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      <titleStmt>
        <title>Fonds Grothendieck, cote n° 111, pages 1–16 — transcription</title>
        <author>Alexandre Grothendieck</author>
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          <resp>transcription automatique — première passe, non vérifiée contre les pages par une personne (<date when="2026-09-14">2026-09-14</date>)</resp>
          <name xml:id="pass" type="model">Opus 5 (claude-opus-5)</name>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <resp>procédure, outillage, export TEI</resp>
          <orgName xml:id="ed">grothendieck.commutator.io (Commutator, Paris)</orgName>
        </respStmt>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Édition de démonstration</edition>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Commutator</publisher>
        <pubPlace>Paris</pubPlace>
        <date when="2026-09-25">2026-09-25</date>
        <availability status="restricted">
          <p>Le fonds Alexandre Grothendieck est sous droits. Cette transcription
          est une édition de démonstration, non autorisée, produite par une
          machine et non vérifiée ; aucune image du fonds n'est reproduite. La
          source LaTeX dont ce fichier dérive est publiée sous https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project.</p>
        </availability>
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      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
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          <msIdentifier>
            <country>France</country>
            <settlement>Montpellier</settlement>
            <repository>Université de Montpellier</repository>
            <collection>Fonds Alexandre Grothendieck (archives mathématiques, 1949–1991)</collection>
            <idno type="cote">111</idno>
          </msIdentifier>
          <head>Tapis de Quillen [notes du 10/09/1968] : copies de tapuscrit annoté (1968)</head>
          <msContents>
            <summary>Pages 1 à 16 de la cote, dans la
            numérotation des archivistes (crayon, en bas à gauche de chaque
            page) ; lot 1 de vingt pages.
            Les pages absentes de la transcription ne portent pas de
            mathématiques et sont omises ; le saut dans la numérotation en est
            le seul enregistrement.</summary>
          </msContents>
          
          <additional>
            <surrogates>
              <bibl>
                <ref target="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf">https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf</ref>
                <note>Fac-similé numérique de l'Université de Montpellier. Sa
                première page est une feuille de garde générée par
                l'université : la page <hi rend="italic">n</hi> des archivistes
                est la page <hi rend="italic">n</hi>+1 du PDF, et l'attribut
                <hi rend="monospace">facs</hi> de chaque
                <hi rend="monospace">pb</hi> tient compte de ce décalage.</note>
              </bibl>
            </surrogates>
          </additional>
        </msDesc>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <projectDesc>
        <p>Transcription mathématique du fonds, une passe de vingt pages par
        conversation avec un grand modèle multimodal, sous la procédure
        <hi rend="monospace">transcribe-grothendieck</hi> du dépôt. Le fichier
        LaTeX est la source de référence ; ce TEI en est dérivé mécaniquement
        par <hi rend="monospace">scripts/tei.mjs</hi> et n'a pas été relu.</p>
      </projectDesc>
      <editorialDecl>
        <p>L'édition n'est pas diplomatique : elle encode les mathématiques et
        l'apparat, rien du support. Correspondance avec l'apparat de la source :
        <hi rend="monospace">\ill</hi> devient <hi rend="monospace">gap[@reason='illegible']</hi>
        (jamais deviné) ; <hi rend="monospace">\uncertain</hi> devient
        <hi rend="monospace">unclear</hi> ; <hi rend="monospace">\add</hi> devient
        <hi rend="monospace">supplied</hi> ; <hi rend="monospace">\struck</hi> devient
        <hi rend="monospace">del</hi> (biffé par l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\note</hi> devient <hi rend="monospace">note[@type='editorial']</hi>
        (du transcripteur) ; <hi rend="monospace">\marginal</hi> devient
        <hi rend="monospace">note[@type='authorial'][@place='margin']</hi> (de l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\page</hi> devient <hi rend="monospace">pb</hi>.</p>
        <p>Les mathématiques sont transportées en TeX dans
        <hi rend="monospace">formula[@notation='TeX']</hi>, les diagrammes
        commutatifs en <hi rend="monospace">formula[@notation='tikz-cd']</hi>,
        sans conversion. Une marque d'apparat située à l'intérieur d'une
        formule (un exposant illisible, un symbole biffé) reste dans le TeX de
        la formule, sous les mêmes macros.</p>
        <p>Orthographe, ponctuation et lapsus de l'auteur sont conservés ; une
        faute évidente est signalée par une note, jamais corrigée.</p>
      </editorialDecl>
      <appInfo>
        <application ident="grothendieck-tei" version="1">
          <label>scripts/tei.mjs</label>
          <ref target="https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project">https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project</ref>
        </application>
      </appInfo>
    </encodingDesc>
    <profileDesc>
      <langUsage>
        <language ident="fr">français, avec la notation mathématique de l'auteur</language>
      </langUsage>
    </profileDesc>
    <revisionDesc>
      <change when="2026-09-14" who="#pass">Première passe de transcription.</change>
      <change when="2026-09-25" who="#ed">Export TEI depuis la source LaTeX.</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div type="batch" n="1">
<pb n="1" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=2"/>
<p><note type="authorial" place="margin">notes du <hi rend="italic">10.9.68</hi></note><note type="editorial" resp="#pass">à la main, en haut à droite de la
page, la date soulignée. Le dossier est la copie d'un tapuscrit de seize
pages, numérotées 1 à 16 à la main ; le texte tapé est donné en clair, les
interventions manuscrites en appareil : les insertions manuscrites dans la ligne sont données entre crochets, les mots tapés biffés à la main sont barrés, les notes manuscrites détachées du texte sont données à part, sans que cette présentation attribue la main. Les biffures à la machine ne sont pas reproduites</note></p>
<div type="section">
<head>Tapis de Quillen.</head>
<div type="subsection">
<head>I    Relations entre catégories et ensembles semi-simpliciaux.</head>
<p>A toute catégorie <formula notation="TeX">C</formula>, on associe un ensemble semi-simplicial <formula notation="TeX">S(C)</formula>,
trouvant ainsi un foncteur pleinement fidèle
<formula notation="TeX" rend="display">S : (\mathrm{Cat}) \longrightarrow (\mathrm{Ssimpl}) .</formula>
Les systêmes locaux d'ensemble sur <formula notation="TeX">SC</formula> correspondent aux fancteurs sur <formula notation="TeX">C</formula>
qui transforment toute flêche en isomorphisme (i.e. qui se factorisent par le
groupoïde associé à <formula notation="TeX">C</formula>). Les <formula notation="TeX">H^{i}</formula> sur <formula notation="TeX">SC</formula> d'un tel systême local (<formula notation="TeX">H^{0}</formula>
pour ens, <formula notation="TeX">H^{1}</formula> pour groupes, <formula notation="TeX">H^{i}</formula> quelconques pour groupes abéliens)
s'interprètent en termes des foncteurs <formula notation="TeX">\varprojlim^{(i)}</formula> dérigés de
<formula notation="TeX">\varprojlim</formula>, ou si on préfère, des <formula notation="TeX">H^{i}</formula>( du <hi rend="italic">topos</hi> <formula notation="TeX">\widehat{C}</formula>. On voit
ainsi à quelle condition un foncteur <formula notation="TeX">C \to C'</formula> induit un homotopisme <formula notation="TeX">SC \to
SC'</formula> : en vertu du critère cohomologique de Artin-Mazur, il f et s que pour
tout systême de coéfficients <formula notation="TeX">F'</formula> sur <formula notation="TeX">C'</formula>, l'homomorphisme naturel
<formula notation="TeX">\varprojlim_{C'}^{(i)} F' \to \varprojlim_{C}^{(i)} F</formula> soit un isomorphisme
(pour les <formula notation="TeX">i</formula> pour lesquels cela a un sens).</p>
<p>A <formula notation="TeX">C</formula> on peut assocér le topos <formula notation="TeX">\widetilde{C}</formula>, qui varie de façon
<hi rend="italic">covariante</hi> avec <formula notation="TeX">C</formula>. (NB le foncteur <formula notation="TeX">C \mapsto \widetilde{C}</formula> n'a plus
rien de pleinement fidèle, semble-til ??)<note type="editorial" resp="#pass">les tildes sont tracés à la
main sur les <formula notation="TeX">C</formula> de ce paragraphe et du suivant ; le paragraphe précédent
écrit <formula notation="TeX">\widehat{C}</formula>, d'un chapeau pâle, et ouvre devant « du <hi rend="italic">topos</hi> » une parenthèse qui n'est pas refermée</note></p>
<p>Les systêmes de coéfficients ensemblistes sur <formula notation="TeX">C</formula> (déf = les foncteurs
<formula notation="TeX">C^{\circ} \to \mathrm{Ens}</formula> transformant isomorphismes en isomorphismes)
correspondent aux faisceaux localement constants i.e. les objets localement
constants de <formula notation="TeX">\widetilde{C}</formula>, définis intrinsèquement en termes de
<formula notation="TeX">\widetilde{C}</formula>. Ainsi, le fait pour un foncteur <formula notation="TeX">F : C \to C'</formula> d'induire un
homotopisme <formula notation="TeX">S(C) \to S(C')</formula> ne dépend que du morphisme de topos
<formula notation="TeX">\widetilde{F} : \widetilde{C} \to \widetilde{C}'</formula> induit, et signifie que
pour tout faisceau localement constant <formula notation="TeX">F'</formula> sur <formula notation="TeX">C'</formula> i.e. sur
<formula notation="TeX">\widetilde{C}'</formula>, les applications induites
<formula notation="TeX" rend="display">H^{i}(\widetilde{C}', F') \longrightarrow H^{i}(\widetilde{C},
\widetilde{F}^{*}(F'))</formula>
sont des isomorphismes (pour les <formula notation="TeX">i</formula> pour lesquels cela a un sens).</p>
<pb n="2" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=3"/>
<p>On a aussi un foncteur évident
<formula notation="TeX" rend="display">T : (\mathrm{Ssimpl}) \longrightarrow (\mathrm{Cat}) ,</formula>
en associant à tout ensemble semi-simplicial <formula notation="TeX">X</formula> la catégorie <formula notation="TeX">T(X) =
\Delta/X</formula> des simplexes sur <formula notation="TeX">X</formula>, dont l'ensemble des objets est la réunion
disjointe des <formula notation="TeX">X_{n}</formula> ... (c'est une catégorie fibrée sur la catégorie
<formula notation="TeX">\Delta</formula> des simplexes types, à fibres les catégories discrètes définies par
les <formula notation="TeX">X_{n}</formula>). Ceci posé, Quillen prouve que pour tout <formula notation="TeX">X</formula>, <formula notation="TeX">ST(X)</formula> est
isomorphe canoniquement à <formula notation="TeX">X</formula> dans la catégorie homotopique construite avec
<formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})</formula>, et que pour toute <formula notation="TeX">C</formula>, la catégorie <formula notation="TeX">TS(C)</formula> est
canoniquement « homotopiquement équivalente à <formula notation="TeX">C</formula> » i.e. canoniquement isomorphe à <formula notation="TeX">C</formula> dans
la catégorie quotient de <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula> obtenue en inversant les foncteurs
qui sont des homotopismes. Ces isomorphismes sont fonctoriels en <formula notation="TeX">X</formula>. Il en
résulte formellement qu'un morphisme <formula notation="TeX">f : X \to Y</formula> dans <formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})</formula>
est un homotopisme si et seulement si il en est ainsi de <formula notation="TeX">T(f) : T(X) \to
T(Y)</formula>, d'où des foncteurs
<formula notation="TeX" rend="display">S' : (\mathrm{Cat})' \to (\mathrm{Ssimpl})' \quad\text{et}\quad T' :
(\mathrm{Ssimpl})' \to (\mathrm{Cat})'</formula>
entre les catégories « homotopiques » construites avec <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula> resp. 
<formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})</formula>, qui sont quasi-inverses l'un de l'autre.</p>
<p>De plus, Quillen construit un isomorphisme canonique et fonctoriel dans
<formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})'</formula> entre <formula notation="TeX">C</formula> et la catégorie opposée <formula notation="TeX">C^{\circ}</formula>, ou ce qui
revient au même, un isomorphisme canonique et fonctoriel dans
<formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})'</formula> entre <formula notation="TeX">S(C)</formula> et <formula notation="TeX">S(C^{\circ})</formula>. La définition est telle
que le foncteur induit sur les systêmes locaux sur <formula notation="TeX">C</formula> transforme le foncteur
contravariant <formula notation="TeX">F</formula> sur <formula notation="TeX">C</formula>, transformant toute flêche en flêche inversible, en
le foncteur covariant (i.e. contravariant sur <formula notation="TeX">C^{\circ}</formula>) ayant mêmes
valeurs sur les objets, et obtenu sur les flêches en remplaçant <formula notation="TeX">F(u)</formula> par
<formula notation="TeX">F(u)^{-1}</formula> ; en d'autres termes, l'effet de l'homotopisme de Quillen sur les
groupoïdes fondamentaux est l'isomorphisme évident entre les groupoïdes
fondamentaux de <formula notation="TeX">C</formula> et de <formula notation="TeX">C^{\circ}</formula>, compte tenu que le deuxième est
l'opposé du</p>
<pb n="3" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=4"/>
<p>premier. Comme application, Quillen obtient une interprétation faisceautique
de la cohomologie d'un ensemble semi-simplicial à coéfficients dans un systême
local <unclear>covariant</unclear> <formula notation="TeX">F</formula> (défini classiquement par le complexe cosimplicial des
<formula notation="TeX">C^{n}(F) = \coprod_{x \in X_{n}} F(x)</formula>) : on considère le systême local
contravariant défini par <formula notation="TeX">F</formula>, on l'interprète comme un faisceau sur <formula notation="TeX">T(X)</formula>
i.e. objet de <formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})/X</formula>, et on prend sa cohomologie.</p>
<p><note type="authorial" place="margin"><unclear><formula notation="TeX">\prod</formula></unclear> !</note><note type="editorial" resp="#pass">en regard de la formule, à la main :
un signe de produit suivi d'un point d'exclamation, qui corrige la somme
tapée. Plus haut, « covariant » : la frappe porte « con », trois lettres biffées à la machine, puis « variant », de sorte que « contravariant » n'est pas exclu ; « local » est tapé en interligne</note></p>
<p>— Cependant, quand <formula notation="TeX">F</formula> est un systême de coéfficiens covariant pas
nécessairement local, on n'a tjrs pas d'interprétation de ses groupes de
cohomologie classiques en termes faisceautiques ; ni, lorsque <formula notation="TeX">F</formula> est
contravariant, de son homologie, ou inversement de sa cohomologie faisceautique
en termes classiques.</p>
<p><note type="authorial" place="margin">Si !</note><note type="editorial" resp="#pass">dans la marge, en regard de ce paragraphe, qu'un grand
crochet manuscrit embrasse</note></p>
<p>A propos de la notion de foncteur qui est un homotopisme. Quillen montre qu'un
tel foncteur <formula notation="TeX">F : C \to C'</formula> induit une équivalence entre la sous catégorie
triangulée <formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(C')</formula> de la catégorie dérivée bornée de celle
des faisceaux abéliens sur <formula notation="TeX">C'</formula>, dont les faisceaux de cohomologie sont des
systêmes locaux, et la catégorie analogue pour <formula notation="TeX">C</formula> ; et réciproquement. On
peut dans cet énoncé introduire aussi n'importe quel anneau de base (à
condition de le supposer <formula notation="TeX">\neq 0</formula> dans le cas de la réciproque) ; la partie
directe vaut aussi avec un anneau de boefficients pas néc. constant, mais
constant tordu. Je pense que ce résultat (facile) doit pouvoir se généraliser
ainsi : Soit <formula notation="TeX">f : X \to X'</formula> un morphisme de topos qui soit tel que pour tout
faisceau loc. const. sur <formula notation="TeX">X'</formula>, <formula notation="TeX">f</formula> induise un isomorphisme sur les
cohomologies (avec cas non commutatif inclus). Supposons que <del><formula notation="TeX">X</formula> (resp. <formula notation="TeX">X'</formula>)</del> <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">X</formula> et <formula notation="TeX">X'</formula></supplied>
soit<note type="editorial" resp="#pass">« <formula notation="TeX">X</formula> et <formula notation="TeX">X'</formula> » est écrit à la main au-dessus de « <formula notation="TeX">X</formula>
(resp. <formula notation="TeX">X'</formula>) » biffé ; « soit » et « trivial » restent au singulier</note> <hi rend="italic">localement homotopiquement trivial</hi>, i.e. que
pour tout entier <formula notation="TeX">n</formula> <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">\geq 1</formula></supplied>, tout objet <formula notation="TeX">U</formula> <del>de <formula notation="TeX">X'</formula></del> ait un recouvrement par des
<formula notation="TeX">U_{i} \to U</formula>, tels que a) tout systême local sur <formula notation="TeX">U</formula> devient constant sur
<formula notation="TeX">U_{i}</formula>, et toute section sur <formula notation="TeX">U</formula> devient constante sur <formula notation="TeX">U_{i}</formula> et b) pour
tout groupe abélien <formula notation="TeX">G</formula>, les <formula notation="TeX">H^{j}(U, G) \to H^{j}(U_{i}, G)</formula> sont nuls pour
<formula notation="TeX">1 \leq j \leq n</formula>. Alors le foncteur <formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(X') \to
D^{b}_{\mathrm{lc}}(X)</formula> induit par <formula notation="TeX">f</formula> est</p>
<p><note type="authorial" place="margin">Attention, cette condition n'est <unclear>typiquement</unclear> <hi rend="italic">pas</hi>
satisfaite par les schémas <unclear>avec</unclear> leur topologie <unclear>étale</unclear> (mais
bien par <del><gap reason="illegible"/></del> <gap reason="illegible"/> loc. noeth. avec top. 
Zariski).</note><note type="editorial" resp="#pass">note manuscrite au pied de la page, appelée par un signe de
renvoi porté dans la marge en regard de la définition, que longe un double
trait vertical ; la flèche de « <formula notation="TeX">f : X \to X'</formula> » manque à la frappe</note></p>
<pb n="4" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=5"/>
<p>une équivalence). Même énoncé si on met dans le coup un systême local
d'anneaux sur <formula notation="TeX">X'</formula>. Enfin, <formula notation="TeX">f</formula> induit une équivalence entre la catégorie des
coéfficients locaux sur <formula notation="TeX">C</formula> et celle des coéff. locaux sur
<formula notation="TeX">C'</formula>.<note type="editorial" resp="#pass">la phrase a été retouchée à la machine, en plusieurs couches
superposées : « pleinement fidèle (resp. » est biffé en tête de page, et
« foncteur pl. fid. (resp. une équivalence) » surcharge « isomorphisme ».
Suit, biffé à la machine : « (?? peut-être cette propriété doit être mise dans
les hypothèses préliminaires sur <formula notation="TeX">f</formula> ??) »</note> Principe de démonstration : on
commence par prouver ce dernier résultat, en notant que si un topos est
localement hom. trivial, il est loc. connexe et loc. simplement connexe,
d'où une bonne théorie du <formula notation="TeX">\pi_{0}</formula> et du <formula notation="TeX">\pi_{1}</formula> (qui sont ici discrets), et
on est ramené à un cas particulier du critère d'homotopisme de Artin et Mazur,
savoir un critère cohomologique pour qu'un homomorhisme de groupes <formula notation="TeX">G \to H</formula>
(ici des groupes <formula notation="TeX">\pi_{1}</formula> de <formula notation="TeX">X</formula>, <formula notation="TeX">X'</formula>) soit un isomorphisme : il doit
induire des isomorphismes sur les <formula notation="TeX">H^{0}</formula> et <formula notation="TeX">H^{1}</formula> (y inclus dans le cas non
commutatif ...). On prouve la pleine fidélité en se ramenant par la suite
spectrale aux cas des <formula notation="TeX">\mathrm{Ext}^{i}</formula> de coéfficients locaux. Par la suite
spectrale encore, cela résultera du fait suivant : si <formula notation="TeX">X</formula> est localement hom. 
trivial, alors la catégorie des faisceaux abéliens loc. constants est
<hi rend="italic">stable par <formula notation="TeX">\mathrm{Ext}^{i}</formula></hi>, et le foncteur <formula notation="TeX">M \mapsto M_{X}</formula> des
<formula notation="TeX">(\mathrm{Ab})</formula> dans <formula notation="TeX">X_{\mathrm{ab}}</formula> commute aux dits <formula notation="TeX">\mathrm{Ext}^{i}</formula>. En
fait, <formula notation="TeX">X</formula> et <formula notation="TeX">X'</formula> étant loc. hom. triviaux, les conditions suivantes sur <formula notation="TeX">f</formula>
seront équivalentes :</p>
<list rend="itemize">
<label>a)</label><item><formula notation="TeX">f</formula> est un homotopisme, i.e. induit pour tout systême local (pas
néc commutatif) sur <formula notation="TeX">X'</formula> un isomorphisme sur les <formula notation="TeX">H^{i}</formula>.</item>
<label>b)</label><item><formula notation="TeX">f</formula> induit une équivalence <formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(X') \to
D^{b}_{\mathrm{lc}}(X)</formula>.</item>
<label>a')</label><item><formula notation="TeX">f</formula> induit une équivalence entre la catégorie des systêmes locaux
abéliens sur <formula notation="TeX">X'</formula> et <formula notation="TeX">X</formula>, et des isomorphismes sur les <formula notation="TeX">H^{i}</formula> correspondants
(donc on ne prend ici que des coéfficients commutatifs).</item>
</list>
<p><note type="authorial" place="margin">?</note><note type="editorial" resp="#pass">dans la marge, en regard de la phrase qui suit</note></p>
<p>J'ignore si on peut dans a) se borner aux systêmes locaux commutatifs.</p>
<p>L'équivalence entre a) et b) fournit une première justification ou motivation
pour définir des types d'homotopie via la catégorie
<formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(X)</formula>,<note type="editorial" resp="#pass">l'exposant et l'indice de ce
dernier <formula notation="TeX">D</formula> sont ajoutés à la main</note></p>
<pb n="5" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=6"/>
<p>éventuellement muni de la sous-catégorie pleine de tous les systêmes locaux sur
<formula notation="TeX">X</formula>, et du foncteur cohomologique sur <formula notation="TeX">D^{b}_{\mathrm{lc}}(X)</formula> à valeurs dans
ladite catégorie, et bien sûr du produit tensoriel (mais alors on sort de
<formula notation="TeX">D^{b}</formula> pour entrer dans <formula notation="TeX">D^{-}</formula>, redactor demerdetur).</p>
</div>
<div type="subsection">
<head>II    <formula notation="TeX">n</formula>-catégories, catégories <formula notation="TeX">n</formula>-uples, et
(Gr)-catégories.</head>
<p><note type="editorial" resp="#pass">sur cette page et la suivante, la main barre les exposants tapés <formula notation="TeX">0</formula>,
<formula notation="TeX">1</formula>, <formula notation="TeX">00</formula>, ... et les récrit en indices ; on donne la forme corrigée</note></p>
<p>Appelons bi-catégorie une catégorie dans <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>, i.e. un triple
<formula notation="TeX">(C_{0}, C_{1}, p_{1}, p_{2}, \pi)</formula>, où <formula notation="TeX">C_{0}</formula> est une catégorie, <formula notation="TeX">p_{1},
p_{2} : C_{1} \rightrightarrows C_{0}</formula> deux foncteurs, <formula notation="TeX">\pi : (C_{1}, p_{1})
\times_{C_{0}} (C_{1}, p_{2}) \to C_{1}</formula> un foncteur, avec les axiomes
habituels. Interprétant <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula> comme la sous-catégorie pleine de
<formula notation="TeX">(\mathrm{Ssimpl})</formula> des objets qui ..., et de même pour les catégories à
valeurs dans une catégorie telle <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>, on trouve que la catégorie
des <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-catégories <formula notation="TeX">(\mathrm{Bicat})</formula> est équivalente à la
sous-catégorie pleine de la catégorie des ensembles bi-semisimpliciaux
<formula notation="TeX" rend="display">\begin{array}{cccc}
X_{00} &amp; X_{01} &amp; \cdots &amp; X_{0n} \\
X_{10} &amp; X_{11} &amp; \cdots &amp; X_{1n} \\
\vdots &amp; &amp; &amp; \vdots
\end{array}</formula>
formée des objets qui ligne par ligne et colonne par colonne satisfont la
condition d'exactitude familière (transformer sommes amalgamées en produits
fibrés). De même la catégorie <formula notation="TeX">(\mathrm{Tricat})</formula> des
<formula notation="TeX">(\mathrm{Bicat})</formula>-catégories s'interprète en termes d'objets
tri-semisimpliciaux, etc.</p>
<p>Exemple : soit <formula notation="TeX">C</formula> une catégorie, posons <formula notation="TeX">C_{0} = C</formula>, <formula notation="TeX">C_{1} =
\mathrm{Fl}(C)</formula>, avec structures <formula notation="TeX">p_{1}</formula>, <formula notation="TeX">p_{2}</formula>, évidentes (d'où une
<formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-catétorie dont les composantes semi-simpliciales supérieures
sont les catégories <formula notation="TeX">\mathrm{Fl}^{n}(C)</formula> des <formula notation="TeX">n</formula>-flêches de <formula notation="TeX">C</formula> ...).
L'ensemble bi-semisimplicial correspondant a pour composantes les ensembles
<formula notation="TeX">\mathrm{Hom}(\Delta^{n} \times \Delta^{m}, C)</formula>. Par exemple, les objets de
<formula notation="TeX">X_{11}</formula> sont les carrés commutatifs de flêches de <formula notation="TeX">C</formula>, qu'on peut interpréter
(de deux manières différentes) comme</p>
<pb n="6" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=7"/>
<p>morphismes de flêches. Notons une symmétrie évidente dans la catégorie
<formula notation="TeX">(\mathrm{Bicat})</formula>, interprétée en termes d'ensemble bi-semisimpliciaux,
obtenue en échangeant les lignes et les colonnes dans de tels ensembles bi
... Un ensemble bisemisimplicial qui ... peut donc de deux façons
différentes être considéré comme définissant une bicatégorie. De même le
groupe symétrique <formula notation="TeX">\mathrm{Sym}_{n}</formula> opère sur la catégorie
<formula notation="TeX">(n\text{-upcat})</formula> des catégories <formula notation="TeX">n</formula>-uples ...</p>
<p>Une 2-catégorie peut être définie comme constituée par un ensemble <formula notation="TeX">C_{0}</formula>
(l'ensemble des objets), qu'on interprètera comme une catégorie discrète, plus
la donnée pour tout <formula notation="TeX">x, y \in C_{0}</formula> d'une catégorie
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}(x, y)</formula>, plus des foncteurs composition entre celles-ci
... Prenant la catégorie somme <formula notation="TeX">C_{1}</formula> des <formula notation="TeX">\mathrm{Hom}(x, y)</formula>, On peut
exprimer la donnée de ces foncteurs de composition, et des sources et buts
<formula notation="TeX">x</formula>, <formula notation="TeX">y</formula> dans les catégories <formula notation="TeX">\mathrm{Hom}(x, y)</formula>, comme définis par des
foncteurs « source » et « but » <formula notation="TeX">C_{1} \to C_{0}</formula>, et un foncteur de
composition <formula notation="TeX">C_{1} \times_{C_{0}} C_{1} \to C_{1}</formula>, les axiomes des
2-catégories correspondant exactement aux axiomes des
<formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-catégories. De cette façon, la catégorie des 2-catégories
est équivalente à la catégorie des <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-catégories qui ont une
« catégorie d'objets » qui est discrète, ou encore à la catégorie des
Bicatégories qui, interprétées comme ensembles bi-semisimpliciaux, ont comme
première ligne un ensemble semisimplicial discret (i.e. un foncteur constant
sur <formula notation="TeX">\Delta</formula>). Il parait qu'on a une interprétation simple dans le même
esprit de la notion de <formula notation="TeX">n</formula>-catégorie en termes d'ensembles
<formula notation="TeX">n</formula>-semi-simpliciaux. Demander à Quillen relations entre la notion de
<formula notation="TeX">m</formula>-Catégorie dans la catégorie <formula notation="TeX">(n\text{-Cat})</formula>, et celle de ensemble
<formula notation="TeX">(m+n)</formula>-semisimplicial.<note type="editorial" resp="#pass">un double trait vertical manuscrit, dans la
marge, en regard de ces deux phrases. Suit, biffé à la machine : « En
particulier entre cette dernière notion et celle de »</note> L'interprétation
standard semisimpliciale permet d'interpréter</p>
<pb n="7" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=8"/>
<p><note type="authorial" place="margin">Attention à la catégorie <formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}_{\mathrm{grab}}</formula>, qui
s'identifie à la catégorie définie par un <formula notation="TeX">\mathrm{RHom}_{\mathbf{Z}}(C_{\bullet},
C'_{\bullet})</formula>, ce point devant être élucidé !</note><note type="editorial" resp="#pass">note manuscrite
encadrée, en tête de la page, appelée par un signe de renvoi</note></p>
<p>de même les <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupes (ou groupes à valeurs dans
<formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>) comme étant les groupes semisimpliciaux qui « sont » des
catégories i.e. qui satisfont la condition d'exactitude familière, permettant
d'en déterminer tous les composants à l'aide de <formula notation="TeX">C_{0}</formula> et <formula notation="TeX">C_{1}</formula>. Appliquant
le tapis de Dold, dans le cas commutatif, on trouve que les
<formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupes abéliens forment une catégorie équivalente à celle des
complexes de chaines de groupes abéliens qui sont de longueur 1 :
<formula notation="TeX" rend="display">0 \longleftarrow C_{0} \longleftarrow C_{1} \longleftarrow 0 .</formula>
Quand on explicite la <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupe abélien associé à un tel
complexe de chaines, on trouve « ma » construction chérie de la « catégorie de
Picard » associée au complexe : objets ceux de <formula notation="TeX">C_{0}</formula>, flêches de <formula notation="TeX">x</formula> dans
<formula notation="TeX">y</formula> les <formula notation="TeX">z</formula> dans <formula notation="TeX">C_{1}</formula> tels que <formula notation="TeX">dz = y - x</formula>. On trouve donc à isomorphisme
près tous les groupes abéliens de <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula> ainsi. Un complément
important est que toute catégorie <del>(resp. et</del> de Picard
<del>commutative</del> est équivalente (au sens technique qu'on ne précise pas
ici) à un vrai <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupe <del>(resp. <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupe
commutatif)</del>.<note type="editorial" resp="#pass">les deux « resp. » et « commutative », « commutatif) » sont
tapés en interligne et biffés à la main</note></p>
<p><note type="authorial" place="margin">Quand on <unclear>simplifie</unclear> mod « <unclear>Grab</unclear> »-équivalence, cela correspond à
travailler dans la catégorie <hi rend="italic">dérivée</hi> des complexes, <unclear>seuls invariants</unclear> <gap reason="illegible"/>
<unclear><formula notation="TeX">H_{0}</formula>, <formula notation="TeX">H_{1}</formula></unclear> (<unclear>ou</unclear> <formula notation="TeX">\pi_{0}</formula>, <formula notation="TeX">\pi_{1}</formula>)).</note><note type="editorial" resp="#pass">à la main, à la suite de la ligne tapée qui finit sur « <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula>-groupe », puis sur deux lignes serrées entre
les lignes tapées, qui repartent de la marge gauche. La copie à l'encre bleue (dossier 162-5, p. 38) lit clairement « Quand on simplifie mod « Grab »-équivalence » et « seuls invariants sont <formula notation="TeX">H_{0}</formula>, <formula notation="TeX">H_{1}</formula> » ; la photocopie ne les porte que pâlis. Plus haut dans la marge,
en regard des lignes sur la catégorie de Picard, une note manuscrite écrite de
biais est barrée de traits obliques parallèles ; elle ne se lit pas</note></p>
<p>On notera qu'on a une classification beaucoup plus restreinte que pour les
H-espaces (resp. les H-espaces homotopiquement comm.) mod équivalence
d'homotopie, de façon précise entre les groupes resp. les groupes abéliens de
la catégorie homotopique. La raison en est qu'on est beaucoup plus restrictif
dans le contexte catégorique pour le sens de l'associativité (resp. et de la
commutativité), puisqu'on ne demande pas seulement l'existence d'isomorphismes
d'associativité (qui suffirait pour avoir un groupe dans la catégorie
homotopique <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})' \simeq (\mathrm{Ssimpl})'</formula>, modulo l'existence
d'unités et d'inverses) mais qu'on suppose <supplied resp="#pass"><hi rend="italic">donnés</hi></supplied> ces
isomorphismes, de façon à satisfaire à certaines compatibilités : c'est ce qui
permet, me semble-t-il, de prouver qu'à équivalence près, on peut supposer
qu'il s'agit de vrais groupes dans <formula notation="TeX">(\mathrm{Cat})</formula><del>, resp. de vraie
commutativité</del>.<note type="editorial" resp="#pass">« donnés » est tapé et souligné à la main ; une croix
manuscrite de renvoi après « d'associativité », et un crochet manuscrit
autour des deux dernières lignes</note></p>
<pb n="8" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=9"/>
<p>On doit trouver une approximation meilleure d'un cran à la classification
topologique en prenant des <formula notation="TeX">(2\text{-Cat})</formula>-groupes resp. des
<formula notation="TeX">(2\text{-Cat})</formula>-groupes abéliens, ou plus généralement des
« Gr-2-catégories » resp. « Grab-2-catégories ». (NB Une Grab-catégorie
définit une Grab-2catégorie comme une catégorie définit une 2-catégorie ; du
point de vue semi-simplicial, cette opération serait analogue à celle de
« cosquélette<formula notation="TeX">{}^{\times}</formula> tronqué » ; Mais également une Grab-2-catégorie
définit une Grab-catégorie<formula notation="TeX">{}^{\times}</formula>, savoir la catégorie des
automorphismes de l'objet unité ; cette opération serait analogue à celle de
« tuage des groupes d'homotopie en dim <formula notation="TeX">&gt; 1</formula> ».) Pour la notion grossière (Gr
ou Grab) l'idée de ma lettre à Verdier était qu'on doit trouver la même chose
que les tronqués au cran 2, dans la <hi rend="italic">catégorie homotopique</hi> des
H-espaces — i.e. ce qu'on déduit des H-espaces par tuage des groupes
d'homotopie en dimensions <formula notation="TeX">&gt; 2</formula>.<note type="editorial" resp="#pass">les signes <formula notation="TeX">&gt;</formula> sont récrits à la main</note></p>
<p>(Demander à Quillen relations exactes entre objets-groupes et objets connexes
de la catégorie homotopique ponctuée : forment-ils des catégories équivalentes
par le foncteur espace des lacets<supplied resp="#pass"> ?</supplied>).<note type="editorial" resp="#pass">un double trait vertical
manuscrit en marge de la parenthèse ; « ponctuée » est tapé en interligne et mis à sa place, après « homotopique », par un trait</note></p>
<p><note type="authorial" place="margin">non, on a un foncteur pl. fidèle (?) mais pas ess. 
surjectif ....</note><note type="editorial" resp="#pass">note écrite de biais dans la
marge gauche, en regard de la question</note></p>
<p>Pour les <hi rend="italic">vrais</hi> groupes abéliens de <formula notation="TeX">(2\text{-Cat})</formula>, l'approche de
Quillen consiste à les identifier d'abord à des groupes abéliens de la
catégorie <formula notation="TeX">(\mathrm{Bicat})</formula>, donc à des groupes abéliens bi-semisimpliciaux
particuliers (conditions sur chaque ligne et chaque colonne). Appliquant la
version bi-semisimpliciale du tapis de Dold, on trouve que la catégorie de
ces objets est équivalente à la catégorie des bicomplexes de chaines de
groupes abéliens qui sont nuls en dehors du carré <formula notation="TeX">0 \leq i, j \leq 1</formula>. La
<del>colonne</del> <supplied resp="#pass">cond.</supplied> que la première ligne corresponde à un groupe
semisimplicial trivial signifie alors qu'elle n'a que le terme de degré zéro,
i.e. que le bicomplexe est réduit à</p>
<p><figure type="diagram"><formula notation="tikz-cd">\begin{tikzcd}
C_{00} &amp; 0 \arrow[l] &amp; 0 \arrow[l] \\
C_{10} \arrow[u] &amp; C_{11} \arrow[l] \arrow[u] &amp; 0 \arrow[l]
\end{tikzcd}</formula></figure></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">les deux « <formula notation="TeX">\leftarrow 0</formula> » de droite sont ajoutés à la main</note></p>
<pb n="9" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=10"/>
<p>Ces bicomplexes s'identifient aux complexes de chaines de longueur 2. Donc la
catégorie de <formula notation="TeX">(2\text{-Cat})</formula>-groupes abéliens est équivelente à celle des
complexes de chaines de longueur 2. L'explicitation de la 2-catégorie associée
à un tel complexe de chaines est mon interprétation chérie. Il faudrait encore
expliciter 2-Grab-catégorie des homomorphismes (en un sens à préciser) entre
deux telles 2-Grab-catégories strictes, en termes d'un complexe
<formula notation="TeX">\mathrm{RHom}</formula>.</p>
<p>L'idée qui se dégage de cette approche, et que Quillen on espère va expliciter,
c'est que la notions de groupe abélien dans <formula notation="TeX">(n\text{-Cat})</formula> correspond à
celle de complexe de chaines de longueur <formula notation="TeX">n</formula>, en raisonnant soit mod. 
isomorphisme de part et d'autre, soit mod. une notion naturelle de
<formula notation="TeX">n</formula>-équivalence d'un côté, et dans la catégorie dérivée de l'autre. Ceci doit
pouvoir se préciser en utilisant des <formula notation="TeX">\mathrm{Hom}^{\bullet}</formula> resp. des
<formula notation="TeX">\mathrm{RHom}^{\bullet}</formula>.</p>
<p>Si maintenant <formula notation="TeX">C</formula> est une catégorie avec un « produit tensoriel » associatif
(et éventuellement unitaire), i.e. un bifoncteur avec des isomorphismes
d'associativité (mais sans inverse ...), on peut lui associer sans doute
une Gr-catégorie universelle (tout comme à un monoïde on associe un groupe
symmétrisé), d'où des invariants, qu'on pourra désigner par <formula notation="TeX">K_{0}(C)</formula> et
<formula notation="TeX">K_{1}(C)</formula>. On suppose qu'on pourra de même trouver, pour tout <formula notation="TeX">n</formula>, une
Gr-<formula notation="TeX">n</formula>-catégorie universelle où envoyer <formula notation="TeX">C</formula> de façon compatible avec <formula notation="TeX">\otimes</formula>
(tout cela dans un sens à préciser), dont les invariants <formula notation="TeX">\pi_{n}</formula> seraient
par définition les <formula notation="TeX">K_{n}(C)</formula>. Un cas intéressant est celui où <formula notation="TeX">C</formula> est une
catégorie avec produits finis (par exemple une catégorie additive) et
<formula notation="TeX">\otimes</formula> est le produit ; Mais on notera que dans le cas d'une catégorie non
seulement additive mais abélienne, il y a une notion plus adéquate du <formula notation="TeX">K_{0}</formula>,
qui devrait correspondre à une notion plus adéquate de la suite des <formula notation="TeX">K_{i}</formula>,
inspirée du tapis de Roos ; sans doute c'est en termes de (« vraie »)
catégories triangulées<note type="editorial" resp="#pass">un crochet ouvrant manuscrit devant « Mais on
notera »</note></p>
<pb n="10" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=11"/>
<p>qu'il conviendra de poser les définitions adéquates). — Peut-être Quillen
a-t-il une définition semi-simpliciale plus directe, sans passer par des
<formula notation="TeX">n</formula>-catégories, des <formula notation="TeX">K_{i}</formula> et plus précisément du H-espace qui devrait
correspondre à <formula notation="TeX">C</formula>.</p>
<p><note type="authorial" place="margin">oui</note><note type="editorial" resp="#pass">dans la marge, avec un double trait vertical, en regard
de la phrase qui précède</note></p>
<p>Ce n'est certainement pas en général l'ensemble semi-simplicial <formula notation="TeX">SC</formula> associé à
<formula notation="TeX">C</formula>, puisque dans le cas d'une catégorie additive, <formula notation="TeX">C</formula> est homotopiquement
trivial (en effet le foncteur identique est « homotope » au foncteur nul,
puisqu'il suffit d'avoir un homomorphisme d'un foncteur dans l'autre ; d'où une
équivalence d'homotopie entre <formula notation="TeX">C</formula> et la catégorie nulle). Pourtant, il semble
bien que dans le cas où <formula notation="TeX">C</formula> est une Gr-catégorie i.e. admet des inverses,
alors ce soit bien la construction « naïve » <formula notation="TeX">SC</formula> qui est la bonne, puisqu'on
trouve bien un <formula notation="TeX">\pi_{0}</formula> et un <formula notation="TeX">\pi_{1}</formula> qui sont aussi les <formula notation="TeX">\pi_{0}</formula> et
<formula notation="TeX">\pi_{1}</formula> au sens catégorie sans Gr-structure.</p>
<p><note type="authorial" place="margin">A expliquer : pour des Gr-<formula notation="TeX">n</formula>-catégories, les <formula notation="TeX">\pi_{i}</formula> au sens
semi-simplicial sont aussi les <formula notation="TeX">\pi_{i}</formula> au sens Gr-<formula notation="TeX">n</formula>-catégories, savoir les
objets à isom. près dans divers <formula notation="TeX">\mathrm{Hom}(1, 1)</formula> ... 
<del>Il y a aussi une interprétation de l'opération <unclear><formula notation="TeX">\Omega</formula> :</unclear> <gap reason="illegible"/> <unclear>des lacets</unclear> en termes du
foncteur d'opération <unclear>du</unclear> shift <unclear>géométrique</unclear> <unclear>évidente</unclear> sur les
<formula notation="TeX">n</formula>-catégories ....</del></note><note type="editorial" resp="#pass">paragraphe manuscrit sous la frappe, appelé
par un signe de renvoi en marge ; sa seconde moitié est barrée de traits
obliques, sous lesquels elle reste lisible par endroits ; la copie à l'encre bleue (dossier 162-5, p. 41) porte la même phrase</note></p>
<pb n="11" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=12"/>
</div>
<div type="subsection">
<head>III    Point de vue « motivique » en théorie du cobordisme.</head>
<p>Soit <formula notation="TeX">C</formula> la catégorie des variétés différentiables <supplied resp="#pass">(compactes ?),</supplied> (pas
nécessairement orientables), les morphismes étant les classes d'homotopie
d'applications continues. Si <formula notation="TeX">B</formula> est une catégorie, on s'intéresse aux couples
<formula notation="TeX">(F_{\cdot}, F^{\bullet})</formula> d'un foncteur covariant et d'un foncteur
contravariant de <formula notation="TeX">C</formula> dans <formula notation="TeX">B</formula>, satisfaisant les conditions que pour tout <formula notation="TeX">X
\in \mathrm{Ob}\, C</formula>, on a <formula notation="TeX">F_{\cdot}(X) = F^{\bullet}(X)</formula>, et que si on a un
produit fibré ordinaire</p>
<p><figure type="diagram"><formula notation="tikz-cd">\begin{tikzcd}
X' \arrow[r, "g'"] \arrow[d, "f'"'] &amp; X \arrow[d, "f"] \\
Y' \arrow[r, "g"'] &amp; Y
\end{tikzcd}</formula></figure></p>
<p>avec <formula notation="TeX">f</formula> et <formula notation="TeX">g</formula> transversaux, alors on a <formula notation="TeX">g^{\bullet} f_{\cdot} = f'_{\cdot}
g'^{\bullet}</formula> (on pose <formula notation="TeX">f_{\cdot} = F_{\cdot}(f)</formula>, <formula notation="TeX">f^{\bullet} =
F^{\bullet}(f)</formula>). La question est de trouver une <formula notation="TeX">B</formula> et un couple
<formula notation="TeX">(F_{\cdot}, F^{\bullet})</formula> qui soient « universels » dans un sens évident.
Quillen prouve que la construction suivante donne une telle solution.</p>
<p>Pour toute variété <formula notation="TeX">X \in \mathrm{ob}\, C</formula>, on définit un anneau commutatif
<formula notation="TeX">B(X)</formula> (l'anneau de bordisme de <formula notation="TeX">X</formula>) en prenant comme éléments les classes
d'éléments de <formula notation="TeX">C</formula> au dessus de <formula notation="TeX">X</formula>, pour la relation de cobordisme : <formula notation="TeX">f' : X'
\to X</formula> et <formula notation="TeX">f'' : X'' \to X</formula> sont équivalents, s'il existe une variété à bord
<formula notation="TeX">Z</formula>, et un <formula notation="TeX">f : Z \to X</formula>, tel que <formula notation="TeX">\mathrm{bord}\, Z = X' \sqcup X''</formula> et <formula notation="TeX">f'</formula>
et <formula notation="TeX">f''</formula> sont induits par <formula notation="TeX">f</formula>. La somme de <formula notation="TeX">B(X)</formula> est la somme disjointe
(c'est une loi de groupe où tout élément est d'ordre 2), le produit est donné
par le produit fibré, en utilisant le théorème de transversalité de Thom pour
bouger un peu <formula notation="TeX">f''</formula>, de sorte à le rendre transversal à <formula notation="TeX">f'</formula>.</p>
<p><note type="authorial" place="margin"><hi rend="italic">NB</hi> L'anneau est de plus <hi rend="italic"><unclear>gradué</unclear></hi> par la
dimension relative ...</note><note type="editorial" resp="#pass">en interligne, sous le paragraphe</note></p>
<p>Si on a <formula notation="TeX">f : X \to Y</formula>, on définit <formula notation="TeX">f_{\cdot} : B(X) \to B(Y)</formula> de façon
évidente (toute variété sur <formula notation="TeX">X</formula> est sur <formula notation="TeX">Y</formula>), et <formula notation="TeX">f^{\bullet} : B(Y) \to B(X)</formula>
par produit fibré (utilisant encore le th. de transversalité). De cette
façon, <formula notation="TeX">B(X)</formula> devient un foncteur-anneau <supplied resp="#pass">(gradué)</supplied> contravariant en <formula notation="TeX">X</formula>,
et un foncteur groupe covariant en</p>
<pb n="12" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=13"/>
<p><formula notation="TeX">X</formula>. De plus, on a la formule <supplied resp="#pass">(du type <formula notation="TeX">g^{\bullet} f_{\cdot} =
f'_{\cdot} g'^{\bullet}</formula> ci-dessus, impliquant la formule)</supplied> de projection
habituelle. Ceci posé, les constructions bien connues en théorie des
correspondances permettent de définir une catégorie <formula notation="TeX">\mathbf{B}</formula> dont les
objets sont ceux de <formula notation="TeX">C</formula>, et les Hom étant donnés par
<formula notation="TeX" rend="display">\mathrm{Hom}_{\mathbf{B}}(X, Y) = B(X \times Y) .</formula>
On a un isomorphisme canonique <formula notation="TeX">\mathbf{B} \simeq \mathbf{B}^{\circ}</formula>, qui
est l'identité sur les objets et la symmétrie <formula notation="TeX">B(X \times Y) \simeq B(Y
\times X)</formula> sur les flêches, et un foncteur évident <formula notation="TeX">F_{\cdot} : C \to
\mathbf{B}</formula>, qui est l'identité sur les objets et donné par les graphes sur
les flêches. Composé avec la symmétrie précédente, on trouve un foncteur
<formula notation="TeX">F^{\bullet} : C \to \mathbf{B}</formula>.<note type="editorial" resp="#pass">la frappe porte ici <formula notation="TeX">C</formula>, sans le <formula notation="TeX">^{\circ}</formula> qu'appelle un foncteur contravariant</note> On vérifie enfin que le couple
<formula notation="TeX">(F_{\cdot}, F^{\bullet})</formula> satisfait aux conditions envisagées dans l'alinéa 1
(ceci aussi devrait être formalisé au cas des correspondances générales
...). On vérifie enfin qu'il a la propriété universelle qu'il faut.
Lorsqu'on se donne un couple <formula notation="TeX">(F'_{\cdot}, F'^{\bullet})</formula> à valeurs dans une
catégorie <formula notation="TeX">B'</formula>, il faut trouver une factorisation par <formula notation="TeX">\mathbf{B}</formula>. Elle est
toute trouvée sur les objets, il faut la définir sur les flêches, donc
définir, pour <formula notation="TeX">X</formula>, <formula notation="TeX">Y</formula> dans <formula notation="TeX">C</formula>, une application
<formula notation="TeX" rend="display">B(X \times Y) \longrightarrow \mathrm{Hom}(X', Y') . \tag{$*$}</formula>
Mais si <formula notation="TeX">Z</formula> est au-dessus de <formula notation="TeX">X \times Y</formula>, d'où <formula notation="TeX">p : Z \to X</formula> et <formula notation="TeX">q : Z \to
Y</formula>, on lui associe un élément du deuxième membre de <formula notation="TeX">(*)</formula> comme le composé
<formula notation="TeX" rend="display">X' \xrightarrow{F'^{\bullet}(p)} Z' \xrightarrow{F'_{\cdot}(q)} Y' .</formula>
Il faut prouver que l'élément obtenu en remplaçant <formula notation="TeX">Z</formula> par un <formula notation="TeX">Z_{1}</formula>
cobordant au dessus de <formula notation="TeX">X</formula> <supplied resp="#pass">est le même</supplied>. Or si <formula notation="TeX">g : T \to X \times Y</formula>
réalise le cobordisme, on voit (regardant seulement <formula notation="TeX">T</formula> et la décomposition
<formula notation="TeX">\mathrm{bord}(T) = Z \sqcup Z_{1}</formula>) qu'il existe une variété <formula notation="TeX">\overline{T}</formula>
sur <formula notation="TeX">S^{1}</formula> (obtenue en « doublant » <formula notation="TeX">T</formula>) transversale au dessus d'un couple de
points <formula notation="TeX">s_{0}</formula>, <formula notation="TeX">s_{1}</formula> de <formula notation="TeX">S^{1}</formula>, tels que <formula notation="TeX">Z_{i}</formula> soit l'image inverse
<supplied resp="#pass">dans <formula notation="TeX">\overline{T}</formula></supplied> de <formula notation="TeX">s_{i}</formula> (<formula notation="TeX">i = 0, 1</formula>) ; d'autre part,</p>
<pb n="13" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=14"/>
<p><formula notation="TeX">g</formula> manifestement se prolonge en <formula notation="TeX">\overline{g} : \overline{T} \to X \times
Y</formula>. Cela nous ramène à prouver que le composé
<formula notation="TeX" rend="display">\overline{T}' \xrightarrow{\alpha_{i}} Z'_{i}
\xrightarrow{\alpha_{i*}} \overline{T}'</formula>
ne dépend pas de <formula notation="TeX">i = 0, 1</formula>. Ecrivons <formula notation="TeX">X</formula> au lieu de <formula notation="TeX">\overline{T}'</formula>, et
considérons le diagramme cartésien d'inclusions</p>
<p><figure type="diagram"><formula notation="tikz-cd">\begin{tikzcd}
X_{s} \arrow[r, "\alpha_{s}"] \arrow[d, "\alpha_{s}"'] &amp; X \arrow[d, "{\Gamma = (p, \mathrm{id}_{X})}"] \\
X \arrow[r, "i_{s}"'] &amp; S^{1} \times X
\end{tikzcd}</formula></figure></p>
<p>on a alors <formula notation="TeX">\alpha_{s}^{*} \alpha_{s*} = \Gamma^{*} i_{s*}</formula>, qui ne dépend
pas de <formula notation="TeX">s</formula> puisque <formula notation="TeX">i_{s}</formula> n'en dépend pas à homotopie près. — Le reste est
sans doute l'AQT.<note type="editorial" resp="#pass">les <formula notation="TeX">\alpha</formula>, les astérisques et les étiquettes du
carré sont portés à la main sur des blancs de la frappe. La première étiquette du composé se lit <formula notation="TeX">\alpha_{i}</formula>, sans astérisque visible, ici comme sur la copie à l'encre bleue (dossier 162-5, p. 45). L'étiquette de droite du carré, pâle sur la photocopie, se lit <formula notation="TeX">\Gamma = (p, \mathrm{id}_{X})</formula>, le signe <formula notation="TeX">=</formula> souligné</note></p>
<p>Sur la strcture des <formula notation="TeX">B_{\cdot}(X)</formula>. Ce sont tous des algèbres graduées sur
<formula notation="TeX">B_{\cdot}(\mathrm{pt}) = \Lambda</formula>, qui est une algèbre graduée à degrés
positifs, réduite à <formula notation="TeX">\mathbf{F}_{2}</formula> en degré 0. C'est d'ailleurs une algèbre
de polynômes <supplied resp="#pass">(à une infinité de générateurs <formula notation="TeX">x_{i}</formula> (<formula notation="TeX">i</formula>
<unclear>entier <formula notation="TeX">\geq 1</formula></unclear>, <unclear><formula notation="TeX">\neq</formula> de la forme <formula notation="TeX">2^{\nu} - 1</formula></unclear>))</supplied> connue ....<note type="editorial" resp="#pass">l'insertion manuscrite, pâle et rognée au bord droit, est lue avec la copie à l'encre bleue (dossier 162-5, p. 45), qui porte « (<formula notation="TeX">i</formula> entier <formula notation="TeX">\geq 1</formula>, <formula notation="TeX">\neq</formula> de la forme <formula notation="TeX">2^{\nu} - 1</formula>) »</note></p>
<p><note type="authorial" place="margin">NB <formula notation="TeX">H^{*}(X)</formula> <formula notation="TeX">(= H^{*}(X, \mathbf{F}_{2}))</formula></note><note type="editorial" resp="#pass">dans la marge gauche</note></p>
<p>On a un homomorphisme évident <formula notation="TeX">B_{\cdot}(X) \to H^{\bullet}(X)</formula>, nul en degrés
<formula notation="TeX">&gt; 0</formula>, qui à tout <formula notation="TeX">Z</formula> sur <formula notation="TeX">X</formula> associe l'image de <formula notation="TeX">1 \in H^{0}(Z)</formula> par
l'homomorphisme de Gysin associé à <formula notation="TeX">Z \to X</formula>. Cet homomorphisme par Thom est
surjectif (toute classe de cohomologie provient d'une image de variété
compacte ...) ;</p>
<p><note type="authorial" place="margin"><unclear>en fait</unclear> <formula notation="TeX">H^{\bullet}(X) \simeq B_{\cdot}(X) /
\Lambda^{+} B_{\cdot}(X)</formula></note><note type="editorial" resp="#pass">dans la marge gauche</note></p>
<p>On ppouve même qu'il existe un relèvement fonctoriel en <formula notation="TeX">X</formula>
<formula notation="TeX" rend="display">H^{\bullet}(X) \longrightarrow B_{\cdot}(X),</formula>
<supplied resp="#pass">(il est douteux qu'il soit</supplied> compatible avec multiplication<supplied resp="#pass">)</supplied> tel que l'on ait :<note type="editorial" resp="#pass">la main met « compatible avec
multiplication » entre parenthèses et écrit au-dessus « il est douteux qu'il
soit » ; un point d'interrogation dans la marge</note></p>
<p><del>a)</del> L'homomorphisme correspondant <formula notation="TeX">H^{\bullet}(X)
\otimes_{\mathbf{F}_{2}} \Lambda \simeq B_{\cdot}(X)</formula> est un isomorphisme (ce
sera vrai pour tout relèvement individuellement ...), et</p>
<p>b) <supplied resp="#pass">[</supplied> <supplied resp="#pass">Quillen ignore si</supplied> <del>Le</del> relèvement est compatible aussi avec les hom. de Gysin.<note type="editorial" resp="#pass">« a) » est raturé à la main ; devant b), un crochet manuscrit ouvre la clause, et « Quillen ignore si », écrit au-dessus de « Le » biffé, en fait une question. Un grand trait en arc dans la marge
en regard de a) et b)</note></p>
<p>Ainsi, la catégorie <formula notation="TeX">\mathbf{B}</formula> admet un foncteur pleinement fidèle dans la
catégorie des modules gradués libres de type fini sur <formula notation="TeX">\Lambda</formula>, les modules de
type fini qu'on obtient ainsi ayant des générateurs à degrés <formula notation="TeX">\leq 0</formula> et
satisfaisant (pour <formula notation="TeX">X</formula> connexe i.e. quand il y a un seul générateur de degré
zéro) la dualité de Poincaré. Quand on prend la catégorie <hi rend="italic">quasi-abélienne</hi>
<supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">\widetilde{\mathbf{B}}</formula></supplied> associée à <formula notation="TeX">\mathbf{B}</formula>, on trouve donc tous les modules gradués libres de type
fini à générateurs en degrés <formula notation="TeX">\leq 0</formula> seulement. C'est une</p>
<p><note type="authorial" place="margin">i.e. l'enveloppe « Karoubienne »</note><note type="editorial" resp="#pass">de biais dans la marge
gauche, en regard de « quasi-abélienne », que la main souligne d'un trait
ondulé</note></p>
<pb n="14" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=15"/>
<p>catégorie additive (et même quasi-abélienne) avec <formula notation="TeX">\otimes</formula> qui a toutes les
vertus, sauf d'être abélienne, et sauf d'admettre des
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}</formula> internes.</p>
<p><note type="authorial" place="margin">= karoubienne + additive</note><note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page,
au-dessus de « quasi-abélienne », qui est tapé en interligne</note></p>
<p>Pour trouver ces derniers, on peut si on veut paraphraser la construction de
la catégorie des motifs, <supplied resp="#pass">en</supplied> considérant l'objet <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">\Lambda(-1)</formula></supplied> de
<formula notation="TeX">\mathbf{B}</formula> conoyau de <formula notation="TeX">p^{*} : e \to S</formula>, où <formula notation="TeX">p : S^{1} \to e</formula> est
l'application du cercle sur un point. C'est un objet de poids 1 (le poids est
défini par le degré des générateurs, changés de signe). On constate aussitôt
que le foncteur <formula notation="TeX">M \mapsto M(-1) = M \otimes \Lambda(-1)</formula> de
<formula notation="TeX">\widetilde{\mathbf{B}}</formula> dans lui-même est pleinement fidèle, ce qui permet
alors, par une construction formelle standard, de compléter
<formula notation="TeX">\widetilde{\mathbf{B}}</formula> en une catégorie où <formula notation="TeX">\Lambda(-1)</formula> devient inversible.
Il se trouve alors que dans cette dernière les <formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}(X, Y)</formula>
internes existent et sont isomorphes à <formula notation="TeX">\check{X} \otimes Y</formula> ... en fait,
on trouve maintenant la catégorie de <hi rend="italic">tous</hi> les modules gradués libres de
type fini sur <formula notation="TeX">\Lambda</formula>.<note type="editorial" resp="#pass">les tildes sur <formula notation="TeX">\mathbf{B}</formula> et le signe sur
<formula notation="TeX">\check{X}</formula> sont portés à la main ; « en » remplace une frappe biffée à la
machine ; plus bas, « de <hi rend="italic">tous</hi> » porte une lettre biffée à la machine après « de », et « convient » est une frappe surchargée qu'on lirait aussi « convinmt »</note></p>
<p>Bien sûr, cette catégorie n'est pas encore abélienne pour autant, puisque
<formula notation="TeX">\Lambda</formula> n'est pas un corps ; si on veut définir la catégorie abélienne
engendrée, on s'attend à trouver la catégorie des modules de <del>type</del>
<supplied resp="#pass">présentation</supplied> finie sur <formula notation="TeX">\Lambda</formula>. (<supplied resp="#pass">qui est abélienne bien que
<formula notation="TeX">\Lambda</formula> ne soit pas noethérien, car <formula notation="TeX">\Lambda</formula> est</supplied> <del>est-il
noethérien, i.e. le nombre de générateurs est-il fini ?</del> <supplied resp="#pass">lim
d'anneaux noeth. à homs de transition <hi rend="italic">plats</hi></supplied>).<note type="editorial" resp="#pass">« lim », à la main, sans flèche visible sous le mot</note></p>
<p>Cette construction ressemblerait à celle d'une théorie des motifs où on
n'aurait pas passé à l'équivalence homologique pour les cycles, mais où on
aurait gardé l'équivalence rationnelle, — qui est bien trop fine à beaucoup
d'égards. Pour trouver un équivalent plus étroit, il <unclear>convient</unclear> de reprendre la
théorie prédédente, on pourrait formuler le même Pb universel que plus haut,
mais en prenant l'équivalence homologique (via le graphe) des morphismes de
variétés au lieu de l'équivalence homotopique. <del>Mais alors il semble
que l'on trouve comme catégorie solution celle dont les objets sont les
varié-</del></p>
<pb n="15" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=16"/>
<p><del>tés, les morphismes <hi rend="italic">toutes</hi> les correspondances cohomologiques
(en vertu du thorème de Thom rappelé plus haut). On trouve donc un foncteur
pleinement fidèle de cette catégorie dans celle des vectoriels gradués
positivement de dim. finie sur <formula notation="TeX">\mathbf{F}_{2}</formula>, qui est déjà abélienne, et
si on veut rendre comme plus haut <formula notation="TeX">\mathbf{F}_{2}(-1)</formula> inversible, on trouve
tous les vectoriels gradués de dim. finie sur <formula notation="TeX">\mathbf{F}_{2}</formula>. C'est un peu
trop trivial comme structure, et on peut faire mieux,</del><note type="editorial" resp="#pass">le passage, qui
commence à la dernière ligne de la page 14, est biffé à la main : d'un trait
par ligne sur la page 14, de grands traits en zigzag sur la page 15</note></p>
<p>Pour trouver une catégorie universelle, on associe à toute <formula notation="TeX">X</formula> <formula notation="TeX">S(X)</formula>
l'ensemble des sous-variétés de <formula notation="TeX">X</formula>, modulo équivalence homologique. Donc
<formula notation="TeX">S(X) \subset H^{\bullet}(X)</formula>, et on prouve qu'on trouve en fait un sous-anneau
de <formula notation="TeX">H^{\bullet}(X)</formula> (grâce à un théorème de Thom qui caractérise <formula notation="TeX">S(X)</formula> en
termes d'opérations de Steenrod, cf plus bas). On prouve de même (par le même
théorème) que les <formula notation="TeX">S(X \times Y)</formula> sont stables par composition de
correspondances cohomologiques (cela ne semble pas trivial, puisque les
<formula notation="TeX">S(X)</formula> ne sont pas stables par Gysin ...). D'où une catégorie additive dont
les objets sont ceux de <formula notation="TeX">C</formula>, les flêches sont les <supplied resp="#pass">él. des</supplied> <formula notation="TeX">S(X \times
Y)</formula>, Il semble qu'elle doive jouer le rôle universel que j'ai envisagé plus
haut. En tous cas, sa définition géométrique est fort simple Nous allons en
donner une interpétation algébrique. Pour ceci, considérons l'anneau des
opérations cohomologiques « stables ». C'est un anneau gradué, avec
application diagonale anticommutative, i.e. commutative (car. 2 !),
associative et unitaire. Son dual gradué est une algèbre graduée
anticommutative donc commutative, avec application diagonale associative et
unitaire ; il est réduit à <formula notation="TeX">\mathbf{F}_{2}</formula> en degré zéro. Donc il corespond à
un schéma en groupes affine <formula notation="TeX">G</formula> sur <formula notation="TeX">\mathbf{F}_{2}</formula>, qui est d'ailleurs le
foncteur des <formula notation="TeX">\otimes</formula>-automorphismes additifs du foncteur <formula notation="TeX">H^{\bullet}</formula> sur
<formula notation="TeX">C</formula> <supplied resp="#pass">qui opèrent trivialement sur <del><gap reason="illegible"/></del> <formula notation="TeX">H^{1}(S^{1})</formula>.</supplied> <del><gap reason="illegible"/></del><note type="editorial" resp="#pass">après
« stables », tapé en interligne, une définition tapée est biffée à la main :
« des endomorphismes du foncteur <formula notation="TeX">X \mapsto H^{\bullet}(X)</formula> qui sont additifs,
et qui en degré zéro se réduisent à un multiple de l'identité ». Un long trait
vertical et un signe de renvoi en marge, en regard de ce passage ; l'addition
manuscrite finale biffe un mot avant <formula notation="TeX">H^{1}(S^{1})</formula> et se termine sur un mot raturé</note></p>
<pb n="16" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/111.pdf#page=17"/>
<p>Le théorème de Thom est alors qu'un <formula notation="TeX">x \in H^{\bullet}(X)</formula> est dans <formula notation="TeX">S(X)</formula>
sss il est fixe par <formula notation="TeX">G</formula>, i.e. satisfait <formula notation="TeX">A^{+} \cdot x = 0</formula>. (Pourquoi cette
condition est-elle déjà nécessaire ?) Une autre façon de le voir est de dire
que le foncteur <formula notation="TeX">H^{\bullet}</formula> considéré comme allant de la catégorie
<formula notation="TeX">\mathbf{S}</formula> précédente dans la catégorie des représentations de <formula notation="TeX">G</formula> dans des
vectoriels sur <formula notation="TeX">\mathbf{F}_{2}</formula>, est pleinement fidèle. Quand on prend
l'enveloppe pseudo-abélienne, on trouve une sous-catégorie pleine de la
catégorie des représentations de <formula notation="TeX">G</formula>, mais il est douteux qu'on trouve une
catégorie abélienne, voire la catégorie de toutes les représentations de <formula notation="TeX">G</formula> de
dimension finie sur <formula notation="TeX">\mathbf{F}_{2}</formula>. (Quelle est la structure de <formula notation="TeX">G</formula>, qui est
prolisse ; d'après Quillen, il serait pro-unipotent ....) Ici <formula notation="TeX">G</formula> bien sûr
joue le rôle d'un groupe de Galois motivique, mais contrairement à la situation
familière, il semble qu'il soit fortement non réductif (et d'ailleurs le corps
de définition dans tout ceci est <formula notation="TeX">\mathbf{F}_{2}</formula>, et non <formula notation="TeX">\mathbf{Q}</formula> !).</p>
<p><note type="authorial" place="margin"><unclear>oui</unclear>, car son anneau affine est une <unclear>algèbre</unclear> de polynômes à une
infinité d'indéterminées, <del><gap reason="illegible"/></del> <unclear>réunion</unclear> d'<unclear>algèbres</unclear> <gap reason="illegible"/>
à <unclear>engendrement</unclear> <gap reason="illegible"/> stables par <formula notation="TeX">\Delta</formula></note><note type="editorial" resp="#pass">note de sept lignes écrite
de biais dans la marge gauche, en regard de la parenthèse sur <formula notation="TeX">G</formula>, qu'une
flèche y rattache ; le premier mot est rogné au bord. La copie à l'encre bleue (dossier 162-5, p. 48) porte la même note, plus lisible</note></p>
<p>Quillen<del>t</del> donne une généralisation de la construction d'une catégorie
universelle <formula notation="TeX">\mathbf{B}</formula> au cas où on travaille avec des variétés pas
néeessairement propres (mais <formula notation="TeX">f_{\cdot}</formula> n'étant supposé défini que pour <formula notation="TeX">f</formula>
propre), et quand on introduit une condition d'orientation <supplied resp="#pass">stable</supplied> sur
les <hi rend="italic">morphismes</hi> envisagés, via un morphisme <formula notation="TeX">H \to BO(\infty)</formula>, où <formula notation="TeX">H</formula>
est un H-espace (commutatif, associatif et unitaire ?) : une orientation de <formula notation="TeX">f
: X \to Y</formula> sera un relèvement homotopique de <formula notation="TeX">X \to BO</formula>, défini par <formula notation="TeX">T_{X} -
f^{\bullet}(T_{Y})</formula>, en <formula notation="TeX">X \to H</formula>. les éléments de <formula notation="TeX">H(X, Y)</formula> seront définis par des
diagrammes de morphismes orientés <formula notation="TeX">Z \to X</formula>, <formula notation="TeX">Z \to Y</formula>, le deuxième étant
propre, modulo bords de tels. En tant qu'ensemble, il se définit aussi en
termes de la variété <formula notation="TeX">X \times Y</formula> munie simplement de la famille des supports
formée des ensembles fermés propres sur <formula notation="TeX">Y</formula> ...<note type="editorial" resp="#pass">« stable » est tapé
en interligne et rattaché à sa place par un trait manuscrit ; le « t » de « Quillent » est barré à la main</note></p>
<p><note type="authorial" place="margin">Les <formula notation="TeX">B^{H}_{m}(X)</formula> (<formula notation="TeX">X</formula> compact disons) peuvent se décrire
homotopiquement à la Thom, comme les groupes d'homotopie stables d'espaces
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}(X, MH(N-m))</formula> ...</note></p>
<p><note type="authorial" place="margin">cf exposé Karoubi à Bourbaki ...</note><note type="editorial" resp="#pass">deux notes manuscrites au
pied de la dernière page ; la seconde est d'une encre plus pâle</note></p>
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    </body>
  </text>
</TEI>
