Cote n° 122 · pages 1–34
· Lecture modernisée · Point singulier isolé de la fibre : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [vers 1968-1971]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre
Résumé
Ces feuillets cherchent ce qu'une petite sphère tracée autour d'un point singulier d'une courbe ou d'une surface permet de dire de ce point.
Prenons l'exemple le plus simple. Dans l'espace des couples de nombres complexes \((z, w)\), l'équation \(z^{2} + w^{3} = 0\) définit une courbe qui a un point singulier à l'origine : elle y forme une pointe. Entourons l'origine d'une petite sphère ; dans l'espace des couples complexes, qui a quatre dimensions réelles, cette sphère en a trois. La courbe la coupe selon un cercle tordu, qui fait un nœud de trèfle. Toute l'information sur la singularité est dans la façon dont ce nœud est posé dans la sphère.
La découverte qui organise le sujet, et que ces pages tiennent pour acquise, est que le complémentaire du nœud est rangé comme un livre ouvert. Le nœud en est le dos ; les pages sont des surfaces qui s'appuient toutes sur le dos et qui, en tournant autour de lui, remplissent toute la sphère et reviennent à leur position de départ. Une page s'appelle aujourd'hui la fibre de Milnor, et le tour complet, qui ramène chaque page sur elle-même mais pas point par point, la monodromie. En dimension supérieure, c'est la même image : une sphère \(W\) de dimension \(2n+1\), un « nœud » \(W_0\) de dimension \(2n-1\), des pages \(M\) de dimension \(2n\).
Ce que le dossier fait de cette image est de la cohomologie : une manière de compter les trous d'un espace, degré par degré. Les feuillets découpent la sphère en deux morceaux, un épais voisinage du dos et la réunion des pages, et écrivent toutes les suites exactes qui relient les trous des morceaux à ceux du tout. Puis ils remarquent que chacune de ces suites est en dualité avec une autre — à peu près comme, en algèbre linéaire, une application est en dualité avec sa transposée. Une seule application, notée \(u\), porte tout ce qui n'est pas formel : c'est la forme d'intersection des cycles d'une page, qui dit comment deux trous de la page se croisent.
La conclusion, quand \(W\) est vraiment une sphère, est que presque tout est déterminé. La sphère n'ayant pas de trous, le nœud et les pages n'en ont qu'en quelques degrés, et dans les deux degrés du milieu une suite exacte de six termes, symétrique, relie les trous du nœud, ceux de la page et l'application \(u\). C'est là que vit tout ce que la singularité a de particulier.
Deux choses donnent à ces pages leur caractère. D'abord, tout y est dit deux fois : une fois pour des variétés différentiables, où l'on peut dessiner, et une fois, par un dictionnaire écrit sur une feuille de croquis, pour des schémas, où le cercle autour duquel tournent les pages devient un point générique et le tour de monodromie un groupe de Galois. Le dessin sert de modèle à ce qu'on ne peut pas dessiner. Ensuite, la méthode : avant de choisir, il recense — quarante suites exactes, « en fait 80 », et la phrase s'arrête sur « mais ». Le dernier feuillet change de sujet et note un défaut des conditions de finitude pour des systèmes de modules.
Les noms à chercher ensuite : fibration de Milnor, livre ouvert, suite de Wang, suite de Gysin, dualité de Poincaré–Lefschetz, théorème de Lefschetz local, cycles évanescents.
Keywords — Milnor fibration, Milnor fiber, open book decomposition, link of a singularity, isolated hypersurface singularity, monodromy, Poincaré-Lefschetz duality, Mayer-Vietoris sequence, Thom isomorphism, Gysin sequence, Wang sequence, intersection form, local Lefschetz theorem, affine Lefschetz theorem, cohomological purity, vanishing cycles, a-adic systems
1–34
Le dossier, sa charpente et ses notations
Trente-quatre feuillets, dont dix-sept sont de sa main : les pages paires 2 à 16, la page 19, les pages impaires 21 à 31, et les pages 33 et 34. Les autres sont blancs, ou sont des feuillets dactylographiés d'autres mains dont il a souvent réutilisé le verso ; la transcription les passe, et cette lecture aussi.1
Le dossier se lit en cinq stations.
- Pages 2 à 10. Préliminaires de topologie : une variété à bord, sa dualité, et une variété coupée en deux morceaux le long d'une hypersurface ; toutes les suites exactes qui en résultent, et leur appariement par dualité.
- Pages 12 à 16. Le modèle : une variété recollée à partir de deux fibrés le long de leur bord commun — un livre ouvert — et le dictionnaire qui le relie à la situation algébrique d'un point singulier isolé de la fibre.
- Pages 19 à 25. Les triangles distingués (a) à (e) dans la catégorie dérivée, l'application de dualité \(u\), et l'énoncé que ces triangles sont autotransposés.
- Pages 25 à 33. Le cas où \(W\) est une sphère : suite de Gysin, Lefschetz local, annulations, et la suite exacte des degrés du milieu ; puis la même chose dite en termes de fibres générique et spéciale.
- Page 34. Un autre sujet : les conditions de finitude pour les systèmes inductifs \(\mathfrak{a}\)-adiques.
Les objets. \(W\) est une variété compacte de dimension \(2n+1\) — dans le bon cas une sphère —, \(W_0 \subset W\) une sous-variété compacte de codimension \(2\), \(Q\) un voisinage tubulaire fermé de \(W_0\), isomorphe à \(W_0 \times D^{2}\), et \(P\) l'adhérence de \(W - Q\), de sorte que \[ W = P \cup Q, \qquad P \cap Q = \partial P = \partial Q \simeq W_0 \times S^{1}, \] et que l'inclusion \(P \subset W - W_0\) est une équivalence d'homotopie. Le morceau \(P\) est fibré sur le cercle \(S^{1}\), de fibre une variété à bord \(M\) de dimension \(2n\), de bord \(\partial M = W_0\). On note \(\pi\) le groupe fondamental du cercle, qui agit sur la cohomologie de \(M\) par monodromie, et \[ K = R\Gamma(M, \Lambda) \in D(\Lambda[\pi]), \qquad L = R\Gamma(W_0, \Lambda) \in D(\Lambda), \] \(L^{\mathrm{triv}}\) désignant \(L\) muni de l'action triviale de \(\pi\). Dans la situation algébrique que le modèle traduit, \(W\) est le bord d'une petite boule autour du point singulier, \(W_0\) son intersection avec la fibre spéciale (le link), \(M\) la fibre de Milnor.2
Deux homonymies à ne pas confondre. La lettre \(n\) désigne aux pages 2 à 10 la dimension d'une variété quelconque, et à partir de la page 19 l'entier tel que \(\dim W = 2n+1\) ; on écrit \(d\) pour la première. Les lettres \(\alpha\), \(\beta\) désignent page 12 deux identifications de recollement, et à partir de la page 19 les deux composantes de la restriction \(R\Gamma(P) \to R\Gamma(\partial P)\) ; on garde ce second usage, qui est celui de tout le reste du dossier, et l'on écrit \(a\), \(b\) pour le premier.
Les coefficients. \(\Lambda\) est un anneau de coefficients, que l'on suppose être un corps, ou plus généralement un anneau auto-injectif comme \(\mathbf{Z}/\ell^{\nu}\), et \((-)^{\vee} = R\mathrm{Hom}_{\Lambda}(-, \Lambda)\) désigne le dual.3 On suppose les variétés orientées quand il le faut ; c'est le cas de toutes celles qui viennent de la géométrie complexe.
2–4
Variétés à bord et dualité (pages 2 à 4)
Soit \(P\) une variété topologique à bord, purement de dimension \(d\), de bord \(\partial P\) et d'intérieur \(\mathring{P} = P - \partial P\), et \(F\) un système local de \(\Lambda\)-modules de type fini. L'inclusion \(\mathring{P} \to P\) est une équivalence d'homotopie, donc \[ H^{*}(P, F) \xrightarrow{\ \sim\ } H^{*}(\mathring{P}, F), \qquad \text{c'est-à-dire} \qquad H^{*}_{\partial P}(P, F) = 0, \] et, en localisant, les faisceaux de cohomologie locale \(\underline{H}^{*}_{\partial P}(F)\) sont nuls : au voisinage d'un point du bord, \(P\) est un demi-espace. La suite exacte de la paire \((P, \partial P)\) s'écrit \[ \cdots \to H^{i}_{c}(\mathring{P}, F) \to H^{i}(P, F) \to H^{i}(\partial P, F) \to H^{i+1}_{c}(\mathring{P}, F) \to \cdots \] et la dualité de Poincaré sur la variété sans bord \(\mathring{P}\) donne \[ H^{i}_{c}(\mathring{P}, F) \simeq H^{d-i}(\mathring{P}, F^{\vee} \otimes \mathrm{or})^{\vee} \simeq H^{d-i}(P, F^{\vee} \otimes \mathrm{or})^{\vee}, \] où \(\mathrm{or}\) est le faisceau d'orientation.4 On obtient ainsi un homomorphisme \[ \varphi : H^{d-i}(P, F^{\vee} \otimes \mathrm{or})^{\vee} \longrightarrow H^{i}(P, F), \qquad \text{c'est-à-dire} \qquad \varphi \in H^{i}(P, F) \otimes H^{d-i}(P, F^{\vee} \otimes \mathrm{or}), \] et si \(\partial P = \emptyset\) c'est un isomorphisme : c'est la dualité de Poincaré pour \(P\).
Le reste de ces deux pages remplace le bord par un collier. Si \(\widetilde{\partial P} \simeq \partial P \times [0, 1]\) est un épaississement du bord et \(P' = \overline{P - \widetilde{\partial P}}\), alors \(P - P'\) se rétracte sur \(\partial P\), et l'excision \((P', \partial P') \to (P, P - P')\) donne \[ H^{i}_{P'}(P, F) \simeq H^{i}(P, \partial P; F) \simeq H^{i}_{c}(\mathring{P}, F) \simeq H^{i}_{c}(\mathring{P}', F). \] Autrement dit, la cohomologie à support compact de l'intérieur se lit aussi comme une cohomologie à support dans un compact \(P'\) que l'on a éloigné du bord ; c'est la forme sous laquelle elle reviendra.5
6–10
Une variété coupée en deux (pages 6 à 10)
Soit \(W\) une variété compacte purement de dimension \(d\), et \(P \subset W\) une sous-variété à bord de même dimension, adhérence de son intérieur. Soit \(Q\) l'adhérence de \(W - P\).6 Alors \(Q\) est aussi une sous-variété à bord, et \[ W = P \cup Q, \qquad R := P \cap Q = \partial P = \partial Q, \qquad W - R = \mathring{P} \amalg \mathring{Q}, \] avec \(R\) purement de dimension \(d-1\).
Les trois suites et leurs duales
La suite de \((W, R)\). La suite de cohomologie à support dans le fermé \(R\), jointe à l'isomorphisme de Thom en codimension \(1\), \(H^{i+1}_{R}(W, F) \simeq H^{i}(R, F \otimes \mathrm{or}_{R/W})\), s'écrit \[ \cdots \to H^{i}(W, F) \to H^{i}(P, F) \oplus H^{i}(Q, F) \to H^{i}(R, F \otimes \mathrm{or}_{R/W}) \to H^{i+1}(W, F) \to \cdots \] puisque \(H^{i}(W - R) = H^{i}(\mathring{P}) \oplus H^{i}(\mathring{Q}) = H^{i}(P) \oplus H^{i}(Q)\). L'orientation normale \(\mathrm{or}_{R/W}\) est ici triviale, \(R\) bordant \(P\).7 Il conjecture — « n'est sans doute autre que » — que c'est la suite de Mayer–Vietoris du recouvrement \(W = P \cup Q\), et c'est le cas, à la convention de signe près sur la flèche \(H^{i}(P) \oplus H^{i}(Q) \to H^{i}(R)\). Sa forme à supports compacts, \[ \cdots \to H^{i}_{c}(\mathring{P}, F) \oplus H^{i}_{c}(\mathring{Q}, F) \to H^{i}_{c}(W, F) \to H^{i}_{c}(R, F) \to \cdots, \] en est la transposée par dualité de Poincaré, puisque \(H^{i}_{c}(\mathring{P}, F) \simeq H^{d-i}(P, F^{\vee} \otimes \mathrm{or}_{W})^{\vee}\) et de même pour \(Q\).8
La suite de \((W, P)\). Si \(\widetilde{P}\) est un petit épaississement de \(P\) dans \(W\), l'excision et la page 4 donnent \(H^{i}_{P}(W, F) \simeq H^{i}_{P}(\widetilde{P}, F) \simeq H^{i}_{c}(\mathring{P}, F)\), et \(H^{i}(W - P) = H^{i}(\mathring{Q}) \simeq H^{i}(Q)\). La suite de cohomologie à support dans \(P\) devient donc \[ \cdots \to H^{i}_{c}(\mathring{P}, F) \to H^{i}(W, F) \to H^{i}(Q, F) \to \cdots, \qquad H^{i}_{c}(\mathring{P}, F) \simeq H^{d-i}(P, F^{\vee} \otimes \mathrm{or}_{W})^{\vee}, \] et symétriquement en échangeant \(P\) et \(Q\).
Le tableau de la page 10
Les trois suites s'entrelacent autour de \(H^{i}(W, F)\) en un diagramme en tresse : la suite de \((W, P)\), celle de \((W, Q)\) et celle de Mayer–Vietoris partagent deux à deux leurs termes.
LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=tiny, row sep=small, nodes={font=\scriptsize}]
& H^{i-1}(R) \arrow[dl] \arrow[dr] & \\
H^{i}_{c}(\mathring{P}) \simeq H^{d-i}(P)^{\vee} \arrow[r] & H^{i}(W) \arrow[dl] \arrow[dr] & H^{d-i}(Q)^{\vee} \simeq H^{i}_{c}(\mathring{Q}) \arrow[l] \\
H^{i}(P) \arrow[r] & H^{i}(R) & H^{i}(Q) \arrow[l]
\end{tikzcd}
Les coefficients sont omis ; les termes duaux sont pris à coefficients \(F^{\vee} \otimes \mathrm{or}_{W}\).9
Il en tire un tableau, qu'il appelle « Récapitulation ». Notons \(S(W, P)\) la suite de \((W, P)\) ci-dessus, \(S_{c}(W, P)\) sa forme à supports compacts et \(MV\) la suite de Mayer–Vietoris. On a \[ \left.\begin{aligned} \Phi &= S(W, P) \simeq S_{c}(W, Q) \\ \Phi' &= S(W, Q) \simeq S_{c}(W, P) \end{aligned}\right\}\ \text{duales,} \qquad \left.\begin{aligned} \Psi &= S(W, R) \simeq MV(W; P, Q) \\ \Psi' &= S_{c}(W, R) \simeq MV_{c}(W; P, Q) \end{aligned}\right\}\ \text{duales.} \] Les identifications \(S(W, P) \simeq S_{c}(W, Q)\) tiennent parce que \(W\), \(P\), \(Q\) sont compacts. \(\Psi\) fait intervenir \(H(P)\), \(H(Q)\), \(H(R)\), \(H(W)\) ; \(\Phi\) fait intervenir \(H(P)^{\vee}\), \(H(Q)\), \(H(W)\) ; \(\Phi'\) fait intervenir \(H(P)\), \(H(Q)^{\vee}\), \(H(W)\). Il les dispose en losange, \(\Psi\) en haut, \(\Psi'\) en bas, \(\Phi\) et \(\Phi'\) de part et d'autre.10
12–16
Le modèle : un livre ouvert (pages 12 à 16)
La construction
Soient \(S\), \(T\) deux variétés différentiables compactes, \(P \to S\) un fibré de fibre une variété à bord \(M\), et \(Q \to T\) un fibré de fibre une variété à bord \(N\). Alors \(\partial P\) est fibré sur \(S\) de fibre \(\partial M\), et \(\partial Q\) sur \(T\) de fibre \(\partial N\). On se donne des difféomorphismes \[ a : S \simeq \partial N, \qquad b : T \simeq \partial M \] et des trivialisations \(\sigma : \partial P \simeq S \times \partial M\), \(\tau : \partial Q \simeq T \times \partial N\).11 On en déduit \[ \partial P \simeq \partial N \times \partial M, \qquad \partial Q \simeq \partial M \times \partial N, \] d'où, en échangeant les facteurs, un difféomorphisme \(\varphi : \partial P \simeq \partial Q\), et \(W\) est la variété obtenue en recollant \(P\) et \(Q\) le long de leurs bords via \(\varphi\). Les inclusions \[ W - Q = P - \partial P \hookrightarrow P, \qquad W - P = Q - \partial Q \hookrightarrow Q \] sont des équivalences d'homotopie.12
Le cas qui sert est celui où \(N = D^{2}\) est un disque, de bord \(S = S^{1}\), et où \(T = \partial M\). Alors \(Q = T \times D^{2}\) est un voisinage tubulaire de \(T\) (l'âme \(T \times \{0\}\) étant notre \(W_0\)), \(P\) est fibré sur le cercle de fibre \(M\), et leur bord commun est \[ S^{1} \times T = \partial N \times \partial M = \partial P = \partial Q = P \cap Q . \] C'est la structure qu'on appelle aujourd'hui un livre ouvert : \(T\) est le dos (la reliure), les fibres de \(P \to S^{1}\) sont les pages, et chacune a pour bord le dos.13
LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
M \arrow[r, hook] & P \arrow[d] & S^{1} \times T \arrow[l, hook'] \arrow[r, hook] \arrow[dl] \arrow[dr] & Q \arrow[d] & N \arrow[l, hook'] \\
& S = S^{1} & & T = \partial M &
\end{tikzcd}
Les flèches horizontales sont les inclusions d'une fibre et du bord commun ; les flèches obliques sont les deux projections du produit \(S^{1} \times T\).14
Le dictionnaire (page 16)
La page 16 est une feuille de croquis. Elle porte la clef de tout le dossier : la correspondance entre les morceaux du modèle et les objets de la géométrie algébrique. \[ \begin{array}{c|cccc|cccc} \text{modèle} & W & P & Q & R & M & N & T = \partial M & S = \partial N \\ \hline \text{géométrie} & V' & V_{\eta} & V'_{s} & V'_{s} \times \eta & X'_{\bar\eta} & e & V'_{s} & \eta \sim S^{1} \end{array} \] Ici \(V'\) est un voisinage épointé du point singulier, \(V'_{s}\) sa trace sur la fibre spéciale et \(V_{\eta}\) sa trace sur la fibre générique ; le point générique \(\eta\) du disque épointé joue le rôle du cercle, et la fibre géométrique générique celui de la page du livre. Le groupe \(\pi\) de la page 19 est, dans cette lecture, le groupe d'inertie, qui agit sur la fibre de Milnor par monodromie.15
La feuille porte encore deux diagrammes en perspective, en forme de cube, l'un sur les objets du modèle, l'autre sur leurs correspondants, qu'on ne reproduit pas ; un second exemplaire de l'hexagone de la page 10, prolongé jusqu'à \(H^{i+1}(W)\) ; l'accouplement \(H^{i}(Q) \times H^{d-i-1}(P) \to H^{d-1}(R) \simeq \Lambda\) ; et un dénombrement. Les dix parties à trois éléments de \(\{1, \ldots, 5\}\) sont écrites en colonnes, des sommes partielles sont encadrées — \(20\), \(14\), \(2\), \(4\) — et le total est entouré : « 40 suites exactes de coh. relative et autant pour l'homologie… En fait 80 suites exactes, mais ». La phrase s'arrête là.16
19–21
Les triangles de la fibre de Milnor (pages 19 à 21)
On revient aux notations des conventions : \(\dim W = 2n+1\), \(W_0 = T\) le dos, \(M\) la page, \(K = R\Gamma(M)\) dans \(D(\Lambda[\pi])\), \(L = R\Gamma(W_0)\). Toutes les identifications ci-dessous sont celles du modèle : \(R\Gamma(P) \simeq R\Gamma(W - W_0)\), \(R\Gamma(Q) \simeq R\Gamma(W_0)\), et \(R\Gamma_{c}(\mathring{P}) \simeq R\Gamma_{c}(W - W_0)\).17 La page 19 écrit quatre triangles distingués, la page 21 un cinquième.18
(a), dans \(D(\Lambda[\pi])\) : la suite de la paire \((M, \partial M)\), avec son action de monodromie, \[ R\Gamma_{c}(\mathring{M}) \longrightarrow K \xrightarrow{\ \rho\ } L^{\mathrm{triv}} \xrightarrow{\ +1\ } . \] L'action sur \(L\) est triviale parce que la monodromie peut être choisie égale à l'identité près du bord de \(M\) — c'est la trivialisation \(\sigma\) de la page 12. La flèche \(\rho\) est la restriction au bord, « compatible avec cup ».
(b) : on applique le foncteur des invariants dérivés \(R\Gamma^{\pi} = R\mathrm{Hom}_{\Lambda[\pi]}(\Lambda, -)\). Comme \(P\) est fibré sur le cercle de fibre \(M\), \(R\Gamma^{\pi}(K) \simeq R\Gamma(P)\) ; et \[ R\Gamma^{\pi}(L^{\mathrm{triv}}) \simeq R\Gamma(W_0 \times S^{1}) \simeq L \otimes^{\mathbf{L}}_{\Lambda} R\Gamma(S^{1}) \simeq L \oplus L[-1] . \] On obtient la suite de la paire \((P, \partial P)\), avec \(\partial P = S^{1} \times W_0\) : \[ R\Gamma_{c}(\mathring{P}) \longrightarrow R\Gamma(P) \xrightarrow{\ (\alpha, \beta)\ } L \oplus L[-1] \xrightarrow{\ +1\ } . \] La composante \(\alpha : R\Gamma(P) \to L\) est la restriction à une copie \(W_0 \times \{\mathrm{pt}\}\) du bord, compatible aux cup-produits. La composante \(\beta : R\Gamma(W - W_0) \to L[-1]\) s'identifie en cohomologie, dit la marge, au cobord de la suite de cohomologie relative qui relie \(H^{i}(W - W_0)\) et \(H^{i-1}(W_0)\) : c'est le résidu le long de \(W_0\).19
(c) : on applique à (a) le foncteur d'oubli \(D(\Lambda[\pi]) \to D(\Lambda)\), et l'on retrouve la suite de \((M, \partial M)\) sans action : \[ R\Gamma_{c}(\mathring{M}) \longrightarrow R\Gamma(M) \longrightarrow R\Gamma(W_0) \xrightarrow{\ +1\ } . \] 20
(d) : la suite de cohomologie relative de \((W, W - W_0)\) — « au choix pour \((W, P)\) » —, jointe à l'isomorphisme de Thom \(R\Gamma_{W_0}(W) \simeq R\Gamma(W_0)[-2]\) : \[ R\Gamma(W_0)[-2] \longrightarrow R\Gamma(W) \longrightarrow R\Gamma(W - W_0) \xrightarrow{\ \beta\ } R\Gamma(W_0)[-1] . \] La flèche de degré \(1\) de ce triangle est, note la marge, « le \(\beta\) de (b) ».21 C'est la suite de Gysin.
(e) (page 21) : la suite de la paire \((W, Q)\), par excision \(H(W, Q) \simeq H_{c}(\mathring{P})\) : \[ R\Gamma_{c}(\mathring{P}) \longrightarrow R\Gamma(W) \xrightarrow{\ \rho_1\ } R\Gamma(Q) \simeq R\Gamma(W_0) \xrightarrow{\ +1\ } . \] 22
Les restrictions \(W \to P\) et \(Q \to \partial P\) définissent un morphisme de triangles \((\theta_0, \theta_1, \theta_2)\) de (e) dans (b) : \(\theta_0\) est l'identité de \(R\Gamma_{c}(\mathring{P})\) (c'est l'isomorphisme \(u_0\) que la page dit induit), \(\theta_1 = \rho_0 : R\Gamma(W) \to R\Gamma(P)\) est la restriction, et \(\theta_2 : L \to L \oplus L[-1]\) est l'inclusion du premier facteur, image inverse par la projection \(W_0 \times S^{1} \to W_0\). D'où la relation \[ \rho_1 = \alpha \circ \rho_0 \] que la page note en marge.23
21–25
Dualité : l'application \(u\) et les triangles autotransposés (pages 21 à 25)
L'application \(u\)
Supposons \(W\) non singulière, c'est-à-dire variété topologique ; comme \(W\) est déjà une variété au voisinage de \(W_0\), cela revient à demander que \(\mathring{P}\), ou \(\mathring{M}\), le soit.24 La dualité de Poincaré sur la variété orientée \(\mathring{M}\) de dimension \(2n\) donne, de façon équivariante, \[ R\Gamma_{c}(\mathring{M}) \simeq K^{\vee}[-2n] \qquad \text{dans } D(\Lambda[\pi]), \] où \(\pi\) agit sur \(K^{\vee}\) par la contragrédiente.25 La première flèche de (a) devient alors \[ \boxed{\ u : K^{\vee}[-2n] \longrightarrow K \quad \text{dans } D(\Lambda[\pi])\ } \] et (a) devient le triangle \[ \text{(a')} \qquad K^{\vee}[-2n] \xrightarrow{\ u\ } K \xrightarrow{\ \rho\ } L^{\mathrm{triv}} \xrightarrow{\ \rho'\ } K^{\vee}[-2n+1] . \] En cohomologie, \(u\) est l'application \(H^{i}_{c}(\mathring{M}) \to H^{i}(M)\) qui oublie le support ; en degré \(n\) c'est la forme d'intersection de la fibre de Milnor.
Comme \(K\) est parfait sur \(\Lambda\), une flèche \(K^{\vee}[-2n] \to K\) est la même chose qu'une classe de degré \(2n\) de \(K \otimes^{\mathbf{L}}_{\Lambda} K\) ; pour qu'elle soit une flèche de \(D(\Lambda[\pi])\), la classe doit être prise dans la cohomologie de \(\pi\) : \[ u \in H^{2n}\bigl(\pi,\ K \otimes^{\mathbf{L}}_{\Lambda} K\bigr) = \mathrm{Hom}_{D(\Lambda[\pi])}(K^{\vee}[-2n], K). \] 26
Il affirme que \(\rho\) et \(\rho'\) sont transposés l'une de l'autre, avec un « signe ? », c'est-à-dire que le triangle (a') est autotransposé : son dual, décalé de \(-2n\), est le même triangle tourné. C'est la dualité de Poincaré–Lefschetz pour la variété à bord \(M\) : elle échange \(R\Gamma(M)\) et \(R\Gamma_{c}(\mathring{M})\), et, \(\partial M = W_0\) étant une variété fermée de dimension \(2n-1\), elle identifie \(L^{\vee}[-2n]\) à \(L[-1]\). Le transposé de \(\rho : K \to L\) est alors une flèche \(L[-1] \to K^{\vee}[-2n]\), c'est-à-dire \(\rho'\).27
Les triangles (c') et (b')
Le foncteur d'oubli donne \[ \text{(c')} \qquad R\Gamma(M)^{\vee}[-2n] \longrightarrow R\Gamma(M) \longrightarrow R\Gamma(W_0) \xrightarrow{\ +1\ }, \] « encore un triangle autotransposé ». Le foncteur \(R\Gamma^{\pi}\) donne \[ \text{(b')} \qquad R\Gamma(P)^{\vee}[-2n-1] \xrightarrow{\ u_1\ } R\Gamma(P) \xrightarrow{\ (\alpha, \beta)\ } L \oplus L[-1] \xrightarrow{\ (\alpha', \beta')\ } , \] autotransposé lui aussi, avec \(R\Gamma(P) \simeq R\Gamma(W - W_0)\) et \(R\Gamma(P)^{\vee}[-2n-1] \simeq R\Gamma_{c}(\mathring{P})\) : c'est la dualité de Poincaré–Lefschetz pour la variété à bord \(P\), de dimension \(2n+1\).
Le décalage \(-2n-1\) et non \(-2n\) est ce que la marge encadrée demande de vérifier : « la commutation de \(R\Gamma^{\pi}\) à \(R\mathrm{Hom}_{\Lambda}(-, \Lambda)\) ». Elle a lieu avec un décalage : pour \(\pi = \mathbf{Z}\), groupe de dualité de Poincaré de dimension \(1\) (c'est la dualité sur le cercle), \[ R\Gamma^{\pi}(K^{\vee}) \simeq R\Gamma^{\pi}(K)^{\vee}[-1] . \] 28
Les données nouvelles
Il en tire deux structures nouvelles. La première est \[ \boxed{\ u_1 : R\Gamma(W - W_0)^{\vee}[-2n-1] \longrightarrow R\Gamma(W - W_0)\ }, \] l'image de \(u\) par \(R\Gamma^{\pi}\). La seconde est une paire d'accouplements, obtenus en transposant \(\alpha\) et \(\beta\) et en identifiant \(L^{\vee} \simeq L[2n-1]\) par la dualité de Poincaré sur \(W_0\) : \[ \boxed{\begin{aligned} \lambda &: R\Gamma(W_0) \otimes R\Gamma(W - W_0) \longrightarrow \Lambda[-2n], \\ \mu &: R\Gamma(W_0) \otimes R\Gamma(W - W_0) \longrightarrow \Lambda[-(2n-1)], \end{aligned}} \] soit, en cohomologie, \[ \lambda : H^{2n-i}(W_0) \times H^{i}(W - W_0) \to \Lambda, \qquad \mu : H^{2n-1-i}(W_0) \times H^{i}(W - W_0) \to \Lambda . \] Par la dualité de Poincaré sur \(W_0\), \(H^{2n-i}(W_0)^{\vee} \simeq H^{i-1}(W_0)\) et \(H^{2n-1-i}(W_0)^{\vee} \simeq H^{i}(W_0)\), de sorte que ces accouplements sont des applications \[ \lambda^{i} : H^{i}(W - W_0) \to H^{i-1}(W_0), \qquad \mu^{i} : H^{i}(W - W_0) \to H^{i}(W_0), \] et il le dit : « je dis que c'est \(\beta\) », « je dis que c'est \(\alpha\) ». C'est bien ce qu'ils sont, par construction.29
La page 25 résume : on a deux données remarquables, \(u\) et l'accouplement \[ \boxed{\ R\Gamma(W_0)^{\mathrm{triv}} \otimes K \longrightarrow \Lambda[-(2n-1)]\ }, \] qui n'est autre que \(\rho\) : par dualité de \(W_0\), une flèche \(K \to L^{\vee}[-(2n-1)] \simeq L^{\mathrm{triv}}\) est la même chose qu'un tel accouplement. Et « enfin, les triangles (a) et (b) sont transposés », chacun étant son propre transposé.30
Sans hypothèse de non-singularité
Une remarque (« NB ») étend tout cela : avec des coefficients généraux, localement constants au voisinage de \(W_0\), et les coefficients « duaux » de l'autre côté, on n'a plus besoin que \(W\) soit non singulière. La dualité de Verdier remplace celle de Poincaré, et elle apparie les triangles comme suit : (a), (b) et (c) sont chacun transposés d'un triangle du même type, et (d) est transposé de (e). En effet, le dual de (d) décalé de \(-(2n+1)\) est, terme à terme, \[ R\Gamma_{c}(W - W_0) \longrightarrow R\Gamma(W) \longrightarrow R\Gamma(W_0) \xrightarrow{\ +1\ }, \] qui est (e).31
25–31
Quand \(W\) est une sphère (pages 25 à 31)
La suite de Gysin
Supposons que \(W\) soit une sphère cohomologique de dimension \(2n+1\) : \(H^{i}(W) = \Lambda\) pour \(i = 0, 2n+1\), et \(0\) sinon. La suite de Gysin (d), \[ \cdots \to H^{i-2}(W_0) \to H^{i}(W) \to H^{i}(W - W_0) \xrightarrow{\ \beta\ } H^{i-1}(W_0) \to H^{i+1}(W) \to \cdots, \] donne aussitôt :
- a)si \(i \neq 0, 2n\), le résidu \(\beta : H^{i}(W - W_0) \to H^{i-1}(W_0)\) est un isomorphisme ;32
- b)dans les degrés du haut, la portion \[ 0 = H^{2n}(W) \to H^{2n}(W - W_0) \hookrightarrow H^{2n-1}(W_0) \twoheadrightarrow H^{2n+1}(W) = \Lambda \to H^{2n+1}(W - W_0) = 0 , \] avec \(H^{2n}(W_0) = 0\). Si \(W_0\) est connexe, \(H^{2n-1}(W_0) \simeq \Lambda\) par dualité, et donc \(H^{2n}(W - W_0) = 0\) et \(H^{2n-1}(W_0) \simeq H^{2n+1}(W)\).33
La réciproque est encadrée en marge, et elle est juste : si \(W\) est une variété fermée connexe orientable de dimension \(2n+1\), c'est une sphère cohomologique si et seulement si \(\beta : H^{i}(W - W_0) \to H^{i-1}(W_0)\) est un isomorphisme pour \(i \neq 0, 2n\) et injectif pour \(i = 2n\) ; quand \(W_0\) est connexe, la dernière condition équivaut à \(H^{2n}(W - W_0) = 0\).34
Lefschetz local
Supposons l'espace total \(X\) régulier au point singulier \(x\) de la fibre. Alors le théorème de Lefschetz local donne \[ H^{i}(W) \longrightarrow H^{i}(W_0) \quad \text{isomorphisme pour } i \leq n-2, \ \text{injectif pour } i = n-1, \] et, transposé par les dualités de \(W\) (dimension \(2n+1\)) et de \(W_0\) (dimension \(2n-1\)), il devient l'énoncé sur l'application de Gysin \[ H^{i}(W_0) \longrightarrow H^{i+2}(W) \quad \text{isomorphisme pour } i \geq n+1, \ \text{surjectif pour } i = n . \] 35
Donc la cohomologie de \(W\) détermine celle de \(W_0\), sauf dans les deux degrés \(n-1\) et \(n\) — « complémentaires, i.e. où les cohomologies sont duales pour \(W_0\) ». Et l'on a \[ H^{i}(W - W_0) = H^{i}(P) = 0 \qquad \text{pour } i > n+1 . \]
Les annulations
Revenant au cas où \(W\) est une sphère, on trouve \[ H^{i}(W_0) = 0 \quad \text{si } i \neq 0, n-1, n, 2n-1, \qquad H^{i}(W - W_0) = 0 \quad \text{si } i \neq 0, 1, n, n+1, \] la première par Lefschetz local et sa transposée, la seconde par le résidu \(\beta\).36 La suite de Gysin est alors triviale, sauf les morceaux \[ \begin{aligned} &0 \to H^{0}(W) \to H^{0}(W - W_0) \to 0, \qquad 0 \to H^{1}(W - W_0) \to H^{0}(W_0) \to 0, \\ &0 \to H^{n}(W - W_0) \to H^{n-1}(W_0) \to 0, \qquad 0 \to H^{n+1}(W - W_0) \to H^{n}(W_0) \to 0 \quad (n \neq 1), \\ &0 \to H^{2n-1}(W_0) \to H^{2n+1}(W) \to 0, \end{aligned} \] et, pour \(n = 1\), où les degrés \(n\) et \(2n-1\) se confondent, le dernier devient \(0 \to H^{2}(W - W_0) \to H^{1}(W_0) \to H^{3}(W) \simeq \Lambda \to 0\). Pour \(n = 1\), \(W_0\) est un entrelacs de la sphère de dimension \(3\), qui peut avoir plusieurs composantes : c'est l'exemple du nœud de trèfle.
Il en déduit, encadré, \[ \boxed{\ H^{i}(M, \Lambda) = 0 \quad \text{pour } i > n\ } \] et ajoute, entre crochets, que c'est « indépendant en fait » de la non-singularité de \(W\) et de \(W_0\). L'énoncé est vrai, et c'est la remarque entre crochets qui le justifie : \(M\) a le type d'homotopie d'un complexe cellulaire de dimension \(n\).37
La suite exacte des degrés du milieu
Lorsque \(W\) est non singulière, le triangle (c') donne la suite exacte longue \[ \cdots \to H^{2n-i}(M)^{\vee} \xrightarrow{\ u\ } H^{i}(M) \to H^{i}(W_0) \to H^{2n-i-1}(M)^{\vee} \xrightarrow{\ u\ } H^{i+1}(M) \to H^{i+1}(W_0) \to \cdots \] Avec l'annulation précédente, elle donne des isomorphismes en dehors du milieu : \[ \begin{aligned} H^{i}(M) &\xrightarrow{\ \sim\ } H^{i}(W_0) && \text{pour } i \leq n-2, && \text{injectif pour } i = n-1, \\ H^{i}(W_0) &\xrightarrow{\ \sim\ } H^{2n-i-1}(M)^{\vee} && \text{pour } i \geq n+1 . \end{aligned} \] 38 Ainsi \(H^{q}(M)\) est connu en termes de \(H^{q}(W_0)\), sauf dans les degrés \(n-1\) et \(n\), où l'on a la suite exacte \[ H^{n-1}(M) \to H^{n-1}(W_0) \to H^{n}(M)^{\vee} \xrightarrow{\ u\ } H^{n}(M) \to H^{n}(W_0) \to H^{n-1}(M)^{\vee} . \] 39
Supposons enfin que \(W\) soit la sphère topologique et \(n \geq 3\). Alors \(H^{i}(W_0) = 0\) pour \(i \neq 0, n-1, n, 2n-1\), donc par ce qui précède \[ H^{i}(M) = 0 \qquad \text{pour } i \neq 0, n-1, n, \] et la suite des degrés du milieu se ferme en une suite exacte que la page encadre sur deux lignes, la seconde étant la transposée de la première : \[ \boxed{\begin{array}{c} 0 \to H^{n+1}(M)^{\vee} \xrightarrow{\ u\ } H^{n-1}(M) \to H^{n-1}(W_0) \to H^{n}(M)^{\vee} \\ \downarrow u \\ 0 \leftarrow H^{n+1}(M) \xleftarrow{\ {}^{t}u\ } H^{n-1}(M)^{\vee} \leftarrow H^{n}(W_0) \leftarrow H^{n}(M) \end{array}} \] Avec \(H^{n+1}(M) = 0\), les deux termes extrêmes sont nuls, et ce qui reste est la suite à six termes \[ 0 \to H^{n-1}(M) \to H^{n-1}(W_0) \to H^{n}(M)^{\vee} \xrightarrow{\ u\ } H^{n}(M) \to H^{n}(W_0) \to H^{n-1}(M)^{\vee} \to 0, \] symétrique sous la dualité, l'application \(u\) du milieu étant autotransposée.40
33–33
En termes de fibres (page 33)
La page 33, sur un autre papier, récrit le critère de la page 27 dans le langage du dictionnaire de la page 16 : \(V\) joue le rôle de \(W\), sa partie générique \(V_{\eta}\) celui de \(W - W_0\), sa partie spéciale \(V_{s}\) celui de \(W_0\).41 Il vient, pour \(n \geq 1\) : \[ V \text{ sphère cohomologique} \iff \left\{\begin{aligned} &H^{i}(V_{\eta}) \to H^{i-1}(V_{s}) \ \text{isomorphisme pour } i \neq 0, 2n, \\ &H^{0}(V_{\eta}) \simeq \Lambda, \\ &H^{2n}(V_{\eta}) \to H^{2n-1}(V_{s}) \ \text{injectif, de conoyau} \simeq \Lambda . \end{aligned}\right. \] C'est le critère encadré de la page 27, rendu complet par les conditions en degrés \(0\) et \(2n\). Il est accompagné de la portion de suite \[ 0 \to H^{2n}(V_{\eta}) \to H^{2n-1}(V_{s}) \to H^{2n+1}(V) \to H^{2n+1}(V_{\eta}) \to H^{2n}(V_{s}) = 0, \] où \(H^{2n}(V_{\eta}) = 0\) si \(n \geq 2\) et \(H^{2n+1}(V_{\eta}) = 0\) si \(n \geq 1\) — c'est l'annulation au-dessus de \(n+1\), puisque \(2n+1 > n+1\).
La page conclut : si l'on sait déjà que la singularité est isolée, « \(H^{i}(V_{s}) = 0\) si \(i \neq 0, n-1, n\) ». Pris au pied de la lettre pour le link, c'est faux en degré \(2n-1\), où la même page a \(H^{2n-1}(V_{s}) \simeq \Lambda\). C'est en revanche exactement l'énoncé de la page 31 pour la fibre de Milnor, et la marge, qui écrit \(H^{i}(V_{\xi}) \simeq H^{i}(V_{s})\), semble aller dans ce sens.42
34–34
Un autre sujet : finitude et noyaux (page 34)
La dernière page, sur le même papier que la précédente, change de sujet. Elle note un « inconvénient sérieux » des groupes \(\mathrm{Ext}^{n}(S, T; A)\) lorsque la catégorie \(A\) satisfait l'axiome (AB5) des limites inductives filtrantes exactes : les conditions de finitude naturelles sur les systèmes inductifs \(\mathfrak{a}\)-adiques, ou essentiellement \(\mathfrak{a}\)-adiques — pour \(A\) localement noethérienne — ne semblent pas stables par passage au noyau. Dualement, sous (AB5\(^{*}\)), les conditions de finitude correspondantes ne semblent pas stables par conoyau. La phrase finit sur deux points d'exclamation.43
Suit un Exemple, entièrement barré : \(A\) un anneau noethérien, \(f\), \(g\) deux éléments formant une suite \(M\)-régulière, et \[ P = M_{f}/M = \varinjlim_{n} M/f^{n}M, \] le système inductif ayant pour flèches de transition \(M/f^{n}M \to M/f^{m}M\) la multiplication par \(f^{m-n}\), donc injectives. L'exemple s'arrête sur « \(Q =\) ».44
Notes
- L'un d'eux est une annonce imprimée de l'Institut Henri Poincaré pour des conférences commençant le 25 avril 1968. Elle ne date pas ses notes, mais elle est compatible avec la datation « [vers 1968-1971] » de Montpellier, que l'on reprend telle quelle. Les pages ne sont pas numérotées de sa main ; l'ordre est celui de l'inventaire. ↩
- Le dossier écrit \(\mathbb{R}(\Gamma, \pi)(M)\) et \(K^{\bullet}\) pour notre \(K\), \(L^{\bullet}\) pour \(L\), \(\mathbb{R}\Gamma_{!}\) pour notre \(R\Gamma_{c}\), et marque l'intérieur d'une variété à bord d'un petit rond (\(\mathring{P}\), \(\mathring{M}\)), ce que l'on garde. ↩
- Hypothèse suppléée. Le dossier passe constamment de la dualité des complexes à celle des groupes de cohomologie, \(H^{i}(K^{\vee}) = H^{-i}(K)^{\vee}\), ce qui demande que \(\mathrm{Hom}(-, \Lambda)\) soit exact. Sur \(\mathbf{Z}\) il faudrait ajouter des termes \(\mathrm{Ext}^{1}\). Les cohomologies en jeu sont de type fini, les variétés étant compactes ; c'est ce que dit la marge de la page 21 : « \(K\) parfait relativement à \(\Lambda\) ». ↩
- La page note \(T\) le faisceau d'orientation et \(\check{F}\) le système local dual. En marge : « si on travaille avec faisceaux loc. constants […], i.e. fibres de dim finie ». La page dit « paracompacte », le préfixe étant ajouté au-dessus de la ligne et entouré. Pour la suite on a besoin que \(P\) soit compacte : c'est ce qui rend \(H^{i}_{c}(\mathring{P}) \simeq H^{i}(P, \partial P)\) et la cohomologie de type fini ; hypothèse suppléée. ↩
- Tout le haut de la page 4 est barré ; on n'en retient que la conclusion, qui est reprise proprement au-dessous. Les « mod » des formules \(H^{i}(P \bmod \partial P, F)\), qui désignent la cohomologie relative, sont des lectures douteuses. ↩
- La page écrit \(Q = P - \mathring{P}\), ce qui serait le bord de \(P\) ; c'est un lapsus, et la suite de la page n'a de sens que pour l'adhérence du complémentaire. ↩
- La page écrit le troisième terme \(H^{i+1}(R, F \otimes \mathcal{T}_{R})\) ; l'isomorphisme de Thom en codimension \(1\) abaisse le degré d'une unité, et le terme correct est \(H^{i}(R, \ldots)\), ce qu'exige aussi la comparaison avec Mayer–Vietoris qui suit. La bulle en marge dit bien « faisceau d'orientation normal […] ici \(\simeq \mathbf{Z}\) ». ↩
- La page écrit \(H^{i}_{!}(W - T, F)\) pour \(H^{i}_{c}(W - R, F)\) : la lettre \(T\) y tient lieu de \(R\), comme dans le tableau récapitulatif de la page 10. ↩
- La page dessine l'hexagone sans pointe sur le trait de \(H^{i-1}(R)\) vers le terme de gauche ; on l'oriente comme le cobord de la suite de \((Q, R)\), ce qu'il est. L'hexagone de la page 16 répète celui-ci, prolongé d'un cran vers \(H^{i+1}(W)\). ↩
- Un bloc écrit dans l'autre sens de la feuille, sur la suite de \((W, Q)\), est barré ; il porte un « ? » sur l'isomorphisme \(H^{i}_{Q}(W) \simeq H^{i}_{c}(W - P)\), qui est juste (c'est la page 8, avec \(P\) et \(Q\) échangés). Le tableau encadré qui précède la récapitulation dit la même chose sous une autre disposition ; les \(R\) de sa première ligne sont des lectures douteuses. ↩
- La page note \(\alpha\), \(\beta\) ce que l'on note \(a\), \(b\) ; voir les conventions. ↩
- La phrase de la page 14 est en partie illisible, et semble dire que c'est la trivialité de \(\partial P\) qui « signifie » ces équivalences d'homotopie. Elles tiennent en fait pour toute variété à bord, par le théorème du collier ; ce que la trivialité des bords fournit est le difféomorphisme \(\varphi\), donc le recollement lui-même. ↩
- Le nom est de Winkelnkemper (1973), postérieur à ces pages ; la chose, pour le bord d'une petite boule autour d'une singularité isolée d'hypersurface complexe, est le théorème de fibration de Milnor (Singular points of complex hypersurfaces, 1968). Le dossier ne cite personne. Il pose le modèle sans démonstration : c'est un cadre, pas un théorème. ↩
- Le diagramme de la page 14 a treize sommets : outre ceux d'ici, \(W\) (avec les inclusions de \(P\) et \(Q\)), les points-bases \(s\), \(t\) et \((s, t)\) des bases, et des copies de \(\partial N = S^{1}\) et de \(\partial M = T\) placées à côté de \(N\) et de \(M\). Plusieurs de ses têtes de flèche sont douteuses ; on n'en reproduit que la structure, qui ne dépend pas d'elles. La page écrit « \(N = D_{1} \sim e\) », lecture douteuse : \(N\) est un disque, contractile (\(e\) est le point), et c'est un disque de dimension \(2\) puisque son bord est un cercle. ↩
- La page écrit \(X'_{\eta}\) sous \(P\) et à nouveau sous \(M\). Le modèle exige que ce soient deux objets différents : \(P\) est fibré sur le cercle, \(M\) est sa fibre. On lit le second comme la fibre géométrique générique \(X'_{\bar\eta}\), ce que la page ne marque pas. Elle écrit aussi \(T = \dot{M}\), \(S = \dot{N}\), le point marquant le bord ; le \(N\) de \(\dot{N}\) peut se lire \(M\). ↩
- La page écrit \(\binom{5}{2} = \frac{5.4.3}{12.} = 10\) ; le résultat \(10\) est juste (\(\binom{5}{2} = \binom{5}{3}\), et c'est bien dix triplets qui sont listés), le calcul intermédiaire ne l'est pas tel qu'écrit. On ne reconstitue pas ce qui est dénombré au-delà de ce que les inscriptions disent. ↩
- La dernière tient parce que \((W - W_0) - \mathring{P} = Q - W_0\) est isomorphe à \(\partial Q \times {]0, 1]}\), dont la cohomologie à support compact est nulle. ↩
- Sur la page les triangles sont dessinés, deux de leurs côtés en pointillé, et le sommet qui reçoit la flèche de degré \(1\) est mis entre crochets et entouré au crayon. On les écrit ici en ligne. ↩
- La page 19 écrit le second facteur \(R\Gamma(W_0)(-1)\), la page 23 \(L^{\bullet}[-1]\). Les deux appartiennent à la formule : dans le cadre étale que le modèle traduit, \(R\Gamma(\pi, \Lambda) \simeq \Lambda \oplus \Lambda(-1)[-1]\) pour la partie modérée de l'inertie, et le facteur est \(L(-1)[-1]\) ; dans le modèle topologique la torsion de Tate est invisible. On l'omet désormais, comme dans l'isomorphisme de Thom \(R\Gamma_{W_0}(W) \simeq L(-1)[-2]\) qui suit. La décomposition \(R\Gamma(S^{1}) \simeq \Lambda \oplus \Lambda[-1]\) est légitime : un complexe dont la cohomologie est \(\Lambda\) en degrés \(0\) et \(1\) est scindé, l'obstruction vivant dans \(\mathrm{Ext}^{2}_{\Lambda}(\Lambda, \Lambda) = 0\). ↩
- L'exposant que porte ici \(K\) pour marquer l'oubli de l'action est lu « \(\omega\) » (ou « w ») à la page 19 et « ens » au triangle (c') de la page 23 ; les deux lectures sont douteuses et l'on ne tranche pas. On écrit \(K\) pour l'objet de \(D(\Lambda[\pi])\) et \(R\Gamma(M)\) pour son image dans \(D(\Lambda)\). ↩
- La page écrit le sommet \(R\Gamma_{!}(W)\) ; \(W\) étant compacte, c'est \(R\Gamma(W)\). Elle fait aboutir \(\beta\) au sommet \(R\Gamma(W_0)[-2]\), le décalage d'une unité étant celui de la flèche de degré \(1\) ; on l'écrit explicitement. ↩
- La page étiquette \(\beta'\) la flèche de degré \(1\) de (e) ; la même lettre désigne à la page 23 une autre flèche, celle de (b'). Le long de \(\rho_1\) : « compatible avec […] », illisible. ↩
- La page écrit le morphisme \((u_0, u_1, u_2)\), avec « \(u_1 = \rho_0\), \(u_2 = \mathrm{id}_1\) » ; on lit \(\mathrm{id}_1\) comme l'identité sur le premier facteur. On renomme ces composantes, \(u\) et \(u_1\) désignant plus loin d'autres flèches. La justification de « \(u_0\) isomorphisme » est illisible ; c'est l'excision. Une note en oblique dans la marge gauche, qui mentionne (a'), est presque entièrement illisible. ↩
- Dans la situation algébrique, \(W\) est toujours lisse près de \(W_0\) : la fibre spéciale n'ayant qu'un point singulier isolé, le morphisme est lisse le long de ses autres points. La non-singularité de \(W\) est donc une hypothèse sur l'espace total au point singulier. ↩
- La page écrit d'abord \([2n]\), crochet repassé, puis \([-2n]\) plus bas ; c'est \([-2n]\) qui est juste : \(H^{i}(K^{\vee}[-2n]) = H^{2n-i}(M)^{\vee} \simeq H^{i}_{c}(\mathring{M})\). Dans le cadre étale s'ajoute une torsion \((n)\). ↩
- La page écrit \(\xi \in H^{2n}(K \otimes^{\mathbf{L}}_{\Lambda} K)\), sans \(\pi\), et la lettre \(\xi\) est douteuse. Telle quelle, c'est la classe de l'application sous-jacente dans \(D(\Lambda)\) ; l'application de \(D(\Lambda[\pi])\) en est un relèvement, et c'est lui que le reste du dossier utilise. ↩
- Le signe que la page interroge dépend des conventions de rotation des triangles et de l'identification \(L^{\vee} \simeq L[2n-1]\) ; on ne le fixe pas. Le même phénomène donne, sur le degré moyen, \({}^{t}u = (-1)^{n} u\) : la forme d'intersection d'une variété de dimension \(2n\) est symétrique pour \(n\) pair, alternée pour \(n\) impair. ↩
- Vérification suppléée : la page la demande et ne la fait pas. Dans le cadre étale, la même formule vaut pour la partie modérée de l'inertie, avec une torsion \((-1)\). Après (b') la page écrit « [exprimer comment ?] » : c'est cette commutation qui l'exprime. ↩
- La page écrit les accouplements avec un \(\times\) ; ils sont définis sur le produit tensoriel dérivé. Les exposants des deux lignes en cohomologie sont récrits par-dessus d'autres, illisibles ; ceux que l'on donne sont ceux que la page porte en dernier, et ce sont ceux qu'impose le degré des accouplements. ↩
- La phrase dit « transposés », sans préciser ; (a) et (b) vivent dans des catégories différentes et en dimensions différentes (\(2n\) et \(2n+1\)), et ne peuvent être transposés l'un de l'autre. On la lit, comme les triangles (c') et (b') de la page 23, au sens de l'autotransposition. ↩
- La page écrit : « les suites exactes du type (a), (b), (e) sont transposées de suites exactes du même type, et les suites exactes du type (c) sont transposées de celles du type (d) ». La troisième lettre de la première liste est surchargée et « (e) » est une lecture douteuse. Telle que transcrite, l'affirmation ne tient pas : (c) est la suite d'une variété à bord de dimension \(2n\), son dual est une suite du même type, tandis que le dual de (d) est (e), comme on vient de le voir. L'appariement que l'on donne est celui qui est vrai ; il est compatible avec la lecture « (a), (b), (c) … (e) … (d) » que les surcharges laissent ouverte. ↩
- Il écrit d'abord la condition « \(i, i+1 \neq 0, 2n+1\) », puis : « en fait, comme on sait (b), il suffit que \(i \neq 0, 2n\) ». Pour \(i = 2n+1\) les deux membres sont nuls, \(P\) étant une variété compacte à bord non vide de dimension \(2n+1\) et \(W_0\) de dimension \(2n-1\). ↩
- La bulle de la page dit « si \(W_0\) est connexe, [ce qui est] le cas si \(n \geq 2\) », et une autre renvoie à « Lefschetz [affine ?] local plus bas » : la connexité de \(W_0\) pour \(n \geq 2\) résulte en effet de l'isomorphisme \(H^{0}(W) \simeq H^{0}(W_0)\) du théorème de Lefschetz local ci-dessous. ↩
- Hypothèse suppléée : l'encadré ne dit pas que \(W\) est une variété fermée connexe. Sans elle, les conditions sur \(\beta\) ne donnent pas \(H^{0}(W) = H^{2n+1}(W) = \Lambda\) ; avec elle, la suite de Gysin donne l'annulation de \(H^{i}(W)\) pour \(1 \leq i \leq 2n\), et la dualité fait le reste. L'encadré ajoute : « si \(n \geq 2\) et \(W\) non singulière, il faut que \(H^{2n}(W - W_0) = 0\), \(W_0\) connexe ». La page 33 reprend le critère sous une forme complète, avec les conditions en degrés \(0\) et \(2n\). ↩
- Les bornes des deux énoncés sont récrites par-dessus d'autres chiffres, et la seconde, \(n\), est douteuse ; celles que l'on donne sont celles que la dualité impose (\(j \leq n-2\) équivaut à \(i = 2n-1-j \geq n+1\)). La page écrit \(H^{i}_{!}(W_0)\) ; \(W_0\) est compacte. Topologiquement, c'est le théorème de Milnor : le link d'une singularité isolée d'hypersurface de dimension \(n\) est \((n-2)\)-connexe. Dans le cadre étale, c'est la forme cohomologique des énoncés de Lefschetz locaux de SGA 2, et le fait que \(W\) soit une sphère cohomologique quand \(X\) est régulier est la pureté cohomologique — connue pour \(X\) lisse sur un corps (SGA 4, XVI), démontrée en général par Gabber bien plus tard. La page ne cite aucun de ces textes. ↩
- La page écrit la seconde annulation « si \(i > n+1\) » puis, entre crochets, « en fait si \(i \neq 0, 1, n, n+1\) » ; c'est la forme crochetée que l'on retient, qui contient l'autre. Le degré \(2n\), où \(\beta\) n'est pas un isomorphisme, est couvert par b) ci-dessus, pour \(n \geq 2\). ↩
- La borne encadrée est surchargée ; \(n\) est douteux, \(n+1\) possible. C'est \(n\) qui est vrai. Il ne découle pas de la seule annulation de \(H^{i}(W - W_0)\) pour \(i > n+1\) : par la suite de Wang \(H^{i}(P) \to H^{i}(M) \xrightarrow{\gamma - 1} H^{i}(M) \to H^{i+1}(P)\), où \(\gamma\) est la monodromie, celle-ci donne seulement que \(\gamma - 1\) est bijectif sur \(H^{i}(M)\) pour \(i > n\), ce qui n'interdit pas \(H^{i}(M) \neq 0\). L'annulation elle-même est un théorème de type Lefschetz affine : topologiquement, Andreotti–Frankel et Milnor (\(M\) est une variété de Stein de dimension complexe \(n\)) ; dans le cadre étale, le théorème de Lefschetz affine d'Artin (SGA 4, XIV) et ses variantes. C'est d'ailleurs le mot que porte, avec un point d'interrogation, la marge de la page 27. On remarquera que la page 31 est écrite comme si l'on ne savait que l'annulation pour \(i > n+1\). ↩
- La page donne le second isomorphisme pour \(i \geq n+2\) seulement, avec « épim si \(i = n+1\) », et note « donc \(2n-i-1 \leq n-3\) ». C'est exactement ce qui découle d'une annulation \(H^{i}(M) = 0\) pour \(i > n+1\) ; avec la borne vraie \(i > n\), on a aussi \(H^{n+1}(M) = 0\), et l'application est bijective dès \(i = n+1\). Les bornes \(n+2\) et \(n-2\) sont surchargées et lues d'après la remarque « \(2n-i-1 \leq n-3\) » et la page 27 ; « épim » et « mono » sont des lectures douteuses. ↩
- La page porte « surj » sur la flèche \(H^{n-1}(W_0) \to H^{n}(M)^{\vee}\). Par exactitude, son image est le noyau de \(u : H^{n}(M)^{\vee} \to H^{n}(M)\), et elle n'est surjective que si \(u\) est nul en degré moyen, ce qui n'est pas le cas en général : pour un point double ordinaire en \(n\) pair, la forme d'intersection est la forme \((\pm 2)\) sur \(H^{n}(M) \simeq \Lambda\). On ne retient pas le mot. Les deux lignes commencent par des termes biffés, qui reprennent la suite un cran plus bas. ↩
- L'encadré est traversé au crayon de traits en zigzag reliant les deux lignes, avec des signes \(+\) et \(-\) alternés : c'est la symétrie des deux lignes, et sans doute un calcul de caractéristique d'Euler. On ne le reconstitue pas. Le dossier s'arrête là. Le théorème de Milnor selon lequel \(M\) a le type d'homotopie d'un bouquet de sphères de dimension \(n\) donnerait de plus \(H^{n-1}(M) = 0\) pour \(n \geq 2\), et réduirait la suite à \(0 \to H^{n-1}(W_0) \to H^{n}(M)^{\vee} \xrightarrow{u} H^{n}(M) \to H^{n}(W_0) \to 0\) : la cohomologie du link est le noyau et le conoyau de la forme d'intersection. Les pages n'atteignent pas cet énoncé. ↩
- La page 16 écrit \(V'\) et \(V'_{s}\) ; la page 33 omet le prime. ↩
- Doute signalé. L'indice lu \(\xi\) peut être un \(\eta\) ; si c'est la fibre géométrique générique qui est désignée, la marge et la conclusion portent sur la fibre de Milnor. On ne corrige pas la page ; on dit ce qui est vrai : \(H^{i}(W_0) = 0\) pour \(i \neq 0, n-1, n, 2n-1\), et \(H^{i}(M) = 0\) pour \(i \neq 0, n-1, n\) quand \(n \geq 3\). ↩
- Le premier paragraphe est le plus difficile de la page : le mot qui précède « Ext » est illisible, « Ext » et « noyaux » sont des lectures douteuses, et l'on ne précise pas davantage ce que sont \(S\) et \(T\), que la page ne définit pas. Ce que l'on appellerait aujourd'hui ces systèmes inductifs est le langage des ind-objets et des modules de torsion \(\mathfrak{a}\)-primaire. ↩
- L'objet \(M_{f}/M\) est le premier module de cohomologie locale \(H^{1}_{(f)}(M)\) ; la régularité de la suite \((f, g)\) suggère que le contre-exemple annoncé devait se construire à partir de lui et de la multiplication par \(g\), mais la page ne le dit pas, et on ne le complète pas. La lettre \(P\) est ici sans rapport avec la variété à bord des pages précédentes. ↩