Cote n° 132 · pages 1–31 · Lecture modernisée · Plongements dans surfaces (Ladegaillerie) : notes manuscrites (s.d.), tirés à part (1974) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : 1974
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre

Résumé

Ces feuillets cherchent à décrire des surfaces — et les façons de dessiner un réseau de fils sur une surface — par des objets purement algébriques, assez fidèles pour qu'on puisse y lire leurs symétries.

Le point de départ est une idée qui traverse toute l'œuvre de Grothendieck : un espace, vu « à homotopie près en dimension 1 », n'est rien d'autre qu'un groupoïde, c'est-à-dire l'ensemble de ses points et de ses chemins à déformation près. Pour une surface à bord — une sphère percée de trous, un tore troué —, ce groupoïde est très simple : un groupe libre, et dans ce groupe, un lacet distingué pour chaque trou, qui fait le tour du bord. Le dossier montre que cette donnée algébrique (un groupe et ses lacets de bord) suffit à calculer un groupe qu'il appelle groupe de Teichmüller « à trous », et qui est, on le sait aujourd'hui, le groupe des symétries de la surface à déformation près. Il trouve même deux versions de ce groupe, selon qu'on autorise ou non les bords à tourner sur eux-mêmes, et une suite exacte qui les relie : la différence, ce sont les « tours de vis » qu'on peut donner à chaque bord, un entier par trou. Les seules exceptions sont le disque et le cylindre, qui ont trop de symétries continues pour se laisser décrire ainsi, et le dossier les calcule à part.

Pourquoi cela intéresse-t-il quelqu'un qui étudie des réseaux tracés sur une surface ? Parce qu'un graphe dessiné sur une surface en a un voisinage — un ruban épaissi, lui-même une surface à bord — et que la surface entière s'en déduit en recollant, le long des bords, ce qui reste. Classer les dessins revient alors à classer des recollements, et compter les symétries d'un dessin revient à combiner les symétries du ruban et celles des morceaux complémentaires. C'était le sujet des deux Notes aux Comptes rendus que Yves Ladegaillerie, à Montpellier, publiait en 1974 et dont les tirés à part ferment le dossier ; la page 18, la seule à le nommer, esquisse le programme qui en découle et dit que le calcul du genre et du nombre de trous des morceaux « est donné par Yves ».

Autour de ce noyau, deux études plus générales. La première (pages 1 à 3) compare, pour un produit fibré d'espaces, le groupoïde du produit et le produit des groupoïdes, et mesure exactement l'écart : il est nul dès que les espaces n'ont pas de topologie au-delà de la dimension 1. La seconde (pages 13 à 23) est une petite théorie des extensions d'un groupe topologique par un groupe discret : comment connaître les composantes connexes d'un groupe à partir de son quotient, de son revêtement universel et d'une donnée finie, et comment cette description se comporte quand on change de base. C'est la question qu'on rencontre dès qu'on veut calculer le groupe des composantes d'un groupe d'homéomorphismes, qui est précisément un groupe de Teichmüller ; les pages ne font pas ce lien explicitement, mais elles posent les outils qu'il demande.

Le dossier n'est pas un texte achevé : trois chantiers, ouverts côte à côte, dont le premier seulement va au bout. On y voit une manière de travailler — remplacer un objet géométrique par la plus petite structure algébrique qui le retient, puis vérifier, cas par cas, ce que cette structure oublie ; ici, ce qu'elle oublie se réduit à deux surfaces, le disque et le cylindre.

Les noms d'aujourd'hui : groupoïde fondamental, produit fibré homotopique, groupe des classes d'applications (groupe modulaire) d'une surface à bord, théorème de Dehn–Nielsen–Baer, twists de Dehn le long du bord, graphes rubanés, revêtement universel d'un groupe topologique non connexe, cohomologie non abélienne des extensions.

Keywords — fundamental groupoid, homotopy pullback, groupoid pullback, Mayer-Vietoris sequence, surface with boundary, peripheral structure, mapping class group, Dehn-Nielsen-Baer theorem, boundary Dehn twist, ribbon graph, embeddings of graphs in surfaces, extension of topological groups, universal covering group, Taylor obstruction, non-abelian group extension, band (lien)

1–31

Le fil du dossier, et les conventions

Les stations

Le dossier compte trente et une pages : vingt de sa main, quatre blanches (4, 9, 12, 24), et sept pages imprimées (25 à 31), les tirés à part qui donnent au dossier son titre. Les pages manuscrites ne sont pas datées ; la date de l'inventaire, 1974, est celle des tirés à part.1 Il n'y a pas un argument suivi, mais trois chantiers et un dépôt :

Ce que les trois chantiers ont en commun : chacun remplace un objet topologique par sa donnée homotopique en basse dimension (un groupoïde, un groupe et ses lacets, un groupe discret de composantes) et cherche ce que ce remplacement perd.

Les conventions

Les trois chantiers emploient les mêmes lettres pour des choses différentes ; on les sépare ainsi.

Pages 1 à 3. \(f : X \to S\), \(g : Y \to S\), \(Z = X \times_S Y\) ; \(\Gamma = \pi_1(X, x_0)\), \(\Delta = \pi_1(Y, y_0)\), \(\Sigma = \pi_1(S, s_0)\), et \(f_* : \Gamma \to \Sigma\), \(g_* : \Delta \to \Sigma\) les morphismes induits.3 \(\Pi_1(X)\) est le groupoïde fondamental, \(\mathrm{B}\Gamma\) le groupoïde à un objet de groupe \(\Gamma\).4

Pages 5 à 11 et 18. \(G\) est le groupe fondamental d'une surface à bord, \((\ell_i)_{i \in I}\) ses lacets de bord, \(\varphi : \mathcal{D} \to \mathcal{C}\) le foncteur « bord » ; \(T\) et \(TS\) ses deux groupes de Teichmüller ; \(\mathfrak{S}_I\) le groupe symétrique.

Pages 13 à 23. \(1 \to N \to G \to H \to 1\) est une extension de groupes topologiques ; \(\pi\), \(\widetilde{H}\), \(\widetilde{H}_0\), \(\mathfrak{G}\) sont les données du paragraphe (A) ; \(\mathfrak{z}(N)\) est le centre de \(N\) ; \(\varphi\) est l'homomorphisme \(\pi \to \mathfrak{z}(N)\) qui classe l'extension. Pour \(K\) un groupe topologique, \(K^0\) est la composante neutre.

Hypothèses générales du troisième chantier. Les pages ne les disent pas ; elles sont nécessaires à presque chaque phrase. Les groupes topologiques sont supposés localement connexes par arcs et semi-localement simplement connexes — les groupes de Lie le sont —, et les projections \(K \to K/L\) sur un quotient par un sous-groupe fermé distingué sont des fibrations de Serre ; \(\pi_0\) désigne les composantes connexes par arcs.5

Ce que le dossier annonce et n'établit pas

1–2

Produit fibré d'espaces et produit fibré de groupoïdes (pages 1 à 3)

L'énoncé

Soient \(f : X \to S\) et \(g : Y \to S\) deux applications continues, et \(Z = X \times_S Y\). Les deux projections et la commutativité du carré donnent un foncteur \[ \theta : \Pi_1(Z) \longrightarrow \Pi_1(X) \overset{2}{\times}_{\Pi_1(S)} \Pi_1(Y) \] vers le produit fibré 2-catégorique des groupoïdes : ses objets sont les triplets \((x, y, \sigma)\) avec \(\sigma\) une flèche de \(f(x)\) vers \(g(y)\) dans \(\Pi_1(S)\), ses flèches les couples de flèches compatibles avec les \(\sigma\).6

Proposition (page 1). Si \(f\) est une fibration de Serre, \(\theta\) est essentiellement surjectif et plein : il induit une bijection sur les \(\pi_0\) et, en chaque point, une surjection sur les groupes fondamentaux.

On peut supposer \(X\), \(Y\), \(S\) connexes par arcs et non vides : chaque composante connexe par arcs de \(X\) se projette par une fibration de Serre sur une composante de \(S\), puisqu'un chemin de \(S\) se relève dès que son origine est atteinte.7 Choisissons \(y_0 \in Y\), \(s_0 = g(y_0)\), \(x_0 \in X\) au-dessus de \(s_0\), et posons \(\Gamma\), \(\Delta\), \(\Sigma\) comme dans les conventions.

Le modèle algébrique

À équivalence près, le produit fibré des groupoïdes est \(P = \mathrm{B}\Gamma \overset{2}{\times}_{\mathrm{B}\Sigma} \mathrm{B}\Delta\), qui se décrit explicitement : ses objets sont les éléments \(\sigma \in \Sigma\), et une flèche \(\sigma \to \sigma'\) est un couple \((a, b) \in \Gamma \times \Delta\) tel que \[ \sigma' = g_*(b)\, \sigma\, f_*(a)^{-1} . \] Autrement dit, \(\Gamma \times \Delta\) opère sur l'ensemble \(\Sigma\) par \((a, b) \cdot \sigma = g_*(b)\, \sigma\, f_*(a)^{-1}\), et \(P\) est le groupoïde de cette action. Ses classes d'isomorphie sont donc les doubles classes \(g_*(\Delta) \backslash \Sigma / f_*(\Gamma)\), et le groupe d'automorphismes de \(\sigma\) est son stabilisateur dans \(\Gamma \times \Delta\).8

Les composantes

La projection \(Z \to Y\) est une fibration de Serre (image inverse de \(f\)), de fibre \(F = f^{-1}(s_0)\). Sa suite exacte d'homotopie donne \(\pi_0(Z) = \pi_0(F) / \pi_1(Y)\), l'ensemble des orbites de l'action de \(\pi_1(Y)\) sur \(\pi_0(F)\) (puisque \(Y\) est connexe par arcs).9 De même, la fibration \(F \subset X \to S\) donne \(\pi_0(F) \simeq \Sigma / f_*(\Gamma)\). D'où \[ \pi_0(Z) \simeq \Delta \backslash \Sigma / \Gamma , \] qui est l'ensemble des classes de \(P\) : \(\theta\) est bijectif sur les \(\pi_0\).10

3–3

Les groupes fondamentaux : l'écart exact

Le groupoïde \(\Phi\) des objets \(\sigma \in \Sigma\), avec pour flèches \(\sigma \to \sigma'\) les \(a \in \Gamma\) tels que \(\sigma = \sigma' f_*(a)\), est la fibre homotopique de \(\mathrm{B}\Gamma \to \mathrm{B}\Sigma\) : son \(\pi_0\) est \(\Sigma / \Gamma\) et tous ses groupes d'automorphismes sont isomorphes à \(\operatorname{Ker} f_*\). Le foncteur \(\Pi_1(F) \to \Phi\) est bijectif sur les \(\pi_0\) et surjectif sur les \(\pi_1\), de noyau l'image de \(\pi_2(S)\) dans \(\pi_1(F)\), c'est-à-dire \(\operatorname{Coker}(\pi_2(X) \to \pi_2(S))\) : c'est la suite exacte d'homotopie de \(F \subset X \to S\).

Au point \(\sigma = 1\), le groupe d'automorphismes de \(P\) est \[ \pi_1(P, 1) = \{ (a, b) \in \Gamma \times \Delta \mid f_*(a) = g_*(b) \} , \] extension de \(g_*^{-1}(f_*\Gamma)\) par \(\operatorname{Ker} f_*\). Le groupe \(\pi_1(Z, z_0)\), \(z_0 = (x_0, y_0)\), est extension du même groupe \(g_*^{-1}(f_*\Gamma)\) — l'image de \(\pi_1(Z) \to \pi_1(Y)\) — par \(\operatorname{Coker}(\pi_2(Y) \to \pi_1(F))\). En comparant les deux :

Proposition (page 3). Le morphisme \(\pi_1(Z, z_0) \to \pi_1(P, 1)\) est surjectif, de noyau \[ \operatorname{Coker}\bigl(\pi_2(X, x_0) \times \pi_2(Y, y_0) \longrightarrow \pi_2(S, s_0)\bigr) , \] le quotient de \(\pi_2(S)\) par la somme des images de \(\pi_2(X)\) et de \(\pi_2(Y)\). C'est un isomorphisme si et seulement si \(\pi_2(X) \times \pi_2(Y) \to \pi_2(S)\) est surjectif.11

C'est, en termes d'aujourd'hui, la suite exacte de Mayer–Vietoris d'un produit fibré homotopique — \(Z\) en est un, puisque \(f\) est une fibration — comparée à celle du produit fibré des groupoïdes, qui s'arrête en degré 1.12

Enfin, si \(X\), \(Y\), \(S\) n'ont pas de \(\pi_i\) pour \(i \geqslant 2\), il en est de même de \(F\) (par \(\pi_{i+1}(S) \to \pi_i(F) \to \pi_i(X)\)), donc de \(Z\) ; la condition sur \(\pi_2\) est alors vide, et \(\theta\) est une équivalence : pour des espaces de type \(K(\pi, 1)\), le groupoïde du produit fibré est le produit fibré des groupoïdes.13

5–5

Les surfaces à trous comme groupoïdes (pages 5 à 8)

La 2-catégorie des modèles

Un modèle est un triplet \((\mathcal{C}, \mathcal{D}, \varphi)\) : \(\mathcal{D}\) un groupoïde dont chaque composante a un groupe fondamental infini cyclique muni d'un générateur (une orientation), \(\mathcal{C}\) un groupoïde, \(\varphi : \mathcal{D} \to \mathcal{C}\) un foncteur. Le modèle à avoir en tête est \(\mathcal{C} = \Pi_1(\Sigma)\), \(\mathcal{D} = \Pi_1(\partial\Sigma)\) pour une surface compacte orientée \(\Sigma\), les composantes du bord orientées comme bord, et \(\varphi\) induit par l'inclusion.14

Une 1-flèche \((\mathcal{C}, \mathcal{D}, \varphi) \to (\mathcal{C}', \mathcal{D}', \varphi')\) est un triplet \((u, v, \alpha)\) : une équivalence \(u : \mathcal{D} \to \mathcal{D}'\) compatible aux orientations, une équivalence \(v : \mathcal{C} \to \mathcal{C}'\), et un isomorphisme naturel \(\alpha : \varphi' u \Rightarrow v \varphi\). Une 2-flèche \((u_1, v_1, \alpha_1) \Rightarrow (u_2, v_2, \alpha_2)\) est un couple \((\lambda, \mu)\) d'isomorphismes naturels \(\lambda : u_1 \Rightarrow u_2\), \(\mu : v_1 \Rightarrow v_2\), tel que le carré \[ \begin{array}{ccc} \varphi' u_1 & \xrightarrow{\ \varphi' \ast \lambda\ } & \varphi' u_2 \\ {\scriptstyle \alpha_1} \big\downarrow & & \big\downarrow {\scriptstyle \alpha_2} \\ v_1 \varphi & \xrightarrow{\ \mu \ast \varphi\ } & v_2 \varphi \end{array} \] commute.

La forme normale

Si \(\mathcal{C}\) est connexe et \(\mathcal{D}\) non vide, le modèle est équivalent à un modèle où \(\mathcal{C} = \mathrm{B}G\) et \(\mathcal{D} = \coprod_{i \in I} \mathrm{B}\mathbb{Z}\) ; \(\varphi\) est alors donné par des éléments \(\ell_i = \varphi_i(1) \in G\), les lacets de bord. Pour une surface de genre \(g\) à \(n = \operatorname{card} I \geqslant 1\) trous, \(G\) est libre de rang \(2g + n - 1\), présenté par \(\langle a_1, b_1, \dots, a_g, b_g, \ell_1, \dots, \ell_n \mid [a_1, b_1] \cdots [a_g, b_g]\, \ell_1 \cdots \ell_n = 1 \rangle\).

Dans cette forme, et pour un second modèle \((G', (\ell'_{i'})_{i' \in I'})\), une 1-flèche est la donnée

et une 2-flèche \((u, v_1, \alpha_1) \Rightarrow (u, v_2, \alpha_2)\) (il n'y en a pas si \(u_1 \neq u_2\)) est un couple \((\lambda, \mu) \in \mathbb{Z}^I \times G'\) tel que \[ v_2 = \operatorname{int}(\mu) \circ v_1 , \qquad \alpha_2(i)^{-1}\, \mu\, \alpha_1(i) = {\ell'_{u(i)}}^{\lambda_i} \quad (i \in I). \]

6–6

Les composantes du groupe des automorphismes

Prenons les deux modèles égaux. Les auto-équivalences forment un groupe monoïdal (une Gr-catégorie) \(\underline{\mathrm{End}}\), dont on calcule le \(\pi_0\) et le \(\pi_1\).

Si \((u_1, v_1, \alpha_1)\) et \((u_2, v_2, \alpha_2)\) sont isomorphes, alors \(u_1 = u_2 = u\) et \(v_2 = \operatorname{int}(\mu) v_1\) pour un \(\mu \in G\) ; en écrivant \(v_2(\ell_i)\) de deux façons, on trouve que \(\alpha_2(i)^{-1} \mu\, \alpha_1(i)\) centralise \(\ell_{u(i)}\). Or, sauf pour le disque, chaque lacet de bord engendre un sous-groupe infini cyclique qui est son propre centralisateur.16 L'élément cherché est donc une puissance \(\ell_{u(i)}^{\lambda_i}\), et l'isomorphisme existe. D'où :

Proposition (page 6). \(\pi_0(\underline{\mathrm{End}})\) s'identifie au sous-groupe de \(\operatorname{Out}(G)\) formé des classes \(\overline{v}\) telles que, pour tout \(i\), \(\overline{v}(\ell_i)\) soit conjugué à l'un des \(\ell_j\).

La permutation \(u\) est en effet déterminée par \(\overline{v}\), car deux lacets de bord distincts ne sont jamais conjugués : leurs images dans l'abélianisé \(G_{\mathrm{ab}}\) sont déjà distinctes.17 Ce groupe est ce que la page appelle le groupe de Teichmüller à trous \(T(\mathcal{C}, \mathcal{D}, \varphi)\). On y reconnaît le groupe des classes d'isotopie d'homéomorphismes de la surface préservant l'orientation, les composantes du bord pouvant être permutées et l'isotopie n'étant pas astreinte à les fixer : c'est le théorème de Dehn–Nielsen–Baer pour les surfaces à bord.18

7–7

Le groupe fondamental

\(\pi_1(\underline{\mathrm{End}})\) est le groupe des automorphismes de l'identité \((\mathrm{id}, \mathrm{id}, 1)\) : les \((\lambda, \mu)\) avec \(\mu \in Z(G)\), le centre, et \(\mu = \ell_i^{\lambda_i}\) pour tout \(i\).

Les deux exceptions sont les deux surfaces dont le groupe d'homéomorphismes a des composantes non simplement connexes : le disque et le cylindre tournent sur eux-mêmes.

Le bord fixé : le groupe de Teichmüller spécial

Fixons maintenant \(\mathcal{D}\) : on ne garde que les 1-flèches avec \(u = \mathrm{id}\) et les 2-flèches avec \(\lambda = 0\). On obtient une Gr-catégorie \(\underline{\mathrm{End}}_{\mathcal{D}}\) dont les objets sont les couples \((v, \alpha)\), \(v \in \operatorname{Aut} G\), \(\alpha \in G^I\), avec \(v(\ell_i) = \alpha(i)\, \ell_i\, \alpha(i)^{-1}\), et dont les flèches \((v_1, \alpha_1) \to (v_2, \alpha_2)\) sont les \(\mu \in G\) tels que \(v_2 = \operatorname{int}(\mu) \circ v_1\) et \(\alpha_2(i) = \mu\, \alpha_1(i)\). Deux objets isomorphes ont même classe \(\overline{v}\) dans \(\operatorname{Out}(G)\), et si \(v_2 = \operatorname{int}(\mu_0) v_1\), alors \(\alpha_2(i)^{-1} \mu_0\, \alpha_1(i)\) centralise \(\ell_i\).20 On appelle \(TS\), groupe de Teichmüller spécial, le groupe \(\pi_0(\underline{\mathrm{End}}_{ \mathcal{D}})\). Son \(\pi_1\) est trivial dans tous les cas : un automorphisme de \((\mathrm{id}, 1)\) est un \(\mu\) avec \(\mu \cdot 1 = 1\).

8–8

La suite exacte (page 8)

Proposition (page 8). Il y a une suite \[ 0 \longrightarrow \mathbb{Z}^I \longrightarrow TS \xrightarrow{\ \Psi\ } T \longrightarrow \mathfrak{S}_I \longrightarrow 1 , \] où \(\Psi(v, \alpha) = \overline{v}\), \(T \to \mathfrak{S}_I\) envoie \(\overline{v}\) sur la permutation \(u\) qu'il induit sur les lacets de bord, et \(\mathbb{Z}^I \to TS\) envoie \(\lambda\) sur la classe de \((\mathrm{id}, (\ell_i^{\lambda_i})_i)\). Elle est exacte, sauf en \(\mathbb{Z}^I\) pour le disque et le cylindre :

}

L'exactitude en \(T\) est immédiate : \(\overline{v}\) fixe chaque classe de conjugaison \([\ell_i]\) si et seulement si on peut choisir les \(\alpha(i)\). La surjectivité sur \(\mathfrak{S}_I\) ne découle pas des calculs de la page ; elle est vraie parce que toute permutation des composantes du bord d'une surface connexe orientable se réalise par un homéomorphisme préservant l'orientation.21 Pour le noyau de \(\Psi\) : un \((v, \alpha)\) avec \(\overline{v} = 1\) est isomorphe à un \((\mathrm{id}, \alpha)\), et alors \(\alpha(i)\) centralise \(\ell_i\), donc \(\alpha(i) = \ell_i^{\lambda_i}\) avec \(\lambda_i\) bien déterminé (hors du disque). Deux tels objets \((\mathrm{id}, (\ell_i^{\lambda_i}))\) et \((\mathrm{id}, (\ell_i^{\lambda'_i}))\) sont isomorphes si et seulement s'il existe \(\mu \in Z(G)\) avec \(\ell_i^{\lambda'_i} = \mu\, \ell_i^{\lambda_i}\) pour tout \(i\). Hors du cylindre, \(Z(G) = 1\) et \(\operatorname{Ker} \Psi \simeq \mathbb{Z}^I\). Pour le cylindre, la condition s'écrit \(\lambda'_1 = \lambda_1 + \mu\), \(\lambda'_2 = \lambda_2 - \mu\) : on identifie \(\lambda\) et \(\lambda'\) quand leur différence est dans l'antidiagonale, et \(\operatorname{Ker} \Psi \simeq \mathbb{Z}\) par la somme.22

En termes d'aujourd'hui, \(TS\) est le groupe des classes d'applications de la surface relatif au bord (les homéomorphismes et les isotopies fixent le bord point par point), \(T\) celui où le bord est libre, et \(\mathbb{Z}^I\) est engendré par les twists de Dehn le long des composantes du bord ; la suite est la suite bien connue qui relie le groupe relatif au bord à celui de la surface où chaque bord est remplacé par une pointe, avec ses deux exceptions classiques : sur le cylindre, les deux twists de bord coïncident ; sur le disque, le twist de bord est isotope à l'identité relativement au bord (lemme d'Alexander).23

10–10

Le modèle d'un 1-complexe sur une surface (pages 10 et 11)

La page 10 décrit les données combinatoires dont on fabrique un modèle. En marge, de bas en haut le long de toute la moitié supérieure : « catégorie \dots{} topologique des surfaces orientées ».24 Les données sont :

À ces données il associe :

et le modèle \[ T\bigl((\Sigma, \omega), \Pi_d, \Pi_b\bigr) = \bigl(\Pi_1(\Sigma) \amalg \Pi_b \amalg \mathrm{B}\,\pi_0(\Pi_d),\ \Pi_1(\partial_t\Sigma) \amalg \widetilde{\Pi}_b \amalg \Pi_d,\ \varphi_0 \amalg \varphi_b \amalg \varphi_d\bigr) . \] Géométriquement, et c'est ainsi qu'on lit la page : le graphe rubané s'épaissit en une surface à bord dont les composantes du bord sont ses circuits de faces (les co-circuits) ; un cercle isolé s'épaissit en un cylindre, dont les deux bords sont le cercle parcouru dans ses deux orientations (d'où les deux composantes de \(\widetilde{\Pi}_b(i)\), et le cylindre de la page 7 avec \(\ell_1 = 1\), \(\ell_2 = -1\)) ; un point isolé s'épaissit en un disque, de groupoïde trivial, bordé par un cercle orienté. \(T\) associe ainsi à un 1-complexe le modèle de son voisinage tubulaire.25

Sous un trait horizontal, la page commence la donnée d'un plongement : (d) un groupoïde \(\mathcal{C}'\), (e) un foncteur « bordant » \(\varphi' : \mathcal{D} \to \mathcal{C}'\), où \(\mathcal{D}\) est celui de \(T\). C'est, on le comprendra page 18, le modèle du complémentaire, recollé au voisinage tubulaire le long du bord.

11–11La page 11 ouvre la catégorie, « non strictifiée », des 1-complexes topologiques compacts « divisés » : des couples \((K_1, \Pi_b)\), \(K_1\) un 1-complexe sans cercles isolés et \(\Pi_b\) comme en (b), avec \[ \underline{\mathrm{Hom}}\bigl((K_1, \Pi_b), (K'_1, \Pi'_b)\bigr) \simeq \mathrm{Cat}\bigl(\mathrm{Isom}(K_1, K'_1)\bigr) \times \underline{\mathrm{Equ}}(\Pi_b, \Pi'_b) , \] la catégorie discrète des isomorphismes combinatoires, fois le groupoïde des équivalences. La formule court au bord de la feuille et le reste de la page est blanc.26

13–13

Extensions de groupes topologiques : la question (page 13)

Soit une extension de groupes topologiques \[ (E) \qquad 1 \to N \to G \to H \to 1 \] et un morphisme \(u : H' \to H\) ; soit \(G' = G \times_H H'\) l'extension de \(H'\) par \(N\) obtenue par image inverse. La suite exacte d'homotopie de la fibration \(G \to H\) se termine par \[ (S) \qquad \pi_1 H \longrightarrow \pi_0 N \longrightarrow \pi_0 G \longrightarrow \pi_0 H \longrightarrow 1 , \] de même \((S')\) pour \(G'\), et \(u\) induit un morphisme \((S') \to (S)\). Le carré de droite donne \[ c : \pi_0 G' \longrightarrow \pi_0 G \times_{\pi_0 H} \pi_0 H' , \] toujours surjectif (on relève dans \(G\) un chemin de \(H\) joignant deux points de même composante), mais pas toujours injectif : la seule connaissance de \((S)\) et de \(u\) en degrés \(0\) et \(1\) ne détermine pas \(\pi_0 G'\).

Le problème : trouver des données algébriques simples attachées à \((E)\) qui, jointes à \(\pi_0 u\) et \(\pi_1 u\), déterminent \(\pi_0 G'\) à isomorphisme près.27

14–14

Réduction, et le cas d'une base connexe (pages 14 et 15)

\(\alpha\)) Réduction au cas \(N\) discret

La composante neutre \(N^0\) est caractéristique dans \(N\), donc distinguée dans \(G\) et dans \(G'\). Remplaçons \(G\) par \(G/N^0\), extension de \(H\) par \(N/N^0 = \pi_0 N\) ; l'image inverse de \(G/N^0\) par \(u\) est \(G'/N^0\), et la base \(H\), \(H'\), \(u\) ne change pas. Comme \(N^0\) est connexe, \(\pi_0 G \to \pi_0(G/N^0)\) et \(\pi_0 G' \to \pi_0(G'/N^0)\) sont bijectifs, et \(\pi_1 G \to \pi_1(G/N^0)\) est surjectif.28 Le problème ne change pas : on peut supposer \(N\) discret.

Alors \(G \to H\) est un revêtement, \((S)\) se lit \[ \pi_i G \simeq \pi_i H \ (i \geqslant 2), \qquad \pi_1 G = \operatorname{Ker}(\varphi), \qquad 1 \to \operatorname{Coker}(\varphi) \to \pi_0 G \to \pi_0 H \to 1 , \] où \(\varphi : \pi_1 H \to N\) est le bord de la suite d'homotopie. Son image est contenue dans le centre \(\mathfrak{z}(N)\) : si \((g_t)\) est un chemin de \(G\) issu de \(1\), la conjugaison par \(g_t\) sur le groupe discret \(N\) est constante, donc l'extrémité d'un relèvement de lacet commute à \(N\).29 Pour \(G'\), le bord est \(\varphi' = \varphi \circ \pi_1 u\), connu dès que \(\varphi\) et \(\pi_1 u\) le sont. Il reste à déterminer l'extension \(\pi_0 G'\) de \(\pi_0 H'\) par \(R' = \operatorname{Coker}(\varphi')\).

15–15

Le noyau de \(c\)

L'image inverse de l'extension \(\pi_0 G\) par \(\pi_0 H' \to \pi_0 H\) est \(\pi_0 G \times_{\pi_0 H} \pi_0 H'\), extension de \(\pi_0 H'\) par \(R = \operatorname{Coker}(\varphi)\) — et non par \(R'\). Or \(R\) est le quotient de \(R'\) par \(\operatorname{Im} \varphi / \operatorname{Im} \varphi'\), d'où la suite exacte \[ 1 \longrightarrow \frac{\pi_1 H}{\operatorname{Ker} \varphi + \operatorname{Im} \pi_1(u)} \longrightarrow \pi_0 G' \xrightarrow{\ c\ } \pi_0 G \times_{\pi_0 H} \pi_0 H' \longrightarrow 1 . \] Elle dit exactement comment le défaut d'injectivité de \(c\) dépend de \(\pi_1 H\) et de \(\pi_1 u\) : c'est un quotient de \(\operatorname{Coker} \pi_1(u)\).30

\(\beta\)) Cas \(H\) connexe

Soit \(\pi = \pi_1(H)\) et \(\widetilde{H}\) le revêtement universel de \(H\), extension de \(H\) par \(\pi\) ; \(\pi\) est discret et distingué dans le groupe connexe \(\widetilde{H}\), donc central. Alors :

Proposition (page 15). Si \(H\) est connexe et \(N\) discret, les extensions de \(H\) par \(N\) sont classées par les morphismes \(\varphi : \pi \to \mathfrak{z}(N)\), et chacune n'a que l'identité pour automorphisme d'extension. L'extension associée à \(\varphi\) est l'image directe \(\widetilde{H} \times^{\pi} N = (\widetilde{H} \times N) / \{ (\gamma, \varphi(\gamma)^{-1}) \}\).

En effet, l'application \(\widetilde{H} \to H\) se relève en un morphisme \(\widetilde{H} \to G\), dont l'image, connexe, centralise \(N\) ; d'où \(\widetilde{H} \times N \to G\), surjectif, de noyau le graphe de \(\varphi^{-1}\) sur \(\pi\). Un automorphisme d'extension est donné par une application continue de \(H\) connexe dans \(N\) discret, donc triviale.31 Pour \(u : H' \to H\) quelconque — et c'est la remarque utile, car \(H'\) n'a pas à être connexe —, \(G'\) s'obtient en tirant d'abord \(\widetilde{H}\) en \(H' \times_H \widetilde{H}\), extension de \(H'\) par \(\pi\), puis en poussant par \(\pi \to \mathfrak{z}(N) \subset N\).32

16–16

(A) Le cadre général : base non connexe (pages 16 et 17)

Quand \(H\) n'est pas connexe, il n'a pas de revêtement universel au sens habituel. On se donne donc à la place :

On étudie, (b) et (c) fixés, les extensions \(G\) de \(H\) par \(N\) munies d'une trivialisation stricte de leur image inverse sur \(\widetilde{H}_0\), c'est-à-dire d'un morphisme \(\widetilde{H}_0 \to G\) qui relève \(\widetilde{H}_0 \to H\) et centralise \(N\).33 Si \(\widetilde{H}_0\) est connexe et simplement connexe, une telle trivialisation existe et est unique : c'est la structure de revêtement.

Soit \(\widetilde{G} = G \times_H \widetilde{H}\), extension de \(\widetilde{H}\) par \(N\) ; elle contient \(\pi\) comme sous-groupe distingué centralisant \(N\), et \(G = \widetilde{G}/\pi\). Se donner \(G\) revient donc à se donner \(\widetilde{G}\) muni d'une trivialisation stricte sur \(\pi\) ; la structure supplémentaire de \(G\) revient à une trivialisation stricte de \(\widetilde{G}\) sur \(\widetilde{H}_0\). Or une extension de \(\widetilde{H}\) par \(N\) strictement trivialisée sur \(\widetilde{H}_0\) est la même chose qu'une extension \[ 1 \longrightarrow N \longrightarrow \widetilde{G}_0 \longrightarrow \mathfrak{G} \longrightarrow 1 \] (on retrouve \(\widetilde{G} = \widetilde{H} \times_{\mathfrak{G}} \widetilde{G}_0\), et \(\widetilde{G}_0 = \widetilde{G} / \widetilde{H}_0\)).

17–17Il reste la trivialisation sur \(\pi\). Dans ces termes, c'est un morphisme \(\varphi : \pi \to \widetilde{G}_0\) qui relève le composé \(\pi \subset \widetilde{H} \to \mathfrak{G}\), centralise \(N\), et est équivariant pour les actions de conjugaison.34 Cas particulier : si \(\pi \subset \widetilde{H}_0\), le composé \(\pi \to \mathfrak{G}\) est trivial, et \(\varphi\) est un morphisme \[ \varphi : \pi \longrightarrow \mathfrak{z}(N) , \] équivariant pour l'action de \(\mathfrak{G}\) — sur \(\pi\) par conjugaison dans \(\widetilde{H}\), sur \(\mathfrak{z}(N)\) par conjugaison dans \(\widetilde{G}_0\). D'où, dans ce cas, la classification : \[ \bigl\{ G \text{ muni de sa trivialisation sur } \widetilde{H}_0 \bigr\} \ \simeq\ \bigl\{ (\widetilde{G}_0, \varphi) \bigr\} , \] les couples formés d'une extension \(\widetilde{G}_0\) de \(\mathfrak{G}\) par \(N\) et d'un \(\mathfrak{G}\)-morphisme \(\varphi : \pi \to \mathfrak{z}(N)\).35

Suivent, sous un trait, des brouillons barrés de longues obliques (les suites de \(\widetilde{H}\) et d'un \(\widetilde{H}'\) au-dessus de \(H'\), une grille de sous-groupes), puis trois lignes que la même oblique traverse sans qu'il soit sûr qu'elle les annule : l'ensemble des extensions est un « espace homogène sous \(H^2(H, \mathfrak{z}(N))\) », avec le morphisme \(H^2(\mathfrak{G}, \mathfrak{z}N) \to H^2(H, \mathfrak{z}N)\) induit par \(H \to \mathfrak{G}\). C'est la théorie des extensions non abéliennes : à action extérieure fixée, les extensions d'un groupe par \(N\), s'il en existe, forment un espace principal homogène sous le \(H^2\) à coefficients dans le centre, et l'obstruction à leur existence est dans le \(H^3\).36

18–18

Un programme : plonger un 1-complexe dans une surface (page 18)

Intercalée entre (A) et (B), la page 18 revient aux surfaces. Elle est organisée autour d'un schéma de sigles :

LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
& \mathrm{SO} & & & \\
& & \mathrm{PLO} \arrow[ul] \arrow[dl] \arrow[drr] & & \\
& \mathrm{TUBO} \arrow[dl] \arrow[r] & \mathrm{SOB} \arrow[dr, "\partial"] & & \mathrm{SOB} \arrow[dl, "-\partial"'] \\
\mathrm{Kc} & & & \mathrm{CO} &
\end{tikzcd}

Les sigles ne sont pas développés.37 On les lit ainsi : PLO, les plongements d'un 1-complexe \(K\) dans une surface orientée ; SO, les surfaces orientées ; TUBO, les voisinages tubulaires orientés ; Kc, les 1-complexes circularisés (graphes rubanés) ; SOB, les surfaces orientées à bord ; CO, les collections finies de cercles orientés. Le schéma dit alors qu'un plongement, c'est la surface ambiante, le voisinage tubulaire du complexe (qui détermine le graphe rubané, et réciproquement à équivalence près), et le complémentaire du voisinage, recollés le long du bord où les deux orientations s'opposent : le \(\partial\) et le \(-\partial\) du schéma. C'est le complément, en termes de modèles, de la page 10.

Autour du schéma, les annotations décomposent le problème des symétries :

« Le calcul des \(g_i n_i\) est donné par Yves » : le genre et le nombre de trous des morceaux.39 La page se termine sur ce qu'il reste à déterminer, encadré : \[ \operatorname{Aut}_{\mathrm{Circ}}(K) \longrightarrow \operatorname{Aut}\bigl(T_{?}(K)\bigr) \simeq T_{g,n} , \] l'action des symétries d'un complexe circularisé sur le groupe de Teichmüller de son épaississement.40 Le dossier ne le détermine pas.

19–19

(B) Le cas du revêtement universel (pages 19 et 20)

Supposons à la fois

Comme \(\mathfrak{G}\) est discret, \(\widetilde{H}_0\) est ouvert ; connexe, il est la composante neutre \(\widetilde{H}^0\), et \(\mathfrak{G} = \pi_0 \widetilde{H}\). Comme \(\pi \subset \widetilde{H}_0\), \(H = \widetilde{H}/\pi\) est extension de \(\mathfrak{G} = \pi_0(H)\) par \(H^0 = \widetilde{H}_0/\pi\) ; et comme \(\pi\) est discret et \(\widetilde{H}_0\) simplement connexe, \(\widetilde{H}_0\) est le revêtement universel de \(H^0\), avec \(\pi = \pi_1(H^0) = \pi_1(H)\). La situation équivaut donc à la donnée de :

Une telle extension \(\widetilde{H}\) n'existe pas toujours et n'est pas unique. Si elle existe, les autres s'en déduisent par l'action de \(H^2(\mathfrak{G}, \pi)\), et l'obstruction à son existence est dans \(H^3(\mathfrak{G}, \pi)\) — « sauf erreur », dit la page. Elle existe si \(H\) est un produit semi-direct \(\mathfrak{G} \ltimes H^0\) : on prend \(\widetilde{H} = \mathfrak{G} \ltimes \widetilde{H^0}\), l'action de \(\mathfrak{G}\) se relevant au revêtement universel.41

Proposition (page 19). Sous \(\alpha\)), \(\beta\)), \(\gamma\)), la catégorie des extensions de \(H\) par \(N\) est équivalente à celle des couples \((\widetilde{G}_0, \varphi)\), où \(\widetilde{G}_0\) est une extension de \(\mathfrak{G}\) par \(N\) et \(\varphi : \pi \to \mathfrak{z}(N)\) un \(\mathfrak{G}\)-morphisme.

C'est le cas particulier de (A), puisque sous \(\alpha\)) la trivialisation sur \(\widetilde{H}_0\) existe et est unique. On a \(\widetilde{G}_0 = \pi_0 \widetilde{G}\), la composante neutre de \(\widetilde{G}\) s'envoyant isomorphiquement sur \(\widetilde{H}^0\).42 Pour \(H\) connexe, on retrouve la proposition de la page 15.

20–20

La construction explicite, et \(\pi_0(G)\)

Réciproquement, \(G\) se construit ainsi à partir de \((\widetilde{G}_0, \varphi)\). Soit \(G_!\) l'image inverse de \(\widetilde{G}_0\) par \(H \to \mathfrak{G}\), extension de \(H\) par \(N\). Le \(\mathfrak{G}\)-morphisme \(\varphi\) pousse l'extension \(\widetilde{H}\) de \(H\) par \(\pi\) en une extension \(\widetilde{H}^{\varphi}\) de \(H\) par \(\mathfrak{z}(N)\), où \(H\) opère sur \(\mathfrak{z}(N)\) à travers \(\mathfrak{G}\) comme il le fait par l'intermédiaire de \(G_!\).43 Le produit contracté de \(G_!\) et de \(\widetilde{H}^{\varphi}\) — le quotient de \(G_! \times_H \widetilde{H}^{\varphi}\) par l'antidiagonale de \(\mathfrak{z}(N)\) — est le \(G\) cherché : c'est l'action de \(H^2(H, \mathfrak{z}(N))\) sur les extensions de lien fixé de la page 17.

Comme \(G\) est un revêtement de \(H\), \(\pi_i(G) \simeq \pi_i(H)\) pour \(i \geqslant 2\) et \(\pi_1(G) = \operatorname{Ker}(\pi_1 H \to N)\), où le bord \(\pi_1(H) = \pi \to N\) est \(\varphi\) suivi de \(\mathfrak{z}(N) \subset N\). Donc \(\pi_0 G\) est extension de \(\mathfrak{G}\) par \(\operatorname{Coker}(\varphi)\), et plus précisément \[ \pi_0(G) \simeq \operatorname{Coker}(\pi \to \widetilde{G}_0) = \widetilde{G}_0 / \varphi(\pi) , \] \(\varphi(\pi)\) étant distingué dans \(\widetilde{G}_0\) par équivariance.44 C'est la réponse à la question de la page 13 pour un tel \(G\).

20–21

(B\('\)) Sans l'hypothèse \(\alpha\)) (pages 20 et 21)

Supposons seulement \(\beta\)) et \(\gamma\)) : \(\pi\), \(N\), \(\mathfrak{G}\) discrets, \(\pi \subset \widetilde{H}_0\), mais \(\widetilde{H}_0\) pas nécessairement connexe ni simplement connexe.45 Ce cas compte, parce que c'est celui qu'on obtient par changement de base, au paragraphe (C). \(N\) étant discret, on a encore \(\pi_i(G) \simeq \pi_i(H)\) pour \(i \geqslant 2\), et \[ \pi_1(G) = \operatorname{Ker}\bigl(\pi_1(H) \to N\bigr) , \] où le bord se factorise par \(\pi_1(H) \xrightarrow{\partial} \pi_0(\pi) = \pi \xrightarrow{\varphi} \mathfrak{z}(N) \subset N\), \(\partial\) étant le bord de la suite d'homotopie de \(1 \to \pi \to \widetilde{H} \to H \to 1\). La suite \(\pi_1 H \to N \to \pi_0 G \to \pi_0 H \to 1\) fait de \(\pi_0 G\) une extension de \(\pi_0 H\) par \(\operatorname{Coker}(\varphi \partial)\).

L'image de \(\partial\) est \(\pi \cap \widetilde{H}^0\) (suite exacte \(\pi_1(H) \to \pi \to \pi_0(\widetilde{H})\)). L'extension \(\widetilde{G}_0\) de \(\mathfrak{G}\) par \(N\) est encore définie, puisque \(\pi \subset \widetilde{H}_0\) ; par \(\pi_0 H \to \mathfrak{G}\) elle donne une extension \(G_1 = \pi_0 H \times_{\mathfrak{G}} \widetilde{G}_0\) de \(\pi_0 H\) par \(N\). La page affirme ensuite \(\pi_0 G \simeq \operatorname{Coker}(\pi_1 H \to G_1)\), et marque la phrase en marge d'un mot lu « faux », suivi d'une croix. Ce qui tient est ceci :

Proposition (lecture, page 21). Le morphisme \(G \to \widetilde{G}_0/\varphi(\pi)\) induit une suite exacte \[ 1 \longrightarrow \varphi(\pi) / \varphi(\pi \cap \widetilde{H}^0) \longrightarrow \pi_0 G \longrightarrow G_1 / \varphi(\pi) \longrightarrow 1 . \] En particulier \(\pi_0 G \simeq G_1 / \varphi(\pi)\) si et seulement si \(\varphi(\pi) = \varphi(\pi \cap \widetilde{H}^0)\), ce qui a lieu sous \(\alpha\)).

En effet, \(G = \widetilde{G}/\pi\) et \(\widetilde{G} \to \widetilde{G}_0\) envoie \(\pi\) sur \(\varphi(\pi)\) ; d'où \(G \to \widetilde{G}_0/\varphi(\pi)\), compatible à \(G \to H \to \mathfrak{G}\), qui se factorise par \(\pi_0 G\) et donne \(\pi_0 G \to \pi_0 H \times_{\mathfrak{G}} (\widetilde{G}_0/\varphi(\pi)) = G_1/\varphi(\pi)\), surjectif ; et les noyaux sur \(\pi_0 H\) sont \(N/\varphi(\pi \cap \widetilde{H}^0)\) et \(N/\varphi(\pi)\).46

22–23

(C) Le changement de base (pages 22 et 23)

Plaçons-nous sous les données (A), et soit \(u : H' \to H\) un morphisme de groupes topologiques. Par image inverse on obtient \(\widetilde{H}' = \widetilde{H} \times_H H'\), extension \((b')\) de \(H'\) par le même \(\pi\) ; on note \(\widetilde{H}'_0\) l'image inverse de \(\widetilde{H}_0\) et \(\mathfrak{G}' = \widetilde{H}'/\widetilde{H}'_0\), qui s'injecte dans \(\mathfrak{G}\) ; c'est la suite \((a')\).47 L'extension \(G' = G \times_H H'\) hérite d'une trivialisation stricte sur \(\widetilde{H}'_0\), image inverse de celle de \(G\) sur \(\widetilde{H}_0\). Par (A), \(G'\) est donc déterminée par

Proposition (page 23). \(\widetilde{G}'_0\) est l'image inverse de \(\widetilde{G}_0\) par \(\mathfrak{G}' \hookrightarrow \mathfrak{G}\) (c'est donc un sous-groupe de \(\widetilde{G}_0\)), et \(\varphi'\) est induit par \(\varphi\) ; si \(\pi \subset \widetilde{H}_0\), \(\varphi' = \varphi\) comme morphisme \(\pi \to \mathfrak{z}(N)\).

En effet \(\widetilde{G}' = \widetilde{H}' \times_{\mathfrak{G}} \widetilde{G}_0\), et son quotient par \(\widetilde{H}'_0\) est \(\mathfrak{G}' \times_{\mathfrak{G}} \widetilde{G}_0\). Les conditions \(\beta\)) et \(\gamma\)) passent aux données \((a')\), \((b')\), \((c')\) — \(\pi \subset \widetilde{H}'_0\) équivaut à \(\pi \subset \widetilde{H}_0\) —, mais pas \(\alpha\)) : \(\widetilde{H}'_0\) n'a aucune raison d'être connexe. D'où le paragraphe (B\('\)). La phrase suivante, qui commençait à en tirer \(\pi_0\), est barrée de quatre longs traits.49

Ce que les pièces donnent

Le dossier ne l'écrit pas, mais les pièces suffisent à répondre à la question de la page 13, sous \(\alpha\)), \(\beta\)), \(\gamma\)) pour \(H\). Par (C), \(G'\) correspond au couple \((\widetilde{G}_0 \times_{\mathfrak{G}} \mathfrak{G}', \varphi)\) ; par la proposition de la page 21 appliquée à \(G'\), avec \(G'_1 = \pi_0 H' \times_{\mathfrak{G}} \widetilde{G}_0\), \[ 1 \longrightarrow \varphi(\pi) / \varphi(\pi \cap \widetilde{H}'^{\,0}) \longrightarrow \pi_0 G' \longrightarrow G'_1 / \varphi(\pi) \longrightarrow 1 , \] et \(\pi \cap \widetilde{H}'^{\,0}\) est l'image de \(\pi_1(H') \to \pi_1(H) = \pi\). Les données sont donc : l'extension \(\widetilde{G}_0\) de \(\mathfrak{G}\) par \(N\), le \(\mathfrak{G}\)-morphisme \(\varphi\), et \(u\) en degrés \(0\) et \(1\) — ce que la page 13 demandait. Le noyau de gauche est un quotient de \(\operatorname{Coker} \pi_1(u)\), comme à la page 15.50

25–31

Les tirés à part (pages 25 à 31)

Le dossier se termine par deux Notes imprimées d'Yves Ladegaillerie, « Classification topologique des plongements des 1-complexes compacts dans les surfaces », présentées par Henri Cartan aux Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, série A. Les pages 25 à 28 sont la seconde Note (t. 279, 22 juillet 1974, p. 129-132, §§ 7 à 13 : voisinages tubulaires et catégories TUB et TUBO, 1-complexes circularisés, cocircularisations, classification des plongements, plongements minimaux et genre de \(K\)) ; les pages 29 à 31 la première (t. 278, 27 mai 1974, p. 1401-1403, §§ 1 à 5 : catégorie des 1-complexes à isotopie près, préliminaires, voisinage tubulaire d'un 1-complexe circularisé et d'un plongement, théorème de classification). Elles sont rangées dans l'ordre inverse de leur parution. On n'y trouve rien de sa main.51 Le vocabulaire des pages 10 et 18 — complexes circularisés, voisinages tubulaires orientés, circuits — est celui de ces Notes ; les pages manuscrites ne disent pas si elles les précèdent ou les suivent.

Notes

  1. Le dossier est rangé dans le groupe « Descentes » de l'inventaire, daté « [avant 1970] » : la date du groupe et celle du dossier ne s'accordent pas, et rien dans les pages ne tranche. ↩
  2. Page 22, le « (C) » est écrit sur un « (D) » biffé. ↩
  3. Il écrit \(G\), \(H\), \(\Sigma\) et \(f_1\), \(g_1\) ; les lettres \(G\) et \(H\) sont réservées ici au troisième chantier. ↩
  4. Il écrit \(\mathrm{Cat}\,G\) ; on garde la notation \(\mathrm{B}G\) dans tout le document. ↩
  5. Hypothèses ajoutées par la lecture. Sans elles, ni la suite exacte d'homotopie de la page 13, ni l'existence d'un revêtement universel à la page 15, ni l'identification de \(\pi_0\) à un quotient discret à la page 19 ne tiennent. ↩
  6. Il écrit le \(2\) au-dessus du signe produit ; à sa seconde occurrence, page 1, le signe se lit « ? » ou un 2 mal formé. ↩
  7. La page dit « connexes », et en tire « donc \(f\) surjectif ». C'est vrai pour la connexité par arcs, qui est d'ailleurs la seule pertinente pour \(\pi_0\) et \(\pi_1\) ; pour la connexité au sens topologique, une fibration de Serre au-dessus d'un espace connexe non connexe par arcs n'est pas nécessairement surjective. ↩
  8. La page écrit les couples tantôt \((g, h)\), tantôt \((h, g)\) ; on a uniformisé. Un petit carré en bas de page explicite la condition de commutation. ↩
  9. À la suite de la formule, une parenthèse se lit, avec doute, « coinvariants », suivie d'un mot illisible. C'est bien d'un ensemble d'orbites qu'il s'agit. ↩
  10. La page commence ensuite (fin de la page 2) une preuve directe de la surjectivité sur les \(\pi_1\), par relèvement d'arcs, qu'elle interrompt ; la page 3 la remplace par la comparaison des suites exactes qu'on suit ici. ↩
  11. La page fait le calcul au point \(\sigma = 1\), c'est-à-dire sur la composante de \(z_0\), et énonce le critère sans restriction. Sur une autre composante, celle de la double classe de \(\sigma\), il faut prendre les points base au-dessus d'un même point de \(S\), et les images de \(\pi_2(X)\) et de \(\pi_2(Y)\) s'y comparent à travers l'action de \(\sigma\) sur \(\pi_2(S)\) : la condition est à vérifier composante par composante. ↩
  12. Les fibrations de groupoïdes et le groupoïde fondamental d'un produit fibré ont été étudiés par R. Brown (« Fibrations of groupoids », J. Algebra 15, 1970, de mémoire) ; rien ne dit que ces pages le connaissent, et rien ne permet de dater l'une par rapport à l'autre. ↩
  13. La phrase finit sur un mot illisible : « \(X, Y, S\) sont des \dots ». « Asphériques », ou « \(K(\pi,1)\) », conviendrait au sens ; la restitution est nôtre. ↩
  14. Il appelle \(\mathcal{D}\) « groupoïde 1-spécial orienté », \(\mathcal{C}\) « groupoïde 2-spécial », \(\varphi\) « foncteur spécial », sans définir ces termes dans le dossier. Tout ce qui suit — les exceptions « sphère à 1 trou », « sphère à 2 trous », le fait que \(G\) soit libre — montre qu'il s'agit des groupoïdes fondamentaux d'une surface compacte orientable à bord et de son bord ; c'est ainsi qu'on lit la définition manquante. ↩
  15. La page écrit \(v : G \xrightarrow{\sim} G\), sans accent au but. ↩
  16. Il dit « chaque \(\ell_j\) est un élément libre, et en tous cas son centralisateur est le groupe engendré par \(\ell_j\) ». Dans un groupe libre, le centralisateur d'un élément non trivial est le sous-groupe cyclique maximal qui le contient ; il faut donc que \(\ell_j\) ne soit pas une puissance propre. C'est vrai : pour \(n \geqslant 2\), \(\ell_j\) fait partie d'une base ; pour \(n = 1\), \(\ell_1\) est un produit de commutateurs dont une puissance propre donnerait de la torsion dans le groupe de la surface fermée. La justification est nôtre ; la page l'affirme. ↩
  17. Il écrit \(\operatorname{Autext} G\) pour \(\operatorname{Out}(G)\). Le \(u\) du NB est écrit comme un \(\sigma\) sur la page. ↩
  18. L'énoncé topologique n'est pas sur la page, qui ne parle que de groupes. La condition « conjugué à \(\ell_j\) » et non à \(\ell_j^{-1}\) traduit la préservation de l'orientation. L'identification et le nom sont les nôtres (référence de mémoire : Zieschang, Vogt, Coldewey, Surfaces and planar discontinuous groups, 1980) ; le nom « Teichmüller » est le sien. ↩
  19. La page : « (pas canoniquement) ». ↩
  20. Dans le calcul de la page 7, le dernier terme est écrit \(\operatorname{int}(\mu_0)\, \operatorname{int} \alpha_1(i)\, v_1(\ell_i)\) ; il faut \(\ell_i\) au lieu de \(v_1(\ell_i)\). ↩
  21. La page écrit la suite sans justifier ce point ; la justification topologique est nôtre. ↩
  22. En marge de la suite : « exacte sauf pour la sphère à 1 ou 2 trous » (le premier mot est de lecture incertaine). La page écrit, pour le cylindre, \(\operatorname{Ker}(\mathbb{Z}^I \to \operatorname{Ker} \Psi) \simeq \operatorname{Ker}(\mathbb{Z}^I \to \mathbb{Z})\), « opération somme ». ↩
  23. Ces identifications sont les nôtres ; la page ne parle que des groupes \(T\) et \(TS\), qu'elle appelle « Teichmüller à trous » et « Teichmüller spécial ». Que le \(\pi_1\) de \(\underline{\mathrm{End}}_{\mathcal{D}}\) soit trivial dans tous les cas est l'écho algébrique du fait que les composantes du groupe des homéomorphismes fixant le bord sont contractiles. ↩
  24. Un mot illisible après « catégorie », et « orientées » de lecture incertaine. ↩
  25. Cette lecture géométrique est la nôtre ; la page donne les seules formules. Elle explique l'ordre des lettres (a), (c), (b) réunies sur la page par une accolade, et le « NB \(\varphi\) est foncteur bordant » (dernier mot de lecture incertaine) qui suit la formule. Le mot qualifiant \(\widetilde{\Pi}_b(i)\) se lit, avec doute, « grossier ». Pour le genre et le nombre de bords d'un graphe rubané connexe, le calcul est celui de la caractéristique d'Euler : le nombre de bords est le nombre de circuits de faces, et \(2 - 2g - n = \#\text{sommets} - \#\text{arêtes}\). ↩
  26. L'indice de \(\underline{\mathrm{Equ}}\) est illisible ; « combinatoires » est écrit sous la première ligne, et rattaché à la suivante par une flèche. ↩
  27. La page écrit « connaissant \(\pi_0 H \to \pi_0 H'\) et \(\pi_1 H \to \pi_1 H'\) » : les flèches sont dans le sens inverse de \(u\). Elle ajoute au-dessus de la ligne « (discrets) », de lecture et de point d'attache incertains. « Algébriques » est de lecture incertaine. ↩
  28. La page dessine ce carré avec \(H/N^0\) et \(H'/N^0\), où l'on attend \(G/N^0\) et \(G'/N^0\) ; elle dit les flèches horizontales « isom. » sur les \(\pi_i\) puis « épi. » sur les \(\pi_1\). Ce qui est vrai, et suffit à la réduction, est l'énoncé donné ici : bijection sur \(\pi_0\), surjection sur \(\pi_1\). Elle écrit aussi « \(\pi_0 G / N^0\) » pour \(\pi_0(G/N^0)\), et « extension de \(H\) » pour \(G'/N^0\), qui est une extension de \(H'\). ↩
  29. Remarque nôtre ; elle explique pourquoi, page 15 et au-delà, \(\varphi\) est à valeurs dans le centre, et pourquoi \(\operatorname{Coker} \varphi\) est un groupe. ↩
  30. La première phrase de la page 15 est de lecture incertaine (« Montrons que », « non pas \(R'\) », « \(R\) est un quotient de \(R'\) ») ; le sens est fixé par la formule, qui est nette. ↩
  31. La page dit l'extension « canonique » (lecture incertaine), « à isom. unique près » ; la démonstration esquissée ici est nôtre. ↩
  32. La fin de la page est très incertaine (« Il n'y a pas de problème si \(H'\) n'est pas connexe », « décrivons les ext. de \(\pi_0 H'\) \dots ») et se termine par deux lignes biffées. ↩
  33. On appelle trivialisation stricte d'une extension \(E\) de \(K\) par \(N\) sur un sous-groupe distingué \(L \subset K\) un morphisme \(L \to E\) relevant l'inclusion, centralisant \(N\), et dont l'image est distinguée dans \(E\) (équivariance pour la conjugaison). La page glose « stricte » par une parenthèse ajoutée en interligne, lue avec un fort doute « comm. avec prod. produits » ; on donne la définition dont la suite a besoin. ↩
  34. Le début de la page 17 (« i.e. un relèvement, et compatible \dots ») est surchargé et se lit mal ; la flèche \(\varphi\) y est pointillée. ↩
  35. La page écrit \(\operatorname{Ext}(\mathfrak{G}, N) \times \operatorname{Hom}_{\mathfrak{G}}(\pi, \mathfrak{z}(N)) \xrightarrow{\sim} \operatorname{Ext}(H \bmod \widetilde{H}_0, N) \to \operatorname{Ext}(H, N)\). Ce n'est un produit qu'une fois fixée l'action extérieure \(\mathfrak{G} \to \operatorname{Out}(N)\), car c'est elle qui définit l'action de \(\mathfrak{G}\) sur \(\mathfrak{z}(N)\) ; sinon, c'est un ensemble de couples fibré au-dessus de \(\operatorname{Ext}(\mathfrak{G}, N)\). ↩
  36. La page écrit aussi « \(1 \to N \to E \to \widetilde{H} \to 1\) équivaut à \(H^2(\mathfrak{G}, N)\) », qui ne se comprend qu'à ce sens près : un torseur sous \(H^2(\mathfrak{G}, \mathfrak{z}(N))\), et non \(H^2(\mathfrak{G}, N)\). Pour \(H\) topologique, le \(H^2\) s'entend en un sens convenable (cohomologie continue ou de Segal–Moore) ; la page ne précise pas. Références de mémoire : Eilenberg–MacLane (1947) pour les groupes discrets ; Giraud, Cohomologie non abélienne (1971), pour la notion de lien. ↩
  37. Lecture nôtre, guidée par les tirés à part du dossier, dont la seconde Note porte sur les « catégories TUB et TUBO » de voisinages tubulaires et sur les « 1-complexes circularisés ». Sous PLO : « (avec \(\pi_0(K) \to \pi_0(S)\) surjectif) » ; sous CO, un « \(\simeq \mathrm{Equiv}(\mathbb{N}, \{\mathfrak{G}_n\})\) » dont le premier mot est incertain, et que l'on comprend comme le groupoïde des ensembles finis, somme des \(\mathrm{B}\mathfrak{S}_n\) (la lettre transcrite \(\mathfrak{G}_n\) est lue ici comme le groupe symétrique, le \(\mathfrak{S}_I\) de la page 8). La flèche de droite vers CO porte « \(-\partial\) (\(\simeq \partial\)) ». ↩
  38. Les lettres de cette ligne ne s'accordent pas exactement avec celles de la page 8 : \(L_{g,n}\), qui se projette sur le groupe symétrique et reçoit \(\mathbb{Z}^{n}\) dans son centre, tient à la fois du \(T\) et du \(TS\) de la page 8, et un passage encadré, entièrement hachuré, où l'on devine « \(L_{g_i, n_i} \to T_{g_i, n_i}\) de noyau \(\operatorname{Im}(\mathbb{Z}^{n_i} \to L_{g_i, n_i})\) », a été abandonné. On ne tranche pas. Le premier groupe est noté \(\Pi_{g_i, n_i}\), « spéciaux » étant de lecture incertaine. ↩
  39. Le prénom se lit nettement ; c'est le seul lien explicite des pages manuscrites avec Ladegaillerie. ↩
  40. L'indice de \(T\) est illisible. ↩
  41. Le résultat est connu : R. L. Taylor, « Covering groups of nonconnected topological groups », Proc. AMS 5 (1954), et R. Brown, O. Mucuk, Math. Proc. Cambridge Philos. Soc. 115 (1994), qui situent l'obstruction dans \(H^3(\pi_0 H, \pi_1 H^0)\) ; références de mémoire, et rien ne dit que la page connaît la première. La page dit l'extension « unique (i.e. mod. action de \(H^2(\mathfrak{G}, \pi)\)) comme extension de \(\mathfrak{G}\) par \(\pi\) » : on écrit ce qui tient, un espace homogène sous \(H^2(\mathfrak{G}, \pi)\). ↩
  42. NB écrit en biais dans l'angle inférieur gauche, de lecture partielle. ↩
  43. La page dit l'extension « centrale » (lecture incertaine) ; elle ne l'est que si \(\mathfrak{G}\) opère trivialement sur \(\mathfrak{z}(N)\), et la page précise elle-même l'action. L'indice de \(G_!\) est un point d'exclamation, surmonté peut-être d'un \(\varphi\). ↩
  44. La page écrit \(G_0\) pour \(\widetilde{G}_0\) dans cette formule et dans la définition de \(G_!\). ↩
  45. La page écrit « \(\pi, N, H\) discrets », le \(H\) appuyé ; la condition \(\gamma\)) de la page 19 porte sur \(\mathfrak{G}\), et c'est ce qu'on lit. ↩
  46. Cette proposition est nôtre : elle remplace l'affirmation barrée en marge, qui n'est exacte que dans le cas où le noyau est trivial. Elle a la même forme que la suite exacte de la page 15, et pour la même raison : le quotient par l'image du \(\pi_1\) de la base ne voit pas tout \(\pi\). ↩
  47. La page étiquette « (c) » la ligne du bas, là où l'appariement avec (a\('\)) ferait attendre « (a) ». ↩
  48. Dans la suite exacte de 1°), l'objet du milieu porte deux accents, là où le texte n'en porte qu'un. ↩
  49. Elle se lit en partie : « Mais comme \(\mathfrak{G}'\) est discret, il en est de même de \(\mathfrak{G}'_0\), donc \(G'_0 \dots\) comme un quotient de \(\pi_0 \widetilde{G}'\) ». ↩
  50. Ce paragraphe est entièrement nôtre ; il assemble les propositions des pages 19, 21 et 23, et n'a pas d'équivalent sur les pages. Sur le sens qu'aurait cette théorie pour les groupes d'homéomorphismes des surfaces, dont le \(\pi_0\) est un groupe de Teichmüller, les pages ne disent rien. ↩
  51. Ce sont des textes d'un autre auteur ; on se borne à les identifier, comme la transcription. Un croquis au crayon au bas de la page 28, sans rapport avec les mathématiques, n'est pas attribuable. ↩