Cote n° 133 · pages 1–53 · Lecture modernisée · [Groupes de Witt et formes quadratiques, groupes formels] : notes manuscrites (s.d.), tirés à part (1974) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : 1974-[à partir de 1975]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre

Résumé

Ce dossier n'est pas un texte mais un paquet. Sept suites de notes, sans date et sans lien entre elles, y sont rangées sous un titre que les archivistes ont écrit entre crochets, « Groupes de Witt et formes quadratiques, groupes formels » : c'est leur titre, non le sien. Trois chemises de sa main découpent le paquet — « groupes Witt et formes quadratiques », « Groupes formels », « Fourbis auxiliaires cohomologiques pour groupes formels » — et entre elles se glissent une réflexion sur les ensembles munis de symétries et cinq pages sur le jeu de go. On les lit ici une par une, sans leur prêter une unité qu'elles n'ont pas.

La première suite part d'une question ancienne : comment classer les formes quadratiques, ces expressions comme \(x^{2} + y^{2}\) ou \(xy\), non plus sur un corps mais sur un espace qui varie. Grothendieck fait ce qu'on fait pour passer des entiers naturels aux entiers relatifs : on autorise les différences formelles de formes, puis on décide qu'une forme et son opposée s'annulent. Ce qui reste est le groupe de Witt. Deux questions l'occupent. Les opérations qui généralisent les coefficients binomiaux (les « puissances extérieures ») obéissent-elles aux identités qu'elles vérifient pour les nombres ? Il ne le sait pas, et réduit la question à un seul cas universel. Et peut-on attacher à une forme des invariants de parité, les classes de Stiefel–Whitney, qui mesurent en cohomologie modulo \(2\) ce qui l'empêche d'être une somme de carrés ?

La deuxième suite compte avec des symétries. Un ensemble fini sur lequel un groupe agit a une « taille » plus fine qu'un nombre : l'ensemble des types d'orbites qui le composent. Si l'on choisit \(n\) éléments distincts d'un tel ensemble, en les numérotant, on obtient un nouvel ensemble, sur lequel agissent en plus les permutations des numéros ; Grothendieck montre que cette construction transforme une réunion en un produit, comme l'exponentielle transforme une somme en un produit. Il remarque au passage que la vieille identité « \(n^{2}\) couples \(=\) \(n\) couples diagonaux \(+\) deux fois les paires » cesse d'être vraie quand on retient la symétrie, et c'est ce qui oblige à garder les permutations. Viennent ensuite les foncteurs définis sur les ensembles finis et leurs injections — ceux qu'on étudie aujourd'hui sous les noms d'espèces de structures et de FI-modules, que ces pages ne citent pas —, puis la version linéaire : la puissance tensorielle d'un module, avec les permutations de ses facteurs, contient à la fois les puissances extérieures et les opérations d'Adams.

La suite sur le jeu de go est un exercice de comptabilité. Deux manières de compter les points d'une partie — les prisonniers plus le territoire, ou les pierres plus le territoire — donnent des résultats qui diffèrent d'au plus un point, selon qui a joué le dernier ; Grothendieck l'établit, puis cherche à dire précisément quand une partie est finie.

Les deux dernières suites, les plus longues, veulent reconstituer un groupe non commutatif à partir de deux de ses sous-groupes : son centre et le sous-groupe engendré par ses commutateurs. Chacun des deux fournit une flèche dont le noyau et le conoyau sont les mêmes deux groupes, et la question est de savoir si l'on peut recoller les deux flèches en un groupe. L'analogie est celle de la retenue dans une addition à plusieurs chiffres : on connaît chaque chiffre, et il faut encore choisir les retenues, de façon cohérente. La réponse a la forme classique : un obstacle à l'existence, dans un groupe de cohomologie de degré \(3\), puis une liberté de choix, mesurée en degré \(2\) par les extensions centrales ; et il faut enfin que le groupe construit ait exactement le centre et les commutateurs prescrits, ce que le dossier traduit en conditions sur une forme bilinéaire alternée. Entre les deux, trois pages sur les groupes algébriques décomposent un groupe en une partie affine et une variété abélienne, et relèvent un phénomène qui sépare la caractéristique nulle de la caractéristique \(p\).

On voit ici des notes de travail au sens strict. Les ignorances sont écrites comme telles (« j'ignore si c'est un \(\lambda\)-anneau », « il n'est pas clair »), les affirmations d'autrui sont signées (« Laborde dixit »), et une présentation exacte mais laide est rejetée pour une autre, parce qu'elle oblige à manipuler des choses « trop dégueulasses » : le goût pour la donnée naturelle plutôt que pour la donnée explicite. La datation vient de l'inventaire. Les seules dates imprimées du dossier sont celles des tirés à part, de 1974, et de deux avis administratifs de juin 1975 rangés parmi les dernières pages ; que l'un d'eux porte au dos une page de sa main, et date ainsi ce qu'il y a écrit, le fac-similé ne l'établit pas.

Les noms sous lesquels chercher la suite : groupe de Grothendieck–Witt et groupe de Witt d'un schéma, classes de Stiefel–Whitney d'une forme quadratique, \(\lambda\)-anneaux ; anneau de Burnside, opérations de puissance, FI-modules et espèces de structures, dualité de Schur–Weyl ; décompte par territoire et par zone au go ; modules croisés, obstruction d'Eilenberg–Mac Lane, groupes anti-affines et formule de Barsotti–Weil.

Keywords — Grothendieck-Witt ring, Witt group of a scheme, nonsingular quadratic form, hyperbolic form, Stiefel-Whitney class of a quadratic form, lambda-ring, Mac Lane pentagon, change-of-rings spectral sequence, Burnside ring, power operation, FI-module, combinatorial species, monomial symmetric function, Schur-Weyl duality, Adams operation, rules of Go, area scoring, territory scoring, formal group, p-divisible group, crossed module, Eilenberg-Mac Lane obstruction, extension with non-abelian kernel, commutator pairing, Chevalley structure theorem, anti-affine group, Cartier duality, Barsotti-Weil formula

1–53

Le fil du dossier, et les conventions

Les stations

L'inventaire date le dossier « 1974-[à partir de 1975] » et lui donne un titre entre crochets, qui est le leur1 . Les pages transcrites se répartissent en sept suites.

  1. Pages 1 à 3. La chemise « groupes Witt et formes quadratiques », puis deux brouillons : l'associativité d'un produit sur un complexe, une obstruction et le pentagone de Mac Lane (page 2) ; les classes de Stiefel–Whitney du plan hyperbolique sur un fibré en droites, et la suite spectrale de changement d'anneaux (page 3).
  2. Pages 5 à 8, « Groupes de Witt et variantes » : le groupe \(WG(S)\) des modules quadratiques sur un topos localement annelé, la question de sa structure de \(\lambda\)-anneau, l'application hyperbolique et le groupe de Witt \(W(S)\), la classe de Stiefel–Whitney totale. Les pages 10 à 16 sont deux tirés à part d'O. Laborde, que la page 7 cite.
  3. Pages 17 à 28, sans titre : l'anneau \(k_{*}(G)\) des \(G \times \mathfrak{S}_n\)-ensembles finis virtuels, les opérations \(\tau^{n}\) et \(T^{n}\), les foncteurs sur la catégorie des ensembles finis et injections, puis les puissances tensorielles sur un topos annelé et les représentations des groupes symétriques.
  4. Pages 29 à 33, le jeu de go : décompte des points, règles de prise, fin de l'obligation de jouer.
  5. Pages 34 à 39, « Groupes formels » : énoncés sur les groupes formels \(p\)-divisibles et unipotents, et la « Solution » qui voit un groupe à travers son centre et son groupe dérivé ; brouillons.
  6. Pages 41 à 43, sans titre : groupes algébriques lisses connexes admettant une décomposition de Chevalley, et leurs extensions centrales.
  7. Pages 44 à 53, « Fourbis auxiliaires cohomologiques pour groupes formels », paginées par lui de 1 à 7 : réaliser deux modules croisés de mêmes invariants par un seul groupe, puis imposer que ce groupe ait le centre et le groupe dérivé voulus.

Les pages 4, 9 et 40 sont blanches. La page 17 est un feuillet de listing d'ordinateur qui ne porte de sa main qu'une formule. Les pages 47 et 49 sont deux avis de soutenance dactylographiés de l'administration de l'université, datés du 19 juin 1975 et du 5 juin 1975, qui lui sont adressés ; sa pagination, 2, 3 et 4 aux pages 46, 48 et 50, les saute2 .

Sept suites, gardées distinctes

Les suites ne se citent pas : aucune page ne renvoie à une autre, et les pages 41 à 43, sur les groupes algébriques, sont rangées entre les deux suites sur les groupes formels sans qu'aucune ne les mentionne. Les liens signalés plus bas sont donc tous de nous. Deux d'entre eux s'appuient cependant sur ce que les pages montrent : la page 3 calcule la classe de Stiefel–Whitney d'un plan hyperbolique, et c'est l'affirmation qu'une telle classe est triviale qui est barrée page 8 ; la « Solution » de la page 35 et les « Fourbis » des pages 45 à 53 donnent à la même application le même nom, \(\varphi_G\).

Conventions

Ce que seule une lecture d'ensemble peut dire

Six liens, qu'aucune page n'écrit, et qui sont de nous.

Le brouillon de la page 3 donne, pour le plan hyperbolique sur un fibré en droites \(L\), \(w_1 = [-1]\) et \(w_2 = c_1(L) \bmod 2\). C'est exactement \(w(\alpha(L))\), et cela montre que la phrase de la page 8 selon laquelle \(w \circ \alpha = 1\) est fausse : c'est celle que Grothendieck a barrée.

Le brouillon de la page 2 (des invariants \(\pi_0\), \(\pi_1\), une contrainte d'associativité, une obstruction un degré plus haut modulo l'image d'un degré plus bas) et les pages 45 à 53 (deux modules croisés d'invariants \(\pi_0\), \(\pi_1\), une obstruction dans \(H^{3}\), une indétermination dans \(H^{2}\)) relèvent du même schéma : celui des Gr-catégories du dossier 135, que l'inventaire date « [vers 1974] ».

La décomposition \(\mathrm{Hom}(I_n, E) = \coprod_{Q} \mathrm{Mon}(Q, E)\), sur les quotients \(Q\) de \(I_n\), qui ouvre la page 21, est la décomposition \(H_J = \coprod_Q h_Q\) de la page 24, vue ensemble par ensemble ; c'est elle qui fait des \(T^{n}\) des polynômes en les \(\tau^{m}\).

Les pages 27 et 28 sont la contrepartie linéaire des pages 21 et 22 : les deux sommes y sont indexées par les types \(\alpha\) de partitions de \(n\). Et elles reprennent le cadre du dossier 2 (pages 15 à 18), où le produit d'induction sur les groupes symétriques et les puissances tensorielles d'un module sur un topos annelé sont aussi posés.

La « Solution » de la page 35 et les « Fourbis » des pages 45 à 53 sont un même problème : \(\mathrm{Cent}(G)\) et \(D(G)\) fournissent deux modules croisés de mêmes invariants, et il s'agit de dire quand deux tels modules croisés proviennent d'un groupe. Le point d'exclamation de la page 36 (« est quasi-unipotent ! ») est l'injectivité de \(\Psi_G\) que la page 46 caractérise.

Les pages 41 à 43 donnent, pour les groupes algébriques, le modèle de ce que le brouillon de la page 38 esquisse pour les groupes formels : une extension centrale d'un groupe linéaire (ou de son complété formel) par un groupe commutatif.

Ce que le dossier annonce sans l'établir

Le sens de l'obstruction de la page 2. L'égalité \(w_2 = c_1 \bmod 2\) de la page 3, marquée d'un « ? ». La question de la page 5 (est-ce un \(\lambda\)-anneau ?) et la tâche de déterminer \(WG(B_{O(m)})\). Le contre-exemple de la page 7 sur \(B_{O(n)}\). L'existence de la classe \(w\) de la page 8. Les formules de \(\lambda^{i}(xy)\) pour les \(G\)-ensembles (page 18). Tout usage des applications \(q^{n}_H\) (page 20). La relation entre \(T^{*}\) et \(\tau^{*}\) annoncée page 21, dont la formule est annulée. Les propriétés de permanence des foncteurs distingués (page 25). Ce à quoi doit servir \(\Omega\) (page 26). La description du ko, « cf. plus bas » (page 31), jamais écrite. La question de la page 30 : la valeur de \(\varepsilon\) dépend-elle de la suite du jeu ? Tous les énoncés de la page 35 et sa « Question ». Le « \(G\) unipotent » de la page 36. Le « voir fin » de la page 37, qu'aucune fin ne reprend. Le « bien connu » de la page 42 et le NB de la page 43. L'obstruction et l'indétermination de la page 45. Le « on doit trouver » de la page 48. La phrase inachevée de la page 51. La détermination des extensions \(E\) qui satisfont les conditions c) (pages 51 et 53). Et tout retour aux groupes formels : le dossier s'arrête sur la page 53 sans y revenir.

1–3

I. « Groupes Witt et formes quadratiques » : la chemise et deux brouillons (pages 1 à 3)

La page 1 est une chemise de carton rose qui ne porte que ces mots, en haut à droite4 . Les deux feuillets qui suivent sont des brouillons, sans phrase suivie.

2–2

Associativité et pentagone (page 2)

Le feuillet, à en-tête de l'Institut de mathématiques de Montpellier, part d'un complexe \(L_{\bullet}\) muni d'un produit \(p \colon L_{\bullet} \otimes L_{\bullet} \to L_{\bullet}\), et dessine le carré qui exprime l'associativité de \(p\) : les deux composés \[ p \circ (p \otimes L_{\bullet}) \quad \text{et} \quad p \circ (L_{\bullet} \otimes p) \circ a, \qquad (L_{\bullet} \otimes L_{\bullet}) \otimes L_{\bullet} \longrightarrow L_{\bullet}, \] où \(a\) est l'isomorphisme d'associativité du produit tensoriel des complexes5 . Sous le carré, une flèche \[ \mathrm{Ext}(\pi_0, \pi_0 ; \pi_1) \xrightarrow{\ \delta^{(1)}\ } \mathrm{Ext}^{1}(\pi_0, \pi_0, \pi_0 ; \pi_1). \] La page ne définit aucun de ces groupes. Notre lecture est la suivante, et elle n'est qu'une lecture : si \(\pi_0\) et \(\pi_1\) sont les deux groupes d'homologie d'un complexe à deux termes et si \(p\) n'est associatif qu'à homotopie près, le défaut d'associativité définit une classe dans un groupe d'extensions « trilinéaires » de \(\pi_0\) par \(\pi_1\), et changer \(p\) la modifie par l'image, sous une différentielle \(\delta^{(1)}\), d'un groupe d'extensions « bilinéaires ». Seule la classe dans le conoyau de \(\delta^{(1)}\) mesure l'obstruction6 .

Le feuillet se termine sur le pentagone : pour quatre objets \(x, y, z, t\), les deux chemins de \(((x \otimes y) \otimes z) \otimes t\) à \(x \otimes (y \otimes (z \otimes t))\), l'un par \((x \otimes y) \otimes (z \otimes t)\), l'autre par \((x \otimes (y \otimes z)) \otimes t\) et \(x \otimes ((y \otimes z) \otimes t)\), doivent coïncider : \[ a_{x, y, z \otimes t} \circ a_{x \otimes y, z, t} = (x \otimes a_{y, z, t}) \circ a_{x, y \otimes z, t} \circ (a_{x, y, z} \otimes t). \] C'est l'axiome de cohérence de Mac Lane (1963), qui garantit que toutes les manières de réassocier un produit de \(n\) facteurs s'accordent7 . Le même schéma — deux invariants, une contrainte, une classe un degré plus haut — est celui des Gr-catégories du dossier 135 (pages 40 et 41), et on le retrouvera aux pages 45 à 53.

3–3

Une classe de Stiefel–Whitney, une suite spectrale (page 3)

On suppose \(2\) inversible8 . Soit \(L\) un fibré en droites sur \(S\) et \(E = L \oplus L^{-1}\), muni de la forme quadratique \(Q(x, x') = x x'\) : c'est le plan hyperbolique \(H(L)\) des pages 6 et 7. La page affirme (« Je dis que ») : \[ w_1(E) = [-1] := \partial(-1), \qquad w_2(E) \equiv c_1(L) \bmod 2, \] où \(\partial \colon H^{0}(S, \mathbb{G}_m) \to H^{1}(S, \mu_2)\) et \(H^{1}(S, \mathbb{G}_m) \to H^{2}(S, \mu_2)\) sont les cobords de Kummer. La première égalité est juste : localement, \(H(L)\) est la forme \(\langle 1, -1 \rangle\), de discriminant \(-1\). La seconde est vérifiée formellement : si \(y\) est une « racine » de \(E\), l'autre est \(y + [-1]\), et \[ (1 + y)(1 + y + [-1]) = 1 + [-1] + y(y + [-1]), \] la page inscrivant sous \(y(y + [-1])\) « \(c_1\) ? ». Nous ne l'établissons pas ici9 .

En tête du feuillet, une classe \(\eta \in H^{1}(P', \mathbb{F}_2)\) sur un \(P' = W^{*}(L^{\otimes 2})\) au-dessus duquel \(L^{\otimes 2}\) devient trivial, soumise à \[ \eta^{2} + w_1 \eta + w_2 = 0 . \] La page ne dit pas ce qu'est \(W^{*}\). La relation a la forme de celle par laquelle son article de 1958 définit les classes de Chern sur le fibré projectif, réduite modulo \(2\) et en rang \(2\)10 .

Le bas du feuillet note, pour un homomorphisme d'anneaux \(A \to B\), un \(A\)-module \(M\) et un \(B\)-module \(N\), la suite spectrale de changement d'anneaux \[ E_2^{p,q} = \mathrm{Ext}_B^{p}\bigl(\mathrm{Tor}_q^{A}(M, B), N\bigr) \Longrightarrow \mathrm{Ext}_A^{p+q}(M, N), \] issue de l'adjonction \(\mathrm{Hom}_A(M, N) = \mathrm{Hom}_B(M \otimes_A B, N)\)11 .

5–16

II. Groupes de Witt et variantes (pages 5 à 16)

5–5

Le groupe \(WG(S)\) et la question du \(\lambda\)-anneau (page 5)

Soit \(S\) un topos localement annelé. On note \(WG(S)\) le groupe de Grothendieck du monoïde, pour la somme orthogonale, des classes d'isomorphie de modules quadratiques strictement non dégénérés sur \(S\). C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le groupe de Grothendieck–Witt de \(S\)12 .

Structure. Le produit tensoriel et les puissances extérieures font de \(WG(S)\) un pré-\(\lambda\)-anneau, augmenté par le rang vers l'anneau binomial \(H^{0}(S, \mathbb{Z})\) des fonctions localement constantes à valeurs entières. En général, il n'a pas d'unité : l'unité naturelle serait la forme \(\langle 1 \rangle\), \(q(x) = x^{2}\), dont la forme polaire \(2xy\) n'est non dégénérée que si \(2\) est inversible13 . Si \(S\) est connexe et que \(2\) n'est pas inversible, les rangs sont pairs : en un point de caractéristique résiduelle \(2\), la forme polaire est alternée (\(b(x, x) = 2q(x) = 0\)) et non dégénérée14 . Si \(2\) est inversible, \(WG(S)\) est un anneau unitaire.

La question. Même alors, Grothendieck ignore si \(WG(S)\) est un \(\lambda\)-anneau, c'est-à-dire si l'on a les identités universelles \[ \lambda^{i}(xy) = P_i\bigl(\lambda^{1}x, \dots, \lambda^{i}x ; \lambda^{1}y, \dots, \lambda^{i}y\bigr), \qquad \lambda^{i}(\lambda^{j}x) = Q_{i,j}\bigl(\lambda^{1}x, \dots, \lambda^{ij}x\bigr), \] à coefficients entiers15 . Il réduit la question à un cas universel. Pour la première identité, il suffit de la vérifier sur le topos classifiant \(B_{O(m) \times O(n)}\), pour les images inverses des modules quadratiques universels de rangs \(m\) et \(n\) : toute paire de modules quadratiques de rangs \(m\) et \(n\) en provient par image inverse, et les deux membres, biadditifs au sens des \(\lambda\)-anneaux, se déterminent sur les classes effectives. De même la seconde se teste sur \(B_{O(m)}\). « D'où la tâche de déterminer \(WG(B_{O(m)})\) », que le dossier n'entreprend pas16 .

6–7

L'application hyperbolique et le groupe de Witt (pages 6 et 7)

Soit \(K_s(S)\) le groupe de Grothendieck « spécial » des modules localement libres de type fini, construit sur les seules classes d'isomorphie, et \(K(S)\) son quotient par les relations issues des suites exactes courtes. L'application \(E \mapsto H(E)\) définit un homomorphisme \[ \alpha \colon K_s(S) \longrightarrow WG(S). \] La page note qu'il n'est pas clair qu'il se factorise par \(K(S)\), c'est-à-dire que \(H(E) = H(E') + H(E'')\) dans \(WG(S)\) pour une extension non scindée de \(E''\) par \(E'\). Il ne se factorise pas en général17 .

Par définition, le groupe de Witt \(W(S)\) est le conoyau de \(\alpha\) : \[ K_s(S) \xrightarrow{\ \alpha\ } WG(S) \longrightarrow W(S) \longrightarrow 0 . \]

Les formes \(q \perp -q\). Si \(2\) est inversible, \(F = (M, q) \perp (M, -q)\) est hyperbolique, isomorphe à \(H(M)\) : la diagonale \(\Delta\) et l'antidiagonale \(\nabla\) de \(M \oplus M\) sont totalement isotropes, supplémentaires, et la forme polaire les met en dualité par \(\bigl((x, x), (y, -y)\bigr) \mapsto 2b(x, y)\). La page 7 ajoute que, sur un schéma affine, « il paraît (Laborde dixit) » que c'est vrai sans condition sur \(2\), et que ce n'est pas vrai sur tout topos localement annelé, par exemple sur \(B_{O(n)}\), \(n \geqslant 1\).

L'énoncé attribué à Laborde est juste, et se démontre ainsi. Supposons qu'il existe une forme bilinéaire \(\beta\) sur \(M\), non nécessairement symétrique, telle que \(\beta(y, y) = q(y)\) ; c'est le cas si \(M\) est projectif, donc sur un schéma affine. La diagonale \(\Delta\) est un lagrangien sur lequel la forme quadratique \(q \perp -q\) s'annule. Définissons \(g \colon M \to M\) par \(b(x, g(y)) = -\beta(y, x)\) ; alors le sous-module \(\Lambda = \{(y + g(y), g(y))\}\) est un supplémentaire de \(\Delta\), et \((q \perp -q)(y + g(y), g(y)) = q(y) + b(y, g(y)) = 0\). Deux lagrangiens supplémentaires sur lesquels la forme s'annule font de \(F\) le plan hyperbolique \(H(\Delta) \simeq H(M)\)18 .

Le groupe de Witt, directement. Dans l'un et l'autre cas — \(2\) inversible, ou \(S\) affine — toute classe de \(W(S)\) est celle d'un module, puisque \([M] - [M'] = [M \perp (M', -q')] - \alpha(M')\), et deux modules ont même classe si et seulement s'il existe des modules localement libres \(E\), \(F\) avec \[ (M, q) \perp (M', -q') \perp H(F) \simeq H(E), \] ce que la page marque « à vérifier » en marge et qui se vérifie ainsi : une égalité dans le groupe de Grothendieck est un isomorphisme après addition d'un module \(X\), et \(X \perp (X, -q_X) \simeq H(X)\) se range dans les termes hyperboliques. Sur un corps, où vaut le théorème de simplification de Witt, la condition devient : \((M, q) \perp (M', -q') \simeq H(G)\) pour un \(G\)19 .

Structure de \(W(S)\). L'image \(\alpha(K_s(S))\) est un idéal de \(WG(S)\), puisque \((N, q_N) \otimes H(E) \simeq H(N \otimes E)\) ; \(W(S)\) est donc un anneau20 . Mais il n'est plus augmenté vers \(H^{0}(S, \mathbb{Z})\), seulement vers \(H^{0}(S, \mathbb{Z}/2\mathbb{Z})\), par le rang modulo \(2\), puisque les plans hyperboliques sont de rang pair. La page demande si la pré-\(\lambda\)-structure passe au quotient. Elle n'y passe pas : \(\lambda^{2}\bigl(H(\mathcal{O}_S)\bigr) = \lambda^{2}\langle 1, -1 \rangle = \langle -1 \rangle\) est de rang \(1\), donc non nul dans \(W(S)\) dès que \(S\) est non vide et que \(2\) y est inversible, alors que \(H(\mathcal{O}_S)\) y est nul21 .

8–8

La classe de Stiefel–Whitney totale (page 8)

On suppose maintenant l'anneau \(\mathcal{O}_S\) strictement local (c'est le cas de l'anneau structural d'un topos étale) et \(2\) inversible22 . On définit alors la classe de Stiefel–Whitney totale \[ w \colon WG(S) \longrightarrow 1 + \widehat{H}^{+}(S, \mathbb{F}_2), \] caractérisée, \(S\) variant, par : a) sa fonctorialité en \(S\) ; b) sa valeur en rang \(1\), \(w(M, q) = 1 + \mathrm{cl}(M, q)\), où \(\mathrm{cl}(M, q) \in H^{1}(S, \mu_2) = H^{1}(S, \mathbb{F}_2)\) est la classe du torseur \(\mathrm{Isom}(\langle 1 \rangle, (M, q))\) ; c) la formule \(w(x + y) = w(x)\,w(y)\)23 .

Un passage barré affirmait qu'« un calcul facile » donne \(w \circ \alpha = 1\), de sorte que \(w\) se factoriserait par \(W(S)\). C'est faux, et Grothendieck l'a barré : \(w\bigl(H(\mathcal{O}_S)\bigr) = w\langle 1, -1 \rangle = 1 + [-1]\), et la classe \([-1]\) n'est pas nulle en général — sur le topos étale de \(\operatorname{Spec} \mathbb{R}\), par exemple. Le brouillon de la page 3 porte précisément sur \(w(H(L))\), qu'il donne égal à \(1 + [-1] + c_1(L) \bmod 2\)24 .

Les arguments de scindage montrent en revanche que \(w(M \otimes N)\) et \(w(\lambda^{i} M)\) s'expriment par des formules universelles en \(w(M)\), \(w(N)\) et les rangs. Le rang et \(w\) définissent donc un homomorphisme de \(\lambda\)-anneaux \[ WG(S) \longrightarrow H^{0}(S, \mathbb{Z}) \times \bigl(1 + \widehat{H}^{+}(S, \mathbb{F}_2)\bigr), \] où le but porte la structure de \(\lambda\)-anneau définie par ces formules universelles. C'est l'anneau \(\widetilde{A}\) que le dossier 2 construit pour les classes de Chern (pages 20 à 29), pris ici modulo \(2\)25 .

10–16

Les tirés à part (pages 10 à 16)

Entre la page 8 et la suite, deux notes d'O. Laborde aux Comptes rendus de 1974, sans annotation de sa main : « Théorème de Skolem-Nother pour les algèbres d'Azumaya graduées sur un anneau semi-local » (pages 10 à 12) et « Formes quadratiques, algèbres de Clifford et signatures » (pages 13 à 16). La page 7 cite Laborde ; ces tirés à part n'étant pas transcrits, on ne sait pas si l'énoncé qu'elle lui attribue s'y trouve. Ils sont la seule date antérieure à 1975 que porte le dossier26 .

17–28

III. Ensembles finis, groupes symétriques et opérations \(\lambda\) (pages 17 à 28)

Cette suite, au feutre noir puis à l'encre, n'a pas de titre. Elle part d'un groupe \(G\) et de ses ensembles finis, et aboutit aux représentations des groupes symétriques.

17–18

Un brouillon : \(\lambda\) et \(\sigma\) sur les \(G\)-ensembles (pages 17 et 18)

La page 17, un feuillet de listing, ne porte que \(K_n(G) = K(G \times \mathfrak{S}_n)\). La page 18 essaie sur un \(G\)-ensemble fini \(E\) les opérations des \(\lambda\)-anneaux : \(\lambda^{i}(E)\) est la classe de l'ensemble \(\mathfrak{P}_i(E)\) des parties à \(i\) éléments, \(\sigma^{i}(E)\) celle de \(\mathrm{Sym}^{i}(E) = E^{i}/\mathfrak{S}_i\), et la page encadre \(\sigma_{-t}(E)\,\lambda_t(E) = 1\), puis, en degré \(2\), \[ E \times E = \sigma^{2}(E) + \lambda^{2}(E), \qquad \sigma^{2}(E) = \lambda^{2}(E) + E, \qquad 2\lambda^{2}(E) + E = E^{2}, \] en vérifiant la dernière sur les cardinaux : \(2 \cdot \frac{d(d-1)}{2} + d = d^{2}\).

Ces identités sont vraies pour les cardinaux, c'est-à-dire pour \(G\) trivial. Dans l'anneau des \(G\)-ensembles virtuels, seule la deuxième subsiste, car \(\mathrm{Sym}^{2}(E)\) est la réunion de la diagonale et de \(\mathfrak{P}_2(E)\). Les deux autres tombent déjà pour \(G = \mathbb{Z}/2\) agissant sur lui-même : \(E \times E\) est formé de deux orbites libres, alors que \(2\lambda^{2}(E) + E\) est formé de deux points fixes et d'une orbite libre ; et le coefficient de \(t^{2}\) dans \(\sigma_{-t}\lambda_t\) vaut \(2 - [G] \neq 0\)27 . Ce qui se perd est l'action de \(\mathfrak{S}_n\) sur les \(n\)-uplets d'éléments distincts, et c'est précisément ce que les pages suivantes conservent.

La page esquisse aussi le modèle linéaire, pour un élément \(L\) « de rang \(1\) » : \(\lambda_t(L) = 1 + tL\) et \(\sigma_t(L) = (1 - tL)^{-1}\). Elle encadre une flèche \(\mathcal{E}(G) \hookrightarrow R(G) \to R_{\mathbb{Q}}(G)\) de l'anneau des \(G\)-ensembles vers l'anneau des représentations, qui, pour \(G\) fini, n'est injective que si \(G\) est cyclique28 . Elle se termine sur la question « \(\lambda^{i}(xy) = \) ? », sans réponse.

19–20

L'anneau \(k_{*}(G)\) et les opérations \(\tau^{n}\) (pages 19 et 20)

Soit \(G\) un groupe, \(k_0(G)\) l'anneau des \(G\)-ensembles finis virtuels — l'anneau de Burnside de \(G\) — et, pour \(n \geqslant 0\), \[ k_n(G) = k(G \times \mathfrak{S}_n), \qquad k_{*}(G) = \bigoplus_{n \geqslant 0} k_n(G), \] avec \(\mathfrak{S}_0 = \{1\}\) ; on note \(\mathrm{cl}_n(E) \in k_n(G)\) la classe d'un \(G \times \mathfrak{S}_n\)-ensemble fini. Le produit d'induction \[ \mathrm{cl}_m(E) * \mathrm{cl}_n(F) = \mathrm{cl}_{m+n}\bigl((E \times F) \times^{\mathfrak{S}_m \times \mathfrak{S}_n} \mathfrak{S}_{m+n}\bigr), \] où \(G\) agit diagonalement, fait de \(k_{*}(G)\) une \(k_0(G)\)-algèbre graduée, commutative29 . Pour \(G\) trivial, c'est la somme des anneaux de Burnside des groupes symétriques, munie du produit qui fait de \(\bigoplus_n R(\mathfrak{S}_n)\) l'anneau des fonctions symétriques.

Pour un \(G\)-ensemble fini \(E\), on pose, avec \(I_n = \{1, \dots, n\}\) et \(\mathfrak{S}_n\) agissant par la source, \[ \tau^{n}(E) = \mathrm{cl}_n\bigl(\mathrm{Mon}(I_n, E)\bigr) \in k_n(G), \qquad \tau^{*}(E) = \sum_{n \geqslant 0} \tau^{n}(E) \in 1 + \widehat{k_{*}(G)}^{+}, \] où \(\widehat{k_{*}(G)}^{+} = \prod_{n \geqslant 1} k_n(G)\) ; on a \(\tau^{0}(E) = 1\) et \(\tau^{1}(E) = \mathrm{cl}_0(E)\), et la somme est finie puisque \(\mathrm{Mon}(I_n, E)\) est vide pour \(n > \mathrm{card}\,E\).

Proposition (page 19). On a \(\tau^{*}(E \sqcup F) = \tau^{*}(E)\,\tau^{*}(F)\), c'est-à-dire \(\tau^{n}(E \sqcup F) = \sum_{i+j=n} \tau^{i}(E) * \tau^{j}(F)\).

Une injection de \(I_n\) dans \(E \sqcup F\) est la donnée de la partie \(J\) de \(I_n\) qui va dans \(E\) et de deux injections \(J \to E\), \(I_n \smallsetminus J \to F\) : \[ \mathrm{Mon}(I_n, E \sqcup F) = \coprod_{i = 0}^{n} \coprod_{J \in \mathfrak{P}_i(I_n)} \mathrm{Mon}(J, E) \times \mathrm{Mon}(I_n \smallsetminus J, F), \] et chaque terme d'indice \(i\) est stable par \(\mathfrak{S}_n\). La page s'arrête à « il suffit de voir que » la classe de ce terme est \(\tau^{i}(E) * \tau^{j}(F)\). C'est le cas : \(\mathfrak{S}_n\) agit transitivement sur \(\mathfrak{P}_i(I_n)\), le stabilisateur de \(I_i\) est \(\mathfrak{S}_i \times \mathfrak{S}_j\), et le terme est l'induit de \(\mathrm{Mon}(I_i, E) \times \mathrm{Mon}(I_j, F)\) de \(\mathfrak{S}_i \times \mathfrak{S}_j\) à \(\mathfrak{S}_n\)30 .

Corollaire (page 20). Il existe un unique homomorphisme du groupe additif \(k_0(G)\) dans le groupe multiplicatif \(1 + \widehat{k_{*}(G)}^{+}\) tel que \(\tau^{*}(\mathrm{cl}_0(E)) = \tau^{*}(E)\) pour tout \(G\)-ensemble fini \(E\). C'est la propriété universelle du groupe de Grothendieck, puisque \(1 + \widehat{k_{*}(G)}^{+}\) est un groupe pour la multiplication.

La page définit enfin, pour un sous-groupe \(H \subset \mathfrak{S}_n\), l'application additive \(q_H \colon k_n(G) \to k_0(G)\), \(\mathrm{cl}_n(E) \mapsto \mathrm{cl}_0(E^{H})\), et l'application polynomiale de degré \(n\) \[ q^{n}_H = q_H \circ \tau^{n} \colon k_0(G) \longrightarrow k_0(G). \] Le dossier n'en fait rien31 .

21–22

Les puissances \(T^{n}\), et ce qui les relie aux \(\tau^{n}\) (pages 21 et 22)

La page 21 définit de même, avec toutes les applications, \[ T^{n}(E) = \mathrm{cl}_n\bigl(E^{I_n}\bigr) \in k_n(G), \qquad T^{*}(E) = \sum_n T^{n}(E), \] multiplicatif sur les réunions disjointes par le même argument, et prolongé à \(k_0(G)\) comme au corollaire. C'est l'opération de puissance de l'anneau de Burnside, restreinte au sous-groupe diagonal \(G \times \mathfrak{S}_n\) du produit en couronne \(G \wr \mathfrak{S}_n\)32 . La page annonce une relation entre \(T^{*}\) et \(\tau^{*}\). Elle part de la décomposition d'une application \(I_n \to E\) en la partition de \(I_n\) par ses fibres et une injection du quotient : \[ E^{I_n} = \coprod_{Q \text{ quotient de } I_n} \mathrm{Mon}(Q, E) = \coprod_{\alpha} \ \coprod_{Q \text{ de type } \alpha} \mathrm{Mon}(Q, E), \] où le type \(\alpha = (\alpha_1, \dots, \alpha_n)\) d'une partition compte ses \(\alpha_i\) classes à \(i\) éléments, avec \(\sum_i i\alpha_i = n\).

La formule encadrée qui suit, \(T^{n}(E) = \sum_i \varphi_{n,i}(\tau^{i}(E))\) avec \(\varphi_{n,i}(\mathrm{cl}_i(E)) = \mathrm{cl}_n(E \times^{\mathfrak{S}_i} \mathfrak{S}_n)\), est annulée par deux grandes croix, et à raison : l'induction de \(\mathfrak{S}_i\) à \(\mathfrak{S}_n\) ne décrit pas l'action de \(\mathfrak{S}_n\) sur les partitions. Voici la formule juste33 . Soit \(Q_\alpha\) une partition de type \(\alpha\) à \(m = \sum_i \alpha_i\) classes. Son stabilisateur dans \(\mathfrak{S}_n\) est le produit de couronnes \(W_\alpha = \prod_i \mathfrak{S}_i \wr \mathfrak{S}_{\alpha_i}\), qui agit sur l'ensemble des \(m\) classes à travers \(\pi_\alpha \colon W_\alpha \to \prod_i \mathfrak{S}_{\alpha_i} \subset \mathfrak{S}_m\). Alors \[ T^{n}(E) = \sum_{\sum i\alpha_i = n} \mathrm{Ind}_{G \times W_\alpha}^{G \times \mathfrak{S}_n}\, \pi_\alpha^{*}\, \mathrm{Res}^{G \times \mathfrak{S}_m}_{G \times \prod_i \mathfrak{S}_{\alpha_i}}\, \tau^{m}(E). \] Le reste de la page 22 compte les partitions de type \(\alpha\) : \[ \frac{n!}{\prod_{i} \alpha_i!\,(i!)^{\alpha_i}}, \] ce qui est juste. Sur les cardinaux, la formule redonne \(d^{n} = \sum_m S(n, m)\, d(d-1)\cdots(d-m+1)\), avec les nombres de Stirling de seconde espèce. Un tableau de valeurs de \(\tau^{2}(e_i)\) et \(\tau^{3}(e_i)\) est préparé et laissé vide.

23–26

Foncteurs sur la catégorie des ensembles finis et injections (pages 23 à 26)

Soit \(\mathcal{E}\) la catégorie des ensembles finis, les morphismes étant les applications injectives, et \(\mathcal{H}\) celle des foncteurs \(\mathcal{E} \to (\mathrm{Ensf})\) à valeurs dans les ensembles finis. C'est un prétopos34 . On y distingue :

Proposition (pages 23 et 24). Les \(h_I\) sont des objets connexes non vides de \(\mathcal{H}\) ; à isomorphisme près, ce sont les composantes connexes des \(H_J\). En effet \(H_J = \coprod_Q h_Q\), la somme portant sur les quotients \(Q\) de \(J\) : c'est, fonctorialisée, la décomposition de la page 2135 .

Foncteurs spéciaux : les sommes finies de \(h_I\) ; ce sont aussi les facteurs directs des sommes finies de \(H_I\)36 . Ils sont stables par sommes, produits et plus généralement limites finies : un produit \(h_I \times h_J\) se décompose selon les configurations d'images37 . Un foncteur spécial envoie les injections sur des injections, donc s'identifie à un foncteur \(\mathcal{E} \to \mathcal{E}\), et le composé de deux foncteurs spéciaux est spécial.

Foncteurs distingués : les sommes finies de foncteurs \(E \mapsto \mathrm{Mon}(I, E)/H\), pour \(H \subset \mathfrak{S}_I\) ; ce sont aussi les sommes finies de composantes connexes des \(E \mapsto E^{I}/H\). La page affirme, sans le détailler, qu'ils ont les mêmes propriétés de permanence que les foncteurs spéciaux. Une addition en marge les décrit tous d'un coup : \[ E \longmapsto \coprod_{n \geqslant 0} \mathrm{Mon}(I_n, E) \times^{\mathfrak{S}_n} X_n, \] où \((X_n)\) est une suite de \(\mathfrak{S}_n\)-ensembles finis, presque tous vides. C'est l'extension de Kan à gauche, le long de l'inclusion des bijections dans les injections, de la suite \((X_n)\) — de ce qu'on appelle depuis Joyal (1981) une espèce finie. Dans le langage linéaire de Church, Ellenberg et Farb (2015), les \(\mathcal{E}\)-ensembles sont des « FI-ensembles », et les foncteurs distingués sont l'analogue ensembliste des FI-modules induits, qu'on appelle aussi FI\(\sharp\)-modules38 .

Un morphisme \(u \colon F \to G\) de foncteurs \(\mathcal{E} \to (\mathrm{Ens})\) est une équivalence s'il existe \(n\) tel que \(u(E)\) soit bijectif pour tout \(E\) de cardinal au moins \(n\). Les équivalences vérifient la propriété « deux sur trois » et sont stables par changement de base, comme l'énonce la page ; ce sont les isomorphismes « en rang assez grand », le point de vue qui est aujourd'hui celui de la stabilité des représentations de Church et Farb39 .

La page 26 pose enfin \[ \Omega = \mathrm{End}(\mathcal{E}, \mathcal{E}) \subset \mathrm{Hom}(\mathcal{E}, (\mathrm{Ens})) = \widehat{\mathcal{E}^{\circ}} , \] la catégorie des foncteurs \(\mathcal{E} \to \mathcal{E}\) — à valeurs finies, envoyant les injections sur des injections — avec pour morphismes les transformations naturelles à composantes injectives. C'est une sous-catégorie non pleine, comme la page le souligne, du topos des préfaisceaux sur \(\mathcal{E}^{\circ}\). Elle porte trois opérations, \[ (F + G)(E) = F(E) \sqcup G(E), \qquad (F \times G)(E) = F(E) \times G(E), \qquad (F \circ G)(E) = F(G(E)), \] et le feuillet s'arrête là, le bas restant blanc. Une somme, un produit et une composition qui se distribuent sont la structure d'un anneau de composition, celle des opérations sur les \(\lambda\)-anneaux ; mais la page ne passe pas au groupe de Grothendieck et ne dit pas où elle va40 .

27–28

Puissances tensorielles et représentations des groupes symétriques (pages 27 et 28)

Soit \(X\) un topos annelé commutatif, et \[ K(X, *) = \bigoplus_{n \geqslant 0} K(B_{\mathfrak{S}_n X}), \] où \(K(B_{\mathfrak{S}_n X})\) est le groupe de Grothendieck des modules localement libres de type fini sur \(X\) munis d'une action de \(\mathfrak{S}_n\), avec le produit d'induction. Pour \(\xi = \mathrm{cl}(E)\) dans \(K(X)\), on note \(T^{n}(\xi)\) la classe de la puissance tensorielle \(E^{\otimes n}\), \(\mathfrak{S}_n\) permutant les facteurs, et \(T^{*}(\xi) = \sum_n T^{n}(\xi) \in 1 + K(X, *)^{\wedge +}\)41 . C'est le cadre du dossier 2, pages 15 à 18, où le produit d'induction et les puissances tensorielles d'un module sur un topos annelé sont aussi posés42 .

Soit \(\rho_i\) l'élément unité de \(K(B_{\mathfrak{S}_i}) = R_{\mathbb{Z}} (\mathfrak{S}_i)\), regardé comme élément de degré \(i\) de \(R(1, *) = K(e, *) = \bigoplus_i R(\mathfrak{S}_i)\), \(e\) étant le topos ponctuel ; le monôme \(\rho^{\alpha} = \rho_1^{\alpha_1} \cdots \rho_n^{\alpha_n}\) est la représentation de permutation de \(\mathfrak{S}_n\) sur les classes du sous-groupe de Young \(\prod_i \mathfrak{S}_i^{\alpha_i}\). La page énonce : \[ T^{n}(\xi) = \sum_{\sum i\alpha_i = n} m_\alpha\bigl(\lambda^{1}\xi, \dots, \lambda^{n}\xi\bigr)\, \rho^{\alpha}, \] où \(m_\alpha \in \mathbb{Z}[S_1, \dots, S_n]\) est le polynôme isobare de poids \(n\) qui exprime la fonction symétrique monomiale \(\sum x_1^{\nu_1} \cdots x_m^{\nu_m}\) (avec \(\alpha_i\) exposants égaux à \(i\)) en les fonctions symétriques élémentaires \(S_1, \dots, S_n\)43 .

La formule est juste, pour \(E\) localement libre de type fini. Pour une somme de fibrés en droites, \(E^{\otimes n}\) se décompose selon les orbites de \(\mathfrak{S}_n\) sur les applications \(I_n \to \{1, \dots, d\}\), et une permutation des facteurs d'une puissance tensorielle d'une droite agit trivialement ; le cas général s'en déduit par le principe de scindage, que nous admettons pour \(K(X, *)\). En degré \(2\), elle donne \(T^{2}(\xi) = \lambda^{2}\xi\,\rho_1^{2} + (\xi^{2} - 2\lambda^{2}\xi)\,\rho_2\), c'est-à-dire, si \(2\) est inversible, \(\rho_1^{2}\) étant alors la représentation régulière \(1 + \varepsilon\) de \(\mathfrak{S}_2\), \(T^{2}(\xi) = \sigma^{2}\xi \cdot 1 + \lambda^{2}\xi \cdot \varepsilon\) : la suite exacte \(0 \to \Lambda^{2}E \otimes \varepsilon \to E^{\otimes 2} \to \mathrm{Sym}^{2}E \to 0\)44 . Par la caractéristique de Frobenius, qui envoie \(\rho_i\) sur la fonction symétrique complète \(h_i\), c'est l'identité de Cauchy \(\sum_\alpha m_\alpha(x)\,h_\alpha(y) = \prod_{i,j}(1 - x_i y_j)^{-1}\).

En marge, la page demande si, pour \(\xi\) effectif, la formule est une somme directe, et renvoie au théorème de commutation de H. Weyl. Pas dans cette base : \(m_{(2)}(\xi) = \xi^{2} - 2\lambda^{2}\xi\) n'est pas effectif. La somme directe existe dans l'autre base, celle des représentations irréductibles : c'est la dualité de Schur–Weyl, \(E^{\otimes n} = \bigoplus_\mu S_\mu(E) \otimes V_\mu\), là où \(n!\) est inversible45 .

Corollaire (page 28). \(\lambda^{n}(\xi)\) est le coefficient de \(\rho_1^{n}\) dans \(T^{n}(\xi)\), et l'opération d'Adams \(\psi^{n}(\xi)\) celui de \(\rho_n\). En effet \(m_{(1, \dots, 1)} = S_n\) et \(m_{(n)} = \sum x_j^{n}\) est la somme de Newton. C'est la démarche d'Atiyah (1966), qui tire \(\lambda^{n}\) et \(\psi^{n}\) de l'opération de puissance46 .

Un « coefficient » suppose que les \(1_{K(X)} \cdot \rho^{\alpha}\) soient linéairement indépendants sur \(K(X)\), ce que la page croit « facile sans doute ». C'est vrai si \(X\) est au-dessus de \(\mathbb{Q}\), et faux en caractéristique \(p\) : sur \(\mathbb{F}_2\), la représentation régulière de \(\mathfrak{S}_2\) est extension de la triviale par la triviale, de sorte que \(\rho_1^{2} = 2\rho_2\)47 .

Question (page 28) : pour quels anneaux \(k\) l'anneau \(R_k(1, *) = \bigoplus_{i \geqslant 0} R_k(\mathfrak{S}_i)\) est-il l'anneau de polynômes en les \(\rho_i\) ? Est-ce vrai pour un anneau local, ou pour un anneau tel que \(\mathbb{Z} \to K(k)\) soit un isomorphisme ? Pour un corps de caractéristique nulle, oui : par Frobenius, \(\bigoplus_i R(\mathfrak{S}_i)\) est l'anneau des fonctions symétriques, polynomial en les \(h_i\). Pour un corps de caractéristique \(p\), non : la relation \(\rho_1^{2} = 2\rho_2\) sur \(\mathbb{F}_2\), et en général le rang de \(R_{\mathbb{F}_p}(\mathfrak{S}_n)\), qui est le nombre de partitions \(p\)-régulières de \(n\), l'interdisent. Un corps fini étant local, la réponse à la seconde question est négative48 .

29–33

IV. Le jeu de go (pages 29 à 33)

Ces cinq pages, au feutre, n'ont de rapport avec rien d'autre dans le dossier. Ce sont des mathématiques d'un jeu : une identité de comptabilité entre deux façons de compter les points, et un essai de règles assez précises pour qu'une partie finisse d'elle-même.

29–29

Deux décomptes, et le dernier coup (page 29)

On joue une partie « complète » sur un goban de \(\nu \times \nu\) intersections ; noir commence et joue \(N\) coups, blanc en joue \(N'\), avec \(\varepsilon = N - N' \in \{0, 1\}\), et \(\varepsilon = 0\) si blanc joue le dernier49 . En fin de partie, \(P\) et \(P'\) sont les nombres de pierres noires et blanches sur le goban, \(Q\) et \(Q'\) les nombres de pierres noires et blanches capturées, \(T\) et \(T'\) les territoires noir et blanc. Ainsi \(N = P + Q\) et \(N' = P' + Q'\)50 . On suppose que toute intersection est, à la fin, une pierre ou un point de territoire : \[ P + P' + T + T' = \nu^{2}, \] ce qui exclut les points neutres et les seki, et demande que toutes les pierres mortes aient été effectivement capturées — c'est le sens de « complète »51 .

Au décompte par territoire, noir marque \(S = Q' + T\) et blanc \(S' = Q + T'\). Comme \(Q' - Q = (N' - P') - (N - P) = (P - P') - \varepsilon\), l'écart vaut \[ D = S - S' = (P - P') + (T - T') - \varepsilon, \qquad \text{soit} \qquad D = 2(P + T) - \nu^{2} - \varepsilon , \] et symétriquement \(D' = -D = 2(P' + T') - \nu^{2} + \varepsilon\)52 . Or \((P + T) - (P' + T') = 2(P + T) - \nu^{2}\) est l'écart au décompte par zone, qui compte les pierres posées et le territoire. L'identité dit donc que les deux décomptes, par territoire (règles japonaises) et par zone (règles chinoises), diffèrent exactement de \(\varepsilon\) : d'un point si noir a joué le dernier, de rien sinon53 .

30–30

La position réglée (page 30)

Supposons atteinte une position où les territoires des deux camps sont « inattaquables », blanc ayant joué le dernier, de sorte que les deux camps ont joué le même nombre \(n = n'\) de coups et que noir a le trait. Avec les mêmes lettres en minuscules — les prisonniers étant cette fois « virtuels », les pierres mortes restées sur le goban étant comptées comme prises — on trouve de même, puisque \(n = n'\), \[ d = s - s' = 2(p + t) - \nu^{2} . \] Si chacun ne joue plus que dans son propre territoire, y compris pour y capturer effectivement les pierres mortes, chaque coup ajoute une pierre et ôte un point de territoire, et une capture rend au territoire des points qu'il comptait déjà : \(p + t = P + T\) est invariant, d'où \(D = d - \varepsilon\). La page ajoute que, faute de pouvoir prévoir \(\varepsilon\) — « est-elle indépendante de la suite du jeu ? » —, il est raisonnable de compenser l'avantage du trait en posant \(\varepsilon = 1\), c'est-à-dire en comptant comme si noir jouait le dernier : une compensation d'un point au décompte par zone. La compensation qu'on pratique aujourd'hui, le komi, est de six à sept points54 .

31–32

Règles de prise, et fin de l'obligation de jouer (pages 31 et 32)

Prise. Une pierre ne peut être posée sur une intersection libre où le groupe qui la contiendrait n'aurait aucune liberté — le suicide est interdit —, sauf dans deux cas : le ko, renvoyé « plus bas » et jamais décrit ; et le « remplissage d'un trou » : \(A\) joue sur une intersection \(i\) qui est la dernière liberté d'un groupement \(E\) de groupes de \(B\), \(E\) entourant le groupe de \(A\) qui contient \(i\). C'est la règle actuelle : un coup qui prend est légal, les pierres prises étant retirées avant qu'on examine les libertés de la pierre posée55 .

Fin de partie. Les joueurs jouent à tour de rôle et ne peuvent pas passer. L'obligation de jouer ne tombe que dans un cas : le joueur \(A\) n'a plus d'intersection libre où il puisse légalement jouer, sinon des intersections \(c\) de la forme suivante : un groupement \(E\) de \(A\) n'a plus que deux libertés isolées, toutes ses autres libertés étant prises par \(B\), et \(c\) est l'une d'elles. Autrement dit, les seuls coups restants de \(A\) bouchent l'un des deux yeux d'un de ses groupes. La page explique pourquoi l'obligation doit alors tomber : si \(A\) bouchait un œil, \(B\) prendrait le groupe en jouant dans l'autre, et, l'obligation persistant, \(A\) perdrait de proche en proche toutes ses pierres, « même si \(A\) avait un avantage considérable ».

Elle exige de plus que le groupement soit « inattaquable » : si c'était à \(B\) de jouer, il ne pourrait se placer ni en \(c\) ni en \(c'\), faute d'un sous-groupement de \(E\) entourant l'un d'eux et n'ayant plus que lui pour liberté, et le ko ne le lui permettrait pas non plus. C'est la distinction entre un vrai œil et un faux œil56 .

33–33

Qui joue le dernier (page 33)

En fin de partie, noir a \(\rho\) groupements vivants, chacun avec au moins deux yeux, et blanc \(\rho'\). Partant de la position réglée de la page 30, où noir a le trait, la page énonce : si \(t - 2\rho \leqslant t' - 2\rho'\), blanc joue le dernier (\(\varepsilon = 0\), \(D = d\)) ; si \(t' - 2\rho' < t - 2\rho\), noir joue le dernier (\(\varepsilon = 1\), \(D = d - 1\)).

La règle est juste sous une hypothèse qu'elle ne dit pas : que chacun, à partir de la position réglée, ne fasse que remplir son propre territoire jusqu'à ne laisser que deux yeux d'un point à chaque groupe. Noir dispose alors de \(t - 2\rho\) coups et blanc de \(t' - 2\rho'\) ; noir ayant le trait, celui qui s'épuise le premier est noir si \(t - 2\rho \leqslant t' - 2\rho'\), et c'est alors blanc qui a joué le dernier57 . La question de la page 30 reçoit ainsi une réponse partielle : \(\varepsilon\) se lit sur la position réglée, pourvu qu'on joue comme on vient de dire.

34–39

V. Groupes formels (pages 34 à 39)

La page 34 est une chemise qui ne porte que ces mots ; la page 35 les répète en tête. La suite est à l'encre bleue, et c'est la plus difficile à lire du dossier : au-delà des formules, la page 35 est pour l'essentiel une suite de lectures douteuses58 . La page ne précise ni le corps de base, ni si les groupes formels sont commutatifs ; les énoncés ne prennent leur sens qu'en caractéristique \(p > 0\), pour des groupes formels non nécessairement commutatifs, où « \(p\)-divisible » désigne les groupes de Barsotti–Tate connexes59 .

35–35

Les énoncés de départ (page 35)

La page énonce, sans démonstration :

La démonstration esquissée du corollaire de (II) prend le plus grand sous-groupe \(p\)-divisible a-torique \(T\) de \(G\) : on aurait \(G \simeq T \times G/T\), donc \(D(G) \cap T = \{e\}\). Un dernier corollaire voudrait \(G\) lisse isogène à un produit d'un facteur a-torique et d'un autre facteur, et s'achève sur « … ? » ; une remarque, un NB et une note en marge, qui disent qu'un certain quotient est « linéaire », ne se lisent que par fragments61 . La page pose alors la Question : \(D(G) \cap \mathrm{Cent}(G)\) est-il unipotent, c'est-à-dire ne contient-il pas de \(\mu_p\) ? Une note en marge ajoute qu'il suffirait de le vérifier pour un quotient linéaire, et que \(\mathrm{Cent}(G/\mathrm{Cent}\,G)\) est « mieux » quasi-unipotent.

35–36

La « Solution » : un groupe vu par son centre et son groupe dérivé (pages 35 et 36)

Sous le mot « Solution », la page introduit six groupes : \[ L_1 = \mathrm{Cent}(G), \quad D_1 = D(G), \quad \Pi_1 = L_1 \cap D_1, \quad \Pi_0 = G / L_1 D_1, \] et les deux quotients \(G/\mathrm{Cent}(G)\) et \(G/D(G)\). Ils forment deux suites exactes, qui ont les mêmes extrémités : \[ 1 \to \Pi_1 \to \mathrm{Cent}(G) \longrightarrow G/D(G) \to \Pi_0 \to 1, \qquad 1 \to \Pi_1 \to D(G) \longrightarrow G/\mathrm{Cent}(G) \to \Pi_0 \to 1 . \] La seconde flèche du milieu est un module croisé : \(G/\mathrm{Cent}(G)\) agit sur \(D(G)\) par conjugaison, et c'est l'action \(\theta\) que la page dessine. La première l'est aussi, pour l'action triviale62 . La page note deux contraintes, qu'elle tire vraisemblablement des énoncés de départ : \(\Pi_1\) n'a pas de partie \(p\)-divisible, et \(\Pi_0\) pas de partie a-torique.

La « Solution » est donc un programme : reconstituer \(G\) à partir des deux modules croisés, qui partagent leurs invariants \(\pi_1 = \Pi_1\) et \(\pi_0 = \Pi_0\). La page en donne la forme : les deux données se recollent en \[ D' = D(G) \sqcup_{\Pi_1} \mathrm{Cent}(G) = \mathrm{Cent}(G) \cdot D(G), \qquad L' = G/\mathrm{Cent}(G) \times_{\Pi_0} G/D(G) = G/\Pi_1, \] avec « obstruction nulle dans \(H^{3}(\Pi_0, \Pi_1)\), indétermination dans \(H^{2}(\Pi_0, \Pi_1)\) »63 . Elle se donne trois tâches : traiter le cas où \(\Pi_0\) est \(p\)-divisible ; dire quels couples de modules croisés sont possibles ; donner des conditions pour que \(G\) soit linéaire et \(D(G)\) algébrisable. Seule la deuxième est reprise, aux pages 45 à 53, sous une forme générale64 .

La page 36 amorce le calcul. Dans la situation générale \(1 \to \Pi_1 \to G_1 \to G_0 \to \Pi_0 \to 1\), avec \(G_1 = \mathrm{Cent}(G) \cdot D(G)\) et \(G_0 = G/\Pi_1\), il y a un homomorphisme \(\varphi_G\) de \(\mathrm{Cent}(G_0) \cap \operatorname{Ker}\theta\) vers \(Z^{1}(\Pi_0, \Pi_1)\) — ici vers \(\mathrm{Hom}(\Pi_0, \Pi_1)\) —, de noyau l'image de \(\mathrm{Cent}(G)\) dans \(G_0\). Dans le cas qui l'intéresse, la page écrit cette application sur les éléments centraux de \(G/\mathrm{Cent}(G)\) qui agissent trivialement sur \(D(G)\), à valeurs dans \(\mathrm{Hom}(\Pi_0, \Pi_1)\), et de noyau nul. D'où, \(\Pi_1\) étant quasi-unipotent, la conclusion encadrée : ce groupe d'éléments centraux est quasi-unipotent. C'est, sous une forme encore floue, l'injectivité de l'application \(\Psi_G\) de la page 46, qui porte le même nom \(\varphi_G\)65 .

37–39

Brouillons (pages 37 à 39)

La page 37 aligne trois énoncés encadrés — \(\mathrm{Cent}(D(G))\) unipotent, \((G/\mathrm{Cent}\,G)_{\mathrm{ab}}\) linéaire, \(\mathrm{Cent}(G/\mathrm{Cent} \,G)\) unipotent — et une question entourée, « \((D(G))_{\mathrm{ab}}\) unipotent ? », avec une flèche vers « voir fin ». Aucune fin du dossier ne la reprend.

La page 38 pose une extension centrale \[ 1 \to \mathfrak{z} \to D \to \widehat{H} \to 1, \] où \(H\) est un groupe algébrique linéaire connexe lisse, \(\widehat{H}\) son complété formel et \(\mathfrak{z}\) un groupe formel commutatif lisse : le pendant formel de la structure que les pages 41 à 43 étudient pour les groupes algébriques.

La page 39, couverte de schémas, calcule les extensions de \(\widehat{\mathbb{G}}_a\) par \(\widehat{\mathbb{G}}_a\) par cocycles : \(\varphi(x, y)\), modifié par \(\psi(x + y) - \psi(x) - \psi(y)\), dans \(H^{2}(\widehat{\mathbb{G}}_a, \widehat{\mathbb{G}}_a)\), et note, pour une telle extension \(E\), \(\mathrm{Cent}(E) = D(E)\). Une telle extension non commutative n'existe qu'en caractéristique \(p\) : en caractéristique nulle, un groupe formel est déterminé par son algèbre de Lie, et une extension centrale de \(k\) par \(k\) est abélienne. En caractéristique \(p\), la loi \((x, z)(x', z') = (x + x', z + z' + x x'^{p})\) en donne une, de commutateur \(x x'^{p} - x' x^{p}\)66 .

41–43

VI. Groupes algébriques lisses connexes et décomposition de Chevalley (pages 41 à 43)

Trois pages sans titre, à l'encre bleue, sur des groupes algébriques et non formels. Aucune page ne dit à quoi elles servent ; elles sont rangées entre les deux suites sur les groupes formels.

41–41

La structure (page 41)

Soit \(G\) un groupe algébrique lisse connexe sur un corps \(k\), admettant une décomposition de Chevalley \[ 1 \to L \to G \to A \to 1, \] \(A\) variété abélienne, \(L\) affine lisse connexe — c'est le cas si \(k\) est parfait (théorème de Chevalley)67 . Soit \(M = G_{\mathrm{aff}}\) le plus grand quotient affine de \(G\) et \[ 1 \to Z \to G \to M \to 1 . \] On sait que \(Z\) est caractérisé par \(M\) affine et \(Z_{\mathrm{aff}} = 1\), que \(Z\) est central et que \(Z \to A\) est surjectif, donc \(G = Z \cdot L\) et \(L \to M\) surjectif68 . Posons \(\mathfrak{z} = L \cap Z\), groupe affine commutatif. Alors \(G \to M \times A\) est surjectif de noyau \(\mathfrak{z}\) central, et \[ G = L \times^{\mathfrak{z}} Z = (L \times Z)/\mathfrak{z} \] est déterminé, avec le diagramme de ses sous-groupes, par les deux extensions centrales : \(L\) de \(M\) par \(\mathfrak{z}\), et \(Z\) de \(A\) par \(\mathfrak{z}\). La donnée de \(G\) équivaut ainsi à celle de \(M\), \(A\), \(\mathfrak{z}\) et de deux extensions centrales, \(L\) lisse connexe et \(Z_{\mathrm{aff}} = 1\) ; ou encore, en partant de \(L\), à celle d'un groupe affine lisse connexe \(L\), d'une variété abélienne \(A\), d'un sous-groupe \(\mathfrak{z} \subset \mathrm{Cent}(L)\) et d'une extension \(Z\) de \(A\) par \(\mathfrak{z}\) avec \(Z_{\mathrm{aff}} = 1\)69 .

41–42

Extensions d'une variété abélienne par un groupe affine (pages 41 et 42)

Une extension centrale de \(A\) par \(\mathfrak{z}\) commutatif est commutative, puisque son commutateur définirait une application bimultiplicative de \(A \times A\) dans le groupe affine \(\mathfrak{z}\), qui est constante. Ces extensions sont données par la formule de Barsotti–Weil généralisée : \[ \mathrm{Ext}^{1}(A, \mathfrak{z}) = \mathrm{Hom}\bigl(D(\mathfrak{z}), \mathrm{Pic}^{0}_{A/k}\bigr), \] où \(D(\mathfrak{z})\) est le dual de Cartier de \(\mathfrak{z}\) et \(\mathrm{Pic}^{0}_{A/k} = A^{*}\) la variété abélienne duale ; la catégorie de ces extensions est rigide, puisque \(\mathrm{Hom}(A, \mathfrak{z}) = 0\)70 . L'extension \(Z\) est donc une flèche \(\varphi \colon D(\mathfrak{z}) \to A^{*}\), et il reste à exprimer \(Z_{\mathrm{aff}} = 1\).

\(Z_{\mathrm{aff}}\) en termes de \(\varphi\). Le groupe \(\mathfrak{z}\) se surjecte sur \(Z_{\mathrm{aff}}\), puisque \(A\) n'a pas de quotient affine non trivial ; \(Z_{\mathrm{aff}}\) est le plus grand quotient \(\mathfrak{z}_1\) de \(\mathfrak{z}\) tel que l'extension poussée de \(A\) par \(\mathfrak{z}_1\) soit triviale. Par dualité de Cartier, qui échange quotients de \(\mathfrak{z}\) et sous-groupes de \(D(\mathfrak{z})\), c'est \(\mathfrak{z}_1 = D(\operatorname{Ker}\varphi)\). Donc \[ Z_{\mathrm{aff}} = 1 \iff \varphi \text{ est un monomorphisme.} \] Décomposons \(\mathfrak{z} = \mathfrak{z}_u \times \mathfrak{z}_m\) en ses parties unipotente et de type multiplicatif, et soit \(\Gamma = D(\mathfrak{z}_m)\), groupe constant tordu de type fini ; \(\varphi\) a deux composantes \(\varphi_0\) sur \(D(\mathfrak{z}_u)\) et \(\varphi_1\) sur \(\Gamma\). Leurs images, l'une connexe et l'autre étale, se coupent trivialement, de sorte que \(\varphi\) est un monomorphisme si et seulement si \(\varphi_0\) et \(\varphi_1\) en sont.

Caractéristique nulle. \(\mathfrak{z}_u = W(t)\) est le groupe vectoriel de son espace tangent \(t\), et \(\varphi_0\) est une application linéaire \(t^{\vee} \to H^{1}(A, \mathcal{O}_A)\), l'espace tangent de \(A^{*}\)71 . La donnée de \(\mathfrak{z}\) et de \(Z\) avec \(Z_{\mathrm{aff}} = 1\) équivaut donc à celle d'un sous-espace vectoriel de \(H^{1}(A, \mathcal{O}_A)\) et d'un sous-groupe constant tordu de type fini de \(A^{*}\).

Caractéristique \(p\). La page donne pour « bien connu » que la partie unipotente de \(Z_{\mathrm{aff}}\) est isogène à \(\mathfrak{z}_u\), de sorte que \(Z_{\mathrm{aff}} = 1\) force \(\mathfrak{z}_u\) fini ; son dual \(D(\mathfrak{z}_u)\) est alors fini radiciel, et \(\varphi_0\) se factorise par le complété formel \(\widehat{A^{*}}\)72 . La donnée de \(\mathfrak{z}\) et de \(Z\) équivaut à celle d'un couple \((\tau, \Gamma)\) formé d'un sous-groupe radiciel \(\tau\) et d'un sous-groupe constant tordu \(\Gamma\) de \(A^{*}\), avec \(D(\mathfrak{z}) = \tau \times \Gamma \hookrightarrow A^{*}\).

43–43

Quels groupes \(\mathfrak{z}\), et un défaut de constructibilité (page 43)

NB. Pour \(k\) algébriquement clos, un groupe affine commutatif \(\mathfrak{z}\) intervient pour un \(G\) convenable si et seulement s'il se plonge centralement dans un groupe affine lisse connexe — ce qui, dit la page, est toujours possible, et même dans un groupe commutatif — et si \(D(\mathfrak{z})\) se plonge dans une variété abélienne duale. D'après la page, la seconde condition est toujours remplie en caractéristique nulle, et l'est en caractéristique \(p\) si et seulement si \(\mathfrak{z}_u\) est fini. Il faut ajouter, en caractéristique \(p\), que \(k\) ne soit pas une clôture algébrique d'un corps fini : sur \(\overline{\mathbb{F}}_p\), tout point d'une variété abélienne est de torsion, et \(\Gamma\) doit être fini, c'est-à-dire \(\mathfrak{z}_m\) fini73 .

NB. La formation de \(G_{\mathrm{aff}}\), pour un schéma en groupes lisse à fibres connexes sur une base \(S\), n'est pas « constructible » en général. Exemple de la page : \(G\) extension d'un schéma abélien \(A\) par \(\mathbb{G}_a\), non triviale au point générique \(y\), de caractéristique nulle, et triviale en une spécialisation \(s\) de caractéristique \(p\) ; alors \((G_y)_{\mathrm{aff}} = 1\) et \((G_s)_{\mathrm{aff}} \simeq \mathbb{G}_a\). Le phénomène est plus fort que l'exemple : par l'étude de la page 42, une extension de \(A\) par \(\mathbb{G}_a\) n'a jamais \(G_{\mathrm{aff}} = 1\) en caractéristique \(p\), puisque \(\mathfrak{z}_u = \mathbb{G}_a\) n'est pas fini. Sur une base dominant \(\operatorname{Spec}\mathbb{Z}\), le lieu où \(G_{\mathrm{aff}}\) est trivial est donc contenu dans la fibre de caractéristique nulle, qui n'est pas constructible. En caractéristique résiduelle fixée, la page affirme au contraire que la construction est constructible74 .

Reformulation. Il est « maladroit », dit la page, de se donner \(\mathfrak{z} \subset \mathrm{Cent}(L)\) et un monomorphisme \(D(\mathfrak{z}) \hookrightarrow A^{*}\) ; mieux vaut se donner \(L\), \(A\) et une extension de \(A\) par \(\mathrm{Cent}(L)\) tout entier, c'est-à-dire un homomorphisme \(D(\mathrm{Cent}\,L) \to A^{*}\) : en poussant l'extension \(Z\) le long de \(\mathfrak{z} \subset \mathrm{Cent}(L)\), on retrouve \(G = L \times^{\mathrm{Cent}(L)} Z'\) sans condition d'injectivité. La présentation précédente n'a d'avantage, conclut-il, que d'expliciter la donnée sans faire intervenir des choses « à la Cantor » trop « dégueulasses » — et la page s'arrête sur un tiret75 .

44–53

VII. Fourbis auxiliaires cohomologiques pour groupes formels (pages 44 à 53)

La page 44 est une chemise qui porte ce titre. Les pages 45 à 53 sont paginées par lui de 1 à 7 ; les pages 47 et 49, deux avis administratifs dactylographiés, ne sont pas de sa main. Malgré le titre, rien n'y est propre aux groupes formels : les groupes sont des faisceaux en groupes sur un topos \(X\), et la cohomologie celle du topos classifiant \(B_{\pi_0}\) au-dessus de \(X\) — pour des groupes abstraits, la cohomologie des groupes. On y traite en général le problème posé par la « Solution » de la page 35.

45–45

Le problème : deux modules croisés, un groupe (page 45)

Un module croisé \(\mathcal{C} = (N, M, d, \Theta)\) est un homomorphisme \(d \colon N \to M\) avec une action \(\Theta\) de \(M\) sur \(N\) telle que \(d\) soit équivariant pour l'action de \(M\) sur lui-même par conjugaison et que \(d(n)\) agisse sur \(N\) comme la conjugaison par \(n\). Son noyau \(\pi_1\) est central dans \(N\), son image est distinguée, et \(M\) agit sur \(\pi_1\) à travers \(\pi_0 = \operatorname{Coker} d\)76 .

Si \(G\) est un groupe et \(N\), \(N'\) deux sous-groupes distingués qui commutent entre eux, on obtient deux modules croisés, \[ \mathcal{C} = \bigl(N \to M = G/N'\bigr), \qquad \mathcal{C}' = \bigl(N' \to M' = G/N\bigr), \] les actions étant induites par la conjugaison ; ils ont les mêmes invariants, \(\pi_1 = N \cap N'\) et \(\pi_0 = G/NN'\), avec la même action de \(\pi_0\) sur \(\pi_1\)77 . Le problème de la page est l'inverse : étant donnés deux modules croisés \(\mathcal{C}\), \(\mathcal{C}'\) (données I et II) et des isomorphismes \(\pi_i(\mathcal{C}) \simeq \pi_i(\mathcal{C}')\) compatibles aux actions (donnée III), trouver \(G\).

Les données déterminent deux groupes : le sous-groupe \(H = NN'\) de \(G\) et le quotient \(K = G/\pi_1\), \[ H = (N \times N')/\pi_1, \qquad K = M \times_{\pi_0} M', \] \(\pi_1\) étant plongé antidiagonalement : un carré cocartésien et un carré cartésien, que la page dessine. Les lignes \((\alpha, \alpha') \cdot (\lambda, -\lambda) = (\alpha \cdot \lambda, -\alpha' \cdot \lambda)\) vérifient que l'action de \(K\) préserve l'antidiagonale, ce qui est la compatibilité III78 . Et \(H \to K\) est un nouveau module croisé, d'invariants \(\pi_0\), \(\pi_1\). Trouver \(G\), c'est trouver une extension de \(K\) par \(\pi_1\) contenant \(H\) de façon compatible. La page énonce : \[ \text{obstruction dans } H^{3}(B_{\pi_0}/X, \pi_1), \qquad \text{indétermination dans } H^{2}(B_{\pi_0}/X, \pi_1) = \mathrm{Extop}(\pi_0, \pi_1), \] c'est-à-dire : il existe une solution si et seulement si une classe de degré \(3\) s'annule, et les solutions forment alors un torseur sous le groupe des classes d'extensions de \(\pi_0\) par \(\pi_1\) avec l'action donnée79 .

La page isole ensuite les deux conditions qui intéressent la « Solution » : \(N'\) est central si et seulement si l'action \(\Theta'\) de \(M'\) sur \(N'\) est triviale, et \(N\) contient \(D(G)\) si et seulement si \(M' = G/N\) est commutatif. La première réduit \(\mathcal{C}'\) à un homomorphisme \(d' \colon N' \to M'\) de noyau central, avec \(N'\) commutatif et \(d'(N')\) central dans \(M'\), sans autre structure, et elle force l'action de \(\pi_0\) sur \(\pi_1\) à être triviale — condition à vérifier sur \(\mathcal{C}\). La seconde rend \(M'\), donc \(\pi_0\), commutatif80 .

46–46

Que \(N'\) soit exactement le centre (page 46)

Supposons \(N'\) central. L'image du centre de \(G\) dans \(M\) est contenue dans le sous-groupe \[ \mathfrak{Z} = \bigl[\mathrm{Cent}(K)/(N'/\pi_1)\bigr] \cap \operatorname{Ker}\bigl(\Theta \colon M \to \mathrm{Aut}(N)\bigr), \] qui ne dépend que des données, et l'on a \(N' \subset \mathrm{Cent}(G) \subset \overline{N'}\), où \(\overline{N'}\) est l'image inverse de \(\mathfrak{Z}\) dans \(G\). Pour \(g \in G\) et \(z \in \overline{N'}\), le commutateur \([g, z]\) tombe dans \(\pi_1\) ; il est additif en \(z\), additif en \(g\), nul pour \(g \in N'\) et pour \(g \in N\), puisque l'image de \(z\) agit trivialement sur \(N\). Il définit donc un accouplement \(\pi_0 \times \mathfrak{Z} \to \pi_1\), c'est-à-dire \[ \Psi_G \colon \mathfrak{Z} \longrightarrow \mathrm{Hom}(\pi_0, \pi_1), \] et \(\mathrm{Cent}(G)\) est exactement l'image inverse de \(\operatorname{Ker}\Psi_G\). D'où : \[ N' = \mathrm{Cent}(G) \iff \Psi_G \text{ est injectif.} \] La page passe par \(\varphi_G \colon \pi_0 \to \mathrm{Hom}(\mathfrak{Z}, \pi_1)\), le même accouplement curryfié de l'autre côté81 .

48–51

Changer de solution : l'accouplement \(c_E\) (pages 48 à 51)

Une autre solution \(G_1\) se déduit de \(G\) par une extension \(E\) de \(\pi_0\) par \(\pi_1\), ici centrale puisque l'action est triviale : \(G_1 = (G \times_{\pi_0} E)/\pi_1\). Le commutateur de deux relèvements dans \(E\) définit une forme alternée \[ c_E \colon \pi_0 \times \pi_0 \longrightarrow \pi_1, \] bilinéaire parce que \(\pi_0\) est commutatif, et nulle si et seulement si \(E\) est commutative82 . La page annonce, « au signe près », \[ \Psi_{G_1} = \Psi_G + \tilde{c}_E \circ \alpha, \] où \(\alpha \colon \mathfrak{Z} \to M \to \pi_0\) est la projection et \(\tilde{c}_E \colon \pi_0 \to \mathrm{Hom}(\pi_0, \pi_1)\) la curryfication de \(c_E\). C'est juste : dans \(G_1\), un commutateur est le produit des commutateurs dans \(G\) et dans \(E\)83 . Il faut donc choisir \(E\) de sorte que \(\Psi_G + \tilde{c}_E \alpha\) soit injectif.

Diviser la condition. Soit \(\mathfrak{Z}_0 = \operatorname{Ker}(\mathfrak{Z} \to \pi_0)\), l'ensemble des éléments de \(\mathfrak{Z}\) qui proviennent de \(H\). Sur \(\mathfrak{Z}_0\), le terme correctif s'annule, et \(\Psi_0 = \Psi_G|_{\mathfrak{Z}_0}\) ne dépend ni de \(G\) ni de \(E\) : il se calcule dans \(H\), sur lequel \(G\) agit à travers \(K\)84 . On obtient :

Les deux ensemble équivalent à l'injectivité de \(\Psi_{G_1}\). La phrase qui devait dire ce que c) impose à la classe de \(E\) reste inachevée86 .

51–53

Que \(N\) soit exactement le groupe dérivé (pages 51 à 53)

On veut maintenant \(N = D(G)\). D'abord a) \(N \supset D(G)\), c'est-à-dire \(M'\) commutatif, d'où \(\pi_0\) commutatif. Soit \(\mathcal{D} = (N_{\mathrm{ab}})_M\) le groupe des coïnvariants sous \(M\) de l'abélianisé de \(N\), et \(N_0\) le noyau de \(N \to \mathcal{D}\) ; tout quotient \(N/N_1\) sur lequel \(G\) agit trivialement est un quotient de \(\mathcal{D}\). Dans \(G/N_0\), extension centrale de \(M'\) par \(\mathcal{D}\), le commutateur de deux relèvements définit une forme bilinéaire alternée, qui s'annule dès qu'un des arguments est dans \(d'(N')\) puisque \(N'\) est central : \[ \lambda_G \colon \pi_0 \otimes \pi_0 \longrightarrow \mathcal{D}, \qquad N/D(G) \simeq \mathcal{D}/\lambda_G(\pi_0 \otimes \pi_0) . \] La condition cherchée est donc que \(\lambda_G\) soit surjectif87 . Quand on change \(G\) en \(G_1\) par l'extension \(E\), \[ \lambda_{G_1} = \lambda_G + \beta \circ c_E, \] où \(\beta \colon \pi_1 \to \mathcal{D}\) est le passage au quotient.

La page divise encore. Soit \(\mathcal{D}_0 = \operatorname{Coker}(\pi_1 \to \mathcal{D})\) et \(\lambda_0 \colon \pi_0 \otimes \pi_0 \to \mathcal{D}_0\) déduit de \(\lambda_G\) : il ne dépend pas de \(G\), puisqu'il se construit dans \(K = G/\pi_1\). Soit \(P = \operatorname{Ker}\lambda_0\) et \(\pi_{1*} = \operatorname{Im}(\pi_1 \to \mathcal{D})\) ; \(\lambda_G\) induit \(\overline{\lambda}_G \colon P \to \pi_{1*}\). Alors \(\lambda_G\) est surjectif si et seulement si

L'équivalence de \(N/\pi_1 = D(K)\) et de \(d(N) = D(M)\), que la page marque « vérifier », est exacte88 .

Le dossier s'arrête là. Ce qu'il a obtenu tient en peu de mots : une fois levée l'obstruction de la page 45, le groupe cherché est déterminé par le choix d'une extension centrale \(E\) de \(\pi_0\) par \(\pi_1\), et les deux conditions c) ne dépendent de \(E\) qu'à travers sa forme alternée \(c_E\), de façon affine. Pour des groupes abstraits, toute forme bilinéaire alternée \(\pi_0 \times \pi_0 \to \pi_1\) est la forme d'une extension centrale, et le problème devient un problème d'algèbre linéaire : trouver une forme alternée \(c\) qui rende \(\overline{\Psi}_G + \overline{\tilde{c}\alpha}\) injectif et \(\overline{\lambda}_G + p\,c\,i\) surjectif89 . Le dossier ne le résout pas, et ne revient pas aux groupes formels.

Notes

  1. Le titre de l'inventaire est « [Groupes de Witt et formes quadratiques, groupes formels] : notes manuscrites (s.d.), tirés à part (1974) ». Les crochets sont ceux des archivistes : les mots viennent vraisemblablement des deux premières chemises, pages 1 et 34, mais la réunion des deux est de leur fait. Aucune page ne relie les formes quadratiques aux groupes formels. ↩
  2. Ils ne sont pas de sa main et ne sont pas transcrits. Qu'ils soient le dos des pages 46 et 48 n'est pas établi : une pagination qui les saute s'accorde aussi bien avec des feuillets distincts rangés entre ses pages. Le fac-similé montre, au bord supérieur, un petit trou de même forme près du coin droit de la page 48 et près du coin gauche de la page 49, en positions symétriques ; cela s'accorde avec une seule feuille vue de ses deux côtés, mais aussi avec deux feuilles percées ensemble. Rien de tel ne relie les pages 46 et 47. Si la page 49 est le dos de la page 48, sa page 3 est écrite au dos d'un avis daté du 5 juin 1975 ; sinon, ces avis ne datent rien de ce qu'il a écrit. ↩
  3. La page 45 l'écrit aussi avec le « 3 » bouclé qu'on rend par \(\mathfrak{z}\) ; c'est un autre objet que le \(\mathfrak{z}\) des pages 41 à 43. ↩
  4. Le dernier mot est abrégé, « qu.dr.tiques », et lu « quadratiques ». ↩
  5. La page écrit \(L\) sans indice au sommet inférieur du carré ; on lit \(L_{\bullet}\), que le reste du carré demande. Une flèche courbe entre les deux \(L_{\bullet} \otimes L_{\bullet}\), marquée d'un \(\alpha\) douteux, est biffée. ↩
  6. C'est le schéma des obstructions d'associativité qu'on rencontre en cohomologie de Hochschild et de Mac Lane ; l'identification des groupes de la page est de nous. En tête du feuillet, deux relations isolées, \(q' + q'' + q''' = -1\) et \(q''' = q'q''\) (le signe central est surchargé), ne se rattachent à rien. ↩
  7. La page dessine les cinq sommets sans écrire l'égalité ; la flèche de droite, entre \((x \otimes y) \otimes (z \otimes t)\) et \(x \otimes (y \otimes (z \otimes t))\), porte deux pointes. S. Mac Lane, « Natural associativity and commutativity », 1963 ; la page ne le cite pas. ↩
  8. Hypothèse implicite de la page : elle identifie \(\mu_2\) à \(\mathbb{F}_2\) et utilise la suite de Kummer \(1 \to \mu_2 \to \mathbb{G}_m \xrightarrow{2} \mathbb{G}_m \to 1\). ↩
  9. Deux vérifications sont compatibles avec l'énoncé : pour \(L\) trivial, \(w_2(\langle 1, -1 \rangle) = 0 = c_1\) ; et sur les nombres complexes, la réduction de \(H(L)\) au groupe orthogonal compact est le fibré réel orienté sous-jacent à \(L\), dont la classe \(w_2\) est \(c_1 \bmod 2\). La page écrit \(\alpha\) pour \([-1]\). ↩
  10. « La théorie des classes de Chern », Bull. SMF 86 (1958) : sur le fibré projectif d'un fibré de rang \(r\), la classe tautologique \(\xi\) vérifie \(\sum_{i} (-1)^{i} c_i \xi^{r-i} = 0\), et cette relation définit les \(c_i\). Le rapprochement est de nous. ↩
  11. La page n'écrit que le terme \(E_2\), les indices \(p\) et \(q\) en surcharge sur un \(B\) et un \(A\) ; l'aboutissement est ajouté ici. C'est la suite de Cartan et Eilenberg (Homological Algebra, 1956). Quelques lignes non mathématiques au pied du feuillet ne sont pas transcrites. ↩
  12. Pour un anneau commutatif, M. Knebusch introduit les « Grothendieck- und Wittringe » en 1969-1970 ; pour un schéma, la définition moderne (Knebusch, 1977, puis Walter et Schlichting) ajoute les relations issues des sous-modules lagrangiens, que la définition de la page ne contient pas. Hors du cas affine, les deux groupes peuvent différer ; voir la note sur la page 6. ↩
  13. La page ne dit pas comment le produit est défini quand \(2\) n'est pas inversible. Il l'est : sur \(M_1 \otimes M_2\), il existe une unique forme quadratique de forme polaire \(b_1 \otimes b_2\) qui vaut \(2\,q_1(x)\,q_2(y)\) sur \(x \otimes y\), et elle est strictement non dégénérée avec \(b_1\) et \(b_2\). La vérification est de nous. La page ne dit pas non plus comment les \(\lambda^{i}\) sont définies sur les modules quadratiques ; quand \(2\) est inversible, ce sont les puissances extérieures, avec la forme bilinéaire \(\det\bigl(b(x_i, y_j)\bigr)\). ↩
  14. La page dit « \(2\) non inversible dans \(\mathcal{O}_S\) » ; l'argument demande un point de caractéristique résiduelle \(2\), ce qui revient au même pour un topos ayant assez de points. ↩
  15. La page arrête les arguments de \(P_i\) à \(\lambda^{i-1}\) ; les polynômes universels font intervenir \(\lambda^{i}\), comme le montre déjà \(P_2 = x^{2}\lambda^{2}y + y^{2}\lambda^{2}x - 2\lambda^{2}x\,\lambda^{2}y\). On corrige. ↩
  16. Le « topos classifiant » s'entend ici comme celui qui classifie les modules quadratiques de rang donné ; la page ne précise pas au-dessus de quelle base. Sur le sort de la question : on sait aujourd'hui — nous le citons de mémoire — que la réponse est positive pour un corps de caractéristique différente de \(2\) (S. McGarraghy) et, plus généralement, pour les schémas sur un tel corps (M. Zibrowius, 2015), par une réduction aux représentations des groupes orthogonaux proche de celle que la page propose. ↩
  17. Contre-exemple de nous. Le rang et la classe du module sous-jacent définissent un homomorphisme \(WG(S) \to K_s(S)\), qui envoie \(H(E)\) sur \([E] + [\check{E}]\). Sur une courbe elliptique \(X\), soit \(F_2\) l'extension non scindée de \(\mathcal{O}_X\) par \(\mathcal{O}_X\) (Atiyah, 1957) ; elle est autoduale et indécomposable, et comme les fibrés sur une variété complète vérifient le théorème de Krull–Schmidt (Atiyah, 1956), \(K_s(X)\) est libre sur les classes d'indécomposables. Donc \([F_2] + [\check{F}_2] = 2[F_2] \neq 4[\mathcal{O}_X]\), et \(H(F_2) \neq 2H(\mathcal{O}_X)\) dans \(WG(X)\). La définition moderne du groupe de Grothendieck–Witt impose précisément cette relation. ↩
  18. Démonstration de nous ; pour \(2\) inversible on prend \(\beta = b/2\) et l'on retrouve l'argument de la page 6. L'existence de \(\beta\) est une condition suffisante, dont nous ne montrons pas qu'elle est nécessaire : l'affirmation de la page sur \(B_{O(n)}\), qui ne peut porter que sur une base où \(2\) n'est pas inversible, reste la sienne, sans démonstration. ↩
  19. Le théorème de simplification de Witt vaut pour les formes quadratiques non singulières sur un corps de toute caractéristique. La page l'écrit « si on dispose d'un “th. de Witt” — ce qui est toujours le cas si \(S\) est le spectre d'un corps », « toujours » et « corps » étant des lectures douteuses. ↩
  20. La page écrit \(\alpha(K(S))\) ; il s'agit de \(\alpha(K_s(S))\). ↩
  21. Réponse de nous. ↩
  22. La seconde hypothèse est ajoutée dans la marge ; « structural » et « ét. » sont des lectures douteuses. Leur rôle, que la page ne dit pas : sur un anneau local strictement hensélien où \(2\) est inversible, toute unité est un carré, de sorte que tout module quadratique non dégénéré de rang \(n\) est localement isomorphe à la forme unité \(\langle 1, \dots, 1 \rangle\). Les modules de rang \(n\) sont alors les torseurs sous \(O(n)\), et ceux de rang \(1\) les torseurs sous \(\mu_2 = \mathbb{Z}/2\). ↩
  23. La page annonce b) comme une « normalisation » sans écrire la valeur ; celle-ci est la seule possible. L'unicité repose sur un principe de scindage, que la page invoque plus bas sous le nom d'« arguments habituels de splitting », et l'existence sur la cohomologie des \(B_{O(n)}\) ; ni l'une ni l'autre n'est établie ici. Sur un corps, ces classes sont celles de A. Delzant (1962) ; J. Milnor s'en sert en 1970. ↩
  24. Le rapprochement avec la page 3 est de nous. La note barrée en marge commence par « \(w(\alpha(E)) = \) ». ↩
  25. Le rapprochement avec le dossier 2 est de nous. La page écrit \(H^{0}(S, \mathbb{Z}) \times (1 + \hat{H}^{*+}(S, \mathbb{F}_2))\). ↩
  26. Cette lecture ne les résume pas. ↩
  27. Calcul de nous. La raison est que \(E \times E \smallsetminus \Delta = \mathrm{Mon}(I_2, E)\), dont le quotient par \(\mathfrak{S}_2\) est \(\mathfrak{P}_2(E)\), n'est pas en général \(2\,\mathfrak{P}_2(E)\) : le passage au quotient oublie l'action des permutations. ↩
  28. Le rang de l'anneau de Burnside est le nombre de classes de conjugaison de sous-groupes, celui de \(R_{\mathbb{Q}}(G)\) le nombre de classes de sous-groupes cycliques, et l'application devient surjective après tensorisation par \(\mathbb{Q}\) (théorème d'induction d'Artin). Elle est donc injective exactement quand tout sous-groupe est cyclique, c'est-à-dire quand \(G\) est cyclique. L'indice du dernier \(R\) est douteux. ↩
  29. La page écrit le produit contracté \((E \times F) \wedge^{\mathfrak{S}_m \times \mathfrak{S}_n} \mathfrak{S}_{m+n}\). La commutativité, que la page ne mentionne pas, vient de la conjugaison par la permutation qui échange les deux blocs. ↩
  30. Cette dernière étape est de nous. ↩
  31. La lecture \({}^{H}\!E\), les invariants sous \(H\), est incertaine. Les points fixes, comme les orbites, respectent les réunions disjointes et définissent des applications additives ; avec les orbites et \(H = \mathfrak{S}_n\), on retrouverait \(\mathrm{Mon}(I_n, E)/\mathfrak{S}_n = \mathfrak{P}_n(E)\), le \(\lambda^{n}\) de la page 18, alors qu'avec les points fixes \(q_{\mathfrak{S}_n}\tau^{n}\) est nul pour \(n \geqslant 2\). Les points fixes sont en revanche ceux qui définissent les « marques » de Burnside. ↩
  32. Les opérations de puissance sont celles d'Atiyah en \(K\)-théorie (« Power operations in \(K\)-theory », 1966), après la norme d'Evens (1963) en cohomologie des groupes ; pour les anneaux de Burnside, elles sont étudiées par tom Dieck (1979) et, sous le nom de transfert multiplicatif, par Tambara (1993). La page ne cite personne. ↩
  33. Elle est de nous. La page 22 écrit une somme indexée par les types \(\alpha\), \(\sum_\alpha \varphi_{\nu(\alpha), \mu(\alpha)}\bigl( \tau^{\mu(\alpha)}(x)\bigr)\) avec \(\nu(\alpha) = n\) et \(\mu(\alpha) = m\) ; c'est la bonne indexation, mais l'opération \(\varphi\) doit dépendre du type et non des seuls \(n\) et \(m\). ↩
  34. Lecture douteuse, mais l'énoncé est juste : \(\mathcal{H}\) est une sous-catégorie pleine du topos des foncteurs \(\mathcal{E} \to (\mathrm{Ens})\), stable par limites finies, sommes finies et quotients par les relations d'équivalence, qui s'y calculent point par point. ↩
  35. Le rapprochement est de nous. La fonctorialité tient à ce qu'une injection \(E \to E'\) ne change pas la partition de \(J\) par les fibres d'une application \(J \to E\). ↩
  36. La page dit « des sommandes directs (pour \(I\) de cardinal assez grand) de foncteurs de la forme \(H_I\) ». Un seul \(H_I\) ne suffit pas : \(h_{I}\) apparaît dans \(H_N\) avec pour multiplicité le nombre de Stirling \(S(\mathrm{card}\,N, \mathrm{card}\,I)\), qui vaut \(1\) si \(\mathrm{card}\,I = 1\), de sorte que \(2h_{\{1\}}\) n'est facteur direct d'aucun \(H_N\). On corrige en « sommes finies de ». ↩
  37. \(h_I \times h_J \simeq \coprod h_K\), sur les classes d'isomorphie de couples d'injections \(I \to K\), \(J \to K\) conjointement surjectives ; un égalisateur de deux flèches \(h_I \rightrightarrows h_J\) est \(h_I\) ou vide. Ces vérifications sont de nous. ↩
  38. Les deux noms ne sont pas ceux de la page, qui ne cite ni Joyal ni Church, Ellenberg et Farb : les espèces de structures sont de 1981, les FI-modules de 2015. L'identification est de nous. ↩
  39. Le rapprochement est de nous. ↩
  40. Le rapprochement est de nous. Les anneaux de composition sont de Tall et Wraith (1970), le nom de « pléthorie » de Borger et Wieland (2005) ; la page ne cite ni les uns ni les autres. ↩
  41. La page écrit \(\tau^{n}\) et \(\tau^{*}\), et \(\widetilde{\otimes}^{n}\) pour la puissance tensorielle, lecture proposée. On écrit \(T^{n}\) parce que c'est l'analogue linéaire du \(T^{n}\) de la page 21 : l'algèbre de \(E^{I_n}\) est la puissance tensorielle \(n\)-ième de l'algèbre de \(E\). ↩
  42. Le dossier 2 est daté par l'inventaire de 1957 ; rien ici ne le cite. ↩
  43. La page note ce polynôme \(\Sigma_{\alpha_1, \dots, \alpha_n}\) ; sa phrase s'interrompt au bas de la page 27 sur « en », et la page 28 ne la reprend pas. On la complète. ↩
  44. Vérifications de nous. ↩
  45. Réponse de nous. H. Weyl, The Classical Groups, 1939. ↩
  46. La page écrit \(S^{n}\) pour l'opération d'Adams. Elle ne cite pas Atiyah. ↩
  47. Contre-exemple de nous. Au-dessus de \(\mathbb{Q}\), les représentations de \(\mathfrak{S}_n\) sont définies sur \(\mathbb{Q}\) et \(K(B_{\mathfrak{S}_n X}) = K(X) \otimes R_{\mathbb{Q}}(\mathfrak{S}_n)\), où les \(\rho^{\alpha}\) forment une base. ↩
  48. Réponse de nous. La page indexe la somme par « \(i \in \mathbf{Z}\) » ; on lit \(i \geqslant 0\). ↩
  49. La page écrit « \(N' = N\) ou \(N - 1\) », le signe étant surchargé ; \(N - 1\) est ce que demande le trait de noir. ↩
  50. La page appelle \(Q\) le « nombre de prisonniers noirs » ; l'égalité \(N = P + Q\) impose qu'il s'agisse des pierres noires prises par blanc, et non des pierres que noir a prises. ↩
  51. Hypothèses implicites, rendues explicites ici. Un seki est une position où des groupes des deux couleurs vivent ensemble sans territoire ; ses libertés communes ne sont à personne. ↩
  52. La page écrit « \(\nu^{2} - D' = 2(P' + T') + \varepsilon\) » ; c'est \(\nu^{2} + D'\), ou \(\nu^{2} - D\), qui vaut \(2(P' + T') + \varepsilon\). La formule encadrée, elle, est juste. ↩
  53. Le rapprochement avec les règles actuelles est de nous. Les règles de l'AGA (1991) imposent, par des « pierres de passe », que blanc joue le dernier, pour que les deux décomptes coïncident — nous le citons de mémoire. ↩
  54. La page ne parle pas de komi. « Inattaquables » est une lecture douteuse, et une ligne sur les prisonniers virtuels est en partie illisible. ↩
  55. Dans cette formulation, la reprise d'un ko est elle-même un remplissage de trou ; ce que la règle du ko ajoute est l'interdiction de reprendre aussitôt. La page n'en dit pas plus. ↩
  56. Le mot « isolées » est une lecture douteuse. Le nom de faux œil est de nous. ↩
  57. Vérification de nous. L'obligation de jouer forcerait en fait le joueur qui s'épuise à jouer dans le territoire adverse, là où une pierre a des libertés ; la page ne tient pas compte de ces coups. Un passage barré affirmait que, blanc jouant le dernier, tous ses groupes ont exactement deux yeux. ↩
  58. On s'en tient ici à ce que la transcription donne comme lisible, et l'on présente les énoncés comme les siens, sans les démontrer. ↩
  59. Hypothèses supposées par nous. Les groupes de Barsotti–Tate sont, sous l'angle galoisien, l'objet du dossier 161-5 (pages 22 et 23). Nous lisons « a-torique » comme « sans partie torique », c'est-à-dire sans partie de type multiplicatif ; la page ne le définit pas. ↩
  60. « un produit direct » est une lecture douteuse. ↩
  61. On ne les reconstruit pas : la transcription y compte plus de mots illisibles que de mots lus. ↩
  62. La page nomme \(L_0 = G/\mathfrak{Z}(G)\) et \(D_0 = G/D(G)\) et dessine les flèches \(L_1 \to L_0\) et \(D_1 \to D_0\), avec \(\theta \colon D_0 \to \mathrm{Aut}\,D_1\). C'est incohérent : \(\mathrm{Cent}(G) \to G/\mathrm{Cent}(G)\) est trivial, et seule l'association \(\mathrm{Cent}(G) \to G/D(G)\), \(D(G) \to G/\mathrm{Cent}(G)\) donne pour noyau \(\Pi_1\) et pour conoyau \(\Pi_0\) ; c'est aussi celle que dessinent les deux arcs de la page 36, qui joignent \(L_1\) à \(D_0\) et \(D_1\) à \(L_0\). On évite ici les lettres \(L_0\), \(D_0\). ↩
  63. Une note en marge identifie une image à \(\widehat{H}\), complété formel d'un groupe algébrique \(H\) « canonique » : c'est la situation du brouillon de la page 38. ↩
  64. Le rapprochement avec les pages 45 à 53 est de nous ; il s'appuie sur l'identité des notations (\(\varphi_G\), le diagramme en losange, \(H^{3}\) et \(H^{2}\)). ↩
  65. La phrase « ce qui exprime que \(L_0 \hookrightarrow \mathrm{Cent}\,G\) est iso » est une lecture douteuse. La page conclut encore : « En fait, on doit avoir \(G\) unipotent, comme \(D_0 \simeq G/(G,G)\), \(\mathrm{Cent}(D_0)\) unipotent » ; nous ne savons pas la justifier et la rapportons telle quelle. ↩
  66. Exemple de nous. La page ne dit pas quelle extension elle considère. ↩
  67. On suppose désormais \(k\) parfait, ce que la décomposition \(\mathfrak{z} = \mathfrak{z}_u \times \mathfrak{z}_m\) de la page 42 demande aussi. La page écrit « schéma abélien ». ↩
  68. Ce sont des théorèmes de Rosenlicht (1956) ; \(Z\) est ce qu'on appelle aujourd'hui le sous-groupe anti-affine de \(G\), étudié par M. Brion (2009). ↩
  69. La page note ce \(L\) avec un astérisque, \(L^{*}\) ; la reformulation n'en demande pas. ↩
  70. La page écrit \(\mathrm{Pic}_{A/k}\). C'est \(\mathrm{Pic}^{0}\) : pour \(\mathfrak{z} = \mathbb{G}_m\), le fibré des éléments non nuls d'un fibré en droites porte une loi de groupe au-dessus de celle de \(A\) si et seulement s'il est algébriquement équivalent à zéro (Weil, Barsotti) ; voir le dossier 50, page 2. Pour la partie infinitésimale de \(D(\mathfrak{z})\), la page 42 note elle-même que les homomorphismes se factorisent par \(\mathrm{Pic}^{0}\). La commutativité des extensions centrales est de nous. ↩
  71. La page écrit \(\varphi_0 \colon t \to t_{\mathrm{Pic}_{A/k}}\). Le dual de Cartier de \(W(t)\) est le groupe formel de \(t^{\vee}\), et \(\mathrm{Ext}^{1}(A, W(t)) = t \otimes H^{1}(A, \mathcal{O}_A) = \mathrm{Hom}(t^{\vee}, H^{1}(A, \mathcal{O}_A))\) : c'est \(t^{\vee}\) qui se plonge. ↩
  72. L'énoncé « bien connu » est cohérent avec le théorème de Brion (2009) selon lequel, en caractéristique \(p\), les groupes anti-affines sont des variétés semi-abéliennes ; nous le citons de mémoire. ↩
  73. La restriction est de nous ; elle vient de la correction \(\mathrm{Pic}^{0}\) de la page 41. Elle s'accorde avec ce que nous croyons être une remarque de Brion : sur \(\overline{\mathbb{F}}_p\), les groupes anti-affines sont des variétés abéliennes. Une note entourée, sous le 2°, souligne que ce fait « distingue ici les caractéristiques » ; sa lecture est douteuse. ↩
  74. Le renforcement est de nous. La page écrit « groupe affine lisse à fibres connexes », ce que l'exemple, qui n'est pas affine, contredit ; nous lisons « groupe lisse à fibres connexes ». ↩
  75. « Cantor » est une lecture douteuse. Il vise sans doute les sous-groupes arbitraires de type fini d'un groupe de points comme \(A^{*}(k)\), qu'aucune condition naturelle ne décrit. ↩
  76. La notion est de J. H. C. Whitehead (1949) ; la classification des modules croisés par \((\pi_0, \pi_1)\) et une classe de \(H^{3}(\pi_0, \pi_1)\) est de Mac Lane et Whitehead (1950). Sous le nom de Gr-catégories, c'est l'objet de la thèse de Hoàng Xuân Sính (1975), préparée sous la direction de Grothendieck ; voir le dossier 135. La page ne nomme ni les modules croisés ni ces travaux. ↩
  77. L'hypothèse que \(N\) et \(N'\) commutent est ajoutée ici : sans elle, \(G/N'\) n'agit pas sur \(N\). Elle est remplie dans le cas qui intéresse la suite, où \(N' = \mathrm{Cent}(G)\). ↩
  78. La page note \(K = G/\mathfrak{z}\), le « 3 » bouclé désignant ici \(N \cap N' = \pi_1\). ↩
  79. La page l'énonce sans démonstration. C'est la forme de la théorie d'Eilenberg et Mac Lane (1947) des extensions à noyau non abélien, obstruction dans \(H^{3}\) et torseur sous \(H^{2}\), et la classe d'obstruction est l'invariant de Mac Lane–Whitehead du module croisé \(H \to K\) : cette identification est de nous. Le dossier 135 (pages 7 à 10) retrouve l'obstruction de Mac Lane par les 2-gerbes relatives sur \(B_G\) au-dessus de \(S\), dans la même notation. ↩
  80. En marge de la page, quelques lignes en allemand, écrites verticalement, sans rapport apparent avec la page ; non transcrites. ↩
  81. Les vérifications d'additivité et de nullité sont de nous ; la page les résume par « est triviale sur \(N'\) et sur \(\mathfrak{Z}\) ». En marge, une définition antérieure, \(\mathfrak{Z} = \operatorname{Ker}\Theta \cap \mathrm{Cent}\,M\), est biffée. ↩
  82. En marge : « on suppose \(\pi_0\) commutatif ici. Que dire sinon ? ». Dans le problème qui intéresse la « Solution », la condition \(N \supset D(G)\) le rend commutatif : la question ne s'y pose pas. ↩
  83. Le « on doit trouver » de la page est vérifié par nous. Le signe dépend du côté où l'on curryfie, ce que la page note (« d'un signe ! »). Un \(\beta\) biffé, qui envoyait \(\mathrm{Hom}(\pi_0, \pi_1)\) dans \(\mathrm{Hom}(\pi_0, N')\), est abandonné par la page elle-même. ↩
  84. Une première tentative, par une application \(\varphi_0 \colon \mathfrak{Z} \to \mathrm{Hom}(\pi_0, N'/\pi_1)\), est annulée de deux traits au bas de la page 48 et en tête de la page 50 ; elle ne pouvait aboutir, \(\Psi_G\) étant à valeurs dans \(\mathrm{Hom}(\pi_0, \pi_1)\). Une addition en marge identifie \(\mathfrak{Z}_0\) à \(\mathrm{Cent}(N)/\pi_1 \cap \mathrm{Cent}(M)\), avec une lecture douteuse. ↩
  85. La page écrit « \(N'\) est égal au centre de \(H\), \(N' = \mathrm{Cent}(H)\) », avec un point d'interrogation en marge. Le noyau de \(\Psi_0\) est \((H \cap \mathrm{Cent}\,G)/N'\) ; comme \(\mathrm{Cent}(H)\) contient \(H \cap \mathrm{Cent}(G)\), l'égalité \(N' = \mathrm{Cent}(H)\) entraîne b), mais la réciproque n'a pas de raison d'être vraie. On corrige. ↩
  86. Elle s'arrête sur « Cette condition sur \(G_1\) i.e. sur \(E_G \in \operatorname{Ob}\mathrm{Extop}(\pi_0, \pi_1)\) », avec « (condition ?) » en marge. ↩
  87. La page écrit « si \(\bar{x}\) ou \(\bar{y} \in d'(N')\) » ; ce sont \(x\) et \(y\), non leurs relèvements, qui doivent être dans \(d'(N')\). L'isomorphisme \(N/D(G) \simeq \mathcal{D}/\lambda_G(\pi_0 \otimes \pi_0)\) vient de ce que \(D(G)/N_0\) est le groupe dérivé de \(G/N_0\), engendré par ces commutateurs. ↩
  88. Vérification de nous : \(d(N) = NN'/N'\) et \(D(M) = D(G)N'/N'\) ; si \(NN' = D(G)N'\), alors, \(D(G)\) étant contenu dans \(N\), la loi modulaire donne \(N = D(G)(N \cap N') = D(G)\,\pi_1\), qui est \(N/\pi_1 = D(K)\). La réciproque est immédiate. De même, b) et c) ensemble équivalent à la surjectivité de \(\lambda_G\). ↩
  89. Cette mise en forme, et la surjectivité de \(H^{2}(\pi_0, \pi_1) \to \mathrm{Alt}(\pi_0, \pi_1)\) pour des groupes abéliens abstraits, sont de nous. Pour des groupes formels ou des faisceaux, la surjectivité demande une vérification que le dossier ne fait pas. ↩