection avec \(N_{\Pi_0}(\Pi'_0)/\Pi'_0\), le groupe des automorphismes du revêtement. ↩
  54. La page 95 est en partie illisible. L'unicité, c'est la fidélité de l'action extérieure de Galois ; elle est connue pour \(U_{0,3}\) sur \(\overline{\mathbb{Q}}\) (Belyi), et pour les courbes hyperboliques sur les corps de nombres (Matsumoto, 1996, pour les affines ; Hoshi et Mochizuki, 2011, pour les propres). La suffisance — une caractérisation de l'image de Galois par des conditions de cette sorte — est, à notre connaissance, ouverte. ↩
  55. Page très corrigée ; l'ordre de lecture des ajouts est incertain. La page 109 reprend ce diagramme, avec \(\Sigma = \Gamma \cdot \pi\), \(\Sigma/\pi = \Gamma\). ↩
  56. La page 99 est presque entièrement illisible ; on ne garde que ces mots. On pense à la relation pentagonale, sur \(M_{0,5}\), que l'Esquisse d'un programme placera au cœur du programme (« les deux premiers étages de la tour de Teichmüller ») et que Drinfeld prendra pour troisième relation de \(\widehat{GT}\) ; le rapprochement est de l'édition. ↩
  57. Le haut de la page 101 est très incertain ; le petit diagramme \(X'_1 \to X'_2\), \(f_1, f_2 : X'_i \to Y\) y est trop raturé pour être rendu. ↩
  58. Ces deux pages sont d'une lecture très partielle ; on ne retient que les formules et la conclusion. La marge identifie \(\pi_0(X'|_T)\) à la fibre de \(X'\) au-dessus de \(T\), sur laquelle agit \(\pi_1(X, T)\). ↩
  59. Vérification de l'édition. Une cinquième figure, « 1 cas », est biffée. ↩
  60. La page ne dit pas ce que \(\mathfrak{A}_4\) y fait ; la suite exacte est celle du groupe alterné, exacte, et les deux involutions engendrent bien un groupe de Klein. On ne reconstruit pas le reste. ↩
  61. Formules en partie surchargées ; on n'en reproduit pas le détail. Que les pôles demandent \(\zeta\) est le fait arithmétique notable : ils ne sont pas rationnels sur \(\mathbb{Q}\), mais sur \(\mathbb{Q}(\zeta)\), et la conjugaison complexe les échange. ↩
  62. Les exposants de \(\Sigma\), petites piles de \(*\) et de points qui disent quels points sont ôtés, sont lus sans certitude sur leur disposition, et les diagrammes de quotients de la page ne sont pas reconstruits. On n'énonce que la tour, vérifiée : \(z \mapsto z^n\) puis \(z \mapsto z^{n} + z^{-n}\) à une homographie près, de groupe engendré par \(z \mapsto e^{2i\pi/n} z\) et \(z \mapsto 1/z\), d'ordre \(2n\). ↩
  63. Vérifié : \(\rho_\infty\rho_1\rho_0 = \tau_1\tau_0\,\tau_0\tau_\infty\,\tau_\infty\tau_1 = 1\). ↩
  64. La page écrit (9) \(a^i_r : R^{i+1,i}_r \to R^{i+1,i+2}_r\) (lecture surchargée), qui serait un arc autour du sommet d'indice \(i + 1\), comme \(\lambda^{i+1}\), et rendrait (10) et (12) incohérentes. L'arc le long du côté opposé au sommet \(i\) est ce qu'exige (10), et ce que dit le texte : les \(a^i_r\) « entourent » le milieu du repère « en formant un contour fermé dans le sens défini par l'orientation de \(r\) ». ↩
  65. La page dit « lacet en \(R^{1\infty}_r\) ». Avec les arcs (8) et (9) ci-dessus et la composition de droite à gauche, le produit part de \(R^{0,1}_r\) et y revient après avoir fait le tour de l'hexagone dans le sens de \(r\) ; vérifié pas à pas. Le point base d'une relation est sans effet sur le groupoïde présenté. ↩
  66. Les points et chemins sont « parfaitement canoniques, pas seulement des classes d'homotopie », dans la réalisation conforme canonique de la carte. Que ce soit une présentation est l'énoncé de van Kampen pour le complexe formé du graphe des \(\lambda\) et des \(a\) et des hexagones : son complémentaire est une réunion de disques épointés autour des \(R_\varphi\). ↩
  67. Vérifié sur (13) ; les indices \(\tau_{i\pm 1}\) sont lus avec hésitation. ↩
  68. Une première version de (16) est barrée. L'exposant de la première parenthèse est surchargé, lu \(-1\) avec hésitation ; on rapporte la relation sans l'avoir reconstruite pas à pas. La marge propose de voir le résultat comme une décomposition en « losanges », les sommets de type \(1\) étant arrondis. ↩
  69. La page écrit \((\Lambda'^1_r)^{-1}\) au milieu de \(A^{0,1}_r\) (définition surchargée, lue avec hésitation). Pour que le chemin se compose, il faut aller de \(R^{1,0}_r\) à \(R^{1,0}_{\tau_0(r)}\), ce que fait \(\Lambda'^1_r\) ; son inverse va dans l'autre sens. ↩
  70. La phrase s'arrête au bas de la page 120 et reprend en tête de la page 121, sa page 7, dont le reste est blanc ; l'exemple du produit des \(\Lambda^0\) est de l'édition. Les « \(R_s\) » de la page 121 sont les centres \(R_\varphi\) de type sommet. ↩