Cote n° 115 · batch 1 · pages 1–14
· Lecture modernisée · « Correspondances » fonctorielles. Dualité des topos — lecture modernisée
Datation de l’inventaire : [à partir de 1982]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre
Résumé
Ces pages — plusieurs sont écrits au dos de listings informatiques IBM datés de juin 1982, ce qui date le dossier — poursuivent une seule question : que capture-t-on d'une catégorie à travers les deux espèces d'ombres que projettent ses objets ?
Fixons une petite catégorie \(A\) et voyons ses objets comme des formes. Chaque objet peut être sondé par la gauche, par les flèches qui y arrivent, ou par la droite, par celles qui en partent. Enregistrer toutes les arrivées transforme l'objet en préfaisceau ; enregistrer les départs en donne un copréfaisceau. Ce sont les deux mondes d'ombres, et tous deux sont des topos — d'où le titre du dossier.
Les premiers pages montent une machinerie de correspondances : un seul objet au-dessus d'un produit \(A \times B\) agit comme un noyau intégral \(k(x,y)\) en analyse, transportant les ombres sur \(A\) en ombres sur \(B\) et retour. La page 5 dispose onze catégories de foncteurs en roue — un cercle porté par quatre rayons — toutes équivalentes : autant de lectures du même noyau, une par choix de variance.
La dualité elle-même est à la page 7, et c'est le cas particulier où l'on prend pour noyau le hom lui-même. Elle apparie préfaisceaux et copréfaisceaux, chacun devenant « les fonctions sur » l'autre — exactement comme un espace vectoriel \(V\) et son dual \(V^{*}\) en algèbre linéaire. La question que Grothendieck pose et laisse ouverte est celle de la réflexivité, un cran plus haut : \(V \to V^{**}\) n'est un isomorphisme qu'en dimension finie ; ici, pour quels objets ? On appelle cela aujourd'hui la dualité d'Isbell. Les pages suivants construisent la catégorie où les deux versants se rejoignent, et y placent la complétion de Cauchy.
Rien de tout cela n'a été publié. Ces notes voisinent avec les matériaux autour de Pursuing Stacks (1983), et le cercle d'idées est aujourd'hui classique : les noms modernes à chercher sont profoncteur, dualité d'Isbell et complétion de Cauchy.
Keywords — profunctor, Isbell duality, Cauchy completion
3–3
La dualité d'Isbell, telle que la cote 115 l'établit
Dans tout ce qui suit, \(A\) et \(B\) sont de petites catégories. On note \(\widehat{A} = [A^{\mathrm{op}}, \mathbf{Ens}]\) la catégorie des préfaisceaux et \(A^{\vee} = [A, \mathbf{Ens}]\) celle des copréfaisceaux.1 Toutes deux sont des catégories de préfaisceaux — \(A^{\vee} = \widehat{A^{\mathrm{op}}}\) — donc des topos de Grothendieck : c'est à quoi renvoie le titre du dossier. On note \(y\) le plongement de Yoneda.
Deux décorations reviennent sans cesse. Un point d'exclamation en indice, \(\underline{\mathrm{Hom}}_{!}\), désigne la sous-catégorie pleine des foncteurs commutant aux colimites ; en exposant, \(\underline{\mathrm{Hom}}^{!}\), ceux qui commutent aux limites ; doublé, la version à deux variables, séparément en chaque argument.2 En langue d'aujourd'hui : cocontinus et continus.
3–5
Noyaux entre topos de préfaisceaux
Le premier mouvement est un calcul de correspondances, sur le modèle d'un noyau intégral \(k(x,y)\) transportant les fonctions d'un espace à un autre.
Soient \(p_{A}, p_{B}\) les projections de \(A \times B\), et convenons que le hom relatif désigne l'image directe du hom interne le long de la projection qui oublie la variable restante.3 Pour \(X \in (A \times B)^{\wedge}\), les deux transformées sont \[ {}^{s}X(L) = \underline{\mathrm{Hom}}_{B}(p_{B}^{*}L,\ X), \qquad {}^{d}X(M) = \underline{\mathrm{Hom}}_{A}(p_{A}^{*}M,\ X), \qquad L \in \widehat{A},\ M \in \widehat{B}, \] et un unique accouplement les relie : \[ X(L,M) = \mathrm{Hom}(L \boxtimes M,\ X) \;\cong\; \mathrm{Hom}_{\widehat{A}}\bigl(L,\ {}^{d}X(M)\bigr) \;\cong\; \mathrm{Hom}_{\widehat{B}}\bigl(M,\ {}^{s}X(L)\bigr), \qquad L \boxtimes M = p_{B}^{*}L \times p_{A}^{*}M . \] Le produit externe \(\boxtimes : \widehat{A} \times \widehat{B} \to (A \times B)^{\wedge}\) est pleinement fidèle.
La variance mérite qu'on s'y arrête, car tout le reste en dépend. Puisque \((A\times B)^{\wedge} = [A^{\mathrm{op}} \times B^{\mathrm{op}}, \mathbf{Ens}]\), le noyau \(X\) est contravariant en chacun de ses deux arguments ; \({}^{s}X\) et \({}^{d}X\) sont donc des foncteurs contravariants \[ {}^{s}X : \widehat{A}^{\,\mathrm{op}} \longrightarrow \widehat{B}, \qquad {}^{d}X : \widehat{B}^{\,\mathrm{op}} \longrightarrow \widehat{A}, \] et les isomorphismes ci-dessus les rendent mutuellement adjoints à droite : c'est une adjonction entre \(\widehat{A}^{\,\mathrm{op}}\) et \(\widehat{B}\), autrement dit une adjonction duale et non une adjonction ordinaire.4
La page 5 dispose onze catégories de foncteurs en roue, dont toutes les flèches sont des équivalences. Le centre est le noyau lui-même ; la couronne intérieure le curryfie nûment ; le bord le curryfie après (co)complétion, d'un côté (\(\widehat{A}^{\,\mathrm{op}}\), \(A^{\vee}\)) ou des deux :5
LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=tiny, row sep=small, nodes={font=\scriptsize}]
(\widehat{B}_{\to}) & & & & & & (\widehat{A}_{\to}) \\
& \underline{\mathrm{Hom}}^{!}(\widehat{B}^{\,\mathrm{op}},\widehat{A}) \arrow[rr, bend left=22] \arrow[dd, bend right=22] & & \underline{\mathrm{Hom}}^{!!}(\widehat{A}^{\,\mathrm{op}},\widehat{B}^{\,\mathrm{op}};\,\mathbf{Ens}) & & \underline{\mathrm{Hom}}^{!}(\widehat{A}^{\,\mathrm{op}},\widehat{B}) \arrow[ll, bend right=22] \arrow[dd, bend left=22] & \\
& & \underline{\mathrm{Hom}}(B^{\mathrm{op}},\widehat{A}) \arrow[ul] & & \underline{\mathrm{Hom}}(A^{\mathrm{op}},\widehat{B}) \arrow[ur] & & \\
& \underline{\mathrm{Hom}}_{!}^{!}(A^{\vee},\widehat{B}^{\,\mathrm{op}};\,\mathbf{Ens}) & & (A\times B)^{\wedge} \arrow[ul] \arrow[ur] \arrow[dl] \arrow[dr] \arrow[uu, no head, "\wedge\wedge" description] \arrow[ll, no head, "\vee\wedge" description] \arrow[rr, no head, "\wedge\vee" description] \arrow[dd, no head, "\vee\vee" description] & & \underline{\mathrm{Hom}}^{!}_{!}(\widehat{A}^{\,\mathrm{op}},B^{\vee};\,\mathbf{Ens}) & \\
& & \underline{\mathrm{Hom}}(A^{\mathrm{op}},\widehat{B}) \arrow[dl] & & \underline{\mathrm{Hom}}(B^{\mathrm{op}},\widehat{A}) \arrow[dr] & & \\
& \underline{\mathrm{Hom}}_{!}(A^{\vee},\widehat{B}) \arrow[uu, bend left=22] \arrow[rr, bend right=22] & & \underline{\mathrm{Hom}}_{!!}(A^{\vee},B^{\vee};\,\mathbf{Ens}) & & \underline{\mathrm{Hom}}_{!}(B^{\vee},\widehat{A}) \arrow[uu, bend right=22] \arrow[ll, bend left=22] & \\
(A^{\vee}_{\to}) & & & & & & (B^{\vee}_{\to})
\end{tikzcd}
Les quatre rayons sans pointe sont le repère de variance de la page, non des foncteurs : chaque quadrant fixe un choix de présentation (\(\wedge\) pour le versant préfaisceaux, \(\vee\) pour les copréfaisceaux), et l'annotation d'angle nomme la variable mise en jeu. Les diagonales prolongent le long de Yoneda, et le point d'exclamation enregistre ce que le prolongement doit préserver pour être une équivalence — un foncteur issu d'une (co)complétion libre est déterminé par sa restriction aux générateurs exactement lorsqu'il commute aux (co)limites que cette complétion ajoute.6 Le même énoncé est ensuite porté aux familles finies \((A_{i})_{i \in I}\), \(I\) étant scindé en une part covariante et une part contravariante.
7–7
La dualité
Tout ce qui précède se spécialise. Prenons \(B = A^{\mathrm{op}}\) et, pour noyau, le hom lui-même : \(H_{A} = \mathrm{Hom}_{A} \in (A \times A^{\mathrm{op}})^{\wedge}\) — c'est la remarque portée par Grothendieck dans la marge gauche de la page 3, que c'est là l'élément canonique de cette catégorie. L'adjonction duale du paragraphe précédent devient une adjonction entre \(\widehat{A}\) et \((A^{\vee})^{\mathrm{op}}\) : c'est la dualité d'Isbell.
Explicitement, ses deux foncteurs sont \[ \mathcal{O}(\Phi)(a) = \widehat{A}\bigl(\Phi,\ y a\bigr), \qquad \mathrm{Spec}(\Psi)(a) = A^{\vee}\bigl(\Psi,\ \mathrm{Hom}_{A}(a,-)\bigr), \] respectivement covariant et contravariant en \(a\), de sorte que \(\mathcal{O}\Phi \in A^{\vee}\) et \(\mathrm{Spec}\,\Psi \in \widehat{A}\) ; et \[ H_{A}(\Phi, \Psi) \;\cong\; \mathrm{Hom}_{\widehat{A}}\bigl(\Phi,\ \mathrm{Spec}\,\Psi\bigr) \;\cong\; \mathrm{Hom}_{A^{\vee}}\bigl(\Psi,\ \mathcal{O}\Phi\bigr), \] c'est-à-dire \(\mathcal{O} \dashv \mathrm{Spec}\) comme foncteurs \(\widehat{A} \rightleftarrows (A^{\vee})^{\mathrm{op}}\).7
Chaque foncteur est déterminé à isomorphisme unique près par deux propriétés, que le manuscrit énonce toutes deux : il se restreint le long de \(y\) au hom covariant, et il transforme les colimites de sa source en limites de son but.8 Sur les représentables, l'accouplement redonne le hom : \(H_{A}(y a, \mathrm{Hom}_{A}(b,-)) \cong \mathrm{Hom}_{A}(a,b)\), puisque \(\mathcal{O}(y a) = \mathrm{Hom}_{A}(a,-)\) et que Yoneda fait le reste.
L'unité et la counité \[ \eta_{\Phi} : \Phi \longrightarrow \mathrm{Spec}\,\mathcal{O}\,\Phi, \qquad \varepsilon_{\Psi} : \Psi \longrightarrow \mathcal{O}\,\mathrm{Spec}\,\Psi \] sont donc des isomorphismes sur les représentables. Le sont-elles ailleurs ? C'est la question que le dossier pose et laisse ouverte :
Les morphismes d'adjonction sont-ils des isomorphismes seulement pour les représentables ? Est-ce une équivalence faible — sans doute pas.
C'est la question de la réflexivité de l'algèbre linéaire, un cran plus haut. Pour les espaces vectoriels sur un corps, \(V \to V^{**}\) est un isomorphisme exactement sur les espaces de dimension finie ; ici, les objets où \(\eta\) est inversible sont dits réflexifs, ou auto-duaux au sens d'Isbell, et ce sont eux que construit la section suivante.9
Dualement, il existe une contraction, cocontinue en chaque variable, \[ H^{A} : \widehat{A} \times A^{\vee} \longrightarrow \mathbf{Ens}, \qquad \Phi \star_{A} \Psi \;=\; \int^{a \in A} \Phi(a) \times \Psi(a), \] la cofin, qui coïncide avec le hom sur les représentables par le lemme de co-Yoneda, et qui donne \[ \widehat{A} \;\simeq\; \underline{\mathrm{Hom}}_{!}(A^{\vee}, \mathbf{Ens}), \qquad A^{\vee} \;\simeq\; \underline{\mathrm{Hom}}_{!}(\widehat{A}, \mathbf{Ens}), \] chacun des deux topos étant les fonctionnelles cocontinues sur l'autre.10
10–13
L'enveloppe
Les pages 10 et 11 construisent ce qu'on appelle aujourd'hui l'enveloppe d'Isbell. Soit \(A \hookrightarrow B\) pleinement fidèle et \(x\) un objet de \(B\). Les deux homs \(H_{x} = \mathrm{Hom}_{B}(-, x) \in \widehat{A}\) et \(H^{x} = \mathrm{Hom}_{B}(x, -) \in A^{\vee}\) se composent, par la composition de \(B\) : \[ H_{x}(a) \times H^{x}(b) \xrightarrow{\ \alpha_{x}\ } \mathrm{Hom}_{A}(a,b), \] et le but est \(\mathrm{Hom}_{A}\) et non \(\mathrm{Hom}_{B}\) précisément parce que \(A\) est pleine. En faisant abstraction de \(B\), soit \(\widetilde{A}\) la catégorie des triplets \((H_{*}, H^{*}, \alpha)\) avec \(H_{*} \in \widehat{A}\), \(H^{*} \in A^{\vee}\) et \(\alpha\) naturel. Un morphisme est un couple \[ \varphi_{*} : H_{*} \to H'_{*} \ \text{dans } \widehat{A}, \qquad \varphi^{*} : H'^{*} \to H^{*} \ \text{dans } A^{\vee}, \] covariant en une composante et contravariant en l'autre, compatible aux accouplements : \[ \alpha_{a,b}\bigl(u,\ \varphi^{*}(u')\bigr) = \alpha'_{a,b}\bigl(\varphi_{*}(u),\ u'\bigr). \] Tout plongement plein \(A \hookrightarrow B\) induit alors \(B \to \widetilde{A}\) ; la construction est fonctorielle en \(A\) ; et elle est canoniquement auto-duale, \(\widetilde{A}^{\,\mathrm{op}} \simeq \widetilde{A^{\mathrm{op}}}\), la dualité échangeant simplement les deux composantes.11 \(\widehat{A}\) et \((A^{\vee})^{\mathrm{op}}\) s'y plongent tous deux, par \(\Phi \mapsto (\Phi, \mathcal{O}\Phi, \mathrm{ev})\) et dualement — c'est en ce sens que \(\widetilde{A}\) est le lieu où les deux versants de la dualité se rejoignent.
La page 13 place la complétion de Cauchy au centre. L'identité \[ \bigl(\mathrm{Kar}(A^{\mathrm{op}})\bigr)^{\mathrm{op}} \;\simeq\; \mathrm{Kar}(A) \] tient parce que le scindage des idempotents commute au passage à l'opposée, et que pour des catégories enrichies sur \(\mathbf{Ens}\) l'enveloppe de Karoubi \(\mathrm{Kar}\) est la complétion de Cauchy. Les rétractes de représentables sont réflexifs, donc \(\mathrm{Kar}(A)\) se place dans la part auto-duale de \(\widetilde{A}\).12
La page s'achève sur une mise en garde à propos des recollements, qu'il vaut de conserver parce que c'en est une et non une étape : étant donné \(N = M_{1} \cap M_{2}\) par des plongements pleins, on peut former \(\Sigma'\) à partir de \(M'_{1}\) et \(M'_{2}\) au-dessus ; mais même si les \(M'_{i} \to M_{i}\) sont des équivalences, les images ne sont pas nécessairement pleines dans \(\Sigma'\), ni \(N' \to N\) une équivalence.13
14–14
Coefficients
La dernière page fait prendre à la dualité ses valeurs dans une catégorie \(M\) plutôt que dans \(\mathbf{Ens}\). Pour \(M\) cocomplète, \[ \underline{\mathrm{Hom}}(A, M) \;\simeq\; \underline{\mathrm{Hom}}_{!}(\widehat{A}, M), \] propriété universelle de \(\widehat{A}\) comme cocomplétion libre de \(A\) ;14 et, pour \(M\) de plus complète, \[ \mathcal{F}(X, M)^{\mathrm{op}} \;\simeq\; \check{\mathcal{F}}(X, M^{\mathrm{op}}), \] qui échange faisceaux et cofaisceaux par passage à l'opposée. La page s'interrompt là.15
Notes
- Notation de Grothendieck lui-même, constante dans tout le dossier. ↩
- Page 3, en tête. Le manuscrit dit limites inductives et limites projectives, deux lectures que la transcription signale comme incertaines ; les équivalences qui suivent ne valent que sous cette répartition, ce qui la fixe. ↩
- Les indices du manuscrit sont l'inverse du réflexe moderne : son \(p_{B}\) est la projection qui supprime \(B\), soit \(p_{B} : A \times B \to A\). Lues autrement, les identités de la page 3 se contredisent. C'est le seul endroit du lot où la lecture tienne à une convention plutôt qu'à un tracé. ↩
- \(X\) n'est donc pas un profoncteur \(A \nrightarrow B\) : un profoncteur est covariant en une variable. C'est un préfaisceau à deux variables, et ce qu'il engendre est une correspondance de Galois du type \(V \mapsto V^{*}\) — ce qui explique précisément où le dossier aboutit. ↩
- La marge de la page dénombre elle-même la roue : « 6 cas » pour les formes à deux arguments — trois à valeurs dans \(\widehat{A}\), trois dans \(\widehat{B}\) — et « 4 cas » pour les formes mixtes \(\bigl|\widehat{A}^{\,\mathrm{op}} \text{ ou } A^{\vee}\bigr| \times \bigl|\widehat{B}^{\,\mathrm{op}} \text{ ou } B^{\vee}\bigr| \to \mathbf{Ens}\). Avec le centre : onze. La roue en dessine treize, les deux formes intérieures étant chacune écrites deux fois, aux deux bouts d'un diamètre — chacune curryfie vers deux bords différents. ↩
- Les diagonales sont dessinées ici toutes sortantes, du centre vers le bord : le prolongement. La page dessine celle du quadrant supérieur droit en sens inverse, \(\underline{\mathrm{Hom}}^{!}(\widehat{A}^{\,\mathrm{op}},\widehat{B}) \to \underline{\mathrm{Hom}}(A^{\mathrm{op}},\widehat{B})\) — la restriction, inverse du prolongement, tout aussi légitime puisque tout est équivalence. Une première lecture avait signalé les nœuds de gauche comme incertains et réduit la roue à huit flèches rayonnantes ; le fac-similé à haute résolution les lit nettement, et la transcription suit désormais la page trait par trait. ↩
- Le manuscrit écrit \(\varphi_{A}\) pour \(\mathcal{O}\) et \(\Psi_{A}\) pour \(\mathrm{Spec}\) ; les noms \(\mathcal{O}\) et \(\mathrm{Spec}\) sont postérieurs et portent la lecture géométrique de l'adjonction, fonctions contre points. Rien dans le dossier ne cite les travaux d'Isbell du milieu des années soixante : la construction naît ici du calcul de noyaux ci-dessus. ↩
- Le manuscrit dit que \(\Psi_{A}\) « commute aux limites projectives ». Lu dans \((A^{\vee})^{\mathrm{op}}\), c'est l'énoncé ci-dessus : \(\mathrm{Spec}\) est adjoint à droite, donc commute aux limites de \((A^{\vee})^{\mathrm{op}}\), qui sont les colimites de \(A^{\vee}\). ↩
- Sa parenthèse « sans doute pas » est conservée ci-dessus ; la transcription signale les mots qui la précèdent comme une lecture incertaine. ↩
- Les deux relèvent de la propriété de cocomplétion libre : \(\widehat{A}\) est la cocomplétion libre de \(A\), donc les foncteurs cocontinus qui en sortent correspondent aux foncteurs issus de \(A\). Les décorations de la seconde diffèrent de celles de la première dans le manuscrit et sont signalées incertaines ; elles sont données ici comme concordantes, ce qu'exige la symétrie. ↩
- Le carré de fonctorialité qui clôt la page 11 porte, dans la transcription, plusieurs étiquettes de flèches données comme conjecturales ; la forme, elle, ne fait pas de doute. ↩
- Le manuscrit écrit \(A = \widehat{A} \cap A^{\vee\circ}\), intersection de sous-catégories de catégories différentes, qui ne peut se lire littéralement ; et l'égalité avec \(\mathrm{Kar}(A)\) n'a pas lieu en général — les objets réflexifs peuvent être strictement plus nombreux. L'inclusion est ce qu'on peut affirmer, et c'est ce dont la suite de la page se sert. ↩
- Plusieurs mots de ce passage sont illisibles dans le manuscrit. Les négations, elles, se lisent : ce sont elles qui portent l'avertissement. ↩
- La cocomplétude de \(M\) n'est pas énoncée sur la page. Sans elle le membre de droite n'a pas de sens : elle est donc suppléée ici. ↩
- Ses décorations sont les moins lisibles du lot, et la transcription signale la plupart des dernières formules comme incertaines. Elles sont données ici sous la seule forme compatible avec le reste du dossier. ↩