Cote n° 136 · batch 8 · pages 141–160
· Transcription · Complexe de De Rham à puissance divisée [conférence de 1976 à l’IHÉS] : notes manuscrites (s.d.).
Datation de l’inventaire : [à partir de 1975-1976]
Édition de démonstration
Le yoga coalgèbres \(\mapsto\) Algèbres
143titre encadré en tête de page : « Le yoga coalgèbres \(\mapsto\) Algèbres […] » ; il ouvre une suite continue jusqu'à la p. 151.
\(k\) anneau, on travaille dans le topos \(\widehat{C}\), où \(C_k\) est la catégorie des \(k\)-algèbres. Le foncteur oubli \[ C_k \longrightarrow \mathrm{Ens}, \qquad A \longmapsto A \] est un objet de \(\widehat{C}_k\) muni d'une structure de \(k\)-Algèbre, foncteur vers les \(k\)-algèbres noté \(\mathcal{O}_k\). Si \(M\) est un \(k\)-module, \(V(M)\) (ou \(V_k(M)\)) désignera le foncteur \(\mathcal{O}_k\)-Module \[ V(M)(A) = \operatorname{Hom}_{k\text{-mod}}(M, A) = \operatorname{Hom}_{A\text{-mod}}(M_A, A). \] \(V(M)\) dépend fonctoriellement de \(M\), de façon contravariante, et on voit que \(V\) est un foncteur pl. fid. des \(k\)-modules vers les \(\mathcal{O}_k\)-Modules \[ \operatorname{Hom}_k(M, N) \xrightarrow{\ \sim\ } \operatorname{Hom}_{\mathcal{O}_k}(V(N), V(M)). \] De façon générale⌜, comme \(V(N)\) est représentable par \(\operatorname{Sym}^*(N)\),⌝ les morphismes dans \(\widehat{C}_k\) \[ V(N) \longrightarrow \text{\struck{$V(M), \operatorname{Sym}(B)$}}\ F \qquad (\text{où } F \in \operatorname{ob} \widehat{C}_k) \] correspondent aux éléments de \(F(\operatorname{Sym}^*(N))\) : \[ \operatorname{Hom}_{\widehat{C}_k}(V(N), F) \simeq F(\operatorname{Sym}^*(N)), \] en particulier si \(F = \operatorname{Spec} B\) \[ \operatorname{Hom}_{\widehat{C}_k}(V(N), \operatorname{Spec} B) \simeq \operatorname{Hom}_{k\text{-alg}}(B, \operatorname{Sym}^*(N)) ; \] en faisant \(B = \operatorname{Sym}^*(M)\) il vient \[ \operatorname{Hom}_{\widehat{C}_k}(V(N), V(M)) \simeq \operatorname{Hom}_{k\text{-mod}}(M, \operatorname{Sym}^* N). \] Soit \[ u^* : V(N) \longrightarrow V(M) \] correspondant à \[ u : M \longrightarrow \operatorname{Sym}^*(N). \] On constate que […] \[ u(x) = \sum u_i(x), \qquad u_i(x) \in \operatorname{Sym}^i(N) \] (la famille des […] \[ u_i : M \longrightarrow \operatorname{Sym}^i(N) \] […] « loc. finie »), alors si on a \(\lambda \in \mathcal{O}_k(A) = A\)
144et \(x^* \in V(N)(A) = \operatorname{Hom}_{k\text{-mod}}(N, A)\), \[ u^*(x^*) = \widetilde{x^*} \circ u \in \operatorname{Hom}_{k\text{-mod}}(M, A), \qquad M \xrightarrow{\ u\ } \operatorname{Sym}^* N \xrightarrow{\ \widetilde{x^*}\ } A, \] où \(\widetilde{x^*}\) est l'hom. de \(k\)-alg. prolongeant \(x^*\). On a donc \[ u^*(x^*)(x) = \sum_{i \geqslant 0} \widetilde{x^*}^{\,i}(u_i(x)), \qquad x \in M \] (\(\widetilde{x^*}^{\,i}\) étant la restriction de \(x^*\) à \(\operatorname{Sym}^i N\)), d'où, si \(\lambda \in A\), \[ u^*(\lambda x^*)(x) = \sum_{i \geqslant 0} \lambda^i\, \widetilde{x^*}^{\,i}(u_i(x)) = \sum_{i \geqslant 0} \widetilde{x^*}^{\,i}(\lambda^i u_i(x)). \] Donc dans la correspondance entre \(u^*\) et \(u\), […] \(A\), […] de […] \(x^*\) […] la multiplication ⌜correspondance⌝ […] […] \(\lambda\) dans le \(\mathcal{O}_k\)-module […] […] \(N_A\)) correspond l'opération \[ u = \sum u_i \longmapsto u^\lambda = \sum \lambda^i u_i . \] On en conclut que \(u^*\) est homogène de degré \(n\) (i.e. satisfait, pour \(A\), \(\lambda\) variables, \[ u^* \circ \lambda_{V(N)} = \lambda^n_{V(M)} \circ u^* \text{)} \] ssi tous les \(u_i\) pour \(i \neq n\) sont nuls, i.e. ssi \(u\) est un hom \[ M \longrightarrow \operatorname{Sym}^n N. \] [En effet, il faut avoir \(\sum (\lambda^i - \lambda^n) u_i = 0\) \(\forall A\), \(\lambda \in A\), prenant \(A = k[T]\) et \(\lambda = T\), on doit avoir \(\sum (T^i - T^n) u_i(x) = 0\), i.e. \(\sum (T^i - T^n) u_i(x) = 0\) pour tout \(i \neq n\), \(x \in M\), \(n \neq i\), d'où \(u_i(x)\) \(u_i(x) = 0\)
145pour \(i \neq n\), et (comme \(x\) arbitraire) \(u_i = 0\) pour \(i \neq n\).] Donc les […] ⌜morphismes⌝ homogènes de degré \(1\) de \(V(N)\) dans \(V(M)\) correspondent exactement aux homs de \(k\)-modules \[ M \longrightarrow N \] (qui sont par suite nécessairement \(\mathcal{O}_k\)-linéaires !). Cela prouve en même temps la pleine fidélité.
On détermine de même les morphismes \[ \prod_{i \in I} V(N_i) \longrightarrow F \qquad \text{\struck{$V(\textstyle\coprod_i N_i)$}} \] compte tenu de l'isom. évident \[ \prod_{\alpha \in I} V(N_\alpha) \simeq V\Bigl(\bigoplus N_\alpha\Bigr) \] double trait vertical en marge gauche des deux lignes qui suivent. (de façon générale il est trivial que \(V\) transforme \(\varinjlim\) quelc. en \(\varprojlim\)). Dans le cas de \(F = V(M)\), cela correspond donc aux hom \[ M \xrightarrow{\ u\ } \operatorname{Sym}^*\Bigl(\bigoplus N_\alpha\Bigr) = \bigotimes_\alpha \operatorname{Sym}^*(N_\alpha). \] Ici il y a lieu de décomposer \(M\) suivant les multidegrés \(i = (i_\alpha)_{\alpha \in I} \in \mathbb{N}^I\), \[ u(x) = \sum_{(i_\alpha)} \underbrace{u_{(i_\alpha)}(x)}_{\in\, \bigotimes_\alpha \operatorname{Sym}^{i_\alpha}(N_\alpha)} \]
146[…] on voit que si \(\lambda = (\lambda_\alpha) \in \mathcal{O}_k(A)^I\), \((x^*_\alpha) \in \bigl(\prod V(N_\alpha)\bigr)(A)\), \[ u^*\bigl((\lambda_\alpha x^*_\alpha)_{\alpha \in I}\bigr) = (u^\lambda)^*(x^*_\alpha) \] i.e. \[ u^* \prod_\alpha \lambda_{\alpha\, V(N_\alpha)} = (u^\lambda)^* , \] où \(u^\lambda\) \[ u^\lambda = \sum_{(i_\alpha)} \Bigl(\prod_\alpha \lambda_\alpha^{i_\alpha}\Bigr) u_{(i_\alpha)} . \] Donc, si on se donne \(n = (n_\alpha)_{\alpha \in I} \in \mathbb{N}^I\), \(u^*\) est multihomogène de ⌜multi⌝degré \(n\) ssi c'est […] \[ u : M \longrightarrow \bigotimes_\alpha \operatorname{Sym}^{n_\alpha}(N_\alpha). \] En particulier, si tous les \(n_\alpha\) sont égaux à \(1\), cela signifie que \(u^*\) est homogène de degré \(1\) en tous les arguments ssi \[ u : M \longrightarrow \bigotimes_\alpha N_\alpha \] (en identifiant \(N_\alpha\) à \(\operatorname{Sym}^1 N_\alpha\)). Mais alors on constate tout de suite que \(u^*\) est ⌜[…]⌝ multilinéaire (prouvant aussi […] […] […] du cas d'\(1\) variable (« en fixant les autres »)). Donc les accouplements multil. \[ \prod V(N_\alpha) \longrightarrow \text{\struck{\ill{}}}\ V(M) \] correspondent aux hom \[ M \longrightarrow \bigotimes_\alpha N_\alpha , \] en particulier les accouplements bil. \[ V(N) \times V(N') \longrightarrow V(M) \] correspondent aux hom \[ M \longrightarrow N \otimes N' . \]
147Faisant \(M = N = N'\), on trouve qu'une loi de composition bilinéaire sur \(V(M)\) correspond à un hom \[ \Delta : M \longrightarrow M \otimes M \] à droite de la formule : « on dit que \(M\) devient une ⌜coalgèbre⌝ », la suite de la phrase biffée. (cf. aussi « application diagonale ») ; on dit que \(\Delta\) est associative, ⌜resp.⌝ commutative, ⌜resp.⌝ unitaire si la loi de composition sur \(V(M)\) l'est. […] Cela s'explicite par les diagrammes bien connus. Pour l'unitarité, on note que \(e \in V(M)(k)\) s'identifie à une augmentation ou counité \[ M \xrightarrow{\ \varepsilon\ } k \] (satisfaisant des conditions qu'on n'écrit pas, qui se définissent de façon unique). Par contre, une augmentation (ou multiplication) \(V(M) \to \mathcal{O}_k = V(k)\) correspond à un hom \(k \to M\), i.e. à un élément de \(M\) (appelé unité) la condition ici est \[ \Delta e = e \otimes e . \] Notons que par suite de la formule \[ V\bigl(\varinjlim_i M_i\bigr) = \varprojlim_i V(M_i) \] (pour […] ⌜lim.⌝ d'indices quelc.), une lim. quelc. de coalgèbres est une coalgèbre, et les […] ⌜axiomes⌝ d'ass., d'unit., de comm.
148passent à la limite.
Soit […] \(Z\) un ens. Une graduation de type \(Z\) de \(M\) est une décomposition en somme directe \[ M \simeq \bigoplus_{\alpha \in Z} M_\alpha \qquad ((M_\alpha) \text{ sous-modules de } M) \] […] s'écrit aussi comme décomposition de \(V(M)\) en produit \[ V(M) \simeq \prod_{\alpha \in Z} V(M_\alpha) \] (notations évidentes). Il est d'ailleurs commode ⌜([…] […] de cela)⌝ […] ⌜les⌝ […] les ⌜\(M_*\) gradués⌝, par \(Z\) comme des familles \((M_\alpha)_{\alpha \in Z}\) de \(k\)-modules, donc \(V(M_*)\) comme la famille des \(V(M_\alpha)\) \((\alpha \in Z)\).
Si \(Z\) est muni d'une structure de groupe abélien, alors la structure dite sur \(M\) revient à faire opérer le groupe diagonalisable de \(\widehat{C}_k\) \[ D(Z) = G : A \longmapsto \operatorname{Hom}_{\mathrm{Ab}}(Z, A^*) \simeq \operatorname{Hom}_{k\text{-alg}}(k(Z), A), \] \[ G = \operatorname{Spec} k(Z) \] (\(k(Z)\) : algèbre de groupe) ⌜lin. sur⌝ \(M\) [[…] […] qu'on entend : sur \(W(M) : A \mapsto M \otimes A\), […] au choix pour
149en marge gauche, écrit en long et relié par une accolade au paragraphe suivant : « La donnée d'une telle \(\Delta\) revient à la donnée des \(\Delta_n : M_n \to \sum_{i+j=n} M_i \otimes M_j\), i.e. de \(\prod_{i+j=n} V(M_i) \times V(M_j) \to V(M_{i+j})\) », avec sous \(V(M_i) \times V(M_j)\) et \(V(M_{i+j})\) les notations \(V(M)^i \times V(M)^j\) et « \(V(M)^n\) ». contragrédiente, sur \(V(M)\)].
Une structure de coalg. \(\Delta\) sur \(M\) est dite compatible avec la graduation, si \[ \Delta : M \longrightarrow M \otimes M \] est compatible avec la « graduation totale » (\(\Delta(M_n) \subset \sum_{i+j=n} M_i \otimes M_j\)), ce qui revient au même, si la loi de composition sur \(V(M)\) est compatible avec les graduations, i.e. provient d'homs \[ \underset{V(M)^i}{V(M_i)} \times \underset{V(M)^j}{V(M_j)} \longrightarrow \underset{V(M)^{i+j}}{V(M_{i+j})} . \] Il revient aussi au même de dire que la multiplication dans \(V(M)\) (donc la comultiplication de \(M\)) commute à l'action de \(G\). NB dans ce pt de vue « familles de modules indexés par \(M_i\) », on tient compte que […] \(\Delta\) […] revient à se donner des \(\Delta^{(ij)} : M_{i+j} \to M_i \otimes M_j\) […] […] loc. finis […] : \(V(M)^i \times V(M)^j \to V(M)^{i+j}\) […] […].
Bien sûr, les […] (resp. de coalgèbres graduées) correspondent aux […] des \(\mathcal{O}_k\)-Alg. correspondantes (éventuellement graduées).
Condition d'anticommutativité, lorsqu'on dispose d'un hom \[ \text{\struck{\ill{}}}\ Z \longrightarrow \mathbb{Z}/2\mathbb{Z} \] (i.e. \(\mu_2 \to G\)) qui permet de […] ⌜déduire de la graduation de \(M\) une⌝ graduation de type \(\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}\), idem pour \(V(M)\).
150en marge gauche, écrit en long : « signifie que le composé \(M^2 \xrightarrow{\Delta^{11}} M^1 \otimes M^1 \to \operatorname{Sym}^2 M^1\) est nul (degré impair) » ; un trait le rattache à la condition \(x^2 = 0\) ci-dessous. On dit alors que \(\Delta\) (ou la coalgèbre \(M\)) est anticommutative si […] la multiplication sur \(V(M)\) l'algèbre graduée \(V(M) = V(M)^{\mathrm{pair}}\) \[ V(M) = V(M)^{\mathrm{pair}} \times V(M)^{\mathrm{impair}} \] l'est, i.e. si on a (pour \(x, y \in V(M)(A)\) homogènes mod \(2\)) \[ xy = (-1)^{\deg x \deg y}\, yx , \] i.e. \(xy = yx\) si \(x\) ou \(y\) ⌜est de degré pair⌝ […], \(xy = yx\) \(xy = -yx\) i.e. \(xy + yx = 0\) si l'un et l'autre de degré impair). On laisse au lecteur le soin de diagrammatiser cette condition.
On dit que \(\Delta\) (ou la coalgèbre \(M\)) est alternée si la multiplication de \(V(M)\) l'est, i.e. si on a pour […] \(x, y \in V(M)(A)\), homogènes mod \(2\), […] \[ \begin{cases} xy = yx & \text{si } x \text{ ou } y \text{ de degré pair} \\ x^2 = 0 & \text{si } x \text{ de degré impair.} \end{cases} \] la condition \(x^2 = 0\) est entourée. Comme, si \(x\) et \(y\) de degré impair, alterné \(\Rightarrow\) \(xy + yx = 0\), donc \[ x^2 = y^2 = (x+y)^2 = 0 , \] […] donc ⌜[…]⌝ la coalgèbre associée […] l'Algèbre est anticomm., donc […] anticommutative. Bien sûr, alternance et anticommutativité ⌜la condition⌝ […] ⌜[…]⌝ des […] […] coalgèbres se conservent par lim. quelc.
On définit les \(k\)-⌜co⌝dérivations d'une coalgèbre, et les \(k\)-antidérivations (degré
151supposé de degré impair, i.e. échangeant parité des degrés) pour des coalgèbres […] comme correspondant aux dérivations resp. antidérivations de la \(\mathcal{O}_k\)-Algèbre \(V(M)\) (soit graduée mod \(2\)). On a donc que le crochet de deux dérivations est une dérivation, l'anticrochet de deux antidérivations est une antidérivation. On notera que si \(\partial\) (venant à un gr. de degrés quelc.) est un endom. de \(M\) et de degré \(\nu\), alors l'endom. correspondant de \(V(M)\) est de degré \(-\nu\) — sauf si on change les degrés ⌜de signe⌝ […] par l'astuce \[ \underset{V(M^{-i})}{V(M_i)} = V(M)^i = V(M)_{-i} . \] Mais pour les histoires de dérivation ⌜et antidérivation⌝ […] seul un degré mod \(2\) importe, donc il n'y a pas lieu de distinguer entre degré \(i\) et \(-i\) d'un endom. linéaire.
On traite de façon analogue les « coproduits divisés », […] « […] » d'une coalgèbre ⌜modules […], sous-coalgèbre d'une⌝ coalgèbre […] Pour le faire avec la généralité qui convient (par seulement dans le cas comm., […] mais aussi le cas anticomm.) il faut d'abord disposer des résultats dans le cas pas « co », mais ordinaire.
Généralités sur coalg. et comodules
152titre encadré en tête de page, de la main de Grothendieck. Soit \(s\) une \(k\)-coalg. ([…], ass., unit.) \(C\) un comodule ⌜(à g.)⌝ sur \(s\),
donc \(V_k(C)\) est un Module ⌜(à g.)⌝ sur \(V_k(s)\) ; […] donc ⌜l'Alg.⌝ \(V_k(s)\) opère ⌜(à g.)⌝ sur \(V_k(C)\), donc l'algèbre \(V_k(s)(k) = s^k\) opère ⌜(à g.)⌝ sur \(V_k(C)\), donc ⌜à droite⌝ sur \(C\). Donc \(C\) est un module ⌜(à droite)⌝ ordinaire sur \(s^k\), et sa structure de \(k\)-module s'en déduit (par \(k \to s^k\)).
Quand peut-on récupérer la structure de comodule ⌜(à g.)⌝ sur \(s\), connaissant la structure de module ⌜(à dr.)⌝ sur \(s^k\) ? [NB. il est clair que si on connaît la structure de […] module ⌜à dr.⌝ de \(C \otimes_k k'\) sur \(s^{k'}\) \(\forall k'\), alors on connaît la structure de comodule de \(C\) sur \(s\) ; de façon plus précise, une telle structure de comodule ⌜à g.⌝ revient à la donnée d'une structure de module, ⌜à droite⌝ de \[ W(C) = (k' \longmapsto C \otimes_k k') \quad \text{sous} \quad V(s) = (k' \longmapsto s^{k'} = \operatorname{Hom}_{k\text{-mod}}(s, k')) \text{.]} \] Soit \(u \in s^k\), \(u : s \to k\), alors l'op. \(u_C\) de \(u\) sur \(C\) est le composé
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\begin{tikzcd}
C \arrow[r, "\Delta_C"] \arrow[rr, bend right=30, "u_C"'] & C \otimes s \arrow[r, "\mathrm{id}_C \otimes u"] & C \otimes k \simeq C
\end{tikzcd}
donc la connaissance des \(u_C\) équivaut à la connaissance du composé \[ C \xrightarrow{\ \Delta_C\ } C \otimes s \xrightarrow{\ \mathrm{id}_C \otimes u\ } \prod_{u \in s^k} C \otimes k \] et cela est bien si \[ C \otimes s \longrightarrow \prod_{u \in s^k} C \otimes k \] est injectif.
154Si \(C\) est plat sur \(k\), et \(s \hookrightarrow k^I\) pour \(I\) convenable i.e. \(s \to k^{(s^k)}\) \(\bigl(x \mapsto (u(x))_{u \in s^k}\bigr)\) est injectif, alors \(C \otimes s \to C \otimes_s k^I\) est injectif, mais \[ C \otimes_k k^{(I)} \longrightarrow (C \otimes_k k)^I = C^I \] \[ \operatorname{Hom}(k^{(I)}, C) \] ce \(\operatorname{Hom}\) est écrit sous \((C \otimes_k k)^I\), relié par un signe d'égalité vertical. est-il injectif ? Oui, par passage à la limite inductive sur \(I\), on se ramène au cas \(I\) fini // […] on conclut sans hypothèse de platitude sur \(C\) en supposant que \(s\) est libre sur \(k\) …
deux traits obliques en marge gauche. \[ s = k[U] , \qquad s^k = k\{\{T\}\} \quad \text{structure de \uncertain{k-alg.\ ordinaire}} \] \[ C = k[U][Y_0, \ldots, Y_n] = k[U, Y_0, \ldots, Y_n] , \qquad C^k = k\{\{T\}\}\{\{X_0, \ldots, X_n\}\} \] structure de \(k\)-alg. ordinaire qui est une \(s^k\)-alg.
\(C^k\) opère sur \(C\) par les \[ T^{(i)} X_0^{(i_0)} \cdots X_n^{(i_n)} \quad \text{opérant par l'op.\ diff.} \quad D_U^{(i)} D_{Y_0}^{(i_0)} \cdots D_{Y_n}^{(i_n)} . \] NB Donc \(s^k\) opère par les \(D_U^{(i)}\).
Remarque. Toutes ces opérations sont nilpotentes ⌜loc.⌝ nilpotentes, de façon précise si \(P \in C\) fixé, \(P\) de degré \(\leqslant n\), si \(f \in C^k\) est d'ordre \(> n\), alors \(D_f P = 0\) […] fonction […] \(f \in s^k\) d’ordre > …
deux traits obliques en marge gauche. Supposons \(s\) \(k\)-[…] coalgèbre cocommutative, unitaire, libre comme \(k\)-module, quelles sont les structures de \(s^k\)-Algèbres sur ⌜les \(k\)-modules⌝ \(C\) qui proviennent d'une structure de \(k\)-comodule ? ⌜i.e. comme \(s\) libre – cf. ci-dessus⌝ \[ C \longrightarrow C \otimes_k s \hookrightarrow \operatorname{Hom}_k(s^k, C) \] \[ \text{\struck{$C \otimes_k \operatorname{Hom}_k((s^k)^k, k)$}} \longrightarrow \operatorname{Hom}_k(s^k, C \otimes k) \] la dernière ligne est en partie biffée ; sous l'argument biffé on lit \((s^k)^k\). Le passage reste en suspens en bas de page.
156On voit que dans OK ces \(\forall x \in C\), l'application \[ i_x : u \longmapsto u_C\, x , \qquad s^k \longrightarrow C \] est dans \(C \otimes_k s\), […] i.e. en termes d'une base \((e_\alpha)_{\alpha \in A}\) de \(s\)) on a une formule \[ u_C\, x = \Bigl(\underbrace{\sum x_\alpha \otimes e_\alpha}_{\substack{\text{somme finie,} \\ x_\alpha \in C}}\Bigr)(u) = \sum u(e_\alpha)\, x_\alpha \] en posant, on pose \[ u(e_\alpha) = u_\alpha \quad \text{dans} \quad u \longmapsto (u_\alpha)_{\alpha \in A} ,\ s^k \simeq k^A , \] \[ u . x = \sum u_\alpha x_\alpha . \] triple trait vertical en marge gauche des trois lignes qui suivent. Cela signifie aussi que \(u \mapsto u.x\) est continue pour la top. discrète sur \(C\) et la top. de convergence simple sur \(s^k\). On en conclut que \[ s^k \longrightarrow \operatorname{Hom}_k(C, C) \] est continu, quand on met dans les deux cas la top. de conv. simple-discrète …
Supposons maintenant que \(s\) soit graduée ⌜\(= \sum s_n\)⌝ (graduée \(\Delta\)) donc \(s^k\) gradué, \[ s^k = \prod_{n \in \mathbb{Z}} {s_n}^k = \prod_{n \in \mathbb{Z}} (s^k)_n . \] sous le dernier membre, une accolade porte « déf ». Soit \(C\) ⌜\(= \sum C_m\)⌝ comodule gradué — donc … \(C^k = \prod (C_m)^k = \prod (C^k)_m\) comodule gradué sur \(s^k = \prod (s^k)_n = \prod ({s_n}^k)\). Alors si \(u \in s^k\) si \(u \in (s^k)_n\), \((u_C)^k : V(C_m) \to V(C_{m+n})\), donc \(u_C : C_{m+n} \to C_m\) i.e. \(u_C\) diminue les degrés de \(n\) ! (Pour qu'il les augmente il faudrait changer de signe les degrés de \(C\) […] ⌜ou⌝ plutôt exiger que \(V(C)^m \overset{\mathrm{def}}{=} V(C_{-m})\) …)
158Donc la catégorie des \(s\)-comodules gradués équivaut à la catégorie des \(s^k\)-modules gradués \(C\) […] qui sont « […] loc. nilpotents » i.e. tels que \(\forall x \in C\), \(u \mapsto u.x\) de \(s^k\) dans \(C\) soit continue pour la top. simple sur \(s^k\) (\(=\) top. produit sur \(k^A\)).
159notes de sa main dans la marge d'un feuillet dactylographié retourné ; elles reprennent le calcul de la p. 156. \[ \text{\struck{\ill{}}}\ (s^k)^n = (s_{-n})^k \] \[ u : \underset{V(C_{-m})}{V(C_m)^m} \longrightarrow \underset{V(C_{-m-n})}{V(C)^{m+n}} \] la suite de ces notes manque dans le lot ; l'argument se poursuit au-delà de la p. 160.