Cote n° 105 · pages 1–52
· Lecture modernisée · [Champs (stacks) 2] : notes manuscrites (s.d.) — lecture modernisée du dossier entier
Datation de l’inventaire : [à partir de 1982]
Édition de démonstration — interprétation personnelle de l'œuvre
Résumé
En topologie, deux formes ont « le même type d'homotopie » quand on peut déformer l'une en l'autre sans rien déchirer : un disque et un point, un anneau et un cercle. Pour calculer avec cette notion, il faut savoir quelles applications on déclare être des équivalences, et cela ne suffit pas : il faut encore deux familles d'applications commodes, de bonnes inclusions et de bonnes projections, qui se relèvent les unes par rapport aux autres comme un chemin se relève dans un revêtement. Quillen a appelé en 1967 la donnée de ces trois familles une structure de modèles fermée. Ces feuillets, en anglais pour la plupart, cherchent à quelles conditions une classe d'équivalences donnée d'avance, dans un topos, est celle d'une telle structure dont les bonnes inclusions sont toutes les inclusions.
La question vient de Pursuing Stacks, auquel l'inventaire rattache le dossier. Les types d'homotopie y sont décrits par des préfaisceaux sur des « catégories test », et les équivalences y sont définies tout de suite, par un critère homologique. Chez Kan et Quillen, au contraire, on part d'un petit ensemble d'inclusions élémentaires, les cornets des ensembles simpliciaux, et les équivalences sont ce qui en sort. Grothendieck le dit lui-même à la page 31 : de son point de vue, l'équivalence est donnée d'avance, « in a rather tangible way », et c'est la construction de Kan et Quillen qui lui paraît ad hoc. Le dossier cherche le pont entre les deux. Quand les inclusions qui sont des équivalences sont-elles exactement celles qu'on obtient en saturant quelques inclusions élémentaires ?
L'idée est celle d'un intervalle. On se donne quelques objets \(I\) munis d'un point, qu'on veut voir comme des segments ; on fait glisser une inclusion \(A_0 \subset B_0\) le long de \(I\), ce qui donne une inclusion de « cylindres » ; et l'on prend pour inclusions élémentaires toutes celles-là. Le segment universel d'un topos est l'objet de Lawvere \(\Omega\), qui classe les sous-objets. Il a toujours les propriétés voulues, ce qui arrache à la marge de la page 15 trois points d'exclamation. Reste à fabriquer les factorisations, et c'est l'argument par lequel on plonge un module dans un module injectif : on ajoute toutes les solutions qui manquent, puis on recommence, transfiniment, jusqu'à ce que plus rien ne manque. Les pages 33 à 39 l'écrivent en entier ; c'est l'« argument du petit objet ».
Le dossier procède comme on le fait en travaillant. Il admet d'abord les factorisations, pour le moment, pour voir ce qu'il reste à démontrer. Il reprend ensuite tout depuis l'autre bout, sous le titre « Alternative presentation of theory ». Il ne revient aux factorisations qu'une fois le reste en place. Les deux présentations ne sont pas fondues : la première engendre, la seconde part de ce qu'on veut obtenir.
Les onze dernières pages, en français, changent de cadre. Une catégorie y est recouverte par deux morceaux ouverts, comme un espace par deux ouverts dans la suite exacte de Mayer–Vietoris, et l'on teste deux axiomes de recollement sur les équivalences que voit une cohomologie. Elles aboutissent à un axiome qu'elles jugent provisoire : un carré y est « cartésien » (un produit fibré) si et seulement s'il est « cocartésien » (une somme amalgamée). C'est le monde des suites exactes longues, où recoller et intersecter reviennent au même ; ce n'est pas celui des espaces.
Les noms modernes à chercher : systèmes de factorisation faibles, catégories de modèles à engendrement cofibrant, structures de modèles de Cisinski sur les topos, extensions anodines ; et, pour la fin, dérivateurs stables et limites inductives homotopiques de Thomason.
Keywords — lifting property, weak factorization system, model category, pushout-product, monoidal model category, subobject classifier, interval object, anodyne extension, Cisinski model structure, test category, basic localizer, small object argument, cofibrantly generated model category, accessible category, proper model category, 2-out-of-6 property, Thomason model structure, derivator, homotopy cartesian square, stable derivator, Grothendieck construction, homotopy pushout, Mayer–Vietoris sequence, homology equivalence
Le fil du dossier, et les conventions
Le dossier a cinquante-deux pages ; trente portent sa main. Les autres sont des feuilles de listing d'ordinateur (journaux de travaux, pages de garde, tableaux) qui ne portent rien de lui, des feuilles blanches, un carton rose (page 3) où ne figure qu'un nom biffé, et une page dactylographiée (page 43, numérotée « 90 » par la dactylo) d'une prose sans rapport avec les mathématiques. Plusieurs des feuillets écrits le sont au dos de listings ; celui de la page 27 porte imprimée la date « 06/09/82 », qui borne ce feuillet par en dessous et lui seul.
- 1.Deux brouillons (pages 1 et 2, en français, non paginés) : un lemme de relèvement dans \(\mathrm{Cat}\), et la question d'une structure de Quillen sur \(\mathrm{Cat}\).
- 2.Une suite en anglais, paginée 1 à 16 de sa main (pages 4 à 39 ; sa page « 10 bis » est la page 27, et la page 26 est un brouillon sans numéro). Elle contient trois étapes, 2a à 2c.
- 2a.Pages 4 à 19 (ses pages 1 à 8) : d'un petit ensemble \((TC)_0\) d'inclusions élémentaires on tire quatre classes \(C, TC, F, TF\) et une classe \(\widetilde W = TF \circ TC\). Le produit-boîte, puis l'exemple des cylindres sur des intervalles, montrent la compatibilité au produit. Le programme est \(\widetilde W = W\) : l'inclusion \(\widetilde W \subset W\) s'obtient sous cinq axiomes, l'inclusion inverse reste ouverte.
- 2b.Pages 21 à 31 (ses pages 9 à 12) : la reprise. On part de la paire \((C, W)\) et l'on pose directement \(TC = C \cap W\). Viennent les classes saturées, les systèmes de factorisation faibles, la définition d'une structure de modèles par deux tels systèmes, et un critère d'existence (page 29).
- 2c.Pages 33 à 39 (ses pages 13 à 16), « Factorization » : l'argument du petit objet, qui fournit la factorisation admise en 2a et 2b.
- 3.Une suite en français, paginée 6 à 18 de sa main (pages 42 à 52), dont les pages 1 à 5 ne sont pas dans le dossier : les axiomes W7, W8 et leurs formes « bis » pour une classe \(W\) de flèches de \(\mathrm{Cat}\), testés sur la classe \(W_{\mathbb D}\) des équivalences cohomologiques d'un dérivateur \(\mathbb D\), et l'axiome « Der 6 ».
Rien ne date la troisième suite par rapport à la deuxième. Son vocabulaire (dérivateur, axiomes « Der ») est celui du long manuscrit de Grothendieck sur les dérivateurs ; c'est un rapprochement, non une datation.
Conventions. Pour une catégorie \(M\), \(\mathrm{Fl}(M)\) est l'ensemble de ses flèches. On écrit \(i \pitchfork f\) quand \(i\) a la propriété de relèvement à gauche par rapport à \(f\) (tout carré de \(i\) vers \(f\) admet une diagonale), et, pour \(\Phi \subset \mathrm{Fl}(M)\), \[ \Phi^* = \{u \mid u \pitchfork \varphi \ \ \forall \varphi \in \Phi\}, \qquad \Phi_* = \{u \mid \varphi \pitchfork u \ \ \forall \varphi \in \Phi\}, \] notation qui est la sienne à partir de la page 24 et qu'on emploie dès la page 4. Le topos des pages 4 à 19 est noté \(\mathcal{E}\), son objet final \(e\).1 Le \(\mathbf{Hom}\) en gras est le \(\mathrm{Hom}\) interne, qu'il souligne. Les chiffres et les lettres qu'il entoure (ses axiomes numérotés de la page 15 à la page 17, ses conditions des pages 21 à 39) sont rendus entre parenthèses, (1) à (5) et (a) à (e).
Trois mots changent de sens d'une partie à l'autre, et on les fixe ici. Une fibration, sans autre précision, est une flèche de la classe \(F\) d'une structure de modèles ; une catégorie fibrée ou cofibrée sur une base est prise au sens de Grothendieck (SGA 1), et ce sont elles seules qui paraissent dans la troisième partie. Sa « paire de Quillen » est ici un système de factorisation faible, et son « triple de Quillen » une structure de modèles. Pour la saturation d'une classe \(W\), enfin, on distingue trois degrés. \(W\) est faiblement saturée si elle contient les isomorphismes, a la propriété du deux-sur-trois et la propriété c) de la page 4 ; il dit aussi « mildly ». Elle est saturée si \(fg, gf \in W\) entraînent \(f, g \in W\) (page 26). Elle est fortement saturée si \(f \in W\) équivaut à ce que l'image de \(f\) dans \(W^{-1}M\) soit un isomorphisme.
Les notations de la troisième partie sont fixées à son entrée (page 42).
Le dossier annonce et n'établit pas : les factorisations, admises aux pages 13 et 21, puis obtenues aux pages 33 à 39 sous une hypothèse de petitesse dont la page 39 voudrait se défaire ; l'inclusion \(W \subset \widetilde W\) (page 19) et les deux cas où il la voudrait ; la raison pour laquelle \(C \cap W\) serait la saturation de \((TC)_0\) (page 31) ; l'axiome « Der 6 », posé et non déduit ; le lemme de la page 50, arrêté sur « forme de Der 3 » ; les énoncés W7 bis et W8 bis, posés sans démonstration.
1–2
Deux brouillons (pages 1 et 2)
Page 1 : un lemme de relèvement dans \(\mathrm{Cat}\). Soit \(\partial \to I\) l'inclusion des extrémités d'un intervalle.2 On considère les flèches \[ \varnothing \to e, \qquad \partial \times S^n(N) \longrightarrow I \times S^n(N), \] et des « cônes » construits sur elles, parmi lesquels \(\{0\} \to \Delta^1\) et \(\{1\} \to \Delta^1\).3 Le lemme énonce :
- a)si \(X \to e\) a la propriété de relèvement à droite par rapport à \(\varnothing \to e\) et aux \(\partial \times S^n(N) \to I \times S^n(N)\), alors \(X\) est \(W_\infty\)-asphérique, c'est-à-dire que son nerf est contractile ;
- b)si \(X \to Y\) a la propriété de relèvement à droite par rapport aux cônes sur ces flèches, alors \(X \to Y\) est \(W_\infty\)-propre (resp. \(W_\infty\)-lisse).
C'est l'analogue, dans \(\mathrm{Cat}\), du fait qu'un ensemble simplicial ayant la propriété de relèvement par rapport aux inclusions \(\partial\Delta^n \subset \Delta^n\) est contractile.4 Le corollaire qui suit, très surchargé et en partie couvert d'une tache d'encre, ne se lit que par fragments : une propriété de relèvement à droite rendrait \(X \to Y\) propre à fibres asphériques, et, sous une condition illisible portant sur des catégories finies, « \(W_\infty\)-parfait » (lu avec doute).5
Page 2 : la flèche \(\mathrm{Ar}(C) \to C \times C\). Le feuillet est barré de deux longs traits obliques et se lit sous la rature. Pour une catégorie \(C\) et sa catégorie des flèches \(\mathrm{Ar}(C)\), on voudrait que \[ p = (s, b) : \mathrm{Ar}(C) \longrightarrow C \times C, \] qui envoie une flèche sur sa source et son but, ait des propriétés de type fibration. Or \(p\) n'est ni une catégorie fibrée ni une catégorie cofibrée.6 Elle n'est pas non plus cohomologiquement propre ni lisse, et la page se demande si au moins \(s \circ p\) et \(b \circ p\) le sont.7 « Mais ce sont plutôt les propriétés de \(p\) lui-même qui importent. » Il souhaiterait que \(p\) soit une « \(W_\infty\)-fibration » (« fibration cohomologique », lu avec doute), et pose :
Question. Les \(W_\infty\)-fibrations et les cofibrations définies par relèvement à gauche par rapport à elles forment-elles une structure de modèles sur \(\mathrm{Cat}\) ?8
4–11
Paires de relèvement dans un topos (pages 4 à 11)
À partir d'ici le texte est en anglais, paginé de sa main à la tête de chaque feuillet : la page 4 est sa page 1, la page 19 sa page 8, et la page 21 sa page 9.
Les quatre classes
Soit \(\mathcal{E}\) un topos, et \(W \subset \mathrm{Fl}(\mathcal{E})\) une classe faiblement saturée :
- a)les isomorphismes sont dans \(W\) ;
- b)si \(f = vu\) et si deux des trois flèches \(u, v, f\) sont dans \(W\), la troisième l'est ;
- c)si \(f : X \to Y\) et \(g : Y \to X\) vérifient \(gf = \mathrm{id}_X\) et \(fg \in W\), alors \(f, g \in W\) ;
« plus other conditions we are going to list, as we need them ».9
Donnons-nous deux classes \((TC)_0 \subset C_0 \subset \mathrm{Fl}(\mathcal{E})\), sans autre hypothèse pour l'instant, et posons \[ F = ((TC)_0)_*, \quad TF = (C_0)_*, \qquad TC = F^*, \quad C = (TF)^*. \] Comme \((TC)_0 \subset C_0\), on a \(TF \subset F\), d'où \(TC \subset C\), et \((TC)_0 \subset TC\), \(C_0 \subset C\). Chacune des deux paires \((TC, F)\) et \((C, TF)\) se détermine par relèvement : \(F = (TC)_*\) et \(TF = C_*\), parce que \(\Phi_* = ((\Phi_*)^*)_*\) pour toute classe \(\Phi\). Les classes \(F\) et \(TF\) sont stables par composition, changement de base et rétractes ; \(C\) et \(TC\) par composition, changement de cobase et rétractes. En marge : \(C\) seront les « cofibrations », \(TC\) les « cofibrations triviales », \(F\) les « fibrations », \(TF\) les « fibrations triviales ».
Lemme (page 6). Soit \(\widetilde W = \{ pi \mid p \in TF,\ i \in TC \}\). Alors \[ TC = C \cap \widetilde W, \qquad TF = F \cap \widetilde W . \] En effet, \(TC \subset C \cap \widetilde W\) en écrivant \(i = \mathrm{id} \circ i\). Inversement, soit \(f = pi \in C\), \(p \in TF\), \(i \in TC\) ; comme \(f \pitchfork p\), le carré formé de \(i\) et de l'identité de la cible a une diagonale \(s\), avec \(sf = i\) et \(ps = \mathrm{id}\), de sorte que \(f\) est un rétracte de \(i\) et appartient à \(TC\). L'énoncé sur \(TF\) est dual.10
La flèche \(\alpha(i,f)\) et le produit-boîte
Pour \(i : A \to B\) et \(f : X \to Y\) dans \(\mathcal{E}\), soit \[ \alpha(i,f) : \mathbf{Hom}(B, X) \longrightarrow \mathbf{Hom}(i,f) = \mathbf{Hom}(B, Y) \times_{\mathbf{Hom}(A, Y)} \mathbf{Hom}(A, X), \] qu'on appelle aujourd'hui la puissance fibrée de \(f\) par \(i\).11 La page considère, pour un objet \(T\), les trois propriétés :
- (i)\(C\) et \(TC\) sont stables par \(? \times T\) ;
- (ii)\(TF\) et \(F\) sont stables par \(\mathbf{Hom}(T, ?)\) ;
- (iii)si \(i \in C\) et \(f \in F\), alors \(\alpha(i,f) \in F\), et \(\alpha(i,f) \in TF\) si de plus \(i \in TC\) ou \(f \in TF\).
(i) \(\Leftrightarrow\) (ii), et plus précisément \(C \times T \subset C \Leftrightarrow \mathbf{Hom}(T, TF) \subset TF\) et \(TC \times T \subset TC \Leftrightarrow \mathbf{Hom}(T, F) \subset F\). Soit en effet \(f \in F\). Alors \(\mathbf{Hom}(T, f) \in F = (TC)_*\) si et seulement si \(i \pitchfork \mathbf{Hom}(T, f)\) pour tout \(i \in TC\), c'est-à-dire \(i \times \mathrm{id}_T \pitchfork f\), ce qui a lieu si \(TC \times T \subset TC\). La réciproque et l'autre paire se traitent de même (page 9).
Le NB de la page 9 dégage ce qui sert. Soient \(\otimes\) et \(\mathbf{Hom}\) deux foncteurs liés par l'isomorphisme d'adjonction \(\mathrm{Hom}(A \otimes T, X) \simeq \mathrm{Hom}(A, \mathbf{Hom}(T, X))\).12 Pour \(j : A' \to B'\) et \(i : A \to B\), le produit-boîte est \[ j \boxtimes i : A' \otimes B \amalg_{A' \otimes A} B' \otimes A \longrightarrow B' \otimes B . \] Un carré de \(j\) vers \(\alpha(i,f)\) est la même chose qu'un carré de \(j \boxtimes i\) vers \(f\), et les diagonales se correspondent : \[ j \pitchfork \alpha(i,f) \iff j \boxtimes i \pitchfork f, \qquad \alpha(i', \alpha(i,f)) \simeq \alpha(i' \boxtimes i, f) . \] Il en tire le tableau de la page 11 : \[ \begin{array}{rcl} C \otimes T \subset C & \iff & \mathbf{Hom}(T, ?) \text{ préserve } TF, \\ TC \otimes T \subset TC & \iff & \mathbf{Hom}(T, ?) \text{ préserve } F, \\ C \boxtimes C \subset C & \iff & \bigl( i \in C,\ f \in TF \Rightarrow \alpha(i,f) \in TF \bigr), \\ C \boxtimes TC \subset TC & \iff & \bigl( i \in TC,\ f \in F \Rightarrow \alpha(i,f) \in TF \bigr), \\ TC \boxtimes C \subset TC & \iff & \bigl( i \in C,\ f \in F \Rightarrow \alpha(i,f) \in F \bigr). \end{array} \] Chaque ligne se lit sur l'équivalence précédente : par exemple \(\alpha(i,f) \in TF = C_*\) pour tout \(i \in TC\), \(f \in F\) équivaut à \(j \boxtimes i \in F^* = TC\) pour tout \(j \in C\), \(i \in TC\).13
Les deux premières lignes sont des cas particuliers des trois autres, ce que la page ne dit pas. Comme \(\varnothing \otimes X = \varnothing\) dans un topos, on a \((\varnothing \to T) \boxtimes i = i \otimes T\) et \(\alpha(\varnothing \to T, f) = \mathbf{Hom}(T, f)\) ; et \(\varnothing \to T\) est un monomorphisme.14 La condition (iii), avec ses trois lignes, est ce qu'on appelle aujourd'hui l'axiome du produit-boîte d'une catégorie de modèles monoïdale, ou l'axiome SM7 de Quillen quand \(\mathcal{E}\) est enrichie sur elle-même.15
11–13
L'exemple : cofibrations monomorphes et cylindres (pages 11 et 13)
Soit \(\mathcal{E}\) un topos, \(\otimes\) le produit cartésien, \(\mathbf{Hom}\) le \(\mathrm{Hom}\) interne, et \(C\) la classe des monomorphismes.16 Pour un monomorphisme \(i_0 : A_0 \to B_0\) et un objet \(I\) muni d'une section \(\varepsilon : e \to I\), avec \(I \to e\) dans \(W\), soit \[ h(i_0, I, \varepsilon) : (B_0 \times e) \cup (A_0 \times I) \subset B_0 \times I , \] où \(B_0 \times e\) désigne l'image de \(\mathrm{id} \times \varepsilon\) ; c'est le produit-boîte \(i_0 \boxtimes \varepsilon\). On prend pour \((TC)_0\) l'ensemble de ces flèches, \(I\) parcourant un ensemble donné (« a bunch ») d'intervalles munis de leur section.17
Les vérifications suivent le tableau.
- \(C \times T \subset C\) est trivial, donc \(\mathbf{Hom}(T, ?)\) préserve \(TF\).18
- \((TC)_0 \times T \subset (TC)_0\), car \(h(i_0, I, \varepsilon) \times T = h(i_0 \times \mathrm{id}_T, I, \varepsilon)\) ; donc \(\mathbf{Hom}(T, ?)\) préserve \(F = ((TC)_0)_*\), et \(TC \times T \subset TC\).
- \(C \boxtimes C \subset C\) : le produit-boîte de deux monomorphismes d'un topos est un monomorphisme, parce qu'une réunion de deux sous-objets y est la somme amalgamée le long de leur intersection.
- \(TC \boxtimes C \subset TC\) et \(C \boxtimes TC \subset TC\) : sur les générateurs, par associativité du produit-boîte, \[ i' \boxtimes h(i_0, I, \varepsilon) = h(i' \boxtimes i_0, I, \varepsilon), \] qui est encore dans \((TC)_0\) puisque \(i' \boxtimes i_0\) est un monomorphisme. La page le calcule sur deux carrés et conclut en français : « On trouve … vérifier … et la formule symétrique, donc OK. »
Il reste à passer des générateurs à \(TC\), et la page ne le fait pas.19 Pour \(i' \in C\) fixé, la classe des \(j\) tels que \(j \boxtimes i' \in TC = F^*\) est celle des \(j\) tels que \(j \pitchfork \alpha(i', f)\) pour tout \(f \in F\) : c'est une classe de la forme \(\Psi^*\), donc saturée à gauche. Elle contient \((TC)_0\), donc \(((TC)_0)_*{}^* = TC\). Les trois dernières lignes du tableau sont donc satisfaites, et la condition (iii) aussi.20
Le programme (page 13). « We do not know yet » M1, l'existence des deux factorisations \(f = pi\), ni M5, la saturation de \(\widetilde W\) ; or il suffirait de vérifier a) et b) pour avoir une catégorie de modèles fermée.21 La factorisation est « the usual argument for constructing injectives », moyennant un petit ensemble de générateurs et des limites inductives filtrantes. Il ne veut pas en écrire la forme générale pour le moment et la suppose acquise ; elle viendra aux pages 33 à 39. Le but est maintenant d'identifier \(\widetilde W\), et même de prouver \(\widetilde W = W\). Il faut alors rendre explicite la dépendance de \((TC)_0\) en \(W\). On voudrait prendre pour « bunch » tous les intervalles \(W\)-asphériques, mais ce bunch n'est pas petit, ce qui gênera la factorisation : on en prendra un plus petit et l'on cherchera ce qu'il doit contenir.
15–19
Comparer \(\widetilde W\) et \(W\) (pages 15 à 19)
L'inclusion \(\widetilde W \subset W\), sous cinq axiomes
Comme \(\widetilde W = TF \circ TC\) et que \(W\) est stable par composition, il suffit de montrer \(TF \subset W\) et \(TC \subset W\).
Les fibrations triviales. Puisque \(TF = C_*\) ne dépend que des monomorphismes, l'inclusion \(TF \subset W\) peut être prise comme axiome sur \(W\). Appelons intervalle séparant un objet \(I\) muni de deux points \(e \rightrightarrows I\) dont l'intersection est l'objet initial. Si un tel \(I\) est injectif, c'est-à-dire si \(I \to e\) est dans \(TF\), l'axiome équivaut à : \(I \to e\) est universellement dans \(W\) (« \(\mathrm{U}W\) »), au sens où \(I \times X \to X\) est dans \(W\) pour tout \(X\). L'objet de Lawvere \(L = \Omega\), qui classe les sous-objets, est un intervalle séparant injectif, et l'axiome devient : \[ \text{(1)} \qquad (\Omega \to e) \in \mathrm{U}W . \] Les deux sens de l'équivalence se vérifient ainsi.22 Si \(TF \subset W\), alors \(I \times X \to X\), changement de base de \(I \to e \in TF\), est dans \(TF \subset W\). Inversement, supposons (1) (ou la même propriété pour un intervalle séparant \(I\)) et soit \(f : X \to Y\) dans \(TF\). Le relèvement de \(\varnothing \to X\) fournit une section \(s\) de \(f\). Comme les deux points de \(I\) sont disjoints, \(X \sqcup X = X \times \partial I \to X \times I\) est un monomorphisme, et le relèvement fournit une homotopie \(H : X \times I \to X\) au-dessus de \(Y\) entre \(sf\) et \(\mathrm{id}_X\). Les deux sections \(X \to X \times I\) sont dans \(W\) par (1) et le deux-sur-trois, donc \(H\) et \(sf\) le sont ; et \(fs = \mathrm{id}_Y\), \(sf \in W\) donnent \(f \in W\) par la condition c) de la page 4. La page le résume ainsi : toute flèche de \(TF\) est une \(I\)-homotopie, et toute \(L\)-homotopie est dans \(W\).
Les cofibrations triviales : les générateurs. Il faut d'abord \((TC)_0 \subset W\), et pour cela deux axiomes : \[ \text{(2)} \qquad (I \to e) \in \mathrm{U}W \ \text{ pour tout } I \text{ du bunch}, \] ce qui équivaut, par le deux-sur-trois, à \(A \times e \to A \times I\) dans \(W\) pour tout \(A\) ; et
- (3)si \(S \hookrightarrow T\) est un monomorphisme et \(g : S \hookrightarrow S'\) un monomorphisme dans \(W\), la flèche \(T \to T' = S' \amalg_S T\) est dans \(W\).
Alors, dans le diagramme
LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small, nodes={font=\scriptsize}]
A_0 \times e \arrow[r, hook] \arrow[d, "W"'] & B_0 \times e \arrow[d, hook] \arrow[dr, "W"] & \\
A_0 \times I \arrow[r, hook] & (B_0 \times e) \cup (A_0 \times I) \arrow[r, hook] & B_0 \times I
\end{tikzcd}
le carré est cocartésien, la flèche verticale médiane est dans \(W\) par (3), la diagonale par (2), et \(h(i_0, I, \varepsilon)\) par le deux-sur-trois.23
Les cofibrations triviales : la saturation. Soit \(f : A \to B\) dans \(TC\). On le factorise en \(f = pi\) avec \(p \in F\) et \(i\) obtenu par l'argument du petit objet, c'est-à-dire comme composé transfini de changements de cobase de sommes de flèches de \((TC)_0\). Par (3) et l'axiome
- (4)\(W\) est stable par limites inductives filtrantes,
\(i\) est dans \(W\).24 Comme \(f \pitchfork p\), il existe \(s\) avec \(sf = i\) et \(ps = \mathrm{id}_B\), et \(f\) est un rétracte de \(i\) :
LaTeX source
\begin{tikzcd}
A \arrow[r, hook, "i"] \arrow[d, "="'] & B' \arrow[d, "p"] \\
A \arrow[r, hook, "f"'] & B \arrow[u, bend right=40, "s"']
\end{tikzcd}
Il faut donc enfin
- (5)\(W\) est stable par rétractes (« direct factors »),
condition nécessaire pour \(W = \widetilde W\), puisque \(\widetilde W\) l'est dès qu'on a une structure de modèles.25 « Thus (1) to (5) imply \(\widetilde W \subset W\). »
L'inclusion \(W \subset \widetilde W\), qui reste ouverte
Pour \(\widetilde W \subset W\) il a fallu restreindre les intervalles ((2)) ; pour que \(\widetilde W\) soit assez grande il faut que le bunch soit assez gros, et la condition naturelle serait qu'il contienne un intervalle séparant. On en a d'éligibles, \(W\)-asphériques et séparants, comme \(\Omega\).
Soit \(f \in W\) factorisée en \(f = pi\), \(i \in TC\), \(p \in F\). On sait déjà que \(i \in W\), donc \(p \in W\). Les trois inclusions \[ W \subset \widetilde W, \qquad F \cap W \subset TF, \qquad C \cap W \subset TC \] sont donc équivalentes, moyennant les deux factorisations.26 La troisième dit que toute flèche ayant la propriété de relèvement à droite par rapport aux \(h(i_0, I, \varepsilon)\) l'a par rapport à tous les monomorphismes qui sont dans \(W\). La page s'interrompt sur « [ ? ??? ] ». Il voudrait l'avoir au moins dans deux cas.27
- a)\(\mathcal{E} = \widehat{A}\) et \(W = \mathcal{W}_A\), où \(\mathcal{W}\) est un localisateur fondamental et \(A\) une catégorie \(\mathcal{W}\)-test (locale ?).
- b)\(A = A_0 \times B\) avec \(B\) une catégorie test, de sorte que \(\widehat{A} \simeq \mathbf{Hom}(A_0^{\mathrm{op}}, \widehat{B})\), et \(W = \mathcal{W}_{A/A_0}\), défini fibre à fibre par \(\mathcal{W}_B\).
21–21
Une présentation alternative (page 21)
La page 21 (sa page 9) reprend tout depuis l'autre bout : « Alternative presentation of theory, with possibly slightly less strong result ». On se donne cette fois \(W\), on veut une structure de modèles dont les cofibrations sont les monomorphismes et les équivalences faibles les flèches de \(W\), et l'on pose directement \[ C = \text{mono}, \quad TC = C \cap W, \quad F = (TC)_*, \quad TF = C_* . \] On sait toujours que \((TF)^* = C\). Restent quatre problèmes.28
- (a)\(F^* = TC\). Comme \(F^* \subset (TF)^* = C\), cela revient à : tout monomorphisme ayant la propriété de relèvement à gauche par rapport à \(F\) est dans \(W\). C'est une propriété de saturation de \(W\) relativement aux monomorphismes.
- (b)\(TF = W \cap F\). Les hypothèses déjà faites ((1), page 15) donnent \(TF \subset W\), donc \(TF \subset W \cap F\) ; il reste \(W \cap F \subset TF\).
- c)Les factorisations, la seconde avec \(i \in C \cap W\) ; elles « shouldn't be too hard » par des arguments standard, et il les admet.
- (d)Si \(f : X \to Y\) est dans \(F\) et \(Y' \to Y\) dans \(W\), alors \(X' = X \times_Y Y' \to X\) est dans \(W\).
Pour (a), l'argument de rétracte de la page 17 vaut tel quel. Si \(f\) est un monomorphisme de \(F^*\), on le factorise en \(f = pi\) avec \(i \in W \cap C\), \(p \in F\). Le relèvement donne \(s\) avec \(sf = i\), \(ps = \mathrm{id}\), donc \(f\) est un rétracte de \(i\), et \(f \in W\) par (5).29
LaTeX source
\begin{tikzcd}
& X' \arrow[d, "p \in F"] \\
X \arrow[ur, "i \in W \cap C"] \arrow[r, "f"'] & Y \arrow[u, bend right=40, "s"']
\end{tikzcd}
La différence avec les pages 4 à 19 est de principe : là, \(TC\) était engendrée par \((TC)_0\) et il fallait comparer \(\widetilde W\) à \(W\) ; ici \(TC\) est définie par \(W\), et la question de la génération reviendra à la page 31.
24–27
Classes saturées, factorisation, structures de modèles (pages 24 à 27)
Saturations et systèmes de factorisation faibles
Soit \(M\) une catégorie. Une classe \(\Phi \subset \mathrm{Fl}(M)\) est saturée à gauche si \(\Phi = \Psi^*\) pour une classe \(\Psi\), c'est-à-dire si \(\Phi = (\Phi_*)^*\) ; une classe \(\Psi\) est saturée à droite si \(\Psi = (\Psi^*)_*\). On a toujours \(\Phi \subset (\Phi_*)^*\) et \(\Psi \subset (\Psi^*)_*\), et \(\Phi \mapsto \Phi_*\), \(\Psi \mapsto \Psi^*\) sont des bijections décroissantes, inverses l'une de l'autre, entre classes saturées à gauche et classes saturées à droite. Une classe saturée à droite est stable par composition, changement de base et rétractes ; dualement à gauche.30
Deux classes \(\Phi, \Psi\) sont orthogonales si \(\Phi \subset \Psi^*\), ou, ce qui revient au même, \(\Psi \subset \Phi_*\). La paire a la propriété de factorisation si toute flèche \(f\) s'écrit \(f = pi\) avec \(i \in \Phi\), \(p \in \Psi\).
Proposition. Soit \((\Phi, \Psi)\) une paire orthogonale ayant la propriété de factorisation. Alors \(\Phi = \Psi^*\) si et seulement si \(\Phi\) est stable par rétractes, et \(\Psi = \Phi_*\) si et seulement si \(\Psi\) l'est. En effet, si \(h \in \Psi^*\), on factorise \(h = pi\), et \(h \pitchfork p\) fait de \(h\) un rétracte de \(i \in \Phi\), comme à la page 17.
Il appelle « paire de Quillen » une paire orthogonale ayant la propriété de factorisation dont les deux classes sont stables par rétractes : c'est ce qu'on appelle aujourd'hui un système de factorisation faible.31 Il appelle « triple de Quillen » une donnée \((C, F, W)\) telle que :
- a)\(W\) est faiblement saturée et stable par rétractes (M5) ;
- b)\((C, TF)\) et \((TC, F)\) sont des systèmes de factorisation faibles, où \(TF = F \cap W\) et \(TC = C \cap W\) (M1, M2).
C'est une structure de modèles au sens de Quillen ; il en résulte que \(f \in W\) si et seulement si \(f = pi\) avec \(i \in TC\), \(p \in TF\), et, si \(M\) a des limites projectives et inductives finies (M0), que \(W\) est fortement saturée.32
26–26
Un brouillon : la saturation (page 26)
Le feuillet n'a pas de numéro de sa main et il est barré de deux longues diagonales au crayon. Il commence par les complexes de Kan : si \(Y\) est de Kan, \(\mathbf{Hom}(I, Y) \to Y \times Y\) est une fibration de Kan ; est-ce une fibration de Serre ? La question est aussitôt posée fibre à fibre, au-dessus d'un \(a \to Y \times Y\).33
Puis trois conditions sur une classe \(W\) : a) \(\mathrm{Iso}_M \subset W\) ; b) le deux-sur-trois ; c) \(W\) stable par rétractes. Elles donnent la saturation faible. Donnent-elles la saturation, \(fg, gf \in W \Rightarrow f, g \in W\) ? Il compare
- (i)\(gf = \mathrm{id}\), \(fg \in W\) \(\Rightarrow\) \(f, g \in W\) ;
- (ii)\(gf \in W\), \(fg \in W\) \(\Rightarrow\) \(f, g \in W\) ;
- (iii)\(W\) stable par rétractes ;
et note (ii) \(\Rightarrow\) (i) \(\Leftarrow\) (iii). La seconde implication vient de ce que, si \(gf = \mathrm{id}_A\), \(f\) est un rétracte de \(fg\) :
LaTeX source
\begin{tikzcd}
A \arrow[r, "f"] \arrow[d, "f"'] & B \arrow[r, "g"] \arrow[d, "fg"] & A \arrow[d, "f"] \\
B \arrow[r, "\mathrm{id}"'] & B \arrow[r, "\mathrm{id}"'] & B
\end{tikzcd}
et \(g\) est alors dans \(W\) par le deux-sur-trois. La question elle-même reste ouverte sur la page, et la réponse est non.34
27–27
Conditions équivalentes (page 27, sa page « 10 bis »)
Soit \((C, F, W)\) avec \(TF = F \cap W\) et \(TC = C \cap W\), et posons \(\widetilde{TF} = C_*\), \(\widetilde{TC} = F^*\). On suppose \[ \text{(a)} \ \ C = (TF)^*, \ F = (TC)_*, \qquad \text{(b)} \ \ W = \{ pi \mid p \in \widetilde{TF},\ i \in \widetilde{TC} \}. \] C'est la construction \(\widetilde W\) de la page 6, faite avec les paires \((F^*, F)\) et \((C, C_*)\). Comme \(C\) et \(F\) sont saturées, \(\widetilde{TF} \subset F\) et \(\widetilde{TC} \subset C\) ; et (a) donne \(TF \subset \widetilde{TF}\), \(TC \subset \widetilde{TC}\). Il suffit donc que \(\widetilde{TF} \subset W\) et \(\widetilde{TC} \subset W\), ce qui équivaut à \(\widetilde{TF} = TF\) et \(\widetilde{TC} = TC\), c'est-à-dire à ce que \((C, TF)\) et \((TC, F)\) soient des systèmes de factorisation faibles. D'où les conditions équivalentes : (i) (a) et (b), une catégorie de modèles fermée au sens de Quillen ; (ii) \((C, TF)\) et \((TC, F)\) sont des systèmes de factorisation faibles ; et il faut encore (iii) \(C\), \(F\), \(W\) stables par rétractes.35
Quillen démontre plus : \(W\) est fortement saturée, du moins quand \(M\) a des limites inductives et projectives finies. La page le ramène aux objets fibrants et cofibrants. Par des factorisations successives, \(f : X \to Y\) est relié à une flèche \(g : X_2 \to Y_2\) entre objets fibrants et cofibrants, de sorte que \(\gamma(f)\) est un isomorphisme si et seulement si \(\gamma(g)\) en est un, et \(f \in W\) si et seulement si \(g \in W\). Donc \(W\) est fortement saturée si et seulement si, pour \(f\) entre objets fibrants et cofibrants et \(f \in C\), \(\gamma(f)\) isomorphisme entraîne \(f \in W\) ; et de même avec \(f \in F\).36
29–31
Construire une structure de modèles à partir de \((C, W)\) (pages 29 et 31)
La page 29 (sa page 11) donne la recette. On part d'une classe \(C \subset \mathrm{Fl}(M)\) stable par rétractes et l'on vérifie la factorisation pour la paire \((C, C_*)\), qui est alors un système de factorisation faible ; on pose \(TF = C_*\). On prend ensuite une classe \(W \supset TF\), faiblement saturée et stable par rétractes. Alors \(TC = C \cap W\) est stable par rétractes ; on pose \(F = (TC)_*\), qui contient \(TF\), et l'on vérifie la factorisation pour \((TC, F)\). Il reste \(TF = F \cap W\). Une inclusion est acquise. Pour l'autre, soit \(f : X \to Y\) dans \(F \cap W\), factorisé en \(f = pi\) avec \(i \in C\), \(p \in TF\). Comme \(f, p \in W\), on a \(i \in W\), donc \(i \in TC\). Le relèvement de \(i\) par rapport à \(f\) donne \(s : X' \to X\) avec \(si = \mathrm{id}_X\) et \(fs = p\), de sorte que \(f\) est un rétracte de \(p\), et \(f \in TF\).
LaTeX source
\begin{tikzcd}
X \arrow[r, "="] \arrow[d, "i"'] & X \arrow[d, "f \in F"] \\
X' \arrow[r, "p"'] \arrow[ur, dashed, "s"] & Y
\end{tikzcd}
Proposition. Pour qu'une paire \((C, W)\) provienne d'une structure de modèles \((C, F, W)\), il faut et il suffit que :37
- 1)\(C\) et \(W\) soient stables par rétractes, et \(W\) faiblement saturée ;
- 2)les paires \((C, C_*)\) et \((C \cap W, (C \cap W)_*)\) aient la propriété de factorisation ;
- 3)\(W \supset C_*\).
« In the case of interest to us », 1) est gratuit, 3) presque (il vient de l'hypothèse « test »), et 2) pose un petit problème technique. Il s'intéresse aussi, au-delà des factorisations, à la propriété qui caractérise un triple de Quillen strict :
- 4)\(W\) est stable par changement de base le long des \(g \in F\) et par changement de cobase le long des \(g \in C\).
C'est ce qu'on appelle aujourd'hui une structure de modèles propre.38
NB (page 31). C'est la réflexion de méthode du dossier. De son point de vue, \(W\) est donnée d'avance, de façon assez tangible, par un critère homologique, très maniable. Chez Kan et Quillen, \(W\) était plus cachée : on y arrive par la paire \((C, TF)\) et les fibrations de Kan \(F \supset TF\), une construction quelque peu ad hoc à partir d'un ensemble générateur \((TC)_0\), qui exprime en gros la propriété de relèvement de Kan. Reste à comprendre, pour une catégorie test générale, le rapport entre cette construction et la description directe \(TC = C \cap W\), c'est-à-dire pourquoi \(C \cap W\) est exactement la saturation de \((TC)_0\). Peut-être faut-il regarder le traitement par Gabriel et Zisman des « extensions anodines ».39
33–39
Factorisation (pages 33 à 39)
Le titre est le sien, souligné, en oblique dans la marge supérieure de la page 33 (sa page 13). Ces pages fournissent ce qui avait été admis aux pages 13 et 21. C'est aussi là que se décide la question de la page 15 : le bunch d'intervalles doit être petit, parce que \((TC)_0\) doit l'être.
La construction
Soit \(M\) une catégorie, \(\Phi_0 \subset \mathrm{Fl}(M)\), \(\Psi = (\Phi_0)_*\), et \(\Phi_0 \subset \Phi \subset \overline{\Phi}_0 = \Psi^*\). On cherche des conditions sur \(\Phi_0\) et \(\Phi\) pour que toute flèche se factorise en \(f = pi\) avec \(i \in \Phi\), \(p \in \Psi\).40
Pour \(f : X \to Y\) fixée, on considère tous les carrés commutatifs \((D)\)
LaTeX source
\begin{tikzcd}
A \arrow[r, "u"] \arrow[d, "g"'] & X \arrow[d, "f"] \\
B \arrow[r, "v"'] & Y
\end{tikzcd}
avec \(g \in \Phi_0\), et l'on pose \(X_D = X \amalg_A B\), puis \(X_1(f)\) la somme amalgamée sous \(X\) de tous les \(X_D\). On obtient une factorisation \(f = \Sigma_1(f) \circ i_1(f)\), avec \(i_1(f) : X \to X_1(f)\) et \(\Sigma_1(f) : X_1(f) \to Y\), et \(i_1(f) \in \Phi\) pourvu que :41
- a)\(\Phi_0\) soit petit ;
- b)les sommes amalgamées indexées par des ensembles de cardinal \(\leqslant \mathrm{card}\, \Phi_0 \times c\) existent dans \(M\), où \(c\) est le cardinal des \(\mathrm{Hom}(A, X) \times \mathrm{Hom}(B, Y)\) ;
- c)\(\Phi\) soit stable par composition, par changement de cobase et par les limites inductives filtrantes indexées par des ensembles de cardinal \(\leqslant c\).
Puis, par récurrence transfinie sur les ordinaux \(\alpha < \alpha_0\), \[ \Sigma_{\alpha+1}(f) = \Sigma_1(\Sigma_\alpha(f)), \qquad i_{\alpha+1}(f) = i_1(\Sigma_\alpha(f)) \circ i_\alpha(f), \] et \[ \Sigma_\alpha(f) = \varinjlim_{\alpha' < \alpha} \Sigma_{\alpha'}(f) \quad \text{si } \alpha \text{ est un ordinal limite}, \] \(X_\alpha(f)\) étant la source de \(\Sigma_\alpha(f)\). On suppose \(\Phi\) stable par les limites inductives qui interviennent aux ordinaux limites.
Le choix de \(\alpha_0\). Soit \(\pi\) un cardinal tel que les sources et buts des \(g \in \Phi_0\) soient \(\pi\)-accessibles : \(\mathrm{Hom}(A, -)\) commute aux limites inductives filtrantes « large with resp. to \(\pi\) ». On peut prendre \(\pi = \sup_{g \in \Phi_0} \pi_g\). Si ces objets sont de présentation finie, on arrête la récurrence au premier ordinal infini ; en général on prend pour \(\alpha_0\) le premier ordinal dont l'ensemble des prédécesseurs est large par rapport à \(\pi\).42 On pose \(\mathbf{X}(f) = X_{\alpha_0}(f)\), \(i(f) = i_{\alpha_0}(f)\) et \(p(f) = \Sigma_{\alpha_0}(f)\).
Alors \(i(f) \in \Phi\) et \(p(f) \in \Psi\), sous l'hypothèse d) : les sources et buts des \(g \in \Phi_0\) sont accessibles, et, pour un cardinal \(\pi\) assez grand, tout système inductif filtrant de cardinal \(\leqslant \pi\) à flèches de transition dans \(\Phi\) a une limite, les flèches \(Z_i \to Z\) étant dans \(\Phi\). La raison est la suivante.43 Un carré de \(g : A \to B\), \(g \in \Phi_0\), vers \(p(f)\) a sa flèche \(A \to X_{\alpha_0}(f) = \varinjlim X_\alpha(f)\) qui se factorise par un \(X_\alpha(f)\), \(\alpha < \alpha_0\), par accessibilité de \(A\). Ce carré figure donc parmi ceux qui construisent \(X_{\alpha+1}(f)\), et celui-ci fournit la diagonale \(B \to X_{\alpha+1}(f) \to X_{\alpha_0}(f)\). De plus la factorisation est fonctorielle en \(f\).
37–37
L'énoncé (page 37)
Supposons :
- a)\(\Phi_0\) petit, et les sources et buts de ses flèches accessibles ;
- b)\(M\) stable par limites inductives filtrantes ;
- (c)pour toute \(u : A \to X\) et toute \(\alpha : A \to B\) dans \(\Phi_0\), la somme amalgamée \(X' = X \amalg_A B\) existe et \(\alpha' : X \to X'\) est dans \(\Phi\) ; et c') \(\Phi\) est stable par composition ;
- (d)\(\Phi\) est stable par limites inductives filtrantes, au sens de la page 35.
Alors \((\Phi, \Psi)\) a la propriété de factorisation, et il existe même un foncteur \(\Sigma : \mathrm{Fl}(M) \to \mathrm{Fl}(M)\) au-dessus de \(M\) (pour le foncteur but \(t\)) et un morphisme fonctoriel \(\mathrm{id} \to \Sigma\) dans \([\mathrm{Cat}]_{/M}\), qui envoie \(f : X \to Y\) sur \(p(f) : \mathbf{X}(f) \to Y\) par \((i(f), \mathrm{id}_Y)\), avec \(i(f) \in \Phi\) et \(p(f) \in \Psi\).44
LaTeX source
\begin{tikzcd}
\mathrm{Fl}(M) \arrow[rr, "\Sigma"] \arrow[dr, "t"'] & & \mathrm{Fl}(M) \arrow[dl, "t"] \\
& M &
\end{tikzcd}
Exemple. Si \(M\) a des sommes amalgamées et \(\Phi = \overline{\Phi}_0 = \Psi^*\), la condition (c) est triviale, une classe saturée à gauche étant stable par changement de cobase. Pour (d), il propose une récurrence de Zorn sur les paires \((J \subset I, u_J : \varinjlim_J A_j \to X)\) qui prolongent le relèvement donné sur \(A_{i_0}\), la surjectivité cherchée étant celle de \(\mathrm{Hom}(B, X) \to \mathrm{Hom}(g, f) = \varprojlim \mathrm{Hom}(g_i, f)\).45
39–39
Le lemme et le théorème (page 39)
Lemme. Soit \(\Phi = \Psi^*\) une classe saturée à gauche. Alors :
- a)\(\Phi\) contient les isomorphismes ;
- b)\(\Phi\) est stable par composition et changement de cobase ;
- c)\(\Phi\) est stable par sommes amalgamées quelconques ;
- d)\(\Phi\) est stable par systèmes inductifs ordinaux : si \(I\) est bien ordonné et \((A_i)_{i \in I}\) un système inductif à flèches de transition dans \(\Phi\), continu aux ordinaux limites (\(A_{i_0} = \varinjlim_{j < i_0} A_j\)), alors \(A_{i_0} \to \varinjlim_I A_i\) est dans \(\Phi\) pour tout \(i_0\).
En marge : a), b), d) entraînent c).46
Théorème. Soit \(M\) une catégorie stable par petites limites inductives et accessible.47
- (1)Soit \(\Phi_0 \subset \mathrm{Fl}(M)\) petit, et \(\Phi_0 \subset \Phi \subset \overline{\Phi}_0 = \Psi^*\), \(\Psi = (\Phi_0)_*\). Si \(\Phi\) satisfait a), b), c), d), la paire \((\Phi, \Psi)\) a la propriété de factorisation ; si de plus \(\Phi\) est stable par rétractes, \(\Phi = \overline{\Phi}_0\).
- (2)Pour que \(\Phi = \overline{\Phi}_0\), il faut et il suffit que \(\Phi\) satisfasse a), b), c), d) et e) : la stabilité par rétractes. La factorisation a lieu alors pour le système \((\Phi, \Psi)\).
NB. Dans (2), on supposait au préalable l'existence d'un \(\Phi_0\) petit ayant même saturation à gauche que \(\Phi\). « Next step is to try to get rid of this. » La suite n'est pas dans le dossier.48
42–45
Les axiomes W7 et W8, et l'axiome « Der 6 » (pages 42 à 52)
La dernière suite est en français et paginée de sa main de 6 à 18 ; ses pages 1 à 5 ne sont pas dans le dossier. Elle s'ouvre sur la fin, biffée, d'un argument commencé avant : un carré de foncteurs \(U \to \overline{U}\), \(U' \to \overline{U}'\) dont les deux flèches horizontales sont dans \(W\), donc « \(q \in W\) ssi \(q_U \in W\) cqfd ». Elle demande alors : « Dém. de W7, W 7 bis si \(W = W_{\mathbb D}\) ? »49
Notations de cette partie. Un ouvert d'une catégorie \(X\) est un crible : une sous-catégorie pleine \(U\) telle que \(x \to y\) et \(y \in U\) entraînent \(x \in U\).50 On note \(Q = \Delta^1 \times \Delta^1\), et \(\Psi = Q \smallsetminus \{(1,1)\}\), l'ensemble ordonné \(\{0 < a,\ 0 < b\}\) où \(0 = (0,0)\), \(a = (0,1)\), \(b = (1,0)\) ; \(k : \Psi \subset Q\) est l'inclusion, qui ajoute à \(\Psi\) l'élément final \((1,1)\). On note \(\Phi = \Psi^{\mathrm{op}} = (a \to 0 \leftarrow b)\). Pour \(\varphi : X \to I\) et \(s \in I\), \(X_{/s} = X \times_I I_{/s}\) ; la construction de Grothendieck du foncteur \(s \mapsto X_{/s}\) est notée \(\mathcal{G}_I(X)\).51 \(\mathbb D\) est un dérivateur, \(\mathcal{A} = \mathbb D(e)\) ; pour une catégorie \(X\), \(p_X : X \to e\), et \(\xi \in \mathcal{A}\), \[ H^\bullet_{\mathbb D}(X, \xi) = p_{X*}\, p_X^*\, \xi \in \mathcal{A} \] est la cohomologie de \(X\) à coefficients constants \(\xi\), et \(W_{\mathbb D}\) la classe des foncteurs \(u : X \to Y\) tels que \(u^* : H^\bullet_{\mathbb D}(Y, \xi) \to H^\bullet_{\mathbb D}(X, \xi)\) soit un isomorphisme pour tout \(\xi \in \mathcal{A}\).52 Les objets de \(\mathbb D(I)\) se lisent, comme le dit la page 45, comme des diagrammes de type \(I^{\mathrm{op}}\).53
Deux ouverts et le carré de Mayer–Vietoris (pages 42 à 45)
Se donner deux ouverts \(U, U'\) de \(X\) revient à se donner \(\varphi : X \to Q\), avec \(U = \varphi^{-1}(\{0\} \times \Delta^1)\) et \(U' = \varphi^{-1}(\Delta^1 \times \{0\})\). Ses fibres sont \(X_{0,0} = U \cap U'\), \(X_{0,1} = U \cap T'\), \(X_{1,0} = T \cap U'\) et \(X_{1,1} = T \cap T'\), où \(T\) et \(T'\) sont les complémentaires de \(U\) et \(U'\). La condition \(U \cup U' = X\) équivaut à \(X_{1,1} = \varnothing\), donc à ce que \(\varphi\) se factorise par \(\Psi\). Les fibres sont alors \(X_0 = U \cap U'\), \(X_a = U \smallsetminus U'\), \(X_b = U' \smallsetminus U\), et \[ U = X_{/a}, \qquad U' = X_{/b}, \qquad U \cap U' = X_{/0} . \] 54
Le diagramme \(U \leftarrow U \cap U' \rightarrow U'\) de \(\mathrm{Cat}\) est donc le foncteur \(\Psi \to \mathrm{Cat}\), \(s \mapsto X_{/s}\), et il définit une catégorie cofibrée scindée \(\overline{X} = \mathcal{G}_\Psi(X)\) sur \(\Psi\), de fibres \(\overline{X}_a = U\), \(\overline{X}_b = U'\), \(\overline{X}_0 = U \cap U'\), les foncteurs de transition étant les inclusions. Le foncteur \(\alpha : X \to \overline{X}\), \(x \mapsto (\varphi(x), x)\), est dans \(W\).55
La projection \(\overline{\varphi} : \overline{X} \to \Psi\) est propre, de sorte que \(\overline{\varphi}_*\) se calcule fibre par fibre. Pour un coefficient constant \(\xi_{\overline{X}}\), \(\xi \in \mathcal{A}\), la valeur de \(\overline{\varphi}_*(\xi_{\overline{X}})\) en \(0\), \(a\), \(b\) est \(H^\bullet_{\mathbb D}(U \cap U', \xi)\), \(H^\bullet_{\mathbb D}(U, \xi)\), \(H^\bullet_{\mathbb D}(U', \xi)\) ; le diagramme \(H^\bullet_{\mathbb D}(U, \xi) \to H^\bullet_{\mathbb D}(U \cap U', \xi) \leftarrow H^\bullet_{\mathbb D}(U', \xi)\), de type \(\Psi^{\mathrm{op}}\), est donc le diagramme sous-jacent de \[ \gamma_0 = \overline{\varphi}_*(\xi_{\overline{X}}) \in \mathbb D(\Psi). \] Soit \(\gamma = k_*(\gamma_0) \in \mathbb D(Q)\). Un objet de \(\mathbb D(Q)\) de la forme \(k_*(\gamma_0)\) est ce qu'on appelle un carré cartésien ; comme \(k\) est pleinement fidèle, \(k^*\gamma \simeq \gamma_0\).56 Le carré sous-jacent à \(\gamma\) est
LaTeX source
\begin{tikzcd}[column sep=small]
& H^{\bullet}_{\mathbb{D}}(X, \xi) \arrow[dl, "i^*"'] \arrow[dr, "i'^*"] & \\
H^{\bullet}_{\mathbb{D}}(U, \xi) \arrow[dr, "i_0'^*"'] & & H^{\bullet}_{\mathbb{D}}(U', \xi) \arrow[dl, "i_0^*"] \\
& H^{\bullet}_{\mathbb{D}}(U \cap U', \xi) &
\end{tikzcd}
où \(i : U \to X\), \(i' : U' \to X\), \(i'_0 : U \cap U' \to U\) et \(i_0 : U \cap U' \to U'\) sont les inclusions. En effet, si \(\psi = k \circ \overline{\varphi} : \overline{X} \to Q\), alors \(\gamma = \psi_*(\xi_{\overline{X}})\), d'où \[ \gamma(1,1) \simeq H^\bullet_{\mathbb D}(Q, \gamma) \simeq H^\bullet_{\mathbb D}(\overline{X}, \xi) \simeq H^\bullet_{\mathbb D}(X, \xi), \] la première identification parce que \((1,1)\) est final dans \(Q\), la dernière parce que \(\alpha \in W\).57
Dans un carré cartésien, l'image réciproque d'un isomorphisme est un isomorphisme : si \(i_0^*\) est un isomorphisme, \(i^*\) en est un. Ceci valant pour tout \(\xi \in \mathcal{A}\), \[ i_0 \in W_{\mathbb D} \Longrightarrow i \in W_{\mathbb D} . \] 58 C'est la moitié de W7 : pour deux ouverts \(U, U'\) recouvrant \(X\), si \(U \cap U' \to U'\) est une équivalence, \(U \to X\) en est une.
46–48
La réciproque, et le « Principe » (pages 46 à 48)
Pour avoir la réciproque \(i \in W_{\mathbb D} \Rightarrow i_0 \in W_{\mathbb D}\), il faudrait savoir que le carré \(\gamma\) est non seulement cartésien, mais aussi cocartésien. « Moralement », qu'il soit cartésien lui semble la traduction cohomologique de ce que le carré de cribles \(U \cap U' \to U, U' \to X\) est cocartésien dans \(\mathrm{Cat}\), en un sens assez fort. Ce carré est aussi trivialement cartésien, et l'on peut s'attendre à ce que son transformé par \(H^\bullet_{\mathbb D}(-, \xi)\) soit cocartésien.59
Il se place alors sur \(Q\) plutôt que sur \(\Psi\). On a \(\mathcal{G}_Q(X)|_\Psi \simeq \mathcal{G}_\Psi(X)\), et la quatrième fibre est \(X_{/(1,1)} \simeq X\), de sorte que le diagramme de type \(Q\) de \(\mathrm{Cat}\) qui définit \(\mathcal{G}_Q(X)\) est le carré des cribles lui-même. Ce carré n'est pas quelconque. Sa propriété essentielle est que, pour \(V = U \cap U'\), le foncteur \[ \mathcal{G}_\Psi(X) = \int \bigl(V \to U,\ V \to U'\bigr) \longrightarrow X \] est dans \(W\).60
« Principe » (?). Soit \(X_a \leftarrow X_0 \rightarrow X_b\) un diagramme de \(\mathrm{Cat}\) de type \(\Psi\), \(\mathcal{X}\) la catégorie cofibrée sur \(\Psi\) qu'il définit et \(\varphi : \mathcal{X} \to \Psi\) la projection. Pour \(\xi \in \mathbb D(\mathcal{X})\), soit \(\gamma_0 = \varphi_*(\xi) \in \mathbb D(\Psi)\) et \(\gamma = k_*(\gamma_0) \in \mathbb D(Q)\). Alors \[ \gamma(0,0) \simeq H^\bullet_{\mathbb D}(X_0, \xi), \quad \gamma(0,1) \simeq H^\bullet_{\mathbb D}(X_a, \xi), \quad \gamma(1,0) \simeq H^\bullet_{\mathbb D}(X_b, \xi), \quad \gamma(1,1) \simeq H^\bullet_{\mathbb D}(\mathcal{X}, \xi), \] et le carré sous-jacent est celui des restrictions. Le carré \(X_0 \to X_a, X_b \to \mathcal{X}\) des fibres n'est même pas commutatif, car \(X_a \cap X_b = \varnothing\) dans \(\mathcal{X}\) ; mais celui des \(X_{/0} \subset X_{/a}, X_{/b} \subset \mathcal{X}\) l'est, et le carré des cohomologies s'en déduit aussi.61
Le carré \(\gamma\) est cartésien par construction, et il le serait pour tout \(\mathcal{X}\) propre sur \(\Psi\), sans le supposer cofibré. Que \(\mathcal{X}\) soit cofibré doit donner en plus qu'il est cocartésien. Il a l'impression que cela ne découle pas des axiomes Der 1 à Der 5, 5', et le pose comme axiome.62
« Der 6 » (provisoire), « axiome des cofibrations ». Si \(\mathcal{X}\) est cofibré sur \(\Psi\) et \(\xi \in \mathbb D(\mathcal{X})\), l'objet \(\psi_*(\xi) \in \mathbb D(Q)\), où \(\psi = k \circ \varphi\), est non seulement cartésien, mais aussi cocartésien.63
49–50
Der 6', et la forme symétrique (pages 49 et 50)
« Der 6' » (provisoire). Si \(\mathcal{X}\) est fibrée sur \(\Phi = \Psi^{\mathrm{op}} = (a \to 0 \leftarrow b)\) (donc donnée, à \(\Phi\)-équivalence près, par un diagramme \(X_a \leftarrow X_0 \rightarrow X_b\) de \(\mathrm{Cat}\)) et \(\xi \in \mathbb D(\mathcal{X})\) est constant, alors \(\psi_!(\xi)\), pour \(\psi : \mathcal{X} \to \Phi \subset Q^{\mathrm{op}}\), est non seulement cocartésien, « sans mérite », mais aussi cartésien.64
NB. Der 6' pour \(\mathbb D\) n'est autre que Der 6 pour le dérivateur opposé \(\mathbb D^\circ\), \(\mathbb D^\circ(I) = \mathbb D(I^{\mathrm{op}})^{\mathrm{op}}\). Il ne voit pas comment l'un impliquerait l'autre, hors le cas exceptionnel où il y a un foncteur dualisant dans \(\mathcal{A}\), et une dualité correspondante entre cohomologie et homologie.
Il semble finalement que l'axiome qui englobe les deux soit le suivant :
« Der 6 ». Un objet \(\gamma \in \mathbb D(\Delta^1 \times \Delta^1)\) est cartésien si et seulement s'il est cocartésien.
C'est, pour un dérivateur pointé, la définition reçue aujourd'hui d'un dérivateur stable.65
Page 50, sur le carré
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\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
& \gamma(0,1) \arrow[dl, "j_0"'] & \\
\gamma(0,0) & & \gamma(1,1) \arrow[ul, "i_1"'] \arrow[dl, "j_1"] \\
& \gamma(1,0) \arrow[ul, "i_0"] &
\end{tikzcd}
un carré bicartésien a \(i_0\) iso si et seulement si \(i_1\) l'est, et \(j_0\) iso si et seulement si \(j_1\) l'est : « cartésien » donne un sens, « cocartésien » l'autre.66 La dernière forme se déduirait aussitôt de la précédente, pourvu qu'on ait le lemme suivant.67
« Lemme ». Soit \(\xi = (\xi_a \xrightarrow{j_0} \xi_0 \xleftarrow{i_0} \xi_b) \in \mathbb D(\Psi)\) tel que \(i_0\) soit un isomorphisme. Alors \(\xi\) est isomorphe à l'image réciproque \(\rho^*\eta\) d'un \(\eta \in \mathbb D(\Psi_a)\), où \(\Psi_a = (0 \to a) \simeq \Delta^1\) est l'ouvert \(\{0, a\}\) de \(\Psi\) et \(\rho : \Psi \to \Psi_a\) la rétraction qui envoie \(b\) sur \(0\).
La page veut montrer que la flèche d'adjonction \(\rho^*\rho_*(\xi) \to \xi\) est un isomorphisme. Comme \(\rho\) est lisse, induite par la première projection \(\Delta^1 \times \Delta^1 \to \Delta^1\), \(\rho_*\) se calcule fibre par fibre, et l'on est ramené à ce que \(\mathcal{A} \to \mathbb D^{\mathrm{cc}}(\Delta^1)\) soit une équivalence, « forme de Der 3 ». Elle s'arrête là.68
51–52
HOT, Der 8, W7 bis et W8 bis (pages 51 et 52)
« Dans HOT, j'ai admis que : tout carré cocartésien est cartésien. Pour qu'un carré cartésien
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\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
& \xi_0 \arrow[dl] \arrow[dr] & \\
\xi_a \arrow[dr] & & \xi_b \arrow[dl] \\
& \xi_1 &
\end{tikzcd}
soit aussi cocartésien, il faut et il suffit que l'on ait \(\pi_0(\xi_1) = \mathrm{Im}\, \pi_0(\xi_a) \cup \mathrm{Im}\, \pi_0(\xi_b)\). » 69
W8 semble découler d'un principe général :
« Der 8 ». Soit \(f : \xi \to \eta\) un morphisme de carrés de \(\mathcal{A}(\Delta^1 \times \Delta^1)\), de composantes \(f_0, f_a, f_b, f_1\), et les conditions a) \(f_0\) est iso ; b) \(f_1\) est iso ; c) \(f_a\) et \(f_b\) sont iso. Si les carrés sont cartésiens, b) et c) entraînent a) ; s'ils sont cocartésiens, a) et c) entraînent b) ; s'ils sont bicartésiens, de plus a) et b) entraînent c) (?).70
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\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
& \xi_a \arrow[dr] \arrow[ddd, "f_a"] & \\
\xi_0 \arrow[ur] \arrow[dr] \arrow[ddd, "f_0"'] & & \xi_1 \arrow[ddd, "f_1"] \\
& \xi_b \arrow[ur] \arrow[ddd, "f_b"'] & \\
& \eta_a \arrow[dr] & \\
\eta_0 \arrow[ur] \arrow[dr] & & \eta_1 \\
& \eta_b \arrow[ur] &
\end{tikzcd}
W7 bis. Soit \(X_a \leftarrow X_0 \rightarrow X_b\) un diagramme de \(\mathrm{Cat}\), et \(\mathcal{X}\) la catégorie fibrée sur \(\Phi = (a \to 0 \leftarrow b)\) qu'il définit. On a un diagramme commutatif dans \(\mathrm{Hot}_W = W^{-1}\mathrm{Cat}\) :
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\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
& X_0 \arrow[dl, "i_a"'] \arrow[dr, "i_b"] & \\
X_a \arrow[dr, "i'_b"'] & & X_b \arrow[dl, "i'_a"] \\
& \mathcal{X} &
\end{tikzcd}
(dans \(\mathrm{Cat}\), les deux composés sont homotopes par un chemin de longueur 2, homotopes tous deux, par une homotopie de longueur 1, à l'inclusion \(X_0 \hookrightarrow \mathcal{X}\)). Alors \(i_a \in W\) si et seulement si \(i'_a \in W\), et \(i_b \in W\) si et seulement si \(i'_b \in W\).71
W8 bis. Soit un cube commutatif de \(\mathrm{Cat}\) formé de deux tels diagrammes et de \(f_0, f_a, f_b\), complété dans \(\mathrm{Hot}_W\) par \(f : \mathcal{X} \to \mathcal{X}'\), où \(\mathcal{X} = \int(X_0 \to X_a,\ X_0 \to X_b)\) et de même \(\mathcal{X}'\). Considérons les conditions a) \(f \in W\) ; b) \(f_0 \in W\) ; c) \(f_a\) et \(f_b \in W\). Deux d'entre elles entraînent la troisième.72
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\begin{tikzcd}[column sep=small, row sep=small]
& X_a \arrow[dr, dashed] \arrow[ddd, "f_a"] & \\
X_0 \arrow[ur] \arrow[dr] \arrow[ddd, "f_0"'] & & \mathcal{X} \arrow[ddd, "f"] \\
& X_b \arrow[ur, dashed] \arrow[ddd, "f_b"'] & \\
& X'_a \arrow[dr, dashed] & \\
X'_0 \arrow[ur] \arrow[dr] & & \mathcal{X}' \\
& X'_b \arrow[ur, dashed] &
\end{tikzcd}
La page 52 (sa page 18, numéro entouré) en donne une mise au propre, sous le titre « Corollaire de W7 bis », biffé en « Variante forte ». W7 bis : soit \(\mathcal{X}\) lisse sur \(\Phi\), d'où le même diagramme ; alors \(i_a \in W\) si et seulement si \(i'_a \in W\) (donc de même pour \(i_b\), \(i'_b\)). Cela implique l'axiome dual W7' bis, pour \(\mathcal{X}\) propre sur \(\Psi\). W8 bis : soient \(\mathcal{X}\), \(\mathcal{X}'\) lisses sur \(\Phi\) et \(f : \mathcal{X} \to \mathcal{X}'\) un \(\Phi\)-morphisme, induisant \(f_0, f_a, f_b\) sur les fibres ; deux des conditions a) \(f \in W\), b) \(f_0 \in W\), c) \(f_a, f_b \in W\) entraînent la troisième.73
Ces deux énoncés ont un contenu qu'on peut dire, bien que la page ne le dise pas. La catégorie \(\mathcal{X}\) est la somme amalgamée homotopique du diagramme. Les implications « \(i_a \in W \Rightarrow i'_a \in W\) » et « b) et c) \(\Rightarrow\) a) » expriment l'invariance homotopique de cette somme : elles valent pour \(W_\infty\) comme pour toute classe \(W_{\mathbb D}\). Les implications inverses sont d'une autre nature. Elles sont fausses pour \(W_\infty\) et vraies pour les équivalences d'homologie, par la suite de Mayer–Vietoris et le lemme des cinq, comme pour \(W_{\mathbb D}\) quand \(\mathbb D\) est stable.74 C'est ce qui fait de « Der 6 » l'axiome que ces pages cherchent : pour qu'un recollement se lise dans les deux sens, il faut être dans le monde stable, où cartésien et cocartésien coïncident.
Notes
- Il écrit \(A\) pour le topos, et aussi pour la source d'une flèche \(i : A \to B\) ; on lève la collision. ↩
- Sous \(I\), une mention entre parenthèses illisible ; plus bas, deux lignes biffées, dont « \(\Pi_0(\partial) \geq 2\) », qui semble demander que les extrémités soient au moins deux. En haut à gauche, un signe en forme de Z barré, suivi de « a », non identifié. ↩
- Les objets \(S^n(N)\) ne sont définis nulle part sur les feuillets ; \(N\) parcourt un ensemble \(\mathcal N\) de parties, lues « finies » avec doute, de \(\mathbb N\). Le mot qui suit « cônes » est illisible, et l'abréviation « compl. droits » n'est pas résolue. Un \(\mathbf{Hom}(T, X)\) isolé est écrit au milieu de la page ; la lettre, très appuyée, pourrait aussi être le \(I\) du haut. ↩
- Le rapprochement est le nôtre. \(W_\infty\) est la classe des foncteurs dont le nerf est une équivalence faible d'homotopie, le plus petit localisateur fondamental (D.-C. Cisinski, 2004). Les notions de foncteur \(W\)-propre et \(W\)-lisse sont celles de Pursuing Stacks, calquées sur les théorèmes de changement de base propre et lisse de SGA 4 ; « lisse » est lu avec doute, aux trois endroits où le mot paraît. ↩
- Le \(Y\) de \(X \to Y\) est écrit sur un \(e\) ; plusieurs mots biffés se superposent au texte. On ne restitue pas le corollaire. ↩
- Elle est ce qu'on appelle aujourd'hui une fibration discrète à deux faces (R. Street, 1974) : fibrée en la première variable, cofibrée en la seconde. Le nom n'est pas sur la page. La page ajoute que les composées \(s \circ p\), \(b \circ p : \mathrm{Ar}(C) \to C\) « ne le sont pas » ; le mot qui précède est illisible et « composées » est lu avec doute. Or \(s \circ p\) est fibrée (la précomposition \(x \mapsto x u\) fournit les flèches cartésiennes) et \(b \circ p\) est cofibrée (par la postcomposition). Chacune n'a que l'une des deux propriétés, et c'est le seul sens où la phrase est juste ; on ne lit pas assez la page pour dire si c'est celui qu'elle a. ↩
- Avec la convention que le dossier suit aux pages 44 et 52 (une catégorie cofibrée est propre, une catégorie fibrée est lisse), \(s \circ p\) est lisse et \(b \circ p\) propre. La remarque est la nôtre. ↩
- Une structure de modèles sur \(\mathrm{Cat}\) dont les équivalences faibles sont \(W_\infty\) existe : c'est celle de R. Thomason (1980), obtenue par transfert le long de \(\mathrm{Ex}^2 N\). Ses fibrations sont définies par ce transfert et non de façon intrinsèque, et la page ne définit pas les « \(W_\infty\)-fibrations ». On ne dit donc pas si les deux classes coïncident, ni si \(p\) est une fibration de Thomason. ↩
- « weakly » est ajouté au-dessus de la ligne. La fin de la ligne b) mord sur le bord du feuillet. La condition c) est un cas particulier de la stabilité par rétractes, qu'il posera page 17 (axiome (5)) ; la page 26 le montre. ↩
- La page énonce les deux égalités sans démonstration ; celle-ci est la nôtre. Le NB qui suit dit que ces faits n'utilisent que l'existence de sommes amalgamées et de produits fibrés dans \(\mathcal{E}\), pas le fait que ce soit un topos, ni \(W\), ni la manière dont les paires ont été obtenues, seulement leur relation symétrique et \(TC \subset C\). C'est juste, et même plus que juste : l'argument n'utilise que la stabilité par rétractes, c'est-à-dire aucune limite. ↩
- Sous \(i\) et \(f\), biffés : « \(i \in C\) », « \(f \in F\) ». Le nom est le nôtre ; on parle aussi de construction de Leibniz. ↩
- Il l'appelle « relation de Cartan » ; c'est l'associativité adjointe du livre de Cartan et Eilenberg. ↩
- Le membre de gauche de la quatrième ligne est noyé sous des hachures, sous lesquelles on lit « \(TC \boxtimes TC\) » ou, avec doute, « \(C \boxtimes TC\) ». C'est \(C \boxtimes TC\) que l'équivalence demande : la variable extérieure \(j\) parcourt \(C\), puisque \(TF = C_*\). Dans le membre de droite, \(TF\) est écrit sur une autre lettre. Les deux premières lignes sont écrites sur « stable by \(? \otimes T\) », biffé. ↩
- La remarque est la nôtre. Elle explique la mention marginale « under suitable assumptions » de la page 6 : la condition (iii) n'équivaut pas à la stabilité par \(? \times T\) ; elle équivaut à la stabilité des classes par produit-boîte (troisième à cinquième lignes), dont la stabilité par \(? \times T\) est le cas \(j = (\varnothing \to T)\). ↩
- Quillen, Homotopical Algebra (1967), pour SM7 ; la forme monoïdale est chez Hovey (1999) et Schwede–Shipley (2000). Références citées de mémoire. ↩
- Pour que \(C = (TF)^*\) avec \(TF = (C_0)_*\), il faut que les monomorphismes soient la saturation d'un petit ensemble \(C_0\). C'est vrai dans tout topos de Grothendieck (Cisinski, cité de mémoire) ; la page prend \(C\) égal aux monomorphismes sans le dire. ↩
- Il écrit \(e\) pour la section comme pour l'objet final ; on écrit \(\varepsilon\). « \(W\)-aspheric » est son mot pour « \(I \to e\) est dans \(W\) » ; « object » est lu avec doute. Le « bunch » est en marge : « given bunch of \(I\)'s with given sections ». ↩
- La page écrit, avec doute, « \(F\) stable » ; la lettre qui précède \(F\), s'il y en a une, est à peine marquée. C'est \(TF\) que la première ligne du tableau donne. ↩
- Les deux carrés de la page 13 portent les étiquettes \(h(i_0 \times \mathrm{id}_{A'}, I, e)\) et \(h(i_0 \times \mathrm{id}_{B'}, I, e)\), reliées aux flèches verticales par des accolades ; plusieurs lettres du premier carré, page 11, sont surchargées. « Vérifier » et « OK » sont lus avec doute. ↩
- Cet argument est le nôtre. Le procédé (produit-boîte d'un monomorphisme par l'inclusion d'une extrémité d'un intervalle, puis saturation) est celui qui engendre les « extensions anodines » de Cisinski (Théories homotopiques dans les topos, 2002 ; Les préfaisceaux comme modèles des types d'homotopie, Astérisque 308, 2006). Cisinski est l'élève de Maltsiniotis et ses travaux partent de Pursuing Stacks ; mais le manuscrit ne peut pas les connaître, et l'on ne dit pas que l'un dérive de l'autre. ↩
- Sa numérotation n'est pas celle de Quillen, chez qui, sauf erreur de mémoire, M1 est le relèvement, M2 la factorisation et M5 le deux-sur-trois ; à la page 24 il désigne par « (M1) (M2) » les deux à la fois. ↩
- La page énonce l'équivalence et les deux faits qui suivent ; la démonstration est la nôtre. La formule « \((I \to e) \in \mathrm{U}W\), i.e. \((I \times X \to X)\) is in \(W\) for any \(X\) » est encadrée puis biffée ; on garde la définition qu'elle donne de \(\mathrm{U}W\). « Really » (« Thus, the axiom is really ») et « Lawvere element », au-dessus du \(L\), sont lus avec doute. La note oblique de la marge gauche, lue par fragments, finit par « but this is always so, because the [Lawvere] object is injective !!! ». ↩
- La flèche verticale médiane porte sur la page « \(f\) » et « \(W\) » ; le premier terme est précédé d'une parenthèse biffée. La condition (3) est encadrée sur la page 17, où il la dit nécessaire de toute façon pour \(W = \widetilde W\). ↩
- La page dit « when we use factorization » ; il faut que ce soit la factorisation cellulaire, sans quoi (3) et (4) ne s'appliquent pas à \(i\). Les sommes s'obtiennent par (3) pour un nombre fini de termes, puis par (4). Le chiffre entouré après « Thus we need » est mal formé ; on le lit (4). ↩
- Il demande si (5) ne serait pas conséquence de la saturation. Elle ne l'est pas des conditions a), b), c) de la page 4 : voir la note de la page 26. Les deux figures de la marge gauche portent, l'une, « \(W\) » et « (and \(TC\)) » sur \(i\), « \(F\) » sur \(p\) et « \(TC\) » sur \(f\) ; l'autre dessine l'identité de gauche comme deux flèches opposées entre deux signes « \(=\) ». ↩
- La page dit la deuxième et la troisième équivalentes, et équivalentes à la première, dans une phrase en partie illisible. La vérification est immédiate : si \(F \cap W \subset TF\), la factorisation ci-dessus met \(f\) dans \(\widetilde W\) ; si \(C \cap W \subset TC\), on factorise \(f = pi\) avec \(i \in C\), \(p \in TF \subset W\), et \(i \in C \cap W \subset TC\) ; enfin \(W \subset \widetilde W\) donne \(F \cap W \subset F \cap \widetilde W = TF\) par le lemme de la page 6. ↩
- Il souligne \(W\) pour le localisateur fondamental ; on écrit \(\mathcal{W}\). Il écrit \(T\) pour la catégorie test de b), lettre déjà prise par l'objet de la page 6 ; on écrit \(B\). « Locale » est lu avec doute. Le cas a) est aujourd'hui un théorème de Cisinski (Astérisque 308, 2006) : pour un localisateur fondamental accessible \(\mathcal{W}\) et une catégorie \(\mathcal{W}\)-test locale \(A\), \(\mathcal{W}_A\) est la classe des équivalences faibles d'une structure de modèles sur \(\widehat{A}\) dont les cofibrations sont les monomorphismes. L'énoncé est cité de mémoire, et l'on ne dit pas sous quelle forme le cas b) y figure. La note oblique de la marge gauche (« but this cannot possibly be enough, as it would … given just one particular … ») ne se lit que par fragments. ↩
- « Kan- » suivi d'un mot illisible désigne, deux fois, les flèches de \(TF\). La page dit que c) découle « de 3) et 4) », et (a) « de 5) » ; la transcription note que ces conditions ne sont pas posées dans le lot, mais ce sont les axiomes (3), (4), (5) des pages 15 à 17. La condition (d), « quite important for me », est dite duale d'une condition lue avec doute « (b) ». C'est ce qu'on appelle aujourd'hui la propreté à droite, duale de la stabilité (3) par changement de cobase. ↩
- La lettre qui suit « Thus for » est tracée comme le c) qui précède ; l'argument est celui qui répond à (a). Le petit diagramme est dans la marge inférieure. ↩
- La dernière phrase est une note oblique de la marge gauche, où « right », « base ch. » et « retracts » sont lus avec doute. Il dessine son \(\Phi\) tantôt rond, tantôt en une forme cursive proche d'un L de ronde, dans les mêmes formules. ↩
- Le nom « paire de Quillen » désigne aujourd'hui tout autre chose : une adjonction entre catégories de modèles qui préserve cofibrations et cofibrations triviales. Sur la page, c'est la paire \((C, TF)\) ou \((TC, F)\) d'une structure de modèles. On ne garde pas son nom pour éviter la confusion. Il dit aussi « dual pair of subsets (localizers) » pour une paire \((\Psi^*, \Psi)\). ↩
- L'insertion « it would not be necessary here to assume the direct factor condition on \(W\), if we assume b) » est juste : la stabilité de \(W\) par rétractes découle des autres axiomes (Joyal et Tierney, cité de mémoire). La forte saturation est un résultat de Quillen ; la condition M0 est en marge, où « limits » et « finite inverse limits » sont lus avec doute. ↩
- La première assertion est juste ; c'est un cas de l'axiome SM7 pour les ensembles simpliciaux. La seconde question n'est pas développée ; les notations \(\mathbf{Hom}_{\alpha, \beta}(I_a, Y_a)\) sont celles de la page. ↩
- Le contre-exemple est le nôtre. Soit la catégorie libre engendrée par deux flèches \(f : A \to B\), \(g : B \to A\) ; ses flèches sont les mots alternés, de longueur \(\ell\), avec \(\ell(vu) = \ell(u) + \ell(v)\). Soit \(W\) la classe des mots de longueur paire. Elle contient les identités, seuls isomorphismes ; elle a le deux-sur-trois par additivité de la longueur ; elle est stable par rétractes, car seules les identités ont une section dans une catégorie libre. Elle a donc a), b), c), et pourtant \(gf, fg \in W\) alors que \(f \notin W\). La propriété (ii) est un cas de ce qu'on appelle aujourd'hui le deux-sur-six (Dwyer, Hirschhorn, Kan, Smith, 2004), qui vaut pour toute classe fortement saturée. Autour de ces lignes, des esquisses : un encadré « a) b) c\(_1\)) (c\(_2\)) (c\(_3\)) », et des homotopies \(gf \sim_h \mathrm{id}\), \(fg \sim_h \mathrm{id}\) qui mettent \(gf\) et \(fg\) dans \(W\) ; un dernier schéma n'est pas restitué. ↩
- La factorisation de toutes les flèches, admise depuis la page 21, est implicite dans (i). La place de (iii) dans l'équivalence n'est pas claire sur la page ; il ajoute aussitôt : « I've to check » que (i) ou (ii) entraîne que \(W\) est stable par rétractes. Le listing sur lequel il écrit porte imprimés « 06/09/82-09:14:22 » et « CFT 1.09 (05/10/82) ». ↩
- Le diagramme de remplacement de la page passe par l'objet initial, tracé \(\varphi\), et porte deux flèches en pointillé marquées « \(\varepsilon\) » et « \(F\) » qu'on ne restitue pas. C'est le théorème de Whitehead des catégories de modèles : une flèche entre objets fibrants et cofibrants inversée dans la catégorie homotopique est une équivalence d'homotopie, donc une équivalence faible. ↩
- Que \(C = (C_*)^*\) et \(C \cap W = ((C \cap W)_*)^*\) découle de 1) et 2) par la proposition de la page 24 ; la page ne le dit pas. La caractérisation est aujourd'hui standard : une structure de modèles est déterminée par ses cofibrations et ses équivalences faibles. Il dit « mildly saturated ». ↩
- Le terme est de Bousfield et Friedlander (1978), cité de mémoire. La condition de base est la (d) de la page 21, celle de cobase la (3) de la page 15, sous une forme où la flèche le long de laquelle on change de cobase est une cofibration quelconque. ↩
- « ss structures » et « a-priori » sont lus avec doute. Gabriel et Zisman, Calculus of Fractions and Homotopy Theory (1967), montrent que, pour les ensembles simpliciaux, les monomorphismes qui sont des équivalences faibles sont exactement la saturation des inclusions de cornets. Pour une catégorie test, la question est celle à laquelle répond la théorie de Cisinski (2006), où les cofibrations triviales sont la saturation d'un petit ensemble d'extensions anodines (cité de mémoire). ↩
- En interligne : « NB. we don't use \(\Phi \subset \overline{\Phi}_0\) » ; c'est juste, cette inclusion ne sert qu'à l'orthogonalité. Un astérisque au-dessus de \(\Phi_0\) renvoie, semble-t-il, à la note marginale de la page 39 ; une note oblique sous le titre renvoie à « p. 16 », sa page 16, qui est la page 39. ↩
- Les insertions en bout des lignes b) et c) sont très serrées, et leur place exacte est incertaine. Le carré supérieur de la construction de \(X_D\) est marqué « coc. ». ↩
- Dans le cas de présentation finie, la page écrit « \(\pi = 0\) » d'un rond épais ; c'est \(\aleph_0\), la récurrence s'arrêtant à \(\omega\). En général, on peut prendre pour \(\alpha_0\) un cardinal régulier \(\kappa \geqslant \pi\) : l'ensemble des ordinaux \(< \kappa\) est \(\kappa\)-filtrant. Cette précision est la nôtre. ↩
- La page énonce la conclusion sans cet argument, qui est le nôtre. Elle marque d'un double trait en marge la fonctorialité qui suit. ↩
- Il souligne \(\mathrm{Fl}\) dans \(\mathrm{Fl}(M)\), la catégorie des flèches ; et il précise en interligne que ce sont des catégories « possibly “large” » au-dessus de \(M\). En marge de (d) : « It is enough to know it w.r.t. ordered sets \(I\) where sup of any two elements exists ». ↩
- L'argument de Zorn vaut pour un système bien ordonné, où chaque étape n'a qu'un prédécesseur immédiat ou est une limite. Il ne passe pas tel quel à un système filtrant quelconque : deux relèvements déjà choisis sur deux \(A_j\) n'ont pas de raison de se recoller sur un \(A_i\) qui les majore. C'est bien la restriction que fait le lemme de la page 39, où la version filtrante est biffée au profit des systèmes ordinaux ; et c'est tout ce que la construction des pages 33 à 35 utilise. « OK », « for compositions », « Zorn », « induction » et « obvious » sont lus avec doute. Le schéma qui pose le problème est en marge, avec la flèche cherchée \(\varphi : B \to X\) en pointillé. ↩
- « Including » et le mot qui suit, à la fin de b), sont lus avec doute et illisibles. Il dit « left Q-saturated », Q pour Quillen. ↩
- « Weakly » devant « accessible » est lu avec doute ; seule sert l'accessibilité des sources et buts des flèches de \(\Phi_0\). La note marginale oblique, en regard de (1) et (2), à laquelle renvoient les astérisques, commence par « We have to assume \(\Phi_0\) small » ; le reste ne se lit que par fragments, dont une variante a), b\('\)), c), d) avec b\('\)) la stabilité par changement de cobase sans composition. L'énoncé est l'argument du petit objet de Quillen (1967), et ce qu'on appelle aujourd'hui une classe à engendrement cofibrant ; une catégorie stable par petites limites inductives et accessible, avec un petit ensemble de générateurs, est ce que Gabriel et Ulmer (1971) appellent localement présentable. ↩
- Sans hypothèse, on ne peut pas s'en défaire : la question devient celle de savoir quand une classe \(C \cap W\) est engendrée par un petit ensemble, à laquelle répondent, sous des hypothèses d'accessibilité sur \(W\), le théorème de J. Smith (exposé par T. Beke en 2000) et, pour les topos, Cisinski. Références citées de mémoire. ↩
- Le chiffre devant « bis » est surchargé. La liste des axiomes W1 à W8, ni les énoncés de W7 et W8, ne sont dans le dossier ; leur forme se lit sur l'argument, et sur les formes « bis » des pages 51 et 52. De même les axiomes « Der 1 – Der 5, 5' » de la page 48 sont cités sans être énoncés. La numérotation Der 1 à Der 5 est celle que la théorie des dérivateurs a gardée, mais on ne prétend pas que la liste qu'invoque la page coïncide avec la liste reçue. ↩
- C'est le sens que force la page, où \(U = \varphi^{-1}(\{0\} \times \Delta^1) = X_{/a}\). ↩
- Il la note d'un \(\Psi\) épaissi affecté d'un indice, « \(\Psi_{Q}(X)\) », qui se confond avec l'ensemble ordonné \(\Psi\) ; on écrit \(\mathcal{G}\). ↩
- Cette définition n'est pas sur ces pages ; elle se lit sur l'usage qu'en fait la page 45 (« ceci étant vrai pour tout \(\xi \in \mathcal{A}\), cela donne \(i_0 \in W_{\mathbb D} \Rightarrow i \in W_{\mathbb D}\) »). Il souligne \(\mathbb D\) en un endroit, et \(\Psi\), \(\Phi\), \(Q\), \(U_0\) partout. ↩
- C'est la convention des préfaisceaux, à laquelle toutes les formules de ces pages obéissent : la valeur en \((1,1)\) d'un \(k_*(\gamma_0)\) y est une limite projective sur \(\Psi^{\mathrm{op}}\), et \(H^\bullet_{\mathbb D}(Q, \gamma) \simeq \gamma(1,1)\) parce que \((1,1)\) est final dans \(Q\). Une bonne part de la littérature actuelle sur les dérivateurs prend la convention opposée. ↩
- Il écrit \(\{1,1\}\) pour le point \((1,1)\). Les ouverts \(\{0, a\}\) et \(\{0, b\}\) de \(\Psi\), dont \(U\) et \(U'\) sont les images réciproques, sont notés \(U_0\), \(U'_0\), soulignés. ↩
- La page écrit « \(\alpha \in W_{\Psi}\) », l'indice surchargé et lu avec doute, et ne justifie pas. Voici pourquoi, pour toute classe \(W\) qui contient les foncteurs ayant un adjoint. Le foncteur \(r : \overline{X} \to X\), \((s, x) \mapsto x\), vérifie \(r \alpha = \mathrm{id}_X\), et les flèches \((\varphi(x), x) \to (s, x)\) forment une transformation naturelle \(\alpha r \Rightarrow \mathrm{id}\). Ainsi \(\alpha\) est une équivalence d'homotopie au sens des catégories, et est dans \(W_\infty\), comme dans \(W_{\mathbb D}\). L'argument est le nôtre. Les deux traits vers \(\Psi\) du triangle sont sans pointe sur la page. ↩
- La définition, qui est la reçue, n'est pas écrite sur la page ; elle y dit « le “carré cartésien” », entre guillemets. ↩
- En marge, entre les deux moitiés de la feuille : « à vérifier (ou à mettre comme axiome sur les dérivateurs) ». Une note encadrée ajoute que le carré est cartésien pour tout \(\xi \in \mathbb D(X)\), et pas seulement pour \(\xi\) constant. ↩
- La page écrit « \(i_0^*\) iso \(\Longleftrightarrow i^*\) iso » comme une propriété générale des carrés cartésiens dans \(\mathcal{A}\). Seule l'implication \(\Rightarrow\) est générale ; la réciproque demande que le carré soit aussi cocartésien, comme la page 46 le dit elle-même. La conclusion qu'elle tire, \(i_0 \in W_{\mathbb D} \Rightarrow i \in W_{\mathbb D}\), n'utilise que \(\Rightarrow\). ↩
- Quatre lignes biffées ouvrent la page 46 ; on y lit « Dérivateur » avec doute. ↩
- C'est le foncteur \(r\) de la note précédente. Par le théorème de Thomason (1979), la construction de Grothendieck d'un diagramme de catégories en calcule la limite inductive homotopique ; dire que ce foncteur est une équivalence, c'est dire que le carré des cribles est homotopiquement cocartésien. La glose est la nôtre. Sous l'intégrale, la source commune est d'abord écrite puis surchargée ; on la lit \(V\). ↩
- « N'est même pas » est lu avec doute. Le passage enjambe les deux moitiés de la feuille, que la page 48 porte à l'italienne comme les pages 45 et 51. ↩
- La phrase est criblée de mots illisibles et de lectures douteuses ; on n'en garde que le sens qu'impose la suite. ↩
- « Quelconque » après \(\xi\) est biffé. Le nom « Axiome des cofibrations » est écrit en oblique au bas de la moitié droite, souligné ; trois lignes plus petites au-dessous, et une note oblique de la marge gauche reliée à « Der 6 », restent illisibles. ↩
- La page appelle \(1\) le sommet de \(\Phi\), « \((a \to 1 \leftarrow b)\) » ; il deviendra \(0\) aux pages 51 et 52, et on l'appelle \(0\) partout. Elle écrit \(\psi_!(\xi) \in \mathbb D(Q)\), mais dessine \(\Phi\) dans \(Q^\circ\), ses trois sommets entourés ; c'est \(\mathbb D(Q^{\mathrm{op}})\). Le diagramme définissant \(\mathcal{X}\) est reproduit tel que la page le trace (un trait sans pointe entre \(X_a\) et \(X_0\), une flèche de \(X_a\) vers \(X_b\)) ; la forme d'un diagramme de fibres d'une catégorie fibrée sur une co-étoile est celle qu'on écrit. Dans la marge gauche, en oblique, « Axiome des fibrations », lu avec doute. ↩
- Sous cette forme : Maltsiniotis et Groth, cités de mémoire. Les catégories \(\mathbb D(I)\) d'un dérivateur stable sont triangulées. Le dérivateur des types d'homotopie ne l'est pas : un carré homotopiquement cocartésien d'espaces n'est pas en général cartésien (voir la note de la page 51). « Der 6 » est suivi d'un mot noirci ; l'addition entre crochets, interlinéaire et très raturée, et la note oblique de la marge gauche (« l'axiome “vrai” … cartésien »), ne se lisent que par fragments. ↩
- La page n'écrit que « \(i_1\) iso \(\Rightarrow i_0\) iso, \(j_1\) iso \(\Rightarrow j_0\) iso », qui est le sens cocartésien (\(i_0\) est le changement de cobase de \(i_1\)), puis la parenthèse « car cart. implique \(\Longrightarrow\), cocartésien implique \(\Longleftarrow\) ». En marge, à côté du carré : il faudra invoquer aussi les dérivateurs induits \(\mathbb D_I\) (\(I \in \mathrm{Diag}\)), dans \(\mathbb D(I \times \Delta^1 \times \Delta^1)\). ↩
- « Montre aussitôt » est lu avec doute, et la suite de la phrase illisible ; le sens de la déduction n'est pas écrit au-delà. ↩
- L'exposant « cc » se lit mal ; une note verticale biffée le long de la marge gauche reste illisible. Le lemme est vrai, et se démontre plus directement. Soit \(j : \Psi_a \subset \Psi\) ; on a \(\rho j = \mathrm{id}\) et une transformation naturelle \(j\rho \Rightarrow \mathrm{id}_\Psi\) (car \(j\rho(b) = 0 \leq b\)). Elle induit une flèche entre \(\rho^* j^*\xi\) et \(\xi\) dont les composantes en \(0\) et \(a\) sont des identités et celle en \(b\) est \(i_0\). C'est donc un isomorphisme, les isomorphismes se lisant sur les valeurs, et l'on prend \(\eta = j^*\xi\). Cette démonstration est la nôtre. ↩
- HOT n'est pas identifié par le dossier. Les deux énoncés valent pour les complexes connectifs (concentrés en degrés homologiques positifs), où \(\pi_0\) est \(H_0\) et la réunion des images une somme. Une somme amalgamée homotopique d'objets connectifs y est encore connective, donc cartésienne. Un produit fibré homotopique y est connectif, donc cocartésien, exactement quand \(H_0(\xi_a) \oplus H_0(\xi_b) \to H_0(\xi_1)\) est surjective. Ils sont faux pour les types d'homotopie d'espaces : la somme amalgamée de \(\mathrm{pt} \leftarrow S^0 \to \mathrm{pt}\) est \(S^1\), et le produit fibré homotopique de \(\mathrm{pt} \to S^1 \leftarrow \mathrm{pt}\) est \(\Omega S^1 \simeq \mathbb Z\), non \(S^0\). La remarque est la nôtre. Les trois lignes sont tenues par un trait vertical à gauche ; une note oblique de la marge, en partie lisible, porte « \(\xi_1 = e\) ». La ligne suivante, « Der 6 ou Der 6' … donc … », est illisible pour l'essentiel. ↩
- Le cube est redessiné ; sur la page les deux carrés sont décalés l'un sous l'autre, les quatre flèches verticales se croisent et les indices \(a\), \(b\) se lisent mal. « Cartésiens », « cocartésiens », « bicartésiens » sont lus avec doute ; un NB qui suit est barré. Les deux premières implications sont celles de l'image réciproque et de l'image directe d'un isomorphisme. La troisième, marquée « (?) », vaut dans un dérivateur stable, où un carré bicartésien donne une suite exacte longue de Mayer–Vietoris \(\cdots \to \xi_0 \to \xi_a \oplus \xi_b \to \xi_1 \to \cdots\), et le lemme des cinq rend \(f_a \oplus f_b\) inversible, donc \(f_a\) et \(f_b\). La remarque est la nôtre ; en marge gauche : « Il suffit d'exiger \(a + b \Rightarrow c\) … ». ↩
- Les pointes des flèches de \(\Phi\) se lisent mal, ici et page 52, où la page écrit une fois « \((0 \leftarrow a,\ 0 \to b)\) » ; on écrit \(\Phi = (a \to 0 \leftarrow b)\), la forme sur laquelle une catégorie fibrée a pour fibres un diagramme \(X_a \leftarrow X_0 \rightarrow X_b\), et celle de la page 49. En marge : « Autre possibilité : \(\mathcal{X}\) fibrée … ». ↩
- Cube redessiné sur le modèle du précédent ; les flèches vers \(\mathcal{X}\) et \(\mathcal{X}'\) sont pointillées sur la page, les autres pleines, et les étiquettes \(f_a\), \(f_b\) se lisent mal. Deux notes obliques de part et d'autre du cube, en partie biffées, ne se lisent que par fragments. ↩
- « Lisse » généralise « fibré » comme « propre » généralise « cofibré », selon la convention de la page 44. ↩
- Remarque et contre-exemple sont les nôtres. Soit \(X_0\) une catégorie dont le nerf est un espace acyclique non contractile, comme le complémentaire d'un point dans la sphère d'homologie de Poincaré ; soit \(X_a = e\) et \(X_b\) une catégorie contractile contenant \(X_0\), par exemple \(X_0\) muni d'un objet final ajouté. Alors \(\mathcal{X}\) a le type de la suspension de \(X_0\), simplement connexe et acyclique, donc contractile. Ainsi \(i'_b : X_a \to \mathcal{X}\) est dans \(W_\infty\) sans que \(i_b : X_0 \to X_b\) le soit. De même, pour W8 bis, l'application de ce diagramme vers \(e \leftarrow e \rightarrow e\) satisfait a) et c), pas b). ↩