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      <titleStmt>
        <title>Fonds Grothendieck, cote n° 103, pages 1–17 — transcription</title>
        <author>Alexandre Grothendieck</author>
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          <resp>transcription automatique — première passe, non vérifiée contre les pages par une personne (<date when="2026-09-13">2026-09-13</date>)</resp>
          <name xml:id="pass" type="model">Fable 5.1 (claude-fable-5-1)</name>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <resp>procédure, outillage, export TEI</resp>
          <orgName xml:id="ed">grothendieck.commutator.io (Commutator, Paris)</orgName>
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      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Édition de démonstration</edition>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Commutator</publisher>
        <pubPlace>Paris</pubPlace>
        <date when="2026-09-25">2026-09-25</date>
        <availability status="restricted">
          <p>Le fonds Alexandre Grothendieck est sous droits. Cette transcription
          est une édition de démonstration, non autorisée, produite par une
          machine et non vérifiée ; aucune image du fonds n'est reproduite. La
          source LaTeX dont ce fichier dérive est publiée sous https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project.</p>
        </availability>
        <ref target="https://grothendieck.commutator.io/">https://grothendieck.commutator.io</ref>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
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          <msIdentifier>
            <country>France</country>
            <settlement>Montpellier</settlement>
            <repository>Université de Montpellier</repository>
            <collection>Fonds Alexandre Grothendieck (archives mathématiques, 1949–1991)</collection>
            <idno type="cote">103</idno>
          </msIdentifier>
          <head>Courrier [Correspondance sur la thèse de Sinh] : copies d'article annoté (1974), lettres (1974)</head>
          <msContents>
            <summary>Pages 1 à 17 de la cote, dans la
            numérotation des archivistes (crayon, en bas à gauche de chaque
            page) ; lot 1 de vingt pages.
            Les pages absentes de la transcription ne portent pas de
            mathématiques et sont omises ; le saut dans la numérotation en est
            le seul enregistrement.</summary>
          </msContents>
          <history><origin><origDate>1974</origDate><note>Datation de l'inventaire de l'Université de Montpellier, reproduite telle quelle ; les crochets sont ceux des archivistes.</note></origin></history>
          <additional>
            <surrogates>
              <bibl>
                <ref target="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf">https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf</ref>
                <note>Fac-similé numérique de l'Université de Montpellier. Sa
                première page est une feuille de garde générée par
                l'université : la page <hi rend="italic">n</hi> des archivistes
                est la page <hi rend="italic">n</hi>+1 du PDF, et l'attribut
                <hi rend="monospace">facs</hi> de chaque
                <hi rend="monospace">pb</hi> tient compte de ce décalage.</note>
              </bibl>
            </surrogates>
          </additional>
        </msDesc>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <projectDesc>
        <p>Transcription mathématique du fonds, une passe de vingt pages par
        conversation avec un grand modèle multimodal, sous la procédure
        <hi rend="monospace">transcribe-grothendieck</hi> du dépôt. Le fichier
        LaTeX est la source de référence ; ce TEI en est dérivé mécaniquement
        par <hi rend="monospace">scripts/tei.mjs</hi> et n'a pas été relu.</p>
      </projectDesc>
      <editorialDecl>
        <p>L'édition n'est pas diplomatique : elle encode les mathématiques et
        l'apparat, rien du support. Correspondance avec l'apparat de la source :
        <hi rend="monospace">\ill</hi> devient <hi rend="monospace">gap[@reason='illegible']</hi>
        (jamais deviné) ; <hi rend="monospace">\uncertain</hi> devient
        <hi rend="monospace">unclear</hi> ; <hi rend="monospace">\add</hi> devient
        <hi rend="monospace">supplied</hi> ; <hi rend="monospace">\struck</hi> devient
        <hi rend="monospace">del</hi> (biffé par l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\note</hi> devient <hi rend="monospace">note[@type='editorial']</hi>
        (du transcripteur) ; <hi rend="monospace">\marginal</hi> devient
        <hi rend="monospace">note[@type='authorial'][@place='margin']</hi> (de l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\page</hi> devient <hi rend="monospace">pb</hi>.</p>
        <p>Les mathématiques sont transportées en TeX dans
        <hi rend="monospace">formula[@notation='TeX']</hi>, les diagrammes
        commutatifs en <hi rend="monospace">formula[@notation='tikz-cd']</hi>,
        sans conversion. Une marque d'apparat située à l'intérieur d'une
        formule (un exposant illisible, un symbole biffé) reste dans le TeX de
        la formule, sous les mêmes macros.</p>
        <p>Orthographe, ponctuation et lapsus de l'auteur sont conservés ; une
        faute évidente est signalée par une note, jamais corrigée.</p>
      </editorialDecl>
      <appInfo>
        <application ident="grothendieck-tei" version="1">
          <label>scripts/tei.mjs</label>
          <ref target="https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project">https://github.com/Commutator-IO/grothendieck-project</ref>
        </application>
      </appInfo>
    </encodingDesc>
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      <langUsage>
        <language ident="fr">français, avec la notation mathématique de l'auteur</language>
      </langUsage>
    </profileDesc>
    <revisionDesc>
      <change when="2026-09-13" who="#pass">Première passe de transcription.</change>
      <change when="2026-09-25" who="#ed">Export TEI depuis la source LaTeX.</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div type="batch" n="1">
<div type="section">
<head>Esquisse d'une théorie des Gr-Catégories, par Mme Hoang Xuan Sinh — tapuscrit annoté (pages 1 à 6)</head>
<pb n="1" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=2"/><p><note type="editorial" resp="#pass">Tapuscrit de six pages, corrigé et annoté à la main. Comme pour les
tapuscrits des dossiers 48 et 55, les mots insérés à la main sont donnés
par <supplied resp="#pass"></supplied> et les mots tapés biffés par <del></del> ; les soulignements du
tapuscrit sont rendus par l'italique. La main qui annote paraît être celle
de la lettre des pages 8 à 15 ; la page ne le dit pas. En haut à droite,
d'une autre main, droite : « 9/74 Envoyé par Grothendieck »</note></p>
<p><hi rend="bold">Esquisse d'une théorie des Gr-Catégories</hi></p>
<p>par Mme Hoang Xuan Sinh</p>
<p>Nous donnons un résumé de quelques résultats sur les (Gr)-catégories,
faisant l'objet d'un travail détaillé que l'auteur compte présenter
prochainement comme thèse de doctorat [ ].</p>
<div type="subsection">
<head>1. Structure des (Gr)-catégories.</head>
<p>Notre terminologie est celle de Saavedra [ ]. Nous nous intéressons à des
catégories <formula notation="TeX">C</formula> munies d'une opération binaire <formula notation="TeX">(X,Y) \mapsto X \otimes Y</formula>
(foncteur de <formula notation="TeX">C \times C</formula> dans <formula notation="TeX">C</formula>) associative et unitaire à isomorphisme
donné près (satisfaisant des conditions de compatibilité explicitées dans
loc. cit.), appelées aussi <formula notation="TeX">\otimes</formula>-catégories AU
(associatives-unitaires). On dit qu'une telle catégorie est une
(Gr)-catégorie si <supplied resp="#pass">c'est un groupoïde, et si</supplied> tout objet <formula notation="TeX">X</formula> de <formula notation="TeX">C</formula> est
« inversible », i.e. admet un objet « inverse » <formula notation="TeX">Y = X^{-1}</formula> (satisfaisant
<formula notation="TeX">X \otimes Y \simeq Y \otimes X \simeq 1_C</formula>, où <formula notation="TeX">1_C</formula> désigne l'objet unité
de <formula notation="TeX">C</formula>). Les exemples abondent :</p>
<p><hi rend="bold">Exemples.</hi> 1. <formula notation="TeX">X</formula> étant un espace topologique <supplied resp="#pass">ponctué par <formula notation="TeX">x
\in X</formula></supplied>, on prend pour <formula notation="TeX">C</formula> la catégorie des lacets de <formula notation="TeX">X</formula> en <formula notation="TeX">x</formula>, avec comme
morphismes les classes d'homotopie d'homotopies entre lacets, comme
opération <formula notation="TeX">\otimes</formula> la composition des lacets (qui n'est pas associative,
mais associative « à homotopie près »). Variante : <formula notation="TeX">E</formula> est un espace de Hopf
associatif (ou simplement homotopiquement associatif en un sens suffisamment
fort), <formula notation="TeX">C</formula> la catégorie dont les objets sont les points de <formula notation="TeX">E</formula>, les
morphismes les classes d'homotopies de chemins entre points de <formula notation="TeX">E</formula>, la loi
<formula notation="TeX">\otimes</formula> étant induite par la loi de composition de <formula notation="TeX">E</formula>. (NB Lorsque <formula notation="TeX">E</formula>
admet un espace classifiant <formula notation="TeX">X</formula>, on retrouve essentiellement l'exemple
précédent.) <del><gap reason="illegible"/></del></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">le tapuscrit porte « Exemples 1. », puis « Exemple 2. » et « Exemple
3. » ; le mot « Exemple » est biffé à la main devant 2 et 3, et le
<formula notation="TeX">s</formula> de « Exemples » l'est aussi : on lit donc une seule liste. Après la
parenthèse de l'exemple 1, une ligne tapée est biffée au point d'être
illisible</note></p>
<p><note type="authorial" place="margin">cet exemple est un cas particulier du suivant, en prenant
<unclear><formula notation="TeX">E = \Omega(X,x)</formula></unclear> (espace des lacets)</note></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">note marginale à gauche de l'exemple 1, une flèche la rattachant à la
ligne « d'homotopies entre lacets » ; la lettre devant <formula notation="TeX">\Omega(X,x)</formula> est
douteuse, et <formula notation="TeX">\Omega</formula> porte peut-être un exposant</note></p>
<p>2. Si <formula notation="TeX">F</formula> est un faisceau sur un espace topologique (ou plus généralement
sur un topos), la catégorie <formula notation="TeX">C</formula> des torseurs sous <formula notation="TeX">F</formula>, munie de la
composition de Baer, est une (Gr)-catégorie (et même une catégorie de
Picard stricte, cf. plus bas). On peut considérer la catégorie <formula notation="TeX">C</formula> des
Modules inversibles sur un espace (ou topos) <supplied resp="#pass">localement</supplied> annelé
<del><gap reason="illegible"/></del> <formula notation="TeX">(X, \underline{O}_X)</formula> comme le cas particulier
correspondant au cas <formula notation="TeX">F = \underline{O}_X^{*}</formula>.</p>
<p>3. Si <formula notation="TeX">A</formula> est une catégorie, la sous-catégorie pleine <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">C</formula></supplied> de
<formula notation="TeX">\underline{\mathrm{Hom}}(A,A)</formula>, formée des équivalences de <formula notation="TeX">A</formula> avec
elle-même, munie de l'opération de composition des foncteurs, est une
(Gr)-catégorie. Au lieu de prendre pour <formula notation="TeX">A</formula> une catégorie, on peut <supplied resp="#pass">plus
généralement</supplied> prendre pour <formula notation="TeX">A</formula> un objet d'une 2-catégorie quelconque. Si
p.ex. <formula notation="TeX">F</formula> est un faisceau en groupes (pas nécessairement commutatif) sur un
espace topologique (ou un topos <del><formula notation="TeX">X</formula></del>),</p>
<pb n="2" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=3"/><p>prenant pour <formula notation="TeX">A</formula> la « champ » sur <formula notation="TeX">X</formula> formé des <formula notation="TeX">F</formula>-torseurs à droite, la
(Gr)-catégorie des auto-équivalences de <formula notation="TeX">A</formula> avec lui-même s'interprète comme
la catégorie des « bitorseurs » sous <formula notation="TeX">F</formula>, i.e. des faisceaux <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">P</formula></supplied> sur
lesquels <formula notation="TeX">F</formula> opère à la fois à droite et à gauche, ces opérations commutant
et chacune d'elles faisant de <formula notation="TeX">P</formula> un torseur (à droite ou à gauche) sous
<formula notation="TeX">F</formula>, — la composition <formula notation="TeX">\otimes</formula> étant la composition de Baer évidente.
Lorsque <formula notation="TeX">F</formula> est encore de la forme <formula notation="TeX">\underline{O}_X^{*}</formula> (<formula notation="TeX">\underline{O}_X</formula>
étant un faisceau d'anneaux, qu'on ne suppose plus nécessairement
commutatif) ces bitorseurs s'interprètent aussi en termes de bi-Modules
<supplied resp="#pass">«</supplied> inversibles <supplied resp="#pass">»</supplied> sous <formula notation="TeX">\underline{O}_X</formula>.</p>
<p><hi rend="italic">Structure.</hi> Soit <formula notation="TeX">C</formula> une (Gr)-catégorie, on lui associe</p>
<list rend="itemize">
<label>a)</label><item>le groupe <formula notation="TeX">\pi_0(C)</formula> des classes d'isomorphisme d'objets de <formula notation="TeX">C</formula>,</item>
<label>b)</label><item>le groupe <formula notation="TeX">\pi_1(C)</formula> des automorphismes de <formula notation="TeX">1_C</formula> (objet unité de
<formula notation="TeX">C</formula>)</item>
<label>c)</label><item>une action de <formula notation="TeX">\pi_0(C)</formula> sur <formula notation="TeX">\pi_1(C)</formula>, en associant à tout objet
<formula notation="TeX">X</formula> de <formula notation="TeX">C</formula> l'automorphisme <formula notation="TeX">\rho(X)</formula> de <formula notation="TeX">1_C</formula> déduit des deux isomorphismes
<formula notation="TeX" rend="display">\mathrm{Aut}(1_C) \rightrightarrows \mathrm{Aut}(X)</formula>
donnés par <formula notation="TeX">u \mapsto u \otimes \mathrm{id}_X</formula> et <formula notation="TeX">u \mapsto \mathrm{id}_X
\otimes u</formula>.</item>
</list>
<p>On prouve que <formula notation="TeX">\pi_1(C)</formula> est un groupe <hi rend="italic">commutatif</hi> et que l'on obtient
bien par c) une structure de <formula notation="TeX">\pi_0(C)</formula>-module sur celui-ci. Ceci posé, si
on choisit pour tout <formula notation="TeX">a \in \pi_0(C)</formula> un représentant <formula notation="TeX">L_a \in \mathrm{Ob}\,
C</formula> de <formula notation="TeX">a</formula>, et pour deux <formula notation="TeX">a, b</formula> un isomorphisme
<formula notation="TeX" rend="display">\varphi_{a,b} : L_a \otimes L_b \simeq L_{ab} ,</formula>
alors pour trois éléments <formula notation="TeX">a, b, c \in \pi_0(C)</formula>, l'isomorphisme
d'associativité
<formula notation="TeX" rend="display">(L_a \otimes L_b) \otimes L_c \simeq L_a \otimes (L_b \otimes L_c) ,</formula>
compte tenu des isomorphismes <formula notation="TeX">\varphi_{a,b}</formula>, <formula notation="TeX">\varphi_{ab,c}</formula>,
<formula notation="TeX">\varphi_{b,c}</formula> et <formula notation="TeX">\varphi_{a,bc}</formula>, peut s'interpréter comme un
isomorphisme
<formula notation="TeX" rend="display">L_{abc} \simeq L_{abc} ,</formula>
ou encore comme la tensorisation à gauche avec un élément bien déterminé
<formula notation="TeX" rend="display">f(a,b,c) \in \pi_1(C) .</formula>
Les <formula notation="TeX">\varphi_{a,b}</formula> étant choisis, on voit donc que la donnée d'un
isomorphisme d'associativité fonctoriel <formula notation="TeX">(L \otimes L') \otimes L'' \simeq
L \otimes (L' \otimes L'')</formula> équivaut à la donnée de l'application
<formula notation="TeX" rend="display">f : \pi_0 \times \pi_0 \times \pi_0 \longrightarrow \pi_1 .</formula>
On vérifie alors que l'axiome standard d'autocompatibilité d'une donnée
d'associativité <supplied resp="#pass">(axiome du pentagone)</supplied> s'exprime précisément par la
condition que <formula notation="TeX">f</formula> soit un <hi rend="italic">3-cocycle</hi> du groupe <formula notation="TeX">\pi_0</formula> à valeurs dans
le groupe <formula notation="TeX">\pi_1</formula>. D'autre part, l'indétermination dans le choix du système
d'isomorphismes <formula notation="TeX">\varphi_{a,b}</formula> est précisément donnée par une 2-cochaine
arbitraire, et on voit que si on change <formula notation="TeX">\varphi</formula> par une 2-cochaine <formula notation="TeX">g</formula>,
<formula notation="TeX">f</formula> est changé en <formula notation="TeX">f + dg</formula> — donc l'ensemble des <formula notation="TeX">f</formula> correspondants à des
choix différents de <formula notation="TeX">\varphi</formula> est exactement une classe de 3-cohomologie</p>
<pb n="3" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=4"/><p><formula notation="TeX" rend="display">k(C) \in H^3(\pi_0(C), \pi_1(C)) .</formula>
En précisant ces réflexions, on trouve que la classification, à
<formula notation="TeX">\otimes</formula>-équivalence près, des (Gr)-catégories, se fait précisément en
termes d'un groupe <formula notation="TeX">\pi_0</formula>, d'un groupe commutatif <formula notation="TeX">\pi_1</formula> sur lequel
<formula notation="TeX">\pi_0</formula> opère, et d'une classe de cohomologie (qui peut être prise
arbitraire) dans <formula notation="TeX">H^3(\pi_0, \pi_1)</formula>. La loi de groupe du <formula notation="TeX">H^3</formula> admet
d'ailleurs une interprétation « géométrique » à la Baer, en termes
d'opérations sur les (Gr)-catégories.</p>
<p><hi rend="italic">Cas particuliers</hi> Dans l'exemple 1, on <supplied resp="#pass">doit</supplied> retrouve<supplied resp="#pass">r</supplied>
bien sûr le premier invariant de Postnikoff <formula notation="TeX">\in H^3(\pi_1(X), \pi_2(X))</formula>,
avec une interprétation « géométrique » nouvelle. Dans l'exemple 2, on
trouve <formula notation="TeX">\pi_0 = H^1(X,F)</formula>, <formula notation="TeX">\pi_1 = H^0(X,F)</formula> et l'élément du <formula notation="TeX">H^3</formula> est nul
(du fait qu'on a une « catégorie de Picard stricte », cf. <supplied resp="#pass">Deligne</supplied>
[ ]). Dans le dernier exemple, on a <formula notation="TeX">\pi_0</formula> = groupe des classes
d'isomorphisme d'autoéquivalences de <formula notation="TeX">A</formula>, <formula notation="TeX">\pi_1</formula> = groupe des
automorphismes du foncteur identique de <formula notation="TeX">A</formula>, et l'invariant <formula notation="TeX">k(C)</formula> semble
nouveau (même dans le cas où <formula notation="TeX">C</formula> est la catégorie des biModules inversibles
sous un Anneau <formula notation="TeX">\underline{O}_X</formula>, où <formula notation="TeX">\pi_0</formula> peut donc s'interpréter comme
un « groupoide de Brandt » et <formula notation="TeX">\pi_1</formula> comme le groupe des « unités
centrales » de <formula notation="TeX">\underline{O}_X</formula>). Signalons cependant que lorsque <formula notation="TeX">A</formula> est
la catégorie des torseurs sous un groupe (ordinaire) <formula notation="TeX">F</formula>, on trouve <formula notation="TeX">\pi_0</formula>
= groupe des automorphismes extérieurs de <formula notation="TeX">F</formula>, <formula notation="TeX">\pi_1</formula> = centre de <formula notation="TeX">F</formula>, et
l'élément <formula notation="TeX">k(C)</formula> du <formula notation="TeX">H^3</formula> n'est autre que le classique invariant de
Mac-Lane. Il resterait à <del><gap reason="illegible"/></del> <supplied resp="#pass">développer</supplied> un lien
<hi rend="italic">direct</hi> <supplied resp="#pass">géométrique</supplied> entre la théorie de Mac-Lane des extensions
de groupes non commutatifs et des liens (« kernels » dans sa terminologie)
auxquels ils sont associés, et la théorie <del><gap reason="illegible"/></del> esquissée ici des
(Gr)-catégories et de leurs splittages.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« développer » est écrit au-dessus d'un mot tapé biffé (« établir »,
sans certitude), et « géométrique » au-dessus de « direct » souligné, sans
que celui-ci soit biffé : on ne sait si l'un remplace l'autre</note></p>
</div>
<div type="subsection">
<head>2. Catégories de Picard.</head>
<p>On appelle « catégorie de Picard » une <formula notation="TeX">\otimes</formula>-catégorie ACU
(associative-commutative-unitaire, cf. [ ]) qui est une (Gr)-catégorie
pour sa <formula notation="TeX">\otimes</formula>-structure AU. On dit que c'est une catégorie de Picard
<hi rend="italic">stricte</hi> si pour tout <formula notation="TeX">X \in \mathrm{Ob}\, C</formula>, la symétrie de <formula notation="TeX">X
\otimes X</formula> est l'identité. Ces dernières catégories sont étudiées
systématiquement (dans le contexte plus général des « champs de Picards »)
par Deligne [ ].</p>
<p>Soit <formula notation="TeX">C</formula> une catégorie de Picard. En tant que (Gr)-catégorie, <formula notation="TeX">C</formula> possède
des invariants <formula notation="TeX">\pi_0</formula> et <formula notation="TeX">\pi_1</formula>, mais dans le cas actuel <formula notation="TeX">\pi_0</formula> est aussi
commutatif et agit trivialement sur <formula notation="TeX">\pi_1</formula>. On fera attention ici qu'une
équivalence de (Gr)-catégories entre deux catégories de Picard <formula notation="TeX">C, C'</formula> n'est
pas nécessairement compatible avec les contraintes de commutativité, donc
n'est pas nécessairement une équivalence de catégories de</p>
<pb n="4" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=5"/><p>Picard — on peut dire que la classification « au sens Picard » est plus
fine que la classification au sens des (Gr)-catégories.</p>
<p>Associant à tout <formula notation="TeX">X \in \mathrm{Ob}\, C</formula> la symétrie de <formula notation="TeX">X \otimes X</formula>,
interprété comme étant la tensorisation par un élément bien déterminé <formula notation="TeX">s(X)</formula>
de <formula notation="TeX">\pi_1(C) = \mathrm{Aut}(1_C)</formula>, on trouve un <del>application</del>
<supplied resp="#pass">homomorphisme</supplied> canonique
<formula notation="TeX" rend="display">s(C) = s : \pi_0 \longrightarrow {}_2(\pi_1) ,</formula>
où <formula notation="TeX">{}_2(\pi_1)</formula> désigne le sous-groupe des éléments <formula notation="TeX">x</formula> de <formula notation="TeX">\pi_1</formula> tels que
<formula notation="TeX">2x = 0</formula>. Le résultat principal de la théorie de structure des catégories de
Picard peut s'énoncer en disant que <formula notation="TeX">C</formula> est déterminée (à équivalence
<supplied resp="#pass">non canonique</supplied> de catégories de Picard près) par la donnée des groupes
commutatifs <formula notation="TeX">\pi_0</formula> et <formula notation="TeX">\pi_1</formula>, et l'homomorphisme <formula notation="TeX">s : \pi_0 \to
{}_2(\pi_1)</formula>. Dire que cet homomorphisme est nul signifie d'ailleurs que <formula notation="TeX">C</formula>
est une catégorie de Picard <hi rend="italic">stricte</hi>, et on retrouve le résultat de
[ ] suivant lequel une catégorie de Picard stricte est déterminée (à
équivalence près) par la connaissance de ses seuls invariants <formula notation="TeX">\pi_0</formula> et
<formula notation="TeX">\pi_1</formula>.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">les indices des <formula notation="TeX">\pi</formula> dans la formule <formula notation="TeX">s : \pi_0 \to {}_2(\pi_1)</formula>
sont retouchés à la main sur le tapuscrit, qui les avait tapés autrement ;
on donne la formule telle que la ligne suivante la fixe</note></p>
<p><hi rend="italic">Remarques.</hi> La théorie de loc. cit. nous permet, plus précisément,
d'interpréter la 2-catégorie des catégories de Picard strictes en termes de
la sous-catégorie pleine de la catégorie dérivée de (Ab) (cat. des groupes
abéliens), formée des complexes <formula notation="TeX">K_{\bullet}</formula> tels que <formula notation="TeX">H_i(K_{\bullet}) =
0</formula> pour <formula notation="TeX">i \neq 0, 1</formula>. Le résultat précédent, assez grossier, se réduit à
la remarque qu'un objet de cette catégorie est déterminé à isomorphisme (non
unique !) près par la connaissance de son <formula notation="TeX">H_0</formula> (<formula notation="TeX">= \pi_0</formula>) et <formula notation="TeX">H_1</formula> (<formula notation="TeX">=
\pi_1</formula>). Il y aurait lieu de développer également pour les catégories de
Picard non nécessairement strictes, et pour les (Gr)-catégories, une théorie
de structure pour la 2-catégorie qu'ils forment. De plus, ces
<del>résultats</del> <supplied resp="#pass">développements</supplied> encore dans les limbes, tout comme
ceux que <del><gap reason="illegible"/></del> nous venons d'esquisser, devraient être un jour
<del><gap reason="illegible"/></del> étudiés dans le cadre des champs (en (Gr)-catégories, ou en
catégories de Picard) tout comme dans <supplied resp="#pass">Deligne</supplied> [ ].</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">les <formula notation="TeX">H</formula> de cette remarque, <formula notation="TeX">H_i(K_{\bullet})</formula>, <formula notation="TeX">H_0</formula>, <formula notation="TeX">H_1</formula>, portent
chacun une marque à la main sur l'indice, dont l'intention n'est pas
établie — peut-être un passage de l'indice à l'exposant ; on les donne
tels que tapés, comme la page 5 les tape encore. Un « alors » manuscrit
court sous la formule <formula notation="TeX">H_i(K_{\bullet}) = 0</formula>, sans signe d'insertion
lisible</note></p>
</div>
<div type="subsection">
<head>3. Catégories de Picard enveloppantes.</head>
<p>Soient <formula notation="TeX">C</formula> une <formula notation="TeX">\otimes</formula>-catégorie AUC (par exemple une catégorie avec
objet final et admettant des produits cartésiens de deux éléments), <formula notation="TeX">S</formula> une
partie de <formula notation="TeX">\mathrm{Ob}\, C</formula>. On se pose le problème universel d'envoyer (par
un <formula notation="TeX">\otimes</formula>-foncteur AUC) <formula notation="TeX">C</formula> dans une <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">\otimes</formula>-</supplied>catégorie <supplied resp="#pass">AUC</supplied>
<del><gap reason="illegible"/></del> <supplied resp="#pass"><formula notation="TeX">G</formula></supplied>, de telle façon que pour tout <formula notation="TeX">X \in S</formula>, <formula notation="TeX">F(X)</formula>
soit un objet <hi rend="italic">inversible</hi> de <formula notation="TeX">G</formula>. Le résultat principal ici est que ce
problème admet toujours une solution, qu'on pourra appeler la
<formula notation="TeX">\otimes</formula>-catégorie AUC « de fractions » par rapport à l'ensemble <formula notation="TeX">S</formula>, et
noter éventuellement <formula notation="TeX">S^{-1}C</formula>. On trouve en fait que pour toute <formula notation="TeX">G</formula>, le
foncteur naturel</p>
<pb n="5" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=6"/><p><formula notation="TeX" rend="display">\underline{\mathrm{Hom}}_{\otimes \mathrm{AUC}}(S^{-1}C, G)
   \longrightarrow \underline{\mathrm{Hom}}^{S}_{\otimes \mathrm{AUC}}(C, G)</formula>
(où l'exposant <formula notation="TeX">S</formula> dans le deuxième membre dénote la sous-catégorie pleine
formée des <formula notation="TeX">\otimes</formula>-foncteurs AUC <formula notation="TeX">F : C \to G</formula> tels que <formula notation="TeX">F(X)</formula> soit
inversible pour tout <formula notation="TeX">X \in \mathrm{Ob}\, S</formula>) est un <hi rend="italic">isomorphisme de
catégories</hi>.</p>
<p>Nous n'explicitons pas ici la construction, assez naturelle, mais dont
l'explicitation pas à pas, <del>et</del> <supplied resp="#pass">avec</supplied> la vérification de toutes
les compatibilités voulues, est fort longue et fastidieuse. Signalons
seulement ici que lorsque <formula notation="TeX">S</formula> est l'ensemble de tous les objets de <formula notation="TeX">C</formula>,
<formula notation="TeX">S^{-1}C</formula> est elle-même une catégorie de Picard (pas nécessairement
stricte), qu'on pourra appeler la « catégorie de Picard enveloppante » de
<formula notation="TeX">C</formula>. C'est sans doute le cas le plus important. Les invariants <formula notation="TeX">\pi_0</formula> et
<formula notation="TeX">\pi_1</formula> de cette catégorie enveloppante méritent la notation <formula notation="TeX">K^0(C)</formula> et
<formula notation="TeX">K^1(C)</formula> respectivement. Par exemple, lorsque <formula notation="TeX">C</formula> est la catégorie des
modules projectifs de type fini sur un anneau <formula notation="TeX">A</formula>, <supplied resp="#pass">avec l'opération de
somme,</supplied> on peut démontrer que ces groupes ne sont autres que les classiques
invariants <formula notation="TeX">K^0(A)</formula> et <formula notation="TeX">K^1(A)</formula> étudiés par Grothendieck et par
Whitehead-Bass. Le même résultat est sans doute valable pour toute catégorie
additive <formula notation="TeX">C</formula> (munie de l'opération somme). Cela donne une interprétation
remarquable des invariants <formula notation="TeX">K^0</formula> et <formula notation="TeX">K^1</formula> en termes d'une « catégorie
stabilisée » (de la catégorie additive <formula notation="TeX">C</formula>), laquelle est une catégorie de
Picard. Signalons seulement que, cette catégorie stabilisée (même dans le
cas particulier des modules projectifs de type fini sur l'anneau <formula notation="TeX">A</formula>)
n'étant pratiquement jamais une catégorie de Picard <hi rend="italic">stricte</hi>, ces
considérations semblent rendre peu probable qu'on arrive à construire un
objet canonique dans la catégorie dérivée de la catégorie (Ab), qui soit un
complexe de chaines satisfaisant <formula notation="TeX">H_0(K_{\bullet}) = K^0</formula>,
<formula notation="TeX">H_1(K_{\bullet}) = K^1</formula> — puisqu'une telle construction (grâce à la
théorie de Deligne) nous fournirait précisément une catégorie de Picard
<hi rend="italic">stricte</hi> canonique dont les invariants seraient <formula notation="TeX">K^0</formula> et <formula notation="TeX">K^1</formula>.</p>
<p>On peut difficilement échapper à la question d'une interpétation
géométrique analogue des invariants <formula notation="TeX">K^i</formula> supérieurs. Il y a tout lieu de
croire qu'une telle interprétation est à chercher dans la théorie des
<formula notation="TeX">n</formula>-catégories de Picard (en un sens convenable) et la construction des
<formula notation="TeX">n</formula>-catégories de Picard enveloppantes d'une <formula notation="TeX">\otimes</formula>-catégorie AUC (ou
d'une <formula notation="TeX">\otimes</formula>-<formula notation="TeX">n</formula>-catégorie AUC) arbitraire <formula notation="TeX">C</formula>, dont les invariants
« homotopiques » <formula notation="TeX">\pi_i</formula> seraient les <formula notation="TeX">K^i</formula> cherchés. De tels
développements obligerai-</p>
<p><del>Comme autre direction de recherche ouverte, suggérée par les
résultats esquissés ici, signalons la construction d'une
<formula notation="TeX">\otimes</formula>-catégorie de fractions d'une <formula notation="TeX">\otimes</formula>-catégorie AU (sans donnée
de commutativité néces-</del></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">ce paragraphe, qui s'arrête en bas de page au milieu d'un mot, est
biffé de grands traits obliques ; la page 6 enchaîne sur la phrase qui le
précède</note></p>
<pb n="6" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=7"/><p>ent sans doute à tirer au clair les relations très étroites qu'on pressent
entre les notions de <formula notation="TeX">n</formula>-catégorie (et de <formula notation="TeX">\infty</formula>-catégorie) d'une part,
celle d'ensemble simplicial (ou d'espace topologique …) d'autre part, tout
comme la relation entre <formula notation="TeX">n</formula>-Gr-catégories (et <formula notation="TeX">\infty</formula>-Gr-catégories) et
groupes simpliciaux (ou groupes topologiques), enfin entre <formula notation="TeX">n</formula>-catégories de
Picard <hi rend="italic">strictes</hi> et complexes de chaines tronqués à la dimension <formula notation="TeX">n</formula>.
Il y aurait à s'attendre à une fusion plus ou moins complète entre ces trois
visions : algèbre homologique, algèbre homotopique, algèbre catégorique,
dans une vision commune (qui pourrait bien prendre le nom d'« algèbre
homologique non commutative », étant entendu que ce qui porte actuellement
ce nom n'est que l'amorce de ce qui <del>reste à</del> <supplied resp="#pass">doit</supplied> venir …)</p>
<p>Comme dernière question, plus terre à terre, signalons celle liée à la
remarque <del>que</del> <supplied resp="#pass">suivante. Lorsque</supplied> <del><gap reason="illegible"/></del> <formula notation="TeX">C</formula> est la
catégorie des modules projectifs de type fini sur un anneau <formula notation="TeX">A</formula>
<hi rend="italic">commutatif</hi> (ou plus généralement une catégorie additive munie d'une
opération <formula notation="TeX">\otimes</formula> <del><gap reason="illegible"/></del> <supplied resp="#pass">ACU</supplied> <hi rend="italic">biadditive</hi>), alors la
catégorie de Picard enveloppante, en plus de sa loi de composition évidente
de « somme » (notée ici <formula notation="TeX">\oplus</formula>) donnée <del><gap reason="illegible"/></del> <supplied resp="#pass">par</supplied> sa
définition même, est munie d'une opération <formula notation="TeX">\otimes</formula> provenant de
l'opération de produit tensoriel <supplied resp="#pass">ordinaire</supplied> des modules, qui en fait
également une <formula notation="TeX">\otimes</formula>-catégorie ACU (mais évidemment pas une
(Gr)-catégorie), liée par des isomorphismes de distributivité évidents
<del>aux</del> <supplied resp="#pass">à l'</supplied>opération <formula notation="TeX">\oplus</formula>. Il y aurait lieu d'étudier
systématiquement les catégories <formula notation="TeX">A</formula> ainsi munies de deux opérations <formula notation="TeX">\oplus</formula>
et <formula notation="TeX">\otimes</formula>, toutes deux AUC (des données supplémentaires), avec une donnée
de distributivité
<formula notation="TeX" rend="display">X \otimes (Y \oplus Z) \simeq X \otimes Y \oplus X \otimes Z</formula>
et des compatibilités convenables pour celle-ci ; et de tenter de faire une
théorie de structure pour de telles catégories qui sont de Picard pour la
structure <formula notation="TeX">\oplus</formula>. Cela implique en particulier que <formula notation="TeX">\pi_0(A)</formula> est un
anneau unitaire commutatif, et <formula notation="TeX">\pi_1(A)</formula> un module sous ce dernier. Quels
autres invariants faut-il introduire pour caractériser <formula notation="TeX">A</formula> à équivalence
près respectant toutes les structures ?</p>
</div>
</div>
<div type="section">
<head>A. Grothendieck à P. Deligne, de Lodève, 27.8.74 (pages 8 à 15)</head>
<pb n="8" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=9"/><p><note type="editorial" resp="#pass">Les pages 8 à 11 sont la lettre que le dossier 134-1 porte en ses
pages 3 à 6 ; cet exemplaire-ci se poursuit quatre pages de plus. La date
est pâle : « 7.8.74 » se lit nettement, mais devant le 7 ne reste qu'un
court trait, le pied d'un 2 effacé ; l'exemplaire du dossier 134-1 porte
lisiblement « 27.8.74 »</note></p>
<p><note type="authorial" place="margin">Je n'ai pas retrouvé la lettre sur les Gr-champs que tu cites</note></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">note écrite verticalement dans la marge de gauche, d'une main que rien
ne distingue de celle de la lettre ; la page ne dit pas si elle est de lui
ou du destinataire</note></p>
<p>Lodève le <unclear>2</unclear>7.8.74</p>
<p>Cher Deligne,</p>
<p>Étant peut-être empêché <unclear>par une jambe</unclear> d'assurer un cours de 1er
cycle au 1er trimestre, je vais peut-être à la place faire un petit
séminaire d'algèbre, et envisage de le faire sur les fourbis de Mme Sinh,
éventuellement transposés dans le contexte des « champs ». À ce propos, je
tombe sur le truc suivant, qui pour l'instant reste heuristique. Si <formula notation="TeX">M</formula>,
<formula notation="TeX">N</formula> sont deux faisceaux abéliens sur un topos <formula notation="TeX">X</formula>, et
<formula notation="TeX" rend="display">\tau_{\leq 2}\, R\underline{\mathrm{Hom}}(M,N) = E(M,N)</formula>
est le complexe ayant les invariants
<formula notation="TeX" rend="display">\begin{cases}
\underline{H}^i = \underline{\mathrm{Ext}}^i(M,N) &amp; \text{pour } 0 \leq i \leq 2 \\
\underline{H}^i = 0 &amp; \text{si } i \notin [0,2]
\end{cases}</formula>
il doit y avoir un triangle distingué canonique <formula notation="TeX">(T)</formula> :</p>
<p><figure type="diagram"><formula notation="tikz-cd">\begin{tikzcd}
&amp; \underline{\mathrm{Hom}}(M, {}_2 N)[-2] \arrow[dl] &amp; \\
E(M,N) \arrow[rr] &amp; &amp; E'(M,N) \arrow[ul]
\end{tikzcd}</formula></figure></p>
<pb n="9" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=10"/><p>donc <formula notation="TeX">E'(M,N)</formula> est un complexe dont les invariants <formula notation="TeX">\underline{H}^i</formula> sont
ceux de <formula notation="TeX">E(M,N)</formula> en degré <formula notation="TeX">i+2</formula>, et qui en degré 2 donne lieu à une suite
exacte
<formula notation="TeX" rend="display">(*) \qquad 0 \longrightarrow \underline{\mathrm{Ext}}^2(M,N)
   \longrightarrow \underbrace{\underline{H}^2(E'(M,N))}_{P(M,N)}
   \xrightarrow{\ \sigma\ } \underline{\mathrm{Hom}}(M, {}_2 N)
   \longrightarrow 0</formula>
Heuristiquement, <formula notation="TeX">E'(M,N)</formula> est le complexe qui exprime le « 2-champ de
Picard "strict" » formé des 1-champs de Picard (pas nécessairement stricts)
« épinglés » par <formula notation="TeX">M</formula>, <formula notation="TeX">N</formula> sur des objets variables de <formula notation="TeX">X</formula>, en admettant que
la théorie pour les 1-champs de Picard stricts s'étend aux 2-champs de
Picard stricts (ce qui pour moi ne fait guère de doute) ; de même <formula notation="TeX">E(M,N)</formula>
correspond aux champs de Picard <hi rend="italic">stricts</hi> épinglés par <formula notation="TeX">M</formula>, <formula notation="TeX">N</formula>.</p>
<p>La suite exacte <formula notation="TeX">(*)</formula> se construit en tous cas canoniquement « à la
main »), où le terme médian est le faisceau des <unclear>classes</unclear> à
« équivalence » près des</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« épinglés par <formula notation="TeX">M</formula>, <formula notation="TeX">N</formula> » et « stricts » (après « 1-champs de
Picard ») sont insérés en interligne. La parenthèse fermante après « à la
main » est sur la page, sans ouvrante</note></p>
<pb n="10" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=11"/><p><del>catégories</del> <supplied resp="#pass">champs</supplied> de Picard épinglés par <formula notation="TeX">M</formula>, <formula notation="TeX">N</formula>, <formula notation="TeX">\sigma</formula>
étant l'invariant qui s'obtient en associant à toute section <formula notation="TeX">L</formula> d'un champ
de Picard la symétrie de <del><gap reason="illegible"/></del> <formula notation="TeX">L \otimes L</formula>, interprétée comme
section de <formula notation="TeX">{}_2 N</formula>. Je sais prouver (sauf erreur) que tout hom. <formula notation="TeX">M \to
{}_2 N</formula> provient d'un champ de Picard convenable (épinglé par <formula notation="TeX">M</formula>, <formula notation="TeX">N</formula>)
(a priori l'obstruction est dans <formula notation="TeX">\mathrm{Ext}^3(X; M, N)</formula>, mais un
argument « universel » prouve qu'elle est nulle). Cela prouve que
l'extension <formula notation="TeX">(*)</formula> est bien proche d'être splittée : toute section du
troisième faisceau, sur un objet quelconque de <formula notation="TeX">X</formula>, se relève — en
d'autres termes l'extension a une section « ensembliste ». Bien sûr, il y a
mieux en fait : toute section sur un <formula notation="TeX">U \in \mathrm{Ob}\, X</formula> « provient »
d'un élément de <formula notation="TeX">\mathbb{H}^2(U, E'(M,N))</formula> (hypercohomologie
<formula notation="TeX">\mathbb{H}^2</formula>).</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« champs » est écrit au-dessus de « catégories » biffé ; « s'obtient
en » et « <formula notation="TeX">L</formula> » sont insérés en interligne. L'exemplaire du dossier 134-1
porte la même insertion. Devant
<formula notation="TeX">L \otimes L</formula> un symbole est biffé</note></p>
<pb n="11" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=12"/><p><hi rend="italic">Exemple</hi> Soit <formula notation="TeX">A</formula> un anneau sur <formula notation="TeX">X</formula>, soient <formula notation="TeX">M</formula>, <formula notation="TeX">N</formula> respectivement
les faisceaux <formula notation="TeX">K^0</formula> et <formula notation="TeX">K^1</formula> associés au champ additif des <formula notation="TeX">A</formula>-Modules
projectifs de t.f. (p.ex.). Alors le raisonnement de Mme Sinh nous fournit
un champ de Picard épinglé par <formula notation="TeX">M</formula>, <formula notation="TeX">N</formula>, d'où une section <del>de</del>
canonique du terme médian <formula notation="TeX">P(M,N)</formula> de <formula notation="TeX">(*)</formula>.</p>
<p><hi rend="italic">NB</hi> Tout ce qui précède a les fonctorialités évidentes en <formula notation="TeX">M</formula>, <formula notation="TeX">N</formula>,
<formula notation="TeX">X</formula> …</p>
<p><hi rend="italic">Question</hi> : Le triangle exact <formula notation="TeX">(T)</formula> et la suite exacte <formula notation="TeX">(*)</formula> sont
ils connus par les <unclear>compétences</unclear> (Quillen, Breen, Illusie …) ?
Connaissent-ils des variantes « supérieures » ? (Un principe
« géométrique » pour les obtenir pourrait être via des <formula notation="TeX">n</formula>-champs de Picard
non néc. stricts …)</p>
<pb n="12" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=13"/><p><note type="editorial" resp="#pass">L'ordre des archivistes n'est probablement pas l'ordre d'écriture :
cette page renvoie à « <formula notation="TeX">B_e \to B_G</formula> plus haut », et <formula notation="TeX">B_G</formula> n'apparaît qu'aux
pages 14 et 15 ; la page 13 s'achève sur « J'ai » et la page 14 s'ouvre sur
« Je te signale ». La suite 8–11, 14–15, 12–13 se lit sans rupture, et
le feuillet qui suivait la page 13 n'est pas dans le dossier. On transcrit
dans l'ordre des archivistes</note></p>
<p>Je profite de l'occasion pour soulever une question sur la « cohomologie
relative ». Soit <formula notation="TeX">q : X \to Y</formula> un morphisme de topos. Si <formula notation="TeX">F</formula> est un faisceau
abélien (ou un complexe d'iceux) sur <formula notation="TeX">Y</formula>, peut-on définir
<hi rend="italic">fonctoriellement</hi> en <formula notation="TeX">F</formula> la cohomologie relative <formula notation="TeX">R\Gamma(Y \bmod X,
F)</formula> (de la catégorie dérivée de <formula notation="TeX">\mathrm{Ab}(Y)</formula> dans celle de
<formula notation="TeX">\mathrm{Ab}</formula>) ? L'interprétation « géométrique » en termes d'opérations
sur des <formula notation="TeX">n</formula>-champs de Picard (<formula notation="TeX">n</formula> « grand ») suggère que ça doit exister.
Mais je ne vois de constructions évidentes « à la main » que dans les deux
cas extrêmes :</p>
<p>a) <formula notation="TeX">q</formula> est « <formula notation="TeX">(-1)</formula>-acyclique » i.e. pour tt <formula notation="TeX">F</formula> sur <formula notation="TeX">Y</formula>, <formula notation="TeX">F \to q_* q^* F</formula>
est injectif (NB c'est le cas de <formula notation="TeX">Y_{/P} \to Y</formula> où <formula notation="TeX">P \to e_Y</formula> est un
épimorphisme — c'est donc le cas de <formula notation="TeX">B_e \to B_G</formula> <unclear>plus haut</unclear>).
On prend
<formula notation="TeX" rend="display">R\Gamma_Y\bigl(\mathrm{Coker}(F \to q_*(C(q^*(F))))[-1]\bigr)</formula></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« résol. inj. » est écrit sous le <formula notation="TeX">C</formula>, qui désigne donc une
résolution injective ; l'indice <formula notation="TeX">Y</formula> de <formula notation="TeX">R\Gamma_Y</formula> est empâté</note></p>
<pb n="13" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=14"/><p>b) <formula notation="TeX">\forall F</formula> injectif sur <formula notation="TeX">Y</formula>, <formula notation="TeX">q^*(F)</formula> est injectif et <formula notation="TeX">F \to q_* q^* F</formula>
est un épimorphisme (ex : <formula notation="TeX">q</formula> inclusion d'un ouvert <formula notation="TeX">U \subset e_Y</formula>). On
prend
<formula notation="TeX" rend="display">R\Gamma_Y\bigl(\mathrm{Ker}(C(F) \to q_* q^*(C(F)))\bigr)</formula></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« rés. inj. » sous le premier <formula notation="TeX">C</formula> ; après <formula notation="TeX">q_* q^*</formula> le trait
d'ouverture est fait comme un <formula notation="TeX">C</formula>, et l'on pourrait lire <formula notation="TeX">q_* q^* C(C(F))</formula></note></p>
<p>Dans le cas général, la difficulté provient du fait que le cône d'un
morphisme de complexes (tel que
<formula notation="TeX">F \to q_*(q^*(F))</formula> <del><gap reason="illegible"/></del> )
n'est pas fonctoriel (dans la catégorie dérivée) p.r. à la flèche dont on
veut prendre le cône.</p>
<p>Et pourtant, dans les cas particuliers actuels, il devrait y avoir un choix
fonctoriel. Est-ce évident ?</p>
<p><hi rend="italic">Question pour Illusie</hi> : Dans sa théorie des déformations de schémas
en groupes plats, il tombe sur des <formula notation="TeX">H^3(B_G/X,\ )</formula> resp. des
<formula notation="TeX">\mathrm{Ext}^2(X,\ )</formula>. Peut-on court-circuiter sa théorie via la théorie
(supposée écrite) des Gr-champs — resp. via la théorie des champs de
Picard ? J'ai</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">les seconds arguments des <formula notation="TeX">H^3</formula> et du <formula notation="TeX">\mathrm{Ext}^2</formula> sont laissés
en blanc sur la page ; la lettre dans le <formula notation="TeX">\mathrm{Ext}^2</formula> est douteuse
(<formula notation="TeX">X</formula> ou <formula notation="TeX">K</formula>, avec un point souscrit). Le « J'ai » final n'a pas de suite
dans le dossier</note></p>
<pb n="14" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=15"/><p>Je te signale que j'ai réfléchi aux Gr-champs sur <formula notation="TeX">X</formula>. Si <formula notation="TeX">G</formula> est un Groupe
sur <formula notation="TeX">X</formula>, <formula notation="TeX">N</formula> un <formula notation="TeX">G</formula>-Module les Gr-champs sur <formula notation="TeX">X</formula> « épinglés par <formula notation="TeX">G</formula>, <formula notation="TeX">N</formula> »
forment a priori une 2-catégorie et même une 2-catégorie de Picard stricte,
grâce à l'opération évidente à la Baer. On trouve que le complexe <supplied resp="#pass">(de
cochaînes)</supplied> tronqué à l'échelon 2 qui leur correspond est le tronqué
<formula notation="TeX" rend="display">\tau_{\leq 2}\bigl( R\Gamma(B_G \bmod X, N)[1] \bigr)</formula>
(<hi rend="italic">NB</hi> la cohomologie de <formula notation="TeX">R\Gamma(B_G \bmod X, N)</formula> commence en degré 1)
Plus géométriquement, un Gr-champ sur <formula notation="TeX">X</formula> épinglé <supplied resp="#pass">par <formula notation="TeX">(G,N)</formula></supplied> est
essentiellement « la même chose » qu'une 2-gerbe sur <formula notation="TeX">B_G</formula>, liée par <formula notation="TeX">N</formula>,
et <del><gap reason="illegible"/></del> munie d'une trivialisation au dessus de <formula notation="TeX">X \approx B_e =
(B_G)_{/P}</formula> (où <formula notation="TeX">P</formula> est le « objet de <formula notation="TeX">B_G</formula> "torseur universel sous <formula notation="TeX">G</formula>" »).
Ces 2-gerbes forment en fait une 3-catégorie de Picard a priori, mais il se</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« (de cochaînes) » est inséré en interligne, « par <formula notation="TeX">(G,N)</formula> » dans la
marge de gauche avec un trait de renvoi</note></p>
<pb n="15" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=16"/><p>trouve que dans celle-ci, les 3-flèches sont triviales (i.e. si source =
but, ce sont des identités) — cela <unclear>un</unclear> fait qui exprime
<formula notation="TeX">H^0(B_G/X, N) = 0</formula> (i.e. <formula notation="TeX">H^0(B_G, N) \to H^0(X, N)</formula> injectif …). Donc la
3-catégorie peut être regardée comme une 2-catégorie — et « c'est » celle
des Gr-champs sur <formula notation="TeX">X</formula> épinglés par <formula notation="TeX">G</formula>, <formula notation="TeX">N</formula>. Si on veut localiser sur <formula notation="TeX">X</formula>,
et décrire le 2-champ <supplied resp="#pass">de Picard</supplied> sur <formula notation="TeX">X</formula> des champs de Picard (sur des
objets variables de <formula notation="TeX">X</formula>) épinglés par <formula notation="TeX">G</formula>, <formula notation="TeX">N</formula>, on trouve qu'il est exprimé
par le complexe
<formula notation="TeX" rend="display">\tau_{\leq 2}\bigl( R p_{G*}\, \mathrm{Coker}(N \to R q_{G*}\, C(q_G^* N)) \bigr)</formula>
où <formula notation="TeX">p_G : B_G \to X</formula> et <formula notation="TeX">q_G : B_e \simeq X \simeq (B_G)_{/P} \to B_G</formula>.
Toutes ces descriptions étant compatibles avec des variations de <formula notation="TeX">G</formula>, <formula notation="TeX">N</formula>,
<formula notation="TeX">X</formula>, cela donne en principe une description de la 2-catégorie des
Gr-champs, avec <formula notation="TeX">X</formula>, <formula notation="TeX">G</formula>, <formula notation="TeX">N</formula> variables …</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« rés. inj. » au-dessus du <formula notation="TeX">C</formula> de la formule</note></p>
</div>
<div type="section">
<head>A. Grothendieck à Deligne, Giraud et Verdier, de Villecun, 23.6.1974 (pages 16 et 17)</head>
<pb n="16" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=17"/><p><note type="editorial" resp="#pass">Lettre tapée à la machine, signée à la main ; une insertion
manuscrite au dernier paragraphe</note></p>
<p>Villecun le 23.6.1974</p>
<p>Chers Deligne, Giraud, Verdier,</p>
<p>Vous savez peut-être qu'une mathématicienne vietnamienne, Hoang Xuan Sinh,
a travaillé depuis mon séjour au Vietnam en 1967 à un sujet de recherche que
je lui avais proposé, savoir une théorie de structure des (Gr)-catégories,
et la construction d'une (Gr)-catégorie (ou plutôt catégorie de Picard)
enveloppante pour une catégorie avec produit <formula notation="TeX">\otimes</formula> associatif et
commutatif. J'ai reçu récemment une copie du manuscript en forme (dont la
confection s'est faite au prix de mille difficultés — il est douteux qu'il
soit possible d'avoir d'autres copies dans un avenir proche, à moins d'en
faire d'après cet exemplaire-là), et j'ai envoyé un rapport officiel au
sujet de ce travail à M. Ta Quang Buu, ministre de l'enseignement
supérieur et technique de la RDV, rapport dont je vous envoie une copie
ci-joint. Mme Sinh, avec mon accord, a demandé à présenter ce travail comme
thèse de doctorat, et à faire sa soutenance en France. À l'heure où
j'écris, je n'ai pas connaissance d'un accord des autorités vietnamiennes
pour l'un ni pour l'autre ; il y a eu un certain nombre de difficultés
soulevées, qu'il est inutile de détailler ici, et qui j'espère vont
s'aplanir. J'ai appris par ailleurs que Mme Hoang Xuan Sinh figurerait sur
la liste officielle de la délégation vietnamienne au congrès international
de mathématiciens à Vancouver du 20 août 1974. Si c'est bien ainsi, il
serait très souhaitable qu'elle puisse profiter de cette occasion pour
faire sa soutenance à Orsay au retour de Vancouver, fin Septembre ou début
Octobre, et il me semble plausible que les autorités vietnamiennes y
donneront leur accord. Aussi il serait assez urgent, vu les lenteurs
administratives, de constituer un jury. Par la présente, je vous demande si
vous seriez disposé en principe à faire partie (avec moi) de ce jury de
thèse — ce qui suppose évidemment que vous vous trouviez dans la région
parisienne au moment prévu pour la soutenance. À celui qui m'en ferait la
demande, je peux envoyer le texte de la thèse complète, ou un résumé assez
détaillé rédigé par Mme Hoang Xuan Sinh, ou enfin un résumé moins détaillé
de 13 pages manuscrites (rédigées en vue d'une publication aux CR, mais
beaucoup trop long à cet effet). Ce serait gentil de me répondre rapidement,
et en cas d'impossibilité, de voir autour de vous s'il y a des gens « dans
le bain » <del><gap reason="illegible"/></del> <supplied resp="#pass">de choses</supplied> que fait Mme Sinh, et qui seraient
intéressés à faire partie du jury.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">le rapport annoncé « ci-joint » n'est pas dans le dossier. Deux mots
tapés sont biffés devant « que fait Mme Sinh », et « de choses » écrit
au-dessus</note></p>
<pb n="17" facs="https://grothendieck.umontpellier.fr/103.pdf#page=18"/><p>Pour ce qui est des formalités administratives, c'est le frère de Mme
<unclear>Hoan Xuan Man</unclear>, qui habite à Antony, qui s'en occupera pour elle.
A toutes fin utile, je vous passe son adresse :</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">le nom est tapé ainsi, sic. La ligne suivante, l'adresse postale et le
numéro de téléphone du frère, n'est pas reproduite</note></p>
<p>Dans l'attente d'une réponse prochaine, bien cordialement</p>
<p>Schurik</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">la signature est manuscrite</note></p>
<p>PS N'ayant pas l'adresse de Giraud, je demande à Verdier s'il peut bien lui
transmettre la lettre et le rapport. Je pense que celui-ci doit pouvoir
servir comme rapport de thèse aussi vis à vis de l'administration
universitaire en France.</p>
</div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
