Cote n° 140-1 · pages 1–36 · Lecture modernisée · "Longue Marche" [brouillon] : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [à partir de 1978-à partir de 1982]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre

Résumé

Ces trente-six pages sont des brouillons : la première porte, de la main de Grothendieck, le titre « Longue Marche », celui du long manuscrit de 1981, La Longue Marche à travers la théorie de Galois. Elles tournent autour d'un seul objet, qu'il faut d'abord se représenter sans formules.

Prenez un tore — la surface d'une bouée — et percez-y un petit trou. Les déformations de cette surface sur elle-même, comptées à déformation continue près, forment un groupe : le groupe de ses symétries « essentielles ». Ce groupe est un vieil ami, \(SL(2, \mathbb{Z})\), le groupe des matrices entières \(2 \times 2\) de déterminant \(1\) ; Grothendieck le note \(\mathcal{T}_{1,1}\), groupe de Teichmüller du tore à un trou. Mais si l'on tient fermement le bord du trou — si l'on interdit de le faire tourner —, un phénomène nouveau apparaît : faire faire au bord un tour complet, puis le ramener, n'est plus une opération triviale. Comme une ceinture qu'on vrille en tenant ses deux bouts, la surface garde la mémoire du nombre de tours. Le groupe s'agrandit d'un compteur de tours, un facteur \(\mathbb{Z}\) qui commute à tout, et devient \(S\mathcal{T}_{1,1}\), une extension centrale de \(SL(2, \mathbb{Z})\). Ce groupe plus grand est un autre vieil ami : le groupe des tresses à trois brins.

La question des feuillets est de comprendre ce compteur de tours par un autre chemin, algébrique celui-là. La sphère privée de trois points, \(0\), \(1\) et \(\infty\), possède six symétries qui permutent ces trois points ; on passe au quotient, mais en se souvenant des symétries — comme un kaléidoscope qu'on décrirait par un seul de ses secteurs et les miroirs qui le bordent. L'objet obtenu, que Grothendieck note \((U_{0,3}, \mathfrak{S}_3)\) et qu'on appelle aujourd'hui un orbifold ou un champ, a un groupe fondamental remarquablement simple : deux générateurs \(\rho\) et \(\sigma\), avec \(\rho^3 = \sigma^2 = 1\). C'est encore, déguisé, \(SL(2, \mathbb{Z})\) divisé par \(\pm 1\). Les feuillets montrent comment remonter de ce groupe à \(SL(2, \mathbb{Z})\), puis à \(S\mathcal{T}_{1,1}\), en ajoutant chaque fois un peu de « torsion » ; et ils montrent que chacune de ces remontées se lit sur un nombre : le reste modulo \(2\), modulo \(4\), modulo \(12\) d'un caractère du groupe. Le nombre \(12\) qui revient partout — l'abélianisé de \(SL(2, \mathbb{Z})\) est \(\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\) — est le fil conducteur des calculs.

Le chemin passe par un détour géométrique. Au-dessus de la sphère à trois trous vit une droite naturelle, la plus simple des droites tautologiques ; Grothendieck montre (pages 22 et 24) que, vue avec ses six symétries, elle engendre toutes les droites possibles et qu'il faut exactement six copies d'elle pour obtenir la droite triviale. Les points de cette droite privés de zéro forment un espace dont le groupe fondamental, symétries comprises, est justement le groupe des tresses — et la dernière page conclut que \(S\mathcal{T}_{1,1}\) est bien ce que la sphère à trois trous et sa droite fournissent.

À côté de ce fil courent deux autres, plus brefs : une page sur les groupes de symétries d'une surface à bord en général (page 20), et quelques pages sur les cartes, ces graphes dessinés sur une surface que Grothendieck décrit au même moment par une permutation et une involution d'un ensemble fini — ce sont les « dessins d'enfants » de l'Esquisse d'un programme, et le groupe \(\langle \rho, \sigma \mid \rho^3 = \sigma^2 = 1 \rangle\) y est justement celui des cartes dont tous les sommets sont de valence trois.

Ce sont des brouillons, et ils en ont les marques : des questions laissées en suspens (« A-t-on bien \(S\mathcal{T}_{11} \simeq S\Pi^{D}_{03}\) ?? »), résolues quelques feuillets plus loin ; un « à vérifier » barré et remplacé par « OK » ; une conjecture notée d'un « !! », sur le fibré cotangent, que rien ne vient confirmer. La datation des archivistes est large ; la seule date écrite sur ces feuillets, novembre 1981, est d'une autre main.

Les noms à chercher ensuite : groupe modulaire, groupe des tresses, revêtement universel de \(SL(2, \mathbb{R})\), groupe fondamental orbifold, champ des modules des courbes elliptiques, groupe de Picard équivariant, groupe cartographique, tour de Teichmüller.

Keywords — central extension, modular group, braid group B3, universal cover of SL(2,R), orbifold fundamental group, quotient stack, moduli stack of elliptic curves, anharmonic group, dicyclic group, mapping class group, boundary Dehn twist, equivariant Picard group, discriminant complement, combinatorial map, cartographic group

1–36

Le fil du dossier, et les conventions

Les stations

Le dossier est fait de feuillets d'encres et de papiers différents ; une suite numérotée de sa main (① à ④, « 4 bis », 5, ⑥, ⑦ aux pages 3, 5, 7, 11, 13, 15, 17, 19) en forme l'ossature, et les autres feuillets s'y rattachent. Dans l'ordre où on les lira :

La question posée à la page 19 (« A-t-on bien \(S\mathcal{T}_{11} \simeq S\Pi^{D}_{03}\) ?? ») reçoit sa réponse à la page 33, et la proposition des pages 11 et 13, faite pour \(n\) impair quelconque, est exactement ce qui sert à la page 34 pour \(n = 3\) : c'est le fil qui relie les deux moitiés du dossier. Le bas de la page 17 porte, tête-bêche et barré, un fragment d'une autre rédaction (« 8. Groupes et groupoïdes fondamentaux », sur des \(\Delta\)-complexes normalisés) ; il est sans rapport avec le reste et n'est pas repris ici.

Les conventions

Les groupes \(\Pi^{\mathbb{D}}_n\). Pour \(n \geqslant 2\), \[ \Pi^{\mathbb{D}}_n = \langle \rho, \sigma \mid \rho^n = \sigma^2 = 1 \rangle \simeq \mathbb{Z}/n\mathbb{Z} * \mathbb{Z}/2\mathbb{Z} , \] et \(\mathbb{D}_n\) désigne son quotient diédral, d'ordre \(2n\), obtenu en imposant \(\sigma\rho\sigma^{-1} = \rho^{-1}\), c'est-à-dire \((\sigma\rho)^2 = 1\). On pose \(\rho_0 = \sigma\rho\sigma^{-1}\rho = (\sigma\rho)^2\) et \(\rho_i = \rho^i \rho_0 \rho^{-i}\), indices pris modulo \(n\). Le noyau \(\Pi_n\) de \(\Pi^{\mathbb{D}}_n \to \mathbb{D}_n\) est un groupe libre de rang \(n - 1\), engendré par \(\rho_0, \dots, \rho_{n-1}\) avec la seule relation \(\rho_{n-1}\rho_{n-2}\cdots\rho_0 = 1\) : c'est le groupe fondamental \(\Pi_{0,n}\) de la sphère privée de \(n\) points.1 Le cas qui occupe le dossier est \(n = 3\) : \[ \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} := \Pi^{\mathbb{D}}_3, \qquad \mathbb{D}_3 = \mathfrak{S}_3, \qquad \Pi_{0,3} = \Pi_3 , \] le groupe fondamental de \(U_{0,3} = \mathbb{P}^1 - \{0, 1, \infty\}\) et celui de l'orbifold \((U_{0,3}, \mathfrak{S}_3)\), où \(\mathfrak{S}_3\) agit par les six substitutions anharmoniques de la coordonnée. On a \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \simeq PSL(2, \mathbb{Z})\), isomorphisme que le dossier utilise sans l'écrire.2

Deux extensions centrales à ne pas confondre. Le dossier donne le même nom \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_n\) à deux groupes distincts. On les sépare :

La page 11 appelle le second \(\widetilde{\Pi}{}^{D}_n\) ; la page 33 appelle \(S\Pi^{D}_{0,3}\) son cas \(n = 3\), et c'est le nom qu'on retient. Pour \(n = 3\) les deux coïncident ; pour \(n\) impair plus grand, le premier est un sous-groupe d'indice \(|\nu|\) du second (voir les pages 11 à 13).

Les \(\Pi'\). À la page 9, \(\Pi'_{0,3}\) est le sous-groupe d'indice \(3\) de \(\Pi_{0,3}\), noyau du caractère \(\rho_0, \rho_1, \rho_\infty \mapsto 1 \in \mathbb{Z}/3\mathbb{Z}\). À la page 28, le même symbole désigne \(\Pi_{0,3} \times \{1, \dot\omega\}\), c'est-à-dire le sous-groupe de congruence \(\Gamma(2)\) de \(SL(2, \mathbb{Z})\) ; on l'écrit \(\Gamma(2)\).

Orbifolds et champs. Pour un groupe \(G\) agissant sur un espace \(X\), le dossier note \((X, G)\) ce qu'on appelle aujourd'hui le champ quotient \([X/G]\) ou l'orbifold \(X/\!/G\), et \(\pi_1(X, G; P)\) son groupe fondamental : l'extension de \(G\) par \(\pi_1(X, P)\) formée des couples (élément de \(G\), chemin de \(P\) à son image). Si \(G\) agit à travers un quotient, les éléments du noyau de l'action restent dans le groupe fondamental : c'est ce qui distingue \((U_{0,3}, \mathbb{D}'_3)\) de \((U_{0,3}, \mathbb{D}_3)\).3

Ce que le dossier annonce et n'établit pas

1–1

Un calcul matriciel (page 1)

Sous le titre, au crayon, un calcul sur des matrices \(2 \times 2\) qui ne se rattache à rien d'autre du dossier. Soient \[ \alpha = \begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix}, \quad \delta_\alpha = \det\alpha, \qquad u = \begin{pmatrix} \mu & \lambda \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, \qquad \rho = \begin{pmatrix} 0 & v_1 \\ v & w \end{pmatrix}, \] et \(\underline{a} = \alpha^{-1}u\). Pour toute matrice \(2 \times 2\) et tous scalaires \(x, y\), \[ \det(x\rho + y) = x^2 \det\rho + xy\,\mathrm{Tr}\,\rho + y^2 = -v v_1 x^2 + w xy + y^2 , \] ce qui, pour \(v_1 = 1\), \(x = d\), \(y = c\), est l'expression \(-vd^2 + wcd + c^2\) écrite en tête de la page. On calcule \[ \alpha^{-1}u = \frac{1}{\delta_\alpha} \begin{pmatrix} d\mu & d\lambda - b \\ -c\mu & a - c\lambda \end{pmatrix} . \] Si \(\underline{a}\) commute à \(\rho\) et si \(v \neq 0\), alors \(\underline{a}\) est un polynôme en \(\rho\) — le commutant d'une matrice \(2 \times 2\) non scalaire est la sous-algèbre qu'elle engendre —, soit \(\underline{a} = x\rho + y\) ; la première colonne de \(x\rho + y\) étant \((y, xv)\), on identifie \[ \underline{a} = \frac{\mu}{\delta_\alpha}\Bigl(-\frac{c}{v}\,\rho + d\Bigr) , \] qui est la formule encadrée.4 Son déterminant se calcule de deux façons : \[ \det \underline{a} = \frac{\mu}{\delta_\alpha} \qquad\text{et}\qquad \det \underline{a} = \Bigl(\frac{\mu}{\delta_\alpha}\Bigr)^{2} \Bigl[-\frac{c^2}{v^2}\,v v_1 - \frac{cd}{v}\,w + d^2\Bigr] , \] la première directement, la seconde par la formule du déterminant ; leur égalité est une relation entre les données.5 La page ne dit pas à quoi sert ce calcul.

3–5

Les extensions centrales de \(\Pi^{\mathbb{D}}_n\) (pages 3 et 5)

Les relèvements des \(\rho_i\) (page 3)

Dans \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_n = \langle \tilde\rho, \tilde\sigma \mid \tilde\rho^{\,n} = \tilde\sigma^2 \rangle\), l'élément \(\tilde\omega_0 = \tilde\rho^{\,n} = \tilde\sigma^2\) commute aux deux générateurs, donc est central, et engendre un sous-groupe cyclique infini : on a une extension centrale \[ 1 \to \mathbb{Z}\tilde\omega_0 \to \widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_n \to \Pi^{\mathbb{D}}_n \to 1 . \] On relève les \(\rho_i\) par \[ \tilde\rho_0 = \tilde\sigma\tilde\rho\tilde\sigma^{-1}\tilde\rho = (\tilde\sigma\tilde\rho)^2\,\tilde\omega_0^{-1}, \qquad \tilde\rho_i = \tilde\rho^{\,i}\,\tilde\rho_0\,\tilde\rho^{-i} , \] la seconde égalité parce que \(\tilde\sigma^{-1} = \tilde\sigma\,\tilde\omega_0^{-1}\). Comme \(\tilde\rho^{\,n}\) est central, \(\tilde\rho_{i+n} = \tilde\rho_i\) : les indices vivent modulo \(n\). Le produit des \(\tilde\rho_i\) se calcule en télescopant : \[ \tilde\rho_{n-1}\tilde\rho_{n-2}\cdots\tilde\rho_0 = \tilde\rho^{\,n-1}(\tilde\rho_0\tilde\rho^{-1})^{n-1}\tilde\rho_0 = \tilde\rho^{\,n}\,(\tilde\rho^{-1}\tilde\rho_0)^n . \] Or \(\tilde\rho^{-1}\tilde\rho_0 = g\,\tilde\rho\,g^{-1}\) avec \(g = \tilde\rho^{-1}\tilde\sigma\), donc \((\tilde\rho^{-1}\tilde\rho_0)^n = g\,\tilde\rho^{\,n}g^{-1} = \tilde\omega_0\), et \[ \boxed{\tilde\rho_{n-1}\tilde\rho_{n-2}\cdots\tilde\rho_0 = \tilde\omega_0^{\,2}} . \] Là où le produit des \(\rho_i\) vaut \(1\) en bas, celui des relèvements vaut \(\tilde\omega_0^2\), non \(\tilde\omega_0\) : c'est le premier des facteurs \(2\) du dossier.

Soit \(\widetilde{\Pi}_n\) l'image inverse de \(\Pi_n\) dans \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_n\).6 C'est une extension centrale de \(\Pi_n\) par \(\mathbb{Z}\tilde\omega_0\), présentée par \[ \widetilde{\Pi}_n = \langle \tilde\rho_0, \dots, \tilde\rho_{n-1}, \tilde\omega_0 \mid \tilde\omega_0 \text{ central},\ \tilde\rho_{n-1}\cdots\tilde\rho_0 = \tilde\omega_0^{\,2} \rangle . \] Soit de même \[ \widetilde{\Pi}{}^{\circ}_n = \langle \tilde\rho_0, \dots, \tilde\rho_{n-1} \mid \varpi = \tilde\rho_{n-1}\cdots\tilde\rho_0 \text{ central} \rangle , \] la condition revenant à demander que les permutations circulaires du produit soient égales. C'est une extension centrale de \(\Pi_n\) par \(\mathbb{Z}\varpi\), et \[ \widetilde{\Pi}_n \simeq \widetilde{\Pi}{}^{\circ}_n \wedge^{\mathbb{Z}\varpi} \mathbb{Z}\tilde\omega_0, \qquad \varpi \longmapsto \tilde\omega_0^{\,2} , \] la somme amalgamée le long de \(\mathbb{Z} \xrightarrow{2} \mathbb{Z}\) : \(\widetilde{\Pi}_n\) se déduit de \(\widetilde{\Pi}{}^{\circ}_n\) en adjoignant une racine carrée centrale de \(\varpi\). En particulier \(\widetilde{\Pi}{}^{\circ}_n\) est le sous-groupe de \(\widetilde{\Pi}_n\) engendré par les \(\tilde\rho_i\), et il y est d'indice \(2\).7

L'action de \(\sigma\) (page 5)

La question de la page est : le sous-groupe \(\widetilde{\Pi}{}^{\circ}_n\), distingué dans \(\widetilde{\Pi}_n\) et stable par conjugaison par \(\tilde\rho\), l'est-il par \(\tilde\sigma\), donc dans \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_n\) tout entier ? En bas, dans \(\Pi^{\mathbb{D}}_n\), on a \(\sigma\rho\sigma^{-1} = \rho_0\rho^{-1}\), d'où \[ \sigma(\rho_0) = \rho_1, \quad \sigma(\rho_1) = \rho_0, \quad \sigma(\rho_2) = \rho_0\,\rho_{n-1}\,\rho_0^{-1}, \quad \dots, \] \[ \sigma(\rho_i) = (\rho_n\rho_{n-1}\cdots\rho_{n+2-i})\,\rho_{n+1-i}\, (\rho_n\rho_{n-1}\cdots\rho_{n+2-i})^{-1} , \] où \(\sigma(x) = \sigma x \sigma^{-1}\) et les indices sont pris modulo \(n\) ; \(\sigma\) étant une involution, \(\sigma = \sigma^{-1}\) en tant qu'automorphisme intérieur.8 Dans l'extension, les mêmes formules valent à un facteur central près : \(\tilde\sigma(\tilde\rho_i) = (\cdots)\,\tilde z_i\) avec \(\tilde z_i = \tilde\omega_0^{\,\nu_i}\). L'abélianisé de \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_n\) contient \(\mathbb{Z}\tilde\omega_0\) et \(\tilde\sigma\) fixe \(\tilde\omega_0^2 = \prod\tilde\rho_i\), d'où \(\sum_i \nu_i = 0\). Comme \(\tilde\omega_0 \notin \widetilde{\Pi}{}^{\circ}_n\), \[ \widetilde{\Pi}{}^{\circ}_n \text{ est stable par } \tilde\sigma \iff \nu_i \equiv 0 \pmod 2 \text{ pour tout } i . \] La page calcule les deux premiers : en utilisant \(\tilde\sigma^{\pm 2} = \tilde\omega_0^{\pm1} = \tilde\rho^{\,\pm n}\), \[ \tilde\rho_1^{-1}\,\tilde\sigma(\tilde\rho_0) = \tilde\sigma\tilde\rho^{-1}\tilde\sigma^{-2}\tilde\rho\tilde\sigma = \tilde\omega_0^{-1}\tilde\sigma^{2} = 1, \qquad \tilde\rho_0^{-1}\,\tilde\sigma^{-1}(\tilde\rho_1) = 1 , \] donc \(\nu_0 = \nu_1 = 0\), puis s'arrête sur le cas général.9

Pour \(n\) impair, la réponse est oui, et elle se lit sur l'abélianisé.10 Si \(n\) est impair, \((\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_n)_{\mathrm{ab}} = \mathbb{Z}^2/(n, -2) \simeq \mathbb{Z}\), par \(\tilde\rho \mapsto 2\), \(\tilde\sigma \mapsto n\) ; alors \(\tilde\rho_i \mapsto 4\) et \(\tilde\omega_0 \mapsto 2n \equiv 2 \pmod 4\). Le caractère \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_n \to \mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\) qui s'en déduit, restreint à \(\widetilde{\Pi}_n\), tue les \(\tilde\rho_i\) et non \(\tilde\omega_0\) : son noyau dans \(\widetilde{\Pi}_n\) est donc \(\widetilde{\Pi}{}^{\circ}_n\), qui est ainsi l'intersection de \(\widetilde{\Pi}_n\) avec un sous-groupe distingué de \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_n\), et distingué lui-même. Pour \(n\) pair, aucun caractère ne sépare ainsi \(\tilde\omega_0\) des \(\tilde\rho_i\), puisque \(\tilde\omega_0 = \tilde\rho^{\,n}\) a alors même image abélianisée que \(\tilde\rho_0^{\,n/2}\), et la question reste ouverte dans le dossier.

7–9

Le cas \(n = 3\) : \(SL(2, \mathbb{Z})\), \(\mathbb{D}'_3\) et leurs quotients finis (pages 7, 9 et 14)

La tour de la page 7

Pour \(n = 3\), le groupe \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_3 = \langle \tilde\rho, \tilde\sigma \mid \tilde\rho^{\,3} = \tilde\sigma^2 \rangle\) est l'image inverse \(\widetilde{SL}(2, \mathbb{Z})\) de \(SL(2, \mathbb{Z})\) dans le revêtement universel de \(SL(2, \mathbb{R})\) (page 17), et \(\widetilde{SL}(2, \mathbb{Z}) / \langle \omega^2 \rangle = SL(2, \mathbb{Z})\), où \(\omega = \tilde\omega_0\). La page organise ses sous-groupes distingués en une tour, chaque flèche étiquetée par le quotient : \[ \mathbb{Z}\omega^2 \subset \widetilde{\Pi}{}^{\circ}_{0,3} \subset \widetilde{\Pi}_{0,3} \subset \widetilde{SL}(2, \mathbb{Z}) \subset \widetilde{GL}(2, \mathbb{Z}), \qquad \text{quotients successifs } \Pi_{0,3},\ \mathbb{Z}/2,\ \mathbb{D}_3,\ \mathbb{Z}/2 , \] avec aussi \(\mathbb{Z}\omega^2 \subset \mathbb{Z}\omega \subset \widetilde{\Pi}_{0,3}\) (quotients \(\mathbb{Z}/2\), puis \(\Pi_{0,3}\)), et \(\widetilde{GL}(2, \mathbb{Z}) \supset \widetilde{\Pi}{}^{\tau}_{0,3}\) de quotient \(\mathbb{D}_3\). Modulo \(\omega^2\) : \(\widetilde{SL}(2, \mathbb{Z})/\mathbb{Z}\omega^2 = SL(2, \mathbb{Z})\), \(\widetilde{GL}(2, \mathbb{Z})/\mathbb{Z}\omega^2 = GL(2, \mathbb{Z})\), et \[ \widetilde{SL}(2, \mathbb{Z}) / \widetilde{\Pi}{}^{\circ}_{0,3} \simeq \mathbb{D}'_3 , \] le groupe d'ordre \(12\) \[ \mathbb{D}'_3 = \langle \rho, \sigma \mid \rho^3 = \sigma^2,\ \sigma^4 = 1,\ \sigma\rho\sigma^{-1} = \rho^{-1} \rangle , \qquad 1 \to \mathbb{Z}/2 \to \mathbb{D}'_3 \to \mathbb{D}_3 \to 1 , \] le noyau étant engendré par \(\omega = \rho^3 = \sigma^2\). C'est le groupe dicyclique d'ordre \(12\), \(\mathbb{Z}/3 \rtimes \mathbb{Z}/4\), et c'est aussi le produit fibré \(\mathbb{D}_3 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/4\) de la page 15. L'extension n'est pas scindée : les deux relèvements de \(\sigma\), à savoir \(\sigma\) et \(\sigma\omega = \sigma^{-1}\), sont d'ordre \(4\), et aucun ne peut être l'image d'une section. Elle diffère en cela de \(\mathbb{D}_6 \simeq \mathbb{D}_3 \times \mathbb{Z}/2 \to \mathbb{D}_3\), qui l'est.11

Au niveau de \(SL(2, \mathbb{Z})\) et \(GL(2, \mathbb{Z})\), la page écrit \[ 1 \to \mathbb{Z}/2 \times \Pi_{0,3} \to SL(2, \mathbb{Z}) \to \mathbb{D}_3 \to 1, \qquad 1 \to \mathbb{Z}/2 \times \Pi_{0,3} \to GL(2, \mathbb{Z}) \to \mathbb{D}_3 \times \{1, \tau\} \to 1 , \] la première étant la réduction modulo \(2\), de noyau \(\Gamma(2) = \{\pm 1\} \times \Pi_{0,3}\), la seconde \(g \mapsto (g \bmod 2, \det g)\), avec \(\tau\) le déterminant \(-1\). Puis, en retirant le facteur \(\{\pm 1\}\) : \[ 1 \to \Pi_{0,3} \to GL(2, \mathbb{Z}) \to \mathbb{D}'_3 \rtimes \{1, \tau\} \to 1, \qquad 1 \to \Pi_{0,3} \to PGL(2, \mathbb{Z}) \to \mathbb{D}_3 \times \{1, \tau\} \to 1 , \] et \(PGL(2, \mathbb{Z}) \simeq \pi_1(U_{0,3}, \mathbb{D}_3 \times \{1, \tau\}; P_+)\), où \(\tau\) agit sur \(U_{0,3}\) par la conjugaison complexe, qui commute aux substitutions anharmoniques.12

Les quotients d'ordres 18 et 36 (page 9)

La page 9 est une page de schémas ; on en donne les énoncés. Soit \(\Pi'_{0,3} \subset \Pi_{0,3}\) le noyau du caractère \(\rho_0, \rho_1, \rho_\infty \mapsto 1 \in \mathbb{Z}/3\). Il est stable par les substitutions anharmoniques, qui permutent les \(\rho_i\) à conjugaison près, donc distingué dans \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}\), d'indice \(18\) : \[ \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}/\Pi'_{0,3} = \langle \rho, \sigma \mid \rho^3 = \sigma^2 = (\sigma\rho)^6 = 1,\ (\sigma\rho)^2 = (\rho\sigma)^2 \rangle \xrightarrow{\ \sim\ } \mathbb{Z}/6 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{D}_3 \simeq (\mathbb{F}_3 \times \mathbb{F}_3) \rtimes \{1, \sigma\} , \] par \(\rho \mapsto (4, \rho)\), \(\sigma \mapsto (3, \sigma)\) ; la relation \((\sigma\rho)^2 = (\rho\sigma)^2\) dit \(\rho_0 = \rho_1\), et \((\sigma\rho)^6 = 1\) dit \(\rho_0^3 = 1\). Le produit fibré est pris au-dessus des deux surjections naturelles sur \(\mathbb{Z}/2\), la réduction et la signature ; son sous-groupe d'indice \(2\) est \(\mathbb{Z}/3 \times \mathfrak{A}_3\), et \((3, \sigma)\) y agit trivialement sur le premier facteur et par inversion sur le second.

Au-dessus, dans \(SL(2, \mathbb{Z})\), le quotient par le même \(\Pi'_{0,3}\) est un groupe \(\mathcal{E}\) d'ordre \(36\) : \[ \mathcal{E} = \langle \rho, \sigma \mid \rho^3 = \sigma^2 = \omega,\ \omega^2 = 1,\ \rho_0 = (\sigma\rho)^2\omega \text{ fixé par } \rho \text{ et d'ordre } 3 \rangle, \] \[ \mathcal{E}/\{1, \omega\} \simeq \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}/\Pi'_{0,3} , \] avec, vers l'abélianisé \(SL(2, \mathbb{Z})_{\mathrm{ab}} \simeq \mathbb{Z}/12\), \[ \rho \mapsto 10, \quad \sigma \mapsto 3, \quad \omega \mapsto 6, \quad \varepsilon_0 = \sigma\rho \mapsto 1, \quad \rho_0 \mapsto 8 . \] La page propose d'identifier \(\mathcal{E}\) à un sous-groupe « \(SL'(2, \mathbb{Z}/6\mathbb{Z})\) » dont l'ordre reste « à déterminer ».13 \(\mathcal{E}\) ne peut pas être un quotient de \(SL(2, \mathbb{Z}/6)\) par la réduction : son abélianisé est \(\mathbb{Z}/12\), celui de \(SL(2, \mathbb{Z}/6) = SL(2, \mathbb{F}_2) \times SL(2, \mathbb{F}_3)\) est \(\mathbb{Z}/6\). Ce qui est vrai est que \[ \mathcal{E} \xrightarrow{\ \sim\ } \mathbb{D}_3 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/12, \qquad g \longmapsto (g \bmod 2,\ g_{\mathrm{ab}}) , \] le groupe que la page 28 appellera \(\mathbb{D}'''_3\) : l'application \(SL(2, \mathbb{Z}) \to \mathbb{D}_3 \times \mathbb{Z}/12\) a pour noyau \(\Gamma(2) \cap \ker(\mathrm{ab})\), qui est \(\Pi'_{0,3}\) puisque \(-1 \mapsto 6\) et que l'abélianisation restreinte à \(\Pi_{0,3}\) est le caractère \(\rho_i \mapsto 8\), et son image est d'ordre \(36\).14

14–14

Les mêmes quotients, repris (page 14)

La page 14 reprend ces identifications. Le quotient d'ordre \(18\) y est décrit comme \[ \mathbb{Z}/6 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{D}_3 = \{ (\nu, g) \in \mathbb{Z}/6 \times \mathbb{D}_3 \mid \mathrm{sg}(g) \equiv \nu \pmod 2 \}, \] \(\mathrm{sg}\) la signature. L'abélianisé \((\Pi_{0,3})_{\mathrm{ab}} = \mathbb{Z}^3/\mathbb{Z}(1,1,1)\) sur les classes de \(\rho_0, \rho_1, \rho_\infty\) donne, tensorisé par \(\mathbb{F}_3\), l'espace \(\mathbb{F}_3^3/\mathbb{F}_3\) où se lit le caractère qui définit \(\Pi'_{0,3}\), et \(\Pi'_{0,3}\) est engendré, comme sous-groupe distingué, par \(\rho_0\rho_1^{-1}\), \(\rho_1\rho_\infty^{-1}\), \(\rho_\infty\rho_0^{-1}\) et \(\rho_0^3\). Enfin \[ SL(2, \mathbb{Z}/6)/\{\pm 1\} \simeq \bigl(SL(2, \mathbb{Z}/2) \times SL(2, \mathbb{Z}/3)\bigr)/\{\pm 1\} , \] d'ordre \(6 \cdot 24/2 = 72\), et l'on retrouve, dans \(SL(2, \mathbb{Z})\), \(\rho_0 = \sigma\rho\sigma^{-1}\rho = (\sigma\rho)^2\omega\).15

11–13

Normaliser les relèvements : \(\tilde\rho^{\,n} = \tilde\sigma^2 = \tilde\omega^{\nu}\) (pages 11, 13 et 18)

L'énoncé (page 11)

Soit \(n\) impair. L'abélianisé de \(\Pi^{\mathbb{D}}_n\) est \(\mathbb{Z}/n \times \mathbb{Z}/2 \simeq \mathbb{Z}/2n\), et l'on choisit l'isomorphisme \[ \Pi^{\mathbb{D}}_n \longrightarrow \mathbb{Z}/2n, \qquad \rho \longmapsto n + 1 = 1 - n, \quad \sigma \longmapsto n . \] Par image inverse de \(0 \to \mathbb{Z} \xrightarrow{2n} \mathbb{Z} \to \mathbb{Z}/2n \to 0\), on obtient l'extension centrale \[ 1 \to \mathbb{Z}\tilde\omega \to S\Pi^{\mathbb{D}}_n = \Pi^{\mathbb{D}}_n \times_{\mathbb{Z}/2n} \mathbb{Z} \to \Pi^{\mathbb{D}}_n \to 1, \qquad \tilde\omega = (1, 2n) . \]

Proposition (\(n\) impair).16 Il existe des relèvements \(\tilde\rho\), \(\tilde\sigma\) de \(\rho\), \(\sigma\) dans \(S\Pi^{\mathbb{D}}_n\) tels que \(\tilde\rho^{\,n} = \tilde\sigma^2\). Pour un tel couple, \(\tilde\rho^{\,n} = \tilde\sigma^2 = \tilde\omega^{\nu}\), où la classe de \(\nu\) modulo \(2n\) ne dépend pas du couple, et vaut \(\frac{n^2+1}{2}\) ; les couples possibles sont les \((\tilde\rho\,\tilde\omega^{2x}, \tilde\sigma\,\tilde\omega^{nx})\), \(x \in \mathbb{Z}\), qui changent \(\nu\) en \(\nu + 2nx\). On peut donc choisir \(\nu \in \{-\frac{n-1}{2}, \frac{n+1}{2}\}\), et c'est l'unique élément impair de cet ensemble ; les relèvements sont alors uniquement déterminés, et \[ S\Pi^{\mathbb{D}}_n = \langle \tilde\rho, \tilde\sigma, \tilde\omega \mid \tilde\omega \text{ central},\ \tilde\rho^{\,n} = \tilde\sigma^2 = \tilde\omega^{\nu} \rangle . \]

Démonstration (pages 11 et 13). Posons \(\tilde\rho_0 = (\rho, n+1)\) et \(\tilde\sigma_0 = (\sigma, n)\). Alors \(\tilde\sigma_0^{\,2} = (1, 2n) = \tilde\omega\) et \(\tilde\rho_0^{\,n} = (1, n(n+1)) = \tilde\omega^{(n+1)/2}\), de sorte que \(\tilde\rho_0^{\,n}\tilde\sigma_0^{-2} = \tilde\omega^{\alpha}\) avec \(\alpha = \frac{n-1}{2}\). On cherche \(\tilde\rho = \tilde\rho_0\tilde\omega^{\beta}\), \(\tilde\sigma = \tilde\sigma_0\tilde\omega^{\gamma}\) avec \(\tilde\rho^{\,n} = \tilde\sigma^2\), c'est-à-dire17 \[ 2\gamma - n\beta = \alpha . \] Comme \(n = 2\alpha + 1\), on a \(2(\alpha + 1) - n = 1\), d'où la solution \(\beta = \alpha\), \(\gamma = \alpha(\alpha+1) = \frac{n^2-1}{4}\), et \[ \tilde\rho = (\rho, n^2 + 1), \qquad \tilde\sigma = \Bigl(\sigma, \frac{n^3+n}{2}\Bigr), \qquad \tilde\rho^{\,n} = \tilde\sigma^2 = (1, n^3 + n) = \tilde\omega^{\frac{n^2+1}{2}} . \] Deux couples solutions diffèrent par \((\tilde\omega^{\beta}, \tilde\omega^{\gamma})\) avec \(n\beta = 2\gamma\), soit, \(n\) étant impair, \(\beta = 2x\) et \(\gamma = nx\) ; l'exposant devient alors \(\nu + 2nx\). Reste à réduire \(\frac{n^2+1}{2} = 2\alpha^2 + 2\alpha + 1\) modulo \(2n = 4\alpha + 2\) : \[ \frac{n^2+1}{2} \equiv \begin{cases} \alpha + 1 = \frac{n+1}{2} & \text{si } \alpha \text{ est pair}, \\[2pt] -\alpha = -\frac{n-1}{2} & \text{si } \alpha \text{ est impair}, \end{cases} \pmod{2n} \] et dans les deux cas l'exposant obtenu est impair. Les deux éléments de \(\{-\frac{n-1}{2}, \frac{n+1}{2}\}\) diffèrent de \(n\), impair : un seul est impair. La présentation s'en déduit, \(\tilde\rho\) et \(\tilde\sigma\) relevant les générateurs de \(\Pi^{\mathbb{D}}_n\) et \(\tilde\omega\) engendrant le noyau.18

Deux conséquences, que la page ne tire pas.19 D'abord, l'application \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_n \to S\Pi^{\mathbb{D}}_n\) qui envoie les générateurs de la page 3 sur les relèvements normalisés envoie \(\tilde\omega_0\) sur \(\tilde\omega^{\nu}\) ; elle est injective, d'image d'indice \(|\nu|\). Pour \(n = 3\), \(\nu = -1\) et les deux extensions coïncident : c'est la raison pour laquelle \(SL(2, \mathbb{Z})\) et son revêtement \(\widetilde{SL}(2, \mathbb{Z})\) se laissent décrire à la fois par la relation \(\tilde\rho^{\,3} = \tilde\sigma^2\) et par l'abélianisé ; pour \(n = 5\), \(\nu = 3\) et elles diffèrent. Ensuite, pour \(n = 3\), les relèvements normalisés sont \[ \tilde\rho = (\rho, -2), \qquad \tilde\sigma = (\sigma, -3), \qquad \tilde\rho^{\,3} = \tilde\sigma^2 = \tilde\omega^{-1} , \] dans \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times_{\mathbb{Z}/6} \mathbb{Z}\) : ce sont exactement ceux de la page 34.

18–18

Une reprise (page 18)

La page 18, au crayon, refait la normalisation en partant de relèvements satisfaisant \(\tilde\sigma^2 = \tilde\rho^{\,n}\) et en essayant \(\tilde\rho \mapsto \tilde\rho\,\tilde\omega^{-1}\), \(\tilde\sigma \mapsto \tilde\sigma\,\tilde\omega^{s}\) ; elle aboutit à la condition « \(1 + 2s = \frac{1-n}{2}\), OK si \(\frac{1-n}{2}\) impair », qui est le second cas de la page 13.20 Deux croquis l'accompagnent : une sphère portant des vecteurs tangents, et un faisceau de courbes issues d'un point, avec les étiquettes \(R_i\), \(\tilde R_i = (e_j - e_k) \wedge \omega_{jk}\), \(V(\omega)\), \(\varphi_\omega(\tilde R_k)\), \(P_i\), dont le texte ne dit pas le sens.21

15–19

Les groupes \(\mathcal{T}_{1,1}\) et \(S\mathcal{T}_{1,1}\) (pages 15, 17 et 19)

\(M_{1,1}\) comme orbifold de \(U_{0,3}\) (page 15)

Soit \(\mathbb{D}'_3\) le produit fibré \[ \mathbb{D}'_3 = \mathfrak{S}_3 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/4 , \] au-dessus de la signature et de la réduction \(\mathbb{Z}/4 \to \mathbb{Z}/2\) : extension de \(\mathbb{D}_3 = \mathfrak{S}_3\) par \(\mathbb{Z}/2\), de noyau engendré par \(\omega = (1, 2)\). On fait agir \(\mathbb{D}'_3\) sur \(U_{0,3}\) à travers \(\mathbb{D}_3\), \(\omega\) agissant trivialement. Alors (sur \(\mathbb{C}\)) \[ M_{1,1} \simeq (U_{0,3}, \mathbb{D}'_3), \qquad \mathcal{T}_{1,1} \simeq \pi_1(U_{0,3}, \mathbb{D}'_3; P_+) = \Pi^{\mathbb{D}'}_{0,3} \simeq SL(2, \mathbb{Z}) , \] l'isomorphisme dépendant du choix d'un point du demi-plan de Poincaré au-dessus de \(P_+\), par exemple \(\zeta = e^{2i\pi/6}\).22 En termes de groupes : \(SL(2, \mathbb{Z})\) est l'image inverse, par \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \to \mathbb{D}_3\), de l'extension \(\mathbb{D}'_3\) de \(\mathbb{D}_3\) par \(\mathbb{Z}/2\), elle-même image inverse de l'extension \(\mathbb{Z}/4\) de \(\mathbb{Z}/2\) par \(\mathbb{Z}/2\) ; les deux carrés

LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
SL(2, \mathbb{Z}) \arrow[r] \arrow[d] & \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \arrow[d] \\
\mathbb{D}'_3 \arrow[r] \arrow[d] & \mathbb{D}_3 \arrow[d, "\mathrm{sg}"] \\
\mathbb{Z}/4 \arrow[r] & \mathbb{Z}/2
\end{tikzcd}

sont cartésiens, avec \(\rho \mapsto 0\), \(\sigma \mapsto 1\) dans \(\mathbb{Z}/2\). Concrètement, \(\rho' = (\rho, 2)\) et \(\sigma' = (\sigma, 3)\) dans \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/4\) vérifient \(\rho'^3 = \sigma'^2 = (1, 2) = \omega\) et \(\rho'^6 = \sigma'^4 = 1\), ce qui est la présentation de \(SL(2, \mathbb{Z})\).23

\(S\mathcal{T}_{1,1}\) (page 17)

Soit \(S\mathcal{T}_{1,1}\) l'image inverse de \(SL(2, \mathbb{Z})\) dans le revêtement universel \(\widetilde{SL(2, \mathbb{R})}\). Alors \[ S\mathcal{T}_{1,1} \simeq \langle \rho, \sigma \mid \rho^3 = \sigma^2 \rangle, \qquad \omega = \rho^3 = \sigma^2 \text{ central}, \qquad \mathcal{T}_{1,1} = S\mathcal{T}_{1,1}/\langle \omega^2 \rangle , \] le noyau \(\pi_1(SL(2, \mathbb{R})) \simeq \mathbb{Z}\) de \(\widetilde{SL(2, \mathbb{R})} \to SL(2, \mathbb{R})\) étant engendré par \(\omega^2\). C'est le groupe des tresses à trois brins, \(B_3\), et le groupe du nœud de trèfle.24 Les abélianisés sont25 \[ (S\mathcal{T}_{1,1})_{\mathrm{ab}} \simeq \mathbb{Z}, \quad \rho \mapsto 2,\ \sigma \mapsto 3,\ \omega \mapsto 6 ; \qquad (\mathcal{T}_{1,1})_{\mathrm{ab}} \simeq \mathbb{Z}/12, \quad \rho \mapsto 2,\ \sigma \mapsto 3 , \] et le carré

LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
S\mathcal{T}_{1,1} \arrow[r] \arrow[d] & \mathcal{T}_{1,1} \arrow[d] \\
\mathbb{Z} \arrow[r] & \mathbb{Z}/12\mathbb{Z}
\end{tikzcd}

est cartésien, les deux flèches horizontales ayant le même noyau, \(\langle \omega^2 \rangle\) en haut et \(12\mathbb{Z}\) en bas. Donc \(S\mathcal{T}_{1,1}\) se déduit de \(\mathcal{T}_{1,1}\) par image inverse de l'extension canonique de \(\mathbb{Z}/12\) par \(\mathbb{Z}\), via l'abélianisation.

Le nom est celui des groupes de Teichmüller de la Longue Marche : pour le tore privé d'un disque, \(\mathcal{T}_{1,1}\) est le groupe des classes d'isotopie de difféomorphismes qui préservent l'orientation, et \(S\mathcal{T}_{1,1}\) celui des difféomorphismes qui fixent le bord point par point ; le générateur \(\omega^2\) du noyau est le twist de Dehn le long du bord.26

19–19

Le diagramme de la page 19, et une question

La page 19 rassemble ces identifications en un seul diagramme. Avec \(\tilde\rho = (\rho, 2)\), \(\tilde\sigma = (\sigma, 3)\) : \[ S\mathcal{T}_{1,1} \simeq \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times_{\mathbb{Z}/6} \mathbb{Z}, \qquad \mathcal{T}_{1,1} \simeq \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times_{\mathbb{Z}/6} \mathbb{Z}/12 \simeq \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/4 , \] où \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \to \mathbb{Z}/6\) est l'abélianisation \(\rho \mapsto 2\), \(\sigma \mapsto 3\) ; tous les carrés du diagramme suivant sont cartésiens :

LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small, nodes={font=\scriptsize}]
S\mathcal{T}_{1,1} \arrow[r] \arrow[d] & \mathcal{T}_{1,1} \arrow[r] \arrow[d] & \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \arrow[d] \\
\mathbb{Z} \arrow[r] & \mathbb{Z}/12\mathbb{Z} \arrow[r] \arrow[d] & \mathbb{Z}/6\mathbb{Z} \arrow[d] \\
 & \mathbb{Z}/4\mathbb{Z} \arrow[r] & \mathbb{Z}/2\mathbb{Z}
\end{tikzcd}

et \(\mathcal{T}_{1,1} \to \mathbb{D}'_3 = \mathbb{D}_3 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/4\) est surjectif.27

Puis la question : « A-t-on bien \(S\mathcal{T}_{11} \simeq S\Pi^{D}_{03}\) ?? », à laquelle la page 33 répondra oui. Et une conjecture : « il semblerait plutôt \(PM_{11} \simeq (T^{*}U_{03}, \mathfrak{S}'_3)\) (fibré cotangent de \(U_{03}\) !!), donc \(\mathcal{T}_{11} \simeq \pi_1(T^{*}U_{03}, \mathfrak{S}'_3)\) ». Le symbole \(PM_{1,1}\) n'est défini nulle part ; la page 26 en donne des variantes de niveau \(2\), et les pages 34 et 35 le remplacent par le \(\mathbb{G}_m\)-torseur \(PU_{0,3} = \mathcal{O}(1)^{*}\).28

20–20

Surfaces à bord : \(S\mathcal{T}\), \(\mathcal{T}\) et les tours de bord (page 20)

La page 20 pose le cadre général dont \(\mathcal{T}_{1,1}\) et \(S\mathcal{T}_{1,1}\) sont le premier cas. Soit \(X\) une surface compacte orientée à \(n\) composantes de bord, \(\pi\) son groupe fondamental et \(\ell_1, \dots, \ell_n\) des lacets autour des composantes du bord. Un automorphisme de la surface induit \(u \in \mathrm{Aut}\,\pi\), une permutation \(\sigma \in \mathfrak{S}_n\) et des éléments \(g_i \in \pi\) tels que \[ u(\ell_i) = g_i\,\ell_{\sigma(i)}\,g_i^{-1} , \] et la page forme le groupe \(\widetilde{E}\) de ces données, qui contient \(\pi\) (par les automorphismes intérieurs) et \(\mathbb{Z}^n\) (par les changements \(g_i \mapsto g_i\ell_{\sigma(i)}^{k_i}\)), avec \(\widetilde{E} \to \mathfrak{S}_n\) ; on pose \(E = \widetilde{E}/\pi\).29 La fibration \[ S\mathrm{Aut}^{+}(X) \to \mathrm{Aut}^{+}(X) \to \mathrm{Aut}^{+}(\partial X) \simeq \mathfrak{S}_n \ltimes \mathbb{T}^n , \] où \(S\mathrm{Aut}^{+}(X)\) est le groupe des difféomorphismes qui fixent le bord point par point et où l'équivalence de droite est une équivalence d'homotopie (\(\mathrm{Diff}^{+}(S^1) \simeq SO(2)\)), donne, avec \(S\mathcal{T} = \pi_0 S\mathrm{Aut}^{+}(X)\) et \(\mathcal{T} = \pi_0 \mathrm{Aut}^{+}(X)\), la suite exacte \[ 1 \to \pi_1\mathrm{Aut}^{+}(X) \to \mathbb{Z}^n \to S\mathcal{T} \to \mathcal{T} \to \mathfrak{S}_n \to 1 , \] où \(\mathbb{Z}^n = \pi_1(\mathbb{T}^n)\) s'envoie dans \(S\mathcal{T}\) par les twists de Dehn le long des composantes du bord, et \(\pi_1\mathrm{Aut}^{+}(X)\) vaut \(0\) ou \(\mathbb{Z}\).30 Elle écrit encore \(1 \to S\mathcal{T} \to E \to \mathfrak{S}_n \to 1\).

La fin de la page abstrait la situation. Soit \(1 \to F \to A \to G \to 1\) une extension de groupes topologiques, \(F\) discret. La suite d'homotopie de la fibration \(F \to A \to G\) s'écrit \[ 1 \to \pi_1(A) \to \pi_1(G) \to F \to \pi_0(A) \to \pi_0(G) \to 1 , \] l'image de \(\pi_1(G)\) dans \(F\) est centrale — c'est \(F \cap A^{\circ}\), et la composante neutre, connexe, agit trivialement par conjugaison sur le sous-groupe distingué discret \(F\) —, et \(\pi_0(G)\) opère extérieurement sur \(F\), donc sur son centre \(Z(F)\). En posant \(E = \pi_0(\widetilde{A})\) pour une extension \(\widetilde{A}\) convenable, on obtient \(1 \to F \to E \to \pi_0 \to 1\).31

16–16

Cartes : sommets, arêtes, faces, drapeaux (pages 16, 29 et 31)

Polyèdres réguliers et drapeaux (page 16)

Pour un polyèdre \(X_\bullet\) dont le groupe \(G_0\) des automorphismes agit simplement transitivement sur un ensemble \(\vec{S}(X_\bullet)\), les ensembles de sommets, d'arêtes et de faces sont des espaces homogènes \[ S(X_\bullet) \simeq G_0/H_S, \qquad A(X_\bullet) \simeq G_0/H_A, \qquad F(X_\bullet) \simeq G_0/H_F , \] et les stabilisateurs d'un sommet, d'une arête et d'une face incidents se coupent deux à deux trivialement, ce qui équivaut aux injections32 \[ G_0 \hookrightarrow G_0/H_S \times G_0/H_A, \qquad G_0 \hookrightarrow G_0/H_A \times G_0/H_F, \qquad G_0 \hookrightarrow G_0/H_S \times G_0/H_F . \]

Dans le cas non orienté, pour la catégorie des polyèdres d'un type donné \(\tau\), on a les foncteurs \(S\), \(A\), \(F\), les relations d'incidence \(A_1 \subset S \times A\), \(A_2 \subset A \times F\), \(A_3 \subset S \times F\), et l'ensemble des drapeaux \[ R = A_1 \times_A A_2 = \{ (s, a, f) \mid s < a < f \}, \qquad A_1 = \mathrm{Im}(R \to S \times A),\ \ldots,\ A_3 = \mathrm{Im}(R \to S \times F) . \] Avec \(\Omega\) l'ensemble des orientations, la page écrit \(A_{1\,\Omega} \simeq A_{2\,\Omega} \simeq A_{3\,\Omega}\) et \(\mathrm{Pol}_\tau^{\Omega} \simeq \mathrm{Pol}_{\tau/\Omega}\), sans les définir.33 C'est la description des cartes par l'action d'un groupe sur les drapeaux, que l'Esquisse d'un programme (1984) appellera le groupe cartographique.34

29–29

Le changement d'orientation (page 29, moitié inférieure)

Sur l'ensemble \(\bar A\) des arêtes d'une carte combinatoire orientée, une orientation définit deux opérations, \(\vec\rho_s\) (autour des sommets) et \(\vec\rho_f\) (autour des faces), liées par \[ \vec\rho_s^{\,-1}\,\vec\rho_f = \sigma , \] \(\sigma\) l'involution des arêtes. La page calcule ce qu'elles deviennent pour l'orientation opposée : si \(\bar a\) provient de \(a\) et donc aussi de \(\sigma_n a\), on a \(\rho_s(\sigma_n a) = \sigma_n(\rho_s^{-1}a)\), d'où \[ \vec\rho\,'_s = \vec\rho_s^{\,-1}, \qquad \vec\rho\,'_f = \vec\rho\,'_s\,\sigma = \vec\rho_s^{\,-1}\sigma = \sigma\,\vec\rho_f^{\,-1}\sigma = \mathrm{int}(\sigma)\bigl(\vec\rho_f^{\,-1}\bigr) . \] Renverser l'orientation inverse les deux permutations, celle des faces à conjugaison par \(\sigma\) près.35

31–31

Orbites de \(\rho\) et triples \((A, \sigma, \rho)\) (page 31)

La page 31 construit les orbites d'une opération \(\rho\) sur un ensemble \(A\) d'arêtes orientées pas à pas, et distingue deux cas : ou bien la construction s'arrête — on finit par sortir de la partie \(A'\) où \(\rho\) est défini, et l'on ferme le cycle —, ou bien elle se prolonge indéfiniment, et l'on ne définit pas \(\rho\). Supposant désormais \(\rho\) défini partout, \(\rho\) est une permutation de \(A\) ; \(\bar S = A/\rho\) est l'ensemble de ses orbites, \(\hat S \subset \bar S\) celui des orbites finies, et l'on compactifie partiellement la surface \(X\) en \(\hat X\) en lui ajoutant les points de \(\hat S - S\). La conclusion est que les quadruples \((A, \sigma, A', \rho)\) satisfaisant aux axiomes, avec \(A' = \hat A'\), s'identifient aux triples \[ (A, \sigma, \rho), \qquad A \text{ fini},\ \sigma \text{ involution sans point fixe},\ \rho \text{ permutation quelconque} , \] \(A'\) se retrouvant comme une partie de \(A\) telle que \(A' \cup \sigma A' = A\).36 C'est la description moderne d'une carte orientée par ses brins : \(\sigma\) recolle les deux moitiés de chaque arête, \(\rho\) tourne autour des sommets, et les faces sont les orbites de \(\rho\sigma\). Le groupe qui agit est \(\langle \rho, \sigma \mid \sigma^2 = 1 \rangle\), et les cartes dont tous les sommets sont de valence \(3\) sont les ensembles sur lesquels agit \(\langle \rho, \sigma \mid \rho^3 = \sigma^2 = 1 \rangle = \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}\) : c'est ce qui relie ces pages au reste du dossier.37

22–24

Le lemme : \(H^1(U_{0,3}, \mathfrak{S}_3; \mathbb{G}_m) \simeq \mathbb{Z}/6\) (pages 22, 24 et 29)

L'énoncé (page 22)

Soit \(J\) un ensemble à trois éléments, \(S\) un schéma, et \[ 0 \to V_J \to \mathcal{O}_S^{J} \to \mathcal{O}_S \to 0 , \] \(V_J\) le module libre de rang \(2\) des combinaisons de somme nulle des \(e_i\), \(i \in J\) ; soit \(\Sigma_J = \mathbb{P}(V_J)\), droite projective sur \(S\) munie de l'action de \(\mathfrak{S}_J \simeq \mathfrak{S}_3\), avec \(\Gamma(\Sigma_J, \mathcal{O}(1)) = V_J\), engendré par les \(e_i - e_j\) (page 29). Les trois sections \(e_i - e_j\) s'annulent en trois points ; leur complémentaire \(\Sigma_J^{*}\) est une copie de \(U_{0,3}\) sur laquelle \(\mathfrak{S}_3\) agit par les substitutions anharmoniques. On note \(H^1(U_{0,3}, \mathfrak{S}_3; \mathbb{G}_m)\) le groupe des classes de \(\mathbb{G}_m\)-torseurs \(\mathfrak{S}_3\)-équivariants sur \(U_{0,3}\) — le groupe de Picard du champ \((U_{0,3}, \mathfrak{S}_3)\).

Lemme. Soit \(S\) un schéma régulier intègre, avec \(\mathrm{Pic}(S) = 0\) et de caractéristique générique \(\neq 2\). Alors \[ H^1(U_{0,3}, \mathfrak{S}_3; \mathbb{G}_m) \simeq \mathbb{Z}/6\mathbb{Z}, \] engendré par la classe de \(\mathcal{O}(1)\), c'est-à-dire du \(\mathbb{G}_m\)-torseur \(P\Sigma_J = \mathbb{V}(\mathcal{O}(1))^{*}\), restreint à \(\Sigma_J^{*}\). En caractéristique générique \(2\), on trouve \(\mathbb{Z}/3\mathbb{Z}\).

Majoration (note marginale). La suite spectrale de Hochschild–Serre donne \[ 0 \to H^1\bigl(\mathfrak{S}_3, H^0(U_{0,3}, \mathbb{G}_m)\bigr) \to H^1(U_{0,3}, \mathfrak{S}_3; \mathbb{G}_m) \to H^0\bigl(\mathfrak{S}_3, H^1(U_{0,3}, \mathbb{G}_m)\bigr) = 0 , \] le dernier terme étant nul parce que \(\mathrm{Pic}(U_{0,3}) = 0\) sous les hypothèses faites sur \(S\) ; et \[ 0 \to H^0(S, \mathbb{G}_m) \to H^0(U_{0,3}, \mathbb{G}_m) \to V(J) \to 0 , \] où \(V(J) \simeq \ker(\mathbb{Z}^J \xrightarrow{\Sigma} \mathbb{Z})\) est le groupe des diviseurs des unités, portés par les trois points retirés. Or \(H^1(\mathfrak{S}_3, \mathcal{O}(S)^{*}) = \mathrm{Hom}(\mathfrak{S}_3, \mathcal{O}(S)^{*}) = \mu_2(S)\), d'ordre \(2\) si la caractéristique générique est \(\neq 2\) et \(1\) sinon, et \(H^1(\mathfrak{S}_3, V(J)) = \mathbb{Z}/3\) (suite exacte de \(0 \to V(J) \to \mathbb{Z}^J \to \mathbb{Z} \to 0\), avec \(H^1(\mathfrak{S}_3, \mathbb{Z}^J) = H^1(\mathfrak{S}_2, \mathbb{Z}) = 0\)). Le groupe cherché est donc d'ordre divisant \(6\) (resp. \(3\)), et il suffit de montrer que la classe de \(\mathcal{O}(1)\) est d'ordre exactement \(6\) (resp. \(3\)).38

L'ordre divise \(6\). La section \[ \varphi = \prod_{\substack{i, j \in J \\ i \neq j}} (e_i - e_j) = -\prod_{\{j, k\} \subset J} (e_j - e_k)^2 = -\Delta \ \in \Gamma(\Sigma_J, \mathcal{O}(6)) = \mathrm{Sym}^6 V_J \] est invariante par \(\mathfrak{S}_3\) et ne s'annule pas sur \(\Sigma_J^{*}\) : elle trivialise \(\mathcal{O}(6)\) de façon équivariante. Le groupe structural de \(P\Sigma_J^{*}\) se réduit ainsi à \(\mu_6\) : c'est le \(\mu_6\)-torseur \(\{\lambda \mid \lambda^6 = \varphi\}\), que la page 29 écrit \(\lambda^6 = \prod_{i,j}\xi_{ij}(x)\).39

Les invariants. Lorsque \(6\) est inversible sur \(S\), l'anneau des invariants est un anneau de polynômes, \[ \mathrm{Sym}^{*}(V_J)^{\mathfrak{S}_3} = \mathcal{O}[\gamma_2, \gamma_3], \qquad \gamma_2 = \sum_{i \in J} (e_j - e_k)^2, \qquad \gamma_3 = \prod_{i \in J} (e_j + e_k - 2e_i) , \] et le discriminant s'y écrit \(54\,\Delta = \gamma_2^{3} - 2\gamma_3^{2}\). La courbe \(\gamma_2^3 = 2\gamma_3^2\) du plan des invariants est une cubique cuspidale ; son complémentaire est le quotient, libre, par \(\mathfrak{S}_3\) du plan privé des trois droites où s'annulent les \(e_i - e_j\), c'est-à-dire de \(P\Sigma_J^{*}\).40

24–24

L'ordre est exactement \(6\) (page 24)

\(\gamma_2\) s'annule aux deux points \(P_\pm\) de \(\Sigma_J^{*}\) fixés par les éléments d'ordre \(3\), et \(\gamma_3\) aux trois points \(Q_i\) fixés par les transpositions. Il n'y a donc pas de section inversible invariante de \(\mathcal{O}(n)\) sur \(\Sigma_J^{*}\) pour \(0 < n < 6\), et la classe de \(\mathcal{O}(1)\) est d'ordre \(6\) : c'est un générateur.41

Le raisonnement se dit mieux ainsi : en un point fixe d'un sous-groupe \(H\), \(H\) agit sur la fibre de \(\mathcal{O}(n)\) par un caractère ; une section invariante qui ne s'annule pas en ce point exige que ce caractère soit trivial. En \(P_\pm\) le stabilisateur, d'ordre \(3\), agit sur la fibre de \(\mathcal{O}(1)\) par une racine primitive cubique de l'unité, en \(Q_i\) le stabilisateur, d'ordre \(2\), par \(-1\) : il faut \(3 \mid n\) et \(2 \mid n\). Un argument qui vaut aussi en caractéristique \(3\), où \(P_+ = P_-\) : une section inversible de \(\mathcal{O}(n)\) sur \(\Sigma_J^{*}\) est, à une unité de \(S\) près, de la forme \(\prod (e_j - e_k)^{a_i}\) avec \(\sum a_i = n\) ; l'invariance par les permutations circulaires impose \(a_1 = a_2 = a_3\), et celle par les transpositions, qui changent le signe de \(\prod_{j<k}(e_j - e_k)\), que cet exposant commun soit pair ; d'où \(6 \mid n\). En caractéristique \(2\), le signe disparaît, \(\prod_{j<k}(e_j - e_k)\) est invariante, et l'ordre est \(3\).42

Le résultat est l'analogue, pour le champ \((U_{0,3}, \mathfrak{S}_3)\), du calcul \(\mathrm{Pic}(M_{1,1}) \simeq \mathbb{Z}/12\) de Mumford (1965) : le passage de \(\mathbb{D}_3\) à \(\mathbb{D}'_3\) double l'ordre.43

29–29

Les sections \(e_i - e_j\) (page 29, moitié supérieure)

La page 29 revient sur ces sections : \(V_J = \Gamma(X, \mathcal{O}(1))\) est engendré par les \(e_i - e_j\), que les permutations échangent entre elles au signe près ; une fonction \(\lambda\) avec \(\lambda^6 = \prod_{i \neq j}\xi_{ij}(x)\), où \(\xi_{ij}\) exprime \(e_i - e_j\) dans une trivialisation locale ; la suite \(\mathbb{Z} \to \widetilde{\Pi}_{0,3} \to \Pi_{0,3} \to 1\) ; et « \(V(\omega) \overset{!!}{\simeq} V\) ».44

26–26

Les champs au-dessus de \(M_{1,1}\) (page 26)

La page 26 est faite de diagrammes sans texte. On les lit dans le langage des champs, avec \(\omega\) l'automorphisme \(-1\) d'une courbe elliptique : \((U_{0,3}, \{1, \omega\})\), le produit de \(U_{0,3}\) par la gerbe triviale \(B\mathbb{Z}/2\), est le champ \(M_{1,1}(2)\) des courbes elliptiques munies d'une structure de niveau \(2\) ; \((U_{0,3}, \mathbb{D}'_3) \simeq M_{1,1}\) (page 15) ; et \((U_{0,3}, \mathbb{D}_3)\), où l'on a oublié \(\omega\), est ce qu'on appelle aujourd'hui la rigidification de \(M_{1,1}\) le long de \(\mu_2\), que la page note \(M'_{1,1}\). Le premier diagramme en donne les flèches, chacune marquée de son groupe ou de sa nature :

LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small, nodes={font=\scriptsize}]
U_{0,3} \arrow[r, "{\{1, \omega\}}"] \arrow[dr, "\mathbb{D}'_3"'] & (U_{0,3}, \{1, \omega\}) \arrow[d, "\mathbb{D}_3"'] \arrow[dr, "\mathrm{gerbe}"] & \\
 & (U_{0,3}, \mathbb{D}'_3) \arrow[d, "\mathrm{gerbe}"'] & U_{0,3} \arrow[dl, "\mathbb{D}_3"] \\
 & (U_{0,3}, \mathbb{D}_3) &
\end{tikzcd}

— les flèches marquées d'un groupe sont des revêtements galoisiens de ce groupe, les flèches « gerbe » des gerbes de lien \(\mathbb{Z}/2\). Le second diagramme est le même, calqué sur le demi-plan de Poincaré \(\mathcal{D}\) : \((\mathcal{D}, \Pi_{0,3}) \simeq \mathcal{D}/\Pi_{0,3}\), \((\mathcal{D}, \Pi_{0,3} \times \{1, \omega\})\), \((\mathcal{D}, SL(2, \mathbb{Z}))\) et \((\mathcal{D}, PSL(2, \mathbb{Z}))\), les flèches étant marquées « gal » et « 2-gerbe ».45 Un troisième diagramme relie \(M_{1,1}(\tilde 2)\), \(M_{1,1}(2)\), \(M_{1,1}(2)'\), \(M_{1,1}\) et \(M'_{1,1}\), et le carré cartésien \[ \begin{array}{ccc} PM_{1,1}(\tilde 2) \simeq PU_{0,3} & \longrightarrow & PM_{1,1}(2) \simeq TU_{0,3} \\ \downarrow & & \downarrow \\ U_{0,3} \simeq M_{1,1}(\tilde 2) & \longrightarrow & (U_{0,3}, \{1, \omega\}) \simeq M_{1,1}(2) \end{array} \] met pour la première fois en scène le \(\mathbb{G}_m\)-torseur \(PU_{0,3}\) des pages 34 et 35.46

28–30

Le diagramme des extensions (pages 28 et 30)

Les pages 28 et 30 dessinent en perspective, puis à plat, un diagramme qui superpose les extensions déjà rencontrées. Ses sommets finis sont quatre groupes, tous produits fibrés au-dessus de \(\mathbb{Z}/2\) (signature d'un côté, réduction de l'autre) : \[ \begin{array}{lll} \mathbb{D}_3 = \mathfrak{S}_3 & \text{ordre } 6, & \text{quotient de } \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \text{ par } \Pi_{0,3} ; \\[2pt] \mathbb{D}'_3 = \mathbb{D}_3 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/4 & \text{ordre } 12, & \text{quotient de } SL(2, \mathbb{Z}) \text{ par } \Pi_{0,3} ; \\[2pt] \mathbb{D}''_3 = \mathbb{D}_3 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/6 & \text{ordre } 18, & \text{quotient de } \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \text{ par } \Pi'_{0,3} ; \\[2pt] \mathbb{D}'''_3 = \mathbb{D}_3 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/12 \simeq \mathbb{D}'_3 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/6 & \text{ordre } 36, & \text{quotient de } SL(2, \mathbb{Z}) \text{ par } \Pi'_{0,3} . \end{array} \] Le dernier isomorphisme vient de \(\mathbb{Z}/12 \simeq \mathbb{Z}/4 \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/6\). Les flèches \(\mathbb{D}'''_3 \to \mathbb{D}''_3\) et \(\mathbb{D}'_3 \to \mathbb{D}_3\) sont de degré \(2\), les flèches \(\mathbb{D}'''_3 \to \mathbb{D}'_3\) et \(\mathbb{D}''_3 \to \mathbb{D}_3\) de degré \(3\), et la face formée par ces quatre groupes est cartésienne, au-dessus de la face \(\mathbb{Z}/12\), \(\mathbb{Z}/6\), \(\mathbb{Z}/4\), \(\mathbb{Z}/2\).47 Au-dessus de ces quotients finis, la page empile les extensions infinies : dans une colonne \(\widetilde{\Pi}{}^{\circ}_{0,3} \subset \widetilde{\Gamma}(2) \subset \widetilde{SL}(2, \mathbb{Z})\), extensions par \(\mathbb{Z}\) de \(\Pi_{0,3} \subset \Gamma(2) \subset SL(2, \mathbb{Z})\), elles-mêmes au-dessus de \(\Pi_{0,3} \subset \Pi_{0,3} \subset \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}\) ; dans une ligne, une extension \(\widetilde{\mathbb{D}}_3\) de \(\mathbb{D}'''_3\) par \(\mathbb{Z}\), quotient de \(\widetilde{SL}(2, \mathbb{Z})\) ; et, en bas, l'abélianisation \(\widetilde{SL}(2, \mathbb{Z}) \to \mathbb{Z} \to \mathbb{Z}/12 \to \mathbb{Z}/6\), le noyau de \(\mathbb{Z} \to \mathbb{Z}\) étant \(12\mathbb{Z}\). On peut lire \(\widetilde{\mathbb{D}}_3\) comme le produit fibré \(\mathbb{D}'''_3 \times_{\mathbb{Z}/12} \mathbb{Z}\), quotient de \(\widetilde{SL}(2, \mathbb{Z})\) par \((g \bmod \Pi'_{0,3},\ g_{\mathrm{ab}})\).48

Au bas de la page 28, l'extension \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_{0,3}(4)\) est la somme amalgamée de \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_{0,3}\) le long de \(\mathbb{Z} \xrightarrow{4} \mathbb{Z}\) : \[ 1 \to \mathbb{Z} \to \widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_{0,3}(4) \to \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \to 1, \qquad\text{et aussi}\qquad 1 \to \mathbb{Z}\omega \to \widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_{0,3}(4) \to \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times \mathbb{Z}/4 \to 1 , \] la seconde parce que l'image de l'ancien noyau est d'indice \(4\) dans le nouveau, et que l'extension quotient de \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}\) par \(\mathbb{Z}/4\) est scindée. La page demande alors ce qu'est l'image inverse de \(SL(2, \mathbb{Z}) \subset \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times \mathbb{Z}/4\), et écrit un point d'interrogation : la réponse est aux pages 34 et 35.

30–30

La même chose, pour un \(\Pi\) quelconque (page 30)

La page 30 refait ce diagramme avec des lettres : \(\Pi\), son extension \(\widetilde{\Pi}\) par \(\mathbb{Z}\), un sous-groupe distingué \(\Pi_0\) de quotient \(\mathbb{D}_3\), et \(\Pi' \subset \Pi \times \mathbb{Z}/4\) l'image inverse de \(\mathbb{D}'_3 \subset \mathbb{D}_3 \times \mathbb{Z}/4\) : \[ \begin{array}{ccccccccc} 1 & \to & \Pi_0 & \to & \Pi \times \mathbb{Z}/4 & \to & \mathbb{D}_3 \times \mathbb{Z}/4 & \to & 1 \\ & & \parallel & & \cup & & \cup & & \\ 1 & \to & \Pi_0 & \to & \Pi' & \to & \mathbb{D}'_3 & \to & 1 \end{array} \] et l'extension \(\widetilde{\Pi}(4) \to \Pi \times \mathbb{Z}/4\) par \(\mathbb{Z}\).49 C'est, avec \(\Pi = \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}\) et \(\Pi_0 = \Pi_{0,3}\), la description \(\Pi' = \mathcal{T}_{1,1} = SL(2, \mathbb{Z})\) de la page 15.

32–34

Classes d'extensions, et le caractère du revêtement (pages 32 et 34)

Un calcul dans \(\mathrm{Ext}^1\) (page 32)

Pour \(n \geqslant 1\), soit \(\eta_n \in \mathrm{Ext}^1(\mathbb{Z}/n, \mathbb{Z}) \simeq \mathbb{Z}/n\) la classe de l'extension canonique \(0 \to \mathbb{Z} \xrightarrow{n} \mathbb{Z} \to \mathbb{Z}/n \to 0\). Soient \(p\), \(q\) deux entiers, \(\alpha \in (\mathbb{Z}/p)^{*}\), et \(\widetilde{\Pi}_0(q)\) l'extension de \(\mathbb{Z}/p \times \mathbb{Z}/q\) par \(\mathbb{Z}\) de classe50 \[ \xi = \mathrm{pr}_1^{*}(\alpha\eta_p) + \mathrm{pr}_2^{*}(\eta_q) \ \in \mathrm{Ext}^1(\mathbb{Z}/p \times \mathbb{Z}/q, \mathbb{Z}) \simeq \mathbb{Z}/p \oplus \mathbb{Z}/q . \] Soit \(\mu = \mathrm{ppcm}(p, q)\) et \(\delta = (\delta_p, \delta_q) : \mathbb{Z}/\mu \hookrightarrow \mathbb{Z}/p \times \mathbb{Z}/q\) le couple des réductions. En identifiant \(\mathrm{Ext}^1(\mathbb{Z}/n, \mathbb{Z})\) au dual \(\mathrm{Hom}(\mathbb{Z}/n, \mathbb{Q}/\mathbb{Z})\), \(\eta_n\) correspondant à \(1 \mapsto \frac1n\), on trouve \[ \delta_p^{*}(\eta_p) = q'\,\eta_\mu, \qquad \delta_q^{*}(\eta_q) = p'\,\eta_\mu, \qquad q' = \frac{\mu}{p},\ p' = \frac{\mu}{q} , \] et donc la classe de l'extension \(\widetilde{\Pi}'_0 = \delta^{*}\widetilde{\Pi}_0(q)\) de \(\mathbb{Z}/\mu\) par \(\mathbb{Z}\) : \[ \xi' = \delta^{*}\xi = (p' + q'\alpha)\,\eta_\mu . \]

34–34

Le cas \(p = 6\), \(q = 4\) (page 34)

Pour \(p = 6\), \(q = 4\), on a \(\mu = 12\), \(p' = 3\), \(q' = 2\), et avec \(\alpha = -1\), \[ \xi' = (3 - 2)\,\eta_{12} = \eta_{12} \,! \] L'extension obtenue au-dessus de \(\mathbb{Z}/12\) est l'extension canonique : c'est celle qui, tirée en arrière par l'abélianisation, donne \(S\mathcal{T}_{1,1}\) à partir de \(\mathcal{T}_{1,1}\) (page 17). Le \(\mathbb{Z}/6\) est celui du revêtement défini par \(\mathcal{O}(1)\), le \(\mathbb{Z}/4\) celui du \(\mathbb{D}'_3\).51

Ce caractère est \[ \chi : \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \longrightarrow \mathbb{Z}/6, \qquad \rho \mapsto -2, \quad \sigma \mapsto 3, \quad \varepsilon_0 = \sigma\rho \mapsto 1, \quad \rho_0 = \varepsilon_0^{\,2} \mapsto 2 , \] défini directement par l'action de \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}\) sur le revêtement principal de \((U_{0,3}, \mathfrak{S}_3)\) de groupe \(\mu_6 \simeq \mathbb{Z}/6\) qui réduit le \(\mathbb{G}_m\)-torseur \(PU_{0,3} = \mathcal{O}_{U_{0,3}}(1)^{*}\) (page 22). Comme \(PU_{0,3}\) se déduit de ce \(\mu_6\)-torseur par l'inclusion \(\mu_6 \subset \mathbb{G}_m\), dont la suite d'homotopie est \(\mathbb{Z} \xrightarrow{6} \mathbb{Z} \to \mathbb{Z}/6\), on a un carré cartésien \[ \pi_1(PU_{0,3}, \mathfrak{S}_3) = \widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_{0,3} \simeq \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times_{\mathbb{Z}/6} \mathbb{Z} , \] le noyau \(\mathbb{Z}\) étant engendré par le lacet \(\varpi'\) de la fibre \(\mathbb{G}_m\). Dans ce produit fibré, \(\tilde\rho = (\rho, -2)\) et \(\tilde\sigma = (\sigma, -3)\) vérifient \(\tilde\rho^{\,3} = \tilde\sigma^2 = (1, -6)\), générateur du noyau, et \[ \pi_1(PU_{0,3}, \mathfrak{S}_3) = \langle \tilde\rho, \tilde\sigma \mid \tilde\rho^{\,3} = \tilde\sigma^2 \rangle \simeq \widetilde{SL}(2, \mathbb{Z}) : \] ce sont les relèvements normalisés de la page 11 pour \(n = 3\), \(\nu = -1\). Ce groupe est le groupe des tresses \(B_3\), et l'espace \((PU_{0,3}, \mathfrak{S}_3)\) le complémentaire de la cubique cuspidale \(\gamma_2^3 = 2\gamma_3^2\) de la page 22.52

Enfin la page écrit, au-dessus de \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times \mathbb{Z}/4\), l'extension \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_{0,3}(4) = \pi_1(PU_{0,3}, \mathfrak{S}_3 \times \mu_4)\) de la page 28, et, en dessous, l'image inverse \(\widetilde{\mathcal{T}}_{1,1}\) du sous-groupe \(\mathcal{T}_{1,1} = \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times_{\mathbb{Z}/2} \mathbb{Z}/4\) : une extension de \(\mathcal{T}_{1,1}\) par le même \(\mathbb{Z}\), sous-groupe d'indice \(2\) de \(\widetilde{\Pi}{}^{\mathbb{D}}_{0,3}(4)\).53

33–35

La réponse : \(S\mathcal{T}_{1,1} \simeq S\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}\) (pages 33 et 35)

Page 33

La question de la page 19 reçoit sa réponse : \[ S\mathcal{T}_{1,1} \simeq \widetilde{SL}(2, \mathbb{Z}) \simeq \langle \rho, \sigma \mid \rho^3 = \sigma^2 \rangle \simeq \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times_{\mathbb{Z}/6} \mathbb{Z} = S\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} , \] par \(\rho \mapsto (\rho, 2)\), \(\sigma \mapsto (\sigma, 3)\). En effet, cette application envoie \(\omega = \rho^3 = \sigma^2\) sur \((1, 6)\), générateur du noyau du produit fibré ; elle est surjective sur \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}\), de noyau \(\langle \omega \rangle\), et induit un isomorphisme de ce noyau sur \(6\mathbb{Z}\).54 La suite de la page, tête-bêche, reprend le diagramme de la page 30, avec la question de savoir comment \(\widetilde{\Pi}\) s'envoie dans \(\widetilde{\Pi}(4)\) au-dessus de \(\Pi'\).55

35–35

Page 35

Dans \(S\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} = \langle \rho, \sigma \mid \rho^3 = \sigma^2 \rangle\), soit \(\omega = \rho^3 = \sigma^2\) et \(\omega' = \omega^{-1}\), générateur du noyau. La somme amalgamée le long de \(\omega' \mapsto \varpi^4\) est \[ S\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}(4) = \langle \rho, \sigma, \varpi \mid \varpi \text{ central},\ \rho^3 = \sigma^2 = \varpi^{-4} \rangle , \qquad 1 \to \mathbb{Z}\varpi^4 \to S\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}(4) \to \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times \mathbb{Z}/4 \to 1 , \] avec \(\varpi \mapsto (1, 1)\) ; la page l'identifie à \(\pi_1(PU_{0,3}, \mathfrak{S}_3 \times \mu_4)\). L'application \[ S\mathcal{T}_{1,1} \longrightarrow S\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}(4), \qquad \rho \mapsto \rho\,\varpi^2, \quad \sigma \mapsto \sigma\,\varpi^3, \quad \omega \mapsto \varpi^2, \quad \omega^2 \mapsto \varpi^4 , \] est bien définie, relève \(\mathcal{T}_{1,1} \hookrightarrow \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times \mathbb{Z}/4\), \(\rho \mapsto (\rho, 2)\), \(\sigma \mapsto (\sigma, 3)\), et envoie le noyau \(\mathbb{Z}\omega^2\) isomorphiquement sur \(\mathbb{Z}\varpi^4\) :

LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small, nodes={font=\scriptsize}]
1 \arrow[r] & \mathbb{Z}\varpi^4 \arrow[r] & S\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}(4) \arrow[r] & \Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times \mathbb{Z}/4 \arrow[r] & 1 \\
1 \arrow[r] & \mathbb{Z}\omega^2 \arrow[r] \arrow[u] & S\mathcal{T}_{1,1} \arrow[r] \arrow[u] & \mathcal{T}_{1,1} \arrow[r] \arrow[u, hook] & 1
\end{tikzcd}

Donc \(S\mathcal{T}_{1,1}\) est exactement l'image inverse de \(\mathcal{T}_{1,1}\) dans \(S\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}(4)\), sous-groupe d'indice \(2\), et c'est la réponse au point d'interrogation de la page 28.56 En termes d'espaces, ce que les pages 26, 34 et 35 assemblent sans l'écrire en une ligne est que \(S\mathcal{T}_{1,1}\) est le groupe fondamental du champ \((PU_{0,3}, \mathbb{D}'_3)\), où \(\mathbb{D}'_3 = \mathfrak{S}_3 \times_{\mathbb{Z}/2} \mu_4 \subset \mathfrak{S}_3 \times \mu_4\) agit sur le \(\mathbb{G}_m\)-torseur \(\mathcal{O}(1)^{*}\) — c'est-à-dire, si l'on suit la page 26, du torseur \(PM_{1,1}\) au-dessus de \(M_{1,1}\).57

Notes

  1. Le dossier n'énonce pas ce fait ; il se lit sur la caractéristique d'Euler : \(\Pi^{\mathbb{D}}_n\) est virtuellement libre de caractéristique \(\frac1n + \frac12 - 1\), un sous-groupe sans torsion d'indice \(2n\) est donc libre de rang \(1 - 2n(\frac1n + \frac12 - 1) = n - 1\), et les \(n\) éléments \(\rho_i\), soumis à une relation, l'engendrent. Géométriquement : \(\mathbb{D}_n\) agit sur la sphère de Riemann par \(z \mapsto \zeta z\), \(z \mapsto 1/z\), et \(\Pi^{\mathbb{D}}_n\) est le groupe fondamental orbifold de la sphère privée des racines \(n\)-ièmes de l'unité, modulo cette action. ↩
  2. La page 26 écrit \(SL(2, \mathbb{Z})'\) pour le groupe qui correspond à \((U_{0,3}, \mathbb{D}_3)\), et la page 7 \(GL(2, \mathbb{Z})'\) pour l'extension de \(\mathbb{D}_3 \times \{1, \tau\}\) par \(\Pi_{0,3}\) ; on lit l'accent comme « modulo \(\pm 1 \) ». Les pages écrivent indifféremment \(\Pi^{D}\) et \(\Pi^{\mathbb{D}}\), \(\Pi_{03}\) et \(\Pi_{0,3}\), \(\mathcal{T}_{11}\) et \(\mathcal{T}_{1,1}\) ; on unifie. ↩
  3. Le mot « orbifold » est de Thurston (notes de Princeton, 1977–1978) ; les champs algébriques et leur groupe fondamental sont dans Deligne–Mumford (1969). Grothendieck, dans la Longue Marche, parle de « multiplicités modulaires » ; le dossier ne nomme ni l'un ni l'autre, et ne donne à \((X, G)\) aucun nom. ↩
  4. La page écrit la formule sans hypothèse ; elle identifie les coefficients sur la première colonne seulement. Les deux autres coefficients imposent \(d\lambda - b = -c\mu v_1/v\) et \(a - c\lambda = \mu(d - cw/v)\), ce qui est exactement la condition de commutation. Les étapes intermédiaires de la page nomment tantôt \(c_0, d_0\) les coefficients de \(\rho\) et de \(1\), tantôt l'inverse ; une ligne donne pour \(c_0\) une fraction de dénominateur « \(-v^2 + wcd + c^2\) », premier terme de lecture incertaine, qui n'est pas utilisée ensuite. ↩
  5. La page pose la première en question (« \(\det a \overset{?}{=} \delta_\alpha^{-1}\mu\) ») : elle est vraie sans hypothèse, \(\det u = \mu\). Dans la seconde, la page écrit \(+\frac{dc}{v}w\), le signe étant un \(+\) repassé ; avec \(x = -c/v\) et \(y = d\) le terme \(xyw\) vaut \(-\frac{cd}{v}w\). La ligne s'arrête sur des points de suspension. ↩
  6. La page commence par le définir comme le sous-groupe engendré par les \(\tilde\rho_i\), biffe, et le redéfinit comme image inverse : les deux ne coïncident pas, le premier est d'indice \(2\) dans le second, et c'est l'objet de la suite. ↩
  7. Comme \(\Pi_n\) est libre, toutes ces extensions sont scindées en tant qu'extensions abstraites : \(\widetilde{\Pi}_n \simeq \Pi_n \times \mathbb{Z}\). Ce qui porte l'information n'est donc pas la classe de l'extension mais la position des relèvements canoniques \(\tilde\rho_i\) des générateurs géométriques, dont le produit vaut \(\tilde\omega_0^2\) et non \(1\). La page note \(\wedge_{\mathbb{Z}\varpi}\) la somme amalgamée ; au-dessus de \(\Pi_n\) dans la suite exacte, un mot lu « can ». ↩
  8. La formule générale est celle de la page, où les indices sont surchargés ; elle se vérifie en écrivant \((\rho_0\rho^{-1})^i = \rho_0\rho_{-1}\cdots\rho_{1-i}\,\rho^{-i}\). ↩
  9. La page annonce qu'on calculera « au moins \(z_0\), \(z_1\) », la phrase étant en partie illisible ; elle écrit ensuite \(\tilde\rho_i = \tilde\rho^{\,i}\tilde\sigma \tilde\rho\tilde\sigma^{-1}\tilde\rho^{\,1-i}\) et \(\tilde\sigma(\tilde\rho_i)\), et s'interrompt. Dans le second calcul la lecture d'un facteur (\(\tilde\sigma\) ou \(\tilde\sigma^{-1}\)) est incertaine ; le résultat \(1\) est juste. ↩
  10. Cet argument est de la présente lecture ; la page ne l'a pas. ↩
  11. La note marginale de la page dit que l'extension n'est pas scindée parce que « les \(\rho_{\mathbb{D}'_3}\) qui relèvent \(\rho_{\mathbb{D}_3}\) sont d'ordre 6, non 3 ». C'est inexact : \(\rho\) est d'ordre \(6\), mais l'autre relèvement \(\rho\omega = \rho^4\) est d'ordre \(3\). La conclusion est juste, et la raison est du côté de \(\sigma\). ↩
  12. La page écrit \(\mathbb{D}'_3 \times \{1, \tau\}\) dans la première suite. Ce ne peut être un produit direct : un élément de déterminant \(-1\), tel que \(\mathrm{diag}(1, -1)\), agit sur l'abélianisé \(\mathbb{Z}/12\) de \(SL(2, \mathbb{Z})\) par \(-1\), donc sur l'abélianisé \(\mathbb{Z}/4\) de \(\mathbb{D}'_3\) par \(-1\), ce qui n'est pas un automorphisme intérieur. Le quotient est un produit semi-direct, scindé par \(\mathrm{diag}(1, -1)\). La page note \(GL(2, \mathbb{Z})'\) ce que l'on écrit \(PGL(2, \mathbb{Z})\) ; la lecture de \(U_{0,3}\) dans \(\pi_1(U_{0,3}, \ldots)\) est incertaine. Le point base \(P_+\) est lu ici comme l'un des deux points de \(U_{0,3}\) fixés par les éléments d'ordre \(3\) de \(\mathfrak{S}_3\), les racines primitives sixièmes de l'unité ; la page ne le définit pas, mais la page 15 le place sous le point \(e^{2i\pi/6}\) du demi-plan de Poincaré, ce qui s'accorde avec cette lecture. ↩
  13. La page écrit aussi « \(SL(2, \mathbb{Z}) \to SL(2, \mathbb{Z})/(\pm 1) \simeq \mathcal{E}\) », de lecture incertaine ; ce qui est vrai est que \(\mathcal{E}\) modulo \(\pm 1\) est le groupe d'ordre \(18\). Elle donne pour \(\mathbb{D}'_3\), au même endroit, la présentation \(\langle \rho, \sigma \mid \rho^3 = \sigma^2, \rho^6 = 1 \rangle\), qui est celle de \(SL(2, \mathbb{Z})\) ; il manque la relation \(\sigma\rho\sigma^{-1} = \rho^{-1}\) de la page 7. ↩
  14. Ce rapprochement entre la page 9 et la page 28 est de la présente lecture ; le dossier ne le fait pas. ↩
  15. La page porte encore des produits isolés, en partie illisibles, et un commutateur \([\rho_0, \rho_1]\) développé puis biffé. ↩
  16. L'énoncé de la page est écrit en diagonale et une grande partie des mots de liaison est illisible ; on le reconstitue d'après les calculs des pages 11 et 13, qui le démontrent. Les deux valeurs « \(-\frac{n-1}{2}\), \(\frac{n+1}{2}\) » et « \(\nu\) impair » sont lisibles ; « \(\nu_0\) unique » et « uniquement déterminés » aussi. La page écrit, au-dessus, une suite \(\mathbb{Z}\tilde\omega^2 \to \widetilde{\Pi}{}^{D}_n \to \Pi^{D}_n \to 1\), dont le premier terme est vraisemblablement \(\mathbb{Z}\tilde\omega\). ↩
  17. La page écrit « \(\gamma - n\beta = \alpha\) » ; la ligne précédente, \(\tilde\rho_0^{\,n}\tilde\sigma_0^{-2} = \tilde\omega^{2\gamma - n\beta}\), et la solution qu'elle trouve demandent \(2\gamma\). De même l'accolade « \(\underbrace{\alpha(\alpha+1)\cdot 2}_{\gamma}\) » désigne le terme dont \(\gamma = \alpha(\alpha+1)\) est le coefficient. ↩
  18. Les exemples écrits en marge de la page 13 sont les cas \(n = 3\) (\(\frac{n^2+1}{2} = 5 \equiv -1 \bmod 6\)) et \(n = 5\) (\(13 \equiv 3 \bmod 10\)). ↩
  19. Elles sont de la présente lecture. ↩
  20. La page mêle \(\tilde\omega\) et \(\omega\) d'une ligne à l'autre (\(\tilde\rho_0^{\,n} = \tilde\omega^{1-n} = \omega^{\frac{1-n}{2}}\), comme si \(\omega = \tilde\omega^2\)), puis compare un exposant de \(\tilde\omega\) à un exposant de \(\omega\) ; la comptabilité n'est pas cohérente telle qu'elle est écrite, et la lecture ne la répare pas. La première ligne, « \(\tilde\rho_0^{\,n} = \tilde\sigma_0^{\,n} =\) », reste inachevée. ↩
  21. Les étiquettes sont en partie incertaines ; la ligne « \(\rho\), \(\sigma\) opérant sur l'une des sections » et le mot « genres » sont de lecture douteuse. Les vecteurs tangents à la sphère et les \(e_j - e_k\) annoncent peut-être le fibré tangent de la page 19 et les sections de \(\mathcal{O}(1)\) des pages 22 et 29 ; ce n'est qu'une conjecture de lecture. ↩
  22. La page note « à vérifier », barré, puis « OK ». La base n'est pas précisée ; l'énoncé est vrai sur \(\mathbb{C}\), où \(M_{1,1}\) est le champ \([\mathfrak{H}/SL(2, \mathbb{Z})]\) et \(U_{0,3} = \mathfrak{H}/F\) pour le sous-groupe libre distingué \(F = \ker(SL(2, \mathbb{Z}) \to \mathbb{D}'_3)\) d'indice \(12\). La page note ce groupe \(\Pi^{\mathbb{D}'_3}_{0,3}\), et écrit « \(\mathbb{D}'_2 \to \mathbb{D}_2\) » là où le contexte demande \(\mathbb{D}'_3 \to \mathbb{D}_3\). ↩
  23. Note marginale : « Bien vérifié ainsi, notamment que \(SL(2, \mathbb{Z}) \simeq \{\rho', \sigma' \mid \rho'^3 = \sigma'^2, \ldots\}\) ». La phrase suivante de la page, en partie illisible, décrit \(SL(2, \mathbb{Z})\) comme extension de \(\mathbb{D}'_3\) par un sous-groupe isomorphe à \(\Pi_{0,3}\), et s'arrête au bord de la feuille. ↩
  24. Aucun de ces deux noms n'est sur la page. L'isomorphisme \(B_3 \simeq \widetilde{SL}(2, \mathbb{Z})\) et la présentation \(\langle \rho, \sigma \mid \rho^3 = \sigma^2 \rangle\) sont classiques (Artin, 1925, pour les tresses ; Schreier, 1924, pour le trèfle). ↩
  25. La page écrit \((\mathcal{T}_{11})_{\mathrm{ab}} \simeq \mathbb{Z}\) pour le premier, sans le \(S\) que demandent les valeurs dans \(\mathbb{Z}\). ↩
  26. L'interprétation de \(S\mathcal{T}\) par la surface à bord est celle de la page 20, que la présente lecture applique ici au cas \((1,1)\) ; les pages 17 et 19 ne la formulent pas. La page 17 note, à gauche de la suite exacte, « \(\varpi = \omega^2\) ». ↩
  27. La page écrit le sommet de droite \(\Pi^{\mathbb{D}'}_{03}\) (lecture incertaine de l'exposant) ; la structure du diagramme — un groupe d'abélianisé \(\mathbb{Z}/6\), de quotient \(\mathbb{D}_3\) — demande \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}\), \(\Pi^{\mathbb{D}'}_{0,3}\) étant \(\mathcal{T}_{1,1}\) lui-même. Elle écrit aussi, à droite, « \(\mathcal{T}_{11}\) identifié à \(\Pi^{D}_{03} \times_{\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}} \mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\) » (le \(4\) incertain) : \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}\) n'a pas de surjection sur \(\mathbb{Z}/12\), et les formes justes sont celles qu'on vient d'écrire. Les positions de deux des marques « cart » sont incertaines. ↩
  28. Si \(PM_{1,1}\) désigne, comme le suggère la page 26, le \(\mathbb{G}_m\)-torseur des couples (courbe elliptique, différentielle invariante non nulle), son groupe fondamental est \(S\mathcal{T}_{1,1}\) et non \(\mathcal{T}_{1,1}\) : cet espace est le complémentaire de la cubique cuspidale \(g_2^3 = 27g_3^2\) dans \(\mathbb{C}^2\), de groupe fondamental \(B_3\). Le lien entre le carré de la différentielle invariante et le fibré cotangent de l'espace des modules est ce qu'on appelle l'isomorphisme de Kodaira–Spencer ; la page ne le nomme pas, et la lecture ne prétend pas que ce soit la raison du « !! ». « tangent » est biffé et remplacé par un mot lu « cotangent » d'après le \(T^{*}\). ↩
  29. Cette lecture des données du cadre de la page, et du plongement \(\mathbb{Z}^n \hookrightarrow \widetilde{E}\) (tracé avec un crochet à chaque bout), est de la présente lecture ; la page ne les commente pas. Elle écrit aussi une flèche \(Z\pi \to \mathbb{Z}^n\). ↩
  30. La suite commence par \(1\) parce que \(\pi_1 S\mathrm{Aut}^{+}(X) = 0\), les composantes neutres de ces groupes étant contractiles dès que la caractéristique d'Euler est négative (Earle–Eells 1969, Earle–Schatz 1970) ; la page ne le dit pas. Le cas \(\mathbb{Z}\) est celui du disque et de l'anneau. La page note \(\mathfrak{S}_n \cdot \mathbb{T}^n\) le produit en couronne, et écrit encore un groupe \(\mathrm{Aut}^{+}_{!}(\widetilde{X})\) que rien ne définit. ↩
  31. « central » est de lecture incertaine ; l'argument qui le justifie est de la présente lecture. Le diagramme de la page met en regard deux extensions \(\widetilde{F} \to \widetilde{A} \to \widetilde{G}\) et \(F \to A \to G\), \(F\) marqué « discret » et \(G = \mathfrak{S}_n \cdot \mathbb{T}^n\) ; la définition de \(\widetilde{A}\) n'est pas écrite. ↩
  32. La page écrit deux fois la deuxième injection ; la troisième, que demande \(H_S \cap H_F = e\), est rétablie. Elle ne définit pas \(\vec{S}\) ; on lit un ensemble principal homogène sous \(G_0\), par exemple celui des sommets munis d'une arête issue d'eux (les « brins »), lecture qui est la nôtre. ↩
  33. La parenthèse qui suit \(A_{3\,\Omega}\) reste ouverte ; l'exposant \(\Omega\) de \(\mathrm{Pol}_\tau\) est écrit sur une rature. ↩
  34. Le mot n'est pas dans le dossier. ↩
  35. La page écrit « \(\vec\rho\,'_s = \vec\rho_f^{\,-1}\) », ce qui contredit la ligne précédente ; la suite utilise \(\vec\rho_s^{\,-1}\), qui est juste. La moitié inférieure de la page est écrite tête-bêche ; « on a vu » renvoie à des pages qui ne sont pas dans ce dossier, et le nom de l'objet (« complexe » biffé, puis un mot illisible, « combinatoire ») n'est pas sûr. ↩
  36. La page est une rédaction rapide dont beaucoup de mots de liaison sont illisibles, et plusieurs phrases ne se laissent pas reconstruire ; les axiomes des quadruples sont dans des pages absentes du dossier. « fini » est de lecture incertaine. ↩
  37. Ce lien est de la présente lecture ; il est exposé dans l'Esquisse d'un programme, § 3, et non dans ce dossier. ↩
  38. La note marginale écrit les deux suites exactes, et les calculs de \(H^1(\mathfrak{S}_3, \cdot)\) ne sont pas sur la page ; ils sont ajoutés. Le terme médian de la première suite est coupé par le bord de la feuille. ↩
  39. La page écrit \(\varphi = \prod_{i \in J} (e_j - e_k)^2\), oubliant le signe \((-1)^3\) ; un \(\pm\) biffé devant le produit et le « NB Signe erroné » qui suit montrent qu'elle l'a vu. Le signe est sans effet : \(-\Delta\) est invariant comme \(\Delta\). La ligne « \(\mathcal{O}(6) \simeq V_J^{\otimes 3}(\omega)\) » et la phrase qui l'entoure, très surchargées, ne se lisent qu'en partie. ↩
  40. La page écrit « \(\mathrm{Sym}^{*}(V_J)^{\mathfrak{S}_3} \simeq \mathcal{O}[\gamma_2, \gamma_3]/(2\gamma_3^2 - \gamma_2^3)\) » et « \(\Delta = \gamma_2^3\) », de lecture difficile. Telle quelle, la première égalité est fausse : \(\gamma_2\) et \(\gamma_3\) sont algébriquement indépendants (théorème de Chevalley pour le groupe de réflexions \(\mathfrak{S}_3\)), et \(\gamma_2^3 - 2\gamma_3^2\) n'est pas une relation mais, à un facteur près, le discriminant. On écrit ce qui est vrai. Pour le vérifier, on pose \(x_i = e_i - \frac13\sum e\) ; alors \(\gamma_2 = -6p\), \(\gamma_3 = -27q\) avec \(p = \sum x_jx_k\), \(q = x_1x_2x_3\), et \(\Delta = -4p^3 - 27q^2\). L'hypothèse « \(6\) inversible » est ajoutée ; le lemme lui-même n'en a pas besoin. ↩
  41. La page écrit « pour \(n \leqslant 6\) » ; l'argument demande \(n < 6\), puisque \(\varphi\) est une telle section pour \(n = 6\). L'identification des \(P_i\) et des \(Q_i\) aux points à stabilisateur d'ordre \(3\) et \(2\) est de la présente lecture ; la page ne les définit pas, et les \(P_\pm\) sont vraisemblablement le \(P_+\) des pages 7 et 15. ↩
  42. Ces deux formes de l'argument sont de la présente lecture. ↩
  43. Le rapprochement est de la présente lecture ; le dossier ne cite pas Mumford. ↩
  44. La prose du haut de la page est presque entièrement illisible ; la lecture ne retient que les formules sûres. Quelques nombres (\(\pm\frac12\), \(\pm 1\), \((\frac12)^4\), \(\sqrt[3]{1/2}\)) sont dispersés sans relation écrite, et une colonne en marge porte « \(\tilde R_K - \tilde R_j\) ? ». ↩
  45. Redessiné sur une grille : sur la page, la flèche marquée \(\mathbb{D}_3\) descend en oblique et la flèche « gerbe » verticalement. La page écrit \(SL(2, \mathbb{Z})'\) pour \(PSL(2, \mathbb{Z})\) ; les étiquettes des flèches « gal » sont surchargées (\(\Pi^{\mathbb{D}'}_{0,3}\) ou \(\mathbb{D}'_3\), \(\mathbb{D}_3\)) ; la lecture de \(\mathcal{D}\) comme demi-plan de Poincaré est incertaine. ↩
  46. Ni \(M_{1,1}(\tilde 2)\), ni \(PM_{1,1}\), ni \(TU_{0,3}\) ne sont définis par la page, et la lecture ne les définit pas à sa place. La flèche du haut est tracée double ; une formule biffée, « \(x \mapsto x^2 \wedge \omega_0\) », suggère qu'elle est l'élévation au carré. Une ligne isolée porte « \(PU(TU_{03}, \mathbb{D}_3; \mu_2)\) », le \(\mu_2\) incertain. ↩
  47. La page 28 écrit les produits fibrés au-dessus de \(\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}\) (« \(\mathbb{D}_3 \times_{\mathbb{Z}/12} \mathbb{Z}/12 \simeq \mathbb{D}'_3 \times_{\mathbb{Z}/12} \mathbb{Z}/6\) », « \(\mathbb{D}_3 \times_{\mathbb{Z}/12} \mathbb{Z}/6 = E\) ») ; \(\mathbb{D}_3\) n'ayant pas de surjection sur \(\mathbb{Z}/12\), seuls les produits au-dessus de \(\mathbb{Z}/2\) ont un sens, et ce sont eux qui ont les ordres \(18\) et \(36\) que la page inscrit. Le groupe \(\mathbb{D}'''_3\) est le \(\mathcal{E}\) de la page 9 (voir plus haut). Les chiffres \(2\) et \(3\) portés par les flèches sont de sa main. ↩
  48. Le dessin de la page 28 est une perspective de deux cubes, redessinée sur une grille dans la transcription, et plusieurs flèches y ont une place incertaine ; on n'en retient que la structure. Les noyaux y sont notés \(\mathbb{Z}(\frac{\omega}{2})\) et \(\mathbb{Z}(\omega)\), reliés par une flèche double entourée ; la lecture ne les réécrit pas, faute de savoir à quel \(\omega\) ils se réfèrent. La description de \(\widetilde{\mathbb{D}}_3\) comme produit fibré est de la présente lecture. ↩
  49. La page écrit « \(\Pi' \subset \Pi\) », là où le diagramme qu'elle trace demande \(\Pi' \subset \Pi \times \mathbb{Z}/4\) ; la flèche de droite, de \(\mathbb{D}'_3\) vers \(\mathbb{D}_3 \times \mathbb{Z}/4\), est tracée avec une tête à chaque bout, et on la lit comme l'inclusion. Les \(\mathbb{D}\) y sont écrits comme des \(D\) ordinaires. ↩
  50. La page construit la première composante comme l'extension \(0 \to \mathbb{Z} \xrightarrow{p} \mathbb{Z} \xrightarrow{\alpha\varphi_p} \mathbb{Z}/p \to 0\), \(\varphi_p\) la projection canonique, et lui donne la classe \(\alpha\eta_p\). Avec cette surjection la classe est en fait \(\alpha^{-1}\eta_p\) (un relèvement de \(1\) est un \(e\) avec \(\alpha e \equiv 1\), et \(pe\) vaut \(\alpha^{-1}\) fois l'image du générateur) ; on définit donc l'extension par sa classe. La différence est sans effet dans le seul cas utilisé, \(\alpha = -1\). L'argument de \(\mathrm{pr}_2^{*}\) est laissé en blanc sur la page. ↩
  51. La page écrit « \(\alpha = -1\) ? » avec un point d'interrogation ; le signe est fixé par le caractère qui suit. ↩
  52. La page écrit \(\tilde\rho^{\,3} = \tilde\sigma^2 = \varpi'\) ; avec la convention \((1, 6) = \varpi'\) c'est \(\varpi'^{-1}\), et le signe dépend de l'orientation choisie sur la fibre. Elle entoure l'étiquette « \(-\alpha'\) » de la flèche \(\Pi^{D}_{0,3} \to \mathbb{Z}/6\) en haut de la page et « \(\alpha'\) » dans le diagramme plus bas : les deux caractères diffèrent par le signe, et chacun engendre \(\mathrm{Hom}(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3}, \mathbb{Z}/6)\). La dernière phrase du corps du texte relie la page 22 à la page 34 ; ce rapprochement est de la présente lecture. ↩
  53. La page relie \(\widetilde{\Pi}{}^{D}_{03}(4)\) et \(\widetilde{\mathcal{T}}_{11}\) par un signe \(=\) vertical ; comme \(\mathcal{T}_{1,1}\) est d'indice \(2\) dans \(\Pi^{\mathbb{D}}_{0,3} \times \mathbb{Z}/4\) et que les deux extensions ont le même noyau, ce ne peut être qu'une inclusion d'indice \(2\). Elle écrit aussi \(\mathcal{T}_{1,1} = \Pi^{D}_{0,3} \times_{\mathbb{Z}/12\mathbb{Z}} \mathbb{Z}/4\mathbb{Z}\) ; voir la note sur la page 19. ↩
  54. La page commence par un « 4) » biffé (« \(\widetilde{SL}(2, \mathbb{Z}) \simeq \Pi \ldots\) »), puis un « 1) ». La vérification est ajoutée. C'est aussi le cas \(n = 3\) de la proposition de la page 11, avec l'isomorphisme opposé \(\rho \mapsto 2\) au lieu de \(\rho \mapsto 4\) sur \(\mathbb{Z}/6\). ↩
  55. La flèche verticale porte un « ? » et un mot illisible. Un mot bref d'une autre main, à l'encre rouge, daté du 27 novembre 1981, occupe aussi la page ; c'est la seule date écrite sur ces feuillets. ↩
  56. La page écrit la relation « \(\rho^3 = \sigma^2 = \dot\varpi^4\) » avec un « NB \(\dot\varpi^4 = \ldots^{-1} = \omega'\) », le point au-dessus de \(\varpi\) étant incertain. Seule la convention \(\rho^3 = \sigma^2 = \varpi^{-4}\) donne les valeurs \(\omega \mapsto \varpi^2\), \(\omega^2 \mapsto \varpi^4\) inscrites sur la flèche : avec \(\varpi^{+4}\), \(\omega\) irait sur \(\varpi^{10}\) et l'image serait d'indice \(5\) dans l'image inverse de \(\mathcal{T}_{1,1}\). La page marque aussi « \(\omega' = \varpi^{-1}\) » au-dessus du noyau de la première ligne, où \(\varpi\) désigne vraisemblablement \(\omega\). Au bas de la page, tête-bêche : « \(\pi_1(U_{03}, \mathfrak{S}_3 \times \mu_4)\) », où l'on attend \(PU_{03}\) comme à la page 34. Le rapprochement avec la page 28 est de la présente lecture. ↩
  57. Cette formulation est de la présente lecture ; elle découle des énoncés des pages 34 et 35, mais aucune page ne l'écrit. ↩