Cote n° 139 · pages 1–2 · Lecture modernisée · [Prix Émile Picard de l'Académie des Sciences de l'Institut de France] : médaille — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : 1977
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre

Résumé

Ce dossier ne contient aucune mathématique, ni même aucune écriture de Grothendieck. Ses deux pages sont les deux faces photographiées d'une médaille : celle du prix Émile Picard que l'Académie des sciences lui a décerné pour 1977. L'avers porte un portrait de profil, signé du graveur ; le revers porte le nom de l'Académie, celui de la médaille, celui du lauréat et le millésime.

Il n'y a donc rien à « moderniser » au sens où cette édition l'entend d'ordinaire : pas d'énoncé à corriger, pas de notation à remettre au goût du jour. Ce que cette lecture peut faire honnêtement, c'est dire ce qu'est l'objet, ce qu'il porte, et où il se situe.

Il se situe à un moment singulier. En 1977, Grothendieck a quitté depuis plusieurs années l'Institut des hautes études scientifiques et le monde mathématique parisien ; il enseigne à Montpellier, loin des séminaires qui avaient fait de lui la figure centrale de la géométrie algébrique. L'institution le distingue alors qu'il s'en est éloigné. Qu'il ait conservé la médaille, ou du moins qu'elle se soit retrouvée parmi ses papiers, est tout ce que le dossier atteste : il ne dit rien de ce qu'il en pensait.

L'inventaire de Montpellier range ce dossier dans le groupe intitulé « Complexe de De Rham », avec les dossiers 136 à 138. Rien sur la médaille ne la rattache à ce sujet ; c'est la proximité de date, plutôt que de contenu, qui semble l'avoir placée là.

Keywords — Émile Picard Medal, Académie des sciences, mathematical prizes

L'avers (page 1)

1–1

Un portrait d'homme, de profil, tourné vers la gauche, en buste et en habit. Aucune légende ne court autour. La seule inscription est la signature du graveur, dans le champ, derrière l'épaule :

MORLON

L'avers ne nomme pas le modèle ; c'est le revers, en titrant la pièce « médaille Émile Picard », qui permet d'y reconnaître Picard.1 Émile Picard (1856–1941), analyste — le théorème de Picard sur les valeurs omises par une fonction entière porte son nom — fut secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences.2

Le revers (page 2)

2–2

En légende circulaire, lue depuis le haut dans le sens des aiguilles d'une montre :

ACADÉMIE DES SCIENCES DE L'INSTITUT DE FRANCE

Au centre, quatre lignes de texte, les deux premières séparées des deux dernières par un filet horizontal :3

MÉDAILLE4 \\ EMILE PICARD\\ ALEXANDRE GROTHENDIECK\\ 1977

Une petite étoile est frappée en bas du champ, sous le millésime, là où s'interrompt la légende circulaire.

La disposition dit à elle seule ce qu'est l'objet : en haut, l'institution et la distinction, toujours les mêmes ; sous le filet, le nom du lauréat et l'année, frappés pour lui. C'est un exemplaire nominatif d'une médaille dont le coin principal sert d'un lauréat à l'autre.5

Notes

  1. La transcription fait la même remarque : l'identification du portrait vient du revers, la face elle-même ne la donne pas. ↩
  2. Cité de mémoire, comme tout ce qui est dit ici de Picard, du prix et du graveur ; rien n'en a été vérifié pour cette lecture. La signature MORLON est vraisemblablement celle du graveur en médailles Pierre-Alexandre Morlon, actif dans la première moitié du vingtième siècle, mais la pièce ne porte que le nom. ↩
  3. La transcription annonce « quatre lignes que sépare un filet » et liste le filet comme un cinquième élément ; on compte ici les lignes de texte. ↩
  4. Sans accent sur le métal, qui porte MEDAILLE et EMILE PICARD en capitales sans diacritiques ; la transcription restitue l'accent sur le premier mot seulement, et on la suit. ↩
  5. Inférence tirée de la seule mise en page de la pièce ; le dossier ne dit rien de la fabrication. ↩